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Fantastique/Merveilleux
Malitorne : Le goût des autres
 Publié le 29/12/21  -  10 commentaires  -  10371 caractères  -  71 lectures    Autres textes du même auteur

« Mais qu’est-ce que tu fais ? »


Le goût des autres


Maman m’a dit que si je recommençais encore une fois elle me mettrait une gifle, qu’elle en avait assez d’une petite fille qui lui fasse autant honte. D’abord je ne suis plus une petite fille, j’ai bientôt neuf ans, après je n’y peux rien, c’est comme ça. Je veux bien faire attention pour ne pas qu’on me fâche mais je continuerai quand même, d’une façon ou d’une autre. C’est vrai que les gens n’aiment pas beaucoup quand je leur lèche la main, il y en a qui l’enlèvent vite d’un air dégoûté mais en général ils sont surpris. « Mais qu’est-ce que tu fais ? » qu’ils me disent. Je n’ai pas le temps d’expliquer que maman ou papa me tirent en arrière, tout rouges, et demandent qu’on m’excuse parce que je suis un peu « spéciale ». N’importe quoi, je ne suis pas « spéciale », ce sont eux qui me rendent ridicule devant les autres ! En plus je ne bave pas sur les mains, je passe juste un petit coup de langue, parfois deux quand je ne suis pas certaine, et ça me suffit pour les connaître. Bon, je sais que ça ne se fait pas mais c’est bien plus rapide que les blablas. Mes copines je les ai toutes trouvées au goût qu’elles m’ont laissé dans la bouche. Ça les a fait rigoler, en tout cas je ne me suis jamais trompée et on s’entend super bien.

J’essaie de leur dire à mes parents ce qu’il se passe quand je lèche la peau des autres mais ils refusent de me croire, ils me répondent que ce n’est pas possible et que ça vient de mon imagination. Sauf que quand on est bébé on n’a pas d’imagination et pourtant c’est là que tout a commencé, j’en suis sûre. C’est maman qui m’a raconté sans savoir qu’elle me rendait contente.

J’avais autour de huit mois, je ne faisais que pleurer. « Les dents qui sortent », souriait maman. Elle voyait que je souffrais beaucoup, que je ne faisais plus mes nuits, alors elle m’a emmenée chez le pédiatre. Je m’en souviens très bien de monsieur Ladevèze, il était gentil, une grosse voix mais les mains très douces. Quand il m’auscultait je n’avais pas peur, je savais qu’il ne me ferait jamais de mal. Et puis il y avait cet air triste dans son regard, que je ressentais aussi avec ma langue mais que je n’arrivais pas à comprendre. J’ai su plus tard qu’il avait perdu un enfant. Bref, dès qu’il a mis ses doigts dans ma bouche de bébé pour tâter mes gencives maman m’a dit que je me suis arrêtée de pleurer aussitôt ! Il paraît que je le fixais avec de grands yeux étonnés. « On aurait cru que tu avais vu Dieu en personne ! » Pas étonnant, j’avais certainement senti son goût. Ben oui, c’est toujours pareil, quand le bout de ma langue est en contact avec quelqu’un je reçois plein de choses et ça me paralyse. Oh c’est très court, juste le temps que les fourmis me montent dans la tête ! Je les appelle les fourmis parce que ça me fait la même impression quand elles nous courent dessus avec leurs petites pattes, des chatouillements qui vont partout. Sauf que là ça me dit tout sur la personne, si elle est méchante, gentille, bête ou intelligente, vivante ou presque morte. Papy j’ai deviné qu’il allait bientôt mourir mais j’ai préféré me taire.


C’est fou comme les gens ont des goûts différents mais le meilleur c’est celui de maman. Ah là là, un vrai bonbon, ça me remplit la bouche de plein de saveurs délicieuses ! Parfois je suis triste, alors je vais la voir et j’appuie sa main contre mes lèvres. Elle me laisse faire car elle sait qu’elle a une fille soi-disant un peu bizarre, et moi ça me suffit pour chasser mon chagrin.

Papa aussi il a un goût unique, mais la dernière fois je me suis pas sentie bien, pas bien du tout. En plus de son bon goût de papa il y en avait un autre, que je connaissais mais sans pouvoir y mettre un nom. Puis un jour Karine, la meilleure amie de maman, est venue dîner à la maison et j’ai retrouvé ce goût. « Allez Lucie, c’est bon, lâche-moi maintenant ! » Mais non, je serrais très fort et continuais à lécher l’intérieur de sa main, encore et encore, tellement j’étais dans tous mes états. C’est papa qui m’a enlevée en disant que ça suffisait. Alors j’ai regardé Karine dans les yeux et je lui ai craché dessus ! Sur sa belle robe ! C’est comme ça que j’exprime ma colère, depuis toute petite, ça m’a souvent fait punir d’ailleurs… Pas loupé, maman m’a mis une grosse claque et tirée dans ma chambre en répétant qu’elle n’en pouvait plus, qu’elle finirait par me placer dans un institut spécialisé. Je crois que j’ai pleuré toute la nuit.


À écouter les adultes c’est une maladie, ils ne veulent pas entendre que ça m’aide à vivre et même plus. Pourtant papa aurait dû s’en rendre compte la fois où il a voulu m’inscrire au basket. Il voulait absolument que je pratique une activité sportive, pour ne pas être tout le temps devant un écran, pour rester une fille en bonne santé. Pff, tu parles, j’avais aucune envie de me fatiguer à courir ou de prendre des ballons dans la figure.


— Si tu préfères je t’inscris à la danse.

— Pas question, c’est trop nul !

— La piscine ?

— Ah non alors, ça jamais !

(Rien de pire que le chlore qui efface le goût des gens.)

— Bon ben alors quoi ?

— J’sais pas…


Et il a choisi pour moi malgré la sale tête que je faisais. Le premier jour il a tenu à m’accompagner sur le terrain, dans la voiture je ne disais pas un mot. On est allés se présenter à l’entraîneur, un grand monsieur dont il fallait absolument que je sache si tout allait bien se passer entre nous. Mais papa m’avait prévenue en fronçant les sourcils : « Pas de léchouilles, je ne plaisante pas ! » Comment faire ? Heureusement qu’à force j’avais trouvé des moyens discrets de goûter les autres, par exemple au moment de faire la bise. Ma langue sort vite, touche à peine la joue et c’est suffisant pour me donner une idée. Je suis une experte maintenant, mais là je n’allais pas faire la bise à un inconnu. En l’observant, j’ai aperçu de grandes taches de transpiration sur son tee-shirt, sous les bras et dans le dos. Alors mine de rien je me suis placée derrière lui, j’ai passé mon index sur le tissu mouillé pour le mettre ensuite dans ma bouche. Ça a été horrible, je m’en souviendrai toujours ! D’un seul coup je suis devenue toute blanche, les fourmis ont couru à toute vitesse dans ma tête mais aussi dans mon corps, jusqu’à ma minette qui s’est serrée très très fort ! Et puis j’ai eu peur, une énorme peur venue de nulle part qui a fait une boule dans ma gorge, une boule que j’étais obligée de faire sortir en hurlant. À côté de papa et de l’entraîneur je criais, je criais, les autres sur le terrain, tout le monde me regardait. Papa n’a pas eu d’autre choix que de me ramener à la voiture. Il m’a fallu longtemps pour me calmer, je sanglotais encore dans mon lit que j’entendais papa et maman chuchoter. Je me doutais de leur discussion et je n’ai pas été surprise quand deux jours après j’étais dans le bureau du psychologue.


— Alors Lucie, dis-moi ce qu’il s’est passé.

—…

— Pourquoi tu as crié quand tu étais au sport ?

—…

— Tu ne veux pas me parler ?

— J’ai eu peur.

— Peur de quoi ?

—…

— Si tu ne me dis pas ce qui t’as fait peur, que tu n’essaies pas d’en chercher les causes, je ne pourrai pas t’aider. Il faut qu’on comprenne tous les deux ce qu’il s’est passé. Il y a parfois des peurs difficiles à nommer, c’est en discutant ensemble qu’on parviendra à mettre des mots dessus. Et quand on aura trouvé les mots, alors on pourra commencer à soigner tes peurs.


Sauf que moi il n’y a pas de mot, c’est le goût, rien que le goût sur le bout de la langue ! Comment lui expliquer que je n’ai pas besoin de parler pour ressentir les choses ? Les fourmis me disent tout, elles m’ont prévenue très fort que je ne devais pas rester avec l’entraîneur et jamais elles ne m’ont trompée. Je leur fais confiance. Papa m’a regardée d’un drôle d’air, plus tard, quand maman a dit à table que les gendarmes étaient venus arrêter ce grand monsieur.

Du coup je n’ai pas pu échapper à la danse, avec madame Brunet qui a le goût acide des gens sévères.


Je les aime bien ces fourmis qui se cachent dans ma bouche et me renseignent sur les autres, mais en même temps elles me rendent un peu seule. Elles font de moi une fille « spéciale » comme répètent mes parents, à l’école je sais aussi qu’on parle dans mon dos, surtout les garçons. Pourtant je fais attention, je ne lèche plus les mains sans réfléchir, j’accepte d’être avec quelqu’un en ne le connaissant pas même si c’est désagréable pour moi. Je ne sais pas alors avec qui je suis exactement.

Je pensais rester tout le temps comme ça jusqu’à ce que je rencontre Djibril. Oh, au début ça s’est très mal passé ! Je ne sais pas si c’est parce qu’il venait d’un autre pays mais à la cour de récréation il faisait toujours plus que ses copains. Ça m’énervait.

Un jour avec Manon et Elvia on jouait à l’élastique. On adore ce jeu où il faut rester concentré pour ne pas se tromper en sautant. Mais trois garçons et Djibril sont arrivés, ils se sont mis à sauter par-dessus notre élastique. On leur a crié d’arrêter, plusieurs fois, mais Djibril il se croyait malin et continuait. Rouge de colère j’ai sorti mes jambes de l’élastique, je suis allée vers lui et j’ai craché en plein dans sa figure ! Cet idiot avait la bouche ouverte parce qu’il rigolait.

Alors il est resté tout bête, les yeux écarquillés comme s’il avait vu un fantôme. Puis c’est moi qui suis restée toute bête quand il m’a attrapé rapidement un doigt pour le mettre dans sa bouche. Ça m’a surprise mais je l’ai laissé continuer. Il a relâché mon doigt et s’est approché de mon visage… qu’il a commencé à lécher ! Alors là j’étais très étonnée parce que moi je ne fais jamais ça, qu’est-ce que j’entendrais sinon ! Quand sa langue est vite passée sur mes lèvres, qu’à mon tour j’ai senti son goût, olàlà je suis devenue carrément folle ! Ça a fait boum dans ma poitrine, j’ai oublié mes copines, le monde autour, et je lui ai léché les joues, les oreilles, le cou. J’avais l’impression que nos fourmis se mélangeaient, qu’elles étaient trop joyeuses de se retrouver ensemble et qu’elles avaient mille choses à se raconter. On ne se rendait pas compte que toute la cour de récréation s’était rassemblée, à rire et à se moquer. C’est le surveillant qui nous a séparés en ordonnant de stopper tout de suite ce jeu. Quel jeu ? Je regardais Djibril et son visage mouillé de salive, heureuse, si heureuse de n’être plus un oiseau rare !


 
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   socque   
29/11/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Une histoire prenante, je trouve, basée sur une excellente idée ! C'est vrai que nous éprouvons des sympathies ou antipathies viscérales basées sur notre perception inconsciente des phéromones de l'autre personne, votre nouvelle va au-delà de cette réalité.

J'ai bien aimé la fin, que vous accordiez à votre jeune héroïne le soulagement de se savoir non unique ; je lui vois un avenir intéressant, pas forcément tragique. Elle pourra trouver sa place, me dis-je.
En revanche, il me semble que vous en faites un peu trop pour illustrer le sens particulier de votre personnage : pour ma part je la verrais dans une famille parfaitement ordinaire, or tous les papas ne trompent pas la maman avec la meilleure amie de celle-ci et tous les entraîneurs ne sont pas des pédophiles. J'ai une impression d'insistance exagérée pour bien me faire comprendre de quoi il est question.

La transcription de la voix intérieure de l'enfant m'a paru assez convaincante, j'ai compati aux difficultés particulières que rencontre la petite fille en grandissant. Un peu trop de naïveté pour neuf ans peut-être, je crois qu'un vocabulaire plus soutenu eût été possible ; tel quel, le style simple m'a un peu lassée à la lecture. En résumé, je dirais que cette très bonne idée m'aurait davantage séduite avec moins d'insistance sur les situations compliquées qu'elle entraîne et plus d'attention sur la mise en forme de la voix intérieure de la petite fille.

   cherbiacuespe   
29/12/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Je viens d'apprendre l'orthographe d'ausculter, elle est pas belle la vie ?

Bonjour, Malitorne. Vous nous offrez une histoire bien imaginée. Fallait y penser. De tous nos sens, le goût est peut-être celui qui est le plus négligé. Certainement parce qu'il ne sert que lors des repas. Ici, vous en faites une sorte de détecteur, un sens supplémentaire à ce qu'il est pour parler de différence (entre autre). Je suis admiratif ! Reste ce que vous en écrivez. Les deux premier tiers sont plutôt convaincants et le lecteur se laisse entraîner facilement sur le chemin que vous lui tracez. On veut connaître l'endroit où l'on va se poser.

Cependant la complicité mère/fille mène généralement aux confidences et je pense que Lucie, petite fille, aurait certainement tout expliqué à sa maman. Cette dernière aurait-elle compris ? Allez savoir. Ce versant-là pêche un peu à mon avis.

Et la fin. Lucie, à mon avis, aurait du découvrir qu'elle n'était pas si seule beaucoup plus tard. L'adolescence, par exemple, est un moment crucial. Bon, ceci dit, ce n'est pas un élément disqualifiant, le récit tient solidement debout. Ensuite arrive "Djibril". Le subterfuge est un peu gros. Je trouve que vous enfoncez un clou qui est déjà enfoncé, à moins de poursuivre l'histoire et d'installer un parallèle entre deux situations distinctes. Plus subtil, mais plus long à développer.

Je passe rapidement sur la forme. Un texte précis, bien construit, sans défaut majeur. Au final une bonne histoire, inspirée et plutôt bien pensée dans l'ensemble.

   Pouet   
30/12/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Salut,

j'ai trouvé l'idée excellente. (dans ce contexte d'agueusie ambiante...)
Un poil dérangeante et à la fois d'une poétique décalée , du moins sortant des sentiers battus. Quelques fragrances dermiques à la Patrick Süskind... :)

Question forme, pour moi dans l'ensemble le langage de la petite fille est adapté, l'écriture cohérente. Il y a des passages que j'ai particulièrement apréciés, deux pour être précis et j'aurais bien aimé en voir d'autres du même tonneau:

- " En plus je ne bave pas sur les mains, je passe juste un petit coup de langue, parfois deux quand je ne suis pas certaine, et ça me suffit pour les connaître."
Cette phrase explicative résonne très juste et le "en plus je ne bave jamais sur les mains" en guise de justification est très bien vu et fort "savoureux", de l'humour parfaitement dosé.

- "(Rien de pire que le chlore qui efface le goût des gens.)"
Là aussi excellent comme "justification".

Sinon je trouve qu'en peu de lignes il se passe pas mal de choses, la maîtresse du père (et le déni de la mère), le prof de sport pédophile, le filigrane sur la différence etc etc et sans s'apesantir... C'est bien tout ça, à mon avis, même si pour le coup on peut peut-être y voir un petit côté "cliché", du moins attendu.

Je suis juste (vraiment) déçu par la fin. Cette histoire avec Djibril et ses léchouilles exacerbées ne m'ont pas plus convaincu que cela. Bon ok, Lucie aura trouvé un "frère de langue", mais je sais pas, je reste un peu sur ma faim, comme une pointe d'inachevé sur les papilles... à mon sens il y aurait mieux à faire, trouver plus goûtu...

L'auteur tient donc là une super idée qu'il pourrait j'en suis sûr faire encore plus fructifier.

PS: un plus aussi pour le titre rendant hommage au regretté Jean-Pierre Bacri.

   Raoul   
30/12/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
Mais qu'est-ce que tu écris?
J'aime bien cette petite fille dont la sensibilité est autre, et qui est dans son monde, proche et pas tout à fait pareil. Ce que cela dit de notre société également. Je trouve la torsion du langage, ses "fautes", fine, plausible, et pas artificielle, ce qui est une gageure.
J'aime bien la progression du récit, du familial à l'extérieur, bien vu. Je suis moins fan des clichés sur l'entraîneur et le père volage (que des hommes d'ailleurs...) qui font trop séries TV galvaudées, même si je vois bien le porte à faux et ce que cela apporte en biais au personnage principal.
La fin aussi avec Djibril me paraît un peu téléphonée alors que la petite devient adolescente et "embrassadeuse".. Dommage.
J'aime assez le tout, mais pour moi, il y a quelques commodités a éviter.
Merci en tous cas pour cette lecture.

   Lariviere   
4/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Malitorne,

J'ai beaucoup aimé ta nouvelle, l'écriture se tient et le langage de Lucie est très convaincant, il y a un petit côté Forest Gump dans son expression et ca rajoute de la tendresse au personnage qui est émouvant.

L'histoire de ce gout est originale et bien mené. J'ai apprécié la fin et le métissage qui se dégage de cette nouvelle...

Merci pour cette lecture et bonne continuation !

   Cat   
5/1/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L'écriture est fluide, et j'aime l'ambiance qui se dégage de cette jolie histoire. J'applaudis son originalité et l'inventivité mise en œuvre avec les goûts qui collent à chaque sorte d'individu... Ah, Mme Brunet et son goût acide des gens sévères !...

Je trouve assez juste le langage de Lucie, l'enfant narrateur.

J'aime un peu moins les grosses ficelles utilisées pour le scénario ; l'entraîneur pédophile, comme par hasard arrêté pile au bon moment... et je regrette que la maman de Lucie, avec l'instinct propre aux mamans, n'ai pas ''tout'' compris à la particularité de son enfant.

La fin me semble aussi un peu forcée pour la cause, mais tellement ''conte de fées'' qu'on ne peut que l'aimer. Les effusions joyeuses de ces deux petits qui se sont trouvés réchauffent le cœur.

Merci pour ce bon petit moment de lecture matinale.


Cat

   Donaldo75   
5/1/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Malitorne,

Comment le dire autrement ? J'ai adoré cette nouvelle. Elle tape fort du début à la fin et ne s'embarrasse pas de circonvolutions inutiles. Le langage utilisé va bien avec la narratrice, je me suis bien imaginé cette petite fille raconter son histoire. Et puis, la progression narrative est remarquable, avec tous les événements qui s'enchainent dans sa vie de petite fille spéciale. Et même la fin, avec Djibril, confirme cette force narrative et l'assortit d'un message sur la différence. Je ne vais pas rédiger un commentaire composé parce que la nouvelle se ressent plus qu'elle ne s'analyse, du moins dans mon cas. Elle est très bien écrite, percutante, marrante également car comment qualifier la manière dont la narratrice perçoit sa différence et le regard des autres.

Bref, c'est très fort.

   Sylbian   
13/1/2022
 a aimé ce texte 
Bien
L'idée est originale et amène un petit conte agréable à lire.
Cela m'a fait penser au roman d'Amélie Nothomb "Métaphysique des tubes" qui raconte sa vie avant 3 ans. Ce livre m'avait beaucoup amusé.
Un point me gêne néanmoins : dans le passage après le psy, la petite fille explique "Sauf que moi il n’y a pas de mot", alors que tout le texte du début à la fin est une mise en mot de ses sentiments, qu'elle formule elle-même. Evidemment c'est le jeu de l'écriture, en parlant à la place de la petite fille, mais ce bout de phrase m'a fait sauter aux yeux le "dispositif" et je trouve ça dommage.

   Manouche   
18/1/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
Votre texte dès les premières lignes m’a beaucoup plu. Cette petite fille est vive, votre écriture reflète cette vivacité et son envie d’en découdre avec les personnes qui n’acceptent pas sa différence. J’ai trouvé l’idée excellente, très poétique, onirique.
En revanche le fait que vous dirigiez l’histoire vers une réalité et des sujets graves telles que la pédophilie et l’adultère m’ont fait redescendre d’un coup. Je voulais continuer à être portée dans ce monde imaginaire et la légèreté du début.
Quoiqu’il en soit votre écriture est fluide et vous êtes tres agréable à lire.

   widjet   
3/5/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Une thématique (celle de la différence et du don) traitée de façon intéressante et plutôt légère dans la tonalité, mais qui à bien y réflechir aurait tout aussi pu basculer dans l'horreur par le prisme du cannibalisme.

Le personnage de la petite fille et son langage sont bien brossés.

Un peu court quand même.

W.


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