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Réalisme/Historique
Jano : Le salut au drapeau
 Publié le 18/11/11  -  13 commentaires  -  11295 caractères  -  85 lectures    Autres textes du même auteur

Il fut un temps où tous nous devions porter la couleur kaki.


Le salut au drapeau


Octobre 1992 : terrain d'entraînement militaire du Larzac. Une pluie fine ruisselle sur mon casque, glisse le long du poncho pour s'égoutter sur mes Rangers. Bon sang mais qu'est-ce qu'ils foutent ? Je vais avoir les pieds trempés, c'est sûr. Plus d'une heure qu'on attend les ordres. Je me tourne vers la tour de contrôle, rien ne bouge. Mon talkie-walkie reste désespérément muet. Devant moi des pauvres gars enfoncés dans une rangée de trous depuis la veille, grelottant de froid, qui attendent eux aussi le début des hostilités. Sur ma droite, engoncée dans la bruine, la masse sombre du blindé surmontée de sa mitrailleuse prête à cracher du plomb, impatiente. Je fais signe à mon collègue qui me répond par un haussement d'épaules désabusé. Faut attendre.


Je suis officier responsable de la zone de tir sur laquelle est positionnée une section de légionnaires, soit environ trente hommes. Pour en arriver là j'en ai bavé, terriblement bavé. Tous mes recours épuisés à l'issue de mes études, je devais faire mon service militaire. Pour éviter d'être simple troufion, je choisis d'incorporer après des tests un peloton d'élèves-officiers. Fatale erreur. En voulant obtenir les meilleures conditions je m'étais jeté dans la gueule du loup. Quatre mois de classes intensives destinées à sélectionner les futures élites de l'armée française. « On va secouer le cocotier pour faire tomber les fruits pourris ! » répétaient goguenards nos supérieurs.

Alors on a couru, rampé, sauté, grimpé, marché encore et encore, jour et nuit, par tous les temps. On nous a forcés à devenir des instruments dociles au service d'un commandement inflexible. Beaucoup de solides gaillards ont abandonné la formation, brisés, pleurant telles des fillettes. Moi je me suis accroché, j'ai serré les dents et repoussé mes limites au maximum. Bien souvent j'étais à deux doigts de tout plaquer ou de fracasser le crâne stupide du sergent, mais ravalant mon amour-propre et à force d'abnégation, je parvins sans y croire à la consécration finale.

Par un soleil radieux et sous le regard ému de mes parents, sabre au clair, je reçus les épaulettes d'officier pendant une cérémonie solennelle qu'affectionnent particulièrement les militaires. J'étais maintenant sous-lieutenant affecté au 122e Régiment d'infanterie du camp du Larzac, un immense terrain d'entraînement recevant les unités de France et de Navarre pour les initier aux tirs de toutes sortes.


Il me restait six mois avant la quille…


La pluie ne s'arrête pas, s'accentue même. Ça ne va pas être une partie de plaisir, j'ai intérêt à rester vigilant. C'est sur moi et deux autres sous-lieutenants que reposent la sécurité et la coordination des tirs. De plus c'est une journée spéciale, nous recevons une compagnie de légionnaires, la crème des guerriers. Un programme hors-norme leur est réservé.

Mon talkie-walkie se met soudain à grésiller :


– Capitaine Morin à Rouge.

– Rouge, j'écoute.

– Début de l'action cibles 1.

– Bien reçu.


J'ai une brusque montée d'adrénaline que j'expulse en criant l'ordre réglementaire :


– Section Rouge, chargez et tenez-vous prêts !


Effervescence dans les trous. Le bruit du déverrouillage des culasses fait monter la tension d'un cran. Pas d'exercice bidon, ce sont des balles réelles. Le chef de section, mâchoire carrée, se redresse nerveusement avec son assistant radio. Il sait que ce type d'entraînement est noté et servira d'évaluation pour le haut commandement.

Les premières cibles apparaissent. Ce sont des silhouettes de tireurs imprimées sur du carton et disséminées sur un large périmètre, face aux soldats, qui se dressent et s'abaissent aléatoirement par un ingénieux système mécanique.


– FEU !


Le déchaînement des armes est toujours un moment impressionnant, incomparable par sa violence. Seuls ceux qui ont assisté à ce type d'exercice peuvent avoir une petite idée de l'âpreté d'un combat terrestre. Emportés par le déferlement sonore où les ordres gutturaux des officiers se mêlent aux rafales des fusils-mitrailleurs et des salves d'artillerie, les hommes redeviennent des bêtes fauves. Apothéose de la fureur, ce serait presque beau si cette mise en scène ne servait la mort au bout du compte.

Je regarde de tous côtés, à l'affût de la moindre erreur d'inattention qui pourrait provoquer un accident mortel. J'avise justement un légionnaire qui recharge son Famas le canon pointé vers son voisin. Je me précipite et lui frappe avec force le casque :


– Canon vers le bas !


Celui-ci ne recommencera pas.

Le ballet des cibles continue de plus belle et les tirs s'intensifient. S'amoncelant sur le sol en cliquetis métalliques les douilles fumantes giclent des armes surchauffées.

Au tour de la mitrailleuse 12,7mm juchée sur son blindé d'entrer en action. L'intensité et la cadence de tir indiquent qu'on est passé à un calibre supérieur. Faucheuse implacable qui ne laisse que peu d'espoir aux obstacles se trouvant dans sa ligne de mire.


– Capitaine Morin à Rouge.

– Rouge, j'écoute.

– Début de l'action cibles 2.

– Bien reçu.


J'attrape aussitôt mes jumelles. Les cibles 2 sont des répliques de chars montées sur des rails qui défilent à travers le champ de tir. Situées relativement loin, je ne peux valider les impacts qu'à l'aide de jumelles.

Dès qu'il les aperçoit, le chef de section se met à beugler : « Majewski, Da Costa, char à 300 mètres ! » Le binôme chargé du lance-roquettes s'active alors fébrilement dans son trou. L'un charge la roquette par l'arrière du tube tandis que l'autre vise puis déclenche le tir. Je me recule prestement, les mains plaquées sur mes protections auditives. Le LRAC, comme il est nommé, est une arme puissante dont le souffle et la détonation demandent qu'on y prenne garde. À mes débuts j'avais commis l'imprudence de rester juste derrière et m'étais pris une volée de cailloux soulevée par les gaz d'expulsion. On ne refait pas deux fois la même erreur.


Raté. Le chef de section vocifère : « Qu'est-ce que vous branlez couilles de loup ! Chargez et retirez ! » Le deuxième char factice est déjà en train d'entamer sa progression. Furieux l'officier se tourne vers moi :


– Ça va trop vite, c'est quoi ce bordel ?!

– Ce sont les consignes mon lieutenant.


Il me lance un regard mauvais puis se remet à aboyer sur ses hommes. Pas commode.

J'observe les sections Jaunes et Bleues situées de part et d'autre de ma position. Ça canarde dur là aussi. Aux allées et venues de mes collègues le long du pas de tir je devine qu'ils sont aussi tendus que moi. De nouveau le talkie-walkie grésille :


– Capitaine Morin à Rouge.

– Rouge, j'écoute.

– Commencez la progression.

– Bien reçu.


On est dans la nouveauté, traitement spécial pour légionnaires endurcis. Les trois sections vont embarquer dans des blindés transports de troupes – les fameux VAB – pour simuler une attaque. Toujours la recherche d'une mise en condition réelle. Avec les autres unités, jamais on ne quitte ainsi l'emplacement ; trop dangereux.

Je gueule mes ordres pour que tout le monde m'entende, pour me donner de l'assurance aussi : « Halte au feu ! Donnez l'assaut ! » Trois VAB jaillissent alors du bosquet où ils étaient dissimulés. Monstres de métal aux pneus surdimensionnés, fumant, puant de la combustion noirâtre du gasoil. Les machines rugissantes ouvrent grandes leurs portes pour avaler les soldats par groupes de dix. À leur suite je pénètre en me courbant, inquiet, le ventre de la bête. Je déteste ces véhicules que je connais trop bien pour les avoir souvent utilisés durant mes classes. Serrés comme des sardines, brinquebalés dans tous les sens, assourdis par le bruit du moteur, c'est un parfait cercueil ambulant en cas de guerre. Dans ce caisson hermétique la mort peut frapper à tout moment sans qu'on ne la voie arriver, totalement impuissant contre un missile perforant ou une mine de forte puissance.


Me voilà donc au milieu des gueules bigarrées des légionnaires dans un engin parti en trombe sur les causses du Larzac. J'en profite pour dévisager ces durs à cuire qui, à la réflexion, ne me semblent pas très rassurés. Visiblement ils ne s'attendaient pas à un tel traitement. J'entends des mots échangés avec un fort accent trahissant des origines diverses. Beaucoup de gars des pays de l'Est mais aussi des yeux bridés et quelques peaux mates.

Notre taxi stoppe brutalement. Disciplinés, les hommes giclent aussitôt du VAB et s'agenouillent, les Famas pointés vers l'objectif.

Je reste hésitant, ne sachant la suite à donner à cet exercice inhabituel.

Attendons les ordres…


C'est finalement le chef de section, hurlant de plus belle, qui relance l'avancée de ses troupes. Je me tiens derrière eux, le talkie-walkie collé à l'oreille. Soudain ça pète de partout, sous nos pieds, à gauche, à droite ! Le lieutenant se met à brailler et les légionnaires se jettent à terre. Quand je vois l'épaisse fumée qui nous envahit je comprends, n'empêche que j'ai eu une sacrée frousse. Les cons, personne ne m'avait prévenu que le secteur était truffé de pétards fumigènes actionnés à distance. J'imagine très bien les hauts gradés dans la tour de contrôle, rigolards, satisfaits de leur petit effet.


Les mecs sont déboussolés, on n'y voit pas à dix mètres.


– Capitaine Morin à Rouge.

– Rou… Rouge je vous écoute.

– Cibles 1 à quinze heures.

– Bien reçu.

– Gardez votre position, frappes des Milans.

– Bien reçu.

– Grenades autorisées.

– Bien reçu.


Putain c'est le feu d'artifice ! Des cibles de tireurs surgissent vers la direction indiquée, noyées dans le brouillard des fumigènes. Au jugé les soldats les arrosent copieusement de plomb. Juste au-dessus de nous déboulent les missiles Milans dans des sifflements stridents. Je cours vers le chef de section devenu écarlate pour le prévenir que ses hommes peuvent balancer leurs grenades à plâtre ; de nouvelles déflagrations qui se rajoutent à l'ambiance apocalyptique. Plus loin ce sont des violentes détonations qui indiquent que les LRAC se sont remis à parler chez les Jaunes.

Tellement calme en temps normal, le Larzac devient le théâtre d'une foire d'empoigne contre un ennemi fictif.

Je ne contrôle plus rien, j'attends que ça se passe, priant pour qu'un légionnaire n'ait la mauvaise idée de buter malencontreusement un compère. Aucune envie de perdre des galons si durement acquis.


– HALTE AU FEU !


L'ordre bienvenu résonne dans tous les talkies-walkies des officiers de tir. Je m'empresse de répercuter la fin des hostilités, coupant net l'élan de légionnaires transfigurés. Effectivement, lancés dans la bataille, on dirait des chiens hargneux.

Les voilà qui se détendent progressivement, riant, blaguant, ravis de cet entraînement intensif. Soulagés également.

Après avoir vérifié qu'il ne reste ni balles ni chargeurs dans les Famas de chacun, je peux enfin ôter mon casque, humide de transpiration.


La pluie s'est arrêtée. De timides rayons de soleil caressent la terre meurtrie. Comme si de rien n'était, une alouette reprend possession des airs, toute gazouillante.

Les mains encore tremblantes j'allume une cigarette. Entre deux taffes, j'observe cet oiseau si petit, si fragile. Quelques plumes survolant des résidus de haine et d'acier.


Encore trois mois à tenir…


 
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   Anonyme   
1/11/2011
 a aimé ce texte 
Bien
C’est un texte bien écrit, bien documenté, que j’ai lu, là. Bien sûr, il faut aimer le genre « guerre/action ». Mais, dans ce cadre, ce récit d’un exercice d’entraînement au combat est captivant.
Ce qui ne gâche rien, c’est le style. Il est, me semble-t-il, tout à fait adapté à ce type de récit. Il est clair, précis, vif. Je gagerais que l’auteur a vécu ce type de situation.
J’ai aussi aimé la finale, cette détente progressive après les poussées d’adrénaline, la fureur et le vacarme. Et cette petite boule de plume survolant « des résidus de haine et d'acier ». Bien vu.
J’ai noté l’emploi de la nouvelle orthographe (2011). Je n’ai rien contre, mais j’avoue qu’elle me gêne, car j’ai les réflexes anciens et je vois toujours la faute d’orthographe, avant de réaliser qu’il s’agit des réformes non obligatoires mais acceptées.

   victhis0   
3/11/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
On s'y croirait ! Bon rendu de l'ambiance sonore j'imagine assourdissante d'un exercice de tir. Langage précis, matos littéraire technique fiable écrit vraisemblablement par un vrai militaire.
Petit regret sur les sentiments, justes esquissés, du héros et un ou deux portraits de légionnaires auraient apportés plus de force humaine à cette force des armes

   placebo   
14/11/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte assez intéressant ; je me suis fait prendre deux fois : au début quand j'ai cru qu'on allait partir sur du full metal jacket et à la fin quand je me demandais si le combat n'était pas réel.

Au niveau écriture, je trouve ça impeccable : les ordres, pour brefs qu'ils soient, sont réalistes ; les descriptions efficaces et entraînantes ; les pensées du narrateur cohérentes…
Vraiment rien à redire.

Sur le fond, on pourrait reprocher un certain manque de narration, on assiste à la description d'un événement, petite intro/mise en situation, petite conclusion "bucolique".
Ben ça passe très bien je trouve. Le texte prend un peu aux tripes, j'en viens à songer au service militaire et à la guerre, bref c'est un texte complet.

Merci, bonne continuation,
placebo

   Lunar-K   
15/11/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une dose d'adrénaline et de testostérone bien pensée (ce n'est pas si courant...). J'avoue avoir eu peur de me retrouver face à une espèce de pure "boucherie" (fictive peut-être mais quand même) totalement déshumanisée ou, pire encore, aux simples mémoires anecdotiques d'un service militaire... Mes craintes n'étaient d'ailleurs pas si infondées que cela. Il y a bien une boucherie déshumanisée, et il s'agit bien de mémoires. Mais il y a quelque chose de plus, qui m'a énormément séduit dans ce texte, et qui s'ancre au fond dans une idée tout à fait banale : le devenir animal de l'homme dans le combat.

Idée banale, donc, déjà largement traitée et ressassée, il est vrai. Cependant, il y a, dans ce texte, un vécu véritablement primitif et sensoriel de cette idée qui m'a beaucoup ému. Une angoisse du narrateur qui, on le sent très bien, résiste du mieux possible à ce devenir animal tout en, simultanément, cherchant à se faire une place parmi ces combattants, à gagner leur respect. J'ai trouvé, en cela, la psychologie du narrateur extraordinairement bien rendue, jusqu'à, et je trouve cela tout à fait exceptionnel, réussir à nous faire oublier par moment que la bataille qui a lieu n'est jamais qu'un entraînement ! J'avoue m'être laissé prendre au jeu et m'être surpris à voir un combat véritable avec de véritables "ennemis". Ce qui, bien sûr, rend d'autant plus crédible et saisissante cette angoisse du narrateur dont je parlais.

C'est en cela que vous parvenez à dépasser la simple idée de la déshumanisation : en illustrant avec force la résistance psychologique de l'homme dans la bataille. Et en cela aussi que vous dépassez la simple anecdote, bien entendu, en ne vous contentant pas du seul niveau personnel et particulier. J'ai beaucoup aimé !

Concernant l'écriture, je la trouve tout à fait adéquate au récit. Notamment lors du passage de la bataille où vous nous livrez là une prestation tout à fait remarquable. Un style extrêmement dynamique et confus (dans un bon sens). Mon seul reproche porterait sur l'insuffisance de certaines descriptions. Tout particulièrement par rapport aux collègues de votre héros qui auraient, je pense, mérité d'être présentés un peu plus en détail afin de les personnaliser davantage et accroître le contraste entre l'homme qui ne combat pas et l'homme qui combat, contraste sur lequel, il me semble, repose une bonne part de votre texte.

Mais, à part ça, j'ai vraiment beaucoup aimé. L'écriture, la psychologie et l'action s'agencent parfaitement pour délivrer leur message. Un texte tout à fait saisissant dans la maîtrise de ses différents aspects.

Bravo et merci à vous !

   Anonyme   
18/11/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Brrr... J'ai encore les oreilles qui sifflent. Je ne sais pas si José était sur le Larzac à l'époque, mais, si cela était il ne devait pas être très content ; ni les moutons d'ailleurs. Je me disais bien que le Roquefort avait un goût bizarre (la poudre peut-être ?).
Toutes ces âneries pour dire que c'est bien rendu, la tension monte au fil du récit. Sans entrer dans une analyse comportementale, pour avoir "subi" ce genre d'exercice, on sent dans ce récit la régression mentale qui s'opère (si je puis m'exprimer ainsi), le retour à la "bête" et la réelle difficulté éprouvée par l'officier pour que l'action ne l'emporte pas sur la raison.
Un bon récit, propre à faire peur aux lapins (lol).

   alvinabec   
30/1/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Rythme excellent, le lecteur est sur le plateau du Larzac avec le narrateur.
Texte très vivant.
La progression narrative bien en phase avec l'exercice de tir jusqu'à la décompression du 'halte au feu'.
Une babiole, les VAB 'jaillissent', il y a pt-être un autre verbe plus raccord; des légionnaires 'pas très rassurés', pas sûr pour un corps d'élite pdt un exercice; même remarque pour 'la mauvaise idée de buter un compère'.
A vous lire...

   Alexandre   
18/11/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Jano ! Un compte-rendu d'exercice plutôt bien tourné quand bien même la vacation radio doit plutôt commencer par :
Rouge de capitaine Morin... Un détail sans importance tout comme ce VAB qu'il serait bon d'identifier comme Véhicule avant blindé
et le Milan comme missile léger anti char, tout ceci pour les nons initiés.
Le reste est conforme à la "Grande muette" et à son vocabulaire que j'ai pratiqué durant... trente deux ans.
Je ne comprends pas très bien la phrase qui suit :

Entre deux taffes, j'observe cet oiseau si petit, si fragile. Quelques plumes survolant des résidus de haine et d'acier.

Ok pour l'acier mais je ne vois pas ce que vient faire la haine dans cette histoire de "petite guerre" entre amis !…

   brabant   
18/11/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Jano,


Ouais, j'ai bien aimé aussi.

C'est propre, c'est net. Militaire, quoi !

J'ai bien aimé le piaf. Pèse pas lourd. Quelques plumes.

Disproportionné, le rapport de force entre la haine et l'amour !


ça me fait penser qu'il me reste une grenade à plâtre au fond de mon garage. J'allais m'en servir pour exploser une taupe. Vous venez de lui sauver la vie, Jano !

Merci pour elle !

   Morfale   
20/11/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je ne peux que confirmer ce qui a déjà été dit : l’écriture est fluide, efficace, tout « glisse » et s’enchaine agréablement. Le lecteur n’a aucun effort à fournir pour visualiser la scène (ce qui est tout de même appréciable), l’action est claire, les descriptions précises. Bref, l'atmosphère du champ de bataille est très bien réstituée !

Mes premières réticences ont immédiatement été balayées par « la masse sombre du blindé surmonté de sa mitrailleuse prête à cracher du plomb », qui m’a permis de m’ouvrir à la suite du texte, impatiente de découvrir d’autres indications du même goût.

J’ai bien aimé, entre autres, le « devenir des instruments dociles au service d’un commandement inflexible » (qui traduit bien l’ambiance de l’armée, me semble-il) et le « celui-ci ne recommencera plus. » (la remarque est bien placée, le ton incisif).

Enfin voilà, c’est réussi !

   Cg   
27/11/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci pour cette sortie "terrain"! Un récit palpitant, l'exercice est d'autant plus difficile qu'il ne s'agit que d'un entraînement! Je rejoins le commentaire qui regrette que l'auteur n'ait pas "creusé" un peu plus la description des personnages. C'est vrai qu'on s'y attache à nos légionnaires! De même sur la relation avec le chef de peloton, cette relation tendue qui s'était instauré aurait pu donner lieu à une situation "explosive"! En tout cas on se sent comme le peloton à la fin du récit: lessivés, mais on en redemande!

   rmfl   
2/12/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai bien aimé les descriptions que j'ai appréciées grâce à mon fils qui n'a pu échapper à cette formation, sinon j'aurais eu un peu de mal!
J'ai aussi aimé la prise de position de l'auteur et aussi la fin...aprés la pluie, le beau temps avec réticence!

   Nachtzug   
2/12/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Bon alors évidemment, il n'y a pas d'art ici. Les mots et la langue servent uniquement le rendu d'une situation qui se réfère clairement aux lois et du monde matériel et d'une situation donnée à un moment donn dont un peuple se souvient.
Mais je ne crois pas que l'auteur est voulu écrire de la poésie, et je dois reconnaître que moi, j'aime bien les comptes-rendus militaires. Alors dans le genre, c'est plutôt bien décrit: on entend les ordres, les rafales de balles (j'ai même encore le bras qui tremble), et moi, je sens la pluie et la boue.

   jaimme   
16/2/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une écriture efficace et visuelle qui me rappelle un peu celle de Dan Abnett (c'est peu dire).
Je ne suis pas spécialiste de la question militaire mais il y a deux choses sur lesquelles j'ai tiqué:
- peut-on réellement, dans le cadre du service militaire, devenir officier (EOR?) et encadrer des légionnaires?
- je ne pense pas que l'on ne reçoit que quelques cailloux derrière un LRAC, ou alors il faut être bien loin, non?
Sinon, plus qu'un tableau, un moment de vie (j'ai bien vu que c'était dans la catégorie "réalisme") j'aurais aimé un "plus" qui le fasse basculer dans la catégorie nouvelle à histoire. Là on est dans la dénonciation légère (bien vu le piaf), mais un incident, un personnage atypique, aurait donné une histoire (c'est mon goût c'est tout). Il y a une histoire dans l'Histoire car 5 ans plus tard la conscription disparaissait...
En tout cas une histoire que j'ai lu sans m'ennuyer et c'est toujours difficile de narrer une scène d'action. Bravo sur ce point !


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