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| jaimme
4/7/2010
a trouvé ce texte
Très bien -
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Vampirisme?
L'écrivain (le narrateur du texte) va, presque, jusqu'au bout de sa démarche puisqu'il déclenche volontairement ses drames puis l'avoue ici, et enfin déteste ceux qui le "poussent" à le faire pour qu'il acquiert enfin le statut d'écrivain. On peut même se poser la question de savoir si c'est réel: ne construit-il pas à posteriori cette démarche (j'ai souffert et je supporte cette douleur en me faisant croire qu'elle m'est utile; ce qui rejoint la culpabilisation bien connue de ceux qui vivent un deuil)? Thème passionnant. Je regrette, et je crois que c'est un choix de l'auteur, que l'ensemble soit désincarné: pas de noms, de faits précis. On est presque plus en réflexion, à mon goût qu'en sentimental. Et justement parce que la confusion auteur/auteur réel est très forte pour le lecteur. Je dégage mon oeil du microscope. Je prends un peu d'altitude et je regarde cette nouvelle d'un point de vue de l'édition. Et là je reviens à une question qui m'a accompagné dans toute ma lecture: cette nouvelle a-t-elle une place en dehors d'un site comme Oniris? Ne mérite-t-elle pas des plumes, de la fourrure, de la peau douce et des larmes pour être publiable? De la matière précise qui illustrerait le propos et lui donnerait le statut plein et entier de "nouvelle" ? C'est mon "reproche" principal, c'est l'envie de voir cette nouvelle imprimée et vendue. Merci! |
| Myriam
5/7/2010
a trouvé ce texte
Très bien +
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C'est superbe.
L'auteur a choisi un thème et le développe, le dissèque brillamment, avec cohérence; et sans retournement de situation, sans changer de direction, il y reste fidèle. J'ai aimé ce personnage d'écrivain raté, mais "écrivain tout de même", et ce qui suit le confirme! ...mais dans le même temps, trop peu humain pour attirer la compassion et pour vivre pleinement autrement que par le filtre de l'écriture. Tragique situation puisque même cela, il ne le réussit pas. J'ai apprécié la progression du texte: à la fois chronologique (de l'enfance à la mort de la mère) et qui dans le même temps augmente en intensité. L'écriture en longues phrases impeccablement construites, jamais répétitives. Aimé aussi la dernière phrase, pied de nez ultime au lecteur. Une seule minuscule remarque, de ponctuation: "Depuis celle que j’aimais, pourtant.", je n'aurais pas mis de virgule (mais j'ai peut-être tort.) Merci de cette lecture! |
| Electre
5/7/2010
a trouvé ce texte
Très bien +
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Comment commenter cela ? Il y aurait tant à dire.
C'est parfaitement écrit, ce n'est pas ça. C'est magnifique, aussi. Mais ce sont les sentiments que cela provoque qui sont extrêmement forts et qui rendent si difficile mon commentaire. Vaguement mal à l'aise, vaguement triste et surtout une envie vraie de serrer dans ma main celle, créatrice, du narrateur. Avoir su faire naître cela est plus que remarquable. Oh, bien sûr, le thème n'y est pas étranger : tout sacrifier à son art, comme dans le film là ("le prestige", je crois) et avoir assez de lucidité pour se l'avouer, c'est dérangeant en soi. Mais c'est surtout si bien exprimé. Pâles, souffreteux ces mots-là ? Non, pas d'accord ! Le narrateur m'emmerde ? Rien en foutre. Merci. |
| Selenim
6/7/2010
a trouvé ce texte
Moyen -
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J'ai été surtout gêné par le style télégraphique qui égrène les mots et les groupes nominaux. Je ne suis pas contre le procédé mais ici il est trop redondant et devient rapidement monotone et lassant.
Je prends une phrase, une des premières : d’avoir enfin quelque chose à raconter qui ne soit pas mièvre, mais intense, absolu, dramatique. Au lieu d'empiler trois adjectifs coup sur coup (et je ne compte pas "mièvre"), il serait peut-être intéressant de décrire pourquoi c'est intense, de quelle manière est-ce absolu, ou encore dramatique. On se retrouve à la fin du récit et le narrateur a énuméré un chapelet de mots mais pas l'ombre d'une émotion. Je n'arrive pas à visualiser les scènes, à voir les visages, à sentir les odeurs. Quant à la chute déguisée en bras d'honneur, je n'en comprends pas l'utilité. |
| florilange
12/7/2010
a trouvé ce texte
Très bien
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Un paragraphe composé d'une seule phrase et deux autres paragraphes... presque d'une seule. Ce n'est pas une critique, en face de phrases bien composées, comme celles-ci, pas question de faire la fine bouche.
Non, j'aime le procédé littéraire absolument parfait. J'aime sa progression et aussi ce qu'il dégage car enfin, c'est une sorte de bilan, dressé - pas à la toute fin - mais quand même après une vie bien remplie, si j'ai tout bien lu? Alors, ça sonne sincère, avec ses hauts, ses bas, ses enthousiasmes et ses déceptions. Tout ça pour l'écriture, sans en avoir honte ni chercher d'excuse. Bravo! |
| Alice
16/7/2010
a trouvé ce texte
Bien
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C'est plutôt bien écrit mais le thème me gêne.
Ou bien c'est encore un de ces textes "autour de mon nombril" et je trouve que les déboires d'un écrivain en panne d'imagination au point de devoir manipuler son entourage pour avoir quelque chose à raconter est une chose assez lamentable, mais ça n'engage que moi ! Ou bien c'est de la pure imagination autour de ce que pourrait être un écrivain assez lamentable pour être obligé d'en arriver à manipuler son entourage pour trouver quelque chose d'intéressant à raconter et ainsi c'est un peu mieux mais, quand même, dans l'ensemble ce n'est pas très intéressant. Enfin, disons plus exactement que ça ne m'intéresse pas. Mais quand on a une aussi jolie plume on doit être capable d'écrire sur plein de sujets. Et j'espère vous relire dans un autre registre. Ah mais je suis nouvelle et voilà que je m'aperçois que vous avez déjà écrit plein de choses que je vais m'empresser de lire. |
| widjet
16/7/2010
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Marrante cette dernière phrase provocatrice dont l'insolence va un peu à l'encontre de tout ce qui précède qui est plutot intimiste, feutrée, posée. Un peu comme si quelque chose de plus violent, de plus amer, ne pouvait être contenu plus longtemps et avait besoin d'être extériorisé. Voilà un texte-message dont l'excessive auto flagellation sera perçu et interprété de façon diverses par chacun.
Je préfère garder pour moi ce que le procédé m'inspire. Je dirais brièvement que ce texte/confession (mais pas forcément autobio) a un fond intéressant (bien qu'une nouvelle fois un tantinet masochiste) et qu'il trouve une certaine résonance dans chacun de nous, que le sujet en lui-même nous parle sur ce qu'est notre histoire, nos secrets, notre quête, notre rapport à l'écriture. Dommage qu'il pêche un peu trop par la forme (le texte bat tous les records des adjectifs écrits en enfilade) parasitant souvent la lecture et le rythme. Un brin d'humour eut été bienvenu pour atténuerle caractère très sérieux de cette déclaration. Voilà. Je ne commenterai pas davantage (ce qui ne veut pas dire que j'ai détesté, je précise). Je n'évalue pas non plus. Quelquefois, il vaut mieux resté plongé dans la mêlée et attendre que ça se passe. Et puis, c'est le week end et l'été. Néanmoins, je voulais écrire ces quelques mots. Pour dire à l'auteur que je l'ai lu. Et que, dans notre intêret commun, c'était la dernière fois. Bonne continuation à lui W |
| coquillette
16/7/2010
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Bonjour jphil
Pas très facile à commenter ce texte. Je me souviens d’un auteur qui disait au tout début, qu’il avait beaucoup de mal à montrer ce qu’il écrivait, et pire encore, a dire, simplement dire qu’il écrivait. Il ne voulait pas qu’on dise de lui qu’il était écrivain, même pour en sourire. Dès la première phrase, ça a provoqué un certain écho. Et puis, il y a la voix, profonde et grave du narrateur qui m’interpelle dès la première ligne. J’ai senti la gravité dès la première seconde et je me suis dit, alors que j’en étais encore qu'au début, que « pour toutes ces raisons là » signait le glas de l’écriture pour cet écrivain la ou... si pas, remettait de l’ordre et ce faisant, remettait tout en question ce qui déboucherait peut-être sur encore autre chose. Dans le futur. C’est un bilan. Un regard froid sur une évolution. Un bon bilan puisqu’il est froid et qu’il ne fait que ça, fouiller, disséquer. Etablir. Certaines phrases trop longues, demandent trop de souffle. Comme si l’auteur voulait en dire un maximum en utilisant un minimum de place. Ca se bouscule un peu. Pourquoi écrire ? c’est la question que me pose ce texte. Je répondrai que si j’écris, c’est parce que j’en ai envie, que faire évoluer des personnages, dans des décors inventés ou pas et les mettre dans des situations bizarres, ça m’éclate. Avant, il y a longtemps, comme ce narrateur, j’étais un vampire. Il me fallait de la chair, la mienne ou celle des autres. Peu importe. J’avais besoin de sang frais ou en passe de coagulation pour donner à manger aux monstres blancs affamés et qui me disaient que sans eux je n’étais rien. Que de souffrances et de questionnements alors ! passer à côté de tout pour être dedans, tout en étant toujours à côté du bonheur vrai que provoque le simple plaisir d'écrire. Un sacerdoce l’écriture. C’est fait pour les moines. Ou les vieux. Parce qu’ils ont rencontré les murs sur lesquels les écrivains en herbe se cassent les dents et que ces murs sont devenus murets. Je me suis rendu compte avec le temps que l’imaginaire offre ce sang sans avoir à tuer ni disséquer personne. Qu’il suffit d’avoir les yeux ouverts, de voler des choses ici ou là, des mots, des gestes, de les absorber tel quel, bruts, sans plus chercher à se scarifier, et de laisser à l’imaginaire le soin de travailler. Se lâcher. N’avoir peur de rien. Ecrire comme on respire. Ne plus souffrir ni culpabiliser. Ne pas se poser de questions, ne pas s’interdire. Ecrire pour son propre plaisir. Et le partager. Ou pas. Un texte qui remue c’est sûr, une histoire qui me parle. Je souhaite au narrateur maintenant qu’il a pris conscience de ce qu’il est en devenir, un écrivain qui sait ? de faire table rase de ce bilan général, d’en garder l’essentiel et de poursuivre. Ou pas. Je n’aime pas la dernière phrase. Un salut un rien désabusé, dérisoire, agressif d’un voyeur aux autres voyeurs ? Sans voyeurs, que deviennent les auteurs ? |
| costic
16/7/2010
a trouvé ce texte
Bien +
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Le narrateur semble adhérer complètement à l’idée que :
« Les plus désespérés sont les chants les plus beaux. » Sa recherche artificielle de l’intensité de la vie a un côté un peu pathétique. Vaste débat, qui aurait sans doute eu davantage sa place dans le domaine réflexion dissertation. J’aurais aimé un sursaut, une différence marquée entre la vraie douleur, et celle plus artificielle et aiguillonnée sans cesse. Cet être égocentré parait si insensible qu’il ne perçoit les émotions que dans une perspective de rentabilité. C’est là que je le lâche un peu. Pourtant on a envie de le défendre aussi. Parce-que ce récit pose le problème encore plus grave de l’identité de l’écrivain. Pourquoi quand on dit : « j’écris », dans les regards des autres, brille toujours comme un désir de sentence, une suspicion d’orgueil démesuré ? Quand on fait de la danse, on ne vous soupçonne pas de vous prendre pour Pietragala, quand on fait du cirque, on ne vous suspecte pas d’avoir la hantise d’égaler les trapézistes du cirque du soleil… l’activité d’écrire, par-contre, entraine un équivoque : se prend-t-il pour Proust ? On a envie de le calmer, ce narrateur détaché de la vie, soucieux de la production des ses émotions. Et les mots alors ? Si les mots avaient leur propre vie, et si au contraire la douleur les empêchait de respirer ? Les étouffait ? Cette nouvelle n’est pas le pur sanglot qu’on aurait pu espérer de la part d’un écrivain désespéré ; une saine colère, sans doute. Niveau forme, pour moi, ponctuation parfaite, adjectifs à leurs place, peut-être trop de conjonctives (que, qu’elle, quand …) Merci pour la réflexion. |
| Incognito
18/7/2010
a trouvé ce texte
Moyen -
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Voilà un texte bien intéressant... à deux égards. Il me ravit, tant il semble démontrer ce que je pressentais sans pouvoir réellement l'approcher de manière formelle. Je m'explique...
Primo, le fond est là, bien dense mais toutefois limité pour en faire le tour dans un espace raisonnable. Cette façon de vivre les événements, d'aller même à la rencontre des problèmes pour en retenir une matière exploitable, de peur de rester dans une vie trop banale pour en tirer la moindre chose présentable, d'aller en effet à la rencontre des soucis, de la misère, du malheur, tant il parait difficile, voire impossible, de faire de la littérature avec du bonheur et des bons sentiments. Il faudrait récolter de la fiente avant de la modeler. Et puis finalement le propos se retourne contre le lecteur, accusé de voyeurisme parce que l'exhibitionnisme de l'écrivain n'était que prétexte pour exister aux yeux des lecteurs et donc, finalement, d'exister tout simplement. Voilà l'écrivain accusant le lecteur de l'avoir poussé à se taillader les veines pour en recueillir le sang et en barbouiller ses pages parce que c'aurait été la seule manière de retenir son attention. Ca, c'est plutôt bien vu et ça me plait. C'est le premier intérêt de ce texte. Il y a cependant l'effet Kiss Cool, le second intérêt du texte. Secundo, et il s'agit là presque d'une démonstration par l'absurde pour prouver la pathétique inutilité de se construire à tout prix un fond pour écrire, car en effet il n'y a dans ce texte que descriptions, explications de faits et de sentiments, certes bien écrites, mais qui ne montrent ni ne font rien ressentir. Le narrateur s'est perdu l'existence à récolter de la fiente, mais sans la modeler, et il reste là avec ce fond nauséabond, incommunicable. L'auteur qui se confond ici avec le narrateur, ou qui le veut tel, ressentait tous les relents de fiente en écrivant et s'en barbouillait avec délectation, mais le lecteur en aura-t-il perçu le moindre fumet ? C'est pas le tout de récolter de la merde ! Il ne suffit pas d'ouvrir la boite lorsqu'elle en est remplie. C'est la récolte que je veux voir, l'instant de la récolte, le moment où le narrateur met le pied dedans, et pas un petit étronc tout sec qui ne dégage plus rien. Et voilà donc la démonstration éclatante, me semble-t-il, de la primauté de la forme sur le fond. Le fond est là, intéressant, de quoi faire quelque chose de vraiment bien. Mais de forme il n'y a point. Le texte est bien écrit, parfois même avec de jolies phrases que j'apprécie, mais il n'y a pas de forme véritablement possible parce qu'il n'y a pas de vécu, uniquement la description de choses mortes, un compte rendu en somme. On pourrait résumer ce texte par la formule d'un écrivain dont je ne citerai même plus le nom: "Ci gît l'auteur !" C'est mort. Il n'y a rien de vivant, rien à faire vivre au lecteur. J'aime bien qu'il y ait du fond et il y en a assurément ici, mais je ne peux pas retenir un fond sans forme. Le contraire, à la limite, peut-être. Je sais pas moi, peut-être un type qui mange une pomme, pour autant que je puisse voir le type la manger, s'en délecter goulument, que je ressente toute l'émotion qui l'étreint de la bouche jusqu'à l'estomac... voire plus loin, pour en revenir à notre matière initiale. Enfin, ce genre de trucs, quoi... je n'insiste pas plus. Je sais que je peux paraître sévère, JPhil, ponctuellement sur ce texte, mais je sais aussi que vous êtes capable d'autres choses et j'ai le souvenir de textes écrits par vous que j'avais bien appréciés. Et puis il semble que ce texte plaise. Tout va donc très bien. |
| fondulou
16/7/2010
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à n'en pas douter l'écrivain est à la fois tortionnaire et masochiste avec pour seul objectif : "baiser" avec les mots. Ceci étant, c'est également vrai pour le lecteur. Chacun se nourrit de l'autre, comme les vampires. C'est en cela que ce texte présente un intérêt. Également en mettant face à face les voyeurs que sont l'écrivain et lecteur, car pour qu'il y ait des voyeurs-lecteurs il faut qu'il y ait des exhibitionnistes-écrivains.
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| Lohengrin
16/7/2010
a trouvé ce texte
Moyen
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Bilan mitigé sur ce texte, que j'ai plus ou moins apprécié mais plutôt moins que plus.
Le fond me plait beaucoup, l'idée est belle, pas spécialement originale, mais toujours agréable à traiter ou à lire, je suppose. J'ai cependant d'assez nombreuses réticences que je vais tenter de lister ci-dessous : - l'esquisse. Tout ceci est malgré tout très peu approfondi, le sujet reste identique du début à la fin, jamais creusé mais à peine effleuré - on énumère des détails, des anecdotes, sans crever la surface (effet catalogue) - effet catalogue donc, surligné par un procédé accumulatif récurrent, agaçant à la longue "mièvre, mais intense, absolu, dramatique" "soupçon de désespoir, la plus infime once de soulagement ou de dépit, l’indice de mon orgueil blessé, les affres de ma jalousie ou de mon agacement…" "Dont je me suis servi. Que j’ai observée, traquée, disséquée" "trop pâles et trop mornes, apathiques et sans éclat." etc .. Je ne suis pas contre une ou deux accumulations, mais autant dans un texte si court, ça manque de diversité dans le style. - la chute : je la trouve tout simplement grossière. Parce que langage parlé, parce qu'en décalage total (mais dans le mauvais sens du terme), parce que sans éclat, sans subtilité, façon "NAH"-tirage de langue, bref ... J'aime pas. C'est puéril. - les traits d'humour qui tombent à l'eau "qui me traitait de pauvre con – on a le vocabulaire qu’on peut " - Les maladresses de formulation "J’ai mis trop de temps à l’admettre moi-même pour accepter désormais que d’autres me refusent ce statut." Cette phrase est correcte, elle n'est juste pas jolie, lourde. C'est le "me refusent ce statut" qui me choque. Ampoulé. "Depuis celle que j’aimais, pourtant." Pour moi, l'emploi de "depuis" se marie mal avec l'usage de l'imparfait qui suit. Depuis traduit une action débutée dans le passé, mais qui perdure dans le présent, me semble-t-il : Or, l'imparfait indique un passé fini. Pourtant, un passé composé ne m'aurait pas choqué outre mesure, mais là, je ne sais pas, ça me fait franchement grimacer. - les répétitions (impardonnables vu la brièveté du récit !) : souffrir et dérivés (X5) , corps (deux fois en 4lignes), brute/brut/brutale, émotions (X2) , intense (X2) douleur (X2) sales (X2) etc ... - l'absence de concordance entre les faits décrits et la narration. Le narrateur nous parle de mots "sales, nus", de choses "crues" et pourtant, nulle trace d'obscénité. - les tentatives lyriques (très peu pour moi), parfois excessives J'aurais nettement préféré que le récit se porte davantage sur l'histoire du type, sa façon d'effectivement se servir des autres pour son art, plutôt que de simplement assister au récit qu'il en fait dans le gros. Mais le sujet n'aurait pas été le même : "les raisons pour lesquelles" ... Mais, bof. Je ne suis pas convaincue. Ca manque d'émotions, cruellement. Ca manque de fièvre (c'est le comble), et pourtant, le portrait qui nous est dressé du narrateur n'est PAS glacé (de fait, il parait en proie à toutes sortes d'émois). La fin vaguement provocante, vaguement risible, tombe comme un cheveu sur la soupe après ce début prometteur : on eut espéré rentrer dans le vif du sujet plutôt que de se faire couper l'herbe sous le pied. Pour moi, un joli squelette. Mais sans chair, et sans âme. Dommage. Bonne continuation ... |
| marogne
17/7/2010
a trouvé ce texte
Moyen
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Je viens de lire un Harlan Coben où un meurtrier en série fait ce qu'il a écrit dans un livre, ou peut être écrit et publie l'histoire de ses meurtres....
Une idée intéressante, mais on ne comprends pas trop pourquoi, après toutes ses expériences pour gagner la réalité, des sentiments, du vrai, du vécu, l'auteur se plaint de faire encore des sujets mièvres. Peut-être qu'il lui manquait, par la mise en scène qu'il s'imposait, le vrai des sentiments, ce qui fait que derrière les phrases, les adjectifs, les verbes, la technique, on sent le sentiment, on sent les tripes. Mais c'est peut être aussi ce qui manque un peu à cette nouvelle, un peu d'humanité, de vrais odeurs, du sang, des pleurs,.... C'est aussi sans doute la raison pour laquelle on ne peut pas trop se sentir visé par la dernière phrase. On est lecteurs, oui, mais le texte n'est pas suffisamment ancré dans la vie pour que l'on soit des voyeurs. Dommage quand même cette expédition de la mort du père. |
| doianM
19/7/2010
a trouvé ce texte
Bien +
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Un coup de gueule, un cri du coeur...
Ca rappelle, cependant, le "anch'io son' pittore" repris par Rimbaud dans sa lettre adressée à Théodore de Banville. Mais, sortant de son cas personnel, voilà un message adressé à beaucoup de passionnés de l'écrit, entre autre à certains citoyens d'Oniris. jphil prend un cas particulier d'écrivain. Ce n'est pas le jeune qui crie son enthousiasme d'avoir trouvé sa voie. C'est un adulte qui a du disseminer sa vie dans des activités étrangères à sa passion et se révolte tout à coup. Un écrivain, qui réussit, se doit avoir une qualité personnelle, un défaut pour son entourage: l'égoisme. Jaloux de son temps il doit balayer tout ce qui distrait, nuit le talent dont il a la conscience. En même temps, paradoxe, il doit être altruiste, porter de la sympathie, voire de l'empathie vis-à-vis de ses personnages. Même odieux. Ce qui explique que Flaubert disait: Mme Bovary, c'est moi. L'écrivain mis en scène est dénué de cette qualité. Il est cruel, cynique. Il voit sa vie comme une somme d'expériences, parfois de tests, nécessaires à l'alimenation de ses écrits futurs. Par la même occasion il la sacrifie, cette vie, ne la vivant pas vraiment, toujours obsédé par la préméditation.des oeuvres futures qui en trouveraient l'aliment. Mais ça donne à penser que ce n'est qu'un "coup de gueule", passager. Ce qui explique le "je vous emmerde" final, absurde pour un écrivain qui veut être écouté. Et, conscient qu'il a besoin de cette bande de voyeurs, même si d'après lui ils ne le comprennent pas vraiment, il recommencera à s'adresser à eux. |
| Maximilien
27/7/2010
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Bien +
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Ce type vit pour écrire, et non pas le contraire. Il romance sa vie.
Vit-il, au fond ? Il existe physiquement, mais il ne vit véritablement que fictivement (une vie qu'il fantasme) dans les pages qu'il écrit. Intéressante, cette union de l'amour et de la mort, qui seules semblent êtres les obsessions et les sujets d'inspiration de cet écrivain raté (puisque resté anonyme). Un homme pathétique et un texte bien frappé duquel on n'a ni l'envie de retrancher, ni d'ajouter le moindre mot. |
| Flupke
30/7/2010
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Bien +
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La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas. [ Fernando Pessoa ].
D'où notre voyeurisme où l'on espère trouver un certain reflet rassurant de soi-même dans un miroir soit dans la littérature soit dans les magazines pipole. Superbe ta chute car elle va très bien dans ce sens. Rien d'autre à rajouter si ce n'est que je suis resté sur mes gardes n'amalgamant pas auteur et narrateur. Globalement, une théorie bien amenée, de manière concise. Que la plume soit avec toi. Amicalement, Flupke |
| blanchette
5/8/2010
a trouvé ce texte
Bien +
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Quelle question passionnante de savoir pourquoi un auteur écrit ! Cela ouvre la porte à des débats infinis.
Toute la richesse de ce texte repose à mon avis sur cette intimité dévoilée, ce parti pris par le narrateur (l’auteur ?) de ne plus avoir honte…un coming out en quelque sorte. La chute finale qui apostrophe le lecteur renvoie en miroir celui-ci à sa propre introspection : pourquoi lit-il ? Sa propre vie ne lui suffit-elle pas ? Pour ma part je n’écris pas, je lis bien sûr, mais surtout je fais du théâtre (amateur) depuis une quinzaine d’année. Je ne peux m’empêcher de faire un rapprochement entre « Pour toutes ces raisons là » et les raisons justement qui m’ont poussé à monter sur scène, adolescente, acte masochiste, exhibitionniste comme l’écriture. Je comprends donc bien ce processus de récupération, recyclage des émotions que doit connaître, j’imagine, chaque créateur, chaque artiste, quelque soit sa discipline, son « niveau ». Il me semble que c’est d’ailleurs ce qu’enseigne l’Actor Studio : se réapproprier sur scène ses émotions de « la vraie vie ». Cela entraîne forcément une distance sur soi au moment où on vit les événements car alors on se dit : tiens, voilà de la matière, il faudra que je m’en serve…du coup l’artiste ne vit plus…c’est ce processus que décrit très bien Tchékhov dans « La Mouette » …. Cependant aujourd’hui je me dis que si la souffrance, l’authenticité (qui paradoxalement amène au mensonge) des sentiments, est un bon terreau pour la création, cela ne suffit pas…le propre de l’écrivain est de pouvoir aborder tous les thèmes par la force de son imagination… Faut-il avoir perdu son enfant pour décrire la souffrance d’une mère en deuil ? Camille Laurens vous dira que oui parce qu'elle l'a vécu mais cela ne devrait pas pour autant privatiser ce drâme. C’est probablement une question d’étape, de cheminement… Bref peut-être que je m’égare un peu ! En résumé thème passionnant, subjectif au possible, qui aurait pu appeler des développements supplémentaires bien sûr, mais sa densité lui donne son énergie, sa force…un coup de poing dans le visage du lecteur. |




