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Policier/Noir/Thriller
Layah : Sang chaud, esprit glacial
 Publié le 02/08/07  -  7 commentaires  -  4135 caractères  -  56 lectures    Autres textes du même auteur

Quand la fureur s'exprime pleinement...


Sang chaud, esprit glacial


Quand j’y pense, je me dis que ça devait arriver un jour. Toute cette haine inexpliquée que j’avais en moi, il fallait bien que ça sorte un jour. Aujourd’hui, j’ai eu l’occasion de tout évacuer, j’ai enfin eu une raison, c’est peut-être ce que j’attendais…



Je fais tourner mon verre d’eau entre mes doigts. Mes yeux sont fixés au fond, je pense furtivement que si je les y laisse assez longtemps, ils vont se noyer. Le policier assis en face de moi m’observe, je le sais. Ça fait une heure qu’il attend que je lui réponde.


« Pourquoi avoir fait ça ? Comment cela s’est-il passé ? »


La raison me semble évidente, le résultat est visible, il n’y a rien à ajouter.



Ce jour-là j’étais rentrée plus tôt chez moi. Mes parents étaient au travail, j’attendais que l’un d’eux rentre, je n’avais pas la clef. Il y avait du vent, je me suis abritée contre la baie vitrée, j’ai allumé une cigarette, et j’ai attendu. À un moment je me suis retournée pour m’observer dans la vitre, comme ça, et c’est là que je l’ai vue. Elle était là, en train de lire dans un fauteuil, me tournant à moitié le dos ; elle ne m’avait pas vue. Mon cœur s’est arrêté, puis s’est mis à battre la chamade. Elle tenait dans sa main un pull de mon père, elle le portait régulièrement à son nez pour respirer son odeur en fermant les yeux. Cette garce était chez moi, dans mon fauteuil, en train de sentir les affaires de mon père !


J’ai couru à la porte et ai tourné la poignée ; c’était ouvert.


« C’est toi mon amour ? Tu rentres tôt… »


Je traverse le couloir et viens m’appuyer contre le chambranle de la porte ouverte du salon. Elle est surprise, ouvre la bouche pour dire quelque chose, puis la referme. Je crois que c’est à partir de ce moment que j’ai commencé à ne plus pouvoir réfléchir. Je la fixe, et savoure la stupeur dans ses yeux. Tous mes muscles sont tendus.


« Qu’est-ce que vous faites là ? »


Ma voix ressemble à un grondement ; je n’ai pas envie de crier, je suis calme mais prête à l’assaut, comme un félin avant de fondre sur sa proie. La femme ne sait pas comment réagir, elle hésite, elle a presque peur. Elle s’est redressée dans le fauteuil et garde toujours dans sa main le vêtement de mon père.


« Euh, je m’appelle…

- Je me fous de votre nom.

- Je suis une amie de votre père…


Sale garce, la vérité est-elle si dure à dire ?


- Dégagez d’ici.

- Euh, j’attends votre père…


Je ferme les yeux. J’essaye de me contrôler mais tout mon corps tremble, des images sanglantes traversent mon esprit.


- Je vous ai dit de partir.

- Ce n’est pas ce que vous croyez. Votre père et moi nous nous aimons ».


Salope. Je ne l’ai pas laissée finir sa phrase. Avant que je m’en sois rendue compte j’ai bondi sur elle et ai serré mes mains autour de sa gorge. J’aimerais serrer tellement fort que son cou explose, qu’il y ait du sang partout ! Elle agite les mains, m’agrippe les cheveux. Ça me fait sourire tellement sa tentative pour se défendre est pitoyable. Si tu n’es pas capable de survivre, alors tant pis pour toi. Je passe ma main derrière sa tête et la fait basculer contre la table basse. Je frappe, et frappe encore. Cette pute ne bouge plus, mais je continue. Le sang coule sur la table et viens tacher le sol. Je l’ai enfin, cette mare de sang dont je rêvais…


Je suis totalement calmée. Je ne veux plus la voir, je sors de la maison.



J’ai attendu plusieurs heures que mes parents rentrent. Ironie, mon père est arrivé le premier. Je lui ai dit que sa copine était au salon. Il a ouvert de grands yeux, est rentré dans la maison, puis s’est mis à hurler. C’était moche. On ne devrait jamais voir ses parents pleurer. Il est ressorti pour vomir, puis a appelé la police.


La suite, la voilà. Je suis assise dans une salle d’interrogatoire, je n’ai pas revu mon père, ni ma mère. Je n’ai pas encore de regrets, je suppose que ça viendra. Mais pour l’instant je suis heureuse, satisfaite d’avoir enfin pu libérer cette violence qui était en moi. Je me sens vide. Je vais devoir raconter au policier, trouver une explication. Ensuite, affronter mes parents, et le reste, je m’en fiche…



 
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   Fattorius   
2/8/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Le titre est des plus attrayants. La scène capitale, celle de l'assassinat, est rondement menée. Sinon, on touche à une révolte d'adolescente, qui ne veut rien dire parce que ça lui paraît évident. Mais le personnage n'est pas bien dans sa tête, à mon avis...

Nota: la narratrice ne semble pas connaître l'amante de son père, et surtout vice versa - pourquoi sait-elle qu'il s'agit d'une "salope"?

   teeth   
3/8/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est très bien écrit, il n'y a rien à dire. La scène du meurtre nous montre que la narratrice a quelques problèmes psychologiques, et le tout me semble cohérent.

Pour répondre à Fattorius : si elle la traite de "salope", c'est à mon avis parce qu'elle la considère comme une voleuse. Elle est la maitresse du père de la narratrice et elle voit ça comme si on lui enlevait son père et pense à sa mère qui souffrera certainement. Après, on ne connaît pas la situation familiale.

   Cyberalx   
4/8/2007
 a aimé ce texte 
Bien
Je rejoins l'avis de teeth pour dire que je trouve ça bien écrit.
Le fait qu'elle la traite tout de suite de "salope" ne m'a pas gêné, c'est apparemment une adolescente à problèmes (euphémisme), et puis c'est nettement moins choquant que le fait qu'elle la bute en deux temps, trois mouvements.

On m'a reproché assez justement le fait qu'une personne ne s'emballe pas aussi vite dans la folie à moins d'y être soigneusement préparée (un peu givrée, quoi), peut être qu'un aperçu de sa folie latente aurait été judicieux en préambule ?

Je trouve que la phrase :"Quand j’y pense, je me dis que ça devait arriver un jour. Toute cette haine inexpliquée que j’avais en moi, il fallait bien que ça sorte un jour. Aujourd’hui, j’ai eu l’occasion de tout évacuer, j’ai enfin eu une raison, c’est peut-être ce que j’attendais…" ne suffit pas à justifier le comportement (qu'on peut qualifier d'excessif ?) de la "tueuse".

   Pat   
15/8/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Classique le thème (dans la réalité) mais le traitement est un peu trop court... En fait ça me rappelle certaines microfictions de Régis Jauffrey, qui sont aussi implacables. Ca fait froid dans le dos quand même. Sans doute est-ce ce qui est recherché. Enfin, moi, ça me met mal à l'aise... Et je n'aime pas trop ça. Mais le style est tout à fait adapté, c'est bien écrit...

   Bidis   
10/9/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Absolument efficace, bien écrit mais trop court.
Le fait que l'ado traite l'autre de "salope" de prime abord ne me choque pas du tout. Les personnes jeunes ont quelquefois des a priori extrêmement violents et ici, il s'agit de l'amie du père...

   carbona   
5/8/2015
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime beaucoup le début : le suspense est bien ménagé, c'est très plaisant.

La scène du meurtre arrive un peu vite, j'aurais bien aimé que la confrontation dure plus longtemps entre les personnages.

Je trouve difficile à croire que la maîtresse soit au domicile du couple alors que femme et enfants peuvent arriver à tout moment. Enfin, j'imagine que ce sont des choses qui doivent arriver.

J'apprécie votre écriture simple et directe qui donne un bon rythme au texte.

A vous relire !

   cherbiacuespe   
25/7/2021
 a aimé ce texte 
Bien
C'est court, efficace, écrit sans détours inutiles. Ce qui peut suffire. Pourtant, intuitivement, l'impression me titille qu'il manque quelque chose. La colère légitime du père peut-être ou ce que je trouve une petite incohérence : la femme qui détourne le mari attend son amant qui va arriver avec la femme trompée. Pas très discret.


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