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Réflexions/Dissertations
Jano : Ex nihilo
 Publié le 23/07/11  -  9 commentaires  -  17492 caractères  -  211 lectures    Autres textes du même auteur

La réalité, c'est quoi ?


Ex nihilo


Depuis toujours je cherche la lumière. Pour comprendre. L'inconnu est quelque chose qui dérange ma raison, une présence encombrante. Je veux savoir pourquoi les choses sont ainsi et pas autrement. Derrière l'apparence je cherche la vérité. Au-delà du visible je tends vers l'invisible. L'absolu est ma quête, mon destin. Je soupçonne le monde qui nous entoure de n'être qu'une supercherie et je n'aurai de cesse de déchirer ce voile qui nous trompe.


D'aussi loin que je me souvienne je me posais des questions. La première personne susceptible de me répondre était ma mère :


- Maman, pourquoi on est là ?

- Comment ça pourquoi on est là ?

- Oui, qu'est-ce qu'on fait sur la Terre ?

- Heu, c'est comme ça, voilà tout !


La réponse de mon père, tout aussi évasive, me conforta dans ma résolution à lever un mystère qui laissait même les adultes perplexes.


Après une longue période où je découvrais davantage la vie que je n'essayais de la comprendre, j'entrai au lycée. Heureux passage qui me permit d'aborder la philosophie. Je me souviens de mon extase durant les cours, buvant chaque parole du professeur, ébahi qu'une discipline soit consacrée exclusivement à l'étude du savoir. J'appris que d'autres hommes, et non des moindres, s'étaient déjà penchés sur les lignes obscures de nos destinées, avaient consacré toute leur énergie à disséquer les mécanismes de la connaissance. Nul doute que des siècles de réflexion ne pouvaient que déboucher sur des réponses ! Fiévreusement, je me jetai alors corps et âme dans les ouvrages de ces illustres penseurs.

Avec Descartes, j'appris qu'il était d'abord nécessaire d'acquérir une méthode, « la voie que l'esprit doit suivre pour atteindre la vérité ». Je sus également que je pouvais douter de tout sauf de moi, instigateur principal de mon questionnement.

La complexité de Kant retint longtemps mon attention. Le poids de son œuvre m'obligea à réexaminer maintes fois sa pensée. J'en finis par retirer quelques enseignements précieux, à savoir que la réalité en soi reste inatteignable et que nous n'avons accès qu'aux phénomènes, aux représentations de nos sens.

Fort de ces trouvailles, je poursuivis d'arrache-pied mes lectures, cloîtré dans ma chambre d'internat pendant que mes camarades jouaient au ballon.

Le positivisme d'Auguste Comte me ramena sur terre tant mon esprit commençait à s'égarer par des sphères trop abstraites. En ramenant la source de la connaissance à l'observation et à l'expérience, il m'arracha à de vaines spéculations métaphysiques. Je revins à des priorités fondamentales, en l'occurrence l'analyse des lois qui lient les choses et non plus la recherche insoluble de leurs causes.

J'avais emmagasiné pas mal de notions mais je commençais au bout d'un certain temps à tourner en rond. C'est après la lecture de Sartre que j'eus la désagréable impression que ce flot verbal cachait en réalité une impuissance. Tous ces grands philosophes avaient éclairci beaucoup de zones d'ombre, affiné à l'extrême notre rapport au monde, subtilement décortiqué les rouages de la conscience, mais les questions existentielles restaient désespérément en suspens. Elles se résumaient au bout du compte à deux interrogations : d'où venons-nous ? Qui sommes-nous ?


Je ne savais toujours pas si nous n'étions qu'un subtil amas de matière organisée ou une enveloppe de chair habitée par une âme. Mais dans ce cas, quid de la nature de l'âme ?!

Je n'avais aucune réponse quant à l'origine et à la finalité de l'univers, tellement vaste, démesurément effrayant. Quelles pouvaient en être les limites ?

Enfin je restais dans l'expectative par rapport à nos destins d'êtres humains. Fallait-il accepter que nous ne soyons qu'un simple élément dans la longue chaîne du vivant, condamnés à procréer pour perpétuer l'espèce puis disparaître, ou bien l'intelligence dont nous étions doués servait-elle un dessein plus noble ? Car finalement, sans conscience, l'univers serait bel et bien aveugle, ne pourrait être conceptualisé. En lui donnant forme à travers ses idées, l'homo sapiens aurait alors un rôle de miroir. C'est à travers ses yeux que la nature se contemplerait. Hypothèse séduisante.


Ces énigmes me hantaient nuit et jour. Je ne pouvais admettre que notre cerveau si perfectionné ne pût assembler les pièces éparses de ce puzzle. Il fallait que je sache. J'étais prêt à tout, prêt à explorer chaque piste, même celle qui me déplairait pour avancer sur le chemin de la vérité.

Je mis alors en veilleuse le rationalisme farouche de ma pensée pour me tourner vers les religions. Le décryptage des grands livres sacrés fut une tâche ardue qui me prit beaucoup de temps. Quand il me sembla en avoir saisi l'essentiel, je franchis d'un pas décidé les portes de différents lieux de cultes. Pressés par mes questions, les représentants des obédiences monothéistes me répétaient en substance : « La connaissance se trouve dans l'amour de Dieu ! » Je ne pouvais guère en tirer davantage et ça me semblait franchement insuffisant. Comment adhérer à des doctrines réclamant plus d'obéissance, de croyance, qu'une véritable réflexion digne de ce nom ? Remettre son sort entre les mains d'une toute-puissance me semblait de surcroît un peu facile, trop rassurant, presque de la paresse intellectuelle permettant de balayer d'un revers de main les questions dérangeantes.

Peut-être étais-je dans l'erreur, peut-être effectivement étions-nous les productions d'une entité supérieure, mais sans preuve rien à faire, il m'était impossible de ne pas y voir une quelconque manipulation.

À ce moment précis de ma quête je fus dans une impasse. La philosophie ne m'avait pas donné les clés que j'espérais et les religions étaient loin de m'avoir convaincu. J'entrais dans une période trouble, pleine d'incertitudes, tâtonnant comme un pèlerin égaré dans le brouillard.


Abattu mais non vaincu, je décidai en désespoir de cause d'orienter ma boussole vers une direction inexplorée. La pensée occidentale ayant montré ses limites, je me tournai vers l'Asie dont on vantait tellement les préceptes. Inévitablement je découvris le bouddhisme qui me fit d'emblée excellente impression. Voilà une école qui réclamait davantage d'efforts à ses disciples qu'une soumission bornée devant une divinité. Pas de dieu mais une discipline stricte, austère, censée délivrer l'homme des turpitudes de la vie terrestre. Plus de séparation corps esprit mais au contraire une fusion harmonieuse permettant l'accession au fameux nirvana. Ce nirvana qui, à ce stade de mon parcours, m'apparut comme la réponse suprême.

Rempli d'un fol espoir, je me jetai avec délectation dans les règles tracées il y a des siècles par Siddhartha Gautama. Je profitai d'un stage à l'étranger durant mes études pour fréquenter plusieurs ashrams de l'Inde du nord. Envoûté par la spiritualité qui régnait en ces lieux, j'astreignais mon organisme à la frugalité, le soumettais à des exercices plus contraignants les uns que les autres. Avec ténacité j'appris à dompter le cours impétueux de ma pensée. J'allai jusqu'à me raser la tête pour ressembler aux disciples que j'accompagnais ! Une à une, comme l'écorce d'une orange que l'on pèle pour en atteindre la pulpe, je parvins à retirer les chaînes du désir pour flotter dans un état indéfinissable où plus rien n'importait. En apesanteur dans un non-être. Calme et serein. Pur esprit.


Je ne sais combien de temps je restai ainsi, plongé dans une profonde méditation. Mon chemin m'avait finalement entraîné aux portes de quelque chose qui ressemblait au néant. Une mer sombre, immobile, synthèse de tous les éléments de l'univers, véritable matrice de nos existences.

Il ne tenait qu'à moi de franchir le dernier pas pour m'y dissoudre complètement afin de retrouver l'unité perdue. J'hésitai car je savais ce que ça voulait dire. Si j'acceptais de couper tout lien terrestre, de renier l'essence même de ma personnalité, je deviendrais l'égal des moines dont je partageais le quotidien depuis des mois. Une vie ascétique, contemplative, rythmée par les prières et les incantations. Il y avait de fortes chances que je demeure ainsi pour toujours. Était-ce vraiment ce que je cherchais ? Mon esprit serait libre, assurément, mais la vie dehors ; celle qui rit, qui souffre, qui aime, qu'en faisais-je ?


Remontant alors du fond de ma mémoire tel un chapelet de petites bulles, une myriade de souvenirs commença à m'envahir. Je me revis courir à perdre haleine dans les prés de mon enfance, les jambes fouettées de longues herbes. Je ressentis l'eau fraîche de la rivière où nous plongions avec mes amis les beaux jours d'été. L'odeur de la maison familiale se rappela à mes sens pour me ramener aux temps insouciants. Une époque heureuse où je revis mon premier amour, nos corps jeunes et timides. Puis encore des visages, des lieux, des sentiments qui défilaient en procession ininterrompue. J'avais l'impression que tout ce que j'avais laissé derrière moi revenait soudain en force pour m'empêcher de faire le grand saut.

Je m'aperçus que mon séjour prolongé en Inde m'avait coupé de toutes mes attaches, affairé que j'étais à me débarrasser de la moindre parcelle d'affection ; fardeau des émotions. Mais trop sévèrement brimé, voilà que mon passé revenait avec insistance, tournait en boucle dans ma tête en répétant : « Veux-tu disparaître ? »


Je n'eus pas à choisir. Le lien avec l'absolu s'était rompu dès que mes souvenirs avaient refait surface, à partir du moment où le questionnement s'était introduit. Non, à ce niveau le doute n'était pas permis. J'avais envie de pleurer.

Doucement la plénitude se retira de ma conscience comme une couverture que l'on retire, me laissant à nu. Je me retrouvai prostré sur la pierre froide du temple, les narines emplies d'une puissante odeur d'encens, tandis que les coups monotones d'un gong marquaient le glas d'une expérience inoubliable.


Avec le recul je n'ai jamais regretté ma décision, même si sur l'instant j'eus l'impression qu'on m'arrachait d'un lit douillet pour me jeter dans un buisson d'épines. Plus qu'une avancée décisive, le bouddhisme m'avait montré la puissance de l'esprit, sa capacité à étouffer nos pulsions pour parvenir à une forme de transcendance. J'avais appris qu'il était possible de maîtriser son cerveau pour se hisser vers un état psychique particulier, mais qu'en retour le prix à payer était l'abandon radical de notre enveloppe sensitive. Une sorte de nihilisme émotionnel. J'en déduisis que Bouddha avait plus gagné une victoire contre les besoins du corps qu'il n'avait trouvé de réponses à nos questions existentielles. Du moins pas les miennes.


N'ayant plus rien à faire en Inde, je rejoignis la France et rattrapai en quelques années le retard accumulé. Je me mariai et trouvai un travail. La naissance de mes enfants m'occupa tellement que je n'eus guère le temps de penser à autre chose. Les préoccupations de père de famille prirent le pas sur mes réflexions métaphysiques. À l'aune de la maturité, mes interrogations se confondirent avec les péripéties d'une jeunesse passionnée.

Je vécus ainsi longtemps dans un quotidien morne et routinier qu'éclairait seulement l'amour que je portais à mes proches. J'existais parce qu'il le fallait bien mais ne vivais pas vraiment. Il me manquait cette petite étincelle qui m'avait tant porté auparavant, cette insatiable recherche du savoir que par dépit, par lassitude j'avais abandonnée.


C'est quand je m'y attendis le moins qu'un jour ma curiosité fut ravivée. Je tombai en effet sur un article scientifique d'une telle portée que je compris qu'une nouvelle chance s'offrait à moi. Le cœur battant, je lus et relus l'article en question qui traitait de physique quantique. D'un seul coup, un pan entier de la connaissance s'ouvrit devant mes yeux émerveillés. J'appris qu'il y avait bien longtemps que cette science dure s'attaquait aux mystères de la création, qu'elle était parvenue à explorer des domaines insoupçonnés à l'aide d'une méthodologie autrement plus rigoureuse que mes expériences passées.

Comme tout un chacun, je connaissais vaguement les atomes, les particules et les hautes énergies, mais j'ignorais totalement les questions théoriques incroyables qui gravitaient autour. L'irrésistible besoin de comprendre m'emporta de plus belle et je plongeai sans plus attendre dans les abîmes infinitésimaux de la matière.

J'eus l'étrange impression de pénétrer un autre univers, totalement fantasque, qui heurtait l'entendement. Il me fallut admettre que les objets à cette échelle refusaient d'obéir aux lois usuelles du monde macroscopique. Ainsi vitesse et localisation, confondues avec les ondulations du champ électromagnétique, devenaient des notions troubles et insaisissables. Un électron pouvait être en plusieurs endroits au même instant, cumuler potentiellement toutes les propriétés tant qu'une mesure n'était pas effectuée. D'autres particules, dites corrélées, avaient la capacité d'échanger des informations en dépassant la sacro-sainte vitesse de la lumière.

La Théorie des Cordes, une extension de la mécanique quantique, annonçait pour sa part un monde à onze dimensions et non plus à quatre ! Les dimensions supplémentaires restaient indétectables car enroulées sur elles-mêmes dans des espaces géométriques biscornus.

Régnant en maîtresses absolues, quatre forces, que les physiciens tentaient désespérément d'unifier, orchestraient cette folle sarabande de l'infiniment petit.


Pour appréhender des phénomènes aussi déroutants, des méthodes d'analyse basées sur les probabilités et les statistiques remplaçaient le déterminisme confortable de la physique classique. Il devenait de facto impossible de prédire les résultats exacts d'une expérience mais uniquement la probabilité de leur survenue.


Les soubassements du visible n'avaient rien d'une mer calme.


J'allai de découvertes en découvertes, déchiffrant avec assiduité grâce à des ouvrages de vulgarisation ce langage mathématique qui ne m'était pas familier. Je trouvai fascinante l'idée que notre monde qui paraissait stable et ordonné n'était finalement que l'émanation aléatoire d'un jeu de forces. Comment de l'ordre pouvait-il émerger de ce chaos indescriptible ?


Par déduction, j'en arrivai à quelques conclusions qui clôturaient en partie la quête que j'avais entreprise à l'aube de ma vie.

Dès l'Antiquité, certains suggéraient que la conscience transformait notre environnement, que celui-ci n'existait pas en tant que tel mais subissait d'intenses modifications dans notre cerveau. Qu'en aucun cas la réalité était un état donné mais au contraire une chose en devenir, façonnée par le système nerveux des êtres vivants. Chaque organisme construisait son monde selon ses besoins, le décryptait à sa manière, dessinait des formes, inventait des logiques à partir de ce substrat malléable. Les interactions entre le cerveau et son milieu donnaient corps aux deux entités, ce qu'avait justement compris Husserl en affirmant que « la conscience est toujours conscience de quelque chose ». Sujet et objet restaient deux expressions d'un même élément.


C'était ni plus ni moins ce que prouvaient les physiciens dans leurs laboratoires en démontrant que l'observateur influençait directement les caractéristiques de la matière, qu'à l'échelle subatomique le simple regard de l'homme avait un impact sur les propriétés de l'objet étudié. On appelait « réduction du paquet d'ondes » cet effet mesurable confiné au cadre expérimental.

Une révolution et un surprenant retour vers la phénoménologie. À n'en plus douter, la physique quantique avait reformulé par des moyens modernes des questionnements qui hantaient l'humanité depuis toujours.


J'avais l'esprit en ébullition tant je sentais toucher au but. J'étais maintenant sûr que la réalité n'était qu'une illusion, une représentation élaborée de notre psychisme dissimulant sa nature intrinsèque. Dès que nous tentions de sonder le cœur des choses, d'avoir une approche ontologique, un phénomène de résonance se produisait brouillant les pistes et empêchant toute objectivité. Comment dans ces conditions parler de l'essence du réel ?


S'il était techniquement possible de connaître ses constituants à travers les particules et les forces, de remonter même jusqu'à leur apparition au moment du Big Bang, il n'était pas envisageable d'aller en deçà, de sonder la cause première. Le cheminement de la pensée butait devant l'énigme absolue : la création ex nihilo. J'avais beau tourner le problème dans tous les sens, je n'avais pas plus que les autres la capacité de soulever ce rideau obscur de l'inconnu.

La physique quantique, qui m'avait redonné beaucoup d'espoir, se trouvait vaincue elle aussi. Malgré ses fantastiques avancées, elle n'avait ni les appareils ni l'arsenal théorique pour franchir la frontière décisive entre l'être et le néant. Mur fatidique où se fracassait l'intelligence, où la pensée montrait clairement ses limites... où j'abandonnais définitivement ma quête, déposant les armes.

Alors je m'imaginais effacer d'un geste rageur tout ce que je voyais autour de moi : les objets, les créatures, les paysages, les sons, les odeurs et la lumière, les étoiles, les galaxies et les nébuleuses, l'univers, tout sans exception ! Que resterait-il au bout du compte ?

Le noir... une nuit immense... éternelle... silencieuse comme la mort.


Et si c'était ça la réponse ?


 
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   socque   
12/7/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Je trouve la fin assez décevante, une pirouette selon moi, ou du moins un aboutissement trop facile après la hauteur de vue de l'ensemble du texte.
Car j'ai beaucoup apprécié cette belle description, ce parcours nettement exposé. Tout s'enchaîne bien, le narrateur évoque avec élégance des notions pas simples. Je regrette d'autant plus qu'arrivant finalement aux limites de la pensée (les limites qu'elle a actuellement, car les physiciens continuent à bosser !), il décide de tout bazarder et de s'arrêter au nihilisme.

   Menvussa   
23/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Vaste sujet agréablement vulgarisé. Le lecteur que je suis se laisse emporter. Peut-être parce que ce sujet est mon sujet de prédilection.

La fin hâtive, bien qu'il soit difficile de développer l'inconnu. Mais comme je suppose que ce texte n'a pas la prétention de nous donner une explication, j'aurais aimé un petit travail d'imagination qui aille au delà de ce noir quelque peu troublant.

Est-il vraiment nécessaire de s'attarder sur tous les préliminaires... je n'en suis pas convaincu.

   Bellaeva   
19/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien
L’écriture est fluide et l’argumentation est claire.
J’aime beaucoup le premier paragraphe à la fois car il met en appétit et car il annonce clairement la problématique.
J’ai apprécié le cheminement mais moins l’aboutissement.
Le cheminement est intelligent et crédible. Bien qu’à mon goût, trop rationnel. Mais pourquoi pas. J’ai bien suivi le narrateur dans son analyse et dans son parcours.
L’aboutissement est décevant. N’arriver à rien…après un tel appétit. Dommage. C’est peut être là que l’imagination d’un écrivain peut avoir tout son sens, non ?
Bonne continuation à l’auteur.

   Leo   
21/7/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un bel essai, sur un questionnement aussi vieux que l'Homme. L'auteur revisite toutes les approches de la place de l'homme dans la nature et de sa relation au monde. Il explore avec méthode et – il faut lui rendre cet hommage – avec clarté et un souci de vulgarisation d'un thème infiniment plus complexe que ce qu'il nous laisse entrevoir.

L'écriture est fluide, simple, accessible. Le cheminement de la réflexion se lit facilement, il répond à une logique et à un parcours que nous sommes quelques-uns, parmi les esprits dits rationnels, produits de la philosophie de masse chère à nos instances éducatives et qui ont su passer outre au côté scolaire pour aller vers les idées (et nous ne sommes pas nombreux...).

Dire que nous avons trouvé les mêmes réponses est du domaine du débat. Mais cette démarche, ce parcours de la pensée, nous l'avons certainement partagé en son essence.

Le sujet était difficile, pas simple à faire entrer dans un format comme celui du Net. L'auteur y parvient avec bonheur, et on ne peut que saluer son initiative. Que l'on partage ou non son approche et ses conclusions.

   Lunar-K   
24/7/2011
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↑
Je salue votre effort de vulgarisation. Les différentes théories sont présentées clairement, ce qui ne doit pas du tout être aisé lorsqu'on aborde ainsi, successivement, Descartes, Kant, le bouddhisme et la physique quantique. Et tout ça dans un même texte de (seulement) 17.000 caractères !

Le cheminement de la pensée du narrateur (qui, je suppose, est également le vôtre) est lui-aussi évident. Les étapes s'enchaînent assez logiquement, avec une grande cohérence entre chacune (si ce n'est Comte, un peu en décalage avec le reste des auteurs et théories évoqués...), de sorte que la perspective reste assez semblable, de Descartes à la phénoménologie. Cela participe grandement à la clarté de l'ensemble puisque, contrairement à ce que vous dites à un moment, les réponses que vous cherchez ne sont pas si dispersées que cela et s'inscrivent toutes dans un idéalisme "modéré" (bien que se radicalisant sur la fin...).

Le problème, c'est qu'à force de vouloir simplifier vous tombez dans la caricature, si pas dans l'erreur (par omission). Le cas le plus flagrant est celui "des religions". Déjà, parler "des" religions est alarmant. Cela signifie que vous les réduisez toutes à une seule, que vous les mettez dans le même sac et qu'elles sont toutes, sinon sur des détails, identiques... Cela me dérange grandement, d'autant que c'est pour affirmer ensuite qu'elles ne demandent que soumission et qu'elles abolissent la pensée et la réflexion. Personnellement, je trouve cette idée choquante et même dangereuse. Vous auriez plutôt dû parler de "votre" expérience des religion et non pas "des religions" en général. Je n'aurai alors rien trouvé à redire car j'admets que certains religieux demandent en effet la soumission. Mais, à côté de cela, il existe de très nombreux penseurs religieux, et non des moindres (Pascal, Thomas d'Aquin, St Augustin,... pour ne pas citer ceux plus controversés à ce niveau comme Descartes ou Spinoza).

Bref, ce passage est non seulement totalement faux, mais aussi des plus choquant en ce qu'il réduit, d'abord, toutes les religions à une seule et, ensuite, confond cette religion unique avec l'extrémisme.

(Je ne pense pas que c'était là votre intention, le problème vient plutôt, je crois, d'une expression malencontreuse et de cette volonté, citée plus haut, de vulgariser.)

Malheureusement, ce n'est pas le seul passage à être ainsi erroné et réducteur :

- Sur Descartes, vous dites que vous avez appris qu'on peut douter de tout sauf de soi-même. C'est là encore un cliché qui vient qu'on ne retient de lui que le "Cogito" mais Descartes affirme également le caractère indubitable de l'altérité qu'est Dieu (c'est à dire l'extériorité, ce qui est en face de moi et me permet de me reconnaître, précisément, comme "moi"). Donc, sans Dieu (qui n'est pas à entendre au sens chrétien du terme mais, comme je l'ai dit, d'extériorité absolue, càd indéterminée) pas de Cogito !

Cette remarque est importante car vous faites la même erreur à d'autres endroits, dans votre compréhension de Kant et de la physique quantique. Vous semblez projeter vos propres convictions dans ces théories, afin de corroborer votre conclusion. Mais, ce faisant, vous nous donnez une image tout à fait faussée de ces penseurs et théories.

- Vous affirmez que, selon Kant, nous n'avons accès qu'aux phénomènes et pas à la réalité en soi. Ce n'est pas faux, effectivement, mais réducteur car c'est là ne prendre en compte que l'aspect théorique de son oeuvre. La raison pratique, au contraire, nous donne accès à l'extériorité en soi (qui fonde le sujet) et au sujet en soi, non déterminé par les catégories de l'entendement (ce qui permet la liberté et donc l'éthique).

- Enfin, par rapport à la physique quantique, vous dites que c'est la conscience qui opère la réduction du paquet d'onde... Ici encore vous semblez choisir l'interprétation que vous convient le mieux (alors que ce n'est clairement pas la plus judicieuse...). Vous connaissez sans doute l'expérience (hypothétique) du chat de Schrödinger et donc les absurdités auxquelles nous conduit cette hypothèse. Il me semble qu'aujourd'hui les scientifiques affirment plutôt que ce n'est pas la conscience qui opère la réduction mais le passage au macroscopique (celui-ci étant régit par des lois toutes différentes que le microscopique, lois selon lesquelles on doit avoir une vitesse et une position bien déterminées).

Bref, que ce soit ou non volontaire, vous ne citez que ce qui vous arrange. Ce qui est compréhensible (d'autant plus qu'il est difficile de tout dire dans une nouvelle) mais pas pour autant excusable car c'est faire preuve d'un manque d’honnêteté intellectuelle de faire dire aux auteurs ce qu'ils n'ont pas dit (ou plutôt d'oublier de dire ce qu'ils ont dit) afin d'appuyer votre propos...

Heureusement, vous arrivez à relativiser parfois ce que vous dites. Ainsi : "J'appris de Descartes que..." ou bien "Je retirai de Kant que...". C'est une bonne chose mais c'est bien mince (je suis assez exigeant à ce niveau, vous l'avez compris) car cela ne précise pas encore le caractère interprétatif de ce que vous allez dire ensuite.

Soit, vous avez compris mon reproche je suppose, je ne développerai pas davantage.

Comprenez bien que ce ne sont pas les idées que vous développez que je critique. Au contraire, je trouve que l'idéalisme est une position théorique tout à fait défendable, et même difficilement réfutable (bien qu'il doive être nuancé, ce que vous ne faites pas suffisamment à mon goût puisque vous finissez par tomber dans une sorte de solipsisme ou du moins d'idéalisme radical).

Pour conclure, un texte agréable à lire, clair, bien présenté, etc. Qui parvient à vulgariser certaines notions, ce qui est loin d'être facile. Mais qui, ce qui est à mon avis gravissime pour ce genre de texte, manque cruellement d'objectivité dans sa façon de présenter les différentes théories évoquées (sans parler du passage sur "les" religions qui me reste au travers de la gorge et où ce n'est pas seulement un manque d'objectivité mais aussi de lucidité dont vous faites preuve !).

   Cyrielle   
24/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J’ai lu cette nouvelle d’une seule traite !

Elle déroule une quête spirituelle que j’ai pris plaisir à suivre. Ceci tient sans doute au fait qu’elle est associée au cheminement d’une vie ce qui rend ce récit vivant et lui évite de tomber dans le piège de l’exposé. Les différentes connaissances sont en effet bien expliquées et n’alourdissent pas l’intrigue.

J’avoue être restée sur ma fin quant à la chute de cette nouvelle. Elle est en effet trop brève et me donne l’impression de balayer d’un revers de main cette quête qui est l’objet même de la nouvelle.

Toutefois, c'est une fin qui donne à cette nouvelle une certaine humilité : le narrateur a su rester à hauteur d’homme en reconnaissant que les connaissances de l’homme s’arrêtent là où commence la mort.

   alvinabec   
26/7/2011
Votre texte se lit très aisément. La quête philosophique du narrateur semble cohérente jusqu'au retour d'Inde. Puis ça se gâte. La suite du récit le montre très éloigné de la moindre pensée pour cause d'hérédité, puis à nouveau avide de connaisance "par hasard", enfin il dépose les armes, abandonne...On dirait un pas hésitant autour d'une maîtresse trop exigeante. Et la chute: Est-il au soir de sa vie? Désespéré du clair-oscur? Applique-t-il un principe socratique? A-t-il croisé Cioran? A vous lire...

   Anonyme   
21/8/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjours,
un texte envoutant ... presque dérangeant pour ma par tant le cheminement me touche .
Je souhaiterai en faire une copie pour la montrée a des amis, m'autorisez-vous ?
merci d'avance

   Anonyme   
30/9/2011
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime bien ce texte car il est simple à lire et à comprendre. C'est un témoignage sincère de l'expérience d'un être qui cherche des réponses par lui-même.
J'avoue aussi que le parcours du narrateur ressemble un peu au mien. La conclusion est un peu morbide. Quitte à tout effacer pourquoi ne pas effacer aussi la mort et la nuit? Il y a peut-être quelque chose derrière?
Et puis je pense à If de Kipling " Si tu sais méditer,observer et connaître sans jamais devenir sceptique ou destructeur..."


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