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| socque
5/9/2011
a trouvé ce texte
Bien +
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J'ai beaucoup aimé la description du délitement de la conscience, que j'ai trouvé très convaincant ; en revanche, je trouve dommage que vous ayez choisi de terminer le texte par cette pirouette de la réincarnation. Mais, bien sûr, c'est votre choix. D'une manière générale, j'ai trouvé les personnages crédibles, touchants, même si vous ne vous attardez guère sur d'autres que János, et l'écriture belle, intense.
"leur annonça l’hermétique János n’ayant pour seules racines hongroises que l’éphémère amour exotique de sa mère qui s’entêtait depuis toujours à dépeindre son cher amant comme une être idéal d’où cette bien hypothétique paternité d’un homme, surtout modèle de disparition" : je trouve ce bout de phrase lourd et peu clair. |
| Colinede
6/9/2011
a trouvé ce texte
Exceptionnel
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Très impressionnée par la maitrise et la beauté de la langue, j'ai suivi avec délectation cette histoire dont l'argument m'a fait penser à une nouvelle de Georges Langelaan, dont j'ai oublié le titre...
J'ai aimé l'ambiguïté de ce clochard qui ne sait plus lui-même si son état relève de ses aspirations à plus de spiritualité ou d'un laisser aller plutôt lâche, toute la richesse descriptive de cet univers déglingué et des personnages qui l'habitent. La théorie sur la mort m'a fascinée : "La conscience, sans tous ses relais sensoriels avec l'univers matériel qu'elle est en train de quitter, est comme prise de panique, plonge alors vers les milliards de chemins de la mémoire où s’entremêlent images, sons, odeurs, paroles, d’une façon chaotique. Mais comme ce nouvel environnement est issu d’elle-même qui cherche avant tout à se réfugier dans la lueur du connu, elle retrouve vite sa capacité à tout contrôler, régenter, à se rassurer, et par un semblant de cohérence des pensées, elle s’invente une réalité où le corps ne meurt pas, où le monde reste le même. Mais malgré ce désir impérieux de continuité, sa « réalité » se délite, lui échappe, et bientôt d'autres visions surviennent, jaillissent. Une dimension inattendue se déplie où tout semble vide mais dans laquelle apparaissent de nouvelles potentialités. Ce vide infini n’est pas le néant, sans mesure d’aucune sorte, l’espace et le temps n’y existent pas, il est le Point unique et l’Instantanéité. Il est à la source de toutes les sources, il est le nid de toutes les consciences, il est à la fois l’obscur de l’Ignorance, la lumière de la Connaissance" Par rapport à tout ceci, la chute m'a presque déçue, trop proche de cette nouvelle de Langelaan. Mais néanmoins, je ne bouderai pas mon plaisir et je remercie l'auteur de ce momenbt marquant |
| Jano
27/9/2011
a trouvé ce texte
Moyen -
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Je trouve le style laborieux, emberlificoté par des phrases qui n'ont plus rien de naturel. En cherchant à produire à tout prix de la belle littérature vous perdez en route de la spontanéité.
« Quelques étoiles immobiles piquaient encore l'obscur du ciel, narguées de temps à autre par le silencieux glissement d'un satellite. » « ... l’hiver travaillait plus durement les heures de ses outils de glace... » Vous vous lancez souvent dans des explications retors qui finissent rapidement par lasser : « La rétine, fine membrane où s’inscrivent les variations de lumière et le mouvement de chaque chose ne communique plus à l’encéphale ces informations du dehors, le noir ainsi se fait. » Comme cette description de la Seine beaucoup trop chargée : « La Seine était noire, géante, aux clapotements argent, bleus et sang. » Vous ne croyez pas qu'un seul adjectif aurait suffit ? Toutes ces lourdeurs finissent par plomber votre texte et ne rendent pas le scénario attractif. Les ruminations interminables de Janos avant son suicide teintées de considérations métaphysiques fumeuses remettent en plus de la complexité. Je pense que vous devriez essayer un style plus fluide désencombré des ces fioritures inutiles. |
| Lunar-K
2/10/2011
a trouvé ce texte
Exceptionnel
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Ah oui, j'aime beaucoup ! Je retrouve dans ce texte exactement ce que je recherche : l'union de la littérature et de la réflexion par l'incarnation des idées, de la pensée. Vous le réalisez ici d'une bien belle façon. De l'émotion et de la profondeur, les deux s'entremêlant à merveille !
Ce clodo-philosophe me fait un peu penser, par certains aspects, à Diogène le cynique. Tous deux sont sans domicile et, surtout, en appelle à un rejet de la société comme illusoire et de tous les biens matériels comme sans valeur. Bien sûr, "votre" clochard n'a pas ce comportement provocateur et extrême qu'on prête au philosophe grec et ne se complaît pas, comme lui, dans cette "misère" matérielle. En fait, c'est presque le contraire puisque, me semble-t-il, votre personnage semble suivre ses idées presque à contrecœur et, au lieu d'exhiber sa déchéance, repousse tous ses proches afin qu'il ne puisse pas y assister. Une autre différence entre le clodo de ce texte et Diogène, plus fondamentale sans doute, est l’extrémisme plus poussé encore de la pensée de votre personnage. Il ne s'agit pas de rejeter uniquement la société comme artificielle mais la réalité toute entière. Abandon de la réalité, du monde, afin de rentrer, au bout du processus, "dans le ventre de la mère", cet Eden perdu. Car, au fond, l'Absolu ou l'Unité tant recherchée par les philosophes n'est jamais que ça : un utérus... Lieu où nous sommes vraiment complet, à la fois sujet et objet, contenu et contenant. Lieu sans agression, sans agresseur, pleinement contrôlé, maîtrisé. Comme le remarque votre héros : "Le ventre de la mère, continua János en caressant les rondeurs de Lucie, est comme le paradis perdu et nous passons notre temps à rechercher inconsciemment la douceur de ce premier confort. Nos existences et ainsi même le monde se sont bâtis des briques de cette illusion…" Constante recherche du contrôle dans le développement des techniques et de la science. János ne fait que pousser la logique à son terme, avant de s'en repentir, mais trop tard... C'est le froid qui déclenchera ce terme. Engourdissant ses sens, il finit par couper le cordon entre János et le monde qui l'entoure. Il atteint enfin cet état auquel il aspirait, détaché : l'Instantanéité qui est la simultanéité de soi à soi, la fin du mouvement continuel et du déséquilibre de l'être au monde... Avant de s'apercevoir que cet état ne peut se maintenir, qu'atteindre cet équilibre, cette unité indéterminée car déconnectée, entraîne la mort... C'est ici, je pense, qu'intervient le véritable coup de génie de ce texte. János se rend compte de la précarité de son Absolu et désire alors revenir à la vie, dans le monde, redevenir déterminé et mouvant, quitter l'immobilité de l'unité. Mais, ce dont il ne se rend pas compte, c'est qu'il n'a en fait jamais quitté le mouvement, que l'absolu insaisissable qu'il pensait avoir atteint n'est jamais qu'une étape de ce mouvement perpétuel consistant à reprendre les dés de l'existence avant de les relancer une nouvelle fois et redémarrer le processus, actualiser de nouvelles possibilités, effectuer de nouvelles entités nécessairement différentes des entités qui les précédèrent. Ce pourquoi, et j'arrive ici à ce fameux "coup de génie" dont je vous parlais, János ne peut revenir à l'existence après son expérience sans en être transformé, sans se redéterminer tout autrement qu'il ne l'était, dans un nouvel être, une nouvelle naissance. Éternel retour du même processus, mais dans un autre existant... Bon, j'avoue avoir peut-être pris quelques libertés dans la lecture de votre texte. C'est qu'il est difficile de faire totalement abstraction de sa propre pensée face à le pensée d'autrui... Mais, vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé cette réflexion, pensée du mouvement et de l'existence. De même, je l'ai déjà mentionné, j'ai beaucoup aimé sa présentation. Je trouve tout à fait admirable cette façon que vous avez, dans ce texte, d'illustrer votre pensée au travers de vos personnages. A côté de la "brutalité de la pensée" se trouve une très belle sensibilité, bien servie par une écriture maîtrisée, elle aussi à la fois intellectuelle et sensible. Faire descendre la pensée dans les corps, élever les corps à la pensée : une exercice toujours périlleux face au risque de privilégier l'un sur l'autre. Mais vous vous en sortez à merveille, je trouve. Un grand merci pour cette lecture ! |





