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| Kaos
7/4/2010
a trouvé ce texte
Faible
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Un texte qui avait tout pour plaire et qui finalement deçoit, c'est vraiment dommage. L'auteur a un belle plume, très belle même, mais il l'emploie mal et ça c'est vraiment une erreur.
Pourquoi passer autant de temps à monter une situation très crédible, très vraie, pour au final, terminer par un simple meurtre de vengeance absurde? Je peux comprendre cette volonté d'opposer la douceur de l'amour à la violence du meurtre, mais c'est d'un classique que l'on frôle la banalité. et franchement ça me désole parce que cette plume est bonne. Reste à lui trouver une histoire à sa mesure! |
| Luluberlu
9/4/2010
a trouvé ce texte
Très bien +
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Premières phrases : un très bon style et là, l'envie de continuer. En plus, j'écoute un concerto pour violoncelle en mode mineur en même temps.
« Mais la batterie de son portable rendit l’âme » : ça m'a toujours amusé (à condition d'être croyant bien sûr !) cette personnification des objets. Et puis maintenant Granados, au bar. Caillebotte, Les raboteurs : merci pour le rappel, j'ai revu la toile sur le Webe. «Courage, accrochez-vous » : pas la peine, ça tient tout seul ; Un auteur comme je les aime et croyez moi, ce n'est pas si fréquent. |
| coquillette
6/5/2010
a trouvé ce texte
Bien +
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Bonjour
Edit et relecture (s) attentive (s) : Un détail : "Un régulier d’une cinquantaine d’années laissait tiédir sa bière dans un angle de la pièce" il vaudrait mieux : "Dans un angle de la pièce, un régulier d'une cinquantaine..." pas de heurt à la lecture qui jusqu'ici se fait lisse comme une autoroute. (C'est pas un défaut, ce serait même le contraire, en tout cas, en ce qui me concerne) Pour en revenir à ce fichu tutoiement qui est un "signe de ralliement" (y'a pas ça me chipote toujours...) pourquoi le serveur lui sert du "Vous" au premier contact ? Le tutoiement est un signe de ralliement ou n'en est pas un ? "La nudité triomphante..." c'est pas un cliché ça ? Je sais pas, mais ça fait lu mille fois, l'auteur est parfaitement capable de trouver autre chose. "Matisse découvrait tardivement que l’on pouvait associer l’amour à la sexualité." J'ai l'impression que c'est Pierre qui lui fait entrevoir cette possibilité. Or le tardivement me fait remonter à Bruno. C'est peut-être ma perception qui fait que j'aurais aimé, pour l'intensité de cette histoire d'amour - vu qu'elle est intense pour Pierre - que ce soit Pierre qui éveille cette sensation chez Matisse. C'est suggéré, on peut le déduire mais ça ne coule pas de source. Et donc, pour mon goût personnel, c'est une note qui dispense un peu trop de froid. Mais ça se réchauffe aussi très vite deux lignes plus loin. C'est donc juste un détail chipotique. Un très bon texte, très agréable à lire. Mais je ne sais pas, il lui manque quelque chose, ou alors c'est quelque chose que moi je ne ressens pas face à ce texte. Il me manque une émotion ou l'empathie. Ce qui m'est venu à l'esprit aussi en début de lecture, toute la première partie en fait, c'est que Matisse est bien agressif. Et violent. Je ne sais pas, j'ai eu l'impression dans les toilettes qu'il cherchait les coups. Et qu'il était ravi de les donner. Bonne continuation Jphil et surtout, bonne et longue exploration de la psyché humaine. |
| florilange
19/4/2010
a trouvé ce texte
Très bien
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Nouvelle très belle, lue avec grand intérêt.
Pas seulement une histoire d'homos, ni un épisode de ces bagarres de bandes pour la défense d'un territoire ou pour la poursuite des gays afin de les tabasser. Plutôt l'itinéraire d'un homme à la recherche de son identité, de sa place dans la vie. Émouvant, prenant. Rien à dire sur le style, il colle parfaitement à l'action. Merci de cette lecture. |
| Maëlle
19/4/2010
a trouvé ce texte
Bien -
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Bon, forcement, c'est me prendre par les sentiments, le sujet (une partie du sujet) me fascine. J'ai vraiment apprécié ma lecture jusqu'a la dernière partie. Dans celle-ci, je me suis retrouvée face à des coquetteries d'auteur (Il en ressenti une brève mélancolie), et à une chute qui ramène le récit à un fait divers, alors qu'auparavant il était plus que ça. Disons que j'aurais sans doute préférée que le texte s'arrête à "sale petit pédé". Histoire de me laisser imaginer la fin.
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| Mistinguette
19/4/2010
a trouvé ce texte
Exceptionnel +
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Whaou !!! Sidérée je suis par la perfection de ce texte.
Je suis sur un nuage… Peut-être devrais-je attendre d’en être descendue pour commenter ? Et puis non, pour mon premier com en EL, je me lance. Alors voilà : pour moi cette nouvelle est hyper méga exceptionnelle+++. Autant en ce qui concerne le fond que la forme, rien à jeter. C’est, à n’en pas douter, ce qu’on appelle une plume ! J’ai ri, j’ai souri, j’ai pleuré… Comme je ne vois pas quels arguments apporter pour faire progresser l’auteur, je relève quelques passages que je juge particulièrement savoureux : °La puissance du jet d’urine qui proclamait avec une arrogance toute masculine la virilité affirmée de l’instrumentiste… °Son affaire terminée, l’homme émit un long soupir, visiblement satisfait de sa production. J’adore le paragraphe où le héros fait le recensement de ses amis. Je trouve les dialogues avec le skinhead particulièrement percutants. Je trouve aussi les scènes d’amour très belles et très pudiques, elles m’ont toute chamboulées (bien que je sois une fille). En fait, si je devais recopier ce que j’ai aimé, il faudrait que je transcrive l’intégralité du récit. Donc, je vais m’arrêter là, en remerciant infiniment l’auteur pour cette délectable lecture et en regrettant de ne pouvoir imprimer pour lire encore et encore sa sublime prose. Ah j’oubliais ! Bravo pour la fin. |
| Flupke
21/4/2010
a trouvé ce texte
Très bien
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Texte très bien écrit. Style maitrisé, dialogues réalistes.
Du rythme. Léger souci de focalisation du narrateur semblant se limiter au point de vue de Matisse et donc pas 100% omniscient : comment sait-il que la gars qui boit sa bière dans le bar est un régulier ? Peut-être faudrait-il justifier cela par une détail plus convaincant que "le regard perdu dans la rue où ne passait personne"? Un texte qui se lit avec plaisir. Le titre est bien trouvé et colle bien au thème. Bravo. |
| Pat
2/5/2010
a trouvé ce texte
Bien -
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J'ai bien aimé ce texte qui me semble dans la droite lignée de ce qu'affectionne l'auteur : des tranches de vie plutôt banales, mais décrites avec une précision quasi cinématographique. C'est assez visuel, en effet, sans toutefois faire abstraction des émotions, des sentiments qui traversent les personnages. Ce qui donne souvent l'impression d'avoir déjà vu ces situations, voire parfois les avoir vécues. C'est bien écrit, évidemment, mais... sans doute trop. On sent le ciselage du « bien écrit », même si je pense que jphil écrit facilement et vite (vu le nombre de textes qu'il envoie). Parfois, on sent le besoin d'être explicite, de bien tout décrire. C'est quelque chose qui me gêne un peu, comme s'il ne faisait pas confiance au lecteur pour remplir les « blancs évidents ». Trop de précision à mon goût qui alourdit par moment le propos. Quelques ex :
- « Et il avait finalement dû s’avouer vaincu, sous les regards moqueurs de ses condisciples qui portaient haut la coupe emplie de leur miction encore fumante. Pourtant lointaine, l’anecdote le mettait chaque fois mal à l’aise. Il fit couler l’eau pour chasser tout à la fois la réalité glauque de l’instant et ce souvenir désagréable. » : la deuxième phrase me paraît inutile et redondante avec la troisième. - « L’homme se dirigea vers les urinoirs où il se soulagea bruyamment. La puissance du jet d’urine, qui proclamait avec une arrogance toute masculine la virilité affirmée de l’instrumentiste, irrita Matisse. » : là aussi, je trouve que les expressions sont redondantes. Même si l'idée était sans doute d'insister sur les aspects masculins du personnage (puissance, masculine, virilité...). Du coup, le terme « instrumentiste » sonne faux avec cette phrase à rallonge qu'il fallait terminer pour des raisons syntaxiques. L'image était, à mon sens, suffisamment évocatrice pour se passer de cette surabondance lexicale... : L’homme se dirigea vers les urinoirs où il se soulagea bruyamment. La puissance du jet d’urine, qui proclamait (avec arrogance) sa virilité (affirmée,) irrita Matisse. (les termes entre parenthèses pourraient aussi être supprimés sans problème pour moi. Proclamer venant après le soulagement bruyant est suffisamment parlant) - « Aussi Matisse avait-il tenté de l’appeler, mais sans succès. Un message affirmait que son portable était résilié et son fixe ne répondait pas. » : la deuxième phrase n'apporte rien à la narration. - « - Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? Le tutoiement était instinctif, comme un signe de reconnaissance. Matisse inspecta brièvement son visage dans la glace placée derrière le serveur. » : Passer directement à « Matisse inspecta... » après la phrase de dialogue n'aurait pas nui, non plus, au déroulé narratif. C'est une évidence que ce tutoiement est un signe de reconnaissance. Pas la peine de le dire, selon moi. La brusque familiarité induite par le « tu » ajoutée au manque de réaction du personnage principal est suffisamment explicite. Cela donne même une certaine force au récit (un certain dynamisme). De plus, la fin est bien trop longue... elle pourrait, sans dommages, s'interrompre avant l'intervention des passants. La durée de l'agonie peut être évoquée sans cet artifice. Et rendre ainsi le récit plus percutant. Par ailleurs, il y a, à mon sens, un petit souci de crédibilité : je trouve que la sortie de la gare du personnage est un peu trop facile. Il ne se presse pas, alors que la découverte de son forfait est rapide. Ceci dit, le texte a quand même des qualités indéniables. J'aime beaucoup, par exemple, la scène sexuelle explicite mais avec sensualité et pudeur à la fois (même si le coup des draps est un peu cliché...). Ce qui est aussi intéressant, c'est de mettre en scène des personnes différentes dans chacun des textes. Ici, ce n'est pas écrit à la première personne, comme souvent, mais on sent l'intérêt de l'auteur pour ses personnages, un peu comme s'il souhaitait faire des portraits psycho-sociologiques. C'est donc un texte intéressant et chouette sur pas mal de plans, même si un peu d'épilation pourrait le rendre encore plus fort. |
| Anonyme
7/5/2010
a trouvé ce texte
Bien
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Je trouve bien sincèrement que ce genre de nouvelles, en laissant de côté la (relative) "banalité" du propos, ne dépare en rien et loin s'en faut le catalogue onirien.
Une écriture fort agréable, sans folie, un poil linéaire mais efficace. L'auteur ici, à mon sens, ne "se moque pas de ses lecteurs" et nous livre un "quartier de survie" marquant, et oserais-je dire, "distrayant" si ce n'est remarquable. De la sensibilité retenue; nous parvenons ici à éviter les sentiers du manichéisme, de belles "trouvailles" stylistiques. Bref, une belle nouvelle. Une fin assez décevante toutefois. |
| Myriam
7/5/2010
a trouvé ce texte
Très bien +
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Beau texte.
Une écriture précise et évocatrice à la fois, où chaque mot compte, qui nous fait entrer sans peine dans les tourments de cet homme qui en quelques heures fulgurantes passe du rien au tout... au néant. Une nouvelle comme je les apprécie, qui raconte, explore, nous emmène quelque part et puis nous lâche. Plus riches. Une nouvelle où la brièveté est mise au service de l'intensité. Mention spéciale à la phrase d'accroche, bien choisie. Merci Jphil! |
| jaimme
9/5/2010
a trouvé ce texte
Très bien -
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Une nouvelle qui laisse un goût amer. Objectif atteint. Cet homme découvre enfin l'amour et va peut-être mourir.
Alors que reste-t-il, sur le fond, comme ressenti? Dommage pour ce gars? Heureusement il a connu ça avant de mourir...? Violence des sentiment, du quotidien de ce marginal. Globalement j'ai bien aimé. Je me suis un peu ennuyé au milieu, me disant que cette relation naissance est somme toute banale, mais l'encadrement par la rixe et l'agression épice et donne un sens au récit. La forme. C'est bien écrit, souvent très bien. Le combat est très bien mené. L'approche mutuelle aussi. Le personnage central mériterait d'être un peu plus individualisé encore, pour qu'il suscite plus d'empathie. Là c'est un paumé comme il y a en a tant. C'est mon impression seulement. Mon goût. J'aime cette façon d'écrire et Jphil le sait. Les mots sont bien choisis, les mots ont leur place sans emphase. Et c'était nécessaire pour un tel récit, dans un tel contexte. On eut difficilement imaginé un style trop recherché pour un tel personnage. Bref, c'est du bon. merci Jphil jaimme |
| Anonyme
13/5/2010
a trouvé ce texte
Très bien
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Une fois n'est pas coutûme : je n'ai rien à redire. Entre talent de conteur et vertus narratives, les ingrédients y sont. Tu oscilles toujours entre prose et poésie mais c'est une qualité qui ici n'enfle pas le texte.
Très littéraire, je te l'ai déjà dit. Si c'est une qualité je ne sais pas mais dans Un homme flou cela sert le texte de bien jolie façon. |
| Val
13/5/2010
a trouvé ce texte
Moyen +
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c'est bien, mais, euh... Voilà mon impression à la première lecture.
Bien écrit, là pour moi il n'y a aucun doute. Jphil maitrise l'écrit et sait bien faire parler ses personnages "de l'intérieur"... Après, je sais pas, j'ai comme une sensation d'excessif, il y a trop de choses pour un seul homme dans ce personnage de "Matisse"... Comment dire, il est "tout": sensible, fragile, intelligent, cultivé, cynique, désabusé, marginal, bagarreur, voyou... et conscient, bien trop conscient de tout ce qui se passe autour de lui et aussi à l'intérieur, et cela en devient presque oppressant, mais peut-être était-ce l'intention au final, et que, Jphil, vous avez réussi votre "coup" ? Enfin voilà, sensation mitigée pour moi, comme si le personnage avait été mal "envisagé" par l'auteur, il a l'air marginal mais en même temps précieux, délicat, on dirait qu'il sort de Science-Po... Peut-être que l' on en sait pas assez sur lui finalement ?, mais en l'état, j'ai un manque de perception cohérente du personnage, voilà mon problème principal. Edit : "un homme flou" bon bin voilà, mes questionnement étaient peut-être dans le titre déjà... lol |
| widjet
15/5/2010
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JPHIL, sois sans crainte, je vais essayer (mais je promets rien je me laisse porter par la plume) de pas trop m’appesantir sur le style et sur ce que je considère (depuis peu en fait, c’est à dire depuis que je me soigne aussi, c’est d’ailleurs sans doute pour ça que désormais je le supporte difficilement chez les autres lorsque je les détecte) comme tes deux récurrents et « charmants défauts stylistiques » à savoir cette surcharge d’adjectifs et d’adverbes qui nuisent à mon sens bien trop souvent au contenu (et parfois aussi au plaisir de lecture). Y'en a plus de 1000 ! (oui, j'ai un logiciel qui les compte, je m'en sers pour me contrôler moi aussi)
Cela fait partie de ta façon d’écrire, donc on ne va pas épiloguer trop là-dessus. Je vais parler de façon générale (d’ailleurs, je ne vais pas évaluer, ce qui ne veut pas nécessairement dire que j’aurai mal très noté) de ce que m’inspire ton texte , mais cela est valable pour la plupart de tes opus. Je doute que tu apprennes quelque chose, mais je vais tenter d’être peut-être plus explicite. Tu dois le savoir, je suis très attaché aux personnages, je le dis assez, ils doivent avoir une ossature, une vérité, quelque chose qui font qu’on les voit presque, qu’on se les approprie, bref qu’ils ne soient pas interchangeables. Y’a toujours ce truc qui me gêne dans tes personnages, dans leur psychologie, dans ta façon de fouiller leur intériorité. Il y a ce foutu déséquilibre entre le cérébral et l’affectif, comme deux hémisphères d’un cerveau, le droit, le gauche. Et force est de constater (et de regretter) qu’à CHAQUE FOIS c’est l’intellect qui gagne. En bref, à trop vouloir cogiter ferme (je parle de toi, là), bah tes héros (et donc toujours toi par extension) passent systématiquement à côté de l’émotion. C’est fâcheux car l’émotion c’est ce qui fait la grande différence pour moi entre un texte réussi (même si pétri de défauts sur la forme) et un exercice de style vain. Tu sais, je suis plutôt midinette dans l’âme et tes sujets sont souvent bien choisis, pourtant avec toi, rien à faire, je reste de marbre. Et ça m’emmerde. Je tiens à dire que si ce manque d’émotion est préjudiciable à tes textes sentimentaux ou aux registres plus graves, cela fonctionne bien mieux lorsque tu abordes le registre comique où l’intellect donne un côté « anglais » qui sert efficacement (et même tendrement) ton humour. Revenons au texte plus précisément. A mon sens, à l’instar des autres dans des domaines avoisinant, dans cette nouvelle (au sujet éminemment fort et dramatique), tes flèches manquent la cible principale : le cœur. Pourquoi ? C’est là où je ne peux m’empêcher de revenir sur la forme. Les excès dans le style (trop de rajouts qui n’apportent pas grand-chose, effets trop surlignés, enjolivement des phrases) ont sur ce texte en particulier un effet plus "néfaste" (ok le mot est fort) que d’habitude. Je m’explique. De par le genre, la catégorie choisie (le registre « noir », la première fois que tu te lances dans ce domaine depuis que tu es sur Oniris non ? Cool, c’est bien de varier, mais bon, euh, je m’égare), à trop vouloir faire beau, à trop « adjectiver », à trop vouloir intellectualiser chaque phrase, à ne pas savoir refreiner ton plaisir d’écriture, à ne pas pouvoir doser tes traits d’humour (c’est tellement dommage, tout le temps, tu te sens comme obligé d’être décalé, subtil, de faire de l’esprit, au final tu niques tes effets, ça revient à désamorcer une grenade avant même de l’avoir dégoupiller et ta catégorie finit par ne plus coller car entre nous moi j’ai plutôt vu une « romance » plus qu’une nouvelle empreinte de noirceur même si je me doute que tu ne voulais pas faire un thriller pour autant) tu ne rends pas service au genre que tu abordes. C’est comme si tu rajoutais des couleurs vives à une palette qui SE DOIT (de par ce que tu racontes) de rester NOIRE. Tu vois ce que je veux dire ? On en revient encore au même truc : ta gourmandise littéraire. Un autre truc aussi qui dessert le réalisme des scènes et de ton personnage. Mon vieux (prendre de façon amicale), tu as du mal à être cru, grossier. Tu es trop tendre dans ton approche, trop précautionneux, bouscule ton lecteur, réveille le avec un langage plus percutant, des images plus « rêches». Je ne sais pas, je le ressens cette hésitation, cette crainte d’être plus trash (sans tomber dans le vocabulaire bêtement ordurier, mais gratuit ou inadapté aux circonstances de la scène ou de la narration juste pour faire stylé). Je peux me gourer, mais là encore je sens ce souci de chercher un autre mot (bien moins évident à trouver souvent). Là où un autre plus trivial, plus direct, plus frontal eut bien mieux collé au genre, à l’instant, au rendu visuel et aurait donné une rugosité, une âpreté authentique, tu vas encore faire marcher ta tronche et pas ton palpitant, tes tripes. Pudeur, timidité, incapacité je ne sais pas. Mais là, encore soupir (de dépit) de ma part. Si tu y tiens je peux te donner des exemples, mais je suis persuadé que tu vois ce que je veux dire. Un autre truc qui pour moi s’apparente à une forme d’embarras dans ta façon de narrer. La scène de cul. Je ne suis pas un pro (loin de là), mais je pense que ça manque de crudité dans l’écriture, ici c’est trop joli. Je vais peut-être me faire chambrer pour cette idée préconçue, mais une scène de cul entre deux mecs, pour moi (le plus souvent, je trouve) c’est « cash », animal, parfois brutal même et sans enrobage (dans les discours, pas de salamalecs on sait rapidement ce qu’on veut et on le fait clairement savoir, comme dans les actes). Alors, encore une fois, je ne dis pas que le romantisme dans le sexe entre deux mecs ça n’existe pas, mais tout ça pour te dire que ta scène à toi elle est trop proprette, trop mignonette (y’a du « sourire enfantin », de "l'enlacement", « des frissons » même si ok ok je ne dis pas qu’on frissonne chez les gays…), trop romanesque, (je t'en collerais moi de la "nudité triomphante" non mais sans blague !). Ok pour mettre de la rose, mais ne pas oublier la sueur. Ici, ton approche est disons trop délicate (j'allais dire féminine, mais on va me taxer de gros macho de base) quand tu parles des deux gars. Au-delà de la scène, pour résumer ma pensée sur la façon dont tu as abordé ton histoire, je répondrais à la question « peut-on traiter dans la FORME, une intrigue amoureuse homosexuelle et hétérosexuelle de la même façon ? », je dis… non. A mes yeux, tu n’as réussi à la traiter de façon convaincante car je n'y ai vu aucune différence. Mais là c’est un avis très personnel. Même les scènes de violence, d’action (déjà au demeurant difficiles à écrire) ne sont pas « assez couillues » si j’ose m’exprimer ainsi. Encore et toujours, tu poétises trop, tu sublimes ce qui ne mérite pas (à mes yeux j’entends) de l’être. Tu gâches encore de bons trucs. Fais chier. Je te donne quelques bricoles qui pour moi « le font pas » (liste non exhaustive) : Un moment ya ce dialogue : « Je comprends mieux. Quand tu termines, j’imagine que tu n’as qu’une envie, retrouver ton lit pour dormir ». Cette phrase de Matisse, tu vois, je n’y crois pas. Elle ne cadre pas, c’est tout. Ca fait « hors cadre ». Que ce soit avec ce qu’il vient de vivre (il sort d’une raclée) ou avec l’image que je me fais du gars (il le drague alors que juste avant le type s’est fait massacrer la gueule), l’effet est trop fabriqué, mal amené, on sent que pour provoquer ce qui va suivre, tu utilises un marqueur trop voyant (et dans le verbal comme l’est un dialogue ça se voit encore plus). Ici c’en est un et il ne fonctionne pas sur moi. Mais bon, de façon générale, les dialogues c’est pas trop ton fort, pardon de te le dire. Pourquoi commencer ton texte par « il » et ne donner le nom du héros plus tard ? Retarder les présentations avec le lecteur (quand l’identité n’est pas un mystère en soit), cela me gêne. « Il explora (…) ce qui semblait bien être une coupure » Bizarre le fait d’explorer du doigt une blessure (tâter ?). Une seule phrase pour résumer ce que je t’ai dit sur ton art de sublimer à outrance au point de rendre la phrase artificielle (alors que ta volonté était je pense de faire sourire le lecteur, ce qui marche un peu, mais crois moi le prix à payer est trop élevé et finira par ces effets de répétitions à nuire à ton texte) : « La puissance du jet d’urine, qui proclamait avec une arrogance toute masculine la virilité affirmée de l’instrumentiste » Des phrases in-ter-mi-nables comme "très vite, il avait simulé l’amour sans l’éprouver vraiment, multipliant les écarts sans souci de discrétion, avec la satisfaction trouble de donner à Bruno l’occasion de le voir et de le juger tel qu’il se jugeait lui-même, jusqu’à provoquer la dernière dispute dont il s’était emparé pour fuir à nouveau…" Après celle ci j'ai été me chercher un verre d'eau ! Voilà, mec. J’ai été bavard, j'ai paraphrasé à donf, j'ai été ultra redondant (mets cela sur la frustration), mais pour autant je ne pense pas t’avoir appris grand-chose car on en avait déjà un peu causer nous deux. W |
| dvb
20/5/2010
a trouvé ce texte
Très bien -
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Si de prime abord le personnage principal ne m'a pas semblé très avenant, voire même antipathique, c'est sans doute parce que tu le voulais tel. Pourtant il prend de plus en plus de relief au fil de l'histoire, ce qui fausse réellement cette première impression. Le fait qu'il soit un peu malléable pour les raisons de l'avancée de l'histoire en diminue un peu le charisme peut être.
Quoi qu'il en soit, il a une réelle consistance et prend vie à merveille dans tes phrases. Sur la structure du récit en lui-même, ce que j'ai le plus aimé, c'est l'évolution à travers les différents décors et leurs ambiances respectives, surtout qu'elle est doublée par une chronologie très paisible et constante. Mais j'ai trouvé dommage que cette nouvelle se termine, somme toute, par un "simple fait divers". |
| costic
30/5/2010
a trouvé ce texte
Très bien
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Un très beau texte, du début à la fin. On s'attache à ce personnage un peu perdu. La violence urbaine est très réaliste sans être caricaturale. Un minuscule détail m'a un peu gêné:
pour traverser au plus vite ce nuage de grêle.La comparaison climatique me semble bizarre dans le contexte. Ou alors, peut-être: comme on traverse au plus vite un nuage de grêle? Bref minuscule détail très subjectif. L'ensemble sonne juste, émeut. |
| caillouq
31/5/2010
a trouvé ce texte
Bien -
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Une première partie d'exposition très réussie, dommage que le Matisse perde ensuite sa violence (pourquoi cette violence ? Ca ne vaudrait pas le coup de nous en dire un peu plus ?) pour une histoire d'amour un peu trop simple (oui, certainement, on peut tomber amoureux en quelques heures et quelques coups réussis ... Pas de raisons qu'il faille toujours dix ans de carte du tendre pour que les deux hémisphères craquent de concert – ce qui serait, bien sûr, délicat à rendre in extenso dans une nouvelle. Mais quand même, le format nouvelle ne doit pas être incompatible avec le récit d'histoires d'amour un peu moins évidentes ...)
Dommage parce que l'écriture est vraiment agréable, incisive et précise. A suivre, en plus musclé ? |




