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Horreur/Épouvante
Malitorne : Le son des Balkans
 Publié le 08/11/22  -  12 commentaires  -  14462 caractères  -  70 lectures    Autres textes du même auteur

Merci à Emir Kusturica et Goran Bregović pour l'inspiration.


Le son des Balkans


Une pluie fine mouillait le pare-brise que l’essuie-glace jamais remplacé chassait en couinant. La voiture s’arrêta à un feu, ne repartit qu’aux klaxons impatients des voitures derrière. Stefan conduisait par automatisme, l’esprit ailleurs, accablé par la tragédie. Il ne parvenait à intégrer la nouvelle, comme si la chose lui était impensable, irréelle. Parvenu à destination il se gara devant le studio d’enregistrement, courut jusqu’à l’entrée pour éviter une averse l’étui de guitare à la main. À l’intérieur il rencontra Zoran, l’ingénieur du son, en train d’utiliser la machine à café.


— T’es au courant ? lui lança celui-ci.

— Oui, c’est affreux.

— Merde, mais comment c’est possible ?

— J’en sais rien, les autres sont là ?


Zoran lui désigna la pièce au bout du couloir où les membres du groupe se réunissaient pour leurs compositions musicales. Il découvrit des mines aussi livides que la sienne, un silence de mort dans ce lieu normalement animé, les instruments muets, posés à terre ou sur leurs supports. Stefan interrogea Nikola qui releva le nez de son smartphone :


— On en sait davantage ?

— Ça s’est passé dans le parc national de Kopaonik, des bêtes sauvages. Les gardes ont d’abord cru à une attaque de loups mais vu les blessures ce serait plutôt un ours.

— Un ours ?

— Elle… elle a eu la tête arrachée.

— Nom de Dieu !


Stefan s’effondra sur une chaise.


— Et son copain ?

— Tué aussi. Le journaliste dit que c’était une vraie boucherie.


Ana, cette pauvre Ana, morte de cette façon, quelle horreur ! Elle adorait la randonnée, ce n’était pas la première fois qu’elle partait sac sur le dos pour plusieurs jours.


— J’ai du mal à le croire, ça n’arrive jamais ces choses-là.

— Faut croire que si.


Un drame humain mais aussi un drame pour le groupe. Ana était la chanteuse des Lude veštice depuis de longues années ; une présence rayonnante sur scène, une voix inégalable, allaient-ils s’en remettre ? Comme s’il partageait le cours de sa pensée, Ranko, le batteur, s’exprima un peu gêné :


— Comment on va faire pour le groupe ?

— Tu crois que c’est le moment ? le tança Nikola.


Stefan vint à sa rescousse.


— On est tous choqués mais Ranko a raison. On a des engagements, un gros concert à Novi Sad dans trois semaines. Soit on se sépare, on annule tout, soit on continue. À chacun d’y réfléchir.


* * *


La fille termina par une fausse note qui résonna douloureusement dans les oreilles de Stefan. Elle avait l’air pourtant contente d’elle, retira le casque en interrogeant du regard ses deux juges derrière la vitre de la régie.


— Merci, c’était très bien, mentit Nikola, on te rappellera pour te donner notre décision.


Il attendit qu’elle sorte de la pièce pour se tourner vers Stefan, dépité.


— Putain c’était nul !

— Une catastrophe.

— Combien il en reste ?


Stefan consulta son carnet.


— Une seule.

— Bon, si ça va pas on gardera la troisième. C’était la moins mauvaise.

— Tu plaisantes ? Tu veux qu’on passe pour des blaireaux ? On commence à peine à se faire un nom et tu veux nous mettre une casserole au chant ?

— Il nous faut bien quelqu’un !

— Oui, mais pas n’imp…


L’arrivée dans la salle d’enregistrement de l’ultime candidate l’interrompit. Il se redressa de son siège pour mieux la voir, en même temps son ami s’exclama :


— Waaoh !


Pas de doute, une bombe venait de faire son apparition, le genre de créature à damner un saint. Une beauté sans pareille, habillée à la manière gothique ; bottes en cuir jusqu’à mi-cuisse aux talons compensés, justaucorps en dentelles savamment déchiré, yeux fardés à l’excès. Stefan avala sa salive, se pencha sur le micro de la régie :


— Heu… bonjour.

— Bonjour.

— Slavica, c’est bien ça ?

— Oui.


Elle avait un timbre grave, profond.


— Bien, tu as les paroles sur le pupitre. Mets le casque pour l’accompagnement et approche-toi du micro.


Il n’y a pas de mots pour décrire le ravissement qu’éprouvèrent alors les deux hommes, éblouis par une voix où pas un écart ne transparaissait. Ils auraient dû être dérangés par la gamme des octaves beaucoup plus basse que celle d’Ana, au contraire, ils tombèrent sous le charme de la puissance qui s’en dégageait. Les autres concurrentes étaient restées statiques, celle-ci ondulait les hanches avec grâce, bougeait langoureusement bras et mains. Elle dût les sortir de leur sidération à la fin de sa prestation, sourire au coin des lèvres :


— Alors ?

— Pa… parfait, c’est parfait, bredouilla Stefan.


Nikola emboîta :


— Tu chantais où avant ?

— Un petit groupe de province, pas connu. Je veux me produire en ville maintenant.

— Alors bienvenue chez les Lude veštice !

— Super, répondit-elle sans explosion de joie.


* * *


Slavica apprit le répertoire du groupe avec une facilité déconcertante, rassurant les musiciens qui craignaient qu’elle ne soit prête à temps. Admiratifs du professionnalisme de leur nouvelle chanteuse mais un peu décontenancés par son caractère. Ana était une femme enjouée, heureuse de vivre, Slavica s’épanchait peu, réservée, presque froide. Les blagues ne la faisaient pas rigoler, quelquefois elle affichait un regard dur qui semblait sonder l’âme de son interlocuteur.

Ils mirent ça sur le compte de la timidité en se disant qu’elle finirait par se détendre, qu’il fallait lui laisser le temps de s’intégrer. Le plus important restait qu’elle fasse le job, l’échéance de Novi Sad approchait à grands pas.

Seul Stefan paraissait avoir sa confiance, voire son intérêt. C’est à lui qu’elle s’adressait en priorité pour ses demandes, toujours à ses côtés lors des répétitions. Difficile de savoir si ça venait de sa position de leader du groupe ou parce qu’il était beau garçon. Quoi qu’il en soit Stefan ne demeura pas insensible à l’attention soutenue que lui portait Slavica. Qui l’eût pu tant elle était d’une beauté foudroyante ? Il tomba dans ses bras un soir où ils jouèrent plus tard que de coutume, sans bus pour la ramener au domicile et où il se proposa. Quand il s’enfonça en elle, un abîme déraisonnable de passion l’engloutit.

Ensuite les évènements se précipitèrent. Au niveau de sa vie affective Stefan rompit avec sa petite amie, balaya tous leurs projets pour se lancer dans une liaison avec la ténébreuse Slavica. Le concert de Novi Sad fut un franc succès, les articles de presse se relayant pour célébrer « la présence envoûtante d’une chanteuse hors du commun ». Une soudaine notoriété qui leur ouvrit les portes du plus important festival de musique folklorique, prévu à Belgrade pour l’été.

Revers de la médaille, des tensions apparurent au sein du groupe. Slavica commençait à interférer de plus en plus dans l’orientation musicale. Déjà, par son timbre de voix si particulier, elle avait amené naturellement les chansons dans des registres moins légers. Certaines en étaient même devenues tragiques, déchirantes, totalement habitées par sa personnalité. De rock folklorique plutôt festif, les Lude veštice avaient dérivé vers des rivages austères empreints d’influences traditionnelles issues du fin fond des Balkans. La métamorphose ne se fit pas sans résistance. Si Stefan, le jugement brouillé par sa belle, n’y trouvait rien à redire, le trompettiste finit par se rebeller. Le fait est qu’il était réduit à une portion congrue des arrangements, son instrument délaissé. En pleine répétition le clash fut violent, le verbe haut. Furieux, Josif claqua la porte en maudissant la remplaçante d’Ana.

Son départ fracassant affligea beaucoup Stefan. Le soir, dans l’appartement partagé avec Slavica, il ne cessait de revenir sur l’incident en cherchant des solutions pour faire revenir Josif.

Assise dans un fauteuil, elle l’écoutait en silence, verre de raki à la main, ses longues jambes gainées de cuir croisées l’une sur l’autre. Quand enfin il se tut, elle prit la parole :


— Ça tombe bien qu’il soit parti.

— Quoi ?

— La trompette n’a rien à faire dans notre musique. Elle est dérisoire, ridicule.

— Bon sang Slavica, Josif a toujours été là !

— Justement, il est temps d’évoluer, d’aller vers quelque chose de plus authentique.

— Authentique ?

— Oui, en harmonie avec la terre, le vent, l’eau des rivières.


Il se servit un verre de raki à son tour.


— Je ne te suis pas.

— La musique n’est pas qu’une distraction Stefan, elle doit emporter les esprits.

— Ça d’accord.

— Nous allons donc remplacer la trompette par la guzla, je connais une amie qui en joue parfaitement.

— La guzla ! Tu veux nous faire revenir au Moyen Âge ?

— Ne dis pas de bêtises et fais-moi confiance.


Elle se leva, posa ses lèvres de braise sur la bouche vaincue de son homme.


* * *


Autant Slavica campait sur de vieux principes concernant la musique, autant son apparence vestimentaire respirait la modernité. Tout le contraire de son amie qu’on crut venir d’une autre époque : des cheveux enroulés en nattes au sommet du crâne, un gilet échancré sur un chemisier blanc, une longue jupe s’arrêtant à mi-mollet recouverte d’un tablier joliment brodé ; en tout point l’ancien costume des régions reculées de Serbie. Également d’une grande beauté, plus avenante que celle de Slavica mais avec le même regard dur.

Quand cette dernière la présenta au groupe, elle leur spécifia que Kristina était muette de naissance. Un handicap qui interrogea, pas longtemps dès qu’elle se saisit de sa vièle à une corde dont le manche se terminait par une curieuse tête de bouc. Les accords qu’elle tira alors avec son archet plongèrent l’assistance dans une profonde mélancolie, les notes allant caresser des fibres sensibles, fouiller l’intimité de chacun. Dernière pierre de la transformation musicale des Lude veštice…

Les doutes sur l’accueil qu’en ferait le public disparurent au fur et à mesure des petits concerts donnés ici et là. À chaque fois les gens demeuraient captés, attentifs durant les morceaux calmes, survoltés quand le rythme s’accélérait. Car le répertoire du groupe comprenait toujours des chansons dynamiques, non plus rock mais de type gigues ou farandoles, entraînantes, où il était quasi impossible de rester en place. Dans ces moments trépidants l’archet de Kristina volait sur la guzla tandis que sa consœur déployait toute l’étendue de sa voix.

Vint le grand festival de musique folklorique du pays, une consécration. Dans la loge où ils étaient tous réunis avant de monter sur scène, pétris de trac, Slavica sortit de son sac une bouteille remplie d’un liquide doré.


— Mes amis, c’est un grand soir, exceptionnel. J’ai apporté une boisson de mon village, c’est ce que buvaient les anciens pour se donner du courage.


Légèrement alcoolisée, au fort goût de gentiane, la bouteille fit le tour des six membres du groupe, repoussée d’un geste par Kristina. Un breuvage suave en bouche, qui une fois avalé ne tardait pas à enflammer l’intérieur.

Au signal donné ils montèrent sur l’estrade, accompagnés d’une immense clameur. Jamais les Lude veštice n’avaient joué devant une foule pareille ! Vu son importance le festival se tenait à l’extérieur où une lune orangée, parfaitement ronde, s’inscrivait dans le ciel avec la tombée du soir.

Nikola ouvrit le bal par une introduction à la clarinette, rejoint par la voix hypnotique de Slavica, puis Ranko frappa fort sa batterie qui lança véritablement leur prestation. Ils débutèrent par une danse énergique de Macédoine. Déjà des duos se formaient entre spectateurs, bras dessus, bras dessous, qui tournoyaient en riant aux éclats.

La chanson suivante continua d’entraîner le public, assemblait et désassemblait des grappes de gens surexcités. Le retour au calme ne se fit qu’au tempo lent d’une mélodie introduite dans le répertoire par Slavica, toute de noir vêtue. L’entrain collectif fut alors coupé net par la guzla, bouleversante, qui surmonta les instruments, sur laquelle se fondit un chant aux intonations étrangement rauques. Soudain Stefan eut chaud malgré l’air frais, une chaleur irradiant du ventre, gagnant la tête. L’impression aussi que ses doigts qui couraient sur le manche de la guitare ne lui appartenaient plus, voilà qu’il ne reconnaissait une traître note ! Troublé, il observa ses collègues visiblement dans le même état, emportés à leur corps défendant par une musique inconnue.

Slavica s’était avancée au plus près du public, maintenant figé, les bras tendus vers la voûte nocturne. Elle proférait des paroles incompréhensibles ressemblant à du vieux slave. La guzla grimpa dans les aigus, sciait les tympans à rendre fou.

De cette confusion émergèrent de la foule cinq jeunes gens qui montèrent sur scène, sous le nez d’un service d’ordre totalement passif. Marchant comme des automates, ils formèrent un cercle au centre duquel se plaça Slavica. Sans crier gare, Kristina projeta de toutes ses forces sa vièle qui s’éclata au sol ! Aussitôt les musiciens cessèrent de jouer, incapables de bouger un doigt, pétrifiés. Seul Ranko martelait la grosse caisse de coups sourds : boum, boum, boum…

Stephan avait la sensation d’être englué dans un cauchemar, il assistait aux évènements mais ne pouvait mobiliser aucun de ses muscles. Les jeunes gens, trois garçons et deux filles, entreprirent alors d’ôter leurs vêtements un par un jusqu’à être complètement nus. Slavica s’approcha, d’un mouvement rapide de sa main où pointaient des ongles démesurément longs trancha la gorge d’un premier. Un flot de sang jaillit. Stefan voulut hurler, intervenir, mais il demeurait impuissant telle une statue de pierre ! Sa compagne meurtrière passa au second, puis au troisième, égorgea sans sourciller les cinq jeunes gens qui attendaient, absents, leur funeste sort.

Boum, boum, boum… À l’unisson le public s’était mis à scander :


— Slava tebi satano !


Les ruisseaux écarlates qui s’échappaient des cous tranchés ne se dispersèrent pas, se réunirent pour s’agglutiner au milieu des cadavres ; flaque visqueuse de plus en plus épaisse. Cette écœurante masse liquide grossit encore, par un phénomène inexplicable commença à frémir, progressivement à s’animer. Kristina avait rallié Slavica et toutes deux se prosternèrent, fronts contre terre. Boum, boum, boum…


— Slava tebi satano !


La nappe sanguine se redressa, haute, énorme, continuant de s’alimenter du flux des victimes exsangues. Elle avait l’apparence d’un humain mais n’en était pas, mélange de forme bestiale où des cornes torsadées saluaient fièrement la pleine lune.


 
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   Anonyme   
16/10/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Je suis un tantinet déçue. Parce que j’avais bien accroché à cette nouvelle jusqu’à la dernière partie et le rituel satanique durant le concert de rock qui m’a paru arriver comme un cheveu sur la potion maléfique et fait un grand guignol des films de séries B de la Hammer. Néanmoins, je noterai positivement ce récit parce que j’ai bien aimé tout ce qui précède, l’histoire du groupe, l’arrivée de la nouvelle chanteuse au look gothique, les répétitions, etc. c’était très bien relaté.

Merci pour la lecture satanique et gratuite

Anna Créature des Ténèbres en EL

   socque   
17/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
En lisant cela :
Stefan consulta son carnet.

— Une seule.
je me suis dit que bien sûr la prochaine serait la "bonne". Classique.
D'une manière générale la trajectoire du récit m'a paru très attendue, mais en l'occurrence cela ne m'a pas gênée car la tension dramatique monte bien, l'histoire est savamment menée me semble-t-il. Une nouvelle eficace, aboutie, qui ne renouvelle pas vraiment le genre mais on ne va pas à chaque fois réinventer le diable non plus. Bref, un bon moment de lecture pour moi.

P.S. : "L'ours" assassin de la chanteuse, il n'était pas là par hasard, hein ?

   cherbiacuespe   
18/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Et dire que le don du sang manque de matière première...

Une histoire qui sort de l'ordinaire en quatre parties, très bien organisées. C'est également bien écrit, bien scénarisé. La narration maintient le lecteur dans une atmosphère qui glisse, petit à petit, du drame à l'étrange. Seul petit bémol selon moi : si le final reste dans le ton, il est à mon goût un peu trop rapidement décliné et aurait mérité, peut-être, une certaine lenteur afin de dégager toute l'horreur d'un tel évènement. Le récit reste de bonne facture, cependant ! On reste attentif jusqu'au bout.

Cherbi Acuéspè
En EL

   Vilmon   
19/10/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
Le récit prend une tournure imprévisible. C’est bien écrit avec de belles descriptions pour la musique et les chants. La transformation du groupe prend graduellement place avec la montée en pouvoir de la chanteuse au sein du groupe. Avait-elle besoin de ce groupe de musiciens ? Encore plus macabre si les musiciens avaient été les victimes, tant qu’à se rendre jusqu’à ce point. Ils ne sont pas dévoués à cette cause, des non initiés, des intrus qui doivent garder le silence.
J’ai bien aimé le récit.

   Angieblue   
28/10/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je trouve la scène finale très réussie avec le diable qui se matérialise en s'alimentant du sang des victimes innocentes. Le tableau est réussi.
Après, il m'a manqué quelque chose pour complètement adhérer. En fait, dans toute la longue narration centrale où l'emprise diabolique se met en place avec l'arrivée de la troublante Slavica qui va métamorphoser le groupe, je me suis demandée si on était encore dans un récit horreur/épouvante. Ce qui m'a manqué ce sont des signes, des indices qui auraient pu faire monter l'angoisse du lecteur et annoncer la terrible fin. Par exemple, le trompettiste aurait pu mourir d'une mort inexpliquée. le narrateur aurait pu remarquer des attitudes étranges chez Slavica...
Ensuite, je pense que ce qui donne une certaine originalité à cette nouvelle c'est que l'intrigue plutôt banale et classique se déroule sur fond de musique folklorique dans les Balkans. Le fait que ça se déroule à l'étranger, dans un pays de l'Est, amène un accent supplémentaire à l'intrigue et un certain dépaysement.
Et enfin, dans l'ensemble, c'est plutôt bien écrit, et principalement les passages sur la musique.

   JohanSchneider   
8/11/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Commençons par la fin : le satanisme a souvent été associé à certaines formes de musique, parfois extrêmes comme le metal. C'est plutôt bien vu.
Mais le massacre final est assez décevant : pas mal décrit mais un peu caricatural. On peut vraiment égorger quelqu'un avec ses ongles, même "démesurément longs" ? Ils seraient longs comment, ces ongles, et de quoi diable seraient-ils faits ? Pas de kératine vraisemblablement, celle-ci est tout juste capable de rayer du talc et du gypse, alors percer de la peau humaine j'ai un gros doute. Au fond ce n'est pas gravissime, le Grand Guignol ne s'embarrassait guère de vraisemblance.
Le point fort reste l'ambiance balkanique, très bien restituée.

   Corto   
9/11/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Dès l'introduction avec le drame "Ça s’est passé dans le parc national de Kopaonik, des bêtes sauvages" le ton est donné. La tension est installée et capte le lecteur.
Ensuite la vie du groupe, la musique, le choix d'une chanteuse, le suspense avant les spectacles, tout cela est bien rendu.
Les évolutions musicales aussi "De rock folklorique plutôt festif, les Lude veštice avaient dérivé vers des rivages austères empreints d’influences traditionnelles issues du fin fond des Balkans" continuent à intriguer, à mettre le lecteur en alerte.

Mais le procédé semble un peu voyant lorsque "J’ai apporté une boisson de mon village, c’est ce que buvaient les anciens pour se donner du courage." on se doute évidemment qu'il se prépare quelque chose de pas clair.

Vient enfin la dernière partie 'satanique' qui convaincra peut-être les amateurs. Pour moi elle m'a déçu: trop attendue, trop facile, trop passe-partout.

En résumé j'ai beaucoup apprécié le style, la vivacité, la logique de fonctionnement du groupe. Je reste sur ma faim sur un dénouement quasi traditionnaliste.

Merci Malitorne.

NB: Bravo pour la photo.

   papipoete   
9/11/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
bonjour Malitorne
Nous voici suivant la tournée d'un orchestre à la musique folklorique, à travers les balkans, se transformer en un groupe furieux après la venue, d'une nouvelle chanteuse, et d'une autre musicienne muette, dont la guzla mue ces musiqueux en un irréel hard-groupe façon Kiss. Et vint un fameux concert, où buvant un satanique breuvage, les deux filles apparurent démons avides de sang...
NB l'histoire commence tranquillement, hormis la mort atroce de Ana... qu'il faut bien remplacer.
Sous l'apparence d'une créature " à damner un saint ", une belle inattendue fait si bien l'affaire dans l'orchestre, et aussi dans le lit du leader... qu'elle transforme de paisibles rockeurs en gothiques personnages sur scène.
Et là, la tension commence à monter ; ça sent le mauvais coup, on se pose des questions ; et demain, que se passera-t-il de nouveau ?
Et crescendo, l'ambiance vire au noir, et fatalement au gore dans un bain de sang !
Le genre " horreur " se justifie dans le final, mais put rester dans un registre moins écarlate ?
Mais j'aime bien la lente montée de suspens ; la scène où toutes les filles entendues en audition, il n'en reste qu'une ( dernière chance pour une remplaçante ) qui fera sensation !
Cela me rappelle un film à la même situation, mais je n'arrive pas à me le remettre en tête !
Magistrale écriture que ce scénario... à ne pas lire au coucher !

   Messircule   
10/11/2022
 a aimé ce texte 
Un peu
Merci pour ce texte.

J'ai bien aimé l'univers et son idée générale. Je suis par contre vraiment pas convaincu par son exécution.

Je trouve que le personnage de Slavica manque de relief, son côté irrésistible et manipulateur, d'individu bouleversant en tout cas au sein du groupe manque de quelque chose.

Les dialogues me semblent aussi un peu plat.

Bref, mon commentaire en général serait que le texte dans l'ensemble manque de texture, de détails notables, de choses qui éveillent la curiosité.

   plumette   
18/11/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je n'avais pas fait attention la catégorie de la nouvelle si bien que la direction horrifique prise à partir du concert donné au festival m'a surprise et un peu déçue je dois dire. L'intro avec la mort violente de la chanteuse ne m'avait pas alertée!

Dans cette nouvelle, j'ai beaucoup aimé la narration dans les trois premières parties. Il y a une bonne progression dramatique, cet univers musical est bien campé, les relations entre musikos aussi.
On s'attend tout à fait à ce que Slavica transforme le groupe en prenant l'ascendant sur son leader avec un argument assez classique ( sa beauté ravageuse ) mais peu importe.

Après, l'évolution style histoire satanique est un peu too much pour moi, je ne suis pas friande du genre, je reconnais cependant que c'est une bonne histoire!

   Tadiou   
27/12/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'ai bien aimé le récit jusqu'à la toute fin, l'épisode des égorgements.
L'écriture est sobre, bien enlevée, alerte. L'évolution musicale est racontée de façon précise et elle est crédible, du moins pour moi qui ne suis pas spécialiste. L'évolution des rapports de force dans le groupe est bien rendue. Les personnages sont attachants, en particulier l'envoûtante Slavica. La tension monte avec la boisson offerte par Slavica avant le grand concert et qui est refusée par Kristina. L'anxiété est installée.

Hélas pour moi, la fin vient tout gâcher. Ces égorgements arrivent comme un cheveu sur le soupe, une verrue qui apparaît brutalement sur un charmant visage. Artificiel et sans sens.

D'ailleurs ça se termine en eau de boudin, si je puis dire : on ne sait rien sur la causalité de ces déchaînements, sur l'histoire de Slavica et Kristina, sur l'origine des 5 jeunes gens montés sur scène. Il ne reste qu'un bain de sang et la référence à Satan. Dommage !

   Dugenou   
21/1/2023
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Bonjour Malitorne,

Pas grand chose à ajouter aux autres commentaires : normalement, un accord pourrait être défini comme 'plusieurs sons joués simultanément'... donc, si une vièle ne possède qu'une corde, même avec un archet, impossible d'en sortir un accord...

Sinon, bon texte fantastique, divertissant.


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