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Réalisme/Historique
maguju : Fausse route
 Publié le 15/01/19  -  11 commentaires  -  11615 caractères  -  68 lectures    Autres textes du même auteur

Les pensées d'un homme pendant un trajet en voiture.


Fausse route


Au volant de sa Chevrolet Beretta flambant neuve, les reconduisant lui et sa femme Ada à Sacramento, Brian Hamilton, quarante-sept ans, se repasse mentalement le film de la soirée et se laisse gagner par la morosité. Ils ont dîné chez leurs amis les Jackson dans leur propriété de Granite Bay, il est près de deux heures et il se sent las et étrangement mélancolique. Depuis quelques mois, après chaque virée en ville ou chez des amis, il éprouve cette même sensation désagréable de redescente brutale, de brusque retour à la réalité. Il sait que cette soirée chez les Jackson ne fera pas exception, qu’une fois rentré il se sentira déprimé et vanné et que, malgré la fatigue, les visages et les conversations le hanteront, l’empêchant de trouver le sommeil. Il se reprochera une fois de plus d’avoir trop bu et trop fumé, se promettant d’aller courir le lendemain afin d’éliminer les toxines accumulées, étant cependant conscient, au fond de lui, qu’il n’ira pas, trop affaibli par sa nuit blanche.

Pour le moment, il roule vite et jette de temps à autre de rapides coups d’œil à Ada. Celle-ci sommeille à ses côtés, les cheveux défaits et le visage marqué par la fatigue. Brian se demande comment elle a passé la soirée. Il ne lui a accordé que peu d’attention pendant le dîner, il doit le reconnaître. Elle était assise assez loin de lui, à côté de Millie Jackson, pour ce qu’il a pu en juger. Il repense alors à l’époque où tous deux ne pouvaient se détacher l’un de l’autre, s’asseyant toujours côte à côte lorsqu’ils sortaient, se faisant du pied sous la table ou se prenant la main dès qu’ils le pouvaient. Cette époque est dorénavant révolue, il en a conscience. Faut-il que le temps vienne irrémédiablement tout gâter ? Ses amis vivent-ils la même situation avec leur épouse ? La majorité d’entre eux, à n’en pas douter… Pourquoi lui et Ada ont-ils fini par se perdre de cette façon ? Il ne connaît pas la réponse. Le manque d’enfant y est sans doute pour quelque chose. Lorsqu’il a appris qu’il était stérile, dix ans en arrière, Brian a accusé le coup, ne se sentant plus un homme à part entière. « Oui c’est sans doute à ce moment-là que nos rapports ont changé, songe-t-il. Et l’excès de travail et la routine ont fait le reste. »

Il soupçonne Ada de prendre des amants de temps à autre, afin de remédier à sa solitude. Il le voit à sa façon d’être euphorique quelquefois, avant de sombrer à nouveau dans les affres de la dépression, périodes pendant lesquelles elle lui adresse à peine la parole. L’année dernière, Brian a lui-même noué une brève relation avec une collègue de travail beaucoup plus jeune que lui. Un moment il s’est cru amoureux mais, en réalité, il a vite compris que ce qu’il prenait pour de l’amour n’était rien d’autre que du désir et de l’orgueil. Il a bien sûr été flatté qu’une jeune femme s’intéresse à lui, rien d’original, encore que, il l’a découvert par la suite, elle ne l’avait séduit que pour mieux le manipuler et servir ses ambitions professionnelles. Un scénario somme toute banal, la plupart de ses amis ayant vécu des histoires similaires. Dans son milieu, il semble en effet que la misère affective soit plus répandue que la misère matérielle. Parce que de ce côté, il faut l’avouer, tout va plutôt bien. L’argent coule à flots et après avoir connu des temps de vaches maigres, lui et Ada vivent une période de prospérité et évoluent dans un cercle aux codes bien définis, le principal étant d’exposer sa richesse, donc sa réussite, aux yeux des autres.

Alors qu’il a toujours souhaité l’oublier, Brian songe avec nostalgie à l’époque où Ada et lui vivaient dans un petit appartement sans confort de la banlieue de Los Angeles. « Qu’est-ce qui t’arrive bon sang ! » s’invective à haute voix Brian, les mains crispées sur le volant. Il regarde Ada, constate qu’elle dort la bouche ouverte et songe que le temps qui passe n’est guère clément envers la gent féminine frisant la cinquantaine ; en tout cas celle qu’il fréquente… À part peut-être Alicia Petersen, toutes les femmes qu’il connaît portent les stigmates d’une vie bourgeoise sédentaire et centrée sur elle-même, à savoir surpoids, superficialité et condescendance envers toute personne étrangère à leur milieu.

Alicia Petersen… elle lui a plu dès le premier regard. Une vraie beauté cette fille, un visage et un corps parfaits, que le temps n’a pas réussi à abîmer. En outre, elle a une manière bien à elle de vous regarder, impossible d’y rester indifférent. Son regard vous transperce littéralement. Inutile de tricher avec une fille comme ça, elle a vite fait de vous démasquer. Tous deux ont parfois flirté lors de soirées trop arrosées, mais ça n’a jamais été plus loin. Brian n’est pas le seul à apprécier les charmes d’Alicia. Il soupçonne tous ses amis masculins d’être amoureux d’elle et il crève de jalousie à l’idée qu’un d’eux ait pu un jour poser ses mains sur elle. Au fond il doute que cela se soit produit. Il a même le sentiment qu’elle n’accorde qu’un respect très mesuré à ces messieurs en général. Brian le voit au regard noir qu’elle leur jette lorsque l’un d’entre eux s’autorise un geste déplacé ou la dévisage avec insistance. Alicia, belle et rebelle… Seuls Matthew, son compagnon, et peut-être lui aussi, en tout cas il aimerait s’en convaincre, échappent à son mépris. « Quel veinard ce Matthew, pense Brian ; encore que, comme on dit souvent, l’herbe paraît toujours plus verte ailleurs… » Il en a un peu honte, mais c’est plus fort que lui, il les imagine parfois en train de faire l’amour, Matthew caressant les longues jambes d’Alicia… Il faut dire que sa vie sexuelle, depuis sa rupture avec sa jeune collègue, s’est réduite comme une peau de chagrin. Sa femme accepte parfois de se prêter à « l’exercice » mais il voit bien que le cœur n’y est pas et qu’elle se débarrasse de cela comme elle le ferait d’une corvée, en tout cas c’est l’impression qu’il en retire. Cela l’empêche très souvent de parvenir à la jouissance.

Il leur reste maintenant une vingtaine de minutes avant de rejoindre Sacramento et alors qu’il appuie sur l’accélérateur, il sent sa gorge se serrer de plus en plus. Non, ce soir il refuse que le spleen l’envahisse tout à fait. Cet état dépressif doit cesser au plus vite, sinon il y laissera sa santé mentale. Il regarde à nouveau vers son épouse et oblige son esprit à revoir la Ada d’autrefois, celle du début de leur mariage, cette femme pleine de vie et d’humour avec qui tout semblait facile. Il songe qu’il n’a aucun droit de la juger pour sa prise de poids ou son humeur changeante. Après tout, il est en grande partie responsable de sa métamorphose, l’ayant petit à petit oubliée au profit de sa quête de réussite professionnelle. Il regarde dans le rétroviseur et se dit que lui aussi a pas mal changé en vingt-cinq ans. Une calvitie naissante, des cernes creusant son regard, des rides fortement marquées au coin des lèvres. Ayant relâché son attention quelques instants, il réalise qu’il ne roule plus tout à fait à droite de la route et lorsque deux phares viennent l’éblouir, il a juste le temps de donner un violent coup de volant afin de redresser la voiture et d’éviter la collision. « Qu’est-ce que tu fabriques ? Tu veux mourir c’est ça ? » pense-t-il alors, le pied sur le frein et le cœur battant. Ada n’a rien remarqué. Elle semble plongée dans un profond sommeil et Brian réalise à quel point elle est vulnérable, ainsi recroquevillée sur la banquette, les cheveux lui retombant sur le visage. Il roule encore sur une centaine de mètres et s’arrête sur le bas-côté. Il baisse la vitre et allume une cigarette. Ses mains tremblent et il peine à recouvrer son calme.

Alors qu’il se remet de ses émotions, une idée lui vient subitement à l’esprit : et si Ada et lui allaient passer leurs vacances d’été à Los Angeles plutôt que d’accompagner les Jackson à New York comme prévu ? Au fond il n’a aucune envie de vivre deux semaines avec les Jackson et leurs deux adolescents attardés. En fait il a une brusque envie de revoir les lieux de leur jeunesse à L.A., de se laisser porter par le hasard, cela lui arrive si rarement, et de retrouver cette joie de vivre que tous deux arboraient à cette époque, même lorsque les fins de mois étaient difficiles et le frigo vide… C’est décidé il va louer une maison en bord de mer ! Ils vont passer du temps rien que tous les deux et finiront par repartir sur de nouvelles bases. Il en est sûr, c’est la solution à tous leurs problèmes. « Incroyable la façon dont la vie se charge de modifier vos perspectives en un instant… » pense Brian. Il se sent si euphorique d’un seul coup qu’il songe à réveiller Ada pour lui faire part de ses projets. Elle paraît si paisible qu’il hésite un peu et décide d’attendre leur retour à la maison. Il redémarre la voiture et adopte une allure plus tranquille, ne voulant prendre aucun risque.

Quelques minutes plus tard, ils atteignent le Tower Bridge de Sacramento et se dirigent vers le quartier historique où ils résident depuis cinq ans dans leur spacieuse maison du 19e siècle. Brian se penche, sort de la boîte à gants la télécommande du portail électrique et appuie sur le bouton. Au moment où il engage la voiture dans l’allée, il constate qu’Ada est réveillée. Elle s’étire, bâille, se frotte les yeux et replace quelques mèches de cheveux dans son chignon. Il gare la voiture, coupe le moteur, ouvre la portière, fait le tour et vient ouvrir à sa femme, un sourire aux lèvres. Elle le regarde alors d’un air surpris et lui lance :


– Je peux savoir ce qui te prend de sourire de cette façon ? Tu as un air complètement stupide mon pauvre Brian… Quoi, qu’est-ce qui se passe ?

– Laisse-moi parler tu veux ? Je viens d’avoir une idée géniale et…

– Ah oui eh bien moi je suis crevée, j’ai la gueule de bois et je ne suis pas sûre d’avoir très envie de l’entendre ton idée, l’interrompt Ada agacée.

– Arrête un peu et laisse-moi en placer une, OK ?


Brian veut encore y croire mais le cœur n’y est plus, il le sent bien. Le rêve qu’il a fait vingt minutes plus tôt, celui où lui et Ada se retrouvaient à L.A., vient de s’évaporer en un instant.


– Oh d’accord monsieur le directeur…, rétorque Ada se levant et exécutant une révérence. C’est bien de cette manière que te parlent tes secrétaires et tes collaboratrices n’est-ce pas ? ajoute-t-elle d’un air moqueur.


Et puis, subitement, elle lit la déception sur le visage de son mari et se radoucit.


– Excuse-moi Brian, je t’écoute. Alors quelle est cette idée géniale ?


Brian la dévisage quelques secondes, hésite et finit par répondre :


– Ce n’est rien, tu as raison. Elle n’est peut-être pas si géniale que ça après tout. On en reparlera demain, ou une autre fois. Va te coucher, je vais rester en bas un moment.


Brian laisse Ada incrédule sur le perron de la porte. Il entre, coupe l’alarme, pose ses clefs dans le vide-poches posé sur la console de l’entrée et se dirige vers le salon. Il allume la lumière, ouvre le meuble en acajou où sont rangés les alcools forts, prend un verre et se sert une bonne dose de whisky. Il ouvre ensuite la porte-fenêtre, se laisse tomber sur un des fauteuils de la terrasse et retire ses chaussures et sa veste. Il étale ses jambes et avale une première rasade de liquide ambré. Celle-ci vient lui brûler la gorge et l’œsophage. Il pose son paquet de cigarettes sur la table basse, à portée de main, et ferme les yeux. Brian sait maintenant que la nuit va être longue et blanche. Alors il se met à penser à Alicia Petersen, à son regard pénétrant, à son sourire et il imagine la douceur de ses longues jambes.


 
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   Louison   
13/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cela se passe en Amérique, mais pourrait se passer n'importe où, le temps qui passe, la routine, la non communication qui érode la vie de couple. Et puis le désir de relancer la machine, désir brisé dans l'oeuf par la femme qui s'ennuie dans son couple et devient amère. Tout cela est bien raconté dans votre récit que j'ai lu avec plaisir.
Le fait que l'histoire se passe aux US, prénoms américains, voiture américaine donne une dimension cinématographique, je trouve à ce texte. Je voyais bien le couple Bogart / Bacall dans les rôles.
Un bon moment de lecture pour moi.

Lu en EL Louison

   plumette   
23/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un très bon moment en compagnie de Brian.
L'exercice n'est pas si simple et il faut une belle qualité de plume pour entraîner le lecteur dans les pensées moroses et assez désabusées de cet homme dont la lucidité sonne juste.
Le renversement d'humeur lié à la conscience de la perte(ou fragilité de la vie) me semble très juste aussi. Et puis patatra! Le désir de Brian tombe à plat, aucun relai du côté d'Ada, la morosité reprend le dessus.

Un texte qui met en scène ces choses de la vie assez ténues, j'aime ce genre là qui dit à la fois peu et beaucoup.

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Plumette

   Neojamin   
15/1/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

"rajout après nouvelle lecture" : Je me permets de modifier mon commentaire... reprenant Oniris depuis peu, il faut que je me familiarise à nouveau. Les fautes avaient orienté mon jugement, d'où la sensation d'ébauche. Le reste de mon commentaire reste valable.

J'ai le sentiment que ce texte n'a pas été très retravaillé, qu'il a été écrit d'une traite, relu une ou deux fois peut-être, mais guère plus. Il m'est donc difficile de commenter tant j'ai l'impression que ce texte n'est qu'une ébauche d'histoire.
Il y a beaucoup d'informations qui se succèdent d'une manière plutôt mécanique, certaines contradictoires. J'aurais aimé que vous preniez plus le temps de poser les personnages, de les faire exister. Ici, j'ai le sentiment que vous les présentez d'une manière assez caricaturale, j'ai du mal à y croire.
Je ne suis pas sûr qu'il y ait une véritable intrigue non plus, ce ne sont au final que des états d'âme nocturnes non ?
Il y a des idées intéressantes, une histoire connue mais toujours d'actualité. Ça mérite d'être retravaillé!

   stony   
15/1/2019
Les pensées de Brian sont crédibles et l'écriture les déroule de manière convaincante.
Bien qu'il n'y ait pas de réelle intrigue, il y a tout de même une histoire en toile fond, une histoire cruellement banale dans laquelle chacun ou presque pourra se projeter. Si elle est banale d'un point de vue statistique, elle ne l'est pas pour celui ou celle qui s'y projette, à condition qu'il s'y projette corps et âme, qu'il ressente les émotions qu'il a lui même pu ressentir avant de lire le texte ; la valeur ajoutée littéraire, en somme. Ce texte est très correctement écrit, mais c'est cette valeur ajoutée littéraire qui me manque.
Je ne peux pas vous dire ce qu'il aurait fallu y mettre, mais en lisant ce texte, j'ai lu l'histoire de Brian dont je n'étais que le spectateur. Je n'étais pas Brian, ou trop peu.

   Canuelle   
15/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
En préambule, je suis désolée si mon commentaire vous apparaît comme une suite de questions ou de remarques mais c'est de cette façon-là qu'elles me sont venues à la lecture de votre texte et, en tant qu’auteur, je préférerais avoir un retour de ce style plutôt que pas de retour du tout ;-))

Je me demande ce qu'amène une version américaine à cette histoire? Pour moi, elle ne fait qu'augmenter une vision "de genre" codifiée et où je reste, comme une spectatrice, extérieure en quelque sorte. Les problématiques sont, dès lors, attendues et les rôles sexués renforcés ++ : il rêve d'une femme aux longues jambes, elle dort pendant qu'il conduit, etc.
J'ai cependant été sensible à la complexité, sinon des personnages (car, bien sûr, ils changent d'avis) mais à la complexité de la communication, même si je pense, il aurait fallu qu'elle soit plus poussée pour que l'histoire gagne en intérêt.
J'ai bien aimé la construction de cette histoire, son déroulement fluide et le titre.
Voilà, j'espère que cela pourra vous aider pour vos futurs textes que je ne manquerai pas de lire!

   Corto   
17/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette "Fausse route" est plaisante à lire. Le contexte américain est bien conforme aux clichés que nous avons en tête des relations artificielles entre couples aisés qui s'ennuient un peu.
Ce qui se passe dans la tête de Brian, sans être original, est très bien décrit et formulé. Le retour en pleine nuit tandis que son épouse dort à ses côtés favorise les réminiscences sur la soirée mais aussi sur une aventure sexuelle plus lointaine.
Ada était jadis très belle et ils étaient fort amoureux. Ce souvenir l'émeut mais la vie et la malchance ont un peu gâté le projet de vie "c’est sans doute à ce moment-là que nos rapports ont changé".
Et puis il y a la tentation Alicia mais qui est inaccessible.
L'accident tout juste évité le fait réagir brutalement: "Alors qu’il se remet de ses émotions, une idée lui vient subitement à l’esprit". De là naît un nouveau rêve, partir en vacances en tête-à-tête pour retrouver son épouse comme au temps jadis.
La fin montre encore une fois le décalage entre l'homme et la femme sur leurs attentes immédiates mais une ouverture est laissée pour ce qui se passera plus tard: "On en reparlera demain, ou une autre fois." Cette ouverture sur le futur donne une nouvelle ampleur au récit.

Ce texte est bien construit et bien écrit. On pénètre volontiers dans le déroulement de l'action.
Bravo.

   Malitorne   
18/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Une histoire bien écrite qui raconte les ravages des années sur la vie de couple. Rien de très nouveau mais le ton est juste et lucide. Le cadre américain n'était pas nécessaire à mon avis, pas trop compris la raison d'exporter ce que tout le monde peut ressentir. J'ai particulièrement apprécié les quelques phrases lapidaires de l'épouse qui ruinent les espoirs de Brian. Il ne lui reste, en effet, plus qu'à se consoler avec la dive bouteille.

   hersen   
18/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
C'est une histoire somme toute très banale, l'indifférence s'installe et les rares tentatives de rapprochement sont décalées et donc n'aboutissent pas.

J'aurais aimé que sur un sujet qui n'offre pas de surprise, il y ait eu du piquant, dans la narration, dans les situations, enfin, je veux dire quelque chose pour contrebalancer la banalité de la situation.

En fin de lecture, il ne reste pas beaucoup, rien qui s'accroche vraiment à l'esprit.

Je n'ai pas de reproche concernant la narration, ce qui aussi me fait dire que l'auteur pouvait aller plus loin, pouvait étonner le lecteur.

   maguju   
21/1/2019

   FANTIN   
24/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Un présent terne et désenchanté à l'approche de la cinquantaine; un couple fatigué et usé que la routine seule fait encore tenir...
Ce texte, bien écrit et qui se lit sans effort, interroge la réussite matérielle et les apparences. Tout va bien tant qu'on ne se pose pas de questions et qu'on reste en surface. Autrement... La recherche d'un sens à la vie, ou du bonheur, révèle que la seule réussite financière n'est pas suffisante à masquer l'amertume et le vide. Il est parfois trop tard pour leur échapper; et les velléités de tentatives en ce sens s'avèrent n'être que des voies sans issue...
Un constat bien triste. Ne reste plus alors que le rêve...

   Donaldo75   
24/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Maguju,

J'aime beaucoup ces ambiances américaines. Ici, le personnage de Brian est bien campé. Sa situation avec Ada est également bien résumée. Le ressort dramatique prend progressivement forme et il n'y a pas de surprise dans la réaction initiale d'Ada et la contre-réaction de Brian. En cela, les personnages sont crédibles.

Quant à la narration, elle coule tranquillement. Il n'y a pas de surenchère stylistique comme on peut en lire par ailleurs, pas d'image surchargée. La vie de Brian ne donne pas envie et ton écriture permet au lecteur de renforcer cette impression.

Bravo !

Donaldo


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