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Science-fiction
Malitorne : Demain Düsseldorf
 Publié le 25/02/20  -  10 commentaires  -  10604 caractères  -  101 lectures    Autres textes du même auteur

Survie.


Demain Düsseldorf


Le soleil, vorace, boursoufle de bulles noirâtres le bitume d'une route encombrée de carcasses métalliques. Au contact d’un sol brûlant, l'air se met à onduler, troublant la vision. Quelques cigales, confondues aux troncs d’arbres squelettiques, percent le silence d'inlassables stridulations.

Derrière le rocher qui le dissimule, Günther sent les gouttes de sueur lui rouler sur le dos. Une langue rêche passe sur ses lèvres desséchées. Tendu, il scrute les hauteurs où se trouve Hans, en train de faire le guet. L'individu repéré près du pont ne devrait plus être loin, il remonte le lit de la rivière quand il l'a découverte à sec. Les cours d'eau sont taris depuis longtemps, celui-ci ne doit pas être du coin s’il espère en trouver. Pour étancher sa soif, il faut maintenant s'enfoncer dans les entrailles de la terre.

Günther se tasse un peu plus, s'il veut réussir son coup, l'autre ne doit surtout pas le repérer. Sa main serre nerveusement le manche de l'arbalète, prête à décocher son trait meurtrier. Il jette un coup d’œil à la cachette de Maria, si ça se passe mal elle ne risque rien. Des éclats de miroir, ça y est, Hans le prévient ! Bloqué par un affaissement de terrain, l'étranger va être obligé de quitter le lit à sec et de remonter sur la route, là où Günther l'attend. Le voilà qui apparaît, solitaire. S'attaquer à plusieurs individus comporte bien trop de risques.

Il est grand, maigre, un sac sur le dos, la tête recouverte d'un épais turban avec des lunettes de soleil indispensables. Évidemment il est armé, sorte de lance qu'il tient de sa main droite. Ses pas sont lourds, il avance avec lenteur, écrasé par la fournaise. Il faut être fou ou inconscient pour se déplacer en pleine journée. L'activité se concentre la nuit, quand les affres qui s’abattent du ciel ne consument pas les vivants. Sans doute est-il aux abois, tant mieux, ça le rend vulnérable.

Il n'est plus qu'à quelques mètres, Günther l'a dans sa ligne de mire. Il le laisse s'approcher un peu, encore un peu, puis appuie sur la détente : pleine tête ! Cri, l'homme titube, va s'effondrer... non ! Fébrilement il dénoue les torsades de son turban, le trait s'y est fiché, écorchant juste la tempe. Blessure superficielle, merde ! Günther blêmit, se colle au rocher. Vite, vite il recharge. Ses mains tremblent. Pour tirer à nouveau, cette fois-ci il est obligé de se découvrir. Il se redresse d’un bond, décoche quasi instantanément vers sa cible… qui a positionné son sac à dos comme bouclier ! Le carreau de l’arbalète s’y enfonce avec un bruit mat. L’homme jette le sac sur le côté, l’arme brandie se rue en direction de son agresseur. Le corps-à-corps devient inévitable. Günther esquive de justesse la pointe en fer, riposte en frappant de toutes ses forces avec l’arbalète comme moyen de défense. L'homme encaisse puis réplique à son tour. Poings, pieds, les coups pleuvent, pugilat sauvage dans la poussière. Un choc plus fort étourdit Günther, son adversaire en profite pour aussitôt prendre le dessus et l’étrangler. Plaqué au sol, impuissant, Günther voit ses derniers instants.


– AAAAAHHH !


L'étranger se met soudain à hurler de douleur, relâche son étreinte. Maria, la petite Maria, sortie de sa cachette, faisant fi du danger, les dents plantées dans le mollet de celui qui étouffe son père ! L’homme se relève, secoue la jambe pour s’en débarrasser mais elle reste accrochée comme un chien sur son os. Une gifle brutale parvient quand même à lui faire lâcher prise, la fait rouler sur elle-même, inanimée. Encore suffoquant, Günther tente de se porter à son secours. Atterré, il voit l'étranger, furieux, qui s'est saisi d'un bloc de béton et le hisse à bout de bras.


– Ma... Maria non !


Mais l’homme se fige, laisse tomber le bloc qui s’apprêtait à fracasser la fillette. Hébété, il regarde sans y croire son thorax d'où ressort la pointe ensanglantée de sa propre lance. Derrière lui, Hans, le visage crispé, tenant de deux mains fermes la hampe. Il s'effondre lourdement. Günther se précipite alors vers la petite.


– Maria ! Maria !


Il la serre dans ses bras, attrape une gourde avec laquelle il lui humecte le front. Ses paupières s’ouvrent, faible sourire pour rassurer son père. Hans s'approche aussi, après un regard dédaigneux sur le cadavre.


– Elle n’a rien ?

– Non, ça va, ça va. Elle est sonnée, c'est tout. Viens mon fils, viens.


Il les enlace tous les deux, les embrasse avec effusion.


– Mes enfants, mes chers enfants, sans vous ce gars aurait eu ma peau !

– On forme une belle équipe, pas vrai p'pa ? répond Hans, fier de son estocade fatale.

– C'est sûr mon grand, toi aussi Maria. C'est très dangereux ce que tu as fait.


Un vilain hématome prend forme sur la pommette de la petite.


– Il était trop méchant.

– Oui, très méchant, mais ensemble on l'a eu. J’ai fait une sacrée bêtise en visant la tête, j’aurais dû me douter que son turban le protégerait.


Il cligne des yeux. La bataille lui a fait perdre ses lunettes de soleil et l'expose cruellement aux ultraviolets.


– Faut pas rester là, on est en train de cramer. Hans, va chercher la corde !


Le garçon s’exécute et ramène une grosse corde que Günther s'empresse de nouer autour des chevilles de l'étranger.


– Allez, on tire !


Unissant leurs efforts, père et fils traînent le mort dans une ville silencieuse que ne vient même pas déranger le vol de pigeons. Soumis aux vents corrosifs, les immeubles éventrés se dressent comme des témoins d'un temps révolu. Un panneau à moitié calciné – Düsseldorf – rappelle que ce fut avant une agglomération florissante.

Maria suit en trimballant le paquetage, s'amuse à écraser les mille-pattes qui pullulent sous ses pieds. Arrivé face à un grand magasin, le trio descend dans les profondeurs apaisantes de son parking souterrain. Contournant les voitures abandonnées, ils parviennent à leur abri, aménagé du mieux possible. Ils positionnent alors le cadavre sur une plaque d’évacuation creusée au sol. Hans s'assoit, épuisé, tandis que son père allume plusieurs lampes à pétrole. La clarté qui inonde l'espace chasse des ramassis de blattes, bruissement sinistre cavalant sur les murs.


– C'est pas fini Hans, faut le faire tout de suite, on se reposera après. Maria, prépare le feu, toi commence à enlever les vêtements.


Pendant que la fillette rassemble des planches de palettes sur un foyer déjà maintes fois noirci, son frère tire tant qu'il peut pour retirer les bottes de leur victime. Il passe ensuite, méthodique, au reste de l’habillage. Une fois le corps nu, Günther s’approche avec une hache qui luit dans la pénombre.


– Écarte-toi.


Les premiers coups séparent les bras du tronc, eux-mêmes ensuite scindés en deux. Des frappes puissantes pour détacher les jambes, divisées pareillement en leur moitié. Tête, mains et pieds sont jetés dans un seau, il sera vidé plus loin pour éviter l’attirance d’insectes nécrophages. Un tas de viscères le rejoint dans un gargouillis immonde.


– Le feu brûle papa.


La hache dégoulinante, Günther se retourne vivement vers sa fille.


– Nom de dieu Maria, je t’ai déjà dit que je ne veux pas te voir ici ! Va t’occuper ailleurs, s’il te plaît !


Elle prend une mine boudeuse et repart vers le feu crépitant. Hans, qui récupère et place les quartiers découpés sur une grille, s’adresse à son père.


– Elle a l’habitude, tu sais.

– Non, on ne peut pas s’habituer à ça, on ne peut pas. On le fait parce qu’on n’a pas le choix, si on s’habitue, ça voudra dire qu’on a perdu nos dernières traces d’humanité. Des bêtes, tu comprends ?


Il s’essuie le front de son avant-bras.


– Allez, ça ira. On va faire cuire ces parties là, les autres on les mettra à boucaner.


Quelques instants plus tard, tous trois sont réunis autour des braises qui exhalent une forte odeur de chair rôtie. La fumée tournoie, cherche une issue et s‘évacue par un trou béant du plafond. Ils mâchent en silence, pensifs, chacun plongé dans son monde intérieur. La voix gamine de Maria rompt alors ce moment presque pesant :


– Papa, je veux voir la mer.

– Encore ! Tu nous gaves avec ça ! lui renvoie sèchement son frère.

– Hé ben quoi ? Toi tu l’as vue la mer, moi jamais !

– Qu’est-ce qu’on en a foutre de la mer ?


Günther intervient :


– Hans, tu parles pas comme ça à ta sœur. C’est normal qu’elle ait cette envie, tous les enfants souhaitent voir la mer. Quand on t’y a emmené avec ta maman – ému, il marque une pause – tu étais le plus heureux des gosses.

– Oui j’m’en rappelle, surtout des vagues. C’était amusant. Mais c’est trop loin, on peut pas y aller !


Günther se lève, rajoute une planche dans le feu.


– La mer est moins loin maintenant, son niveau a beaucoup monté. Aux dernières nouvelles, et il y a déjà un moment, elle atteignait Breda. Elle a dû encore progresser depuis.


– Alors on y va ! claironne la petite, les joues maculées de gras par l’os qu’elle ronge.


Il sourit.


– Tu as de la suite dans les idées ma fille.


Il se met à réfléchir. En vrai, le désir de Maria n’est pas si saugrenu. Il a failli y passer, ça reste extrêmement dangereux de s’attaquer aux rescapés. Ce coup-ci les enfants l’ont sauvé, mais une autre fois ? Il vieillit, Hans est encore un adolescent inexpérimenté. Il faut trouver une autre source de nourriture qui les exposerait moins. En établissant un campement près de la mer, ils pourraient pêcher, ramasser des coquillages, dessaler l’eau, il sait faire. Oui, finalement, c’est peut-être une bonne idée. Il observe la viande qu’il tient dans sa main, la jette avec dépit dans les flammes.


– C’est d’accord, on file vers la mer. On va se préparer, partir la nuit prochaine et quitter cet endroit de malheur.

– Ouaiiiiiiiis !


Maria fait des sauts de joie, claque dans ses mains.


– La mer ! La mer !


Hans reste médusé puis finit par être gagné par l’enthousiasme de sa petite sœur.


– Tu vas voir coquine, j’vais te mettre la tête sous l’eau !

– T’as pas intérêt, j’le dirais à papa !

– En plus tu sais même pas nager.

– On va trouver une bouée, hein papa ?

– Bien sûr ma chérie, sinon une chambre à air fera très bien l’affaire.


Surexcités, les deux jeunes miment à grands renforts de gestes les jeux qu’ils se promettent de réaliser. Günther regarde leurs yeux pétillant de joie, se réjouit de ces éclats de rires qui se perdent dans les entrailles noires du parking. Un peu de bonheur dans une existence dévastée, un peu d’insouciance pour chasser des lendemains incertains.


Autour d’eux, rangées à la lisière de la lumière, des milliers d’antennes frémissent d’impatience.


 
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   cherbiacuespe   
25/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est dur l'avenir quand vous n'êtes plus rien.

Une anticipation intéressante sur le lendemain de l'effondrement. Retournerons-nous au primitif ou aurons-nous sauvé quelque chose de notre passé techno? J'ai du mal à croire à une régression (mais je suis peut-être optimiste).

Quelques fautes mais c'est bien écrit, logique, on est dans l'ambiance. L'histoire est simple, avec des mots simples. Rien de grandiloquent, un verbe efficace. Reste le fond, forcément.

Cherbi Acuespè
En EL

   maria   
30/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai trouvé, dans ce texte, un judicieux mélange de styles.
Académique, soigné pour les descriptions et réaliste, vivant dans les dialogues. Grâce à ce juste équilibre, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire cette nouvelle.

Seuls quelques humains semblent avoir survécu. A quoi ? Là n'est pas la question. On tue et on mange son semblable.
Je ne sais pas pourquoi, mais je ne me suis pas posé de questions. L'auteur(e) a réussi à rendre cette histoire crédible à mes yeux. Effrayant, non ?
Mais ils n'ont "pas perdu nos dernières traces d'humanité", parce qu'ils décident de montrer la mer à la petite fille. Et c'est tant mieux.
(J'ai trouvé la dernière phrase trop lourde)

Merci du partage et à bientôt.
Maria en E.L.

   Donaldo75   
25/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Malitorne,

J’ai beaucoup aimé cette nouvelle. Elle ne tombe pas dans les errements caricaturaux du genre post-apocalyptique, reste sobre et réaliste et son récit est bien mené. Je reconnais là un auteur qui sait raconter des histoires sans en faire des tonnes ou trop dévier de son sujet ou encore pire digresser à l’infini sur la fin du monde et je ne sais quoi de plus terrifiant. Les dialogues sont réalistes, ne pèsent pas des tonnes et ne sentent pas la napthaline des conversations de salon littéraire ; c’est tant mieux parce que ça ferait tâche un imparfait du subjonctif entre Maria et son père, en pleine ambiance de fin du monde, de la civilisation, de la crème Nivea et des shows de téléréalité.

Bon, je ne vais pas résumer l’histoire tel l’élève de classe de première parce que ça ne sert pas grand-chose à mon avis – peut-être que c’est une forme d’auto-persusasion du genre « ai-je tout bien compris et est-ce que l’auteur va me le confirmer ? » - et que je ne vois pas le commentaire de la sorte – mais c’est un point de vue, hein, pas une religion ou une idéologie, je ne voudrais pas démarrer une controverse animée et passionnée sur un des forums du site, je suis venu en paix, comme dans « Mars attaque » - mais plutôt comme le reflet formalisé d’une impression de lecture, le retour du lecteur vers l’auteur dans une forme d’échange équitable.

Du coup, que me reste-t-il à dire ? Je récapitule : j’ai beaucoup aimé cette histoire, elle est bien racontée, les dialogues assurent, la fin est angoissante – ah oui, je l’avais oublié ce point, que je suis bête, j’ai failli passer à côté, pourtant c’est important la fin – et l’écriture est de qualité. Oui, j’ai tout, je crois, j’ai coché toutes les cases de mon petit manuel du parfait commentateur de nouvelles sur Oniris, celui que j’ai mis à côté de ma notice de montage de meubles en kit et de mon traité de prosodie pour les classiques et les dissidents – le titre ne s’invente pas, je n’ai pas assez d’imagination pour pondre une telle chose – entre mes skis et mon imprimante coréenne.

Merci pour le partage.

Don

   Dugenou   
25/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Autour d’eux, rangées à la lisière de la lumière, des milliers d’antennes frémissent d’impatience."

On dirait bien qu'il n'a pas que des humains qui ont survécu dans ce monde post apocalyptique. Laquelle n'est pas expliquée, juste suggérée. Invasion alien ? Guerre nucléaire ? Déréglement climatique ? Les possibilités sont nombreuses.

En lisant le début du texte, je m'attendais à trouver une scène dans le même genre que celle d'ouverture du film Le livre d'Eli. On en est proche quand même, mais la proie n'est pas la même.

Cette nouvelle se laisse lire, sans fioritures inutiles, sans à coups facheux.

   ours   
27/2/2020
Bonjour Malitorne

Vous avez un certain talent pour raconter les scènes de violences, non par leur côté spectaculaire mais pour savoir préserver la crudité de l'action qui frappe et dérange le lecteur, ainsi que les conséquences sur agresseur et agressé. Dans cette chasse (à l'homme?) on retient l'essentiel, le besoin primaire de se nourrir et de survivre dans un climat hostile. Bon ou méchant ? ce n'est pas la question, ce qui compte pour le père c'est de faire vivre ce qu'il reste de sa famille. Le personnage de Maria est très bien vu, c'est elle qui semble la moins dérangée par la situation (parce qu'elle n'a connu que ça ? parce que l'enfant est plus résilient que l'adulte ?) et qui apporte comme une évidence la clé d'une autre vie pour le trio. J'ai aimé ce final. Voilà donc un texte court qui apporte un vrai climat et rapporte un instantané cru d'un futur envisageable. Je vous pose la question sans recherche préalable, mais pourquoi Düsseldorf ?

   Pepito   
29/2/2020
Bonsoir Malitorne,

Forme: quelques annotations
- "Le soleil, ... boursoufle"... techniquement c'est la "chaleur" du soleil
- "Quelques cigales, confondues aux troncs d’arbres"... on comprend l'idée mais la formulation est pas top. Un truc genre "se confondent avec l'écorce des arbres"
- "à sec et de remonter sur la route" ... le "de" est en trop à mon avis.
- "il est armé, sorte de lance" ... manque pas "d'une" ?
- "quand les affres qui s’abattent du ciel"... des "angoisses" venues du ciel ?
- " Cri, l'homme titube" ... mhhh... "Cri !" éventuellement ou tout bêtement "L'homme pousse un cri et titube..."
- "Günther voit ses derniers instants."... manque "...arriver" après "instants", non ?
- "– AAAAAHHH !" ... là j'ai ri
- "débarrasser (virgoule) mais elle "
- "sur une plaque d’évacuation creusée au sol."... ? Une plaque creusée ?

Fond : Bon, c'est pas encore "La route" de McCarthy, mais ont a l'idée de base. Votre nouvelle a un énorme avantage, à mon avis, l'action ne se déroule pas aux USA. Précurseur du post-apo, Rosny aîné vous en remercie... et moi aussi. ^^

   Mokhtar   
3/3/2020
Modéré : Commentaire hors charte (se référer au point 6 de la charte).

   Malitorne   
4/3/2020

   HERLINE   
6/3/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Enième variation sur le thème de la fin du monde et de la survie, de Asimov en passant par Baxter et Ballard...C'est malheureusement du vu et revu même si je dois dire que le traitement du texte est plutôt bien mené et convaincant. Le cannibalisme étant devenu monnaie courante dans cette courte nouvelle pour la survie des humains, j'attendais plus de sense of wonder et des trouvailles plus percutantes, mais cela n'engage que moi grand fan de SF.

   ANIMAL   
6/3/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un thème classique d'anticipation : après la catastrophe, les survivants ont recours au cannibalisme.

L'histoire est bien écrite malgré l'impression de déjà vu et se laisse lire d'une traite. J'ai relevé quelques maladresses du genre "L’homme jette le sac sur le côté, l’arme brandie se rue en direction de son agresseur" où l'on a l'impression que c'est l'arme qui se rue en avant. Je crois que ce style télégraphique saupoudrant la nouvelle est voulu pour suggérer la rapidité de l'action.

Autre grand classique, les insectes aussi ont survécu. Et de quoi vont-ils se nourrir ? Peut-être de cannibales... ce qui aurait mis un peu de piment supplémentaire. J'imaginais déjà que Gunther allait se faire dévorer mais l'histoire s'arrête avant, laissant imaginer ce que l'on veut. Dommage.

Quoiqu'il en soit j'ai passé un bon moment avec ces chasseurs de protéines, assassins cyniques mais toujours humains puisque rêvant d'océan.


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