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Sentimental/Romanesque
Lys : Mon personnage préféré
 Publié le 22/03/19  -  13 commentaires  -  18240 caractères  -  120 lectures    Autres textes du même auteur

Le quotidien sentimental d'une jeune femme dans le métro.


Mon personnage préféré


Arthur doit avoir vingt-cinq ans et semble habiter dans le onzième ou le vingtième arrondissement. Je le vois tous les jours de la semaine à la station de métro Alexandre Dumas. Tous les matins vers sept heures dix-sept. Je n'ai jamais su où il allait, je descends avant lui, à Anvers.

Il n'aime ni les gens, ni le tumulte et encore moins les bousculades. Il s'écarte toujours comme s'il laissait une distance entre lui et le monde. Ses mains commencent à se crisper à sept heures vingt, quand le métro arrive. Alors, je lui souris pour qu'il se détende mais il ne me voit pas, sans doute parce qu'il ne me regarde pas. Il n'est pas méprisant, non, simplement timide. Il y a deux semaines, à sept heures dix-neuf, il a fait tomber son pass Navigo à mes pieds. Bien sûr, je l'ai ramassé avec hâte dans le but de lui rendre. Il n'a pas prononcé un mot. Il était pressé, je n'ai pas eu le temps de voir son prénom en entier sur la carte qui venait de s'échapper de sa poche. Je sais que ça commençait par la lettre A. Arthur c'est sympa et ça lui va bien.


Sept heures treize. Je suis en avance. J'ai reconnu sa veste en cuir au loin, Arthur est déjà sur le quai avec un livre à la main : L'attrape-cœurs de J.D Salinger. Je suis sûre que, comme moi, il trouve le style lourd à cause des répétitions et de la monotonie du vocabulaire. Il a ri en regardant la page de couverture, il doit être un grand adolescent. Ça se remarque facilement à sa tenue d'ailleurs : t-shirt blanc, pantalon noir et Chelsea marron. Il passe sa main dans ses cheveux bouclés et met ses écouteurs. Que va écouter Arthur ? Les Stones peut-être, ça me dit bien. Le métro arrive, il prend une grande inspiration, alors, je lui souris pour lui donner du courage. Il a détourné le regard, impassible. Je lance mon iPod : You Can't Always Get What You Want.


Sept heures dix-sept. La même station, le même environnement, le même Arthur à la tête penchée. Il a l'air d'avoir fini son livre de vendredi dernier, cela veut dire qu'il n'a pas eu de week-end chargé. Je l'imagine en pyjama, des lunettes sur le nez, un café et un cendrier plein à craquer posés à ses côtés. Il n'a pas bonne mine. Je savais que L'attrape-cœurs ne lui plairait pas. Il n'a pas la tête d'une personne qui vient de terminer un bon roman. Un homme vient lui demander une pièce, il a l'air contrarié de refuser. Je lui souris pour le soutenir mais il a l'air gêné de savoir que j'ai vu la scène. Demain je prendrai Oona & Salinger de Frédéric Beigbeder à la main, il verra que l'on est sensibles aux mêmes choses.


Sept heures quinze. Je parcours un livre que j'ai déjà lu deux fois. Je le mets en évidence mais de façon naturelle. Arthur est sur son téléphone, il a l'air d'avoir des choses importantes à régler. Je me demande comment se passent les soirées en sa compagnie. Il n'a pas l'air d'être très « connecté », je ne l'ai pas trouvé sur Instagram. Il doit savoir profiter du moment présent. Il se pince les lèvres. Des mots de Baudelaire me viennent en tête : « Je préfère au constance, à l'opium, aux nuits, l'élixir de ta bouche où l'amour se pavane ». Il répond à un appel. Je sens qu'il est nerveux, il se mord violemment l'intérieur de la bouche. Je lui souris pour qu'il se calme mais il lève ses yeux au ciel à cause de sa conversation. J'irai acheter une bouteille de vin en rentrant ce soir.


Sept heures dix-sept. Ce matin je suis de bonne humeur alors j'écoute Pour un flirt de Michel Delpech. Arthur est arrivé avant moi. Je vérifie que le volume sonore ne soit pas trop élevé pour qu'il n'entende pas. Je parie qu'il préfère Quand j'étais chanteur, ça lui ressemblerait bien. Je suis sûre qu'il apprécie la variété française autant que moi. Je me sens quand même un peu honteuse de mes goûts musicaux, c'est moi qui baisse la tête aujourd'hui. J'ai senti son regard se poser sur moi. Peut-être que j'ai soufflé un peu fort à cause de l'enfant qui a gâché mon plaisir en pleurant. Peut-être que je lui plais. Si c'est le cas, je ne peux pas l'ignorer plus longtemps, je suis obligée de lui faire un sourire pour le rassurer. Je pourrais me damner pour un seul baiser volé, pour un flirt avec toi...


Sept heures trente-deux. Je déteste le jeudi et je suis en retard. La journée commence mal, la journée commence sans Arthur. Il a sans doute remarqué que je n'étais pas là, je me demande bien quelle a été sa réaction. Il est hors de question que je loupe le dernier matin de la semaine qui annonce deux jours d'absence. Il faut que je regarde la météo, comment vais-je m'habiller demain ?


Sept heures quatorze. Arthur porte une chemise blanche aujourd'hui et un Levi's brut. Son regard est fixe. On est vendredi, d'habitude les gens sont contents. Pas lui, pas moi. On sait tous les deux que nos habitudes de la semaine seront mises sur pause. Est-il, lui aussi, angoissé de ne pas savoir ce que je vais faire de mon week-end ? De mon côté je panique. Non, je ne pense pas que ce soit le genre de personne à faire la fête à outrance, mais il sait sûrement profiter des plaisirs de la vie. Il ne doit pas voir que je grimace. Je lui souris pour me détendre. Il me répond d'une moue. C'est sûr, il a le spleen.


Sept heures dix-sept. Le lundi est une journée compliquée pour tout le monde, même pour Arthur. Il n'a pas eu le temps de se coiffer. J'ai voulu faire un effort pour qu'il me remarque aujourd'hui mais il regarde ses pieds. À quoi pense-t-il ? Il se demande si un univers d'antimatière est relié au nôtre, si l'assassinat de Jules César a eu lieu le 15 mars 44 ou 42 avant Jésus-Christ (moi aussi j'hésite toujours), si les Liaisons dangereuses a une morale ou si Under Pressure est la plus belle chanson de Queen. Il est préoccupé par un de ces thèmes, ça se voit bien. Il fronce les sourcils. Le contact de la matière et de l'antimatière annihilerait notre univers. Le lundi matin Arthur songe à la fin du monde. Je lui souris pour qu'il se sente moins seul, il m'a fait un signe de la tête. Nos particules s'attirent.


Sept heures vingt. Je suis debout. Arthur est à ma droite, juste à côté de moi. Sans tourner la tête j'arrive à voir ce qu'il fait. Il range un livre dans son sac à dos. Gatsby le magnifique. C'est le moment ou jamais d'engager la conversation : j'aime beaucoup F. Scott Fitzgerald. Comment l'aborder ? En citant l'œuvre. Rien ne me vient à l'esprit. « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » Pas assez entraînant. « Et nous luttons ainsi, barques à contre-courant, refoulés sans fin vers notre passé. » S'il n'a pas lu la fin il ne saura pas où je veux en venir. Je vais d'abord lui sourire et intervenir ensuite. J'ai trouvé ! « Tout un chacun croit deviner en lui une qualité fondamentale, et voici la mienne : je suis une des rares personnes honnêtes qu'il m'a été donné de connaître. » J'ai mis trop de temps à réfléchir. Le métro vient de partir sous mes yeux, Arthur aussi.


Sept heure vingt. Le métro va arriver, Arthur n'est pas là. Je ne peux m'empêcher de penser à ma défaite d'hier. « Je garde l'idée que la vie d'un homme se manifeste comme un échec ; ce qu'il a tenté, il ne le réussit pas. Il ne réussit même pas à penser ce qu'il veut penser ou à sentir ce qu'il veut sentir. Cela aboutit en somme à un pessimisme absolu. » Merci Sartre de me plomber encore plus le moral. Je ne sais pas ce que Freud en penserait. Sûrement que c'est une pulsion sexuelle inconsciente qui m'empêche de me rappeler des citations lors de moments opportuns. Je caricature mais je ne souris pas ce matin.


Sept heures dix-sept. Je descends les escaliers. Arthur passe en vitesse à côté de moi et me frôle. Le son de ses écouteurs est à un volume élevé, je crois avoir reconnu ce que c'est. En fait, j'hésite avec deux morceaux qui n'ont, évidemment, rien à voir entre eux. You Give Love A Bad Name de Bon Jovi. I Believe In A Thing Called Love du groupe The Darkness. Il est soit blessé en amour, soit en train de tomber amoureux. Sa musique était très forte quand il est passé à côté de moi. Il y a forcément un message implicite à saisir. Je le rejoins sur le quai mais il est trop loin de moi pour que j'entende mieux ce qu'il écoute. S'il répond à mon sourire, il écoute The Darkness. S'il m'ignore, il écoute Bon Jovi. Il regarde devant lui, il entre dans le métro.


Sept heures quinze. Voilà, c'est le dernier jour de la semaine. Je suis assise. Arthur marche sur le quai, il se rapproche de moi, il ralentit. Il lève la tête. Je lui lance un sourire amical mais son regard me paralyse. Je ne dois pas avoir l'air naturelle. Ses lèvres bougent. Il me demande si je vais bien. Il s'intéresse à moi. Je lui fais un signe de la tête, puis lui pose la même question. Il me répond « comme un vendredi ». Je déteste cette expression mais j'aime beaucoup sa voix. Il ne s'éloigne pas mais ne parle plus. On doit être dans le même état : légers. « Comme un vendredi. » Vendredi dernier il me semblait blasé, là, heureux. Comment interpréter sa réponse. Et si c'était moi qui le rendais joyeux ?!


Sept heures dix-sept. Je suis arrivée depuis cinq minutes. Je l'attends parce que j'ai attendu ce moment tout le week-end. Allons-nous échanger de nouveau quelques paroles. Le voilà. Il porte un col roulé noir sous son Perfecto. Très beau. Je suis attirée par une femme qui fait de grands gestes sur le quai d'en face. C'est une jolie femme blonde, très élégante. Elle regarde Arthur qui la salue à son tour avec un grand sourire, qu'il ne me fait jamais. « Bonne journée Antoine ! » Son prénom commençait bien par un A mais je me suis quand même plantée. Peut-être qu'à partir de maintenant mes recherches sur les réseaux sociaux seront concluantes. Il connaît bien cette fille, de façon intime même, ça se voit. Notre semaine commence mal. Je lance mon iPod : The 1975, Somebody Else. I don't want your body but I hate to think about you with somebody else...


Sept heures. Je n'ai pas envie de voir « Antoine ». L'imaginer avec quelqu'un d'autre me peine. Je n'ai envie de voir personne d'ailleurs d'où mon avance. Aucune volonté de m'habiller, de me maquiller, de me coiffer. À quoi bon je ne serai jamais aussi jolie que sa blonde. On dit qu'il n'y a rien de mieux pour oublier un homme que de le remplacer par un autre. Je regarde autour de moi. Ça ne marche pas. Aucun coup de cœur. Je dois penser à autre chose. Sur Mars, la température moyenne au sol est de - 63°C ; Marie-Madeleine est le Saint-Graal du Da Vinci Code ; Serge Gainsbourg est mort le 2 mars 1991. Le métro arrive.


Sept heures onze. Toujours en avance pour éviter de le croiser. Je crois que ça va mieux, j'ai arrêté d'écouter des musiques tristes. Je jette mon mégot, je descends les marches. Antoine est assis. Il m'a devancée. Dans sa main, un livre, Les mains libres de Man Ray et Paul Eluard. Pour les élèves de la filière littéraire il est au programme du bac, ma cousine travaille dessus. Il doit être professeur, je l'imagine bien. Il repasse les dessins avec ses doigts. Il préfère Man Ray, il regarde à peine les textes. Mais que fait-il à cette heure-ci devant moi alors que je fais tout pour l'éviter ? « Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. » Il faut que j'arrête de sourire. C'est quand je me force à l'ignorer qu'il me regarde le plus.


Sept heures douze. J'ai oublié mes écouteurs. Je me demande si j'ai bien fermé ma porte à clé avant de partir. Mon café était trop fort, je me sens mal. Ça aurait été plus intelligent que je retourne aux toilettes avant de m'en aller. J'ai trouvé le vent particulièrement glacial ce matin. Depuis que je suis réveillée, j'ai une musique en tête (si tu t'appelles mélancolie, on est fait pour l'oublier ensemble). Mon téléphone vient de vibrer, je le sors de ma poche : « Superbe nuit ». Il faut croire que moi aussi j'aime bien les blonds. Je dois penser à tirer de l'argent aujourd'hui. Le métro n'arrive pas. Le temps est long quand on n’a rien à écouter. J'aimerais savoir pourquoi je n'ai jamais pu finir de lire Tendre est la nuit, Madame Bovary et L'écume des jours. Aujourd'hui, la lune est à 384 000 kilomètres de la Terre. J'avais envie de vérifier. Si Louis XIV a pris le pouvoir en 1643 et qu'il est mort en 1715, je vais sur l'application calculatrice, il a régné soixante-douze ans. Le métro part. Antoine est arrivé, il l'a loupé de peu. Quel âge peut-il bien avoir exactement ?


Sept heures trente. Impossible de me lever ce matin, je suis trop malade. Mon absence ne marquera pas la vie d'Antoine. Il s'est levé à six heures dix. Il a bu son café sans sucre en fumant sa première cigarette. Il a ensuite pris une douche en écoutant No Surprises de Radiohead pour se réveiller en douceur. Il a pris le temps de se regarder avant de partir de chez lui. Il s'est trouvé rayonnant aujourd'hui. Il marche dans la rue en souriant et en respirant à pleins poumons. Il descend les escaliers et commence à faire la gueule mais il se sent bien étonnamment. « Comme un vendredi. »


Sept heures dix-sept. J'ai de nouveau le courage de le croiser. Pour l'occasion, j'ai essayé de me faire irrésistible. Je crois que ça a marché, on m'a remarquée dans la rue. Évidemment, Antoine qui est déjà arrivé n'a pas fait attention à moi. C'est le genre de garçon qui plaît. Énormément. J'ai arrêté de compter le nombre de filles qui le fixent tous les matins. Pour lui, le regard est un jeu. Il pose le sien furtivement sur moi afin d'être sûr que je ne sois pas au courant de ses intentions. Mais je sens les choses, je suis douée pour ça. Il a recommencé. La prochaine fois, j'entre en contact avec ses yeux. J'ai recommencé à lui sourire sans m'en rendre compte. Il a gagné pour aujourd'hui.


Sept heures vingt. Rien d'intéressant ce matin. Il continue de faire comme si je n'étais pas là. Il se retient, il a établi les règles du jeu. Je l'ai entendu souffler. Il déteste être entouré, c'est un homme solitaire. Il pense que les gens autour de lui ont un mauvais fond et sont malhonnêtes. Il se méfie de leur méchanceté. Il méprise d'autant plus ceux qui semblent de bonne humeur. Il n'aime pas les gens heureux, il les trouve imbéciles, influençables et feignants. Il a un petit côté artiste, je me demande s'il écrit ou s'il dessine. Non, il doit peindre. Des natures mortes et des corps nus, ça me plaît bien. J'ai arrêté de lui sourire et de lui paraître agréable. Depuis, il s'est adouci.


Sept heures quinze. Le téléphone d'Antoine sonne. Il décroche. J'ai enlevé un écouteur et fait semblant de fouiller dans mon sac pour entendre au mieux sa conversation. Il parle d'une fille, j'en suis sûre. Quelqu'un qu'il ne supporte plus apparemment, il est virulent. Je ne pensais pas qu'il était capable d'être aussi agressif, il a un visage si doux. Il se tourne vers moi, quitte à perdre une nouvelle fois, je lui souris. Il peste contre cette personne au téléphone. « Si tu savais comme elle me soûle. » Je n'aimerais pas être à la place de cette personne. Le métro est arrivé. J'ai découvert un nouveau trait de personnalité d'Antoine.


Sept heures dix-sept. Je déteste le jeudi, je me répète mais c'est le pire jour de la semaine. Je le trouve fourbe. Je ne peux pas m'empêcher de penser à Antoine. Il est la raison pour laquelle je me lève, me prépare et me fait belle tous les matins. Je vis pour ces trois minutes dans la journée où je le croise. Depuis la première fois que je l'ai vu, j'ai l'impression de le connaître. Plus je découvre qui il est, plus il me plaît. J'adore ses lectures et la musique qu'il écoute. J'espère, en vain, qu'il vienne me parler. Je sais que l'on aurait plein de choses à nous raconter. On a beaucoup de retard à rattraper et pour ma part vingt-quatre années d'ennui à combler. Ce matin n'est pas le même que les autres. Antoine fait une entrée remarquée, lui qui est d'habitude si discret. Il s'approche de moi. Il va me dire quelque chose, je le sens. Je prends une grande inspiration et souris. Il se tient devant moi. Le voilà qui ouvre la bouche.

« Bonjour, j'ai quelque chose à vous dire depuis un bon moment. Cela fait maintenant quatre semaines que vous me mettez définitivement mal à l'aise tous les matins. La façon dont vous me regardez est très étrange. Vous semblez croire qu'il se passe quelque chose entre nous. Un jeu, peut-être. Mais quand on a une vie on ne s'attarde pas sur une personne qui prend la même ligne de métro que nous. On n'essaie pas d'intercepter le moindre détail qui pourrait nous faire penser que l'on entre en connexion avec un parfait inconnu. Quand on est occupés, qu'on va travailler tous les jours, que l'on est en couple et entourés d'amis, on n'a pas le temps pour ces conneries ! En l'espace de vingt jours, je vous ai vu essayer de me sourire, marcher avec le journal que j'ai l'habitude de lire ou un livre similaire à ceux que j'ai sur moi. Je vous ai également surprise à regarder ce que je pouvais bien faire sur mon téléphone, à voir quelles musiques défilaient sur mon iPod. Si je vous regarde c'est parce que vous m'effrayez. Je vois dans vos yeux que vous êtes persuadée de savoir qui je suis mais peu importe l'image que vous avez de moi, elle est fausse. Vous pensez que je vous plais justement parce qu'on ne se connaît pas. À travers vos divers fantasmes sur ma personnalité, c'est vous-même que vous aimez. Vous m'avez fait à votre image. C'est la dernière fois que vous me verrez ce matin alors je me permets de venir vers vous. Vous n'avez pas l'air d'être une mauvaise personne, simplement quelqu'un d'un peu perdu. Permettez-moi de vous remettre ceci, j'ai cru comprendre que vous aimiez lire Frédéric Beigbeder. »

Aujourd'hui, Antoine n'a pas pris le métro et mon cœur s'est brisé. Il a tourné les talons et je me suis sentie seule face au bout de papier qu'il m'a laissé. En le dépliant, j'ai découvert une jolie écriture et ces mots : « Le coup de foudre existe, il a lieu tous les jours, à chaque arrêt d'autobus, entre des personnes qui n'osent pas se parler. Les êtres qui s'aiment le plus sont ceux qui ne s'aimeront jamais. »

Finalement, c'est lui qui a vu juste en moi.


 
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   Corto   
27/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Lorsque j'ai fini de lire cette nouvelle il était un peu plus de 7h17...

C'est fou ce qu'il peut se passer de choses dans le métro autour de 7h17. Le cerveau et l'affectif d'une jeune femme de 24 ans qui rencontre le même jeune homme chaque jour sur le quai de métro se mettent en action pour construire l'homme idéal avec qui entrer en relation.

Cette nouvelle très bien construite nous fait vivre la vie intérieure de la jeune femme dont le cœur bat la chamade chaque jour à la même heure, dans le même lieu.

Les références littéraires et musicales fourmillent et l'on comprend que l'on est bien dans le temps actuel, à un niveau culturel solide, et que certainement des milliers de personnages semblables avec les mêmes émotions peuplent le métro parisien.

Lieu de solitude partagée par excellence, le décor du métro est très bien choisi. Lieu où l'on se côtoie, se bouscule, se frotte, se respire, mais lieu où la décence habituelle ne prévoit pas la vraie mise en relation de personnes qui ne se connaissent pas précédemment.
Dans ce récit l'émoi de la jeune femme est en soi une transgression de cette règle non écrite, et au final c'est le jeune homme qui rappellera la règle sans ménagement.

On vit à chaque paragraphe une nouvelle version de la séduction qui n'en est pas vraiment une, plutôt un grand espoir de s'extraire de sa solitude. Mais chaque jour est une autre étape où rien n'est précis, plutôt imaginé et projeté sur l'autre.

Ceci est une très belle transcription de ce que vivent chaque jour des millions d'usagers du métro, qu'on peut élargir à tous les côtoiements que la vie organise à notre insu, à tous les espoirs de vraies rencontres qui habitent les êtres humains.

Une vision universelle donc, remarquablement maîtrisée.

   Neojamin   
1/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
J'ai adoré ce texte, vraiment, j'ai beaucoup aimé le ton, le style, sincère, sobre. Les petites références ici et là, les petits détails sur la distance de la lune, la durée du règne de Louis XIV... une lecture très rafraîchissante, prenante... intéressante... mais, parce qu'il y a quand même un mais, j'ai été très déçu par la fin. Je n'ai pas cru au discours d'Antoine. Trop complexe, trop léché, trop d'idées qui se mélange (et qui ne sont clairement pas les siennes, mais celles de l'auteur) je ne l'imagine pas lui débiter tout ça de cette manière (après, c'est peut-être juste ma propre perception du personnage qui peut être tout aussi erronée que celle de la narratrice). En tout cas, je n'y ai pas cru... alors que pour tout le reste, j'étais à fond.
D'ailleurs le passage autour du «Si tu savais comme elle me soûle» m'a paru très surfait et évident. Ce n'était pas nécessaire...
Je me demande aussi si nous avons vraiment besoin d'une fin. J'aurais pu imaginer qu'il ne se passe rien de notoire..., ça aurait marché à mon sens. Elle continue à fabuler sur lui, et puis, un jour, il n'est plus là. Se fixerait-elle sur quelqu'un d'autres ? Je m'interroge sur la manière d'illustrer le "Mais quand on a une vie on ne s'attarde pas sur une personne" d'une autre manière qu'en le faisant dire par Antoine.

Sinon, c'est quand même un peu redondant par moment, c'est voulu, je le comprends bien, mais il y a certaines phrases qui sont plus lourdes que d'autres. Si c'est une sorte de journal qu'elle tient, ou même si ce sont des pensées, peut-être pourrions-nous leur donner un peu plus de diversité. J'aime bien la répétition du sept heure etc, mais ses pensées pourraient être plus changeante à mon avis. Je trouve aussi que ça manque de pensées différentes, sur son travail, ses amis, sa famille, ça aurait pu donner un peu plus d'épaisseur à la narratrice et, peut-être, un peu plus de crédibilité à l'histoire (vit-elle vraiment que pour cet inconnu?).

Mais bon, je pinaille, l'essentiel c'est que j'ai passé un excellent moment, merci pour cette lecture !

   plumette   
4/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
ce texte parle d'une obsession.
il parle d'un vide à combler, de quelqu'un qui n'ose pas vraiment aller à la rencontre de l'autre et préfère l'inventer.
Ce texte m'a touchée, il m'a fait penser à l'adolescence, un âge où la vie fantasmatique est très riche et peut nous prendre toute notre énergie.
la répétition de l'heure chaque jour est agaçante à lire, mais finalement je la trouve utile au texte, à l'histoire. J'ai bien aimé les pensées de la narratrice, tout ce qu'elle fait pour se rapprocher de cet A...

Mais j'ai été déçue par la fin! La tirade d'Antoine est vraiment "donneuse de leçon" Je l'ai trouvé longue et insistante, elle nous dit ce que nous savons déjà du comportement de la narratrice.
pour moi, cette fin plombe un peu le texte, c'est dommage ! j'aurais aimé que le fantasme se dénoue avec plus de légèreté.

Et puis, je ne suis pas fana du titre.La narratrice croit avoir fait une rencontre, cet A est plus qu'un personnage pour elle !

Plumette

   vb   
8/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'aime bien ce texte. Il ne m'a pas emblé très original mais il m'a bien plu. Le récit est réaliste et le personnage de la narratrice est intéressant. Il est en particulier intéressant de découvrir ce personnage par l'intermédiaire de ses goût qu'elle projette sur Arthur/Antoine.

L'image que je me fais de la narratrice est donc celle d'une jeune femme seule, vieille pour son âge, un peu triste, plutôt intellectuelle, à tendance autiste (je dis ca parce qu'elle a difficile de réaliser l'impact de ses attittudes sur le personnage d'Arthur mais aussi parce qu'elle apprend par coeur des passages de roman et des dates absurdes). C'est un personnage intéressant bien que je pense que l'auteur aurait pu mieux approffondir sa description. J'ai bien aimé la phrase " J'irai acheter une bouteille de vin en rentrant ce soir" qui est peut-être la seule perspective que le texte donne sur sa vie concrète hors du métro. Est-elle alcoolique? Cette réflexion m'a fait penser à la Fille du train.

Il y a cependant à mon avis quelques petits problèmes.

* Je ne connaissais pas le mot chelsea dans ce sens-là. Comme l'adjectif marron ne n'accorde pas (et chelsea non plus), je ne pouvais pas du tout imaginer qu'il s'agissait de chaussure.

* J'ai trouvé étrange que le narrateur aime les Rolling Stones, Queen et Michel Delpech. Je lui ai donc associé un âge qui n'était pas le sien (on apprend beaucoup plus tard qu'elle a 24 ans). Je me suis même demandé si cette histoire n'avait pas lieu dans les années 70 ou 80 (ce qui n'est pas possible à cause du iPod).

* Il faut attendre le sixième paragraphe pour trouver un participe passé s'accordant avec le moi de narration et donc comprendre qu'il s'agit d'une femme. Je n'avais pas lu le pitch et ne le savais donc pas. Je trouve le récit nébuleux lorsque l'on ne sait ni l'âge ni le sexe du narrateur. Est-ce le début d'une attirance sexuelle (si oui entre homme et femme ou entre hommes)?

* Je n'ai pas compris comment on peut faire ue recherche sur les réseaux sociaux en connaissant uniquement un prénom (ou plutôt sa première lettre), mais peut-être que cette démarche est justement un aspect de la personnalité légèrement autiste du personnage.

* Je n'ai pas aimé la longue réplique d'Antoine à la fin de la nouvelle. Elle m'a semblé trop longue, trop préparée, pas assez naturelle. J'ai par contre bien aimé la chute et cette citation de Beigbeder. J'ai trouvé qu'elle disait en peu de mot ce que la longue réplique voulait dire en trop de phrases.

   hersen   
22/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Dans cette histoire, le personnage principal en fait en devient secondaire lorsqu'on arrive vers la fin.
car si, au fil de l'histoire, montre en main, nous avons le crescendo amoureux de cette femme envers un utilisateur, son comportement, pour poussé qu'il soit, ne prête pas spécialement à la réflexion.

Par contre, la réponse de ce fameux A, que dis-je, une réponse, l'initiative d'une communication, dont nous connaissons la teneur, est époustouflante : Quand on sait la complexité des méandres amoureux, ce monsieur est bien sûr de lui ! Il me semble que s'il n'en avait pas été flatté dans son ego, il n'aurait tout simplement pas réagi; car quel intérêt ? Il me semble que cette femme jettera de nouveau son dévolu en matière de fantasme sur un autre voyageur.

Il lui fait la grâce de se retirer et d'aller à son travail par un autre moyen. c'est très grand de sa part, mais pour le très peu que j'utilise le métro les très rares fois où je vais à Paris, j'avoue que j'ai du mal à imaginer que deux personnes puissent se rencontrer chaque matin aux heures de pointe, d'une part, et que le monsieur se complique la vie à utiliser un autre transport qui lui sera certainement moins favorable. Décaler ses heures de travail ? il est prof. prendre le bus ? Plus long, non ?

J'ai l'impression que l'auteur a basé sa nouvelle sur la citation de Beigbeder, mais le trop étant l'ennemi du bien, il ne l'a peut-être pas placée de façon crédible.

D'accord, l'auteur pourra tout à fait me rétorquer que c'est parce que je vis dans trou, un bus le matin, un bus le soir pour la ville à 15km, là, d'accord, on ne peut pas se rater :)) j'y crois.

Mais même si je reste dubitative, la nouvelle est bien écrite, aérée dans sa forme, ce qui fait qu'elle se lit facilement.

merci pour la lecture !

   Iktomi   
23/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Globalement c’est une nouvelle de belle facture et je l’ai lue avec beaucoup d’agrément et sans ennui. Si je descends dans le détail (le diable est dans le détail, prétendent les Allemands) je bute sur quelques scories, peu graves au fond, mais qui ont quand même légèrement perturbé le plaisir de vous lire.
Exemple : « Si Louis XIV a pris le pouvoir en 1643 et qu'il est mort en 1715 […] il a régné soixante-douze ans » Oui… et non : en 1643 Louis XIV avait cinq ans, il est très exagéré de dire qu’il a pris le pouvoir. Le pouvoir est plutôt tombé entre ses petites mains potelées de marmot à la mort de son père Louis XIII.
Mais surtout le monologue final de l’ami Antoine : aïe aïe aïe ! Vous n’y êtes pas du tout, à mon humble avis. Sérieusement, qui, sur un quai de métro, irait faire autant de phrases et sur un ton aussi sentencieux pour envoyer promener une quelconque emmerdeuse ?
A part ça je n’ai jamais lu L’attrape-cœur et n’en ai aucune envie, et Gatsby le magnifique m’a barbé à un point que vous ne soupçonnez pas. Quant à Beigbeder… c'est qui, celui-là ? Mais ça ne fait rien, vous avez écrit un bon et beau texte et mon soutien vous est acquis.

   senglar   
22/3/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Lys,


La classe ! La classe ! La classe ! Au premier tiers du texte j'ai pensé me trouver en compagnie de Louise de Vilmorin, c'est dire :) Sa faconde, sa vivacité, sa joie, sa bonne humeur, sa facilité, sa pétillance, Guitry au féminin ; mais vous êtes vous hein, vous-même au vingt-et-une siècle, encore que je trouve ici une petite touche Art Déco, Mucha, j'adore cette période tout en courbes, sans aspérités, comme ici finalement, votre style coule de source. L'incipit déjà était aguicheur : une image positive, enfin, du Métropolitain. Et quelle culture dites-moi, je possède quelques-uns des livres que vous citez et je ne me pardonne pas de ne pas avoir lu les autres et comme vous j'ai buté sur certains. Le prénom Antoine (car rien, absolument rien, n'est dû au hasard dans ce texte virtuose) fait-il allusion à Marc puisque vous avez cité César ? (assassiné en - 44 voyons :( ) Seriez-vous une réincarnation de quelque Cléopâtre ? Imaginer Arthur dans un premier temps n'est pas dû non plus au hasard, on est en bonne compagnie avec vous. C'est vrai qu'elle est un peu folle votre héroïne, c'est un personnage de roman-photo écrit par une Académicienne (Dominique Bona ?). Le monsieur ne m'a pas semblé à la hauteur, sa philosophie et sa psychologie à lui sont de bazar ; pas celles de votre héroïne, en fait elle l'habille de ses propres qualités. Ce monsieur est un perdant, Antoine n'a-t-il pas été berné par Octave, un pied bot ! pfffuit !

Pour tout dire je me suis régalé ici, c'est Bocuse ressuscité ! Merci Merci Merci je me suis attablé le temps d'une nouvelle dans son restaurant et j'ai côtoyé les étoiles.


Senglar :)))

   Shepard   
22/3/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

Une nouvelle bien écrite, avec un caractère répétitif et obsessionnel. La personnalité de la narratrice transpire assez bien, elle a clairement un 'problème' (mais qui n'en a pas ?) et quelques TOC.

La limite de cette histoire se trouve dans sa chute. En fait, mon ressenti est que toute l'histoire n'est écrite que pour la réplique d'Antoine, pour étayer cette espèce de 'philosophie'. Le fait qu'elle tombe de façon extrêmement théâtrale n'arrange pas les choses, une sorte de 'vérité' absolue - mais biaisée - celui qui l'a prononce parait être celui qui est perdu. Il manque un véritable échange pour clore le récit... J'ai été un peu déçu, la montée est longue pour ce que la conclusion délivre.

   Malitorne   
24/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai bien aimé cette histoire que j'ai trouvé très citadine, à l'exact opposé de mon cadre de vie. J'habite au milieu de forêts et de champs, bien loin de la foule du métro et pour tout dire ignorant des réseaux sociaux.
On a tous flashé sur des personnes croisées dans des lieux publics ce qui rend les pensées de la narratrice familières, déjà connues. Après il y a beaucoup de redondances, vous auriez pu réduire que ça n'aurait pas nuit à l'ensemble. Vous forcez un peu le trait, dommage, mais les réflexions restent touchantes.
Le gros point noir du récit, à mon avis, qui lui enlève toute vraisemblance, c'est le discours final d'Antoine. Ça sonne faux, on n'y croit pas, et surtout il est complètement inutile. Pourquoi ne pas nous avoir laissé avec le délire romantique de la jeune femme ? On avait bien comprit qu'elle fantasmait, pas la peine de nous le renvoyer en pleine figure. Une violence maladroite qui dénote avec le reste.

   veldar   
25/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Lys

Joli !
Le titre est (AMHA) à revoir.
La fin également. En fait, il faudrait supprimer la tirade d'Arthur qui ne fait qu'expliquer ce que le lecteur n'aurait pas compris et garder la toute fin qui est parfaite et qui du coup rendrait Arthur/Antoine infiniment plus sympathique.
Pour le reste, j'aime sans condition.
Peut-être… peut-être aurait-il fallu vous arranger pour que le lecteur en sache bien plus sur la jeune femme.
Bon… en fin de compte, il y a du boulot. Mais la base est excellente. C'est frais. léger. Très visuel. Et surtout, c'est un sujet ou du moins un point de vue susceptible de "parler" à beaucoup de monde.
Au sujet de la longueur : effectivement, c'est long. Mais il me semble possible de conserver la même longueur sous réserve d'étoffer le personnage féminin.

Merci pour ce moment de lecture.

   Eva-Naissante   
28/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

J'ai beaucoup aimé votre nouvelle. J'aurais tendance à penser que nous l'avons tous plus ou moins vécu, cette projection sur un inconnu, le fait de l'habiller de qualités qui nous plaisent, le transformant, finalement sans nous en rendre compte, en simple miroir.

Le rythme est original et en parfaite cohérence avec le fil de l'histoire. Répétition, construction, obsession et une chute que je trouve particulièrement intéressante en ce qu'elle est, tant pour cette femme que pour la lectrice que je suis, un électro-choc.

Votre écriture me plait. Simple (au sens positif du terme), comme un journal, un entre-soi qui, encore une fois, est parfaitement en phase avec votre histoire.

Et en bonus, ces petites réflexions qui me font penser aux "Miscellanées de Mr Schott"...

Merci pour cette lecture,

Eva.

   alvinabec   
28/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Lys,
De ce texte je retiens le rythme que vous y avez mis. Le lecteur suit avec intérêt la narratrice alors même qu'il ne se passe somme toute pas grand chose sur le quai du métro hors ses tribulations intimes.
L'identification à l'autre ( ou son leurre) est mise en évidence de façon plaisante.
Le ton est raccord avec l'histoire proposée là.
Il me semble que le § où Antoine parle casse l'effet de votre nouvelle sur le lecteur. Trop d'explication nuit.
A vous lire...

   Donaldo75   
21/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Lys,

Autant le dire de suite, j'ai beaucoup aimé cette nouvelle. Sa narration est vivante, le lecteur imagine bien la scène, se met à la place de la narratrice et ne voit pas venir le dénouement, quand Antoine remet les points sur les "i".

Ce texte est bourré de références (littérature, musique en particulier) artistiques ; en cela il est très symptomatique de Paris, de la vie parisienne où la culture est omniprésente.

Une petite incohérence : «Il n'a pas l'air d'être très « connecté », je ne l'ai pas trouvé sur Instagram. ». La narratrice ne connait que la première lettre de son prénom à ce moment précis et l’appelle donc Arthur, alors comment irait elle le rechercher sur Instagram avec si peu d’éléments

Bravo !

Donaldo


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