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Fantastique/Merveilleux
horizons : La logorrhéite maligne
 Publié le 12/05/09  -  26 commentaires  -  13387 caractères  -  110 lectures    Autres textes du même auteur

Une maladie incurable.


La logorrhéite maligne


Raphaël avait parlé précocement. À un an et demi, lorsque la plupart des nourrissons balbutient à peine "papa, maman", lui récitait déjà de charmantes comptines.

Quand, du haut de ses quatre ans, il salua un jour les invités d’un "gentes Damoiselles, jolis Damoiseaux, soyez les bienvenus dans cette modeste demeure", on commença à s’inquiéter sérieusement.


Sans aucun doute, l’enfant était-il malade. Craignant que sa précocité ne lui détériore la cervelle, on le conduisit chez un éminent spécialiste. Celui-ci lui raconta quelques blagues salaces dont ils rirent tous deux aux éclats. Et rendit son diagnostic, non sans avoir extorqué aux parents de coquets honoraires :

- Madame, monsieur, votre fils souffre d’une affection rarissime : la Logorrhéite Maligne. Il s’agit d’une pathologie évolutive, caractérisée par un appétit immodéré du mot. Le tableau est sévère. Armez-vous de courage, de patience...

- Docteur, quelle est la cause de cette affection ? demandèrent les parents tétanisés par cette terrible nouvelle.

- L’étiologie reste méconnue. Virale, toxique, génétique peut-être. N’avez-vous pas quelque antécédent gratte-papier ou écrivain ?

Le père et la mère de Raphaël se regardèrent. Bien sûr ! Le grand-père maternel avait travaillé toute sa vie dans une imprimerie. Se pourrait-il que l’encre lui ait empoisonné le sang au bout du compte ? Quant à l’oncle Octave, il avait rédigé de petits pamphlets qui faisaient le régal de toute la famille. Ah ! si on avait pu se douter alors...

- Quel est le traitement, Docteur ? bégaya la maman éplorée.

- Hélas, Madame, on n’en connaît pas à ce jour, fit tristement l’éminent spécialiste, avant de clore l'entretien.


La mort dans l’âme, les parents récupérèrent Raphaël qui lisait sagement un traité de physiologie dans la salle d’attente, et s’en furent bien vite chez eux.


Dès lors, on cacha la honteuse tare du petit à tout le monde. Lorsqu’on recevait, Raphaël avait pour consigne de rester coi, ce qui pour lui était un véritable supplice, tant les mots se bousculaient à ses lèvres.

L’enfant grandit et fatalement, son langage en fit autant. Les symptômes de la maladie poursuivirent leur insidieux développement : Raphaël apprit à lire et à écrire tout seul, sauta plusieurs classes, devint l'élément le plus brillant de son école, de sa région...


Cette ascension fulgurante se gâta toutefois, à son entrée au collège. Le professeur de lettres convoqua les parents de Raphaël dès la première semaine de cours, et leur tendit une copie qui tenait plus du roman que de la dissertation :

- De toute ma carrière, c'est la première fois que je vois "ça", émit-il d'un air effaré. Je leur avais demandé de se décrire en quelques pages. Votre fils m'en a écrit 272 exactement ! Vous comprenez bien que l'enseignement public ne peut faire face à de telles situations, manque de moyens, manque de postes... "

On retira l'enfant du système scolaire, et faute de solution adaptée, on le laissa croître seul, comme la mauvaise herbe.


Adolescent, Raphaël parlait comme un livre et connaissait par cœur tous les mots du dictionnaire, leur étymologie, leurs définitions, leurs sens propres et leurs sens figurés. Sa principale angoisse était de voir les mots dépérir et disparaître des conversations. Il s'était donc mis en tête d'en sauver le plus grand nombre.


Il avait toujours en poche un petit carnet à couverture rouge et tranche dorée, d’où pendait, à l'extrémité d’une ficelle, un minuscule crayon, minutieusement aiguisé. Et il grattait, grattait avec des mines affairées et gourmandes, glanant, au hasard des conversations, des mots, des morceaux de phrases, des fragments de discours... à réutiliser.


Ainsi pour "manger" Raphaël disait, dans le meilleur des cas, "se sustenter", mais parfois "se goberger". Pour boire, c’était "faire des libations", "écluser" ou "s’en jeter un derrière la cravate". Si on se promenait, il s’exclamait "nous musardons". La forêt explorée devenait : "les bois marmenteaux", un chevreuil rencontré : "un cervidé". Il remplaçait la "droite" par "dextre", et la "gauche" par "senestre". Le soir, on rentrait, non pas chez soi, mais : "à la gentilhommière", terme à l’accent suranné absolument irrésistible...


Sa conversation devenait difficile à suivre pour le commun des mortels ; non qu’elle fût dénuée de sens ou d’intérêt, mais elle était émaillée d’archaïsmes, de figures de style, de locutions, que personne ne connaissait. Il fallait donc s'arrêter à toutes les phrases pour en décrypter la signification, ce qui entravait considérablement la spontanéité du dialogue. Seuls les parents avaient d'ailleurs fait l'effort de s'adapter, ayant encore bon espoir de circonscrire le mal à ces quelques fantaisies lexicales...


Malheureusement, Raphaël persévérait. Tant de possibilités étaient offertes ! Suivre un mot à travers tous les âges, les langues, les cultures, le traquer au détour d'une conversation, le répéter, l'analyser, le traduire, le décliner, le déclamer, le réciter, modifier sa nature, sa fonction, l'entourer d'autres mots pour l'enrichir : faire et défaire ce puzzle à l'infini. Personne ne le disait, mais une vie entière semblait courte pour un tel recensement. Alors on laissait le jeune homme vivre le nez dans son carnet et on l’écoutait avec indulgence déclamer des listes colossales à la Prévert.


Le syndrome de Raphaël évolua encore. À vingt ans, le malade développa une nouvelle obsession, face à ce qu’il appelait : la quête du mot juste.


- Vous avez une idée en tête, expliquait-il, et il faut saisir "Le Mot", qui peut traduire avec le plus de justesse et de précision votre pensée, vos sentiments. C'est comme attraper un papillon !

Il semblait convaincu qu’à chaque concept, correspondait une conjonction idéale de termes. Il cherchait perpétuellement le Nom, le Verbe ou l’Adjectif, capable de traduire sa pensée avec la plus parfaite adéquation.


Craignant qu’on ne se trompât sur l’identité des noms qu’il utilisait, il préféra, par souci d’exactitude, n’employer que des définitions. Il disait, par exemple :


- "L’astre central de notre système planétaire réfléchit une vive lumière", au lieu de : le soleil brille.


Ou bien :


- "J’ai une sensation pénible causée par l’irritation de mes nerfs sensitifs à l’extrémité supérieure de mon corps", plutôt que : j’ai mal à la tête.


Certes, on comprenait ce qu'il voulait exprimer, cependant, on ne pouvait lui poser plus de deux questions dans une conversation. Il lui fallait en effet une heure au moins, pour répondre à des interrogations aussi anodines que "comment vas-tu ?" et la soirée entière, pour évoquer son opinion personnelle à propos d'un plus vaste sujet.


Pour sauver leur prolixe fils de cet océan de mots où il menaçait de se noyer, les parents de Raphaël décidèrent de développer maintes astucieuses stratégies.


Dans un premier temps, ils firent disparaître de chez eux toutes "tentations écrites" : livres, encyclopédie, journaux, magazines, catalogues, annuaire, répertoire, affiches, prospectus... Raphaël se rabattit aussitôt sur les lettres du courrier, le mode d’emploi des appareils ménagers, les cartes routières ou la liste des commissions. Un jour il fut même pris de frénésie en voyant une étiquette dépassant d’une écharpe car elle laissait apparaître des noms barbares de textiles industriels. On amputa donc aussi les vêtements de leur composition.


Il restait encore les noms de marques sur les paquets alimentaires ou les produits ménagers. La maman transvasa riz, pâtes, Maïzena, dans des boîtes en plastique, neutres et identiques. Il n’était pas rare qu’on sucrât le café avec de la farine, mais c’était pour le bien de Raphaël, alors on buvait stoïquement le breuvage.


Au reste, toutes ces précautions ne suffirent pas, Raphaël continuant à consommer des mots avec un insatiable appétit.


Pensant le détourner de ces obsessions, le couple imagina de présenter une donzelle au malade. La rencontre eut lieu dans le salon familial, dont les parents s’éclipsèrent rapidement avec des sourires de connivence. L’oreille collée à la porte, ils s'apprêtèrent ensuite à écouter le brillant hommage que Raphaël n’allait pas manquer de déposer au pied de la candidate. Dix minutes passèrent dans un silence de plomb, puis vingt, puis trente. Soucieux des convenances, le père et la mère jetèrent un œil indiscret par le trou de la serrure. C’est ce moment que choisit la jeune fille pour ouvrir brusquement la porte et sortir raide et fière, les laissant tous deux médusés, sur leur séant.


Raphaël expliqua que la demoiselle avait les yeux d’une couleur proprement indéfinissable : un bleu tirant sur le mauve. En proie à d’incessantes interrogations pour trouver le terme exact convenant à ce regard, il n’avait pas adressé la parole à la jeune personne.


Les parents décidèrent alors de déménager à la campagne, dans un hameau où il n’y avait ni boutiques, ni café, ni cinéma, ni usine, ni administration, ni école, ni mairie, ni même un panneau publicitaire. Rien, pas un seul mot inscrit à des kilomètres à la ronde. Ils en profitèrent pour se débarrasser de la télévision, de la radio et du téléphone. Enfin, ils jetèrent tous les stylos, feutres, crayons ainsi que les cahiers ou blocs-notes.


Dans cette nouvelle demeure, on n’écrivit ni ne déchiffra une ligne. On évita toute discussion et on ne s’exprima plus que par gestes et onomatopées. On ne posa plus jamais de questions, on n’eut plus jamais de réponses. Malheureusement, au lieu de s’améliorer grâce à ces méritoires efforts, le cas de Raphaël s’aggrava inexorablement.


Bientôt, il se mit à douter du fait que les gens donnent la même signification aux mots que lui. Par exemple, est-ce que ce qui est "rouge" est bien "rouge" pour tout le monde ? Est-ce que certains n'appellent pas rouge ce qu'ils voient orange ou vert ? On ne pouvait même plus évoquer l'existence d'un coquelicot sans être certain qu'il s'agisse bien de cette fleur des champs. Raphaël se mit alors à soupçonner son entourage. Si, au dîner, vous mangiez ne serait-ce que du pain, il vous demandait d'un air méfiant :

- Quel goût ce quignon a-t-il pour toi ? Et vous répondiez, un peu ahuri :

- Le goût du pain. Alors il insistait :

- Oui, mais c'est-à-dire ?

- Et bien, c'est, euh... salé, affirmiez-vous avec bonne volonté.

- Ah ! Et "salé" pour toi, c'est quoi ?

- Quand cette épice très commune que l'on appelle du sel rentre dans la composition d'un aliment, rajoutiez-vous en faisant un effort.

- D'accord, d'accord mais es-tu bien sûr que tu éprouves la même sensation que moi lorsque tu emploies le mot "salé" ?


La question vous laissait en général perplexe, mais ne vous empêchait pas de dormir. Raphaël, si.


Il se mit en tête d’inventer une langue puisque les mots du vocabulaire courant, les termes spécifiques, les expressions châtiées ou argotiques, les néologismes ne lui suffisaient plus pour s'exprimer. Mais il avait de telles exigences qu'il ne parvenait pas à atteindre son but. Il devint comme fou, torturant les mots en tous sens pour créer des hybrides : aphérèse, métathèse, prosthèse, apocope, il essaya tout.

Il tourna des heures dans sa chambre en marmonnant divers dialectes, tentant d'utiliser l'espéranto, la poésie, le chant, la langue des signes ou même la télépathie !

Il pâlissait, maigrissait, dépérissait.

Ses parents, au fin fond du désespoir, eurent recours à des médecines parallèles. Le malheureux Raphaël fut immergé dans des bains de plantes nauséabondes, enduit de pommades épaisses, couvert de ventouses et de sangsues. Il subit trois nuits de psalmodies, un désenvoûtement en bonne et due forme, deux tentatives d'hypnose. On voulait même sacrifier une brebis et une chèvre pour lui, puis on y renonça car son état ne s'améliorait en aucune façon.


En fin de compte, Raphaël dut s'aliter : la grande faucheuse allait accomplir son œuvre. Les parents ayant épuisé tous les traitements imaginables, restèrent au chevet de leur fils pour pleurer et se tordre les mains, car il n'y avait rien d'autre à faire.

Un soir, qui semblait être le dernier, les parents se penchèrent sur le lit de leur progéniture pour recueillir ses ultimes confidences :


- J'ai échoué, dit faiblement Raphaël.

- Échoué à quoi ? questionnèrent les parents en contenant leurs larmes.

- À trouver une langue incluant le concret, l'abstrait, le rêve et la réalité, une langue reliant les peuples, une langue vectrice de compréhension et d'amour, une langue capable de décrire la transparence de l'air et la fraîcheur de l'eau, la saveur d'un met délicat et l'odeur du jasmin, le contraste du clair et de l'obscur, les rires et les pleurs, les rêves, la musique, la peur, l'ennui, la mort, la vie…


- Petit ! s'exclamèrent le père et la mère en le coupant, cette Langue existe ! C'est la nôtre ! Celle que nous t'avons transmise, que nous tenons nous-mêmes de nos propres parents, celle-là même que nous utilisons à cet instant précis !


À ces mots, Raphaël suffoqua. On crut sa dernière heure venue, mais il se redressa et s'écria :


- Je peux tout exprimer et je suis compris de tous ? Mais… alors... je suis guéri !


__________________


Pour écouter ce texte c'est ici



 
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   widjet   
12/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Très chouette cette petite histoire d’un surdoué…sauf le dénouement, trop vite expédié, qui n’est pas à la hauteur du reste. Mais ne faisons pas la fine bouche et ne nous mordons pas la langue pour dire que la lecture se fait fluide, le vocabulaire plutôt maîtrisé est varié et l’idée bien que légère et simple est bien exploitée et témoigne d’un attachement véritable de l‘auteur pour notre belle langue dont il rend un hommage réjouissant.

Bravo horizons.

W

   Anonyme   
12/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour horizons,
Idée forte et originale, texte parfaitement écrit et fluide.
Cependant j'ai une petite remarque à faire qui ne tient qu'à ma façon d'appréhender l'histoire.
Je l'aurais parfaitement admise si elle se passait en des temps reculés où on ne savait pas ce qu'était un enfant surdoué. L'anachronisme m'a gênée à partir du moment où j'ai compris que cela se passait de nos jours. (télévision, téléphone, boîte en plastique, composition des tissus) alors je me suis demandé si c'était à classer dans l'absurde ou si le décalage était voulu et si tel est le cas, je ne comprends pas trop.
N'importe quel premier psychologue venu aurait diagnostiqué la chose et plutôt que de la contenir aurait demandé aux parents de l'exploiter.
Sinon, la profondeur de l'histoire, le sens caché, cet amour irrépressible des mots est bien traduit, et est même dans l'idée, assez angoissant, car c'est bien notre angoisse à tous, écrivaillons amateurs que de trouver le mot juste. Si juste !
Bravo pour ce texte qui m'a fait réfléchir.
Sur la fin, oui, c'est dommage, ça parait un peu trop rapide.
Au plaisir de te lire horizons.

   Anonyme   
12/5/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Comme Widjet, j'attendais un dénouement plus ...comment dire?...plus...je ne trouve pas le mot...plus inattendu, spectaculaire, abracadabrantesque mais vraiment je me suis régalée et pas ennuyée une seule demi-seconde à la lecture de cette nouvelle, aux détails savoureux.

C'est vif, enlevé, drôle, logique, extrême.

Bonne continuation!

   Anonyme   
12/5/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Horizons ! En ce matin du 12 Mai de l'an 9, à un âge déjà "respectable", je viens, grâce à toi, de comprendre enfin de quoi étaient atteintes nombre de personnes dont, bien souvent, je dois déchiffrer les oeuvres en m'aidant d'un dictionnaire ! Donc tous ces écrivains et autres poètes dont je pensais à tort qu'ils avaient fait leur la devise "Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué", ne sont tout compte fait que des gens souffrant de cette maladie incurable : la logorrhéite maligne !
Dorénavant, je ne verrai plus leurs écrits avec un certain agacement mais plutôt avec compassion... Le tien, d'écrit, m'a semblé limpide et fort bien tourné si ce n'est deux expressions relevant de l'argot (écluser et s'en jeter un ) qui, à mon avis ne sont guère à leur place dans ce contexte littéraire...
Merci de m'avoir ouvert de nouveaux... horizons !

   Selenim   
12/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Une écriture délicate pour un récit saupoudré d'absurde.

Je me suis laissé embarquer jusqu'à l'ultime exclamation. J'ai regretté que la nouvelle ne tourne, finalement, que autour des symptômes de cette logorrhéite.

Je n'ai pas vraiment apprécié la chute, elle dénote avec l'absurdité qui règne sur le corps du récit.

Selenim

   Anonyme   
12/5/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'arborais la banane sans discontinuer pendant la lecture de ce texte et je l'arbore encor (sans e)
Un véritable régal. Un des meilleurs textes publié sur cet espace virtuel de publication et d'échanges.
Il est un peu dommage que la chute ne soit pas à la hauteur, comme si l'auteur, épuisé, avait soudain manqué d'imagination.

   nico84   
12/5/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
"- "L’astre central de notre système planétaire réfléchit une vive lumière", au lieu de : le soleil brille."

Question dont je n'ai pas la réponse : le soleil réfléchit il de la lumiére ? Il l'a produit plûtot non ?

C'est la lune qui réfléchit ...

"J’ai une sensation pénible causée par l’irritation de mes nerfs sensitifs à l’extrémité supérieure de mon corps", plutôt que : j’ai mal à la tête. "

répétition maladroite de "sensation" et "sensitifs".

Sur le fond, j'adore. Peut être devrais je parfois moi aussi découvrir des mots, voire en sauver. J'ai aimé tout le texte, la maladie, son évolution, la manière dont elle est perçue.

La fin est vite expédiée mais je pense que c'est un peu voulu.
Bravo en tout cas !

   Anonyme   
12/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ayant offert notre séant à baiser au coussin joufflu d'une bergère, ouvert les volets grinçants et constellés de petits grains de sable de nos globes oculaires, nous avons entrepris le déchiffrement des divers hiéroglyphes sommeillant en ce papyrus et ne l'avons point regretté.
Bravo, fort drôle
Toutefois le finale nous a laissé en bouche un déplaisant goût de bâclé.
Mais ce n'est rien, le rire est sauf !

   Flupke   
12/5/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Horizons,
Très chouette histoire, distrayante mais je suis légèrement déçu par la chute, non pas qu’elle soi mauvaise, mais elle me semble de moins bonne qualité que l’ensemble du texte tant il est bien écrit, amusant et agréable. C’est le premier texte que je lis de toi et comme j’étais légèrement « transporté », mes expectatives étaient donc trop hautes et je m'attendais à une chute hyper-percutante, alors qu'en fait la morale de la chute est intéressante.
J’ai bien aimé : des mines affairées et gourmandes, présenter une donzelle au malade et le passage pain/salé où l’interpellation vouvoyante est bien réussie.
Bonne continuation sur Oniris.
Amicalement,

Flupke

   Menvussa   
12/5/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le sujet fort original, devrait plaire à tous les Oniriennes et tous les Oniriens, car c’est bien là notre souci, trouver le mot juste, l’expression la mieux adaptée…

Il y a une inversion de rôles dans ce texte car, au départ, l’enfant surdoué certes, a un comportement plutôt normale qui le pousse à acquérir de plus en plus de connaissances.
C’est bien l’attitude des parents qui fait que son cas devient pathologique à force de contrariétés.
Sur la fin par contre ce sont les parents qui le ramènent à la raison.

Joli petit conte, belle écriture, bon moment de lecture

   Anonyme   
12/5/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Une excellente idée, mais une fin décevante qui dessert l'ensemble. On comprend la fin et son message, mais en incohérence totale avec le fil conducteur. On ne peut pas être brillant et surdoué et se couper ostensiblement du monde.
Dans ce cas c'est de l'autisme.

   xuanvincent   
12/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Beaucoup de commentaires pertinents ont déjà été écrits.

Je me contenterai donc de dire que cette nouvelle m'a bien plu, pour son thème (j'ai bien aimé ce personnage d'enfant surdoué amoureux des mots jusqu'à la folie) et pour son style, à la fois bien écrit et drôle.

La fin, bien qu'inattendue et assez déconcertante effectivement il m'a semblé, ne m'a toutefois pas dérangée (d'accord pour ce "happy end" !).

PS : Merci à Titefee pour sa lecture (je n'ai pas réussi à ouvrir le fichier sonore de mon ordinateur mais j'essaierai d'un autre ordinateur) !

   TITEFEE   
12/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
j'ai aimé et j'ai essayé de le prouver en le lisant, mais Audacity s'est arrêté à la moitié

le temps de voir qui; quoi, que, pourquoi et je continuerai

en tous les cas c'est une histoire savoureusement contée

   Anonyme   
12/5/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Tout d'abord, détails purement techniques

'Sans aucun doute, l'enfant était-il malade'
Cette phrase est fausse.
Le 'était-il' ne s'emploie que dans le cas d'une interrogative 'Était-il malade ?'
Ici, tu aurais du écrire 'Sans aucun doute, l'enfant était malade'.
(Enlève le 'sans aucun doute' ou remplace le par 'vraisemblablement' et ton erreur t'apparaitra plus clairement)

Il y a quelque autres phrases que j'ai trouvé mal tournées - dans l'ensemble le style est bon, sans éclat particulier certes, mais agréable à lire.

Sur le fond, ce petit conte m'a ravie, je l'ai trouvé adorable, mignon comme tout, charmant, bref, cependant

- Les questions comme 'est-ce que le rouge que tu vois est-il le même que moi' sont des questions qu'on se pose durant l'enfance (En tout cas, pour moi, elles sont apparues très tôt) le fait qu'elles surviennent seulement après l'adolescence de Raphael, pourtant surdoué, me parait donc incohérent.
- Cette fin est ...
inqualifiable. Décevante, formulée à la va-vite, une bien piètre conclusion. Parvenue au dernier mot, je me suis dit 'Tout ça pour ça ? Une bien jolie histoire pour pas grand chose'

De plus, je trouve que la façon de s'exprimer de ton personnage varie considérablement, il oscille entre les registres, c'est assez déconcertant.
'- Vous avez une idée en tête, expliquait-il, et il faut saisir "Le Mot", qui peut traduire avec le plus de justesse et de précision votre pensée, vos sentiments. C'est comme attraper un papillon !'

'"L’astre central de notre système planétaire réfléchit une vive lumière"'

...

Hum. Pas très réaliste, au final.

Je suis mitigée. C'est bien, oui, mais ; sans plus ...
Je reste sur ma faim.

Au plaisir,
Lo.

   victhis0   
12/5/2009
une dernière phrase qui gâche tout...Qui flingue le texte totalement : notre petit génie s'aperçoit sur le tard que le langage permet d'exprimer des sentiments et des ressentis?? sans blagues...Mais Dieu qu'il est crétin ce pauvre garçon, obsédé des mots sans s'apercevoir de leur utilité ???
Pire qu'une maladie, ça frise la lobotomie.
Et voilà comment on transforme une joli texte très bien écrit, très amusant, haletant même, en un truc décevant, incohérent.
Je suis très déçu.
Si j'enlève la dernière phrase, ça vaut très bien
Avec la dernière phrase, ça vaut moyen moins
donc je ne note pas, préférant écrire à ma sauce une autre fin, rien que pour moi !

   gizebre   
13/5/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
j'ai beaucoup aimé ce récit, mais je trouve aussi la fin décevante. Elle est en décalage avec tout le récit, par son côté absurde (comment Raphaël a-t-il pu utiliser tant de mots sans s'apercevoir de cette évidence qui pousse tout enfant à apprendre à parler) et par le fait que ce soit les parents qui apportent la clé, eux qui ont tranformé une passion des mots en une maladie à guérir à tout prix.
En dehors des dernières phrases, le texte est un régal, bien écrit, fluide et plaisant.

   horizons   
13/5/2009
Je crois que j'ai compris au bout de 17 messages que la fin ne plaisait à personne !!!! Pourtant elle est voulue et loin d'être incohérente, si on la comprend. Je m'en explique sur le Forum dans 2 messages si ça vous dit...
Merci à tous
Horizons

   Jedediah   
14/5/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci pour cette publication !
Tout a déjà été dit ; ce texte est fluide et très bien écrit, et, surtout, d'un ton décalé particulièrement plaisant. La naïveté des personnages, en particulier, est tordante (j'ai au début pensé à un anachronisme en raison de la façon de penser des parents).

Ce texte aurait bien eu sa place en catégorie Humour/Détente, mais je respecte le choix de l'auteur.

J'ai souris lorsque Raphaël a commencé à s'interroger sur les couleurs... Je me suis moi-même déjà posé la question de savoir si tout le monde voyait le rouge comme je le vois moi-même (mais sans que ça ne m'empêche de dormir), et ça a bien fait rire ceux à qui j'en ai fait part ^^

   Robin   
21/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
En effet, le dénouement est innatendu! Mais il me convient. L'histoire est assez incroyable et bien tournée, et je me retrouve dans certaines réflexions qui paraissent ne servir à rien : quand Raphël se demande si tout le monde voit le rouge, rouge, notamment. Mon avis: le fond est bien, la syntaxe aussi. C'est une affaire qui marche !

   Anonyme   
27/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien
bonne idée, bien écrit, simple, pas de tournure inutile.
Je ressens comme une petite pointe de jalousie de l'auteur envers son personnage surdoué maladif des mots, débiteur incontrôlé de parole, accroc de l'emphase...
Me trompe-je?

   Anonyme   
1/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bon texte, fluide et surtout idée originale.
En voyant le titre j'ai cru qu'elle était inspirée d'une des dernières nouvelles de Gayman mais la lecture m'a montré le contraire.

Le vocabulaire est maitrisé, ... mais l'histoire reste un poil convenue non ? Je veux dire, pourquoi ses parents ne l'ont-ils pas mis sur une machine à écrire pour l'exploiter et en faire un nègre ? Pourquoi est-ce une "maladie honteuse" justement ? Parce que jusqu'à preuve du contraire la nouvelle se passe en France, en démocratie ... pas en Corée du Nord.
Certes on peut dire ce qu'on veut sur la vanité des lettres, le débat n'est pas là.

J'aime bien la progression de la maladie sur l'ensemble du texte, je retrouve dedans des questions que je me suis posé transitoirement en commençant à faire de la philo ...

Comme dit précédemment, la chute est trop rapide, je crois que cette nouvelle aurait mérité d'être plus développée sur la fin !

   saintesprit   
3/6/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
bien ecrit, histoire interressante, et pourtant pas emballé. pourquoi? manque d'intensité quelque part.

   mureha   
24/6/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bravo pour le choix de ce theme. l'idee garde toute sa force meme dans notre environnement actuel. Beaucoup ne se sentent pas confortables face a la difference des autres, surtout s'ils sont
surdoues. inconsciemment, ils ne leur pardonnent pas de bousculer le cours "normal" des choses.
le texte est bien ecrit , fluide et agreable a lire. Les commentaires judicieux concernant certaines formulations vous permettront de vous parfaire.
Impatient de lire votre prochaine nouvelle.

   Maëlle   
9/8/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Sympa comme tout, agréable, drôle (et qui me rappelle certaine façon que j'avais d'empoisonner l'existence de mes parents...). Un peu linéaire dans son déroulement, par ailleurs (puisque c'est quasiment un texte à trois personnages: Raphaël, ses parents, la langue) sans retournement de situation.

   placebo   
24/2/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bon, je suis allé voir le topic dans lequel tu expliques ta fin, mais je n'avais pas le cœur à le déterrer, j'en parlerai donc ici.

Tout d'abord, et ce n'est pas de la brosse à reluire après d'autres commentaires, mais j'ai vraiment apprécié la fin. On voyait les symptômes devenir plus grave, et j'ai bien aimé l'happy end, la découverte d'un remède à cette maladie. De plus je trouve que c'est bien mérité pour ces parents qui se sont acharnés à guérir leur fils, certes peut être pas dans le bon sens, mais avec une obstination qui fait chaud au cœur: j'aurai laissé tomber un tel phénomène depuis longtemps.

quelques remarques:

- je trouve la sortie de Raphaël du système scolaire un peu rapide: tout lui réussit (mais bon, le français ne fait pas tout en cours, les maths?) et puis au collège, première semaine, on le retire, on ne lui demande même pas de se modérer comme avant. par contre le prof ajoute de l'humour, bon point.

-de même, pourquoi n'ont ils pas persévéré, en le plaçant dans une école spécialisée, pour surdoués? Ou alors on le fout devant un machine à écrire et il pond des romans à la pelle. Je pense que c'était le choix de l'auteur d'osciller entre délires linguistiques et amour des parents, aussi cette idée ne lui plaira peut être pas.

-soit dit en passant, j'ai adoré l'évolution des symptômes (même si comme déjà remarqué, quelques manques de logique) et le vocabulaire (là aussi)

- j'ai été déçu par la phrase: ''il devint comme fou''. pour moi justement, il ne l'est pas, mais tout le monde le murmure en le regardant, le fait de le dire casse tout le mythe autour de ce personnage.

Un très bon moment,
placebo

   Anonyme   
22/4/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Petite incohérence :
« La mort dans l’âme, les parents récupérèrent Raphaël qui lisait sagement un traité de physiologie dans la salle d’attente, et s’en furent bien vite chez eux. »,
puis plus loin :
« L’enfant grandit et fatalement, son langage en fit autant. Les symptômes de la maladie poursuivirent leur insidieux développement : Raphaël apprit à lire et à écrire tout seul, sauta plusieurs classes, devint l'élément le plus brillant de son école, de sa région... ».
Idem ici « on ne s’exprima plus que par gestes et onomatopées. » et plus loin une conversation.
Malgré cela on prend plaisir à voir Raphaël guéri. Un question : certains Oniriens ne sont-ils pas … ?


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