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Fantastique/Merveilleux
Maëlle : Le fantôme dans le cerisier
 Publié le 14/11/07  -  23 commentaires  -  11133 caractères  -  201 lectures    Autres textes du même auteur

Elle avait d’abord vu la tache claire du bois frais, puis, la robe blanche sur l’herbe. Elle s’était précipitée vers son enfant, sa petite fille à la bouche tachée de jus de cerise...


Le fantôme dans le cerisier


Pour Vanessa E


La branche est là, sur le sol. La cassure fraîche, nette, brutale. Une poignée de fruits est restée accrochée à une écharde, comme en attente.


Amaury lui avait dit :


- Surtout, ne bouge pas de là.


Il ne l’avait plus quittée des yeux. Même en déplaçant l’échelle, il veillait. Elle attrapait les cerises à sa portée, les croquait, lançait les noyaux en direction des merles, plus haut, en riant. Quand Martha avait appelé Amaury, il avait posé l’échelle, jeté un dernier regard sur l’enfant, et était descendu vers la maison, sans omettre un :


- Sois bien sage ! un peu grondé, comme à son habitude.


Ça n’avait duré que quelques minutes, quelques minutes à peine où Amaury l’avait quittée des yeux. Lui et Martha étaient remontés vite ensemble, pour ne pas la laisser seule. Ils continuaient leur conversation en marchant, Martha s’était figée, avait serré le bras de son mari. Elle avait d’abord vu la tache claire du bois frais, puis, la robe blanche sur l’herbe. Elle s’était précipitée vers son enfant, sa petite fille à la bouche tachée de jus de cerise, à la petite main crispée sur un bouquet de feuilles, et à la nuque brisée.


Martha ce jour là avait perdu l’esprit. Elle ne s’était pas arraché les cheveux, n’avait pas déchiré ses vêtements. Elle continua de laver le linge, ramasser les navets et faire le pain. Elle devint juste absente. Elle avait cessé de crier, de pleurer, de sourire. Ni Amaury, ni ses deux fils ne croisaient plus son regard. Elle avait quitté le monde.


~~~


Un vent froid souffle depuis le matin. Aucun châle, aucune flambée ne semble capable de rivaliser avec lui. Martha est nerveuse. Aujourd’hui, plus qu’un autre, elle guigne à la dérobée la blessure encore fraîche du cerisier. Quand Amaury, rongé par la culpabilité, avait voulu abattre l’arbre, Martha était sortie de son apathie. L’homme, embarrassé, s’était vu sommé de choisir entre la satisfaction de voir disparaître l’instrument de la mort de sa fille et le repos de sa femme. Il avait rendu les armes, reposé la hache sur le billot de la cour.


Le vent apporte, par rafales, le son sinistre des cloches des alentours. Le glas… Martha tressaille. Le jour des morts. C’est le jour des morts.
Elle allume une lampe, prépare les écuelles pour le repas du soir. Elle frissonne. Depuis quelques semaines, maintenant, ses garçons s’écartent lorsque, par mégarde, elle les effleure. Ses mains sont froides, glacées. Comme tout en elle, désormais. Elle tourne la tête, machinalement, vers le cerisier. Porte ses mains à ses yeux, se détourne, se reprend. Regarde, franchement, nettement. Court vers la porte, se raisonne, se retourne. Pousse le battant en se disant « je veux en avoir le cœur net ». Sa petite, sa toute petite, est là, dans le cerisier.


Martha s’élance, pleure, crie, sanglote. Elle plaque ses mains contre l’écorce :


- Ma fille, ma petite fille…


Elle ose lever les yeux sur la forme blanche. C’est elle, c’est bien elle, mais…


- Comme tu as changé !


L’enfant hoche la tête, en souriant.


- Tu as grandi, oh, tu es presque aussi grande que Thibault, maintenant.


La petite continue de sourire.


- Ce n’est pas possible.


Martha s’écarte. Elle secoue la tête, de droite à gauche. Comment sa fille, sa petite fille peut lui apparaître ainsi, elle avait quatre ans à sa mort, elle en semble huit aujourd’hui, ses joues rondes se sont creusées, son sourire montre des dents toutes neuves, ses boucles ont poussé, ses jambes qu’elle agite nerveusement sont sèches et longues, maintenant. Martha recule. L’enfant cesse de sourire, et d’un coup, se penche.


Martha hurle. Non, non, pas encore. Elle se précipite. Ne tombe pas. Mais l’enfant n’est pas tombée. Elle sourit, avec un air contrit, à sa mère qui est revenue vers elle. Et Martha prend conscience que la branche sur laquelle sa fille repose n’existe plus, depuis longtemps.
L’image de l’enfant semble se dissoudre, perdre de sa consistance. Martha parle très vite :


- Oh, ne pars pas, je t’en prie, pas encore.


La petite esquisse une mimique désolée.


- Je t’en prie…. Non.


La seule réponse est un geste d’impuissance. Autour, les cloches se sont tues.


- Oh, reviendras-tu, au moins, dis-moi !


L’ombre diaphane acquiesce vigoureusement.


- Vraiment, oh, quand !


Dans une esquisse de baiser, l’ombre se dissipe, et Martha ne voit plus qu’un ruban de brouillard pris dans les branches du cerisier.


Elle est rentrée, Amaury l’a prise dans ses bras, elle s’est laissée faire. Elle a senti la chaleur de ce grand corps d’homme. Elle a posé ses mains sur les épaules familières. Puis, elle a servi la soupe, en déposant, au passage, un baiser sur les cheveux de chacun de ses fils.


Martha reprend sa vie, monotone. Elle croit, parfois, reconnaître, légère comme une ombre, la robe blanche de sa fille dans le cerisier. On dit d’elle qu’elle sourit aux anges, en haussant les épaules. Elle pense, parfois, à faire des beignets, et ces jours-là c’est fête. Le temps passe. L’automne revient.


Martha est fébrile. Elle commence à peler les carottes, les abandonne, retourne à la fenêtre, revient, se rassoit. Sera-t-elle là ? Et quand ? Ça a duré si peu, la dernière fois. Combien de temps peut-elle se laisser voir ? Martha s’affole. Comment être au rendez-vous ? Et comment savoir, dans la lumière grise de l’après midi, si elle n’est pas déjà là ? Comment distingue-t-on un fantôme ? Le mot lui fait mal. Un fantôme.
Les heures s’étirent sans fin. Enfin, le soir tombe. Martha, ses deux mains contre sa bouche, se précipite dehors.
Elle arrive hors d’haleine, se donne quelques secondes avant de lever les yeux. Elle est là. C’est elle… Enfin, c’est…
Sa petite n’est plus si petite. Ses cheveux sont plus longs, et la mèche ramenée sur le front lui donne l’air effronté. Ses doigts sont longs et fins, elle les agite sans raison. Elle ne porte plus la robe simple de son enfance, mais une autre, qui met ses jeunes formes en valeur. Et sa jupe retroussée dévoile ostensiblement un genou osseux. Martha est choquée de la voir ainsi. Elle bredouille, et finit par lâcher :


- Mais comment te tiens-tu ! Je ne t’ai pas éduquée comme ça !


La jeune fille lève les yeux au ciel. Martha insiste :


- Ce ne sont pas des façons. Veux-tu tirer ta jupe ! Et t’asseoir correctement.


Un peu interloquée, sa fille s’exécute, sans sembler vraiment se rendre compte de ce qu’elle fait. Martha, devant cet accès de docilité, voit tomber sa colère. Et comprend soudain ce qu’elle vient de dire.


- Oh, excuse-moi… Mais tu es… Si grande. Tu avais quatre ans.


Martha sent les larmes qui montent. Le spectre fait un geste d’impuissance, qui suffit à ouvrir les vannes. Martha ferme les yeux à nouveau, s’appuie sur l’écorce pour essayer de retrouver la sérénité qui lui manque. Quand elle les ouvre, sa fille est à côté d’elle, tentant de l’embrasser, sans le pouvoir.


- Oh, ma toute petite… Ce n’est rien, je suis si contente de pouvoir te voir encore, tu sais mais c’est si dur de t’avoir perdue, et maintenant tu es si grande, comme si dix années avaient passé alors qu’il n’y en a eu qu’une seule, ma toute petite, tu avais peur du noir encore et…


Son enfant, maladroite, tente des gestes consolateurs, diaphanes et immatériels. Martha s’appuie contre l’arbre, prend dans la solidité du bois de quoi se reprendre. Elle voit, à travers ses larmes, que la brume légère qui est l’apparence de sa fille commence à perdre de sa substance.


- Non, pas déjà…


Une moue résignée lui répond.


- Oh… Reviendras-tu ?


L’ombre hausse les épaules. Elle n’est plus qu’à peine visible.


- Je t’en prie… Reviens, reviens encore…


Martha croit discerner un hochement de tête dans le mouvement de la brume qui se dissipe.


Martha rêve. Au matin elle ne se souvient pas. Parfois, ses rêves lui donnent envie de chanter, alors Amaury lui donne un petit tour de danse. D’autres fois, elle se réveille frissonnante, nauséeuse, et se couvre et recouvre de châles et de chandails.


Elle attend le jour fatidique. Le glas lui semble alors joyeux. Ou parfois sinistre : a-t-elle vraiment vu ce oui ? Elle guette. Elle ne peut plus, ce jour-là, rien faire d’autre qu’attendre. Amaury l’a compris, lui qui a emmené ses aînés avec lui en visite. Martha, à la fenêtre, ne quitte le cerisier des yeux que pour cligner.


Le jour tombe doucement. La lumière devient bleutée, puis grise, avant que le noir ne s’installe. Martha s’approche de la fenêtre, n’osant pas aller jusqu’au cerisier.


Elle est là. Non pas dans l’arbre, cette fois, mais devant. Martha avance avec hésitation. Sa fille, joyeuse et grave, tourne devant elle, doucement. Martha sourit.


- Comme tu es belle.


La jeune femme répond par une révérence gracieuse, qui fait glisser son voile le long de son bras.


- Alors, tu te maries ?


La petite mariée sourit, et, imperceptiblement, change de vêtements. Elle est maintenant habillée comme Martha peut l’être, par moment, d’une jupe, d’un corsage, et d’un châle. Martha essaye de comprendre. Sa fille sous ses yeux change encore. Une main accompagne le mouvement, accéléré, d’un ventre qui s’arrondit, puis, brusquement, l’image se brouille, pour qu’un enfant de nuage apparaisse, niché dans les bras d’une mère de brume.


- Oh, ma chérie…


Le mouvement ne s’arrête plus, l’enfant qui grandit, un autre qui naît, puis un troisième, puis, le visage qui se marque, de quel chagrin ? Qui passe, lui aussi, les enfants s’éloignent, reviennent, et Martha retrouve ses gestes dans ceux de sa fille. Elle la voit vieillir encore, elle pense :


- Elle a mon âge.


Mais le temps ne s’arrête pas, les enfants grandissent, deviennent adulte, partent là où ni l’une ni l’autre ne peuvent les voir, sa petite est en train de vieillir, le front se marque, elle fronçait si comiquement les sourcils lorsqu’elle réfléchissait, le coin des yeux aussi, trop de sourires, le coin des lèvres, trop de larmes, Martha voit sa fille se tasser sous les ans, devenir aussi fragile qu’une branche de cerisier en hiver, et, d’un coup de vent, disparaître.


Martha, pleure, immobile, statufiée dans le jardin. Lentement, elle rentre. Ranime le feu en essuyant les larmes qui ne cessent de couler. Lorsqu’Amaury rentre, elle ne peut s’empêcher, cette fois, de raconter.


Visage grave d’Amaury, incrédule de son aîné, moqueur du cadet.


Martha se couche, le cœur glacé.


Le lendemain, Amaury se lève. Il secoue les braises, peste contre son fils qui n’a pas rempli le bûcher, sort, et, après un coup d’œil à l’arbre, décide d’aller voir de plus près. Il bat la semelle pour tromper le froid. Soudain, il appelle, étonné et joyeux. Ses fils accourent, et Martha, traînant les pieds, les rejoint. Son haleine givre devant elle.


- Regardez, dit-il, regardez !


Au-dessus de la cassure, une branche frêle a poussé. Qui porte quatre cerises. Une pour chacun d’entre eux.


Texte écrit dans le cadre d’un échange de cartes postales sur le forum crayons de couleur.


 
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   Bidis   
14/11/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Histoire fort jolie, très bien racontée, très joliment écrite. On reste sous l'impression de ce texte, entre posésie et mélancolie.

   Werther   
15/11/2007
Une très belle histoire, écrite avec une fluidité et une légèreté remarquable...J’ai bien aimé la fin, si douce et si jolie !

   Leo   
19/11/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une histoire immatérielle et intemporelle, impossible à situer dans l'espace et dans le temps, douce-amère, tendre et fragile comme une fleur de cerisier.

J'ai beaucoup aimé cette intemporalité, qui interdit de situer avec précision non seulement l'époque, mais aussi la chronologie. Elle accroît la dimension du mystère. La fin, qui évoque une longue séquence d'un célèbre film de Kubrick, méritait cependant une bien meilleure exposition, d'autant plus que les mots tombent juste et que le thème aurait supporté plus de longueur.

Ca, quelques petites maladresses de style et une mise en forme un peu trop plate qui ne met pas suffisamment en valeur l'émotion, sont les petits défauts qui limitent ma note.

   Togna   
21/11/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Poésie et pudeur pour une touchante et originale approche du deuil.

   Anonyme   
29/2/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Tant que quelqu'un pense à nous, nous ne sommes pas
réellement morts...

Très poignant, écriture fluide, lecture aisée.

J'ai beaucoup aimé.

   xuanvincent   
5/5/2008
Quelle belle histoire ! Je cherche mes mots... Très bien écrite, pleine de poésie... Emouvantes retrouvailles entre la mère endeuillée, devenue l’ombre d’elle-même et sa fille, fantôme léger apparaissant dans le cerisier, au moment où le père veut abattre l’arbre. La mère est-elle folle ou bien voit-elle réellement sa fille dans le cerisier ? L’on hésite entre rêve et réalité. Deux espaces temporels paraissent se dérouler simultanément. La mère s’étonne de voir sa petite fille vieillir tel un être de chair et de sang, jusqu’à la disparition de sa fille adorée. Pourtant, le lendemain déjà et non pas des années après, l’arbre est coupé. La fillette ne sera apparue qu’à une seule personne, celle-là même dont on disait qu’elle avait perdu l’esprit. Pourtant, l’histoire semble donner raison à la mère, puisque, fait extraordinaire, des cendres de l’arbre quatre cerises sont nées. Une pour chacun des membres de la famille. Ce conte, jusqu’à la très belle image de la fin, m'a beaucoup touchée.

   xuanvincent   
25/7/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce très beau conte, tant pour son imaginaire que son style (très bien écrit) mérite à mon avis bien un 15.

PS : Je relis ce texte, plusieurs mois après, cette histoire qui m'avait touchée, et je retrouve de nouveau l'importance de l'arbre, d'un arbre aussi vivant qu'un être humain.

   marogne   
21/7/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Fantastique, la première partie, d'une beauté à couper le souffle, merveilleux oserais-je écrire? (*)

Une idée vraiment originale, qui prend à contre pied les idées que l'on se fait sur la façon dont les fantômes vivent et vieillisssent. on a devant nos yeux un univers entier qui s'ouvre, qui se crée chaque fois qu'un des notres disparaît et qui se multiplie à toute vitesse, quitte peut être parfois, à revenir dans le notre?

La douleur de la mère est très bien représentée, et on se sent à ses cotés, contemplant sans espoir (au début) l'arbre maudit/béni. Une écriture ici aussi très agréable, sans effets superflus.

Et l'image à la fin, ces quatres cerises qui poussent en hiver (oui, automne...), comme un printemps, le renouveau de la vie le jour des morts; mais le jour qui précède est celui de tous les saints, c'et sans doute eux qui permettent ces miracles...


Et ouis les cerisiers, symboles de la mort en pleine beauté au Japon.....

   Menvussa   
9/10/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un très beau texte, émouvant, poétique. Les fantômes existent-ils si exister peut alors avoir un sens. Garde-t-on un contact avec l'être disparu, peut-il se mouvoir dans un monde parallèle. Que de questions.

Cela m'a beaucoup plu.

   Anonyme   
8/11/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonne idée qu'a eue Maëlle de ressortir une oeuvre de jeunesse, ce qui m'a permis de remonter jusqu'à celle-ci.
C'est remarquablement écrit. Tout en retenue.
J'ai frissonné à plusieurs reprises. C'est la première fois que ce phénomène ce produit à la lecture d'un texte sur Oniris. Comme si la petit fantôme allait se manifester.

La chute signifie, de façon très poétique, le retour à la vie.
Superbe nouvelle.

   studyvox   
9/11/2008
Et dire que je suis passé à coté de cette nouvelle!
Tout aété dit, mais j'ajoute encore un "très bien plus", pour cette évocation poignante particulièrement réussie.
C'est le plus beau texte de Maëlle que j'ai lu.

   victhis0   
10/11/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Que de tact et de justesse sur un sujet ou la sensiblerie guette à chaque phrase...Que de tendresse pour cette mère endeuillée qui survit comme elle peut et vit par procuration l'évolution probable de sa fille. J'en ai des frissons !
J'ai encore en moi cette mère, tellement présente alors que rien n'est dit sur elle, cette histoire profonde comme un cercueil et pourtant pleine de vie : cette ambivalence maîtrisée, cette simplicité lumineuse mérite très largement ses quatre plumes. Bravo

   Nobello   
18/12/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Super...

   Anonyme   
21/2/2009
C'est tendre, doux comme une caresse et chaque image résonne.
Le merveilleux existe, l'auteur me l'a fait rencontrer.
Et la dernière image s'est figée dans mes rétines.
J'attends les prochaines cerises avec impatience.
Une bien belle histoire, féérique. Rare.

   Ariumette   
2/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je ne me suis pas ennuyee une seconde. C'est endre sans etre gnangnan... Tres jolie histoire vraiment ! Merci !

   hevoeh   
9/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Des réminiscences shakespeariennes ?

On perçoit chez Martha à la fois l'effroi et la stupeur qui envahissent le cœur du jeune prince Hamlet lorsqu'il aperçoit le fantôme de son père qui se promène sur les murailles et disparaît comme un souffle.

Très irréel le défilement des années chez les esprits. L'auteur voudrait-il nous enlever même notre préhension sur la notion de temps pour accentuer encore notre déstabilisation.

Très bien décrit tous les aspects psychologiques chez la famille et notament chez Martha de la repercussion du décés de l'enfant.

Ce qui est touchant dans le texte est l'absence de culpabilité et de reproches mutuels. L'unité ne fut jamais brisé et l'image finale je l'ai compris comme une autre interprétation de la notion de l'absence et de la mort.

   horizons   
15/5/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'arrive un peu en retard mais la bouche pleine d'adjectifs admiratifs: poignant, triste, beau , nostalgique, pudique...
Bref un grand grand bravo à toi.
H

   aldenor   
18/8/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Au départ le premier paragraphe me dérangeait. Comment se fait-il que l’observateur (le narrateur) s’intéresse à la branche ? Dans le flash-back qui suit, la scène s’achève sur la petite fille au sol. Normalement, ce devrait donc être elle et non la branche qui retienne l’attention de l’observateur.
Mais voilà, ce fait introduit une touche de mystère ; un œil omniscient s’est posé sur la branche tandis que tout le monde se précipitait vers la petite fille. Et le bel effet miroir avec la dernière phrase de la nouvelle confirme l’intention.
Un beau texte vraiment bien construit.
La symbolique est riche : l’existence à laquelle la petite fille était destinée se déroule en quelques instants dans l’esprit de sa mère ; image saisissante d’une existence cyclique comme les saisons, tronquée pour la petite fille, telle la branche brisée. Et la vie reprend, par delà l’accidentel, quand reviennent les cerises.
Je trouve cependant certaines lourdeurs dans l’écriture, en particulier dans la première partie :
« Ca n’avait duré que quelques minutes… », la répétition de « Quelques minutes à peine » me semble inutile ; et puis qu’est ce qui avait duré ? L’absence d’Amaury ? Il fallait le spécifier : Amaury ne s’était absenté que quelques minutes… « Où Amaury l’avait quittée des yeux » est maladroit : uno, c’est sous-entendu dans son absence, duo, quelques minutes c’est long, l’expression n’est plus appropriée…
Les « à la » bouche tachée… petites mains… nuque brisée… font énumération d’attributs ; et le « et » final me chiffonne le plus : il me semble qu’en supprimant les « à » et le « et » on aurait une forme de crescendo plus efficace.
Les concordances de temps dans le dernier paragraphe de cette partie me dérangent ; je suggérerais « … Elle cessa de crier … […] ne croisèrent plus son regard… »

La suite coule beaucoup mieux. Il y’a une volonté manifeste de donner au texte un ton alerte en abrégeant les phrases et recourrant souvent à des raccourcis et des suppressions d’articles. Encore que ces effets soient parfois exagérés et puissent faire brouillon :
« Comment sa fille, sa petite fille peut lui apparaître ainsi…» Il faudrait dire « Peut-elle lui apparaître ainsi… »
« On dit qu’elle sourit aux anges… » Il est entendu qu’elle vit retranchée avec les siens ; cet « on » anonyme ne va pas dans ce cas.
« …tente des gestes consolateurs, diaphanes et immatériels. » On dirait ici qu’elle tente des gestes diaphanes, ce qui n’est pas le cas, il manque un verbe.
« Martha rêve. Au matin elle ne se souvient pas. Parfois ses rêves lui donnent envie de chanter…» De quoi ne se souvient-elle pas ? Il faut préciser « Au matin elle ne se souvient pas de ses rêves, mais parfois il lui donnent envie de chanter… »

   Selenim   
13/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une histoire subtile et pleine de retenue. Le deuil est un thème jamais facile à aborder mais l'auteure s'en tire avec les honneurs.
Il y a un belle écriture soignée, qui ne verse jamais dans le pathos, principal écueil de ce genre de récit.
La nouvelle a une armature plutôt originale et j'ai souvent été pris à contrepied, renouvelant régulièrement mon attention.
Même si la trame demeure classique, tragédie, fantôme, la qualité narrative ne décroche jamais et tient le lecture dans sa paume.

Une réussite.

Selenim.

   shanne   
24/9/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour à vous,

j'aime, j'ai vu surtout cet arbre, en automne, avec la chute des feuilles (la chute...) , en hiver, je le regarde: je me souviens, au printemps:je sens de nouveau la vie et l'été: la joie de vivre retrouvée
Un grand merci

   Lunastrelle   
30/5/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une histoire merveilleuse, j'en suis émue... Que dire? L'idée en elle-même est originale, bien développée, le récit est agréable à lire... Et la chute est surprenante: quatre cerises...
Et en même temps on se pose énormément de questions: qu'est devenue sa fille, et ses enfants de nuage? Que sont-ils réellement dans l'esprit de Martha, et le cerisier, sa blessure... Est-ce pour dire au père qu'elle lui pardonne?

   Anonyme   
22/12/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un très joli Dis quand reviendras-tu. Une prose très poétique, légère et colorée. Une histoire plaisante qui donne envie de la relire. Et surtout une chute conte de fées moderne, toujours poétique, qui est ravissante :

"Au-dessus de la cassure, une branche frêle a poussé. Qui porte quatre cerises. Une pour chacun d’entre eux."

   Anonyme   
28/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je viens de découvrir ce texte au hasard de mes recherches dans . Très beau récit, plein de tact, de tendresse et très émouvant. Le nombre de commentaire prouve aussi l'intérêt des autres lecteurs pour cette triste mais néanmoins très belle histoire. SR


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