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Science-fiction
Jano :  En territoire maya (615 ap. J.-C.)
 Publié le 30/04/15  -  15 commentaires  -  16733 caractères  -  88 lectures    Autres textes du même auteur

Il y a des peuples que tout oppose : l'habitat, l'apparence, le degré technologique. Seule la chasse les réunit.


En territoire maya (615 ap. J.-C.)


Nous mourons. Les uns après les autres mes frères déclinent puis s'éteignent. Stupide et long conflit qui nous a affaiblis. Accaparés par nos luttes, nous n'avons pu nous concentrer sur la collecte régénératrice. Pour rattraper le temps perdu, toutes nos sondes sont parties sur les planètes ressources mais le voyage est long. Si l'une d'elles ne nous ramène pas rapidement un spécimen, ce sera l'extinction.


* * *


Tête baissée, le tapir fonçait dans les broussailles, s'égratignait aux ronciers à s'en faire saigner les flancs. D'un saut agile il franchit un arbre mort, dévala en trombe une pente recouverte de mousse. Respiration saccadée, il marqua un temps d'arrêt pour renifler l'air. Mal lui en prit. La première lance lui traversa la cuisse arrière, la seconde reçue en plein cou lui fut fatale. Il s'écroula lourdement.


– Yêêêêhhhh ! Bien visé Xipe, tu l'as eu !


Le jeune homme bondit sur le tapir qui remuait encore pour l'achever d'un coup de gourdin. Il fut rejoint par son ami, en sueur après cette course effrénée.


– Il nous aura fait courir celui-là.

– Oui, il n'avait pas envie de servir de repas.

– C'est une belle pièce, nos familles seront contentes.


Xipe ligatura deux à deux les pattes de l'animal puis entreprit de couper un gros bambou.


– Ton père sera satisfait Tsipo. Je me souviens de sa colère l'autre jour, quand nous sommes rentrés bredouille.

– Mon dos s'en rappelle encore, répondit l'intéressé en grimaçant. Le vieux a toujours la main leste.

– Te plains pas. Le mien ça fait longtemps que ses os blanchissent quelque part.


Il glissa le bambou entre les pattes du tapir et, aidé de son partenaire, souleva la charge. Chacun une extrémité sur l'épaule, ils reprirent le chemin du retour. Comme un immense murmure une pluie fine et tiède s'était abattue sur la forêt. Ils avançaient depuis un certain temps dans cette ambiance humide quand Xipe, pour rompre un peu la monotonie, décida d'asticoter son ami :


– J'ai vu Chaska hier, toujours aussi jolie.

– Arrête, tu me fatigues avec ça. Je t'ai déjà dit qu'elle ne m'intéressait pas.

– Ce n'est pas son cas à elle. Elle en pince pour toi, c'est sûr.

– Oui, ben c'est son problème. De toute façon elle a les dents pourries.

– Nos verges n'ont pas d'yeux quand les femmes ouvrent la bouche.


Ils partirent dans un fou rire qui les obligea à s'arrêter, pliés en deux.


– T'es vraiment un idiot, hoqueta Tsipo.

– Hi ! Hi ! Un idiot qui a du succès auprès des femmes.

– Ça ne m'étonne pas, tu n'as pas l'air très regardant !

– Qu'est-ce que... ? Chut, tais-toi.


Il n'eut pas besoin d'insister, Tsipo avait aussi entendu, haut dans le ciel. Leurs regards se braquèrent sur la canopée, tentant de percer l'épaisse frondaison. Un sifflement, de plus en plus fort, assourdissant, douloureux. Inquiets ils portèrent leurs mains aux oreilles. Tout à coup un flash de lumière, semblable à un éclair, suivi d'une forte détonation qui ébranla le sol et les fit sursauter. Puis plus rien.


– C'é... c'était quoi ? bredouilla Tsipo.

– On aurait dit la colère d'Huracan, répondit Xipe sous le coup de l'émotion.

– Impossible, il n'y a pas d'orage, c'est autre chose.


Ils avaient déposé le produit de leur chasse, tournaient en rond, hébétés, les yeux en l'air à la recherche d'une explication.


– J'ai l'impression que c'est tombé pas loin. Tu as senti, la terre a tremblé ?

– Oui, c'est vrai.

– Je dirais vers l'ouest, allons voir !

– Quoi ? Tu es fou Xipe ! C'est peut-être dangereux.

– Ne fais pas ta mauviette, allons voir je te dis.


Xipe avait déjà pris la direction supposée, écartant sur son passage de larges feuilles ruisselantes.


– Attends ! Et le tapir ?

– Laisse, on reviendra.


À contrecœur, Tsipo emboîta le pas de son ami. Ils n'eurent pas à chercher longtemps. Environ trois cents mètres plus loin, ils entrevirent une large saignée dans la forêt. On eût dit qu'une tempête avait tout couché sur son passage. Au bout, enfoncé dans un fatras de branchages, miroitait quelque chose à la forme imprécise.


– Tu vois ? chuchota Xipe.

– C'est bon, allons-nous-en maintenant.

– Non, approchons encore.


Sur le qui-vive, prêts à détaler au moindre signe de danger, ils se dirigèrent vers l'objet qui se révéla volumineux. Plus ils s'en rapprochaient, plus ils sentaient une sourde crainte les envahir. Ce qu'ils avaient devant eux ne ressemblait à rien de connu ; une sphère grande comme deux fois la taille d'un homme, revêtue d'une matière étrangement lisse qui brillait aux rayons d'un soleil revenu. Les chasseurs se tenaient prudemment à distance, bouche bée, pétrifiés par cette apparition qui dépassait leur entendement.


– Hunab Ku, c'est Hunab Ku qui nous envoie un signe, articula Xipe.

– Tu... tu crois ?

– Il faut avertir la cité.

– Tu as raison, le k'inich saura quoi faire.


Sans plus attendre Tsipo fit volte-face, laissant son compagnon toujours ébahi. Une pulsion saisit celui-ci, l'envie de toucher cette chose, de s'assurer que ce n'était pas un rêve. Sa main s'approcha de la surface étincelante.


– Que fais-tu ? Non ! cria Tsipo qui s'était retourné.


Trop tard, les doigts s'étaient posés. Aussitôt un chuintement retentit, pareil à l'eau qu'on jette sur la braise, puis une ouverture soudaine du centre de la sphère ! Sous l'effet de la surprise Xipe se jeta en arrière, trébucha et s'affala dans les fougères. Tsipo se porta à sa rescousse pour l'aider à se relever :


– Allons-nous-en ! Allons-nous-en !


Ce coup-ci Xipe ne demanda pas son reste et se précipita à la suite de son compagnon terrorisé. Ils coururent aussi vite que s'ils avaient eu un jaguar aux trousses.


* * *


Un signal. La sonde 49 a détecté une proie sur NH-118. Elle doit la capturer rapidement avant le seuil critique. Nous ne sommes plus qu'une poignée. Mes forces s'amenuisent à chaque mouvement, je puise dans mes réserves pour tenir. Aurons-nous les capacités d'attendre ?


* * *


Assis sur son trône, bâton d'autorité à la main, le k'inich Janaab' Pakal restait pensif, observant attentivement les deux chasseurs prosternés devant lui. Ce qu'il venait d'entendre était incroyable et méritait réflexion, prudence. Jamais il n'avait été confronté à un tel cas. Surtout, il voulait être sûr de la véracité des faits :


– Vous n'aviez pas pris de liane des esprits avant de voir cette chose ?

– Oh non Janaab' Pakal, nous te jurons que non !


Le chef de la garde, à côté avec le reste de la cour, se fit menaçant :


– Vous savez ce qu'il en coûte de se moquer du k'inich !

– C'est la vérité, nous ne rapportons que la vérité, répondit Xipe tout à coup moins rassuré.


Aussi mal à l'aise que son camarade, Tsipo se risqua pourtant :


– Janaab' Pakal, c'est un signe des dieux ! Ils viennent sur la terre des Mayas avec ce...

– Et depuis quand un chasseur interprète-t-il la volonté des dieux ?


La voix caverneuse qui venait de retentir figea l'assemblée. Pour la craindre entre toutes, chacun la reconnaissait. Elle appartenait à Omayuhue, le grand prêtre, interlocuteur de l'invisible, astrologue et sacrificateur impitoyable lors des grandes cérémonies. Il sortit de l'ombre et s'avança à pas lents au milieu de la salle circulaire. Personne n'aurait pu dire son âge, certains affirmant qu'il avait vécu plusieurs fois. Son visage sillonné d'innombrables rides prouvait en tout cas un grand nombre d'années. Xipe et Tsipo s'étaient davantage aplatis à son arrivée, tremblant de tous leurs membres. Omayuhue ne se montrait en effet qu'en de rares occasions, déléguant les tâches mineures à ses subalternes. S'il apparaissait, c'est bien que l'événement était particulièrement grave ! Il reprit :


– Ce que vous avez vu, il y a trois lunes que j'observe sa course depuis la tour.


Stupéfaction. L'assemblée se regarda incrédule. Omayuhue poursuivit en pointant le chasse-mouche dont il ne se séparait jamais en direction du plafond.


– Un point brillant en provenance des étoiles du Tzab, chaque nuit de plus en plus gros. Je croyais que c'était une pierre du ciel, comme il en tombe parfois, mais apparemment c'est autre chose.


Il s'adressa au k'inich.


– Il faut aller voir. C'est peut-être un signe des dieux mais peut-être aussi un fruit perdu de Yaxche, l'arbre suprême.


Se retournant vers les chasseurs :


– Vous dites que l'objet est rond, c'est bien ça, pareil à une noix ?

– Oui grand prêtre, rond et brillant comme des reflets à la surface de l'eau, répondit Xipe, le front collé au sol.

– Et il s'est ouvert ?

– Oui grand prêtre, il s'est ouvert... quand nous l'avons touché.

– Hum, je pense plutôt que c'est le choc qui a provoqué cette cassure. Qu'y avait-il dedans ?

– Nous... nous ne savons pas grand prêtre, nous avons eu peur.


Janaab' Pakal se leva de son trône à cet instant et coupa court à la discussion.


– Il suffit. Je partage l'avis d'Omayuhue, nous ne pouvons parler indéfiniment de cet objet sans vérifier sa présence. Yasuni, dit-il au chef de la garde, tu prendras une douzaine de guerriers avec toi pour aller voir. Vous deux, vous l'accompagnerez puisque vous êtes les seuls à connaître l'endroit.


Il conclut avant de prendre la direction de ses appartements :


– Si vous nous avez menti, si Yasuni ne trouve rien, vos cœurs seront arrachés au sommet du temple.


* * *


L'atmosphère était lourde, moite, humectant la forêt d'un couvercle de brume. Les cris d'un singe hurleur se répercutaient entre les troncs d'arbres immenses. Dérangée, une bande de perruches multicolores s'envola bruyamment au passage du groupe de guerriers. Yasuni avait choisi ses meilleurs hommes pour le caractère exceptionnel de cette mission, armés jusqu'aux dents. En tête du cortège, les chasseurs, improvisés guides, ouvraient le chemin. Prenant garde à ce que l'on n'entende, Tsipo souffla à son ami :


– On aurait dû se taire.

– Quoi ?

– On aurait dû se taire, ne rien dire. Qu'est-ce qu'il va se passer s'il n'y a plus rien là-bas ?

– Pourquoi veux-tu qu'il n'y ait plus rien ?

– C'est une chose magique, elle peut disparaître aussi vite qu'elle est apparue.

– Je n'espère pas, sinon c'en est fini de nous.

– C'est bien ce que je...

– Que chuchotez-vous tous les deux ? intervint Yasuni.


Xipe se retourna :


– Nous cherchons des traces... la bonne direction.

– Taisez-vous et avancez. Un bon chasseur se repère sans parler.


Désormais silencieux, les deux compagnons continuèrent de guider le groupe, ruminant leur sourde inquiétude. Bientôt ils parvinrent à une large trouée dans la végétation, celle-là même occasionnée par la chute de l'objet céleste. Angoissé, Tsipo s'agrandit sur la pointe des pieds. Un large sourire illumina son visage qu'avec soulagement Xipe comprit tout de suite. La sphère était toujours là. Nul ne les prendrait pour des affabulateurs, leurs vies étaient sauves !

Par réflexe devant cette zone ouverte, le groupe s'était accroupi. Yasuni se porta à la hauteur de Xipe, radieux, qui lui pointa du doigt le but de l'expédition. Le chef de la garde resta un instant tétanisé, les yeux fixés sur l'impensable. Puis il se reprit et ordonna d'un geste de la main :


– Allons-y !


Au moment précis où le groupe allait sortir du couvert, Yasuni détecta une agitation suspecte. Il fit signe à sa troupe de se dissimuler à nouveau. Regardant plus distinctement, son teint blêmit. Il y avait déjà quelqu'un ! Plusieurs personnes, et ces personnes il ne les connaissait que trop bien pour les avoir maintes fois affrontées. Des hommes de Calakmul, la cité rivale, l'ennemie héréditaire ! Pas de doute possible devant ces faces enduites d'ocre, les nez perforés d'une longue épine d'acacia.


– Que font ces fils de chiens sur les Basses-Terres ? fulmina un guerrier qui les avait aussi repérés.

– C'est notre territoire, il faut les chasser ! rajouta un autre, le poing serré sur son arme.


Xipe et Tsipo ne disaient mot, fortement impressionnés par la proximité de l'ennemi. Sans cesser son observation, Yasuni en déduisit :


– Ils sont là pour la même chose que nous. Eux aussi ont dû voir l'objet tomber du ciel. Regardez, ils sont en train de tourner autour.

– Qu'est-ce qu'on fait ?

– Le k'inich nous a demandé d'aller voir cette chose, nous irons voir. Ce n'est pas leur présence qui nous en empêchera.


Son regard se fit noir, belliqueux.


– Le signe des dieux est descendu chez nous, sur notre sol, il n'est pas destiné à la vermine de Calakmul ! Renvoyons-les d'où ils viennent.


Son expérience de combattant lui permit d'évaluer rapidement la situation. Les adversaires étaient plus nombreux mais eux avaient l'avantage de la surprise. S'ils en abattaient d'entrée quelques-uns, le rapport de force serait équivalent.


– Vous deux, vous savez vous battre ? demanda-t-il aux chasseurs.


Xipe comprit qu'ils avaient intérêt d'acquiescer à ce qui ressemblait à un ordre. Un refus entraînerait à coup sûr quolibets et honte à leur retour, dans le pire des cas une condamnation pour lâcheté. Avant que le timoré Tsipo ne puisse répondre, il confirma :


– Oui... oui Yasuni, nous servirons le k'inich jusqu'à la mort.

– Bien. Nous allons nous séparer en deux parties pour les encercler. Inti, tu prendras ceux-là avec toi, les autres suivez-moi et qu'Hunab Ku nous protège !


Les bruits familiers de la forêt s'étaient curieusement éteints, comme si celle-ci retenait sa respiration devant l'imminence d'un combat à mort. Dos courbés, enjambant les obstacles avec discrétion, Yasuni et ses hommes s'infiltraient de chaque côté de la clairière, ne perdant pas de vue leurs cibles. Inconscients du danger qui les guettait, les intrus semblaient quant à eux en proie à une grande excitation. Ils parlaient fort, se claquaient la poitrine pour affirmer leurs paroles, désignaient avec virulence l'ouverture dans la sphère. De toute évidence ils voulaient y entrer mais n'osaient franchir le pas. Un téméraire risqua sa tête à l'intérieur mais la retira bien vite comme s'il avait rencontré un nid de serpents. Un autre entreprit bêtement de taper la coque avec un bâton. Quand ils sentirent enfin la menace, il était déjà trop tard. Les crânes de deux des leurs furent simultanément frappés par des projectiles de frondes, un troisième la poitrine perforée par le jet puissant d'une lance. Les assaillants jaillirent alors de la végétation en hurlant, se ruèrent sur les hommes de Calakmul médusés. Les massues hérissées de lames d'obsidiennes se mirent à cogner de toutes parts. D'abord pris au dépourvu, les intrus se défendirent avec rage.

Inexpérimentés, Xipe et Tsipo se tenaient côte à côte, faisant front commun contre l'adversaire. Ils parvinrent avec succès à éliminer un premier combattant. Le deuxième qui se précipita sur eux, colosse ivre de haine, rompit violemment leur unité. Xipe roula sur le flanc pour échapper à l'attaque, ce faisant heurta de la tête une souche qui l'étourdit. Tsipo se retrouva seul, désemparé, ne trouva d'autre choix que la fuite. Il voulut rejoindre l'abri de la forêt mais, devinant son intention, l'autre lui barra le passage. Tsipo tenta de l'écarter avec sa lance, réduite aussitôt en miettes. À l'aide de furieux moulinets, le colosse l'obligea maintenant à reculer au point qu'il heurta du dos la sphère. Coincé, désarmé, Tsipo se crut perdu. Juste au moment où il allait recevoir le coup de grâce, un éclair de lucidité lui montra l'unique échappatoire. Sans réfléchir il se jeta à travers l'ouverture dans la coque. À peine eut-il le temps d'entrevoir une rangée de lumières clignotantes que des jets de gaz se déclenchèrent. Il perdit connaissance et n'entendit pas le panneau coulissant se refermer sèchement derrière lui.

Xipe, qui retrouvait ses moyens, avait vu toute la scène. Ignorant le danger il se précipita sur la trappe qui venait de se refermer et la martela avec les poings.


– Tsipo ! Tsipo !


Bras ballants, le colosse de Calakmul ne réagissait pas. Effrayé, il recula avec Xipe quand la sphère commença à trembler sur sa base. Le sifflement aigu qui accompagna cette vibration interrompit net les belligérants. Dès qu'elle s'éleva dans les airs, ce fut l'affolement général. Les membres des deux cités rivales s'éparpillèrent comme une volée d'oiseaux sous les frondaisons. Seuls demeuraient Xipe, la gorge nouée, près de lui Yasuni crispé sur sa lance. Ils suivirent l'ascension de la sphère jusqu'à sa disparition dans les nuages. Rempli d'une émotion indicible, Xipe murmura :


– Tsipo, mon ami, les dieux nous le prennent !


* * *


La sonde... collecte réussie... trop tard... régénération épuisée... fin de cycle.



 
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   Neojamin   
2/4/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Une nouvelle intéressante, cohérente dans son ensemble. Deux chasseurs Mayas qui découvrent un objet mystérieux...La chute n'est pas trop prévisible et ça fonctionne pour moi. Je ne suis pas particulièrement emballé parce qu'il n'y a rien de très original, autant dans le scénario que dans le style employé.
Il semble que l'auteur ait fait quelques recherches sur les Mayas...j'ai eu quelques doutes néanmoins, et surtout, j'ai trouvé le ton des dialogues bien trop contemporains pour être crédible. À vrai dire, j'ai eu du mal à me plonger dans ce monde préhispanique...le style est à revoir je pense pour que ça colle!

Pour pinailler, quelques remarques :
- "Je dirais vers l'Ouest," Les mayas n'appelaient pas l'Ouest comme ça...
- "Oui, ben c'est son problème." A titres d'exemple, ces dialogues font très contemporains...
- "enfoncée dans un fatras de branchages" Dans la terre plutôt non ?
- "sacrificateur impitoyable lors des grandes cérémonies." Attention aux clichés...
- "depuis la tour" Quel genre de tour chez les Mayas ?
- "rond comme une noix" Premièrement, les noix ne sont pas rondes, deuxièmement, pas sûr qu'il y avait des noix au Mexique à cette époque!
La nouvelle se lit bien cependant, c'est divertissant. Merci et bonne continuation!

   Asrya   
10/4/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Une histoire originale où le côté SF plane tout le long du récit ; discrètement.

Pas grand chose à dire sur la forme ou l'écriture, c'est assez prenant, la lecture est agréable ; pas d'obstacle.

Pourquoi les Mayas en particulier ? Y-a-t-il une raison ?
Le développement de la nouvelle est assez classique, peut-être trop. L'aventure est simple, les événements également ; prévisibles qui plus est.
Le passage avec le "k'inich" et "Omayuhue" est-il nécessaire ? N'alourdit-il pas le récit inutilement ? Cela n'affecte-t-il pas l'intensité de la nouvelle ?

Au final, je suis sceptique. J'ai apprécié votre conception de la "sonde" qui vient se poser sur Terre pour "chasser", j'apprécie un peu moins l'avancée de l'aventure, cette histoire avec les Mayas (le "k'inich","Omayuhue").
Dans votre résumé, vous dîtes : "Seule la chasse les réunit. " Pourquoi ne pas insister davantage sur la chasse alors ? Pourquoi digresser sur l'amitié entre Xipe et Tsipo, la politique de leur tribu et le combat contre une autre ?
Qui plus, "seule la chasse" réunit les peuples ? En êtes-vous certain ? N'y-a-t-il aucun autre moyen de survivre ? Que pensez-vous des cultures ?

Merci pour le voyage en tout cas,
Au plaisir de vous lire à nouveau,

Asrya.

   Anonyme   
16/4/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
J'ai bien aimé cette nouvelle, à part deux passages dans le dialogue du début un peu mal venus dans la bouche des membres de ces peuples primitifs: "Elle en pince pour toi, c'est sûr", " ne fais pas ta mauviette", c'est trop actuel, je trouve.
Sinon, cette histoire se lit avec plaisir, bien rythmée, d'une écriture légère à souhait. Et puis tout tient bien la route.
Par contre, je suis dubitatif en ce qui concerne la fin. Est-elle bonne ou non ? Je n'arrive pas à savoir si cette histoire doit finir ainsi ou si vous avez eu à ce moment-là une panne d'imagination. Pourquoi le peuple maya ? Pourquoi emmène t-on qu'un seul chasseur ? Pour sauver qui, en fait, un seul extraterrestre affamé ? Pour régénérer la race qui se meurt ? Tout est bien confus dans cette partie du scénario.
A retravailler donc à ce niveau là, à mon avis, et nous pourrions lire alors une excellente nouvelle.
Bravo tout de même pour ce texte qui vaut le détour.

   Shepard   
30/4/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Salut Jano !

Tiens, rien qu'au titre je savais que ça allait parler de vaisseau spatial, étant donné les nombreux mythes modernes sur les relations que pourraient entretenir les Mayas et certains extra-terrestre (glyphe Maya et Nazca et autre...). Alors j'étais très circonspect si je puis dire, je m'attendais à un truc à dormir debout. Mais j'ai été agréablement surpris par votre histoire !

Le style est direct et simple, comme d'habitude, et c'est très bien, ne changez rien.

J'ai relevé une répétition, à la fin, 'heurta de la tête ' et deux lignes plus loin 'qu'il heurta du dos'. C'est du détail.

Certes, il est vrai que plusieurs parties des dialogues paraissent hors du temps (notamment la notion 'd'ouest' je pense). Après c'est vraiment quelque chose de difficile à écrire à mon avis, ça aurait pu être mieux travaillé mais ça ne m'a pas non plus pourri la lecture.

Bon, maintenant le fond de l'histoire. Les passages en italiques sont peut-être un peu trop sibyllins, je ne suis pas sûr de comprendre si les sondes cherchent de la bouffe ou des spécimens vivants ? Je pense à la seconde possibilité, mais je ne vois pas pourquoi une espèce chercherais les spécimens d'une autre espèce pour survivre ? C'est un peu flou, j'imagine volontairement, mais j'aimerais savoir ce que vous aviez en tête.

L'histoire des chasseurs se déroule sans problèmes. Le personnage du grand prêtre est peut-être un peu carricatural, mais finalement les extrémistes religieux zélés existaient de tout temps (probablement pire à cette époque) donc ça ne m'a pas dérangé.

Par contre, cette fin est un peu rapide. Je dois dire que j'en attendais plus, plus de réponses sur le but exact des sondes que je ne comprends pas bien, plus d'exploration, d'hésitation, de contact entre l'objet étranger et les chasseurs. En fait, elle repart un peu vite cette sonde, à mon goût. C'est peut-être car vous m'avez habitué à des nouvelles de 40000 caractères...

Finalement, je trouve qu'il manque un petit quelque chose, une 'résolution' de la situation après les tensions. Autrement c'était une histoire agréable.

   Robot   
30/4/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Dans ce texte, j'ai vu comme une réminiscence "d'Indiana Jones et le crâne de cristal" (pas le meilleur des Indiana à mon goût).
Mais l'histoire toute simple vue du côté Maya est bien écrite, on ne s'ennuie pas et elle est amenée sans qu'on essaie de nous expliquer les artifices de la science fiction. (Je déteste quand on m'abreuve de données techniques en SF.)
Ici, on se contente d'entrer dans le récit. On y adhère ou pas. Perso, j'ai accepté cette histoire comme elle est racontée sans fioritures exagérées. J'ai passé un bon moment.
En fait la SF n'est que prétexte pour parler des hommes face au "mystère" de l'inconnu.
La phrase en italique ne me paraît pas utile. Je pense que tous les lecteurs même les moins férus du genre avaient compris qu'il s'agissait d'un engin spatial.

   Anonyme   
30/4/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Cette nouvelle m'a vraiment plu. Une sorte d'"uchronie" que j'apprécie tout particulièrement, tant le choc des civilisations - quel qu'il soit - est passionnant, et ce à tous points de vue.

Les Mayas sont entrés depuis longtemps dans notre imagination collective, sorte de représentation archétypique propre à la plupart d'entre nous...

L'épreuve de la culture du passé est pour moi réussie : la forêt précolombienne, les noms propres, la peur de l'inconnu à travers les croyances, le grand prêtre mayas, etc...

Pour ma part, les caractères en italiques sont bienvenus. Ils se situent bien dans ce choc des civilisations cité plus haut.

Le choix de ne pas fournir plus d'explications sur l'origine de cette sonde et de ses occupants est selon moi une bonne chose, car cela renforce le caractère d'étrangeté de la situation et accentue la tension.

Bravo à vous !

   Alice   
30/4/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'était très intéressant, et bien original. Ça se lit d'une traite, en dépit de la relative longueur du texte. La narration est très bien équilibrée, le style est travaillé précisément d'une façon lisse et efficace, on n'a pas beaucoup de bonnes surprises, mais on n'en a pas beaucoup de mauvaises non plus.

Contrairement à d'autres, le ton des dialogues ne me gêne pas, je pense qu'il est important de souligner que le ton badin existait peu importe l'époque entre deux amis. Évidemment, le style paraît contemporain parce qu'il n'y a pas moyen de savoir quel était le leur, je pense que ça peut compter comme un équivalent, une traduction instantanée pour traduire l'esprit.
Je ne suis pas fan des histoires d'extra-terrestres mais celle-ci a un petit quelque chose de plus, on ne se perd pas dans des propos scientifiques trop complexes pour le lecteur moyen et il y a une progression psychologique agréable, on s'attache aux personnages.
Ce fut un très bon moment, merci.

Alice

   Pussicat   
1/5/2015
J'ai bien aimé cette nouvelle de SF, et je pense qu'il faut la lire comme une comédie avec une écriture volontairement humoristique : ce côté décalé que l'on retrouve dans les dialogues trop contemporains pour être pris au sérieux... l'auteur situe l'action en "territoire maya ( 615 ap. J.-C. )"... pourquoi ? pourquoi pas ! l'important n'est pas tant le lieu, de savoir si le langage utilisé par l'auteur correspond à ce lieu mais bien le thème énoncé en introduction : la quête d'un spécimen étranger et son rapatriement, condition de survie de l'"espèce" extraterrestre.
L'auteur mêle humour : les dialogues de début entre Xipe et Tsipo, action : le face à face entre les deux tribus rivales, et SF avec cette sonde qui tombe en territoire maya et finira par gober Tsipo, au profit d'une nouvelle sans prétention qui se lit avec plaisir.
Merci Jano et à bientôt de vous lire,

   bigornette   
1/5/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ah, mais que voilà une nouvelle originale, avec des Mayas et une sonde extraterrestre !

Je suis d'accord avec Alice, le langage des chasseurs est bien transcrit. Pas de problème avec ça.

J'ai apprécié la façon dont la culture maya est évoquée. Vous avez eu raison de ne pas avoir pris l'histoire en otage pour nous infliger un cours de civilisation, comme d'autres auteurs font, et pas des moindres. L'histoire d'abord !

Par contre, à cette époque où les dieux étaient plus proches des hommes, je n'ai pas cru une seconde que Tsipo puisse dire : "Impossible, il n'y a pas d'orage, c'est autre chose." Pour moi, il aurait proposé tout de suite une autre explication divine pour comprendre le phénomène effrayant dont ils ont été les témoins.

Vous pouvez trouver une façon plus maya de désigner l'ouest. Et vous pouvez trouver d'autres mots que flash et détonation pour décrire le phénomène. L'immersion du lecteur dans un autre monde se nourrit de détails comme ceux-là. Vous le faites d'ailleurs très bien, à ces quelques exceptions près.

De manière générale, j'aurais souhaité plus de descriptions : vêtements, végétation, relief. Oh, pas une tartine. Seulement quelques phrases, pour me dépayser davantage. Me plonger dans cet univers maya que vous évoquez déjà si bien.

Mais j'ai trouvé dommage que tout soit expliqué en préambule à propos de la sonde. Du coup on ne partage pas la peur et la curiosité des Mayas. A mon avis, les deux autres passages en italique suffisent. Voir seulement celui du milieu. L'imagination fait le reste.

Sinon, c'est bien. Je trouve que c'est une nouvelle bien menée, bien écrite. Et encore une fois, j'ai beaucoup apprécié cette immersion, perfectible au demeurant, à l'époque des Mayas. Merci.

   David   
2/5/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Jano,

Le récit semble finir sur un futur prélèvement d'organes intergalactiques. C'est assez minimaliste, une scène de chasse, une assemblée et une petite bataille forme le récit en gros. Je me dis qu'il y aurait de la place pour des personnages plus déjantés ou surprenant, les deux chasseurs sont trop sages à mon goût, je pensais à Tom Sawyer et Hucckleberry Finn un peu, et le roi, le prêtre et le chef de la garde ont le tempérament de leurs fonctions.

C'est pas désagréable à lire, ni lourd ni mal rythmé mais ça manque de matière à mon goût, c'est trop "simple", plus proche d'une histoire orale à la veillée que d'une nouvelle dans un recueil.

Edit : il me semble qu'il y a un parallèle entre la chasse des extra-terrestre et celle des deux jeunes chasseurs, comme si leur récit de chasse devait illustrer celui de la sonde ou du mystérieux interlocuteur, un genre d'effet miroir qui ne supporte pas trop l'excès d'explications mais qui est peut-être un peu trop discret ici.

   mbh   
2/5/2015
 a aimé ce texte 
Bien
C'est une histoire très bien racontée et le langage des amis ne me gêne pas. Après tout, qui peut dire comment le peuple maya de base s'exprimait et pourquoi ces jeunes devraient-ils s'exprimer autrement que des jeunes de nos jours ?
En revanche l'histoire me paraît simplette mais je ne doute pas qu'elle puisse séduire des amateurs du genre.
Bien sûr on a "découvert" dans l'art maya de nombreuses figures qu'on attribue aux extra-terrestres mais, dans votre histoire ils n'ont aucune consistance et se sauvent à peine arrivés.
Je suis déçue.

   Marite   
2/5/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quelle histoire ! Impossible d’imaginer qu’elle se termine ainsi. Ne serait-ce pas le premier chapitre d’un futur roman de science-fiction ? J’ai adoré et espère une suite …
Que va-t-il advenir de Tsipo ? Comment vont réagir les deux tribus confrontées à cet étrange phénomène ? Tsipo reviendra-t-il un jour ? Qui sont ces visiteurs ? De quel coin de l’Univers viennent-ils ? … etc mille et une questions se posent.

   Jano   
3/5/2015

   Anonyme   
3/5/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Il y a peu de choses à redire. Seule petite chose, c'est que je suis resté sur ma faim en ce qui concerne l'OVNI parce qu'au final, on ne nous dit pas ce que c'est et on arrive au bout du récit en apprenant que tout ça ne mène au final à rien. Que va-t-il arriver à Tsipo ?

Du reste, l'ensemble n'est pas attendu et on a quelques rebondissements avec notamment la présence de la ville ennemie sur les lieux du crash. Le combat semble être l'ultime péripétie avant l'élément de résolution, donc le détailler un peu plus ou le rendre plus vivant aurait été intéressant à lire je pense.

Le thème est intéressant et quelques recherches ont été menées mais je pense qu'en poussant un peu plus l'imaginaire qui existe autour des mystères mayas, vous auriez pu nous immerger encore un peu plus dedans, ce qui n'aurait rendu la nouvelle que plus passionnante, à mon avis.

Une suite potentielle aurait été alléchante,

En attendant de vous relire.

   hersen   
12/5/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Dans l'ensemble, nouvelle qui se lit facilement, mais qui ne me fait pas spécialement penser au peuple maya. Plus de détails pour m'en convaincre auraient été bienvenus. Pour ma part, je vois ce peuple surtout comme un peuple de cultivateurs (nos jardins, encore aujourd'hui, regorgent de légumes qu'ils cultivaient déjà) ce qui bien entendu n'empêche pas la chasse. En étant davantage immergée dans le monde maya, j'aurais davantage accroché à la fiction du vaisseau spatial. Vous vous y prenez d'ailleurs très bien sur ce plan là. Peu de choses sont dites, pas de sophistication technique et donc bonne mise en valeur.
Je n'éprouve pas quant à moi le besoin d'éclaircissements sur ce vaisseau, de toute façon, je n'y aurais pas cru.
Shepard évoquant Nazca est bien vu. Les deux endroits sont complètement différents, mais le mystère est apparenté.
Merci Jano.


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