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Fantastique/Merveilleux
Malitorne : Le secret du légionnaire
 Publié le 25/04/19  -  16 commentaires  -  16752 caractères  -  168 lectures    Autres textes du même auteur

"Au-dessus de tous." (Devise du 1er REC)


Le secret du légionnaire


La pluie tambourine sur le toit de ma voiture devenue caisse de résonance. J'entends à peine la radio. L'eau dégouline sur les vitres, brouille la vision, temps de chien ! J'attrape mon calepin pour vérifier la dernière personne à aller voir ce matin : Pablo Dominguez, 12 rue d'Étigny. Un ancien légionnaire, pas commode mais plutôt sympa dans le fond. Faut pas l'emmerder, c'est tout. S'il refuse quelque chose, inutile d'insister. Un dur à cuire, célibataire, qui a roulé sa bosse aux quatre coins du monde, les bras couverts de tatouages. Les tatouages chez les vieilles personnes ça me surprend toujours, expressions d'un passé qu'on a du mal à réaliser quand on les voit aussi décrépies.

Sous le déluge, je me rends à son domicile. Pablo habite un quartier résidentiel, une petite maison bien entretenue jusqu'à ce qu'il ne puisse plus assurer l'essentiel. Un coup de peinture à l'extérieur, surtout, ne lui ferait pas de mal.

Je me gare, prends la mallette de soins et sors de la voiture. Comme d'habitude, j'attrape le journal glissé dans la boîte aux lettres, pousse un portail rouillé sur lequel est accrochée une clochette. Traversant l'allée entre les gouttes, je jette un coup d'œil au potager, autrefois la fierté de Pablo, aujourd'hui envahi par les mauvaises herbes. Je dois penser à appeler le jardinier qui travaille avec notre cabinet.

J'ai les clés de la maison, j'entre sans m'annoncer. Il dort encore et ne m'entendra pas. Sur la table de la cuisine je dépose mes affaires, le journal, puis mets en marche la cafetière préparée la veille par l'auxiliaire de vie. Enfin je me dirige vers la chambre de Pablo où flotte une odeur d'urine. Le papy a des incontinences nocturnes mais refuse obstinément de porter des couches. Têtu comme une mule, c'est ce qui lui a évité la maison de retraite d'ailleurs. Impossible de l'y envoyer ! J'ouvre en grand les volets :


– Bonjour Pablo, c'est Michel, l'infirmier.


Grommellement en provenance du lit.


– Vous avez bien dormi ?


Sans attendre la réponse qui ne viendra pas, je poursuis :


– Allez, vous vous levez et vous faites une toilette au lavabo. On a pris la douche hier, la prochaine c'est pour demain, ça marche ? Je termine de préparer le petit déjeuner et je reviens vous faire le dos.


Au début c'était la croix et la bannière pour qu'il se lave. Mes collègues féminines lui faisaient la guerre pour qu'il passe quotidiennement sous le jet, obsédées par les principes d'hygiène. Le vieux protestait avec véhémence et la situation devenait invivable. En désespoir de cause elles m'ont passé le relais, depuis ça va mieux. Je me suis contenté d'établir des contrats, de ne pas insister quand il est de mauvais poil.

J'installe le petit déjeuner et prépare l'insuline du matin, il est diabétique. Je retourne à la salle de bain voir où il en est, lui savonne le dos puis l'aide à s'habiller. Bientôt nous sommes à table l'un en face de l'autre, lui mâchouille ses tartines moi je feuillette le journal, une tasse de café à la main. L'inévitable télévision nous tient compagnie et meuble le silence. Loin d'être sénile, Pablo apprécie les infos du matin. Quelques confusions, des ralentissements de la pensée mais encore de bonnes capacités intellectuelles. Persuadé que les légionnaires n'étaient que de parfaites brutes sans éducation, plusieurs fois il m'a surpris.

Soudain il relève la tête de son bol, se fige, concentré sur le reportage qui est en train de passer. Un homme interviewé, derrière ce qui ressemble à un champ de blé. La caméra suit l'homme qui montre des endroits du champ où les épis ont été couchés de façon inexplicable pour créer des formes étranges. Je connais ces histoires, encore un hurluberlu qui veut nous faire croire aux bonshommes verts. Ça n'a pas l'air d'amuser Pablo, il reste attentif.


– Vous y croyez à ces racontars ? je lui demande.


Il me regarde du coin de l'œil, ne répond pas. Pablo n'est pas un bavard, il faut toujours le pousser pour engager une conversation :


– Il croit avoir vu des signes d'extra-terrestres le gars, c'est ça ?

– Oui, lâche-t-il.

– Vous y croyez, vous, aux extra-terrestres ? pensant tenir là un sujet de discussion.


Il se tourne vers moi, son visage ridé étonnamment grave.


– Tu n'y crois pas, dit-il, comme tout le monde.

– Ah non, pas vraiment !


Je le vois alors qui se lève, défait sa serviette et part à petits pas dans le couloir qui mène au garage.


– Hé, vous allez où ?


Qu'est-ce qu'il me fait ? Dans sa précipitation toute relative il en oublie sa canne, manquerait plus qu'il se casse la figure. Je m'en empare et vais à sa suite. Il est déjà dans son garage, reflet d'une existence de militaire, bien rangé, bien ordonné. Du regard, il cherche quelque chose.


– Pablo, votre canne s'il vous plaît.


Il s'en saisit et l'utilise pour me montrer une armoire :


– Là-bas.

– Quoi là-bas ?


Le voilà qui repart pour s'approcher du meuble en question. Il ouvre les portes et farfouille à l'intérieur. Son attitude commence vraiment à m'intriguer.


– Dites-moi ce que vous cherchez, je peux peut-être vous aider ?


Il a l'air contrarié :


– En haut, sur l'armoire, j'ai dû la ranger ici. Tu peux regarder ?


Il a de la chance que ma tournée soit finie et que je ne sois pas pressé. Autant lui faire plaisir. L'armoire est imposante, je monte sur une chaise pour en atteindre le dessus. Tout juste. Je tâtonne avec les mains, rencontre un objet rectangulaire que je tire à moi. Une boîte à chaussures ! Une boîte à chaussures toute poussiéreuse, liée par une ficelle.


– C'est ça ?

– Oui, c'est ça, c'est ça ! s'exclame-t-il, une lueur dans les yeux.


Je secoue la boîte, il y a quelque chose dedans.


– Doucement c'est fragile ! s'écrie Pablo avant de me la retirer des mains.


Puis, cahin-caha, il retourne à la cuisine serrant son trésor contre lui. De plus en plus perplexe, j'attends qu'il me l'ouvre, cette boîte qui a tant d'importance. J'espère qu'on ne va pas découvrir des godillots de la Légion étrangère. En tout cas faut pas être pressé ! À la vitesse du troisième âge, il dénoue la ficelle, soulève au ralenti le couvercle. J'aperçois alors du papier journal qui entoure deux objets. Avec précaution il sort tout de la boîte, des grains de riz s'échappent pour s'éparpiller sur la nappe.


– Contre l'humidité, un truc de vieux, marmonne-t-il.


Il retire enfin l'emballage en papier du premier paquet. Nom de Dieu ! Je fais un bond en arrière, la main sur la bouche.


– Pu... putain, c'est quoi ça ?


Sous mes yeux horrifiés s'étale un corps, minuscule, on dirait un bébé. Non, pas un bébé, c'est encore plus petit, un fœtus ou un prématuré, j'en sais rien. Tout racorni, tout fripé, comme une sorte de momie. Pablo a défait l'autre paquet, deuxième cadavre, sauf que celui-ci n'a que la moitié haute du corps ! La base est déchiquetée au niveau du tronc.


– T'as la même réaction que le journaliste à qui j'ai voulu les fourguer.

– Un journaliste... mais, mais qu'est-ce-que vous fichez avec des cadavres de... de...


Il me coupe :


– De nouveau-nés ? T'as déjà vu des nouveau-nés avec trois doigts et sans oreilles ?


Quoi ? Je m'approche, refoule mon dégoût et me penche pour mieux voir. Bon sang, il a raison ! Malgré la dessiccation des corps je constate en effet qu'il n'y a que trois doigts à chaque main, pas d'oreilles apparentes sur les côtés du crâne. Ces difformités pourraient expliquer un avortement, mais plus j'observe les corps, plus je me rends compte qu'ils n'ont rien à voir avec l'anatomie d'un nourrisson ou d'un prématuré. En fait, on dirait... des adultes. Des adultes, oui, à petite échelle, en modèles miniatures ! En scrutant les visages, j'ai l'écœurante impression d'être devant des têtes réduites, comme les transformaient certaines tribus d'Amazonie. Et puis ces tenues en mauvais état qui les habillent, noires, semblables à des combinaisons de plongeurs.


– J'imagine que c'est pour les vols dans l'espace.

– Que... comment ?


Pablo a une mine amusée, visiblement réjoui de son coup de théâtre.


– Je vois que tu regardes les habits, à mon avis c'était pour aller dans l'espace.


Je m'effondre sur une chaise, l'esprit en vrac. C'est pas possible, il doit y avoir une explication rationnelle, un truc. Ou bien c'est un canular, Pablo me fait marcher, c'est ça, il est en train de se payer ma poire le vieux ! Ce ne sont pas de vrais individus mais des imitations. Pour m'en assurer j'empoigne un petit bras qui, sous la pression, se brise ! Pablo réagit avec colère :


– Mais qu'est-ce que tu fous imbécile ? Ça fait cinquante ans que je les garde à l'abri et toi tu me les esquintes !


Confus, déboussolé :


– Je... heu... pardon. Mais ce sont... ce sont des vrais ?

– Des vrais ? Merde, t'es bien comme les autres, incapables d'accepter ce que vous avez sous le nez ! J'aurais jamais dû te les montrer, tiens.

– Enfin c'est incroyable, mettez-vous à ma place ! C'est quoi ces créatures ?


Le regard de Pablo se perd dans le lointain, on sent tout d'un coup peser sur ses épaules le poids des années. Comparée aux événements récents qui ne s'impriment plus, la mémoire ancienne chez les personnes âgées reste active. Je devine qu'il a envie de parler, de partager un secret longtemps dissimulé. Il commence alors d'une voix rocailleuse, chargée d'émotion, et m'embarque dans son passé de légionnaire :


– J'avais une vingtaine d'années, mon régiment était basé à Djibouti. En 63, ou 64, j'sais plus trop. L'Érythrée et l'Éthiopie se faisaient la guerre, ça je m'en rappelle. On n'était pas directement concerné mais on patrouillait par précaution, le long de la frontière, pour que les Afars ne passent pas chez nous. Des barjots ces mecs-là, la gâchette facile ! Ce jour-là on protégeait des démineurs qui ratissaient une zone près d'un village. Il faisait une chaleur à crever. Cette région c'est une fournaise, tu peux me croire, on cuisait comme des rôtis dans les camions. Les gars ont rassemblé les mines qu'ils ont trouvées et les ont fait péter, à l'écart. Alors on l'a vu.

– Qu'est-ce-que vous avez vu ?

– L'engin qui les a amenés ici. Au début on n'a pas compris, l'explosion l'avait dégagé en partie. Quand la fumée s'est dissipée, y a un gars qui a remarqué une surface en métal, enfin, pas du métal mais ça y ressemblait. Fallait voir la tronche des démineurs avec leurs détecteurs muets. Pas du métal, non, et c'est bien ce qui a mis la puce à l'oreille. Le lieutenant pigeait pas. Il nous a ordonné de sortir les pelles et de dégager ce machin enfoui dans le sable. Sous la chaleur, l'enfoiré ! Heureusement c'était pas bien grand, de la taille d'une voiture, avec une drôle de forme.

– Les corps étaient dedans ?


Pablo a un moment de mutisme, il semble revivre la situation. Jamais il ne s'est épanché aussi longtemps. Je suis suspendu à ses paroles, son histoire me fascine, pour l'instant elle tient la route. Je n'ai pas noté d'éléments confus ou délirants.


– Les corps, poursuit-il, c'est Yvan et moi qui sommes tombés dessus.

– Yvan ?

– Ouais, un Russe qu'avait fait des conneries chez lui. S'était barré dans la Légion pour se faire oublier. Un bon camarade. Des salauds l'ont buté peu de temps après pour une histoire de gonzesse. Cet abruti avait couché avec la sœur d'un autochtone. Ils l'ont pas loupé, à plusieurs dans une rue de Tadjourah et couic !


Il passe rapidement le pouce sous sa gorge. Les traits de son visage se durcissent.


– Tu vois, quand un pote de combat se fait refroidir, ça peut pas en rester là. Je l'ai retrouvé le frangin outragé, l'était pas beau à voir à la fin.


J'imagine, ça ne devait pas être un rigolo le Pablo ! Mais il est en train de s'égarer, je dois le remettre sur les rails.


– Les deux corps, alors, ils étaient où ?

– Oui... ils ont dû être éjectés au moment du crash. On a déduit que c'était un crash car l'avant de l'engin était complètement démoli. Avec nos pelles, Yvan et moi, on les a trouvés ensevelis à quelques mètres. Comme tu vois, il y en avait un d'abîmé, coupé en deux. C'est Yvan qu'a eu l'idée de les cacher dans une caisse à munitions. Il pensait qu'on pouvait se faire du fric en les revendant. Pff, tu parles, on était jeunes et cons !

– Vous n'avez rien dit à votre chef ?

– Certainement pas ! J'te dis, on voulait se faire du fric. On pensait qu'on pourrait monnayer cette trouvaille, résultat on a failli finir chez les flics quand le mec de la télé a pris les extra-terrestres pour des marmots.

– Quelle idée bizarre aussi, vouloir les vendre à un journaliste !

– Pour le scoop. Tu voulais les vendre à qui, un antiquaire ?


Il se saisit alors de la télécommande et remonte le son de la télé que j'avais pris soin de baisser. La conversation l'a fatigué. Moi, je reste dans un état de stupéfaction, de sidération totale. Des extra-terrestres, c'est dingue ! Mon esprit rationnel tente de résister mais mes yeux constatent l'évidence. J'observe à nouveau ces êtres incroyables, m'attarde sur les détails. Si ce n'était sa petitesse la forme humanoïde serait bouleversante, à croire qu'elle détermine une intelligence universelle. Il n'y a que de légères différences : les oreilles inexistantes, le nez très aplati et une bouche curieuse. En proportion, les yeux sont équivalents aux nôtres. Je distingue aussi d'étranges fentes à la base du cou et il me semble que les bras ont une articulation supplémentaire. Je n'ose vérifier, j'ai déjà fait assez de dégâts ! Mais je suis en train de penser à un truc...


– Qu'est-ce qu'elle a fait l'armée avec cette découverte ?

– Secret Défense, ironise Pablo, tu crois qu'on nous dit tout ?


Alors c'est donc vrai, les archives des autorités sont pleines de mystères qui ne seront jamais divulgués. Je n'y croyais pas mais j'en ai maintenant la preuve.


– Ah oui, il y avait ça également, reprend-il en fouillant dans la boîte. Va savoir ce que c'est !


Il me tend alors un objet triangulaire aux dimensions d'un bijou, de matière sombre, mate. Je le prends et le scrute attentivement. Ses côtés sont égaux, géométrie parfaite, par rapport à son apparence c'est plutôt lourd, comme du plomb mais ce n'est pas du plomb. La surface est lisse, uniforme, il n'y a pas de... si, là, un orifice, à peine visible.


– Vous avez vu qu'il y a un trou ?

– Peut-être.


Je ne sais pas pourquoi j'ai envie de sonder l'intérieur, l'aiguille d'une seringue devait passer. J'en sors une de ma mallette, tiens le triangle dans le creux de la main gauche et introduis délicatement l'aiguille de la main droite. Je ne rencontre d'abord aucune résistance, c'est donc en partie vide, jusqu'à ce que l'aiguille bute à mi-parcours. Je force un peu. Bon sang, ça se met à vibrer ! La surprise me fait lâcher la seringue. Pas rassuré je veux poser le triangle sur la table mais... il me reste collé dans la paume ! Merde, qu'est-ce qu'il se passe ? Je me lève, secoue la main. Rien à faire, c'est scotché à la peau et voilà que ça commence à me faire mal.


– Pablo, j'arrive pas à m'en débarrasser !


Le vieux me regarde bouche bée, impuissant.


– Aaaaahhhh !


Mon Dieu, la douleur devient de plus en plus vive. Le triangle, il s'enfonce, il s'enfonce dans la chair ! Au secours, à l'aide ! Je tombe à genoux, me tiens le poignet gauche, cette saloperie est en train de me dissoudre les tissus, c'est... c'est trop...


– Michel, Michel.


Cette voix, Pablo. J'ouvre les yeux. Je suis étendu sur le carrelage froid de la cuisine, la tête angoissée du vieux penchée au-dessus de la mienne.


– T'es tombé dans les pommes Michel.

– Ma main... ma main... j'ai mal.


J'ai l'impression qu'elle est prise dans un étau qu'on aurait serré à fond. Je ne peux plus bouger les doigts.


– J'ai appelé tes collègues, je savais plus quoi faire. Elles arrivent. Qu'est-ce qui t'as pris de bidouiller ce machin ?


Je me redresse péniblement pour m'asseoir. Je regarde ma main ; rouge, gonflée, le triangle s'est presque entièrement logé à l'intérieur. On ne distingue plus que la face supérieure. Comment on va me l'enlever ? Putain quel cauchemar, c'est pas possible ce qui m'arrive, c'est pas possible ! Je dois... ma... ma tête... qu'est-ce que... ?


– Vous entendez ? Vous entendez Pablo ?


Des sons, des sons aigus. On dirait... ça ressemble aux cris que font les dauphins. C'est dans ma tête, ce bruit résonne dans ma tête ! Des crissements longs, courts, une multitude. Je deviens fou, et le triangle qui me relance atrocement. Mais ? Il s'illumine ! Il s'illumine, devient bleu puis s'éteint. Et recommence ! À chaque fois je ressens une forte pulsation qui me parcourt le bras. Pablo a vu aussi, il s'approche.


– Un émetteur. Mon gars, je crois bien que t'es en train de les appeler.


 
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   Iktomi   
25/4/2019
Modéré : Commentaire trop peu argumenté.

   FANTIN   
4/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Un sujet inattendu, un récit prenant et bien mené, une histoire qui prend de l'envergure au fil de son déroulement. Progressivement la situation sort de ses rails d'habitude pour entraîner le lecteur dans un crescendo de surprises et de mystère.
Certes, il y a un air de déjà vu concernant les éléments de cette thématique (petits êtres presque humanoïdes, véhicule spatial apparenté à une sorte de soucoupe, incrédulité, mise au secret); pourtant l'intérêt reste éveillé jusqu'au dénouement qui a le mérite de ne pas conclure, mais au contraire de laisser le champ libre à l'imagination en faisant rebondir l'intrigue.
Le pari est donc réussi puisque le lecteur, arrêté en plein élan, regrette juste de ne pas connaître la suite.

   plumette   
25/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
j'ai été prise de bout en bout par cette nouvelle , écrite au petit poil ! qui se déroule avec un réalisme très convaincant.

Un début "plan plan" (ne pas prendre cette remarque négativement ) qui introduit avec talent un univers familier, avec deux personnages plus que crédibles.

Montrer plutôt que raconter, voilà qui met le lecteur dans la même position que Michel, c'est très habile.

Le récit du légionnaire n'arrive qu'après cette "constatation " et le lecteur y adhère sans peine.

J'ai une petite réserve pour la fin tout en reconnaissant qu'elle apporte un élément d'angoisse qui est assez bien vu. Je trouve que la nouvelle se suffisait à elle même sans cette histoire d'émetteur.

Mon bémol: certains auto commentaires de Michel qui ne me paraissent pas toujours utiles. Un ex: "Je suis suspendu à ses paroles, son histoire me fascine, pour l'instant elle tient la route. Je n'ai pas noté d'éléments confus ou délirants."

Un vrai bon texte "d'aventure"!

Plumette

   senglar   
25/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Malitorne,


Oui, c'est pas mal, j'ai pas marché, j'ai couru et, cerise sur le gâteau, la fin est ouverte :
"Allô la Terre. Indiquez votre position ! On envoie une mission de secours ! Ne bougez pas !" en langue verte évidemment ou rose ou violette selon la provenance de l'envoi.
Pauvre Michel, transformé en émetteur-récepteur, talky-Walky extraterrestre, il clignotera peut-être encore mais il ne bougera plus beaucoup ou alors ce sera direction l'asile des fous.

J'aurais plutôt intitulé ce texte :
"La revanche du légionnaire"
Et comme incipit j'aurais mis :
"Où le plus bête des deux n'est pas celui qu'on croit..."

Joli savoir-faire pour maintenir l'intérêt. Dans un style clair, simple, limpide. Peut-être un peu trop simple pour mon goût cependant, je trouve que cela fait très post-adolescent, dit-on adulescent aujourd'hui ? Vous n'avez pas vraiment cherché à faire très technique et puis c'est que ça doit en avoir des circonvolutions le cerveau d'un extraterrestre, alors un style à l'avenant m'aurait bien plu aussi. Bien sûr je conçois que c'est votre choix et vous allez dans la clarté clairement où vous voulez aller. Ce qui est votre droit absolu :) Bon... je disais donc : Heureux d'avoir échappé aux sempiternels insectes extraterrestres.... et puis aussi : La légion étrangère mène à tout à condition de ne pas en sortir. Pablo en est la preuve vivante.


senglar

   alvinabec   
25/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir Malitorne,
Dans ce texte on n'est pas sur du compliqué ou du surfait mais au contraire dans du cash, du brut, du vrai jusqu'au bout de la légion...manque que la môme Dédée.
Le rythme et le ton des dialogues sont bons pour un sujet sans grande originalité mais c'est égal.
Peut-être que Pablo gagnerait à plus d'épaisseur ( et il y a de quoi pour un gars qui a traîné sur tous les conflits où la France est engagée, sans compter son individualité propre), l'infirmier ne servant ici que de faire-valoir.
A vous lire...

   Shepard   
26/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Malitorne,

J'ai mis un moment à comprendre ce qui me dérangeait dans cette histoire (attention, je commence avec le -, mais y a du + aussi). Finalement, son point de vue... Pas le fait d'avoir choisit un 'je' mais de suivre l'infirmier. Le personnage de l'histoire est bien sûr le légionnaire (et son 'secret'), le fait de choisir sa vision nous permettrait de vivre son souvenir au premier plan, en flashback, de façon beaucoup plus vivante. Parce que là, j'ai regretté l'aspect raconté de son aventure. Un 'lui' jeune, avec le sable, la sueur, les camarades (et Yvan), la découverte, etc... aurait donné beaucoup d'épaisseur au personnage et simplement... au surnaturel de la fouille. Puis retour à la chute, plutôt pas mal cette chute d'ailleurs.

Pour moi, tout est présent dans la structure du récit, les parties s'enchaînent très bien. La narration n'est pas molle et fait bien son travail, et les dialogues sont plein de simplicité (dans le bon sens).

Le contexte est aussi un gros +. Un truc plus trop à la mode, qui date plutôt des années 90 - les aliens, le gouvernement est au courant, collabore même peut-être avec eux (où sont 'infiltrés') mais le secret est bien gardé. J'aime bien ces mythes modernes, l'homme ne s'arrête jamais d'imaginer son folklore. Tous les éléments de ce mythe sont réunis ici... Il ne manque éventuellement que le type en costard noir qui vient sonner à la porte à la place des collègues de l'infirmier =)

En résumé, une lecture sympa mais je pense que notre légionnaire aurait dû être placé au premier plan !

   maguju   
26/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Malitorne

Votre texte est vraiment agréable à lire. Vous avez l'art de poser un décor et vos personnages sont crédibles de bout en bout. Pas de surenchère dans le style et une histoire qui se tient. En général je ne suis pas fan du genre fantastique mais ici tous les ingrédients sont réunis pour faire une nouvelle réussie! Bravo à vous.

   hersen   
26/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une histoire bien menée, un contexte qui cache un gros truc, la réactivation de l'émetteur.

ça fait un peu retour aux années 80 dans le style (c'est loin d'être une critique négative) et j'aime le côté sans surenchère, tout est amené naturellement.

Un bon moment de lecture.

décrépites

   Donaldo75   
27/4/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Malitorne,

J'ai adoré cette nouvelle. D'abord, elle est bien racontée; le rythme est tenu et la progression dramatique respectée. L'histoire est cohérente, ne souffre pas d'invraisemblances. Les personnages sont consistants.

J'aime la manière dont se déroule le drame, la relation entre Pablo et Michel, les pensées de Michel qui passe d'infirmier un peu blasé à humain retrouvé, ce qui rend Pablo un peu plus ouvert. Parce que Pablo, il n'a vu que la face émergée du mystère des extra-terrestres, ce que la fin va révéler, mais il a également vécu le déni, le secret, l'exclusion qu'amène une telle découverte. Il sait qu'il n'est pas un vieux fou mais que les autres le prennent comme tel. Déjà, être légionnaire le désigne différemment pour le commun des mortels, l'homme de la rue, son congénère. Alors, avoir découvert la dépouille d'extraterrestres, rien de mieux pour devenir l'illuminé de service. Il le sait, l'a vécu et s'est renfermé sur la certitude de n'être jamais compris par le reste de l'Humanité. Une réaction certes un peu excessive mais compréhensible.

La fin est savoureuse, surtout la remarque pleine de logique de Pablo.

Bravo ! J'en redemande, des nouvelles aussi bien racontées, au style impeccable, qui changent de la petite science-fiction bien square et bavarde qu'on rencontre souvent ici, et surtout nous amènent nous, lecteurs, enfin je parle surtout pour moi, vers une autre perception de notre réalité. Parce que c'est ça la science-fiction, finalement.

Donald

   Anonyme   
29/4/2019
Bonsoir Malitorne,

Trois nouvelles fantastique/merveilleux sur cinq cette dernière semaine. J’ai jamais lu autant de poèmes.
16000 caractères, c’est mon record dans la catégorie et je pense que je ne suis pas prêt de le battre de nouveau.

Peut-être que parler du style à un auteur de Fantastique n’est pas la première chose qui l’intéresse. C’est dommage parce que j’ai été plutôt rassuré sur la capacité du genre à ne pas toujours surcharger les émotions avec des qualificatifs outranciers. L’angoisse n’est pas contenue dans le mot « angoissant », elle est dans ce que l’auteur raconte. Ici je n’ai pas vu d’esbroufe, le phrasé colle immédiatement à l’atmosphère dans laquelle vous voulez placer votre texte. Le style est léger comme le dioxyde de carbone qu’on respire sur Mars.

On comprend dès le premier paragraphe que l’intrigue de cette nouvelle est contenue dans la visite qui va suivre. Alors on attend, on patiente, on espère, on a le temps de s’en rouler une, le temps que l’infirmier traverse le jardin de Pablo. C’est le meilleur passage, celui aussi de l’entrée dans la maison, de la découverte des lieux et des personnages. J’aurais payé aussi pour les ablutions, l’insuline, les tartines et le café.

Après j’ai décroché. En fait, dès l’apparition du mot extra-terrestre. Ça m’a mis en rogne de voir votre talent gaspillé. Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire de lutins en boîte ? Et puis, ma question de néophyte est sûrement stupide, mais qu’est-ce qu’ils faisaient là, si comme on l’apprend par la suite, c’était un secret-défense ? Bordel, les martiens seraient-ils donc mal gardés ? Combien reste-t-il de légionnaires taxidermistes ? Je suis bien conscient qu’il faut que j’apprenne à me poser ce genre de questions si je veux avancer dans mes découvertes du genre.

Bon, la qualité de la narration aide à supporter les envahisseurs. J’ai l’impression de lire un peu n’importe quoi, de mon point de vue d’intrus, mais je n’ai pas non plus complètement envie de lâcher l’affaire. Je passe sur la révélation du passé, du crash. Je suis content que vous nous ayez évité les deux lutins dans leur berceau.

Et là bien sûr arrive le geste fatal qu’il ne fallait surtout pas commettre si on ne voulait pas réveiller la momie. Bon, l’avenir mon gars, comme dit Pablo, au prochain épisode, parce que là, tout de suite, je suis épuisé par tant de suspense.

J’ai envie de vous dire, vous êtes maître de l’endroit où vous voulez poser votre talent… J’aurais noté Beaucoup+ pour la qualité du style et de la narration. Le reste appartient à mon rejet du genre et vous n’en êtes pas responsable.
Pardonnez-moi, Malitorne, mais je ne sais vraiment pas pourquoi je me suis aventuré dans ce commentaire :))

FrenchKiss
le martien du commentaire

   Malitorne   
30/4/2019

   Lulu   
4/5/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Malitorne,

Quelle belle surprise ! Je n'étais pas très emballée par le titre, songeant à quelque chose de très militaire, mais je me suis dit qu'on ne pouvait rester à quai à cause d'un titre, puis, surtout, j'adore le fantastique…

Ici, je n'ai pas été déçue, bien au contraire. Les trois premières phrases m'ont enchantée. Autant dire que c'est le vrai incipit de la nouvelle et qu'il était prometteur, tout en offrant une suite palpitante.

Le thème m'a plu du fait de la précision des détails donnés et de ces portraits qui ne sont pas isolés, mais liés dans la situation énoncée. Je trouve les deux personnages bien campés au point de nous rendre le récit très visuel. Le dialogue est, par ailleurs, très riche. Il concourt largement à rendre cette nouvelle à la fois visuelle et presque réaliste - bien qu'on soit bien dans le fantastique. On y croit… En tout cas, j'y ai cru…

Vous nous direz si cette histoire de grains de riz préserve de l'humidité… J'aime bien les recettes de petits vieux… (sourire).

Le suspens est vraiment marqué et tient bien le récit. On a envie de connaître la suite au fil de la lecture.

J'ai bien aimé la façon dont "le secret du légionnaire" est amené. "Je devine qu'il a envie de parler"... Ca tient du suspens, toujours, et on entre dans le vif du secret dont on pressent qu'il est au coeur du sujet au vu du titre.

Si je devais émettre un bémol, il serait infime. A un moment, je décroche, mais tout brièvement, en me disant : "non, là, je ne peux y croire" et je crois que c'est lié à l'agencement des phrases, plus que des propos. C'est là : La conversation l'a fatigué. Moi, je reste dans un état de stupéfaction, de sidération totale. Des extra-terrestres, c'est dingue !"... Mais la progression de ce paragraphe m'a surprise agréablement du fait de son développement, et finalement, j'ai de nouveau glissé dans le côté vraisemblable du récit fantastique…

J'ai adoré ces "cris de dauphins" qui m'ont fait sourire.

Quand le narrateur dit "Je deviens fou", j'ai pensé à Oreste dans Andromaque (Racine), quand il dit : "Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes", alors qu'il est en plein délire...

Enfin, la chute est excellente. Bien trouvée, en plus du fait qu'elle ouvre sur une nouvelle perspective.

En somme, une belle surprise !

Bonne continuation.

   frenchwine   
8/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
j'ai adoré le rythme ^^ d'abord parce que je suis un ancien de la légion ^^ mais chut, c'est un secret, ensuite, on sent du vécu transposé ...un petit anachronisme, mais je me trompe surement... l'insuline ne se prépare pas, au moins aux jours d’aujourd’hui, les seringues sont toutes faites ^^ un détail... j'aime le texte ^^ mais je n'arrive pas a comprendre pourquoi je ne donne pas le maximum ....

   toc-art   
12/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

je n'avais pas encore lu ce texte, j'avoue que le titre et la catégorie ne m'attiraient pas plus que ça mais je ne regrette pas d'y être finalement allé voir.

J'ai bien aimé. Je trouve la narration impeccable, à part deux-trois observations de l'infirmier à lui-même mais sinon, tout est maîtrisé et particulièrement les passages où le narrateur perd conscience, je trouve ces virages toujours dangereux très bien négociés. Bravo !

Sur l'intrigue, je suis pas forcément fan des extra-terrestres ressemblant à l'humain, pas plus que de l'idée que l'intelligence devrait passer par cette apparence humanoïde, mais c'est un détail. La fin, et particulièrement la dernière réplique du légionnaire empreinte d'un pragmatisme à toute épreuve, a achevé de me convaincre.


Encore bravo !

   mirgaillou   
6/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Ne cherchons d'effets stylistiques, le sujet n'est pas nouveau, mais il a un charme à mes yeux...dans notre enfance, ma sœur, pleine d'imagination en voyait souvent des martiens et des soucoupes volantes. L'évocation m'en attendrit encore
À mon sens le but de l'écriture de fiction est de nous emmener dans un ailleurs. Partant de là, aucun sujet n'est épuisé, au conducteur (pas de la soucoupe, mais l'auteur) de nous insuffler un peu de sa poudre de perlimpinpin. une pincée et pfuit! nous voici scotchés.
Le portrait du Pedro légionnaire est bien vu, accroché à ses anciennes aventures...

   Ynterr   
10/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
C'est un bon texte. Le sujet est simple, efficace et concis sans toutefois être bâclé, et les deux protagonistes sont assez attachants (quoique Michel est assez niais, mais ce n'est que mon avis et sans doute volontaire de la part de l'auteur).
Mais personnellement il m'a manqué un "truc". Une richesse d'écriture ou une implication émotionnelle plus habile que "celui qui raconte" et "celui qui découvre °O° ". Sans doute un peu des deux :/

En attente de votre prochain texte


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