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Réalisme/Historique
Iktomi : Survis-moi
 Publié le 05/12/11  -  12 commentaires  -  2779 caractères  -  232 lectures    Autres textes du même auteur

Rencontre mortelle


Survis-moi


J’ai commis aujourd’hui deux erreurs qui vont m’être fatales. La première a été, alors que je savais très bien qu’il y avait des femmes dans les unités combattantes de l’armée régulière, de croire qu’elles feraient des cibles faciles. La seconde, d’avoir voulu obéir aveuglément aux ordres des chefs militaires de ma faction : ne pas faire de prisonniers et achever les blessés. Cet affluent du Lawa-Lawa sur les bords duquel nous venons de nous rencontrer et qui ne porte même pas de nom n’a aucune valeur stratégique. Pourtant nos deux camps se battent pour sa possession depuis des jours, mais ceci est une guerre civile après tout : la conquête d’un lambeau de territoire inutile sert surtout à causer le maximum de dégâts chez l’ennemi. Quand nos unités respectives se sont trouvées face à face, tout est allé très vite. Les tiens se sont mis à courir dans tous les sens, et t’ont semée dans la forêt. Alors je me suis séparé de mon groupe pour te suivre. Jusqu’à ce que tu t’égares complètement. C’est le moment que j’attendais. Pourquoi ai-je attendu ? Je suppose que je ne voulais pas t’abattre devant témoins. J’avais même prévu de ne rien dire de retour au camp. Tuer UN ennemi, c’est facile de s’en vanter. Tuer UNE ennemie, on passe pour quoi ? Pas envie de le savoir.


Tu t’es arrêtée au pied d’un arbre. Je me suis approché lentement, en silence, pas une feuille, pas une brindille ne craquait sous mes semelles.


Je te tenais au bout de mon fusil. Une balle dans la nuque et terminé. Qu’est-ce qui m’a empêché de tirer ? Soudain le temps s’est contracté. J’ai vu avec tes yeux et respiré avec tes poumons. J’ai articulé des mots sans les prononcer : « Je ne veux pas te tuer. » Alors tu as fait volte-face, le 9mm au poing, j’ai senti un choc dans la poitrine, j’ai été soulevé de terre. Ce n’est qu’après que j’ai entendu la détonation.


M’as-tu entendu approcher malgré tout ? On m’avait raconté des choses ahurissantes sur l’instinct de survie, mais là j’en suis tombé à la renverse. Au propre et au figuré.


Tu t’es agenouillée près de moi, tes mains tremblaient, mais tu as réussi à parler sur un ton presque désinvolte :


– Dire que je suis nulle aux exercices de tir ! Je ne voulais pas, je te jure, je ne voulais pas… Mais j’ai eu tellement peur !


J’avais du sang plein la bouche mais j’ai réussi à articuler :


– Ne dis donc pas de bêtises. Ton instructeur de tir serait fier de toi, il t’a sûrement appris que le désir guide la balle…


Mes derniers mots. J’aurais pu trouver mieux, mais dans certaines circonstances l’inspiration s’échappe du corps plus vite que le sang.


Aujourd’hui c’est moi qui meurs. Je ne voudrais pas que demain ce soit toi. Ni un autre jour. Fais attention à toi. Et souviens-toi : le désir guide la balle.


 
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   socque   
28/11/2011
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Un instantané sinistre, horrible, et en même temps très émouvant je trouve. Je lis dans ce court texte toute l'ambivalence de l'être humain, capable des pires actes et en même temps assoiffé d'idéal, toujours porté au rêve. Aucun manichéisme ici, et c'est très fort, pour moi, cette ultime complicité entre deux ennemis quand vient la plus forte de tous les adversaires, celle qui gagne toujours.

Une très belle réussite, pour moi, une fin superbe.

   Pascal31   
29/11/2011
 a trouvé ce texte 
Bien
Il est plutôt bien fichu, ce court récit.
L'écriture se tient et, en peu de mots, l'auteur a su instaurer une atmosphère, engendrer une émotion...
Dommage que ce soit si court, en fait : j'ai à peine eu le temps de m'immerger dans l'intrigue que le point final venait avorter mon plaisir. C'est un peu frustrant.
Mais c'est aussi un signe que l'auteur avait su m'embarquer dans son histoire.
J'espère en lire plus, la prochaine fois !

   Jano   
30/11/2011
 a trouvé ce texte 
Moyen -
Au niveau de l'écriture il n'y a rien à dire. Le style est bon, limpide et je n'ai pas relevé de maladresses criardes. En même temps le texte est si court que les chances de se planter sont moindres.
C'est plutôt le sujet qui ne tient pas la route, cette scène de guerre à laquelle on a du mal à croire. A la rigueur on peut admettre qu'un combattant hésite à tuer une femme, mais le dialogue qu'ils échangent une fois qu'il est à terre est complètement saugrenue. Tout l'aspect réaliste s'envole avec les considérations oiseuses des deux protagonistes.
De plus c'est vraiment trop rapide. Il manque l'ambiance stressante d'une bataille. Il aurait fallu camper davantage le décors pour que l'on s'immerge avec émotion dans la situation.

   matcauth   
5/12/2011
 a trouvé ce texte 
Bien
C'est rapide et efficace et il ne manque rien pour être plongé dans le texte. Sans description, on sait où on est et ce qu'il se passe. Malheureusement c'est, bizarrement, le défaut de ce texte: trop court. Pourquoi trop court : parce que nous lisons des nouvelles pour nous immerger dans un univers, le temps est requis pour que notre esprit s'évade.

Quant à la réflexion sur les dernières pensées d'un militaire, pourquoi pas, j'aime penser que l'homme n'est pas si foncièrement mauvais. Il y a un peu de culture cinématographique dans ce scénario. Peut être aurait-il été plus intéressant de pousser le côté "dérangeant" de l'histoire.

A vous relire, car je vous envie cette qualité de faire des textes dépouillés et pourtant explicites.

   widjet   
6/12/2011
 a trouvé ce texte 
Très faible
J'avoue être sidéré.

Je ne voudrais pas être blessant ou désobligeant mais je tiens quand même a donner le fond de ma pensée.

Après un début poussif et des ajouts dispensables (« pas une feuille, pas une brindille ne craquait sous mes semelles ») et sur-explicatifs lourdingues (« la conquête d’un lambeau de territoire inutile sert surtout à causer le maximum de dégâts chez l’ennemi »), le dénouement m’a, lui aussi, fait « tomber à la renverse ».

Non, mais sans blague...Faut-il prendre le dialogue final au sérieux ?

Il semble que oui et franchement je me suis presque frotté les yeux tellement j’en revenais pas (Ah ! le « Dire que je suis nulle aux exercices de tir ! » d'une personne qui vient buter un gars et surtout le cultissime « Ne dis donc pas de bêtises » de la part du type qui pisse le sang après s’être pris la bastos vaut son pesant de cacahouètes !).

Même si de par cette extrême naïveté qui habite les deux protagonistes, l’auteur tente de provoquer une sorte d’identification chez nous (du genre, non, ceux qui font la guerre n’ont rien des bêtes sanguinaires, mais ce sont surtout de personnes innocentes, effrayées et vulnérables), je trouve que le procédé fait basculer le texte dans la parodie.

W
(lecteur sur le cul)

   alvinabec   
6/12/2011
Un texte si court que l'on ne peut entrer dans l'histoire, elle-même ressemblant plus à un épiphénomène qu'à une réelle rencontre.
Le dialogue final semble surréaliste... Un soldat mourant pétri de compassionnel pour l'adversaire. On verse dans un sentimentalisme qui n'est pas raccord avec une opération sur le terrain.
Quant au désir qui guide la balle, euh! Pensez aux trois C: du coeur, du courage, des couilles. C'est plus le vocabulaire habituel d'un combattant.
A vous lire...

   Melilot   
6/12/2011
 a trouvé ce texte 
Moyen -
Je ne suis pas arrivée à entrer dans cette histoire. Quelque chose me gêne, sans doute son invraisemblance du début à la fin.
Cette armée qui se met à courir dans tous les sens, puis ce désir de tuer une femme pour le simple plaisir apparemment puisque le héros ne veut pas en parler, et puis cette conversation surréaliste entre les deux protagonistes.
Ça me fait penser à un manga avec des guerriers aux sentiments et aux dialogues aussi étranges que bizarres.

   Anonyme   
7/12/2011
 a trouvé ce texte 
Moyen -
Schématiquement ça commence comme un film de guerre et ça finit comme un mauvais feuilleton télé;

"quand nos unités respectives se sont trouvées face à face, tout est allé très vite"

en effet c'est à ce moment que tout bascule; le tutoiement qui suit est choquant; comme si le narrateur retrouvait une vieille copine; et jusqu'au bout alors tout ceci ne semble plus avoir de sens (les dialogues affligeant des deux combattants) ni d'intérêt !

dommage !

   caillouq   
18/12/2011
 a trouvé ce texte 
Moyen -
Je trouve trop artificiel le procédé qui consiste à faire interagir les personnages comme s'ils avaient une histoire commune, afin de mieux nous surprendre quand on comprend que etc. C'est peut-être ça qui, a posteriori, explique que je n'aie pas réussi à rentrer dans le texte. Sans compter que j'ai du mal à croire que le narrateur ait pu s'approcher à ce point d'"elle" sans qu'elle l'entende, dans le silence de la nature (même quand on fait gaffe, ça craque, toutes les petites scories desséchées qui peuvent tomber d'un arbre !)
Bref, même si la locution finale "Le désir guide la balle" (utilisée 2 fois) est jolie et offre plein de possibilités de détournement, je n'ai pas trop marché.

   monlokiana   
18/12/2011
 a trouvé ce texte 
Très faible -
Je suis étonnée de ne pas voir cette nouvelle dans la catégorie humour/détente (pardonnez-moi, c'est juste un avis)

Quel rencontre alors? Je n'avais pas encore lu un texte comme celui ci et je trouve que l'idée est plutôt pas mal. Mais c'est juste que je n'y crois pas. C'est bien écrit, mais, est-ce à prendre au sérieux? Franchement j'ai bien rigolé. Surtout le dialogue. Ils ne se connaissent pas mais se tutoie et se parle comme de vieux amis. j'ai exploser au moment où elle dit être nul aux tirs (théoriquement peut-être mais à la pratique non :D

Après réflexion, je me suis dit que ce texte était drôle certes mais pas du tout sérieux. Je ne sais pas ce que l'auteur a voulu que l'on ressente en lisant son texte (de l'émotion, qu'on pleurt.) Je ne considère pas ceci comme une nouvelle mais une bonne histoire
A raconter pour faire rire!
Merci pour cette lecture

   vicon   
18/12/2011
 a trouvé ce texte 
Moyen +
Ce texte me tombe dessus pile au bon moment : j'étais plongé dans de bizarres réflexions sur le Kitch au moment de le lire (la faute au texte d'avant).

Ce texte a pour moi plusieurs niveau de lecture très inégaux :

Dans l'un, je lis un cliché très lourd avec beaucoup d'images "trop" faciles à cerner. Bien écrit, langue fluide et très imagé; mais ça, c'est l'avantage du cliché déjà lu/vu cent fois.

Mais il y a aussi quelque chose qui peut me faire penser que c'est tout à fait assumé. C'est "trop", vraiment.
Ici par exemple : " Ton instructeur de tir serait fier de toi, il t’a sûrement appris que le désir guide la balle… ". Trop beau pour être vrai. En plus c'est répété.
Alors, oui : le Kitch, c'est un peu là où les méchants deviennent gentils, là où le cynisme devient un humanisme, là où le second degré rêve de premier degré. Ca peut faire sens, je trouve.

Malgré tout, ce genre de texte, isolé de l'auteur, ne possède pas à priori cette démarche : elle ne peut que se construire dans la connaissance de l'auteur à mon avis...

Le rasoir d'Ockham étant bien affuté : je note donc la première lecture du texte (avec un petit +; quand même !)

   MonsieurF   
12/2/2012
 a trouvé ce texte 
Très faible
Je suis vraiment très déçu de cette lecture. Ce texte en plus d'avoir une écriture relativement fade, ne raconte rien d’intéressant, mais en plus avec une sorte de grandiloquence étrange.

La phrase qui revient par deux fois sur la balle et le désir me fait penser à une citation d'un film avec Charles Bronson en justicier, ou d'une mauvais film avec Eastwood, bref c'est ridicule.

Le style est plat, sans envolées particulières, sans recherche.

Un texte à oublier vite je crois.


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