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Sentimental/Romanesque
maguju : Les mots pour le dire
 Publié le 01/05/19  -  8 commentaires  -  17853 caractères  -  62 lectures    Autres textes du même auteur

« Le langage, un autre mur… »


Les mots pour le dire


Étienne sortit un bras alangui de sous sa couette et tâtonna à la recherche du réveil se trouvant sur la pile de livres lui servant de table de nuit. Il avait sonné à deux reprises et le jeune homme savait qu’il lui restait à peine une minute avant que sa mère ne lui crie de se lever, faisant office de troisième alarme. Il finit par quitter la chaleur du lit, s’étira, chaussa ses lunettes et se dirigea en titubant vers la salle de bain. Il inspecta son visage dans le miroir au-dessus du lavabo, ayant l’espoir que la nuit ait effacé sa fatigue et redonné un peu d’éclat à son regard. Il s’efforça de sourire à son reflet mais son sourire se mua en rictus lorsque les cris de sa mère l’enjoignant de se dépêcher parvinrent jusqu’à lui. Il soupira, cria qu’il descendait et acheva de se préparer, obligeant son esprit à se fermer à toute pensée négative. Il avait trouvé un moyen presque infaillible pour cela, déclamant chaque matin les vers de son poème préféré, « L’albatros », quand il prenait sa douche :

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !

Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !

L’un agace son bec avec un brûle-gueule,

L’autre mime, en boitant, l’infirme qui…


– Étienne ! Nom d’un chien, qu’est-ce que tu fabriques encore ? Tu sais quelle heure il est ? 7 h 17…, s’exclama sa mère en entrant dans la salle de bain.


Le jeune homme allait rabrouer sa mère avec force, lui rappeler qu’il avait bientôt 23 ans, qu’il était capable de se gérer seul et surtout qu’elle n’avait aucun respect pour son intimité en entrant ainsi dans la pièce… mais, comme toujours, il se contenta d’un grognement inaudible, tout en se promettant de poser au plus tôt un verrou sur cette fichue porte. Il ne voulait en aucun cas la heurter et surtout, il devait le reconnaître, il se sentait ces jours-ci d’une humeur différente, plus positive, refusant de se laisser atteindre par les désagréments du quotidien. Il éprouvait même de la reconnaissance envers sa mère qui, en le malmenant de cette façon, l’obligeait à se dépêcher et à rejoindre plus rapidement son arrêt de bus, arrêt fréquenté depuis peu par une certaine jeune femme... Étienne trouvait cela un peu ridicule mais l’attente du bus constituait désormais le meilleur moment de sa journée. « Pathétique, vraiment pathétique… » pensa-t-il.

Dix minutes plus tard, il était sur le trottoir, un café brûlant dans l’estomac, son anorak à moitié enfilé, une tartine dans une main et sa mallette en cuir défraîchi dans l’autre ; sa mère l’ayant poussé dehors en lui criant « bonne journée ! », avant de claquer la porte. « Bon sang, pourquoi faut-il qu’elle me traite comme si j’étais toujours au lycée ! » se dit Étienne, engloutissant sa tartine et remontant énergiquement la fermeture de son blouson. « Peut-être parce que tu te comportes comme un lycéen, andouille ! » se répondit-il à lui-même. Étienne savait que sa mère l’épiait depuis la fenêtre du salon alors il se mit en marche afin d’éviter son regard inquisiteur et ses probables remontrances… En cette fin février, il faisait un froid polaire et le ciel était clair, faisant place à un soleil encore laiteux mais bien présent. Il flottait dans l’air une odeur âcre de gaz d’échappement, quelques voisins faisant tourner leur moteur et grattant leur pare-brise. Étienne tourna en hâte au coin de la rue de la Bussaudière, longea les cellules désertées du centre commercial, route de la Fontanelle, traversa le rond-point et rejoignit l’arrêt du busway de la rue Grand’Maison.

Elle était là, au même endroit que les autres jours, et Étienne trouva amusante la facilité avec laquelle les gens prennent certaines habitudes : elle, assise à droite du banc, la dame au manteau vert à l’autre extrémité et l’homme à la casquette, debout, un peu à l’écart et fumant une cigarette. Étienne les salua d’un rapide bonjour et prit place entre les deux femmes, sa serviette en cuir posée sur les genoux. La jeune fille, objet de son attention, opéra alors un léger mouvement latéral vers le bout du banc, mouvement qu’elle effectuait chaque matin, et s’absorba dans la contemplation de ses chaussures. Deux mèches blondes s’échappaient de son bonnet et le jeune homme constata, d’un rapide coup d’œil, qu’elle portait cette fois-ci une jupe à carreaux et des collants multicolores. Chaque jour, ses vêtements colorés, presque excentriques, contrastaient avec la douceur de ses traits et sa manifeste timidité. Étienne mourait d’envie de lui parler mais son attitude semblait décourager toute conversation, et le jeune homme ne pouvait s’empêcher de penser que cela paraîtrait incongru s’il lui adressait la parole maintenant, alors que tous deux fréquentaient le même arrêt depuis plus d’un mois… Non, pensa-t-il, il aurait fallu lui parler dès le premier jour et, en outre, s’il se décidait enfin, il aurait à affronter les regards indiscrets de la femme en vert et de l’homme à la casquette, peut-être même leurs sourires moqueurs. Et puis, que pourrait-il bien lui dire ? Étienne s’en voulut une fois encore de compliquer ainsi les choses et regretta, comme toujours dans ce genre de situation, de ne pas avoir l’aplomb et le bagout de son ami Salim. De toute évidence, celui-ci ne se poserait pas autant de questions. Salim, le copain de faculté, le beau parleur, le fanfaron ; celui qui l’avait sorti de son isolement, qui lui avait fait connaître ses premières filles… Depuis qu’il avait quitté Nantes pour s’installer à Lyon, son ami lui manquait beaucoup et Étienne s’était petit à petit replié sur lui-même, renouant avec sa solitude et sa timidité excessive.


____


Étienne avait grandi à Vertou, à côté de Nantes, dans une ambiance familiale plutôt rigide, voire austère, auprès de parents peu portés sur la fantaisie. Son père, déjà âgé à sa naissance, était un homme discret et érudit dont la principale occupation consistait à s’installer à son bureau pour corriger ses copies et préparer les cours de ses élèves du lycée Victor Hugo. Parce qu’il voulait plaire à ce père si distant et cependant admiré, Étienne s’était toujours efforcé de ne pas sortir de ce cadre feutré et studieux, passant son enfance et sa jeunesse à étudier et réussissant avec brio chacun de ses examens. Cependant, lorsque Salim l’avait invité à le rejoindre à Lyon pour travailler dans le restaurant de son oncle pendant les congés d’été, Étienne avait accepté avec enthousiasme. Sa maîtrise de Lettres modernes en poche, il comptait bien souffler un peu et profiter de ses vacances. Contre l’avis de ses parents, il avait même le projet de les prolonger quelques mois… Malheureusement, sans que rien ne le laissât présager, son père avait succombé à une embolie pulmonaire alors que le jeune homme se trouvait à Lyon et il avait dû rentrer à Nantes afin de soutenir sa mère et l’aider pour les formalités administratives. Ce deuil soudain constituait déjà une épreuve en soi, mais Étienne devait aussi se débattre avec ses regrets et la frustration de ne pas avoir su communiquer avec ce père dont la personnalité lui avait totalement échappé. Était-il fier de son parcours universitaire, l’avait-il même aimé ? Il l’ignorait. Il aurait voulu l’entendre le lui dire, au moins une fois, et il aurait souhaité, de son côté, avoir trouvé le courage de lui manifester davantage d’affection… Tous deux se ressemblaient en réalité, chacun s’étant retranché derrière sa pudeur et muré dans un silence de plus en plus pesant.

Durant toutes ces années, sa mère ne s’était montrée guère plus chaleureuse, ses attentions consistant à veiller à ce que son fils restât en bonne santé, travaillât bien à l’école et se comportât correctement ; la notion de plaisir ne semblant pas faire partie de ses principes d’éducation. Pas de bisous ni de câlins ; en tout cas Étienne ne s’en souvenait pas. Il faut reconnaître qu’en 22 ans il n’avait jamais été témoin du moindre geste d’affection entre ses parents. Avait-il même été désiré ? Il lui arrivait d’en douter. Fils unique, il avait grandi dans une sorte de vide émotionnel, sa grand-mère paternelle ayant été la seule oasis dans ce désert affectif… Elle était morte depuis longtemps et le jeune homme en gardait des souvenirs plutôt diffus. Il se sentait comme une plante à qui l’on aurait prodigué tous les soins nécessaires à sa croissance, tous… à l’exception de la lumière. Ainsi il n’avait manqué de rien, si ce n’est de l’essentiel. La lumière dont on le privait enfant, il l’avait alors cherchée dans les livres. Les personnages des romans qu’il absorbait avaient remplacé sa famille et ses amis et la bibliothèque avait longtemps constitué son refuge.

Bien qu’il l’ait un temps espéré, la mort de son père ne changea rien à l’attitude distante de sa mère. Celle-ci agissait comme si tout était normal, ou presque. Si elle souffrait, elle n’en laissait rien paraître et Étienne doutait que tous deux pussent un jour se rapprocher et se comprendre. Il n’avait désormais qu’une envie, quitter au plus vite la maison familiale et enfin s’ouvrir au monde extérieur. Toutefois, il n’en avait pas les moyens financiers et, plus par loyauté que par amour, il ne se sentait pas le droit d’abandonner sa mère pour le moment. À la rentrée de septembre, il avait donc accepté un poste à mi-temps à la médiathèque Jacques Demy de Nantes. Il s’occupait de la boutique et parfois se chargeait de l’accueil des groupes de visiteurs. En réalité il ne savait plus très bien ce qu’il voulait faire de sa vie… Jusqu’à la mort de son père, la voie avait semblé toute tracée, le menant droit vers le professorat mais, dorénavant, les questions se bousculaient dans sa tête : avait-il envie d’enseigner ? Ses études n’avaient-elles pas été conditionnées à sa volonté de plaire à son père ?


____


Alors qu’il attendait son bus, Étienne ruminait les interrogations qui ne le quittaient plus depuis plusieurs semaines. Cependant, en ce matin d’hiver glacial et vivifiant, son humeur changeait et il sentait monter en lui une ardeur et un optimisme qu’il ne se connaissait pas. Était-ce la beauté du jour ou bien le parfum sucré et entêtant de sa voisine de droite ? Ce parfum il ne l’avait pas remarqué jusqu’à présent. Était-il envisageable qu’elle l’ait mis à son intention ? « Idiot… Pourquoi ferait-elle cela pour te plaire, toi qui la regardes à peine et qu’elle ne croise que quelques minutes par jour ? » Le busway numéro 4 s’approcha et le sortit de sa rêverie. Comme à son habitude, l’homme à la casquette jeta sa cigarette et se précipita au-devant du bus, suivi de près par la dame en vert. En général, c’était le tour d’Étienne, mais celui-ci fit mine de chercher sa carte d’abonnement dans sa mallette, afin de gagner du temps, et laissa la jeune fille blonde le précéder. Il voulait voir où elle s’assiérait, ayant confusément le projet de s’installer à ses côtés et de lui adresser enfin la parole. Lorsqu’il monta dans le bus à son tour, la jeune femme venait de prendre place sur une des banquettes doubles, non loin du chauffeur. Étienne présenta sa carte, marqua un temps d’arrêt, hésita… et finit par continuer son chemin pour s’asseoir derrière elle. « Espèce de dégonflé… » s’invectiva-t-il en serrant le poing dans sa poche. La jeune femme avait retiré son bonnet et une cascade de cheveux blonds tombait sur ses épaules. Le soleil matinal dardait ses faibles rayons à travers la vitre et embrasait sa chevelure. Et toujours ce parfum… Étienne avait la gorge serrée et son cœur battait à tout rompre. Il ne restait qu’une douzaine de minutes avant qu’elle ne descende et il refusait d’en rester là, une fois encore, et de passer une journée supplémentaire à remâcher ses regrets. Indifférent à ses atermoiements, le bus poursuivait sa route, avalant des voyageurs, en recrachant d’autres, et il finit par rejoindre l’arrêt Mauvoisins, celui de la jolie inconnue. Celle-ci se leva, s’approcha de la sortie mais, avant de descendre, elle se retourna et Étienne crut déceler un léger sourire sur ses lèvres. Alors, mû par une soudaine impulsion, il attrapa sa mallette, se précipita à l’avant du bus et, juste avant la fermeture des portes, sauta sur le trottoir.

La jeune fille ne sembla rien remarquer. Elle enfonça son bonnet sur sa tête, se mit en route d’un pas vif et tourna à droite au bout de la rue. Étienne regarda autour de lui, essayant de se repérer mais se rendit à l’évidence, ce quartier lui était étranger. Il hésita, envisageant un instant d’attendre le bus suivant, puis décida d’emboîter le pas de son inconnue. Il avait une boule au ventre mais se sentait également galvanisé par sa décision. Pour une fois dans sa vie, il défiait son destin, se hasardant sur un chemin dont il ne savait rien. Lui, le jeune homme réservé, venait de prendre une initiative étonnante, et une part de lui s’en réjouissait. Et tant pis s’il arrivait en retard à son travail… Il inventerait une histoire. Maintenant qu’il était lancé, il irait jusqu’au bout. Il se hâta afin de rester dans le sillage de la jeune fille. Où allait-elle chaque matin ? Il allait enfin le découvrir. Elle marchait vite et, après avoir remonté une avenue bordée d’immeubles, elle traversa un rond-point et prit à gauche, accélérant encore le pas. Après un parcours d’environ trois cents mètres elle tourna à droite et longea un mur de pierres recouvert de mousse derrière lequel Étienne pouvait apercevoir un ensemble de bâtiments modernes et colorés. Au loin, une bâtisse plus ancienne, collée à ce qui ressemblait à une chapelle. « Une école ? » s’interrogea le jeune homme.

L’inconnue bifurqua à droite, empruntant un passage qui s’ouvrait dans le mur, et disparut de sa vue. Après un bref instant, Étienne s’approcha du sentier, jeta un œil mais la jeune femme s’était évanouie. Peut-être était-elle entrée dans un des bâtiments devant lequel se tenait un groupe de jeunes gens. Il rebroussa chemin et fit quelques pas vers la grille qu’il avait remarquée un peu plus loin sur la rue. Une grande pancarte était accrochée sur le mur adjacent : « Institut public la Persagotière » ; et juste en dessous, en lettres plus petites, « Surdité et handicaps du langage ». Étienne ressentit comme un coup à l’estomac… et en laissa tomber sa mallette sur le trottoir. Alors, son inconnue était élève, ou bien enseignante, dans un centre pour sourds et muets… À aucun moment il n’avait imaginé ce scénario. « Quelle ironie, pensa-t-il, moi qui bégaie lorsque je m’adresse à une fille qui me plaît, il faut que je tombe amoureux d’une personne qui est sans doute malentendante ! » Il ne savait plus s’il devait rire ou pleurer, s’il devait regretter ce coup du destin ou au contraire s’en réjouir… En un éclair lui revinrent en mémoire toutes ces fois où, pour répondre à ses bonjours, elle s’était effectivement contentée d’un signe de tête et il réalisa qu’il n’avait jamais entendu le son de sa voix en un mois. Étienne resta quelques secondes immobile puis ramassa sa mallette sur le trottoir et, perplexe, partit à son travail.


____


Lundi 30 mars. Il est 7 h 30. Étienne vient de sortir de chez lui. À la grande surprise de sa mère, il s’est levé tôt. Il veut prendre son temps, se mettre en condition avant de passer à l’action ; même s’il a minutieusement préparé ce moment et l’a repassé de nombreuses fois dans sa tête. Il a répété dur ces dernières semaines, avant d’arriver à un résultat qu’il juge satisfaisant. Les livres empruntés à la médiathèque, les vidéos visionnées sur le Net et les encouragements de Salim ont été très utiles. Il marche sur le trottoir, avec lenteur mais assurance, balançant sa mallette d’avant en arrière. Il veut profiter de cet instant, imprimant chaque détail dans son esprit. Il respire avec avidité l’air délicieusement parfumé de cette matinée de printemps. L’arrêt de bus n’est plus très loin. L’homme à la casquette, ayant abandonné son couvre-chef pour cause de douceur printanière, fume son éternelle cigarette. La femme en vert ne s’est pas montrée depuis longtemps et Étienne se demande si elle reviendra un jour. Étrange la manière dont la vie amène les gens à se côtoyer pendant des semaines, voire des mois, avant de leur faire emprunter d’autres chemins. Cette femme qu’il a vue tous les jours pendant plus de six mois lui est en réalité totalement étrangère. Excepté quelques bonjours, ils n’ont rien échangé.

Étienne aperçoit la silhouette gracile de la jeune femme, à sa place à droite du banc. Depuis quelque temps, elle lui sourit lorsqu’elle le voit et cela constitue un encouragement supplémentaire pour le jeune homme. Elle porte un pantalon couleur lin, un haut vert pomme et un bandeau rouge dans ses cheveux blonds. Étienne la trouve magnifique et, malgré toute sa détermination, il sent son cœur battre la chamade dans sa poitrine. Cependant, il prend une grande inspiration, pense à Salim pour se donner du courage, et vient se planter devant la jeune femme médusée. Il pose sa mallette au sol, la regarde droit dans les yeux et, le front plissé, commence à agiter les mains, utilisant le langage des sourds et muets :


– Bonjour. Je m’appelle Étienne. Je te trouve très jolie et j’aimerais te connaître. Accepterais-tu de boire un café avec moi ?


Il l’a fait. Étienne tremble un peu mais il se sent terriblement soulagé. En réalité, ce moment s’est avéré plus facile qu’il ne le pensait. La jeune fille a rougi. Elle le fixe quelques secondes, la bouche ouverte et les yeux écarquillés. Elle semble hésiter, avant de sortir la main droite de sa poche. Étienne a soudain conscience que son avenir est assujetti à un simple petit geste, et que la minute qui va suivre aura une influence déterminante sur les autres. Alors il songe que cela doit être ce type d’instant qu’on appelle « minute d’éternité », instant crucial où toute votre vie peut basculer d’un seul coup.



 
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   plumette   
5/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
je suis entrée sans peine dans la vie un peu terne d'Etienne.

Le lecteur comprend bien qui est ce jeune homme, d'où viennent ses empêchements, ses freins, sa timidité.

Le lecteur assiste à ses hésitations, se réjouit de sentir qu' il va peut-être oser et s'élancer enfin vers la vie qui l'appelle.

Etienne est fidèle à son attirance pour la jeune fille même lorsqu'il découvre le mur du langage, vous en avez fait un beau personnage pour lequel on peut éprouver sympathie et empathie.

Mon bémol est pour la mère, un peu trop caricaturale à mon goût.

le texte est bien écrit, de manière fluide, une écriture qui coule, au service de l'histoire.

Une bien agréable lecture.


Plumette

   Corto   
12/4/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Il ressort de ce texte beaucoup d'émotions contenues. Le jeune homme est arrivé à un tournant de sa vie, où il a semble-t-il résolu un certain nombre de choix, sauf le plus important, celui de sa vie affective.

Le texte nous décrit longuement les petites scènes de la vie quotidienne sans qu'on s'en lasse car chaque description reçoit habilement les échos de la vie intérieure du personnage. Tout cela est bien équilibré et le suspense monte lentement.

La relation du jeune avec sa mère constitue même une tension qui amène le lecteur à se dire "mais quand deviendra-t-il un homme ?"

Et vient la rencontre avec la jeune fille de l'arrêt du bus qui occupe de plus en plus son esprit.

Les hésitations, la peur de la maladresse, l'audace qui recule devant le moment décisif font encore monter la tension et le lecteur est bien accroché.

Le final est sans concession pour le lecteur qui ne saura rien de plus que ce qu'il lui faut pour être fort dépourvu devant cette « minute d’éternité » qu'il attend depuis si longtemps !

Voici un texte sur un sujet assez courant, mais dont le style et le déroulement sont particulièrement bien maîtrisés par l'auteur.

Bravo.

   Malitorne   
1/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Attention à votre style, le tout premier paragraphe est surchargé de participes présents. Le reste se lit plutôt bien.
Au sujet du thème, rien de nouveau sous le soleil. Un jeune homme timide qui s'éprend d'une belle inconnue croisée dans la rue. J'ai l'impression d'avoir lu des dizaines d'histoires de ce type, à croire que c'est le propre de la timidité que de fantasmer ainsi. Les gens sûrs d'eux abordent directement, mais ce ne sont pas des écrivains. Une petite note originale quand même avec le handicap supposé de la jeune femme, las, nous n'en saurons pas plus ! Dommage cette façon de nous couper l'herbe sous le pied alors que vous auriez pu justement sortir du commun de la situation.
Bien aimé le portrait d'Étienne.

   senglar   
1/5/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour majugu,


Je m'attendais à entendre la jeune fille répondre à Etienne, dans la langue des sourds : "Ainsi donc vous êtes sourd ?... Oh ! J'aurais dû m'en douter."

Ben oui quoi, vous laissez la fin de votre nouvelle ouverte :)

Mais une telle pirouette pour conclure, ce serait flanquer tout votre beau travail par terre. Il vaut beaucoup, beaucoup mieux que cela. Je préfère donc rester dans le chaste et discret romantisme qui prévaut tout au long du récit...

J'ai passé un excellent moment et je suis moi-aussi tombé amoureux de la mystérieuse et charmante jeune fille blonde au bandeau rouge.
Tiens, cela aurait pu être un fil conducteur ça, du début à la fin, un bandeau rouge quels que soient le temps et la tenue de Super Miss Blondeur.

Jolie romance, style à l'avenant sans mièvrerie aucune :)))


senglar


J'aurais aussi une fin plus mercantile :D Mais ça non, je ne peux pas vous faire ça. Ah ! Non ! Vraiment pas ! lol

   hersen   
2/5/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Maguju,

Je suis très embarrassée pour mon commentaire car je ne trouve rien de spécial à dire, sauf que je trouve le tout un peu plat.
Ce garçon dépendant de sa mère ne m'inspire pas spécialement de sympathie et je pense que tout ce qui concerne sa vie de famille affaiblit la nouvelle. Mais je suppose que tu as voulu expliquer sa timidité pour aborder cette jeune fille. Peu de confiance en soi, mais on ne s'en étonne pas puisqu'il est si assujetti à cette mère.

je me demande comment on court dans la rue en fermant son anorak et en mangeant une tartine. Comme quoi j'ai tort, finalement, Etienne est débrouillard :)

je me demande aussi pourquoi la femme en manteau vert revient vers la fin de l'histoire.
je trouve en fait que trop d'éléments qui n'apportent rien débordent du cadre de la nouvelle, alors qu'il aurait fallu davantage se consacrer à la rencontre.

Il y avait moyen, je pense, de jouer beaucoup plus sur des quiproquos, la jeune fille n'entendant pas. le garçon aurait pu faire des tentatives, se rendre compte qu'elle lit sur les lèvres, ou je ne sais quoi.

je reste un peu frustrée de ne savoir que tardivement qu'elle fréquente une école pour sourds-muets et que donc le langage des gestes arrive en toute fin. cela m'aurait intéressée plus que les moments passés avec la mère.

A te relire !

   Lulu   
2/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Maguju,

Pour ma part, j'ai bien aimé lire cette nouvelle pour le personnage, et tous les personnages, en fait.

J'étais un peu sceptique, au départ, en découvrant un jeune homme de presque 23 ans à moitié jeté dehors par sa mère pour lui éviter un retard. Cela m'a semblé étonnant, mais pourquoi pas ?

Très vite, cependant, j'ai aimé la fluidité du texte. L'écriture est agréable et tout commence à faire sens, ou devient plus intéressant, lorsqu'Etienne se retrouve à l'arrêt de bus. On oublie presque l'épisode matinal avec sa mère.

L'arrêt de bus, un lieu ordinaire et commun, m'a renvoyée à des situations similaires où, comme cela est évoqué dans le récit, des gens se croisent un temps, parfois longtemps, sans jamais se croiser vraiment. Cette réflexion m'a plu. Elle met, en effet, en perspective ce type de circonstances, mais aussi celles du personnage qui ne se cantonne plus à un portrait, mais à une vie parmi d'autres.

Le portrait de la jeune fille est aussi fort sympathique. Tout comme le récit dans son ensemble.

J'ai toutefois été un peu déçue par le dénouement. Je m'attendais à une chute, mais je suis restée dans mon attente…

Mes encouragements.

   Marite   
8/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Hé bien ... pour une reprise de lecture de nouvelles je ne suis pas déçue ! Dès le départ, le portrait de ce jeune homme de 23 ans m'a amusée mais c'est surtout, enfin je crois, la fluidité de l'écriture qui m'a embarquée. Une petite tranche de vie particulière faite d'instants qui décident de son orientation. J'aurais aimé que cela se poursuive un peu ou plutôt, disons que la chute, très rapide m'a frustrée, mais peut-être cela n'est-il qu'une première étape dans une "histoire" bien plus longue ?

   Alcirion   
10/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Maguju,

J'ai lu votre récit par curiosité. Un texte bien loin des genres que je fréquente habituellement. Un portrait psychologique et réaliste détaillé (trop peut-être) qui prend le pas sur l'histoire proprement dite. L'action est lente, la structure romanesque bien construite, le contexte crédible.

Le style est précis, sans effets superflus, mais je suis resté un peu à l'extérieur. Une histoire de goût et d'habitudes de lecture sans doute. En tout cas, ça fait plaisir de lire des nouveaux auteurs, de trouver une patte nouvelle dans la catégorie nouvelles.


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