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Horreur/Épouvante
Jano : Pas de Saint-Valentin pour les affreux [concours]
 Publié le 23/02/16  -  20 commentaires  -  14126 caractères  -  304 lectures    Autres textes du même auteur

Le jour de la Saint-Valentin a longtemps été célébré comme étant la fête des célibataires et non des couples. Le jour de la fête, les jeunes filles célibataires se dispersaient aux alentours de leur village et se cachaient en attendant que les jeunes garçons célibataires les trouvent. À l’issue de ce cache-cache, les couples formés étaient amenés à se marier dans l’année. (source Wikipédia)


Pas de Saint-Valentin pour les affreux [concours]


Ce texte est une participation au concours n°20 : Larcin Valentin ! (informations sur ce concours).



L'écureuil ne respirait plus que faiblement. Depuis un quart d'heure Rodolphe s'amusait à le comprimer entre son poing. Quand il serrait, le petit animal ouvrait grand la bouche à la recherche d'air, les yeux exorbités, ses pattes griffues s'agitant désespérément, puis Rodolphe desserrait lentement l'étreinte. L'écureuil reprenait alors son souffle, pas trop, juste ce qu'il fallait avant que l'étau ne se referme à nouveau.

Soudain un cri, un gémissement plutôt, interrompit ce jeu cruel. Ça ne venait pas de très loin, du pré en contrebas où se dressait une vieille grange à foin. Rodolphe prêta l'oreille et entendit, encore, comme une succession de plaintes. Maintenant il en était sûr, l'origine des sons se situait dans la grange. Intrigué, il décida d'aller voir. Sa main sale serra une dernière fois, brutalement. Aussi fragiles que des brindilles les os craquèrent avant que la boule de poils, inerte, ne soit jetée au sol.

Rodolphe dévala la pente de fougères pour rejoindre le pré. Il s'approcha à pas de loup, évita la porte de la grange et se colla à un mur percé d'une ouverture étroite. Les gémissements qui redoublèrent alors d'intensité le figèrent, il comprit. Ce n'était pas des exclamations de douleurs, bien au contraire. Fébrile, il attrapa deux grosses pierres qu'il empila pour être à la bonne hauteur. Pour en avoir déjà épié, il affectionnait ce type de spectacle. Cette fois-ci il demeura bouche bée. Lisette ! Lisette, la fille du maréchal-ferrant ! Rodolphe n'avait qu'une vague idée des critères caractérisant la beauté, lui qui vivait depuis toujours dans un monde de laideur. Si on l'avait interrogé, il aurait assurément pris comme exemple Lisette. Quand il croisait son chemin, il ressentait une vive brûlure dans la poitrine ; une brûlure suivie d'une émotion indescriptible lui donnant envie de pleurer. Et voilà qu'elle se pâmait sous ses yeux, seins dénudés, jupe relevée à la taille, à califourchon sur un homme que Rodolphe ne reconnut que trop bien : Adrien, jeune homme de Ferrières, village d'à côté. Vantard, fort en gueule, qui n'avait cessé de multiplier brimades et moqueries à son encontre quand ils étaient enfants.

En sueur, il pilonnait la belle assise sur lui qui montait et abaissait sa croupe à un rythme effréné. Rodolphe pouvait apercevoir les poils frisotés du pubis engloutissant à intervalles réguliers la hampe puissante. Chaque enfouissement arrachait un cri à Lisette dont la lourde poitrine, emportée par les va-et-vient, ballottait en tous sens. Danse folle stoppée par les deux mains calleuses de son étalon, s'y agrippant fermement et redoublant d'ardeur. C'en était trop pour Rodolphe, au comble de l'excitation, qui dénoua la ficelle de son pantalon et sortit son sexe devenu dur comme du bois. Il n'eut guère le temps de le frotter car le couple, parvenu à l'apothéose, achevait son union. Le calme revint.

Épuisée, Lisette se détacha et roula sur le flanc. Elle tourna son visage vers Adrien, ses yeux encore brillants :


– J'en ai marre qu'on se cache pour faire ça.


Un bras sous la tête, il répondit en fixant les poutres de la grange :


– Ça va pas durer. Dimanche prochain c'est la Saint-Valentin. J'te trouve et c'est emballé. Y aura plus qu'à se marier.

– Oui, mais faut pas se louper hein ! Tu m'as bien dit qu'on se donnait rendez-vous au lavoir.


Il sourit :


– Bon sang que t'es inquiète. Au lavoir, oui, pour la dixième fois ! J'ai dit aux gars de ne pas s'aviser à traîner par là. Tu seras à moi, rien qu'à moi.


Radieuse, elle se jeta sur lui pour l'embrasser :


– Ça me tarde tant ! Depuis le...


Un choc sourd contre le mur coupa net ses paroles. C'était Rodolphe, déséquilibré par les pierres qui se dérobaient sous ses pieds. Il chuta de toute sa hauteur en laissant échapper un malencontreux juron. Adrien se redressa d'un bond :


– Nom de dieu, il y a quelqu'un dehors !


Il renfila son pantalon à la vitesse de l'éclair et se rua à l'extérieur. Stupéfait, il découvrit alors le voyeur, les quatre fers en l'air, étourdi par sa chute, froc toujours abaissé :


– Le bossu ! Qu'est-ce tu fous là espèce de fumier ?

– Je... Je...


Rodolphe n'eut pas le temps de poursuivre qu'une grêle de coups s'abattit sur lui, déferlement de fureur. Malgré sa méchante difformité il était plutôt robuste, néanmoins impuissant contre un solide gaillard de la trempe d'Adrien. Tout ce qu'il pouvait faire c'était se rouler en boule et attendre que l'orage passe. L'outragé s'était saisi d'un sabot et l'utilisait pour lui marteler le corps, la tête :


– Pourriture, tu nous regardais ! Ça t'a plu maudit bâtard !


Il s'acharna ensuite à lui donner de grands coups de pieds dans le bas-ventre.


– Et ça, tu préfères peut-être !


Échevelée, la mine déconfite, Lisette fit son apparition :


– Arrête Adrien, arrête, tu vas le tuer !

– Mais non, c'est de la mauvaise graine, c'est increvable ! vociféra-t-il hors de lui.


Elle l'empoigna fortement par le bras :


– Arrête j'te dis ! Il a son compte.

– Regarde, il a encore la queue à l'air ! Il s'astiquait en nous reluquant ce salaud !

– Tu sais bien qu'il est simple d'esprit. Le curé a dit qu'il fallait avoir pitié.

– Tu parles !

– Viens, allons-nous en.


À contrecœur, Adrien se laissa tirer à sa suite mais envoya un dernier crachat sur le pauvre bougre étendu au sol. Visage tuméfié, nez en sang et le corps bleui par les hématomes, à demi conscient. Des images désordonnées, absurdes, défilaient par saccades à l'intérieur de son crâne cabossé. Il se vit cheval, d'une blancheur immaculée, éperonné par une Lisette nue et rayonnante qui riait aux éclats, les cheveux au vent. Ivre de bonheur, il la conduisait au galop vers un lavoir où chantait une eau cristalline. Lisette... le lavoir... il perdit connaissance.


* * *


Le reste de la semaine se déroula dans l'effervescence générale. L'approche de la Saint-Valentin alimentait d'intenses tractations familiales où les mariages arrangés répondaient à des rattachements de terres chez les paysans, à l'échange fructueux de patrimoines pour les autres. Rares étaient les promesses, à l'instar d'Adrien et Lisette, uniquement dictées par les feux de l'amour. Les jeunes célibataires issus de milieux sans le sou avaient toutes les chances de voir leur situation perdurer à l'issue du cache-cache. Ceux-là, l'exil les guettait...

Alors, sur l'oreiller, les nuits résonnèrent des pleurs inconsolables de jeunes filles sacrifiées aux intérêts parentaux, d'amères déceptions pour leurs pendants masculins tenus de respecter leurs obligations. En vérité, il ne restait plus grand-chose de la fête originelle destinée à réunir les passions, dissoute dans des considérations bassement matérielles. Quasiment tous avaient un endroit bien défini où « d'inopinées » trouvailles devaient se produire, la bague au doigt s'ensuivre.


Durant ce temps Rodolphe pansait ses plaies...


* * *


Le quatorze février, à quinze heures, la grande place d'Asson bruissait d'une foule joyeuse et bavarde. Outre le bourg principal, les hameaux voisins d'Arbéost et de Ferrières se joignaient à la partie. Comme pour mieux accompagner les festivités le temps était radieux, les montagnes en ce milieu d'hiver couronnées d'une neige étincelante. Au centre de la place, un peu gauches dans leurs habits de circonstance, se tenaient une vingtaine de jeunes gens en âge de convoler. De brefs regards, timides, s'échangeaient à la dérobée. Leur faisant face, le curé de la paroisse agitait vigoureusement son goupillon pour les bénir. Une clameur s'éleva, des encouragements – parfois moqueurs –, quelques applaudissements, quand l'homme d'église donna enfin le signal du départ. Gloussantes, les demoiselles se dispersèrent en premier pour disparaître promptement dans les ruelles. On garda les jeunes prétendants une dizaine de minutes puis, à leur tour, ils s'éparpillèrent telle une volée de moineaux.

Mains dans les poches, sûr de son fait, Adrien prit à pas faussement nonchalants la direction de la rivière. Loin de la foule, il quitta son flegme apparent et commença à courir lui aussi pour rejoindre sa promise. L'impatience d'enlacer Lisette, d'officialiser enfin leur fréquentation lui donnait des ailes. Il franchit les dernières habitations, s'engagea dans le chemin de terre menant au lavoir bordé de chaque côté d'une murette. Pentu, il prit alors de la vitesse et ne put rien contre la fourche qui soudain lui barra le passage. Emporté par son élan, il s'empala de tout son poids sur les trois piques ! Au bout du manche, grimaçant, affreux, le diablotin qui venait de sauter par-dessus la murette tenait bon la prise.

Adrien regarda le bossu sans y croire, tenta d'articuler quelques paroles, tendit ses bras dans un geste dérisoire de défense. En réponse la fourche ressortit vigoureusement de son abdomen et porta un autre coup, plus haut, au niveau des poumons ; celui-ci fatal. Il tomba à genoux, une écume rougeâtre monta à ses lèvres accompagnée d'un gargouillis immonde.


– Bien fait, Adrien méchant, méchant ! siffla Rodolphe entre ses dents.


Il laissa la fourche plantée dans le corps d'Adrien et fila en claudicant vers le lavoir. Un large sourire illuminait son visage. Bien que pourvu d'une intelligence rudimentaire, il avait compris les principes de cette journée si particulière. Il savait que les filles se cachaient, si un garçon en débusquait une, ils devaient alors former un couple. Lui, Rodolphe, c'était un garçon, et Lisette, depuis l'épisode de la grange il connaissait sa cachette ! Il arrivait justement au lavoir.

Assise sur la margelle d'un bassin, couvert par les bruits de l'eau, elle n'entendit pas son approche. C'est en sursaut qu'elle l'accueillit quand il se précipita vers elle, bras ouverts et beuglant :


– Lisette ! Lisette ! J't'a trouvée Lisette ! J't'a trouvée !


Éberluée :


– Rodolphe ? Mais... mais que fais-tu ici ?


Il sautait partout, trépignait, se tapait la poitrine débordant de joie :


– J't'a trouvée Lisette ! J't'a trouvée ! T'es ma femme maint'nant, oui, oui !

– Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ? Dis-moi plutôt, as-tu vu Adrien sur le chemin ?


Le bossu se renfrogna, bougon.


– Je te parle Rodolphe, est-ce que tu as vu Adrien ? Il devrait déjà être là bon sang !

Il lâcha méchamment :


– Viendra pas. Adrien viendra pas. C'est moi qui t'a trouvé, c'est avec moi qu'tu te maries !


Angoissée par le retard de son amoureux, perturbée par l'irruption de Rodolphe, elle s'emporta :


– Mais arrête donc de dire n'importe quoi ! Tu t'es vu sale petit monstre ? Tu crois quand même pas que je vais m'acoquiner avec toi ?


Rouge de colère, elle sortit alors du lavoir, laissant Rodolphe totalement pétrifié, abasourdi. Avec insistance elle scruta l'enfilade du chemin. Rien. Pas d'Adrien en vue. Ce n'était pas normal. Tant pis, elle irait à sa rencontre ! Et si elle croisait un prétendant en lice, de toute façon il saurait qu'elle est réservée. Sans attendre davantage, elle partit d'un pas décidé.

Quand l'éconduit disgracieux vit sa belle s'en aller, une détresse sans nom le submergea. Non, fallait qu'elle reste ! Fallait qu'elle reste ! Il ne réfléchit plus et réagit, animal, avec toute la violence dont il était capable. D'un bond il lui sauta dessus par derrière, l'envoyant rouler au sol. Surprise par l'assaut, elle voulut se relever mais reçut un coup de poing sur la tempe d'une telle brutalité qu'il l'assomma aussi sec. Aux abois, son agresseur regarda à droite, à gauche, puis souleva Lisette pour la placer sur la déclinaison vicieuse de ses épaules. Lourdement chargé, il contourna le lavoir et traversa tant bien que mal la rivière, heureusement à faible débit. La forêt, honteuse, se referma sur sa fuite.


***


Ahanant, il parcourut ainsi quelques kilomètres, pas beaucoup, la distance qui le séparait d'un endroit secret : son repaire, là où personne ne venait l'embêter. En fait une ancienne cabane de chasse délabrée, tapie au fond d'une combe humide à l'écart des sentiers. Il avait réussi à s'y aménager une demeure sommaire ; un matelas en toile grossière bourré de paille, une chaise branlante, en guise de table un billot de châtaigner, une poignée d'ustensiles bons pour le rebut mais qui suffisaient à faire son bonheur.

À bout de force il s'effondra sur le plancher vermoulu, sa charge toujours inconsciente. Dieu, qu'elle était belle ! L'évanouissement lui prêtait une pâleur irréelle repoussant la pénombre, on aurait dit la Vierge endormie. Il passa une main tremblante au-dessus de son corps, des formes arrondies, les effleurant sans les toucher. Du revers de la main il se mit à caresser une joue, s'extasiant de ce contact si tiède et si doux.


– Lisette...


Pourquoi est-ce qu'elle n'avait pas voulu de lui ? À cause de son apparence, bien sûr. Il était laid, il était tout tordu ! Depuis son plus jeune âge les gens le rejetaient et elle faisait pareil qu'eux. Il aurait voulu qu'elle le regarde avec amour, qu'elle ne voie plus cette enveloppe déformée.

Elle commença alors à gémir puis à remuer légèrement la tête. Rodolphe s'affola, elle allait se réveiller ! Elle allait se réveiller, voir encore qu'il n'était pas beau et tenter de s'en aller. Non ! En plein désarroi il tourna comme un fauve dans la cabane, cherchant désespérément une solution. Son attention se porta sur une petite planche, à moitié déclouée. Il s'y rua avec furie, finit de l'arracher. À son revers s'alignaient des pointes rouillées, dont deux lui parurent suffisamment espacées. La jeune fille avait les paupières qui tressautaient, son réveil devenait imminent ! Vite, il s'agenouilla au-dessus de son visage, la planche tenue fermement à bout de bras.


– Où... où suis-je ? articula péniblement Lisette.


Elle n'eut pas le temps de distinguer les clous qui s'abattirent sur ses yeux.


 
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   vendularge   
8/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

On ne fait pas dans la demi mesure au canton. L'écriture est fluide et bien menée pour cette version gore de Quasimodo, mon héros romantique...quelle coup porté à mes illusions sur la beauté intérieure..;))

Merci

   hersen   
8/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une tradition villageoise qui tourne mal, un amoureux "différent" éconduit;

La pensée que si elle ne le voit plus, alors il ne sera plus laid pour elle; La simplicité du raisonnement ajoute encore à l'horreur de l'histoire;

Pour lui, que l'on voit tuer un écureuil en préambule, le mal est certainement une notion différente.

Pour une saint-valentin qui tourne mal, elle tourne mal. mais elle reste cependant crédible, c'est là son point fort.

Bien écrite, on ne perd rien de l'histoire.

Merci de cette lecture.

   carbona   
23/2/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Excellente idée et excellente ambiance puis une très bonne écriture même excellente sur la première partie du texte !

J'ai été vraiment conquise jusqu'à l'épisode de la fourche. Cette scène m'a paru moins imagée, j'ai eu du mal à l'imaginer et à y croire. J'ai ensuite été déçue de la manière dont parlait Rodolphe, ça a été une surprise, je ne l'avais pas imaginé comme cela. Et la fin est bien même si on en voudrait encore plus. Je reste encore sur ma faim, c'est ça d'écrire des débuts si performants !

"Tout ce qu'il pouvait faire c'était de se rouler en boule" < je me demande si ce ne serait pas mieux en supprimant le c'

Merci,

Carbona

Edit : la scène d'ouverture avec l'écureuil est absolument excellente, très bien écrite, elle nous plonge de suite dans l'ambiance et instaure une tension savoureuse !

   Anonyme   
12/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une histoire qui se termine vraiment mal, et qui tourne plutôt à l'horreur. Mais après tout, n'est-ce pas le sujet du concours ?!?...

L'écriture est professionnelle, rien à dire de côté-là. Dommage quand même que ça se termine aussi mal...

Wall-E

   Bidis   
13/2/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Parfaitement bien écrit, percutant, réaliste, du suspense jusqu'à une chute qui parvient à surprendre, et rien de banal, rien d'attendu. Bravo !

   veldar   
23/2/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Jano

La coutume citée en incipit ouvrait effectivement un chemin royal.
Une bonne histoire, elle se lit bien.
Haine, passion, méchanceté, laideur, envie, jalousie, les sept sont presque tous là. Quant au moteur qui fait tourner la machine, il ronronne.
Dommage que rien ne vienne adoucir le personnage d'Adrien. A la réflexion, je trouve qu'il manque un détonateur. Adrien semble vieux, sa situation est entérinée, pourquoi pète-t-il un câble subitement ? Les insultes de son rival ne sont pas en cause puisque depuis l'enfance il le maltraitait déjà. Quant à la fille, rien ne la ciblait en particulier, à part ce qu'Adrien ressentait lorsqu'il la croisait.
Peut-être manque-t-il quelque chose juste ici. Le personnage ne semble rien savoir de l'amour, ne le reconnait pas quand il l'éprouve. Il tue pour le plaisir, n'a donc aucune empathie. Je le voyais la tuer, pas un instant je n'ai senti qu'il voudrait faire de cette fille, une femme qu'il voudrait garder et qui, pour la garder justement, irait jusque là.
Merci.

   luciole   
23/2/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une histoire suffisamment bien écrite pour que le lecteur s'y intéresse jusqu'à la fin. Je n'ai - hélas- pas grand chose d'autre à dire.
Sinon que c'est crédible et plutôt bien mené.

   Robot   
23/2/2016
Après tout la tradition doit être respectée ! Il l'avait bien gagné la chasse au trésor.
C'est vrai que le respect des us et coutumes peut conduire au tragique. Je trouve que l'histoire est bien développée pour nous amener à l'épilogue dramatique.
Cette nouvelle m'a beaucoup plu, un peu comme un conte de veillée d'autrefois.
Un petit bémol mais je pense que c'est ce qu'il y a de plus difficile dans un texte, les dialogues manquent de naturel. Enfin tel que je les entends.
Pas de notation. Je vais attendre toutes les parutions pour le concours.

   Ananas   
23/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir,

Une histoire qui m'a plu.
L'auteur y traite avec brio la psychopathie du rebut du village... C'est bien amené, le style coule agréablement en cohérence avec le sujet, et ses protagonistes.
Les dialogues sont un peu en-deçà, mais l'ensemble est harmonieux et l'histoire juste ce qu'il faut d'affreux pour être crédible.

Vous avez réussi à ne pas tomber dans le pathos, et rien que ça, c'est terriblement intéressant à lire. En effet, le sujet pourrait facilement mener à toutes sortes de digressions inutiles, heureusement, vous parvenez à nous tenir en haleine tout au long du récit, nous mettant juste la puce à l'oreille avec l'histoire de sadisme sur l’écureuil.

Bravo, et merci.
Bonne chance pour le concours !

   macaron   
24/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une St-Valentin tragique à souhait! Racontée avec une belle écriture, pas avare de coups et de sang, de sexe aussi, une histoire tout à fait plaisante à lire. Les dialogues ne sont pas mauvais, très ou trop conventionnels peut-être. L'arme "fatale" bien choisie, rudimentaire comme l'assassin.

   Pouet   
25/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
L'ambiance est bien rendue, cela se lit agréablement.
Noir de chez noir ça commence fort avec le tit écureuil.

Une situation m'est apparue un peu précipitée dans la narration, lorsque Adrien, le jour de la Saint-Valentin part pour rejoindre Lisette au lavoir, j'ai trouvé qu'il s'empalait bien rapidement sur la fourche ce brave garçon, non pas que je n'apprécie pas l'effet de surprise mais je ne sais pas, cela arrive un peu trop comme un cheveu sur la soupe, il m'a semblé que cela aurait pu être décrit différemment. Puis bon après l'épisode du passage à tabac du bossu, on se doute bien qu'il va chercher à se venger et qu'il va faire sa fête à Adrien, le suspense sur ce point n'existe pas vraiment.

Sinon après ce sont les choix de l'auteur, mais personnellement pour la fin, j'aurais plus vu Rodolphe se cacher derrière la planche pour observer Lisette à la dérobée tout en dissimulant sa laideur et s'imaginer comment il allait pouvoir faire pour la garder dans sa cabane, pour l'aimer jusqu'à la fin des temps, plutôt que de s'en servir, de cette planche, pour clouer le crâne de l'infortunée jeune fille.

Quoiqu'il en soit je salue l'exercice, j'ai pris plaisir à vous lire.

   Shepard   
25/2/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Salut Jano !

Une écriture directe que j'apprécie, bien que j'ai relevé quelques phrases imparfaites, d'une certaine façon :

'comprimer entre son poing' -> pas fan, entre ses doigts, dans son poing, mais entre son poing, c'est bizarre.

Répétition de 'grange' au paragraphe d'après.

"Quand il croisait son chemin, il ressentait une vive brûlure dans la poitrine ; une brûlure suivie d'une émotion indescriptible lui donnant envie de pleurer." -> Là aussi je trouve la répétition de 'brûlure' pas nécessaire...

Plus loin :

"plus haut, au niveau des poumons ; celui-ci fatal" -> Je pense que la précision 'fatal' est inutile.

Des détails... C'est juste que, moins il y en a, plus je préfère.

Au niveau du fond, le texte s'insère très bien dans le thème du concours : glauque, sale, et la fin ne peut-être plus cruelle que celle-ci.

Mon regret est que l'intrigue est découverte dès que Rodolphe entend la conversation entre les deux amants : on devine tout de suite que, d'une manière ou d'une autre, il va prendre la place d'Adrien et qu'il n'a guère d'autre choix que le tuer pour ça. Donc le suspense n'est pas très intense... Mais difficile de faire autrement avec le concours : on sait que ça doit mal finir. Je ne sais pas si il y avait une façon de rendre l'idée moins prévisible, ça ne me semble pas facile.

Somme toute, le coup de la planche est rafraichissant. (Dis comme ça... =))

   Misou   
27/2/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Le récit colle bien au thème du concours.
Bien écrit sur le début, le niveau baisse au fil du texte. Notamment par un mélange entre l'intonation des dialogues et celui du narrateur.

"Visage tuméfié, nez en sang et le corps bleui par les hématomes, à demi conscient." Ne manque-t-il pas un verbe conjugué à cette phrase ?

Le niveau de détail est irrégulier. Beaucoup au début, moins à la fin. La scène de sexe serait moins gratuite si on la découvrait par les yeux du bossu. Qui, si j'ai bien compris son caractère, n'y connais rien et ne devrait pas vraiment comprendre ce qu'il voit.

L'histoire est cousue de fil blanc. C'est dommage, mais elle reste agréable à lire.

   stony   
27/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai bien aimé. L'enchainement parait très naturel, les scènes sont facilement visualisables.

L'écriture est très soignée. Un peu trop, je me suis-je dit à un moment. Ce n'est pas une reproche, c'est juste que j'aime aussi trouver mon compte dans la forme, dans des tournures un peu moins convenues qui rendent la lecture plus marquante. J'ai tout de même trouvé ceci : "Quasiment tous avaient un endroit bien défini où « d'inopinées » trouvailles devaient se produire, la bague au doigt s'ensuivre." Le dernier membre de la phrase, après la virgule, est assez surprenant et très élégant.

Deux broutilles :
« Aussi fragiles que des brindilles les os craquèrent avant que la boule de poils, inerte, ne soit jetée au sol. » & « Lisette... le lavoir... il perdit connaissance. »
Dans un cas comme dans l'autre, je trouve ces précisions dispensables. On avait compris.
Dans le premier cas, ce n'est pas réellement dommageable, mais je pense que ça aurait fonctionné encore mieux sans.
Dans le second cas, en revanche, je trouve dommage de porter un deuxième coup de marteau sur un clou déjà enfoncé, car vous insistez là sur un signal annonçant la suite de l'intrigue, ce que l'on avait déjà compris à la phrase précédente.

J'ai trouvé que débuter par l'épisode de l'écureuil est habile. D'une part, on est plongé tout de suite dans l'atmosphère et, d'autre part, cela permet au lecteur d'alterner entre différents sentiments à l'égard de Rodolphe. Lorsqu'il est tabassé par Adrien, on ressent une certaine compassion, mais le fait de l'avoir d'abord trouvé cruel atténue en quelque sorte la surprise de le trouver cruel dans la suite et permet de le voir davantage comme non responsable de ses actes.

Ah, une autre broutille :
A un moment, vous insistez explicitement sur la simplicité d'esprit de Rodolphe, même si c'est pour l'atténuer et justifier le fait qu'il ait tout de même compris le but des festivités. D'une part, on avait bien saisi cette simplicité, notamment grâce à cette excellente réplique "– Bien fait, Adrien méchant, méchant ! siffla Rodolphe entre ses dents." Mais, du coup, j'en ai surtout conservé à l'esprit l'insistance sur sa simplicité, que je trouve finalement moyennement compatible avec le diabolisme de la scène finale, lorsque Rodolphe prend le soin de choisir une planche avec des clous espacés de manière optimale.

Un bon texte, soigné, cohérent.

   Blitz   
27/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bravo Jano, c'est excellent et vraiment dans le thème du concours.
J'aurais bien vu un peu plus de détails sur la montée de la haine chez Rodolphe et un meilleur montage pour le coup de la fourche. Mais c'est succulent et me rappelle le film Enfant de Dieu! Ca pourrait faire un bon roman.

   widjet   
11/3/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Le début du texte est excellent,ça m’a fait penser à « des Souris et des Hommes » en plus cruel.

Bien aimé ce texte qui souffre je dois le dire, d'un très mais alors très mauvais titre.

Sinon, c'est bien écrit, bien foutu et assez jubilatoire tant il prend le contre pied ce que le thème du concours pouvait laisser présager. Rien que pour ça, avoir collé du sexe, de la violence (s’en prendre à un animal aussi inoffensif et mimi tout plein qu’un écureuil, brillante et jouissive idée) et du sang pour la Saint Valentin (comme au temps des slashers), je dis bravo.

Quelques ajouts dispensables et surexplicatifs (comme « Elle allait se réveiller, voir encore qu'il n'était pas beau et tenter de s'en aller », on s’en passerait aisément) et des virgules manquantes. Mais la lecture fut aisée, fluide, agréable grâce aux descriptions également, bien placées et pas abondantes (en revanche, j’aurai apprécie une description physique et plus effrayante de Rodolphe - pour le clin d’oeil à d’autres films ou livres, j’aurai d’ailleurs donné un autre prénom au gamin monstrueux car Rodolphe, perso, ça m’évoque rien).

La dernière phrase mériterait d’être changé afin de gagner en « puissance », en impact horrifique.

Un texte qui mérite ses bons retours

W

   Alcirion   
22/4/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très bon texte qui m'a fait penser aux très bons auteurs français (un peu dingues...) du genre comme Pierre Pelot et Serge Brussolo.

   matcauth   
14/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Jano,

vous êtes sur ce site depuis un moment et je sais combien les contextes historiques, trouvés parfois dans des coins très sombres de l'Histoire, justement, attisent votre imagination. Et vous avez raison, c'est d'une part fertile et d'autre part, on n'apprend jamais mieux (et on ne retient jamais mieux) que quand on apprend sur cette base, étonnante, drôle, mystérieuse.

Cela donne donc des histoires toujours intéressantes puisque, au minimum, on pourra toujours dire : j'ai appris quelque chose.

L'écriture est en outre toujours bonne, libérée de ce que souffrent les auteurs peu expérimentés, à savoir la fioriture.

Ici, bien sûr, on n'apprend pas grand chose. Mais au moins on se rappelle aux bons souvenirs de livres lus, et on se dit, tiens ! il faudrait que je feuillette de nouveau un roman régional. Dans "le champ dolent", il arrive la même histoire que dans votre texte.

Mon seul bémol, finalement, c'est que l'intrigue est très faible, et sans originalité. Tout se termine exactement comme on l'imagine dès le début et je me suis dit : ah ? c'est juste ça ?

Je note bien car c'est du beau travail d'écriture et que je ne veux pas gâcher un texte très apprécié.

   silvieta   
12/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une nouvelle qui démarre en fanfare avec le sacrifice du petit écureuil (j'ai souffert, failli appeler la SPA). L'intérêt ne faiblit jamais avec la scène érotique suivie de dialogues plus vrais que nature et d'une plongée dans la cervelle de ce Quasimodo d'un nouveau genre (d'habitude chez le père Hugo les déshérités sont dotés d'une âme plus noble), mais l'apothéose c'est la toute dernière ligne, le clou de l'histoire.

Très pragmatique ce personnage principal...

Une nouvelle horriblement jubilatoire.

   andrejalex   
25/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Nouvelle affreuse, comme le suggère le titre.
J'ai beaucoup aimé cette forme d'humour, d'un ton presque innocent.
Un village où l'on ne plaisante pas. Tous les personnages sont antipathiques, on est loin de l'eau de rose.
Une évocation originale de la Saint Valentin, sanguinolente à souhait.
On en redemande..


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