Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Sentimental/Romanesque
macaron : Parti sans faire de promesse [concours]
 Publié le 06/12/12  -  12 commentaires  -  11019 caractères  -  127 lectures    Autres textes du même auteur

Inspiré par Summertime, 1943 d'Edward Hopper.

http://www.wikipaintings.org/en/search/hopper#supersized-search-235646


Parti sans faire de promesse [concours]


Ce texte est une participation au concours n°15 : Hopper l'Inspirateur (informations sur ce concours).



La vie pouvait ressembler à cela : une très belle après-midi d’été ensoleillée, étrangement vide, terriblement vide. Alyson descendit du deuxième étage où elle demeurait avec ses parents jusqu’au perron de l’entrée de l’immeuble. Une des deux portes de la bâtisse restait en permanence ouverte, offrant un courant d’air salvateur. Ce n’était pas encore les grosses chaleurs d’août mais juillet s’amusait à découvrir les têtes, à déshabiller les corps. Elle portait une robe fraîche et blanche, une cotonnade légère et ample qui laissait entrevoir deux longues jambes ravissantes. Un chapeau de paille assorti à sa tenue lui protégeait les yeux et le teint pâle de son visage.

Elle voulait attendre et attendre encore dans cette rue inanimée de ce dimanche après-midi. Elle désirait ressentir comme par l’aiguille de la piqûre cette douleur vive qui vous rappelle au monde. Mais rien ne se passait, et pour ne pas tomber dans l’apathie, elle jouait à ces jeux qu’elle s’inventait. « Ah, te voilà Jay Howard ! » était son préféré. Son fiancé se présentait, instantanément, et recevait les reproches dus à sa trop longue absence. Parfois, il était comme quand il partit à la guerre en mai quarante-trois, fier dans son uniforme tout neuf. Selon son humeur il apparaissait vaincu ou triomphant, la poitrine décorée ou le bras en écharpe, boitant, la canne à la main. Une seule fois, elle l’imagina estropié, la manche vide, le bras droit en moins. « Non, s’écriait-elle, il ne pourrait plus m’enlacer. » Alors, elle arrêtait ses fantaisies, riait fort, et ses rires se perdaient dans la grande ville par les rues endormies. Elle pensait : « Je suis folle ! »

Mme Heather Andersen passa la tête par la fenêtre ouverte de son appartement du rez-de-chaussée.


– Comment va votre mère aujourd’hui Alyson ?

– Toujours ces migraines Mme Andersen.

– Ne restez pas trop longtemps au soleil jeune fille, vous allez abîmer votre teint de pêche. Des nouvelles de Jay ?

– Ils ont débarqué en Sicile. Père dit que c’est une question de temps. Les Allemands sont fichus.

– Ne vous en faites pas ! Dieu le protège comme il protège l’Amérique.


Mme Andersen se retira. Un léger courant d’air entraînait les rideaux dans un optimisme obtus, indestructible. Mais Alyson ne voulait pas remonter dans l’appartement familial. Le soleil la brûlait un peu ; elle préférait cela à ce silence vigoureux parmi les siens. Son père devait s’être assoupi en lisant le journal. Sa mère se reposait de ses migraines à répétition. Elle s’appuya contre la colonne du péristyle, partit dans une rêverie qui démarrait toujours au quart de tour.


Elle aimait se souvenir du jour de leur rencontre à la bibliothèque un soir, tard. Il cherchait un ouvrage sur la peinture flamande du XVIIe siècle. Cela urgeait. Ils avaient alors, ensemble, consulté nombre de livres d’art pour enfin trouver « Le Roi boit » de Jacques Jordaens. En plus de son travail à « The Oregonian » comme photographe de presse, il tenait une rubrique arts au « Willamotte Week », un petit hebdomadaire où il avait carte blanche. Élancé et svelte, le teint basané, c’est son regard vif comme tendu vers l’objectif à atteindre qui lui avait plu. Ils parlèrent peinture puis photographie ; il la pressa pour quelques clichés en fin de semaine au Salem City Park.

L’amour naît d’une émotion inexpliquée. Pourquoi son cœur battait plus vite quand il lui prenait le bras, lui expliquait la pose ? Elle se laissa guider dans une confiance totale, avec le sentiment délicieux de pouvoir se reposer sur une épaule solide. En cette journée d’automne quarante-deux, elle comprit que c’était lui ce compagnon de toute une vie, le père de sa progéniture à venir. Elle ferma à peine les yeux quand il l’embrassa.

Ils se voyaient souvent, il aimait la surprendre dans son travail à la bibliothèque. Il l’invitait alors au « diner » du coin, ils riaient devant un hamburger et un milk-shake. Jay abordait sa vingt-cinquième année, et le désir d’entrer dans la vie pleinement le taraudait un peu plus chaque jour. Alyson prit la décision de le présenter à ses parents. Elle-même n’était plus une gamine, elle entrait dans sa vingt et unième année. D’ailleurs, pourquoi ne l’accepteraient-ils pas ? Il était comme eux, de cette « middle class » protestante, intégré dans les valeurs de prospérité et de liberté. On organisa une petite fête et les jeunes amoureux devinrent fiancés.

Le printemps quarante-trois arriva comme une promesse de bonheur. Il faisait bon se promener dans le Salem City Park. Jay mitraillait à nouveau Alyson. Elle se laissait faire : muse éthérée et complice. Ils parlaient peu de la guerre, tout cela était si loin l’Europe et l’Asie, pourtant Jay était mobilisable. Ils préféraient éviter le sujet, faisaient mille projets mais tout d’abord envisageaient le mariage.

Fin mai, Jay reçut son ordre de mobilisation. Il partait pour l’Europe et devait se rendre à Portland. La date n’était pas précisée, un courrier prochain lui fournirait tous les renseignements nécessaires ainsi qu’un bon de transport.


Le soleil était encore bien présent même si l’ombre de la colonne sur le mur tendait à disparaître. Mme Andersen était réapparue à sa fenêtre, avait insisté pour qu’Alyson remonte chez elle, lui prédisant un coup de soleil inévitable. Mais elle connaissait la jeune fille et savait son entêtement quand ses états d’âme prenaient le dessus. Elle ressemblait à sa mère qui fut une amie durant leur jeunesse. Parfois elles discutaient et Alyson se confiait à Heather Andersen. Des doutes et des remords la rongeaient depuis que Jay était parti ; ils s’étaient mal quittés.


Il vint à la bibliothèque au beau milieu de la matinée, affolé, le regard brûlant d’une fièvre coléreuse. Sans tenir compte du public présent dans la grande salle, il lui parla vite et fort, une logorrhée incessante. Il brandit à sa face l’ordre de mobilisation, maudit l’Europe et leurs chamailleries, la prit dans ses bras malgré le qu’en-dira-t-on. Alyson, interloquée, se dégagea difficilement de son emprise, le supplia de se reprendre, lui promit de venir au parc. Toute la journée sa tête bourdonna : comment avaient-ils fait pour ne jamais en parler ? Au parc le soir même, ils restèrent longuement enlacés sans dire un mot puis Jay l’informa :


– J’attends ma convocation, ça peut prendre une semaine, peut-être moins. Je voudrais que nous passions ces dernières heures ensemble.

– Oh mon chéri, je le désire aussi mais…

– Ils peuvent bien te donner quelques jours. Alyson, je n’en reviendrai peut-être pas.

– Ne dis pas cela Jay ! Tu es photographe, tu ne seras pas en première ligne.

– C’est la guerre Alyson ! Première ligne ou pas, les civils meurent comme les militaires.

– Tu reviendras je le sais, nous avons tant à nous donner encore.

– Alyson…


Ils étaient dans cette partie du parc un peu sauvage, retirée. Ils s’assirent dans l’herbe tendre puis Jay l’allongea doucement dans un baiser fougueux. Il ne connaissait pas tout d’elle. Si ses mains s’étaient promenées sur le contour de ses formes, avaient pressé un peu la chair délicate, elles n’étaient pas allées plus loin. Il posa la main sur son cœur, entreprit de déboutonner sa robe. Alyson ferma les yeux. Oui elle le pouvait, depuis six mois qu’ils se fréquentaient, leur avenir dans le mariage, il avait le droit de voir son corps nu. Ses seins blancs et volumineux apparurent, Jay y posa la tête. La tempête dans son crâne causée par le désordre de son émoi lui chauffait les joues. Il releva la tête, caressa les mamelons dressés, descendit la robe un peu plus. Le haut d’une culotte épaisse enfermant le trésor interdit cachait l’abdomen et le pubis doré. La blancheur de l’enveloppe virginale scintillait comme pour éblouir et repousser un ennemi. Il embrassa le ventre plat, se permit de retirer lentement le sous-vêtement.


– Jay ! Jay ! Tu vas trop loin !

– Laisse-toi aller mon cœur, tout ira bien !


Il avait dans ses mains la blanche protection, trophée de tissus et de patience. Alyson se redressa, se recroquevilla, cachant ce qu’il venait de voir.


– N’allons pas trop vite mon chéri ! Il faut rester prudents.

– Je pars à la guerre Alyson. Je veux faire l’amour avec toi au moins une fois.

– C’est trop de risques Jay. Je ne suis pas prête. Je ne suis pas de ces filles…

– Qui couchent avant le mariage. Je le sais ma chérie. Mais la situation est exceptionnelle, si demain je ne reviens pas ?

– Tu reviendras Jay, nous n’avons pas fini notre route ensemble. Promets-moi que tu ne te laisseras pas tuer. Promets-le-moi !


Il la fixa de son regard vif qui lui plaisait tant.


– Je ne te promets rien Alyson, rien !


Le calme était revenu dans son être empli d’une mélancolie amère. Il lui jeta négligemment sa culotte.


– Tiens ! Habille-toi ! Je te ramène chez toi.


Deux jours plus tard, il lui faisait des adieux rapides et protocolaires.


Appuyée sur la colonne du péristyle, Alyson s’éveilla à la rumeur de la rue. Le soleil n’imposait plus aux habitants de Salem le refuge ou le cachot. Ils sortaient goûter l’air tiède, marcher le long des rues, déguster un « ice cream ». L’ombre de la colonne disparue, Mme Andersen hocha la tête en apercevant Alyson toujours là, referma sa fenêtre, stoppant net le léger mouvement des rideaux. La circulation automobile reprenait lentement possession de la large avenue. Le bruit, cet ami des solitudes, égayait à nouveau la cité.

Debout sur la première marche du perron, Alyson retira sa main de la colonne, s’apprêta à faire demi-tour. Son père devait écouter un programme à la radio, sa mère était peut-être levée. C’est alors qu’elle vit le taxi débouler de la rue transversale, venir se garer au pied du perron. Un uniforme se pencha vers le conducteur pour payer la course ou donner quelques instructions. La porte s’ouvrit mais ce n’était pas lui. Un jeune militaire, plus petit que Jay, un air embarrassé, se dirigea vers Alyson. À la main, une enveloppe fermée.


– Vous êtes Alyson Gibbs… comme sur les photographies. Je suis un camarade…

– Jay est mort !

– Oui, mada… mademoiselle. Une balle perdue en entrant dans Palerme. Voici… c’est pour vous… ce qu’il…

– Jay est mort ! Pourquoi ?


Elle ignora le jeune homme ahuri, pénétra dans l’immeuble, monta les escaliers en vitesse. Elle ne cessait de répéter « Jay est mort ! » et « pourquoi ? » car ce n’était pas vrai, son père le lui dirait, là, maintenant. Elle hésita un instant avant d’entrer, respira profondément, ouvrit la porte. Une musique l’assaillit qui provenait de la radio comme pour l’empêcher de parler. Un morceau de jazz diffusé par le programme que son père écoutait attentivement assis dans son fauteuil. Une musique claire et propre, blanche et cadencée : le dernier succès du Glenn Miller Orchestra !


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   socque   
18/11/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bon, dans la mesure où il était à peu près évident dès "Une seule fois, elle l’imagina estropié" que Jay allait y rester, le texte doit reposer sur une ambiance, les personnages, l'écriture, clairement autre chose que l'intrigue.
Pour l'écriture, je la trouve donnant par trop dans le délicat, en un ou deux endroits jusqu'au burlesque selon moi ("la blanche protection, trophée de tissus et de patience", qu'est-ce que ça veut dire au juste ?) ; là, vraiment, je trouve que de la simplicité n'aurait pas nui, surtout avec une anecdote aussi mince.
Les personnages sont à mes yeux très archétypaux, la jeune fille pure, la mère migraineuse, la vieille copine de la mère confidente de la jeune fille, le père retranché dans son bureau... tout y est, y compris le fiancé impatient d'aller renifler dans la culotte mais respectueux tout de même.
L'ambiance, je la trouve pas mal posée ; j'ai bien aimé notamment la description d'Alyson au début, le tableau d'Hopper retranscrit. Mais quel intérêt de clore sur le morceau de jazz joué par le Glenn Miller Orchestra ? Cela marque certes la cruauté de la vie qui continue, mais j'aurais aimé que cet élément fût raccordé d'une manière ou d'une autre à l'histoire d'Alyson et de Jay, et là je ne vois pas comment.

Au final, le texte ne me convainc guère ; il n'est pas désagréable à lire, mais presque inexistant du point de vue de l'intrigue, et l'écriture trop appuyée à mon goût (c'est mon goût).

   MonsieurF   
19/11/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte tout en douceur, à la fin prévisible, mais en soit ce n'est pas grave.

Je trouve qu'il y a une fidélité au tableau de Hopper, avec cette sorte de nostalgie, ou de "spleen" qui caractérise sa peinture.

Pas de vraies fausses notes dans ce texte, malgré un rythme un peu plus poussif dans la scène d'amour (comme s'il y avait eu un peu trop de retenue ou de pudeur).

Mais je ne boude pas mon plaisir. J'ai apprécié.

   jamesbebeart   
30/11/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Très joli texte, très bien écrit même si l'histoire n'est pas follement originale. Merci pour cette lecture.

   Artexflow   
6/12/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour macaron,

Un texte qui se lit bien, mais qui ne m'a totalement convaincu pour différentes raisons.

La première intervient dès le premier paragraphe, et se doit d'être liée au contexte du "concours" autour de Hopper.
Ce paragraphe me turlupine parce qu'ici la ficelle est trop grande, on sent trop que vous êtes parti du tableau, il aurait été plus intéressant de traiter le sujet subtilement, ça m'a plutôt embêté d'autant que l'ensemble de votre texte (mise à part la toute fin) n'avance pas dans le temps.

Tenez ça me fait penser que finalement c'est pas forcément un souci, puisque comme le temps est figé comme dans le tableau... Humpf, voilà qui me perturbe beaucoup ! Bon, c'est pas forcément un mauvais point, donc, cette conception cela dit dans votre texte ça m'a gêné.

De la même manière, Mais Alyson ne voulait par remonter dans l'appartement familial. m'a semblé un peu gros, narrativement.

Quand vous dites Cela urgeait. je prends ça comme un anachronisme, mais peut-être qu'on utilisait cette expression à l'époque après tout...

Progéniture me semble un peu décalé également, parce qu'alors que l'héroïne tombe amoureuse, le terme me semble dénué de tout sentimentalisme, presque froid. C'est ce décalage qui m'a dérangé.

Par contre, bravo pour votre image lorsqu'ils s'embrassent elle ferma à peine les yeux c'est beau, évocateur, poétique :)

C'est à peu près à ce niveau dans ma lecture que je me suis rendu compte que vous alliez en fait nous raconter l'histoire de la rencontre entre cette femme et le photographe. Le fait est que j'avais la sensation que vous tendiez vers quelque chose, une péripétie, ou du moins qu'elle allait partir à un moment, mais non. C'est une critique difficilement constructive, je vous l'accorde, parce qu'il faudrait un remaniement très très sélectif et fin dans le texte pour empêcher cette sensation, mais peut-être serez vous intéressé par ma remarque !

Je suis très dur avec les dialogues de manière générale donc ne le prenez pas pour vous, mais ils manquent selon moi de beaucoup de crédibilité...
La question est très complexe d'ailleurs puisque j'ai l'intime conviction qu'un bon dialogue écrit, c'est un dialogue improbable à l'oral.

(ça me fait penser au théâtre ça)

Je me vois forcé de vous faire la remarque sur le passage où Jay "tente sa chance" avec Alyson. Les expressions trésor interdit et pubis doré me semblent un peu poussives. Je suis aussi très dur avec les scènes crues :)

Les rideaux qui s'arrêtent à la fin du texte, c'est super bien vu, ça donne du corps au texte, on se dit "ah oui c'est vrai, les rideaux !", ça donne cette sensation qu'on comprend mieux le texte, qu'on le voit mieux, ça le rend réaliste ! Au top.

Et sinon, quel est cet objet que le type lui tend ? Pour ne le prend-elle pas ? FRUSTRATION !

Bravo à vous, merci pour votre participation au concours, et au plaisir de vous relire :)

   brabant   
6/12/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Macaron,


Ah Ben oui, ça cadre parfaitement et c'est parfaitement plausible. Votre travail de documentation est solide et le caractère de votre héroïne sied à ce que pourrait éventuellement laisser sous-entendre le tableau dans le cadre par exemple d'un défi :D

Alyson s'est conformée aux us et coutumes de l'époque - son caractère est infiniment vraisemblable - par contre j'ai trouvé Jay un peu rustaud et pas très sympathique avec son odieux chantage à la mort et son désappointement souligné d'un geste de colère ; ne semble-t-il pas par ailleurs trop persuadé de sa mort future ?

En regardant le tableau et la jeune personne qui l'habite, je m'étais dit : "Tiens, une cariatide !". Et c'est bien l'impression que laisse votre texte - la chair et le sang mais aussi les règles, les conventions - Et puis je me suis dit aussi : "Une cariatide avec un panama !". Quel est donc le président américain qui a popularisé ce couvre-chef(taine) (lol) aux USA puis dans le monde entier. En tout cas cette coiffure fait d'Alyson un être de pulpe... euh !... de chair et de sang !... infiniment empathique !


Défi relevé, pari réussi à mon sens. Ce fut pour moi un agréable moment de lecture. Votre style coulé et clair, pudique et tout en retenue, y est pour quelque chose aussi.

Merci et bravo à vous !

   alvinabec   
6/12/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir macaron,
Pour ce qui est de l'ambiance, on est plongé au coeur de nulle part du rêve américain et c'est très bien rendu, Aly s'ennuie dans la rue vide autant que chaude; tout est dit en demi-teintes trempées aux toiles de Hopper.
Il n'y a pas vraiment d'histoire à dire le vrai, mais ça n'a pas d'importance, vous faites ici état d'une atmosphère comme moult romanciers du sud l'ont inscrit profondément ds la littérature américaine.
La première partie de votre texte me semble souffrir d'un excès d'adjectifs alors que la fin du récit est plus fluide, les phrases s'enchaînent avec plus d'élégance naturelle.
A vous lire...

   rosebud   
7/12/2012
 a aimé ce texte 
Un peu
La nouvelle est assez agréable à lire même si, bien entendu, la fin est inévitable. Il est des histoires policières où l'assassin est connu dès la première page et qui ne manquent pas de suspens pour autant.
Ce qui me dérange plus, c'est le décalage entre la toile de Hopper et l'histoire qu'elle inspire: la jeune fille de Summertime ne peut pas être celle à qui on annonce un deuil. Elle est trop fière, regarde trop loin, elle a brûlé ses vaisseaux et attend quelqu'un qui viendra et l'emmènera et même si elle le regrettera plus tard, après qu'il l'aura larguée, ou qu'elle découvrira à ses dépens qu'il boit et qu'il est violent, personne ne l'empêchera de partir avec lui. La porte est ouverte pour qu'elle parte, pas pour faire demi-tour. Bien sûr, dans tous les tableaux de Hopper on pressent une catastrophe à venir, mais ici, ce ne sera pas une mauvaise nouvelle... Bon, j'aurais mieux fait de bâtir ma propre histoire plutôt que de critiquer vainement votre imaginaire.
Quelques remarques cependant sur des détails qui me gênent:
-courant d'air salvateur: salvateur en fait un peu trop
- juillet s'amusait à découvrir les têtes: justement, la jeune fille à la tête couverte
- rue inanimée: même si ce ne peut pas être incorrect, par opposition à "rue animée", je trouve qu'une rue inanimée fait penser qu'elle ait pu être un organisme vivant avant
- péristyle: 2 colonnes ne peuvent pas former un péristyle

Je suis resté un peu sur ma fin.

   wancyrs   
14/12/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Dans l'ensemble je trouve le texte bien écrit, même s'il y a quelques erreurs de syntaxe :

"Une musique l’assaillit qui provenait de la radio comme pour l’empêcher de parler."

Je pense que le verbe assaillir est mal placé dans la phrase.

Je n'ai pas compris si faire allusion au Glend Miller Orchestra, à la fin du texte, avait une signification ; un peu comme une confirmation de ce que craignait Alyson.

Je trouve les dialogues assez juste, et une bonne recherche dans les noms de personnages. On glisse aussi entre réel et passé sans heurt, et cela est plaisant.

Merci !

Wan

   Bidis   
24/12/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Cette nouvelle se lit avec agrément bien que l’écriture m’ait paru assez conventionnelle.

La scène dans le parc n’est pas très vraisemblable, je veux dire qu’en plein jour, il est rare que des personnes même si elles sont très libérées, ce qui ne semble d’ailleurs pas le cas de la jeune fille mise en scène, se dénudent à ce point, d’autant que l’on est dans les années 40. Aussi retiré que soit l’endroit, quelqu’un peut toujours survenir me semble-t-il. De plus, cette scène ne me paraît pas s’intégrer dans une histoire par ailleurs romanesque et conventionnelle au possible.

Deux autres petites remarques :
- « une cotonnade légère et ample qui laissait entrevoir deux longues jambes ravissantes. » « entrevoir » ne me semble pas approprié. On n’ « entrevoit » pas les jambes du personnage, on les voit.
- « Jay abordait sa vingt-cinquième année » et, un tout petit peu plus loin, « Elle-même n’était plus une gamine, elle entrait dans sa vingt et unième année » : effet de répétition.

   AntoineJ   
30/12/2012
 a aimé ce texte 
Un peu
Bien écrit, avec un style qui suit bien l'histoire en devenant de plus en plus brutal et court tout en restant fluide et agréable à lire
Je n'ai pas trouvé cela très crédible au niveau des sentiments de l'homme (il sait -souhaite même ? - qu'il va mourir mais risque tout de même d'engrosser celle qu'il aime tout en sachant qu'il risque de lui pourir la vie ensuite juste pour "..." un coup)
La jeune fille est sympathique pour son époque mais j'aurais aimé en savoir plus sur elle, la rencontre étant somme toute assez banale ..
Bref, un lecture agréable sans plus.

   Laure   
30/12/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Macaron,

J'ai trouvé que le texte collait très bien à l'ambiance qui se dégage des tableaux de Hopper en général, les personnages typiques des années quarante que vous décrivez y trouvent très bien leur place. "Dieu le protège comme il protège l'Amérique"...
Je suis restée un peu sur ma faim à la fin, je trouve que la réaction et les sentiments de la jeune fille à l'annonce du décès de son fiancés ne sont pas assez développés.
La narration est belle, je ne me suis pas ennuyée.
Dernière chose : la jeune fille sur le tableau de Hopper me fait l'effet d'être fière et décidée plutôt que rêveuse, mais ce n'est qu'une interprétation!

   David   
2/1/2013
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour Macaron,

Je n'ai vraiment pas accroché à la scène d'adieu, enfin, l'étreinte au parc avant le départ du garçon, dans le paragraphe qui commence par "Ils étaient dans cette partie du parc un peu sauvage, retirée."

Ça a brisé l'atmosphère de ma lecture, je n'imaginais pas spécialement les choses chastes, d'ailleurs, je ne trouve pas que le passage pêche par excès de lubricité, mais j'ai trouvé ça vraiment mal amené, comme ce "La blancheur de l’enveloppe virginale" que j'ai vraiment pris pour l'hymen du personnage pendant un moment.

J'aimais bien l'idée de rendre le calme du tableau, et tout ce qu'on peut envisager autour des pensées du personnage féminin avec le regard hors champ, mais je n'ai pas trouvé que le récit avait un ton juste.


Oniris Copyright © 2007-2017