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Sentimental/Romanesque
Louison : La toupie voyageuse
 Publié le 19/10/18  -  10 commentaires  -  16756 caractères  -  40 lectures    Autres textes du même auteur

Une jeune femme un peu routarde voit son projet de voyage avorté à cause d'un accident bête qui l'immobilise. Alors elle rêve ses balades, les dessine, coincée dans sa chambre de petite fille.


La toupie voyageuse


« Faire » Saint-Jacques-de-Compostelle. Un rêve. Devenu un beau projet concocté avec mes amis, Florian, Luce et Léa. Départ depuis Le-Puy-en-Velay. Nous avons préparé avec grand soin notre programme de voyage, vérifié les sacs à dos, les chaussures de marche, les cartes, la trousse de premiers secours, tout.


Les yeux pétillants, nous étions prêts.


Mais ça c’était avant. Juste avant l'accident.


Parfois les choses ne se passent pas exactement comme prévu. La veille du départ, j'ai chu, bêtement. Le truc stupide. Je portais une panière de linge bien repassé dans les bras, et j'ai confondu la porte de la chambre et celle qui mène au sous-sol. J’ai dégringolé l’escalier en ciment. Trois mètres en roulé-boulé. Bilan : deux côtes fêlées, les deux tibias fracturés, et des hématomes un peu partout. Deux mois d'hospitalisation, d’immobilisation puis la rééducation. Des broches qui me traversent des genoux aux chevilles et me font ressembler à un cochon sur son tournebroche.


J’ai trente-deux ans. Je suis en convalescence dans ma chambre de petite fille, chez ma mère. Mon projet est en miettes, comme moi. Et je m’emmerde.


***


Durant l'hospitalisation mes amis étaient très présents, puis la date du départ est arrivée et ils sont partis sans moi sur les routes de Compostelle. J'aurais aimé qu'ils annulent tout et qu'ils restent à mon chevet. Moi, c'est ce que j'aurais fait. C'était un projet de groupe. « Il y a les réseaux sociaux, m’a dit Luce, on reste en contact. »

Tu parles !


Seule dans ma chambre, j’ai laissé rouler les larmes sur mes joues. La douleur, mais aussi la déception et une pointe de jalousie. Et puis l’angoisse du futur. À quoi va ressembler mon corps après tout ça, mes jolies jambes que j'adorais montrer sous des jupes légères. « Tu es forte et volontaire, tu seras vite sur pied. » Je l'ai entendue une bande de fois cette ritournelle. De la volonté, j’en ai, mais pas tous les jours. Est-ce que ma vie sera normale après ? Quel sera le regard des gens sur mon corps amoché ? Léa m’assure que ce n'est que partie remise, que nous ferons d'autres voyages. — Bien sûr Léa, si mon corps se répare bien, si la vie me le permet. Si, si…


Mes journées sont mornes et répétitives. Les soins du matin, entrecoupés par les visites de maman qui profite du moindre moment où elle peut se glisser dans la pièce, derrière le kiné ou l'infirmière. Elle trouve tous les prétextes pour jaillir comme un clown qui sort de sa boîte. Elle m'apporte un plateau-repas, ou un jus d'orange, ou un journal, toujours avec ce sourire inquiet.


— Ma pauvre chérie, dans quel état tu es... mais je suis là pour m'occuper de toi.

— Merci maman, tes mots me réchauffent le cœur, vraiment.

— C'est vrai ? me dit-elle joyeusement.

— NON MAMAN, ce n'est pas vrai ! Ça ne m'aide pas ce genre de phrase ! TU ne m'aides pas ! Tu ne comprends pas que je suis là au lieu d'être sur les chemins avec mes potes, que mes rêves s’écroulent !


J’ai parlé un peu fort, j’ai peut-être même crié.

Vexée, elle quitte la pièce. Je voudrais être moins dure avec elle, je n’y parviens pas.


***


Ce matin, Joséphine, la kiné, est là pour ma gymnastique passive quotidienne. Elle tire sur mes articulations, lève mes jambes, appuie, soulève, étire. Je suis son pantin. Alors pour zapper ce « moment inconfortable », je laisse mon esprit vagabonder. Je me mets en mode « voyage intérieur », j'oublie ma chambre et Joséphine qui me malaxe comme le boulanger pétrit son pain. J'oscille entre rêve et réalité. J'ai découvert que c'était un moyen très puissant d'échapper à mon présent. Je ferme très fort les paupières, je me concentre intensément et mon esprit s'évade, je pense à mes dernières lectures et je m'imagine sur les traces de Sylvain Tesson dans les forêts glacées de Sibérie, ou de Stevenson et son âne sur les plateaux des Cévennes. Je me libère de mon corps, je vogue dans un univers que je construis à ma guise, je tiens la douleur à distance. J'y parviens de mieux en mieux. Et puis Sylvain Tesson est un modèle pour moi, j’aime son écriture, j’aime sa force de caractère, j’aime sa personnalité.


Pendant que Joséphine s'active sur mon corps amolli, me revient le souvenir d’un voyage en Auvergne. C'était il y a deux ans.

Paupières closes, je décontracte mes muscles. Les mains de Joséphine font leur travail. Je les sens encore, mais de moins en moins, sa voix s'éloigne. C’est comme si je quittais ma chambre aux murs clairs. Comme si je marchais dans le sous-bois moussu, je m’imagine faisant attention aux racines noueuses qui affleurent tout le long du sentier et qui sont comme des pièges, prêtes à me faire un croche-pied qui me précipiterait dans le ravin plein de ronces. Je vois un ciel limpide, bleu comme les myosotis. Je parcours les montagnes jaunies par la gentiane odorante. De-ci, de-là quelques taches rousses, ce sont les vaches de Salers avec leurs grandes cornes en forme de lyre et leurs yeux si doux. La marche est agréable dans ces montagnes verdoyantes. J'ai une vue à couper le souffle sur le Capucin, ce mont dont le profil ressemble à un moine encapuchonné. Autour de moi, des prairies où les moutons paisibles forment des grappes immenses derrière les pieux de bois qui tendent les barbelés. Je tape dans les herbes hautes avec la pointe de mon bâton pour faire fuir l'éventuelle vipère. Me voici arrivée près de la Grande Cascade, j'entends le tumulte de ses flots. Elle se jette gracieusement du haut de la montagne, elle éclabousse joyeusement la roche sombre. Je domine le village du Mont-Dore, ses toits gris-bleu et la place du marché avec ses parasols colorés. La cascade se déverse, majestueuse, et m'envoie un brouillard de gouttelettes rafraîchissantes. Je respire le doux parfum des violettes. J'entends une voix au loin. Des promeneurs vont gâcher cet instant de sérénité. J’ouvre les yeux, je vois les grosses joues de Joséphine au-dessus de mon visage.


— Victoire ! Aidez-moi un peu, je vais masser votre dos, je dois vous retourner.


La douleur est là, à nouveau, violente comme mille poignards qui me transpercent. Dur retour à la réalité.


— Il faut que je mette vos jambes en dehors du lit sans toucher vos broches. Allez, on compte ensemble. À trois, je vous retourne : un, deux, trois !


Joséphine a joint le geste à la parole et me voici sur le ventre. Je dois ressembler à un lézard mort.


— Joséphine ! Vous m'avez déconnectée du Mont-Dore. C'était comme si j'y étais vraiment !

— Et vous, vous m'avez abandonnée. J'ai fait le boulot toute seule et j'ai eu l'impression de préparer de la pâte à pizza, répond ma super kiné en me donnant une claque sur la fesse. On ne peut pas dire que vous m’aidez beaucoup ! Allez, je vous installe dans votre fauteuil, votre maman viendra vous recoucher dans une heure, à son retour du marché. À demain, Victoire !

— Oui, je sais, même heure, même endroit. À demain Joséphine.


Elle ramasse son matériel et me fait un petit signe de la main, son visage de ragondin m'envoie un dernier sourire et je me retrouve seule. C'est vrai qu'elle ressemble à un ragondin, avec ses dents un peu longues et ses joues rondes, comme gonflées vers le bas. Un ragondin ou un cochon d'Inde. Je pleurerais bien un peu moi, mais je pense à Sylvain Tesson.


Alors je tourne autour de mon lit.


J'ai demandé qu’il soit placé au milieu de la chambre. J’en fais le tour, je suis une toupie qui voyage dans son crâne. Quand ma tête tourne je m'arrête et je prends mon carnet de voyages. Je peins mes rêves à l'aquarelle. Une cascade, un ruisseau, un pinson en haut d'une branche. J'aime bien les pinsons. Dessiner est comme un second voyage. Les images se fixent pour toujours, je gomme le nuage gris ou l'ortie généreuse, je place deux papillons jaune pâle, vous savez ces petits papillons qui volettent toujours en couple. Les toits d'ardoise du Mont-Dore et la Dordogne qui traverse la ville, encore jeune et étroite, prennent forme sous le pinceau humide.


***


Sur la table de nuit, le réveil indique quinze heures. C'est le réveil que j'ai eu pour mes sept ans. Au bout de la grande aiguille, un Mickey avec une valise qui bouge. C'est un signe, ça, non ? Un signe que je suis faite pour voyager. Sur le bureau de ma chambre d'enfant trône une grosse mappemonde ancienne aux couleurs passées. Les mers sont d'un bleu qui tire largement sur le vert, les continents d'un jaune affadi par les ans. J’aime cet objet offert par mon grand-père. Il m'apprenait à me repérer sur la grosse boule. J'adorais ça. « Allez trouve-moi le Burkina Faso, me disait-il en faisant pivoter le globe. » Burkina Faso capitale Ouagadougou, un nom pareil ne pouvait être que loin, très loin. Je cherchais, je trouvais, alors Grand-Père sortait l'Encyclopédie et tournait les pages, me montrait Ouagadougou, me situait le pays, me contait l'Afrique, me demandait de lui dessiner le drapeau du Burkina Faso. Je suivais son doigt qui désignait le fleuve Mouhoun. « Maintenant cherche l'Inde. » Et on recommençait. Le globe, l'Encyclopédie, les fleuves, la population. J'adorais ces moments. Je disais à Grand-Père : « Un jour, c'est sûr, j’irai dans tous ces pays ».

Je regarde en soupirant Mickey qui balance sa valise, tic-tac, tic-tac.


***


La porte d'entrée s'ouvre au bout du couloir.


— Coucou Victoire, c'est maman. T'es là ?


Je suis toujours impressionnée par cette faculté qu’elle a à poser des questions idiotes qui ne demandent aucune véritable réponse.


— Non maman, je suis partie faire un jogging dans le petit bois, dis-je en soupirant.

— Oh Victoire, excuse-moi, c'est l'habitude, je n'ai pas fait attention. Je te remets dans ton lit ? Tu as fait quoi aujourd'hui ? Tu as faim ?


Tout ça presque sans respirer.


— Oui, j’ai faim et je n’ai rien fait aujourd’hui, comme hier d’ailleurs. Tu peux me passer le bassin ?


Elle sourit en me tendant l'ustensile et me claque une bise sonore sur la joue, puis s'assoit sur le bord du lit.


— Maman, tu fais quoi, là ? Tu ne vas quand même pas rester là alors que je suis en train de pisser ?

— Tu as besoin de moi, je vais t'aider, je suis ta mère quand même.

— Ah non ! Tu décampes et je t'appellerai quand j'aurai fini.


Je lui lance mon regard tueur et elle sort précipitamment, en prenant un air de caniche blessé. Je sais comment elle réagit, je suis sûre qu'elle attend derrière la porte. Je laisse passer cinq bonnes minutes.


— Tu peux venir, maman, j'ai terminé.


Elle attend un instant avant d'ouvrir la porte, les lèvres un peu pincées et me débarrasse de l’infâme gamelle remplie.


— Je sais que c'est difficile pour toi, me dit-elle à voix basse, mais dis-toi que ça l'est aussi pour moi. J'ai du mal à te voir comme ça, assise ou couchée et je fais de mon mieux.


Elle m’agace. Moi la routarde, elle, la casanière. Comment pourrait-elle comprendre mon besoin d'évasion. Elle, son jardin lui suffit. Elle n'a jamais quitté son lopin de terre. Elle vit l'aventure les pieds dans ses chaussons, à travers les bouquins qui emplissent la bibliothèque du salon.


Ça y est, elle va pleurer. Je prends sur moi pour ne pas lui dire combien elle m'exaspère.


— Je vais préparer le dîner, réplique-t-elle en quittant la pièce l’œil humide.


Je m'en veux d'être si peu aimable.


***


Cette nuit, mes rêves m'ont emportée sur la banquise, aux côtés d'un guide brun aux yeux cobalt. Je me demande si ce n’était pas Sylvain. Nous marchions dans une nuit claire, c'était plutôt plaisant. La banquise renvoyait des reflets bleus comme ses yeux. Je voyais ses grands cils givrés battre au ralenti. Le traîneau glissait dans un paysage nu, pur, où le ciel et la terre se rejoignaient. Le bivouac dans un igloo comme posé là pour nous, le thé brûlant et nos corps sur des peaux de bêtes. Et c'est au moment précis où nous nous rapprochions enfin, emplis de désir, que maman est entrée dans ma chambre avec le petit déjeuner. J'ai été immédiatement extirpée de ce délicieux moment. La Sibérie avait disparu et mon guide aussi. De toute façon, je suis contre les peaux de bêtes mortes, ce rêve était une erreur. Des peaux de bêtes ! Mais où je vais chercher ça ?


— Il fait grand soleil ! m'annonce maman en ouvrant les rideaux avec énergie. Il faut profiter du beau temps, veux-tu déjeuner sur le balcon ?


Elle est toute guillerette ce matin. Elle a mis du rose à ses lèvres et porte un joli haut coloré qui l'illumine.


— Eh bien maman, tu me sembles bien joyeuse, il y a quelque chose de particulier ?

— Oh non, ce doit être le soleil. Je me sens en forme. Tu as des nouvelles de tes amis ?

— Ils avancent, ils avancent. Leur crédenciale est déjà bien tamponnée. Ils sont presque arrivés dans le Gers et le beau temps est avec eux. Mais ça t'intéresse ?

— Tu sais, me dit-elle en s'asseyant sur le coin de mon lit, lorsque j'avais vingt ans, je suis partie en Corse faire le GR 20 avec deux amis.


J'en reste bouche bée. Elle ne me l'avait jamais raconté. Elle continue d'une voix étranglée.


— Ces deux amis étaient tous les deux amoureux de moi et je ne le voyais pas. J'étais un peu sotte, j’en conviens. L'expérience du GR 20 était fabuleuse, cela m'apprenait à dépasser mes peurs, à forcer mon corps. Mes amis rivalisaient de petits soins pour moi. Et puis un jour...


Sa voix se casse. Je prends sa main dans la mienne. Je sens que l'instant est particulier.


— Raconte, maman, tu es tombée amoureuse duquel ?

— Un soir où le froid avait remplacé la chaleur de la journée, nous avions placé notre campement en retrait du chemin, bien à l'abri derrière des roches, Pierre l'un des deux garçons est tombé malade. Nous n'avions pas de téléphone portable à ce moment-là, nous étions seuls et loin de tout. Dans la nuit, il a eu beaucoup de fièvre et d'énormes douleurs au ventre. On ne savait pas quoi faire pour le soulager. On était seuls dans le maquis. On a appelé au secours, personne ne nous entendait. Au petit matin il était décédé. Les médecins ont conclu qu'il avait eu une péritonite. Depuis cette terrible histoire, je n'ai plus aimé voyager. J'ai toujours peur qu'il arrive quelque chose.


De grosses larmes coulent sur ses joues.


— Et l'autre garçon ?

— On ne s'est pas revus après l'enterrement de Pierre. Et quelques mois après j'ai rencontré ton père qui lui était un grand voyageur, comme tu le sais, puisqu'il est parti acheter des cigarettes lorsque tu avais quatre ans, et n'est jamais revenu.


Je suis bouleversée par l'histoire de maman. Tout s'éclaire en moi. Maman que je trouvais coincée dans sa petite vie étriquée, maman qui me couve trop.


On s'étreint, on pleure, on rit.


***


Les dernières semaines de mon immobilité sont passées assez vite. Aujourd'hui, je suis debout. Je n'ai plus ces broches qui traversaient mes mollets. Elles ont laissé place à des petits cratères bleuâtres. Les copains sont autour de moi. J'ai décidé de rester encore un peu dans la maison de mon enfance. Finalement ça a du bon de se faire dorloter par sa mère. On a passé tellement de temps ensemble que nous avons appris à nous apprécier vraiment, les liens qui se sont tissés sont plus forts que jamais.


— On lève notre verre à la santé de Victoire, notre toupie courageuse ! lance Luce en approchant sa coupe de champagne de la mienne.

— Et moi, je suis ravi de te dire qu'on a bien avancé sur le projet trekking, on part dans un an ! annonce Florian en brandissant une grande enveloppe en papier kraft.

— Je suis tellement contente, dis-je en prenant le document. Un an, ça me laisse le temps de me remettre en jambes, si je puis dire. Je serai juste un peu triste de laisser ma petite maman qui m'a été si précieuse durant mes mois de galère et à qui je demande pardon.


Maman me regarde avec tendresse, l'œil pétillant :


— Tu sais que je suis encore jeune, je n'ai que cinquante-trois ans. Je suis encore capable de faire de belles randonnées, moi aussi. Mais regarde plutôt les papiers de Florian.


Je saisis les divers feuillets, les itinéraires en couleurs, les lieux d'hébergement, les billets d'avion pour nous quatre. Je compte cinq billets. Je regarde chacun de mes amis d'un air interrogateur, puis maman qui me lance :


— Eh ! J'ai presque un an pour m'entraîner avec toi. Alors vous m'emmenez dans vos bagages. Enfin, si tu veux bien.


Je sauterais bien au plafond si je pouvais. Faire un trekking avec ma mère, même dans mes rêves les plus loufoques, je ne l'aurais pas imaginé. C'est une super idée.


— Et pour le trekking au Népal, hip hip hip ! s'écrie Léa.


Tous ensemble, verre levé, sourire aux lèvres nous crions :


— Hourra !




 
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   izabouille   
28/9/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai vraiment bien aimé cette nouvelle, elle m'a emportée dès le début.
Le comportement cruel de Victoire vis-à-vis de sa mère est un peu déroutant mais au fur et à mesure, on comprend mieux pourquoi.
C'est une nouvelle qui fait voyager, on passe de l'Auvergne à la banquise en passant par la Corse.
J'ai adoré la réplique de la mère à propos du père qui est parti chercher des cigarettes.
Il y a juste cette phrase qui, je trouve, ne sonne pas très bien : "Je l'ai entendue une bande de fois cette ritournelle." Je propose "un millier de fois", ça sonnerait plus juste

Merci pour ce bon moment de lecture et pour le voyage!

   plumette   
9/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
j'ai été émue par ce texte auquel je trouve des accents de vérité vraie!

l'écriture est fluide, je lui reproche juste une abondance d'adjectifs qui affadissent un peu le propos lors des descriptions de paysages: les racines noueuses, le ciel limpide, la gentiane odorante et les moutons paisibles... alors que globalement il y a une très belle tonalité.

J'ai vraiment aimé, l'évasion par la pensée pendant que la kiné travaille, la relation mère/fille qui se transforme, les fantasmes autour de Sylvain Tesson avec une petite note d'humour bienvenue.

mon petit bémol concerne la fin car les conséquences du rapprochement mère/fille sont tout de même un peu too much! est-ce vraiment une super idée ce trekking en commun?

A vous relire

Plumette

   Thimul   
19/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un bon moment de lecture
Une écriture fluide, des dialogues qui sonnent juste.
J'ai voyagé avec le personnage.
Petite réserve sur la fin qui me parait trop lisse et très "tout le monde il est beau..."
Merci pour ce texte.

   hersen   
19/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bien racontée, cette histoire de Compostelle qui n'en fut pas laisse une agréable impression.

j'ai particulièrement aimé le passage kiné/rêve de voyages. Marcher dans sa tête pendant que la kiné masse les jambes.

J'aime beaucoup la fin. Par contre, je la trouve racontée de manière convenue. je ne sais pas vraiment expliquer, mais il me manque un petit quelque chose; Chez la mère ? chez Victoire ? chez les amis ?

ceci dit, bon boulot, Louison ! :))

   solo974   
20/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Louison,
J'aime beaucoup votre nouvelle.
Outre votre titre, particulièrement bien choisi selon moi car très incitatif, j'ai beaucoup apprécié la façon dont le récit est construit et les dialogues entre la mère et la fille.
Enlevés, vifs, ils contribuent à donner à votre texte son rythme si particulier et si personnel.
La façon dont la relation mère-fille évolue constitue également un gros plus, de mon point de vue : j'ai complètement adhéré au passage - très émouvant - sur le GR 20.
Merci pour cette belle découverte et excellente continuation à vous !

   in-flight   
20/10/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Pour une instant mère/fille, j'avais peur de tomber dans plus psychologisant. Mais vous avez su vous contenir.
L'obligation de la narratrice à se fabriquer des mondes imaginaires, à rêver, m'a rappelé un peu " Le scaphandre et le papillon" . Bien entendu, votre texte est moins tragique et l'immobilisation constitue ici un handicap temporaire.
L'anecdote de la mère ne semble être là que pour justifier un père démissionaire. Elle ne m'a pas semblé authentique dans la bouche de la mère. Les références à Tesson sont un peu redondantes (même si j'aime également le bonhomme:). Pas fan du "happy end" non plus mais globalement l'écriture est bonne et j'ai eu envie d'aller au bout de votre histoire.

"Ouagadougou, un nom pareil ne pouvait être que loin, très loin."--> "Détrompez-vous, y'a "Pontault-combault" en région parisienne. Dans un registre moins voyelle ouverte, on a également "Cérans fouletourte" ou "Sillé le Guillaume", des toponymes qui permettent de s'évader à moindre frais" ;)

   Louison   
23/10/2018

   Annick   
6/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé ces voyages immobiles. Victoire sait compenser ce repos forcé par un vagabondage en pensée qui la comble véritablement.

Ce que j'ai apprécié, ce sont ces deux récits qui se superposent : l'un, le repos forcé de Victoire agrémenté de voyages imaginaires, et l'autre, les relations de Victoire avec sa mère qui vont évoluer et virer à 180 degrés.
Leur point commun : Justement un voyage. Et pas n'importe lequel puisqu'il s'agit d'emprunter le GR20, mythique sentier de randonnée qui traverse la Corse. C'est le noeud de l'histoire qui va faire basculer les relations entre mère et fille dans le bon sens. Sans compter le décès de cet ami...

Ce récit est bien construit et l'écriture est fluide et agréable.

Juste deux point à revoir, je pense. J'aurais mis deux points après "répétitives" sinon, il manque un verbe principal dans la deuxième phrase :
"Mes journées sont mornes et répétitives : les soins du matin, entrecoupés par les visites de maman qui profite du moindre moment où elle peut se glisser dans la pièce, derrière le kiné ou l'infirmière."

Dans la phrase suivante, il y a trop de pronoms relatifs "qui" qui s'enchaînent et alourdissent la phrase :
"Comme si je marchais dans le sous-bois moussu, je m’imagine faisant attention aux racines noueuses QUI affleurent tout le long du sentier et QUI sont comme des pièges, prêtes à me faire un croche-pied QUI me précipiterait dans le ravin plein de ronces."

Victoire et la petite fille dans "Petite fée" ont un point commun : un imaginaire débordant.

J'ai beaucoup aimé ce récit plein de spontanéité. Et j'ai adoré le happy-end. Je suis ultra sensible et je suis tristounette quand l'histoire finit mal. J'apprécie quand les difficultés sont surmontées. Cela me fait un bien fou !

   Jano   
8/11/2018
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai beaucoup aimé cette histoire jusqu'à la révélation de la mère sur sa randonnée tragique en Corse. Là j'ai trouvé que c'était un peu tiré par les cheveux, moins crédible. Et le fait qu'elle parte au Népal avec sa fille m'a laissé vraiment dubitatif. D'un récit simple et émouvant vous tombez dans une sorte de sentimentalisme naïf. Je trouve dommage ce choix qui place votre récit réaliste dans de la pure fiction. Certains trouveront que ça tient la route, moi je suis plus difficile.
Au niveau du style c'est très agréable à lire, propre et limpide, parfait pour ce type de nouvelle.

   HTFelize   
9/11/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Cette tranche de vie immobile est prenante, le récit est vif, rapide, et parfois apaisé des paysages dans leur description.

J'ai bien aimé dans l'ensemble, et le jeu un peu cruel de la plaignante immobile envers une mère qui semble la nounou rêvée quoique fatigante en effet par moment, donne du tonus à l'action.


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