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Fantastique/Merveilleux
janeR : Que s'est-il passé ce jour-là ?
 Publié le 09/02/10  -  17 commentaires  -  8357 caractères  -  112 lectures    Autres textes du même auteur

Itinéraire d'un enfant non gâté...


Que s'est-il passé ce jour-là ?


Quand nous avons atterri sur la plage, c'était en début d'après-midi. Sitôt arrivé, je me suis mis les bras dans le sable. Ensevelis, les bras ! Presque jusqu'aux épaules. ''Je me fais des racines'', lui ai-je crié. Elle a répondu distraitement ''C'est ça mon chéri amuse-toi''.


Ça n'a pas été difficile de m'habituer à mon nouveau statut. On se fait très vite aux avantages d'une situation privilégiée. Compliments, louanges, congratulations. Félicitations, récompenses. On avale ; on digère. Ou presque. Petits refrains ronronnants, nougatine ou guimauve, je n'ai pas tardé à me prendre moi-même pour un petit génie. Un petit génie sérieux... Le reste... je m'en suis accommodé...


Le jour des bras dans le sable, elle a commencé, comme d'habitude, par planter son parasol. Solidement. Puis orienter celui de la poussette du bébé, avec minutie. Elle a déballé les affaires pour vérifier que le biberon était encore chaud. Qui l'était, bien évidemment. Je surveillais tout ça en présageant que l'après-midi serait long. Ce qui s'est avéré exact. Ma persévérance a été largement rétribuée depuis, mais, à l'époque, je ne m'en doutais pas. J'étais bien décidé, malgré tout, à demeurer ainsi, les genoux au sol et les bras prisonniers. Jusqu'au soir.


C'est seulement le lendemain que j'ai réalisé que quelque chose d'important était arrivé. En temps ordinaire, je m'embarbouille chaque matin dans les tuyaux de mon pantalon, je malmène mes bretelles, - fichues bretelles - et me bats avec les boutons de ma chemise. Quant aux souliers, je suis encore obligé d'aller la trouver, histoire de me faire attacher les lacets. Elle serre rapidement les boucles. Pas pour m'avancer, pour être débarrassée. Le plus vite qu'elle peut ! Je pense ça car elle y met pas plus de sentiment que si elle revissait la poignée du buffet de cuisine... Et moi, j'enrage.


Le lendemain du jour des bras ensablés, je me suis habillé de pied en cap ''en un tour de main''. Seulement voilà : j'ai su tout de suite que ces mains-là, au bout de mes bras, n'étaient plus les mêmes. Elles semblaient répondre à une volonté qui n'était pas la mienne. Flagrant : souples, habiles à l'excès, elles allaient beaucoup plus vite que les ordres que je pouvais leur donner. Mes mains-à-moi, les vraies, avaient toujours été lourdes, hésitantes et si maladroites !


Sur la plage, ce fameux jour, le même, ça n'a pas raté. "Arrive mon chéri tu vas donner le biberon à ta petite sœur". Je prévoyais, raison pour laquelle... Maman, pas la peine, je suis occupé à me faire pousser des racines. Plus de bras, je suis inutilisable. Je ne recueillerai pas la petite sœur aujourd'hui.


Jamais il ne m'avait été donné de me trouver à l'école dix minutes avant la rentrée des classes. C'est arrivé dès que j'ai utilisé des mains qui n'étaient pas les miennes. Autrefois, je débarquais régulièrement quand les autres avaient achevé de ranger leur matériel. Je faisais irruption dans le silence qui précède le début des cours. Silence impressionnant, situation inconfortable, ô combien !... mais n'avais-je pas quelque peu œuvré pour ce résultat ? Que de fois n'ai-je pas desserré discrètement le nœud d'un de mes lacets pour le plaisir - minime ! -de ''lui'' présenter mon pied une seconde fois. Elle ne prenait pas la peine de s'étonner. Se penchait, et, docilement, machinalement, renouait... Quand elle se relevait, j'avais envie de la retenir en mettant mes deux bras autour de ses jambes. De sa jupe. De m'enfouir ma tête. ''Dépêche-toi ! Si tu es en retard, tu ne t'en prendras qu'à toi-même..." Déjà, elle avait tourné le dos.


Elle a toujours prétendu que présenter le biberon au bébé était un acte qui me revenait d'office. ''C'est excellent pour lui de s'occuper de sa petite sœur''. Si tu le dis, chère mère...

''Tends tes bras''. La première fois - qu'on s'est trouvés face à face, le bébé et moi. Elle a posé précautionneusement un paquet mou et tiède, d'odeur fade, inconnue, sur mes bras. Qui se sont raidis. Que je maintiens rigides jusqu'à l'ankylose. Le paquet s'agite. ''Regarde comme elle est contente : elle te sourit !'' Je n'osais pas bouger. C'était lourd. J'étais terrorisé. Elle me montrait sa confiance ; elle me prêtait ma sœur qui venait de naître. C'était quatre mois avant le jour où j'ai enterré mes mains sous le sable. Peut-être cinq. Depuis, elle n'a cessé de me témoigner ce genre de confiance-là.


Le jour de la plage, quand elle m'a appelé : ''Viens donner le biberon à ta petite sœur !'' J'ai répondu : ''Je ne peux pas, je m'enracine !'' Je m'attendais à un éclat, elle a seulement haussé une épaule. Sûr qu'elle était mécontente. Je suis resté jusqu'au soir les bras bloqués, bien obligé d'être immobile ! Mes bras indisponibles. Inaptes au service. Inaptes à serrer le gros paquet vivant.


En classe, c'était le miracle. ''On nous l'a changé'', disait l'instituteur, et de brandir mon désormais impeccable cahier devant tous les autres, estomaqués, et même de l'exhiber au nez des collègues, qui soupiraient : ''S'ils écrivaient tous ainsi !'' La recette, je me la suis gardée. D'abord, parce que tout le monde se moquerait, et... je ne suis pas sûr de son universalité... Si tout cela était le fruit d'un simple hasard ? Ou un leurre qui se dévoilera de lui-même bientôt ? Ou une vaste mystification dirigée contre... contre qui, au fait ?


Au cours de cet après-midi-là, j'ai eu plusieurs fois envie d'envoyer promener le sable et ma détermination, et de me sauver. ''Veux-tu ton goûter ? - Non ; merci, maman. - Tu n'as pas faim ? - Si, mais je me fais pousser des racines.'' J'étais derrière son dos, elle ne s'est pas retournée. Il est vrai qu'elle était en conciliabule avec le bébé qui lui faisait force risette.


C'est en musique que j'ai fait le plus de progrès. Le prof de piano n'en revient pas : ''Madame Reynold, votre fils est en train de devenir un très brillant sujet''. Il insiste : ''Un vrai petit prodige ! -Ah, bon ?'' Une fois, elle a ajouté : ''C'est étonnant, on ne l'aurait pas dit... Tant mieux... Il était si médiocre en tout. ''Oui, tant mieux. Mes doigts filent sur le clavier avec vélocité. Je regarde courir ces mains vives comme des alouettes. Agiles, agiles. Censées être miennes. Même si je voulais les rattraper, je n'y parviendrais pas. Petites machines savantes qui font tout toutes seules. À la perfection. Sans moi. Je les regarde faire, c'est mon seul travail.

Je sais que ma mère s'éloigne de plus en plus. Très rarement maintenant, elle m'impose l'enfant. Son enfant. Son bébé, ma petite sœur.


Dans notre localité, je suis devenu un citoyen avec lequel il faut compter : le piano. Mes parents se font un devoir de convier, ici et là, un cercle d'amateurs pour m'entendre. Je me prête de bonne grâce à ces jeux de société, l'exhibitionnisme ne me coûte pas. C'est comme si je connaissais par cœur les sonates, sonatines et préludes. À croire que ces mains-là se sont exercées des mois, voire des années, sur toutes les partitions existantes. La petite, toujours aussi ''facile'', aussi ''gracieuse'', passe de genoux en girons. Tout le monde l'adore : ''Vous avez des enfants merveilleux !... Vous êtes une maman comblée...'' Elle sourit, mondaine, l'esprit visiblement ailleurs.


Je joue. Un morceau difficile ; dans un silence religieux. Mes superbes mains vont, j'ai tout le loisir d'observer mon monde ; de la sonder, elle. Je sais que les notes s'enchaîneront dans leur ordre infaillible, dans une harmonie incomparable ; que l'auditoire applaudira à tout rompre, saisi du miracle, supputant que j'aie mis dans mon exécution ''toute mon âme, tout mon cœur'', ma divine sensibilité'', etc., etc.


Soudain, je m'immobilise, pétrifié. Ma mère est en train de lancer à la cantonade : ''Oui, c'est vrai, ne dirait-on pas qu'il a quatre mains ?'' Quelle stupide insinuation ! Je n'ai que deux mains, celles qui ''marchent''... Les deux autres ne sont plus, c'étaient des rien-du-tout. Elles étaient NULLES, comme je suis NUL moi-même. Car, chère mère, je ne suis pas médiocre, mais NUL. Inexistant. Ce jour-là, un après-midi de sable, j'ai fait pousser quelqu'un d'autre, qui a pris ma place. Elle a enfin tourné la tête. Je crois surprendre son regard posé sur moi, un que je ne lui ai jamais vu, non plus celui de l'indifférence, le regard de la haine. Je suis le seul à le capter.


 
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   florilange   
21/1/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen +
L'idée du texte est originale, ainsi que sa conclusion. Le déroulement de l'histoire est assez logique. Le style est plutôt correct.
Une histoire d'amour incompris, négligé, nié, ne rencontrant qu'indifférence puis haine.
Florilange.

   Anonyme   
24/1/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen -
Une bonne idée, vraiment, l'histoire, le fond m'ont fait penser à des nouvelles de Stephen King de l'époque de Danse Macabre ou Brume. C'est inspiré. Cet enfant qui en a marre d'être nul et se fait une sorte de clone dans le sable, qui serait bon en tout comme lui-même est nul en tout.Bravo pour l'imagination.

Par contre, j'ai eu quelques soucis avec le déroulement narratif qui saute un peu du coq à l'âne à l'image du premier passage qui parle de l'école.
La ponctuation aussi me semble parfois assez particulière, des ; où je n'en mettrai pas car je les trouverais inutiles... oui la ponctuation est un peu particulière.

Le style aussi... un peu trop simpliste, mais bon on part de l'idée que c'est un enfant qui narre... alors ça ne l'est pas assez.
Le langage est parfois inadapté selon moi.

L'histoire à présent, mériterait un retraitement par les fondations, un peu plus appuyé sur le sens, peut-être en adoptant un style un peu plus nuancé (là je le trouve un rien linéaire), en ôtant quelques zones d'ombre qui mettent un voile d'incompréhension sur le récit.

Récit qui me semble d'une première partie un peu trop longue (mais ça peut venir du style...) par rapport à la fin.

Récit, globalement qui est très descriptif, assez faible dans la force émotionnelle induite par l'histoire à strictement parler. Il aurait fallu l'enrober de sentiments, de poésie, expliquer un peu (pas expliquer tout hein, juste un peu plus) le processus qui le pousse à plonger les mains dans le sable, parler des changements qui s'opèrent de manière subtile (ici on saute du coq à l'âne sans comprendre réellement ce qui se passe)... bref, aider un chouilla le lecteur à s'y retrouver dans tout ce sable, les lacets, l'école, le piano...

Peut-être en posant un premier paragraphe qui ferait le point sur le narrateur... où il se présenterait en disant qu'il était 100% nul en tout (avec quelques exemples) et ce qu'il en ressentait (là on ne sait pas trop comment il se sent) avant de doucement nous montrer que les choses changent, d'un coup, quand il a décidé de se faire pousser un autre lui.
Et pareil, tout au long du récit, on manque cruellement des sentiments de l'enfant. On dirait que tout ça (sa propre vie) lui passe au dessus sans le toucher. Il doit être content, effrayé, sur de lui, paniqué, ... peu importe mais il faudrait qu'on ait un peu plus de sens...

Voilà, j'espère que ça t'aidera.
Je répète que je suis fan, vraiment, de l'idée.
Bonne continuation et merci!

   jamesbebeart   
27/1/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien
Comment attirer l'attention de sa mère quand on préfère votre soeur ? Et c'est là que le texte vire au fantastique : seule issue possible, presque raisonnable pour se faire aimer. J'ai bien aimé ce récit qui nous amène radicalement vers un ailleurs très poétique... Bref un ressenti très agréable.

   ANIMAL   
30/1/2010
 a trouvé ce texte 
Bien -
Cette nouvelle est bien écrite dans sa forme. Le style est agréable et on sent de l'aisance. Pas de souci de ce côté.

Je suis par contre restée hermétique à l'histoire. En fait je n'ai pas compris le fond de cette nouvelle. Le héros est il un piano qui se prend pour un pianiste ? A-t-il quatre mains dont deux invisibles ? C'est resté un mystère pour moi.

Une nouvelle fantastique doit certes raconter des choses qui sortent totalement de la normalité, mais encore faut-il que ce soit compréhensible pour le lecteur. Pour moi, cela n'a pas été le cas et c'est dommage car il y a là un potentiel narratif certain.

J'aurais aimé avoir quelques clés pour comprendre ce récit que je ressens comme surréaliste.

   Anonyme   
9/2/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen +
Un texte sympathique. Quelqu'un sait-il ce que "ronraonnants" veut dire ? C'est employé à propos des refrains. Une histoire plaisante, pas très surprenante, un ensemble un peu académique mais qui se tient. Dommage et tant mieux pour le fantastique, j'ai pas trouvé en quoi c'est fantastique mais c'est tant mieux j'aime pas ça le fantastique !

Une bonne lectur en tout cas.

   NMC5   
9/2/2010
 a trouvé ce texte 
Bien +
TANT de négligences de la part d'un être que l'on aime car submergé par la venue de la "petite soeur"... J'ai trouvé que cette nouvelle a été agréable à lire. A la fois truculent et fantastique ... Beau mélange.

   Incognito   
9/2/2010
 a trouvé ce texte 
Faible
Idée intéressante. Le manque d'existence, de reconnaissance d'un enfant, la déconsidération, reste un sujet fort, qui ne demandait d'ailleurs pas forcément la présence de la petite sœur même si elle permet de le renforcer. Les stratégies pour "exister" sont nombreuses et celle de l'enracinement les bras de le sable est intéressante et originale. Bravo donc pour cela.
Sur la forme, par contre, je ne suis pas du tout convaincu.
Je n'ai pas trouvé grand chose pour m'accrocher à cette lecture (mots, expressions, tournures de phrase, traitement du langage,...) et je ne l'ai terminée que parce que je savais le texte court.
J'ai trouvé par contre ce qu'il fallait pour me détourner de la lecture :
1. Je trouve que les différentes parties ne s'enchainent pas, qu'il manque de la fluidité, qu'on vient buter sur des débuts de paragraphes qu'on n'arrive pas à coller aux précédents.
2. C'est très bien de ne pas faire tout le boulot pour le lecteur et de le laisser construire entre ce qui est écrit tout ce qu'il y a à deviner, mais dans ce texte, je me perds complètement. Je n'ai pas envie de relire trois fois pour peut-être arriver à comprendre en recollant les morceaux. Les idées sont trop dépareillées, la distance entre narrateur et lecteur trop grande, les trous à combler de véritables gouffres auxquels je ne trouve pas la force de m'attaquer.
3. Je suis personnellement un adepte du jeu sur la ponctuation, mais je l'ai trouvé ici plutôt désagréable, voire peu compréhensible.

Désolé, mais je ne peux pas accrocher à ce genre de texte dont je trouve la lecture trop rébarbative, même si je répète que l'idée est intéressante.

   Perle-Hingaud   
9/2/2010
 a trouvé ce texte 
Bien +
Prendre racine dans le sable: quelle drôle d'idée ? les racines n'ont-elles pas besoin de terre ? Ou alors, une plante des plages, un roseau, quelques fines feuilles de dunes ?
L'idée est belle, séduisante. Les racines ont poussé, étrangères au corps.
Deux remarques: le deuxième paragraphe ne me paraît pas à sa place. Il embrouille la première lecture. Je suis également désorientée par le sentiment de la mère: je comprendrais mieux un rejet, un dégoût à la compréhension d'un phénomène étrange, rejet qui, avec le temps, pouvait se muer en haine.
Une lecture cependant agréable.

   Bellaeva   
9/2/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen
Pour moi cela commençait comme un film de jacques Tati ...car j'ai cru que c'était le mari qui mettait les bras dans le sable, et qui avait du mal à s'habiller ...Je crois que j'ai été déroutée pendant toute la lecture du texte ... Suivre l'idée de l'auteur n'est pas facile.
Il y a un mélange de fantastique et de réalisme cruel ...
Nécéssité de grandir vite quand l'on n'est plus le bébé de sa maman ...
L'idée des bras dans le sable pour prendre racine est originale...mais le lien avec le reste reste un peu compliqué ...Grandir par les mains ?
Il fait tout pour se faire remarquer de sa mère ...mais il n'obtient qu'un regard de haine ...Surprenant par rapport au personnage de la mère présentée qui semble plutôt indifférente ou trop occupée par le bébé jusque là ...
Bonne continuation

   alifanfaron   
11/2/2010
 a trouvé ce texte 
Bien +
Très bien ça. Je ne suis pas parvenu à suivre exactement le fil de l'histoire. Pourquoi de la haine à la fin, de la part de cette mère à qui le héros ne doit rien? Je ne sais pas, il y a quelque chose qui m'échappe. Et quelques part, c'est ça qui me plait. Cet enfant, a quelque chose de trop mature pour son âge. Quelque chose de flippant dans le choix de ces mots trop "adultes". D'aucun diront que le ton n'est donc pas le bon, que le regard n'est pas assez enfantin. Moi j'y trouve quelque chose de flippant. Comme ces mains qui viennent comme ça d'on ne sait où.

Je flippais de les voir s'arrêter. C'était ça mon angoisse. Qu'elles disparaissent comme ça, comme elles étaient venues. Mais non, au final, je me suis fais cueillir, c'est le mot, par la haine de cette mère.

   Xrys   
10/2/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen
J'aime beaucoup l'idée excellent des mains qui poussent dans le sable.
Le style est correct.
Quelques remarques sur la forme :
- c'est le lendemain que... que Il me semble que la phrase avec une construction différente aurait gagné en légèreté.
- Qui l'était, bien évidemment. (ici j'aurais préféré il l'était...)
-Je pense ça car elle y met pas plus de sentiment que si elle revissait la poignée du buffet de cuisine (Ici pourquoi l'absence du n' ?est ce voulu car le ton général n'est pas spécialement enfantin ou familier)
-Dans notre localité, je suis devenu un citoyen avec lequel il faut compter : le piano. (Là j'aurais préféré à cause de ou autre chose on a l'impression qu'il se transforme en piano)


Le gros problème dans cette nouvelle est la construction et c'ets vraiment dommage. Par moment on est à la plage le jour où les mains poussent d'autres avant (quand il était maladroit, quand on lui a présenté sa petite sœur, ) d'autres après : lme piano. Et le tout sans aucun repère du coup on se perd énormément et c'ets vraiment dommage.

J'ai beaucoup apprécié ce que l'on devine sur l'enfant sa souffrance face à l'indifférence (je ne pense pas qu'elle soit réelle en plus c'est presque dit entre les lignes ) de sa mère. Son désir d'attirer son attention de se changer et le résultat la haine de celle ci parce qu'il n'est plus son enfant. En filigrane la confiance que celle ci manifeste par rapport à la petite sœur avant les mains et le manque de confiance après.

C'ets vraiment dommage que la construction ne soit pas à la hauteur car il y dans ce texte quelque chose qui aurait pu en faire un excellent texte

Merci

Xrys

   nora   
10/2/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien
Intéressant et bien écrit. Que le texte renvoie par ailleurs à l'attachement presque maladif de l'enfant Proust à sa mère, à ses trucs pour la voir plus souvent, ou bien qu'elle fasse penser à des histoires plus modernes, l'important me semble que cette nouvelle surprend l'essence de la souffrance de l'enfant qui n'est pas encore sorti de la "continuité ontique" (Jung) avec sa mère. Ecarté par un intrus (sa soeur), il essaie de gérer à sa façon ce début de l'abandon maternel ou ressenti comme tel. D'abord il s'enlise dans le sable, pour se faire "des racines". J'y vois le besoin inconscient et impérieux de retrouver la chaleur et la sécurité amniotiques. Ensuite il tâche de se faire remarquer. Par elle. De reconquérir le paradis perdu où il était l'unique. Il a beau émerveiller tout le monde, elle s'éloigne et l'éloigne.
J'ai trouvé originale l'idée des quatre bras, les deux dernières me suggérant le début du processus d'auto-construction, solitaire, hésitant, douloureux. Il devient autre. Il prend des racines tout en se déracinant.
J'ai également apprécié le style qui harmonise la simplicité et la force de suggestion, l'ingénuité du narrateur-enfant. Sa tristesse aussi.
Merci janeR

   widjet   
10/2/2010
 a trouvé ce texte 
Très faible
Bon, le style ne me plait pas du tout. Et la lecture n’a pas été plaisante. Pourquoi ?

Trop de phrases construites bizarrement, des choix pour le moins étranges notamment sur la ponctuation :

- « Compliments, louanges, congratulations. Félicitations, récompenses. ». Je ne vois pas ce qu’apporte le point final qui interrompt la liste… pour la poursuivre juste après.

- « Elle a déballé les affaires pour vérifier que le biberon était encore chaud. Qui l'était, bien évidemment. Je surveillais tout ça en présageant que l'après-midi serait long. Ce qui s'est avéré exact. ». Idem. Ces interruptions constantes (comprendre l’emplacement des points finaux) m’ont perturbé.

- Tiens, une autre : « Elle a posé précautionneusement un paquet mou et tiède, d'odeur fade, inconnue, sur mes bras. Qui se sont raidis. Que je maintiens rigides jusqu'à l'ankylose ». Phrase maladroite (Elle a posé précautionneusement sur mes bras eut été plus lisible). Abondance de « que » et « qui » qui alourdissent la lecture.

- « Flagrant : souples, habiles à l'excès, elles allaient beaucoup plus vite que les ordres que je pouvais leur donner ». Les deux points après flagrant, j’ai trouvé ça zarb.

- « Dans notre localité, je suis devenu un citoyen avec lequel il faut compter : le piano. » La corrélation entre le début de la phrase (« un citoyen sur lequel il faut compter ») et « le piano » est loin d’être évidente (ensuite, on comprend mieux le lien).

- Autres étrangetés : des points virgules placées au hasard : « Non ; merci, maman »

- Des phrases lourdes comme « m’enfouir ma tête », « C'est arrivé dès que j'ai utilisé des mains qui n'étaient pas les miennes », «

De façon plus générale, manque de maîtrise sur le langage du gamin, tantôt soutenu (les « ô combien », les « conciliabules » et autres formes passives et interrogatives) tantôt plus « de son âge », même si je peux admettre qu’il soit (comme l’auteur semble l’indiquer) un « petit génie ».

Je pourrais aussi parler de la construction bancale, des flash-back mal dosés et mal amenés qui finissent par nous perdre.

Mais à la limite c'est du pinaillage, tout ça et j'aurai pu m'en accommoder. Non, ce qui m'a surtout déplu, c'est cette histoire et son traitement pour le moins ridicule.
Et le pompon, c'est son final totalement abracadabrant ; là je n’adhère pas du tout. Pire, ça m’agace ! Comme ça à vue de nez, on se dit « Wow, c’est hyper original, super bien trouvé, effrayant à souhait ». Ouais, mais quand on prend un peu de recul, bah on se dit que rien n’a été véritablement bâti autour de cette révélation qui se trouve en fait parachutée et assenée au lecteur sans l’once d’un embryon d’explication (ok pour faire cogiter le lecteur, mais en lui donnant un minimum d’élément), moi j’assimile ça SOIT a de la fainéantise SOIT a une incapacité (dans le doute, je vais choisir ça) SOIT a de la supercherie.

En gros, l’auteur nous informe (involontairement, j'espère) avec cette seule phrase expéditive « Ce jour-là, un après-midi de sable, j'ai fait pousser quelqu'un d'autre, qui a pris ma place » l’incroyable révélation. Et… c’est tout ? Bah oui, c’est tout pour toi lecteur, le môme a planté ses mains dans le sable qui lui en a filé des nouvelles vachement bien. Géniale, hein ? Qu’est-ce qu’il y a lecteur, t’es pas content avec cet argument en béton armé ? Tu ne marches pas ?

Bah non, je ne marche pas. Avoir une bonne idée, c'est une chose, savoir l'utiliser c'en est une autre.

Enfin, on pouvait espérer encore quelque chose à propos des sentiments enfouis, de la rancœur, jalousie, dégoût (?), toutes ces émotions implicitement évoquées par l’auteur à propos de la relation du gamin vis-à-vis de sa sœur et sa place qu'il souhaiterait occuper dans le coeur de sa mère ; cela pu être très intéressant de développer cette idée, parler de cette souffrance intériorisée, mais finalement cette idée aussi est abandonnée en route ou trop peu (ou très mal) exploitée. Enfin, je ne parle même pas du titre, alléchant, vendeur qui promet beaucoup et qui in fine s’avère être mensonger (car je répète l’imagination du lecteur n’est pas franchement stimulé).

Alors, il reste quoi de solide dans cette nouvelle ?

Pas grand-chose.

W
(auteur pas content)

   Mistinguette   
10/2/2010
 a trouvé ce texte 
Faible +
Je vais débuter ce commentaire par le point positif : l’idée, qui me semble vraiment originale.
Ensuite, je dois avouer que j’ai du mal à me repérer dans cette histoire que je trouve plutôt bordélique dans sa
construction ; soit dit sans vous offenser. Ce texte me donne l’impression d’être un premier jet sans relecture.
Et puis des phrases comme : « mais n’avais-je pas quelque peu œuvré pour ce résultat » ou « Si tu le dis, chère mère » me paraissent incongrues dans le bouche d’un petit garçon qui ne sait pas lasser ses chaussures sans l’aide d’autrui. À mon humble avis, en étant retravaillé cette histoire pourrait s’avérer fort plaisante.

   Anonyme   
11/2/2010
 a trouvé ce texte 
Faible
Au départ je n'ai pas réussi à le lire entièrement, je me suis ennuyée. Ensuite je me suis décidée à lire jusqu'au bout, et malheureusement je trouve ce texte assez superficiel. Qu'y a t-il derrière ce regard haineux? Quand j'ai lu le texte je n'ai pas vu l'indifférence d'une mère comme l'auteur a voulu me le faire croire, mais plutôt un petit garçon jaloux de sa petite soeur qui accappare sa maman, et se fait des idées sur les sentiments de cette dernière.

Ça manque de profondeur, un sujet pareil aurait mérité plus d'intensité, on ne sait rien sur la mère alors qu'elle est le sujet principal, la responsable des maux de l'enfant, il aurait été donc mieux d'approfondir sa personnalité, son côté "indifférente", par des descriptions précises de son attitude: ses gestes, son regard, ses paroles.

   xuanvincent   
13/2/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen +
L'idée de cette nouvelle - ces mains nouvelles qui changent la destinée du jeune héros - m'a plu. J'ai apprécié cette irruption du merveilleux dans le réel.

Pour la construction du récit, qui m'a paru écrit de manière un peu inégale (de bons passages et d'autres qui m'ont paru pouvoir être améliorés) et assez vivant, la première phrase m'a un peu surprise par sa construction : il m'a semblé qu'il manquait une partie du paragraphe introduisant cette nouvelle.
De plus, j'ai un peu regretté que le récit fasse arriver si vite ce fait extraordinaire qui vient changer la vie du héros. Il y a là matière à une jolie histoire, qui me plairait davantage si elle était davantage développée, en particulier pour la partie du merveilleux.

Les dialogues m'ont paru dans l'ensemble bien insérés dans le récit.

Bonne continuation à l'auteur (qui m'a paru pouvoir être jeune).

   Siebby   
23/2/2010
 a trouvé ce texte 
Bien -
Le fantastique est mêlé à la réalité de façon déconcertante.

Je n'ai pas compris la chute de l'histoire. Le dédain de la mère, puis la haine, vraiment je suis confuse.

C'est écrit dans un style propre à l'auteur. Les phrases ont parfois des tournures malheureuses
"Le lendemain du jour des bras ensablés, je me suis habillé de pied en cap ''en un tour de main''. Seulement voilà : j'ai su tout de suite que ces mains-là, au bout de mes bras, n'étaient plus les mêmes."
> pourquoi préciser "le lendemain du jour", jour n'est pas correct, scène ou autre synonyme intemporel aurait mieux convenu.
> "Seulement voilà :" me paraît trop familier alors que le vocabulaire global ne l'est pas.

Ce sont des points à revoir, néanmoins le fond de l'histoire a du potentiel.

 

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