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Science-fiction
Jano : L'exacte genèse
 Publié le 17/07/15  -  10 commentaires  -  23038 caractères  -  160 lectures    Autres textes du même auteur

Il ne faut pas croire tout ce que raconte la Bible.


L'exacte genèse


Les étoiles défilaient comme des traits lumineux, des rayures sur la trame accélérée de l'espace-temps. Lancé à pleine puissance, le boosteur avalait des distances astronomiques, frôlait des amas de constellations pour ensuite traverser d'immenses halos de gaz et de poussières ; bolide argenté filant dans les profondeurs d'une nuit sidérale.

À ses commandes, Adam restait concentré sur les paramètres de vol. Hors de question de louper l'objectif sous peine de s'attirer le courroux des supérieurs. Il y en avait d'ailleurs deux qui s'approchaient de lui.


– Alors pilote, on est encore loin ?

– Nous arrivons messieurs, bientôt nous survolerons Tellūs.

– Pas trop tôt, j'en peux plus d'être enfermé dans cette boîte de métal.

– Allons, un peu de patience mon ami, répondit l'autre en lui posant la main sur l'épaule. Dans peu de temps vous pourrez vous défouler comme il se doit.

– J'espère bien. Que je ne me sois pas coltiné tout ce trajet pour rien !

– Vous verrez, vous verrez...


Puis ils regagnèrent leurs places en poursuivant leur discussion, laissant Adam ruminer une sourde rancœur. Maudits supérieurs, tout leur était dû et ils ne s'en privaient pas, profitant largement de leurs prérogatives. Caste parasite dont l'assurance du pouvoir consistait à résider au centre du Socle et bénéficier de ses bienfaits, privilège héréditaire. Au contraire des inférieurs, de constitution plus chétive, qui s'agglutinaient en masse à la périphérie, vaste zone aux conditions ingrates. Maîtres de l'armement et des moyens techniques, les supérieurs avaient établi une domination implacable et ne voyaient dans les inférieurs qu'un vivier d'ouvriers et d'employés corvéables à merci. Ceux qui remettaient en question cet ordre des choses étaient promptement éliminés.

Adam et ses deux consorts embarqués avaient de la chance, leurs postes étaient plutôt enviables. Absorbés par leurs loisirs, les supérieurs déléguaient la conduite des machines à un personnel longuement formé, trié sur le volet et a priori digne de confiance. Tu parles, continuait à songer Adam, s'il le pouvait c'est avec grand plaisir qu'il leur enfoncerait une lame en travers de la gorge ! De toute façon la révolte grondait, malgré la répression une résistance de l'ombre s'organisait. Avant qu'il ne parte en mission, il avait eu vent d'une action à venir, imminente, qui allait renverser cet ordre inique des choses. Il n'eut hélas pas le temps d'en savoir davantage.

Peut-être que ces deux-là sont au courant, se demanda-t-il en regardant la spé-com sur sa gauche – jolie blonde – à ses côtés le meca-pro penché sur ses cadrans. Mais à part échanger des données de navigation, l'équipage avait l'interdiction formelle de discuter. Du coup il ne connaissait même pas leurs noms, ne savait rien sur eux. Le signal sonore qui retentit soudain pour l'avertir de la proximité de Tellūs l'arracha à ses pensées. Il interrompit la vitesse supraluminique, pianota sur un écran digital pour engager la rétropropulsion et fit descendre lentement le boosteur en paliers réguliers.

Sa troisième mission sur Tellūs, à chaque fois il était saisi d'admiration. La couleur particulière de ce monde, l'exubérance de sa faune et de sa flore, la variété des paysages, tout contrastait avec sa planète à lui grise et uniforme. Tellūs ne comportait pas qu'une surface habitable comme le Socle mais plusieurs, séparées par une masse impressionnante de liquide. Jeune, bouillonnant, rempli de la vigueur d'un système en cours de maturation que des volcans innombrables continuaient d'alimenter. Aux quatre coins de l'horizon montaient d'épaisses colonnes de cendres.

Les créatures vivantes qui se développaient ici, la plupart démesurées, semblaient répondre aux fantastiques énergies mises en œuvre. Hélas pour leur plus grand malheur ! Quand les explo-sondes firent découvrir aux supérieurs cet endroit improbable, ceux-ci n'y virent avant tout qu'un splendide terrain de chasse, une aubaine pour assouvir leurs pulsions prédatrices. Malgré une légère concentration en dioxyde de carbone, l'atmosphère qui se révéla respirable provoqua la ruée.

Des expéditions de chasse furent rapidement mises sur pieds et Tellūs devint la destination prisée entre toutes, l'assurance de vivre des moments exaltants et palpitants. Collés aux hublots, les visages rayonnants des huit passagers n'exprimaient que trop cette ferveur sanguinaire.


– Par quoi on commence ? lança une supérieure impatiente.

– Si je peux me permettre au regard de mon expérience, commençons petit pour finir par très gros !

– Excellente idée. Des amuse-gueules avant le plat de résistance !


Tous partirent d'un éclat de rire qui résonna amèrement aux oreilles d'Adam. Il n'aimait pas ces missions cruelles. La faune de Tellūs étaient certes effrayante mais aussi d'une exceptionnelle beauté, ça dépendait de la façon dont on la considérait. Rien ne justifiait qu'on la décime en masse, juste pour le plaisir. Soumis au bon vouloir des supérieurs il n'avait évidemment pas son mot à dire.


– Pilote, trouvez-nous ces bandes de petits charognards sur deux pattes que l'on voit partout. Ça fera une parfaite entame.

– Bien monsieur.


Il passa en mode manuel et saisit les manettes, contrôlant ainsi le boosteur qu'il fit voler en rase-mottes. Les bandes de petits charognards, en vérité c'est vous, rumina-t-il. Il savait de quoi parlait le supérieur, ce genre d'animal en effet pullulait. Il n'eut d'ailleurs pas à chercher bien longtemps. Au sortir d'une vallée encaissée, le vaisseau déboucha sur une vaste zone aride où le détecteur thermique afficha plusieurs formes en mouvement.


– Les voilà ! s'écrièrent les passagers excités.

– Oui, confirma l'organisateur, ce sont bien eux. Je vous rappelle qu'au nom du sport nous n'utilisons pas d'armes modernes mais nos bonnes vieilles armes à feu. Pour ce menu fretin les fusils à lunette suffiront. Chacun le sien et allons nous mettre en place !


Adam comprit l'ordre implicite et engagea une procédure bien rodée. D'abord il réduisit considérablement l'allure. Ensuite de part et d'autre du fuselage il fit coulisser vers l'extérieur deux plates-formes sur lesquelles était rivée une rangée de quatre sièges. Le boosteur paraissait avoir de la sorte deux ailerons supplémentaires. Les supérieurs se divisèrent en groupes égaux, sortirent à l'air libre et s'installèrent sur ces sièges en prenant la précaution de se sangler fermement.

Parés, doigts sur la détente, ils attendirent alors qu'Adam se positionne au-dessus de leurs proies. Devinant la menace celles-ci commencèrent à s'affoler, avec vélocité s'éparpillèrent dans toutes les directions. Pas assez vite cependant pour échapper au feu nourri tombé du ciel. Les détonations claquèrent, implacables, à chaque fois d'une précision mortelle. Les bêtes atteintes finissaient leur course par un roulé-boulé qui leur faisait mordre la poussière. Méthodique, Adam déplaçait le boosteur pour qu'il offre les meilleurs angles de tir. Dans une tentative de défense désespérée, un animal bondit en direction de ses agresseurs, claqua avec hargne sa mâchoire aux dents acérées qui ne rencontra que du vide.


– Ah ! Ah ! Regardez celui-là qui nous menace !

– Je m'en occupe. Tiens, prends ça !


L'audacieux reçut derechef deux projectiles en pleine cervelle et s'affala à terre. Bientôt une vingtaine de cadavres parsemèrent la zone, colorant le sable de larges taches écarlates. Plus un seul mouvement aux alentours.

Ravis de cette première approche, les supérieurs se congratulèrent puis voulurent rapidement passer à la suite du programme. Le responsable de l'expédition prit alors la parole au micro afin que chaque plate-forme puisse l'entendre :


– Vous avez vu ici de petits carnassiers, à peine plus hauts que nous. Nous allons maintenant découvrir des monstres, des montagnes vivantes qui défient l'imagination ! Mais rassurez-vous, nous ne craignons rien, ce ne sont que de paisibles herbivores tout à fait inoffensifs. L'intérêt de cette chasse résidera d'abord dans notre capacité à les abattre rapidement. Pour cela, continua-t-il avec délectation, nous disposerons de mitrailleuses lourdes montées sur trépieds. Le meca-pro va se hâter de nous les installer. Je vous promets du grand spectacle, des souvenirs impérissables que vous pourrez raconter à vos petits-enfants !


Il acheva son discours sous les applaudissements. Enjoués, les huit supérieurs se dégrafèrent alors pour regagner l'intérieur. Sur ces entrefaites Adam eut la sensation qu'on le regardait. Il croisa le regard de la spé-com, incapable de dire ce qu'il y lisait exactement. Un dégoût des supérieurs ? La même aversion pour ces jeux sanguinaires ? Malgré les écouteurs qui lui enserraient la figure, il trouva à nouveau qu'elle était réellement charmante. Sûr, dès qu'il pourrait il engagerait la conversation ; connaître son nom, le secteur périphérique où elle réside, ses...


– Pilote, vous dormez ou quoi ? C'est la seconde fois que je vous appelle !

– Je… heu... excusez-moi monsieur.

– Mettez le cap sur les zones humides.

– À vos ordres monsieur.


Mince, la belle lui chavirait l'esprit ! Il évacua son trouble et se concentra sur la conduite du boosteur, flèche de métal pointée vers sa prochaine destination. Laissant derrière sécheresse et rocaille, l'engin fila comme un météore vers une région semi-lacustre. À perte de vue des eaux profondes alternaient avec d'immenses étendues marécageuses. De hautes fougères arboricoles, d'un vert fluorescent, dominaient des prêles graciles qui se balançaient mollement sur leurs tiges. Le reste de la végétation était constitué d'une couverture dense d'ajoncs et de roseaux. Une nappe de brume, que nul courant d'air n'agitait, stagnait à fleur d'eau, recouvrant ces lieux d'une atmosphère moite et oppressante.

La dernière fois qu'Adam s'était rendu ici il volait trop bas. Imprudence. La visibilité réduite, il avait failli percuter une de ces immenses créatures qui s'était redressée soudainement à son passage. Seuls ses réflexes avaient évité la collision. Sacrée frousse ! Averti, il restait donc particulièrement vigilant.

Sur les plates-formes le meca-pro finissait d'installer les huit mitrailleuses lourdes, prêtes à cracher la mort. Cependant elles allaient devoir patienter car le boosteur qui tournait lentement sur zone ne détectait rien, strictement rien. Pas un animal ne se profilait, ni sur les cadrans, ni à l'œil nu. Leur démesure les rendait pourtant difficiles à rater. Avaient-ils changé de secteur ? L'hypothèse semblait peu probable tant ils étaient dépendants d'un milieu liquide pour évoluer où, à demi immergés, ils supportaient mieux leurs énormes masses. Quelques supérieurs montrèrent déjà des signes d'agacement :


– Alors, ils sont où vos fameux géants ?

– Patience mon ami, patience. Nous ne tarderons pas à les débusquer, rassura l'organisateur un tantinet mal à l'aise.


Du coup il se leva et rejoignit le cockpit pour interpeller Adam.


– Qu'est-ce qu'il se passe ? Où sont-ils ?

– Je ne comprends pas monsieur. On ne les voit pas sur les détecteurs.

– Enfin des animaux de cette taille ne peuvent s'envoler !

– Non, bien sûr mais… attendez... attendez...


Alors qu'une déchirure dans la brume permettait d'apercevoir l'étendue plane d'un lac, des remous proches de la rive attirèrent son attention. Il braqua dessus la caméra embarquée et fit un grossissement. Entre les ondes troubles on voyait des îlots grisâtres, entourés de chapelets de bulles qui crevaient la surface. Il n'y eut pas à s'interroger longtemps, à cet instant surgit des flots une colonne mouvante, dodelinante, qui replongea pour en laisser émerger une autre à proximité.


– Je m'en doutais, ils sont sous l'eau. C'est plus profond par ici.

– Ah, parfait ! triompha le supérieur. Sortez ces balourds de là et en avant la musique !


Il revint vers le compartiment passager en se frottant les mains.


– Parfait mes amis, nous pouvons nous remettre en place !


Dans un joyeux mouvement les chasseurs regagnèrent les plates-formes, extasiés par les mitrailleuses rutilantes qui les attendaient. Du côté d'Adam il n'y avait pas trente-six moyens d'extirper ces colosses des fonds. Une décharge électrique dans l'eau devait suffire, ce qu'il fit sans tarder. Encore une fois il se fit surprendre ! Dès le choc envoyé les îlots grisâtres se soulevèrent, devinrent montagnes de fureur, déferlement de colère ! Un crâne surmonté d'une crête osseuse frôla le boosteur, obligea son pilote à un brusque écart. Sans les sangles qui les maintenaient les supérieurs auraient basculés dans le vide. Également surpris, la spé-com et le meca-pro se cramponnèrent à leur siège.


– Que fichez-vous ? hurla un supérieur dans l'écouteur.

– Dé... désolé monsieur, je prends de l'altitude pour plus de sécurité.


Adam pesta contre lui-même. Quel imbécile ! Mais combien pouvaient-ils donc mesurer ces énormes quadrupèdes dont les cous interminables recherchaient ce qui avait rompu leur quiétude ? Il y avait quatre spécimens, dont un plus petit. Sans doute broutaient-ils la végétation au fond de l'eau quand la secousse électrique les obligea à se redresser, découvrant la sidérante immensité de leurs corps.

Maintenant hors de portée, Adam entreprit de faire des cercles réguliers autour d'eux, alternant bord gauche et bord droit pour que chaque équipe puisse tirer à loisir. Leur chef put enfin lancer ses consignes :


– Concentrons nos tirs sur le plus gros de la bande, ça doit être le mâle dominant. FEU !


Adam sentit des vibrations sous ses pieds quand les mitrailleuses lourdes entrèrent en action, rafales puissantes et dévastatrices. L'animal visé reçut en plein les projectiles, la gueule ouverte poussa un terrible mugissement. Du sang épais dévala d'une constellation de trous sur son échine. Les autres bêtes, affolées, tentèrent alors de fuir maladroitement, se cognèrent entre elles, trébuchèrent, leurs pattes titanesques soulevant des vagues d'un lac devenu tempête. À l'unisson elles convergèrent vers le rivage espérant y trouver un salut, piétinèrent les plantes arborescentes comme fétus de paille. Insatiable le boosteur continuait son harcèlement sur le grand mâle, mitraillé de toute part. Il avait beau accentuer les balancements de son cou, fouetter l'air dangereusement de sa queue vigoureuse, il n'était qu'un colosse rendu pataud par la vivacité de son agresseur.

La spé-com poussa soudain une exclamation de surprise. Elle semblait stupéfaite par les communications reçues dans son casque, ses doigts se mirent à courir à toute vitesse sur les écrans tactiles.


– Qu'y a-t-il ? s'étonna Adam.


Elle tourna vers lui un visage livide :


– La... la rébellion, elle a commencé.

– Quoi ?!

– Les secteurs périphériques 17 et 38 ont pris d'assaut le centre du Socle, d'autres sont en train de suivre.

– C'est pas vrai...


Le meca-pro avait aussi entendu, il grimaça :


– Pauvres fous, ils vont se faire laminer !

– Pas sûr, je sais qu'il y avait un plan pour accéder à l'arsenal, rétorqua Adam.

– Et alors, comment veux-tu qu'ils percent les défenses des sup' ? Tout ce que ces abrutis vont réussir à faire c'est encore de provoquer une répression féroce. On va morfler, c'est moi qui vous le dis !

– Que fait-on, reprit la spé-com d'une voix blanche, on prévient les supérieurs ?

– Non, pas encore, attendons la suite des événements répondit Adam, bouleversé par cette annonce imprévue.


Bon sang ils avaient osé ! Ils avaient eu le cran de passer à l'attaque, d'affronter la classe dominante ! Une fébrilité le gagna, mélange d'émotion et d'envie fougueuse de se joindre lui aussi au mouvement. D'abord garder la tête froide, réfléchir, continuer à jouer le larbin pour ces bouchers et ensuite agir à bon escient.

Pendant ce temps-là les eaux du lac avaient changé de couleur, sur la rive moussait une écume rougeâtre. Deux cadavres s'empilaient l'un sur l'autre ; debout ne restait plus qu'un adulte et blotti contre ses flancs le petit terrorisé. En dernier recours pour repousser cet ennemi insaisissable, l'adulte s'appuya sur sa queue et ses deux pattes arrière, se cabra ainsi au maximum. Il ne pouvait savoir que cette position offrait à ses bourreaux, ravis de l'aubaine, toute l'étendue de son ventre qui ne devint bientôt qu'un réceptacle déchiqueté de balles. Poussant un long gémissement il s'écroula, édifice désarticulé de chair et d'os. Derrière les mitrailleuses brûlantes les supérieurs exultaient :


– Et voilà, dernière belle pièce !

– Quelle chasse ! Magnifique !

– Qu'est-ce qu'on fait du dernier ?

– J'ai une idée, on va conclure par un feu d'artifice ! lança l'organisateur.


Des sourires réjouis accueillirent cette proposition.


– Pilote, poursuivit-il, achevez ce juvénile avec un missile.

– Avec un missile ?

– Vous avez bien entendu. Exécution.


Espèce de fumier marmonna Adam, vous ne connaissez pas la pitié, hein ? Il jeta un œil en contrebas sur la jeune créature qui errait entre ses congénères défunts et dont les plaies charriaient des ruisseaux de sang. Il serra les dents. Quelque chose monta en lui, de violent, d'irrésistible, un trop-plein de soumission accumulé depuis tant d'années, d'humiliation refoulée. Sa décision était prise, à lui aussi l'heure de la révolte avait sonné, quoi qu'il en coûte !

Comme s'il recherchait son assentiment, il tourna la tête vers la spé-com, toujours figée sur ses écoutes. Elle paraissait de plus en plus catastrophée, remarqua néanmoins le regard d'Adam et voulut lui parler. Mais les supérieurs ayant stoppé leurs tirs et risquant de l'entendre elle se ravisa, lui fit un signe, désespéré, qu'il ne comprit pas.


– Alors, qu'attendez-vous ? tança le supérieur.

– Tout de suite monsieur.


Dans ses pensées il songea : avec plaisir. Ses mains se crispèrent sur les manettes, l'expression de son visage devint dure, ses yeux fixes. À l'instar d'un oiseau des mers qui s'apprête au plongeon, il conduisit le boosteur à faire un arc de cercle dans le ciel. Au sommet de la courbe il y eut un instant d'apesanteur, pause avant l'inéluctable, puis le vaisseau piqua droit sur les flots ! Dès l'immersion Adam redressa l'engin pour le maintenir juste sous la surface et accéléra pour coller ses victimes à leurs sièges. Le meca-pro se mit à hurler :


– Mais qu'est-ce qu'il te prend ? Sors de là, vite !


Adam resta muet, les traits tendus, dans son esprit la vision des supérieurs en train de suffoquer. Vengeance ! Vengeance ! Tétanisée, la spé-com ne bronchait pas au contraire du meca-pro qui finit par se ruer sur Adam :


– Arrête tes conneries, les sup' vont se noyer !


Il tenta d'accéder au tableau de bord mais Adam le repoussa brusquement :


– Tu n'as pas compris, c'est la révolte ! Nous devons aussi y prendre part !

– Pauvre fou, ils vont nous massacrer !

– Non, ce sont eux qui vont mourir, tous !


Les deux hommes s'agrippèrent et roulèrent par terre, livrant le boosteur à lui-même, bolide hors de contrôle lancé dans les profondeurs lacustres. Il tangua à droite, à gauche, frôla un empilement de roches.


– Arrêtez ! Arrêtez ! cria la spé-com affolée qui tenta à son tour de s'emparer des commandes mais perdit l'équilibre.


Les protagonistes continuaient leur furieux pugilat quand un coup de poing étourdit Adam. Débarrassé de son adversaire, le meca-pro se précipita à l'avant. Trop tard ! Au moment où il allait saisir les manettes, le boosteur heurta une dénivellation qui annonçait la berge, son nez se ficha dans la vase et provoqua un retournement brutal. Par une pirouette il s'arracha des eaux, termina sa course folle au milieu d'un fracas de tôles.


Durant quelques minutes silence absolu. Un insecte paré d'un jaune éclatant se posa sur un morceau tordu de métal, frotta ses longues ailes l'une contre l'autre puis repartit en vadrouille. Enfin un mouvement se devina à l'intérieur du cockpit éventré. Adam reprenait lentement ses esprits. À quatre pattes, il s'accrocha avec difficulté à une poignée puis se redressa. Du revers de la main il essuya un filet de sang de la commissure de ses lèvres, sa hanche douloureuse. D'abord il aperçut le meca-pro, le crâne défoncé par l'accident. Pauvre idiot, songea-t-il. Ensuite il découvrit la spé-com, ensevelie sous des monceaux de matériel électronique mais respirant encore. Il la dégagea, la prit délicatement dans ses bras pour l'emporter dehors et la déposer sur l'herbe humide.

Il put alors contempler le résultat de son coup de force. Une plate-forme s'était brisée au ras du fuselage lors de l'impact sous l'eau, ses occupants de toute évidence avec les poissons. L'autre arborait comme de sinistres trophées les quatre supérieurs sanglés sur leurs sièges ; ruisselants, figures bouffies, violacées, les yeux vitreux encore habités d'une terreur sans nom. Pourritures, il les avait eues ! Pas un, pas un n'en avait réchappé !


– Où... où suis-je ?


La voix de la spé-com le sortit de son triomphe morbide.


– Toujours sur Tellūs. Il n'y a plus qu'à attendre les secours. J'espère que ce seront les nôtres. Si ce sont les supérieurs qui viennent on dira que c'était un accident.


Hagarde, elle se prit la tête dans les mains puis éclata en sanglots.


– Jamais... ils ne viendront jamais.

– Pourquoi ça ?

– Le... le Socle. Ils ont fait... ils ont fait exploser le Socle ! acheva-t-elle dans les larmes.


Un frisson d'angoisse parcourut Adam.


– Que dis-tu ? Explique-toi bon sang !

– J'ai voulu te prévenir mais tout est allé si vite. Je captais les communications des supérieurs, ils étaient complètement affolés. Ils ne parvenaient plus à contenir la rébellion qui se dirigeait vers le noyau central. Au final ils ont enclenché l'atomiseur qui... qui je suppose s'est emballé car plus rien, je ne recevais plus rien, sur aucune fréquence. Les émetteurs sont devenus muets d'un seul coup !


– Putain, c'est pas possible...


Les jambes flageolantes il dut s'asseoir pour digérer cet imprévu. La lutte devait avoir été féroce, les dégâts sans doute considérables. S'il restait des survivants, il se passerait probablement des mois, des années même avant qu'ils ne reconstruisent les aires de lancement. Et se souviendraient-ils d'eux, de cette expédition de chasse aux confins du cosmos ? Rien n'était moins sûr. En espérant que tout n'ait pas été pulvérisé...

Sa gorge se serra quand il comprit qu'ils risquaient de passer un long moment ici, dans ce monde sauvage, peut-être le restant de leur vie. Du matériel dans le boosteur les aiderait à tenir, il devait y avoir des choses à récupérer. Piètre consolation. Au-dessus d'eux passa un animal volant de grande envergure, membranes déployées, qui le fit frémir. Oui, dorénavant ils allaient devoir se battre, chaque jour, envers et contre tout. Abattu, il s'adressa à la spé-com :


– Je ne connais même pas ton nom.


Elle releva la tête, écarta ses longs cheveux bouclés qui dévoilèrent un sourire triste.


– Ève, je m'appelle Ève.


 
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   Anonyme   
17/7/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Jano,
Dès le début, puisque j'ai oublié rapidement le titre, et même le prénom du héros, quelque chose m'a dérangé dans votre histoire. Quelque chose qui ne colle pas. Des extra-terrestres, capables de traverser des milliards de parsecs d'espace sidéral, et qui ont, pour pouvoir réaliser cela, atteint un haut niveau d'intelligence, et sans doute de sagesse, n'ont toujours par tordu le cou à leurs plus bas instincts, guidés par l'orgueil, la vanité. Il existe toujours dans leur société de ces insupportables problèmes de hiérarchie qui va les conduire à la révolte. Et ils sont également toujours avides de ces chasses meurtrières sans éprouver le moindre sentiment de compassion. Vos extra-terrestres ne me paraissent pas bien extras. Ils sont franchement d'un très bas niveau, frôlent la crétinerie et c'est pour moi incompatible avec la capacité à faire des voyages interstellaires.
Sinon, cela dit, votre nouvelle est très bien écrite, très rythmée, sans temps mort, mais d'un style sans grande surprise néanmoins.
Mon appréciation sera donc mitigée, d'autant que je n'ai toujours pas compris comment une race peut se développer à partir d'un seul couple, quand on connaît les problèmes liés à la consanguinité, et que vous ne nous éclaircissez pas davantage que les Sainte Écritures sur ce point.
A vous relire, bien sûr.

   Robot   
17/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'aime la SF surtout quand elle ne s'éloigne pas trop de la réalité. C'est le cas ici hormis la technologie. J'apprécie quand la SF reste crédible. C'est intéressant, car votre démonstration montre que l'évolution technologique justement n'est pas synonyme d'évolution des mentalités comme l'histoire récente et actuelle le démontre. On peut être super développé et avoir une mentalité inférieure aux chasseurs cueilleurs car eux ne massacraient probablement pas ayant trop le souci de leur survie.
C'est cet aspect que je retiendrai de votre nouvelle. Après, le choix de s'associer à une révolution sans en avoir pesé les conséquences est assez amusant. La fin avec cette concomitance d'Adam et Eve peut paraître un peu mièvre, mais il fallait bien une conclusion et j'avoue qu'il valait mieux celle là qu'un sauvetage. C'est certainement cette fin mille fois utilisée au cinéma (Zardoz - l'age de cristal...) qui pêche un peu dans ce récit que j'ai cependant lu jusqu'au bout sans déplaisir et pour savoir justement comment tout cela se concluerait.

   Shepard   
17/7/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Salut Jano,

Après les Mayas, la bible revisitée. C'est un sujet phare, mais finalement je trouve que vous avez été un peu frileux à ce niveau...

Je reviendrais sur le corps du texte, et je parlerais d'abord du parallèle avec la Genèse. On devine d'emblée qu'Adam va se retrouver avec Eve, la jolie blonde, mais ça ne résout pas l'éternel problème : comment le peuple terrien a t-il pu apparaître avec seulement deux parents ? Et puis je parlais de 'frilosité", disons que je trouve dommage que vous ne soyez pas allé jusqu'au bout de la métaphore et trouvé une alternative à la pomme et au serpent, et finalement votre Eden (le Socle ?) ne paraît pas si paradisiaque.

Voilà, bon, bien sûr le texte ne tourne pas qu'autour de ça.

Donc si j'ai bien suivi on fait face à une civilisation légèrement pro-eugénisme, avec une répression par la violence des révoltes. L'aspect violence gratuite (qui transpire avec la "chasse") me dérange un peu, dans le sens où je pense qu'une civilisation ne pourrait prospérer comme cela, la soumission des classes "inférieures" devrait être beaucoup plus insidieuse, l'histoire a montré que les dictateurs finissent toujours par tomber. C'est un avis personnel mais du coup j'ai eu du mal à accrocher au fond de l'histoire. A la rigueur ils utiliseraient des machines si ils voulaient une soumission totale sans embarras...

De la même façon, l'extermination d'autres espèces sans contestation aucune, me paraît un peu étrange. Même parmi les supérieurs, aucun n'aurait conscience que la vie est suffisamment rare dans l'univers pour qu'un massacre pareil soit interdit ? Car ce n'est pas une guerre pour des ressources ou même juste une extermination pour la terre elle-même, mais visiblement par pure furie sanguinaire.

Bon, pour le scénario en lui-même tout se déroule sans problèmes.

Vous êtes fidèle à votre style que j'apprécie, j'avais relevé une formulation qui ne me plaisait pas trop mais je n'arrive même pas à la retrouver, c'était du pinaillage.

Globalement je regrette surtout que vous n'ayez pas poussé jusqu'au bout votre idée de réécrire la Genèse.

   jfmoods   
18/7/2015
L'idée de concevoir la genèse comme la résultante d'une contre-utopie futuriste est plaisante, tout comme celle de voir chez des êtres doués d'intelligence qui nous auraient précédés une violence gratuite, inhérente à notre propre nature. Le récit est bien mené, globalement efficace, mais j'en reviens à un sujet que j'ai vainement essayé d'aborder avec toi... ailleurs, Jano.

Je veux, évidemment, parler de la ponctuation. Tu as un avis bien tranché sur la question... un avis qui va encore trop souvent à l'encontre des attentes légitimes d'un lecteur. L'exemple sur lequel j'ai, peut-être, le plus de chances de te convaincre est celui-ci...

« Malgré une légère concentration en dioxyde de carbone, l'atmosphère qui se révéla respirable provoqua la ruée. »

La proposition subordonnée relative n'est pas ici déterminative : elle est explicative. Elle exige donc d'être encadrée de deux virgules...

« Malgré une légère concentration en dioxyde de carbone, l'atmosphère, qui se révéla respirable, provoqua la ruée. »

Il est rigoureusement impossible de lire cette phrase à haute voix et de manière compréhensible sans ces trois virgules. C'est toujours agaçant de se trouver devant un texte intéressant et d'être arrêté par des considérations de cette sorte, avec des phrases parfois dépourvues de toute respiration. Quelques exemples...

« Soumis au bon vouloir des supérieurs il n'avait évidemment pas son mot à dire. »
« Je vous rappelle qu'un nom du sport nous n'utilisons pas d'armes modernes mais nos bonnes vieilles armes à feu. »
« Pour le menu fretin les fusils à lunettes suffiront. »
« Sur ces entrefaites Adam eut la sensation qu'on le regardait. »
« Derrière les mitraillettes brûlantes les supérieurs exultaient. »
« Si ce sont les supérieurs qui viennent on dira que c'était un accident. »

Merci pour ce partage !

   Mare   
18/7/2015
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Dans l'ensemble, j'ai bien aimé ce texte. Je trouve l'idée assez originale, la trame narrative fluide et efficace. On devine un monde riche et large. Un monde qu'on aimerait d'ailleurs découvrir plus. Difficile d'esquisser un univers de SF en une nouvelle aussi courte, je sais bien, mais j'aurais adoré en savoir un peu plus sur l'organisation hiérarchique de la caste des Supérieurs, par exemple. Sur comment ils imposent leur tyrannie aux autres.

Par contre, je vais chipoter sur des détails. Les dialogues, pour commencer. Ils sont assez peu nombreux, ce qui en soit n'est pas grave du tout, le problème c'est qu'ils ne sont pas, à mon avis, toujours particulièrement utiles. Ils venaient parfois couper ma lecture et me sortaient de l'histoire.
Le fait que les supérieurs préfèrent chasser avec des armes à feu, pour le sport, plutôt qu'avec des armes "modernes". Euh...je ne sais pas. C'est un peu comme si, à notre époque, les chasseurs décidaient de chasser avec des épées et des lances plutôt qu'avec la nouvelle arme i-tech. C'est peut-être mon côté geek, mais moi, j'adore les nouveaux jouets ;) (En revanche, j'y connais rien à la chasse, et m'en trouve très bien comme ça, alors peut-être que je me trompe)

Mais, comme je le disais, ce ne sont que des détails. J'ai passé un bon moment en compagne d'Adam. Merci pour cette lecture !

   Anthyme   
18/7/2015
Je considère l’iconoclastie comme une indispensable attitude de salubrité spirituelle ; or, si l’« adoration de l’image » implique la sacralisation du support qui la porte, cette « image » est toujours sublimée par une enluminure mythique.
C’est pourquoi je suis si exigeant quant à l’efficacité lorsqu’il s’agit de « casser du mythe ».

( — Je ressens le besoin de cette précision pour préparer @Jano à l’apparente brutalité de mon commentaire. — )

… … … …

Je ne sais pas écrire ; de fait, il me semble impertinent d’exprimer un avis au sujet de la qualité rédactionnelle de ce texte.
Il est d’un dynamisme fluide qui permet de l’aborder avec la simplicité qu’apprécie tant un ‘mauvais lecteur’ comme moi, qui suis réfractaire à la suggestion d’une image mentale trop complexe.

Sur ce registre, je n’ai rien de spécial à dire …
… c’est sur le « fond » que ça cloche.

… … … …

Dans le sillage d’Adam et Ève, on arpente le jardinet de Jéhovah.

Si le but est d’habiller ces deux naturistes, alors la soie la plus fine suffira, car sera vue comme « Les habits neufs de l'empereur » par qui voudra bien la voir.

Si par contre, comme ici, il s’agit de leur offrir un « jardin-ouvrier-bien-à-eux » ; alors on ne casse pas le mythe, mais on ne fait que l’emballer dans du papier cadeau.

Avec une âme anglo-saxonne, un papier « New Age » façon 2001-Kubrick peut s’admettre ; mais en France, où le nouillâgisme se heurte très vite à une exigence de rationalité, c’est beaucoup plus délicat …
… car la rationalité se doit avant tout … à la rationalité !

… … … …

À juste titre, la charte interdit d’ouvrir un débat dans cet espace dévolu au commentaire exclusif d’un texte.

J’éviterai donc de trop citer l’échelle de Kardashev, et la condition sine qua non de changement de paradigme pour passer d’un type de civilisation à un autre.

La civilisation que vous évoquez dans votre texte est une civilisation de type 3, dont les sujets ont surmonté les contradictions qui étaient les leurs au stade 2, dont les sujets avaient eux-mêmes surmonté les contradictions du stade 1.

LA civilisation des Supérieurs-majuscule ; avec sa structure de caste/classe, est une civilisation de stade 1 (— la nôtre —) vouée à la destruction dans son petit monde planétaire si la règle du jeu reste individualiste.

Les Supérieurs-majuscules étant déjà incompatibles avec une civilisation de type 2 ; que font-ils dans une de type 3, où les supérieurs-servants de Kubrick sont certainement plus vraisemblables.

(Tant pis ; je le dis !)

Votre Tellùs-terminus-d’Éden ressemble trop à du concordisme à la Perry Rhodan pour qu’il serve mon besoin d’iconoclastie.

… … … …

Je pense que dans le registre « fantastique/SF-casseur-de-mythes » vous pouvez incomparablement mieux que cette « inexacte-car-impossible » Genèse.

   Marite   
19/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’ai adoré cette histoire et n’éprouve pas le besoin de la ramener à nos considérations actuelles sur la Genèse et sur nos capacités technologiques. Elle m’a remis en mémoire pas mal de choses lues il y a quelques années :
- l’histoire de ces extraterrestres qui seraient venus sur terre, il y a 400.000 ans dans le but d’exploiter les ressources minières et qui, fatigués de travailler, auraient utilisé la « faune locale » et même fait des « croisements » avec elle pour obtenir des êtres capables de travailler à leur place (Tablettes Sumériennes)
- la Genèse 6.1 : « quand les hommes commencèrent à se multiplier et que des filles leur naquirent, les habitants du ciel constatèrent qu’elles étaient jolies et ils en choisirent pour les épouser…»
- la Mythologie Grecque avec les dieux et les demi-dieux … etc)
Je partage entièrement l’avis de Robot quand il écrit : « … votre démonstration montre que l'évolution technologique justement n'est pas synonyme d'évolution des mentalités comme l'histoire récente et actuelle le démontre. On peut être super développé et avoir une mentalité inférieure aux chasseurs cueilleurs car eux ne massacraient probablement pas ayant trop le souci de leur survie. »
Et puis, les massacres de la faune pour le simple plaisir … n’est-ce pas qu’à une échelle différente, nous savons aussi le faire ?

   alvinabec   
20/7/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Jano,
Au fond réécrire la genèse est une idée réjouissante que votre texte traite plaisamment. J'ai bien apprécié cette partie de chasse qui se transforme en nouvel Eden par la force des événements. C'est aussi cruel que drolatique...
Pour ce qui est de la forme, il me semble que le récit aurait gagné en efficacité à être plus ramassé autour de la scène de chasse. J'ai trouvé que les atermoiements des participants n'amenaient que peu à l'intrigue. Bon, question de choix. Et, mais là-dessus je suis têtue, trop d'adjectifs pour mon goût qui ralentissent le rythme narratif.
A vous lire...

   AlexC   
25/7/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Salut Jano,

L’histoire revisitée à la sauce science-fiction d’Adam et Eve n’est clairement pas une idée originale. J’attends donc de l’auteur qu’il donne un sérieux plus à son récit afin de le démarquer des autres.

Or, ici, ni le style (sobre, propre, sans fioritures) ni le fond (vague critique de l’oligarchie, des inégalités sociales) ne pèsent vraiment sur la balance à mon sens. Votre texte est très carré, mais sans surprises, envolées lyriques délicieuses ou sensibilité particulière, il s’en dégage une certaine platitude. En d’autres termes, je l’ai lu sans déplaisir, mais ma mémoire ne s’arrêtera pas dessus.

D’un point de vue encore plus personnel, je pense que le titre, le résumé et peut-être le nom du pilote gâchent toute surprise vis-à-vis du dénouement. J’ai su très tôt tôt, trop tôt à mon goût que, Adam allait finir seul avec Eve, échoués et livrés à eux-même sur la Terre. Pourquoi ne pas changer le nom du pilote (Adym ? Aedamicus ?…) comme vous l’avez fait pour Tellus et changer titre et résumé en quelque chose qui ne vent pas la mèche afin de préserver un semblant de suspens ?

Quelques remarques :

“J’en peux plus d’être enfermé dans cette boîte de métal.” Pourtant, mettre un pied à Terre ne semble pas au programme des réjouissances…
Pour abattre ce que j’imagine être des raptors, les supérieurs utilisent des fusils à lunettes. Ce sont donc tous des tireurs d’élite experts sachant que leur proies sont en mouvement (plus de 40 km/h tout de même) et que les mouvements du booster compliquent encore la tâche.
Ce peuple maitrise le voyage inter-systèmes solaires mais n’a colonisé aucune autre planète ?


Je tique :
“profitant largement de leurs prérogatives”
“l’atmosphère qui se révéla respirable provoqua la ruée."

Cette lecture blasphématoire m’a donné envie de me plonger dans plus de réinterprétations des textes sacrés. Merci.

Alex

   Leverbal   
6/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci Jano pour cette nouvelle bien charpentée. Et s'il s'agissait d'un prologue à Vulkan? Hormis l'incipit, les allusions à la genèse peuvent rester ce qu'elles sont sans problème : de simples clins d'oeil, pour décrire un monde qui pourrait très bien ne pas être la Terre. Je trouverais le récit tout aussi réussi et je pense que cela donnerait une dimension plus allégorique qu'iconoclaste au texte ;-)


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