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Réalisme/Historique
Malitorne : Tourne Naïma, tourne !
 Publié le 20/07/19  -  18 commentaires  -  7118 caractères  -  122 lectures    Autres textes du même auteur

Driss, Samir, Naïma et les autres...


Tourne Naïma, tourne !


« C'est qui ? Tu veux savoir ? Alors radine mon frère, elle va pas rester longtemps ! »


Le regard oscillant entre l'écran de la télé et celui du téléphone portable, Driss s'agaça :


– P'tain, il est relou Samir.

– Qu'est-ce qui se passe ? lui demanda Tony, concentré sur la partie.

– Il me prend la tête depuis dix minutes. Paraît qu'ils sont avec une bombasse. Il veut que je vienne voir.

– Samir, avec une bombasse ? Non mais t'as vu sa gueule pour se trimballer avec une bombasse ? Il est en train de te baratiner oui !


Il termina ses paroles par une pirouette imprévisible de son joueur qui vint loger un but en pleine lucarne. De dépit, Driss lâcha la manette de jeu sur le canapé.


– Bah, de toute façon t'as gagné, j'me tire.

– Arrête, fais pas ton boloss, on s'en refait une.

– Non j'me tire, tout à l'heure peut-être.


Il attrapa son casque, sortit de l'appartement et dévala les escaliers. Sur son scooter il fila entre une succession de barres d'immeubles, jusqu'à une tour reculée à l'écart des regards indiscrets. C'est là où la bande du quartier aimait se retrouver. Il stoppa devant un hall décrépi, étonné de voir deux jeunots faire le guet. Ce n'était pourtant pas un point de vente, justement pour éviter d'attirer l'attention.


– Qu'est-ce vous faites à choufer, ça bicrave ici maintenant ?

– Salut Driss, non, c'est Samir qui nous a dit de rester là. On sait pas pourquoi.

– Ils sont où ?

– En bas.


Perplexe, Driss se dirigea vers l'arrière de l'édifice. Il descendit les marches étroites qui menaient à un vaste sous-sol aux odeurs prégnantes de moisissures et d'urine, faiblement éclairé par quelques néons. Le pas hésitant, il se rendit à un espace aménagé de façon sommaire. Fondues dans une brume de haschich, il distingua alors une dizaine de formes. Un rap lancinant sortait d'une enceinte Bluetooth posée au sol. Les formes composaient un cercle autour d'un centre d'intérêt que Driss ne voyait pas bien. Il s'approcha, remarqua d'abord une jupe et une culotte traînant par terre puis se figea, sidéré.

Allongée sur une palette de chantier, une femme se faisait besogner à grands coups de reins. Les jambes maintenues en l'air, le corps secoué avec vigueur par un gars que Driss reconnut. Un Blanc du groupe qu'il n'avait jamais trop apprécié. La femme semblait étrangement passive, comme si elle était absente. Il s'approcha encore, tenta d'apercevoir ses traits. Rondouillarde, une figure joufflue encadrée de bouclettes brunes, Naïma ! Son sang ne fit qu'un tour, il posa sa main sur l'épaule du gars et le tira en arrière.


– Qu'est-ce tu fais bâtard ? lui cria-t-il.


L'autre protesta :


– Tu veux quoi toi ? T'attends ton tour !


Driss réalisa la situation, sa colère se fit plus vive.


– C'est Naïma que t'es en train de baiser, elle est handicapée !

– Qu'est-ce j'en ai foutre qu'elle soit handicapée ?

– Sûr, c'est plus facile de fourrer une teubée qu'une vraie meuf.


La réflexion piqua le dénommé David. Menaçant, il remonta son pantalon descendu aux chevilles, colla son visage à celui de son interlocuteur.


– Putain Driss, tu cherches l'embrouille ?


La tension devint palpable, Driss serra les poings, prêt à frapper.


– Oh les gars, oh, on se calme !


Un grand sec à casquette s'interposa à ce moment, se plaça entre les deux pour chacun les repousser.

Il s'adressa à Driss.


– Qu'est-ce t'as à faire le rageux mon frère ? On est là pour rigoler.

– Vous faites quoi, là, Samir ?

– On baise une chagasse, c'est tout. T'inquiète, c'est pas du viol, on l'a pas forcée.

– Une chagasse ? T'es con ou quoi ? C'est Naïma Safraoui, tu sais bien qu'elle a un blème au cerveau, elle capte rien !


Samir détourna le regard, un peu gêné.


– On l'a pas forcée j'te dis. Demande-lui.


La fille demeurait sur le dos, jambes écartées, immobile. Driss s'écarta brusquement et vint vers elle.


– Naïma tu bouges, on s'en va d'ici.


Obéissante, elle se redressa, d'épaisses coulées visqueuses s'échappèrent alors d'entre ses cuisses. Elle se pencha pour ramasser ses vêtements, la jupe dans la main s'exclama catastrophée :


– Ma jupe, elle... elle est tout' sale !

– C'est pas grave, rhabille-toi, s'impatienta Driss.

– Maman va me fâcher.

– Dépêche-toi Naïma, merde !


Dans une ambiance hostile, elle renfila ses habits en commençant à pleurnicher. Depuis un affrontement musclé avec les gendarmes mobiles, Driss bénéficiait d'un certain prestige dans le quartier. Il resta néanmoins sur ses gardes, attentif à la moindre réaction. À peine Naïma décente, il la tira par la main. Ensemble ils montèrent rapidement les escaliers sales pour regagner l'air libre. Sous les yeux curieux des jeunots, il enfourcha son deux-roues.


– Monte derrière Naïma, on s'arrache.


Mais elle restait statique, plantée sur le trottoir.


– Monte, vite, faut pas rester ici.

– Le casque, dit-elle en fixant l'objet accroché au guidon.

– Quoi ?

– Je monte pas sur ça si j'ai pas le casque. Elle ponctua sa phrase en s'essuyant le nez du revers de la main.


Driss la fixa, bouche bée.


– Putain j'y crois pas, t'es vraiment chiante. Tiens, mets-le et maintenant on se casse !


Il démarra en trombe, le torse enserré fortement par sa passagère. Tout en roulant, il songea à ce qui venait de se passer, révulsé par l'attitude de Samir et de la bande. Tout le monde connaissait Naïma, des handicapés il n'y en avait pas trente-six dans le quartier. Lui l'avait rencontrée la première fois à l'école primaire, avant qu'elle ne soit dirigée vers un centre spécialisé. Sa mère, proche de la famille, lui avait confié qu'elle avait contracté une méningite quand elle était bébé, une maladie grave. Depuis elle était restée sotte, naïve, on pouvait lui faire croire n'importe quoi. Avant de la ramener chez elle, comme de toute façon il ne dirait rien à ses parents, il fallait qu'il essaie de lui expliquer ce qu'elle avait subi. Il se gara sur le parking d'un Mac-Do.


– Descends, j'te paie un Coca.


Ravie, elle arbora un large sourire.

Assis l'un en face de l'autre, elle suçotant sa boisson gazeuse avec une paille, il tenta de trouver des mots simples.


– Pourquoi tu les as suivis les garçons ?

– Ben, ils m'avaient dit qu'on allait s'amuser.

– Tu t'es amusée toi, dans la cave ?


Elle baissa la tête.


– Tu t'es amusée Naïma ? reprit-il.

– Non... pas trop. Y a un garçon, il m'a fait mal. J'lui ai dit d'arrêter mais il a continué.

– C'est pour ça, c'est ton corps, les garçons ils ne doivent pas le toucher. C'est interdit. Tu comprends ?

– Oui, fit-elle d'une petite voix, comme si elle avait fait une bêtise.


Driss se renversa sur sa chaise, regarda à travers la vitre le défilé ininterrompu des voitures.


– Y a que ton amoureux qu'a le droit de te toucher.

– J'ai pas d'amoureux.

– T'en auras un jour, t'as quel âge ?

– Dix-sept.


Son portable se mit alors à vibrer. Il lut le message, esquissa à la fin un sourire du coin des lèvres. « On oublie la bombasse. T'as raison c'était un mauvais plan. Teuf chez Marco ce soir. On t'attend. Samir. »


– Driss.

– Quoi ?

– J'peux reprendre un Coca ?


 
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   Eclaircie   
20/7/2019
Bonjour Malitorne,

C'est la nouvelle qui m'a le plus impressionnée parmi celle du défi.
Pour plusieurs raisons.
La première, en première lecture, j'ai hésité à poursuivre, tant je me sens mal à l'aise face cet hyperréalisme. Je sais que ces situations existent, hélas, mais devoir prendre le recul nécessaire pour appréhender la nouvelle sous son aspect littéraire et m'imaginer l'auteur prenant le même recul pour peaufiner son texte, j'ai du mal.

Ensuite, le traitement du sujet est bien réalisé. Le vocabulaire adapté, les actions réalistes, l'alternance des dialogues et du récit équilibré. le titre méchamment édifiant.

Enfin, chacun appréhende le sujet du défi à sa manière. Je l'avais plutôt lu comme une invitation à livrer un récit dépassant le handicap, le mettant en scène pour mieux en faire fi.

À la réflexion, votre récit est terrible, vraiment terrible, genre "un handicap peut en cacher un autre". Tant ces jeunes désœuvrés sont des handicapés profonds de la vie. La hiérarchie des cités est bien dépeinte aussi.

Éclaircie
(je ne sais pas évaluer, il me faudrait pouvoir voter "pas" et "beaucoup" donc je m'abstiens)

   toc-art   
20/7/2019
Bonjour,

j'avoue que je n'ai pas lu les textes du défi et j'avoue aussi que je ne suis pas très fan du texte. Pas pour l'idée du sujet que je trouve très bien, mais plus à cause du traitement. Comme je l'ai déjà dit pour le texte de Luz, j'ai bien conscience de l'aspect parfois artificiel que peuvent créer les contraintes et de la difficulté que revêt toujours ce genre de défi. Je salue donc bien bas l'effort de participation.

Ceci étant dit, voilà mes observations qui n'ont pas valeur de vérité, bien évidemment :

le thème donc : j'aime bien cette mise en scène du handicap très réaliste, pas misérabiliste et pas ce que j'ai parfois tendance à appeler avec agacement "neu-neu". Donc, bravo pour ça. Un petit bémol sur l'explication du handicap de la gamine, je trouve que ça vient de façon un peu artificielle. Perso, je l'enlèverais mais si vous voulez le garder, je pense qu'il faudrait retravailler ce passage.

la forme : je ne connais pas du tout le langage de banlieue donc je ne peux porter un jugement constructif. Comme ça, à la lecture, j'ai trouvé ça parfois exagéré mais c'est peut-être tout à fait fidèle à la réalité, vraiment, je vous fais confiance à ce niveau-là. Je trouve néanmoins le dial entre Driss et Naïma trop pédagogique et très politiquement correct mais ça peut être un choix d'auteur. En revanche, dans les parties hors dialogues, des petites broutilles à améliorer selon moi. Quelques exemples :
- le pas hésitant, il se rendit à un espace --> jusqu'à ou dans un espace
- je remplacerais formes par silhouettes, même si je comprends bien le côté "fondues dans la brume", silhouettes conviendrait tout autant.
- son sang ne fit qu'un tour --> euh… comment dire, un peu vieillot non ? Vous ne pouvez pas trouver mieux, surtout dans ce contexte ?
- la réflexion piqua le dénommé David --> même chose, je trouve les deux expressions (piquer et dénommé) très désuètes ici.
-se plaça entre les deux pour chacun les repousser. --> idem, pour chacun le repousser me parait bien littéraire dans le contexte.

la cohérence narrative :
je vous fais part de mes interrogations :

- Driss voit deux jeunes faire le guet, ce qui le surprend puisque ça n'est pas un point de revente et qu'en plus ça attire l'attention des keufs (si j'ai bien compris). Ben, du coup, pourquoi le "boss" leur a dit de rester là, au risque d'éventer la tournante ?

- Ensuite, vous décrivez Driss comme perplexe, le pas hésitant en se rendant dans les caves ou un truc du même genre. Mais il est du quartier, non ? Il vit là ? Donc il doit bien être au courant de ce genre de trucs, sa perplexité ne me parait pas fondée. Surtout avec le message reçu de son pote, a priori, il devrait déjà avoir une idée précise de ce qu'il va trouver. Dans le même ordre d'idées, ensuite, vous le décrivez "sidéré" par le spectacle (avant même de reconnaître Naïma), mais là encore, il ne devrait pas l'être tant que ça. Que le lecteur le soit, oui, ça se conçoit, mais Driss pas vraiment. Sauf ensuite, éventuellement, quand il découvre qu'ils se sont attaqués à une handicapée. Et même là, le "Driss réalisa la situation" me parait inapproprié (ou alors il est long à la comprenette, le Driss).

Je ne reviens pas sur le dialogue final, je vous ai dit ce que j'en pensais.

Donc, voilà, pour moi une bonne idée, sur un thème trash peut-être un peu racoleur mais pourquoi pas, ça fonctionne toujours alors pourquoi s'en priver, surtout dans les contraintes d'un défi où il faut frapper fort, mais pas encore suffisamment abouti pour en faire un bon texte.

   emju   
20/7/2019
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Bonjour je n'ai pas du tout aimé cette histoire de viol (collectif) sur une handicapée. C'est sûrement la réalité mais je n'adhère pas du tout aux termes employés et à la description de cet acte odieux.
"Les jambes maintenues en l'air" donc un qui "besogne" et un ou deux qui maintiennent la pauvre fille.
Je trouve Driss vraiment juste au niveau réactif il repart avec la fille comme s'il ne s'était rien passé et en lui expliquant ce qu'elle avait subi. Pas beaucoup de morale dans cette histoire, on pourrait s'attendre à ce que Driss dénonce ses copains... j'ai une amie qui s'appelle naima, cela explique cela à savoir ma réaction épidermique à l'égard de cette nouvelle. A bientôt de vous lire.

   hersen   
20/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Aborder un tel sujet en défi, avec un temps limité d'écriture, est co urageux.

Même si je vais venir ensuite à ce qui me gêne, j'aime beaucoup ce texte parce qu'il me soulève le coeur, non pas que j'aime avoir la nausée, mais cela prouve qu'il fonctionne. Et que malheureusement, je n'ai aucun mal à imaginer que cela est vrai, ou pourrait l'être. Donc, ça me dérange et c'est bien.
Et c'est un des buts de l'écriture. ce qui laisse indifférent a moins de valeur, n'est-ce pas ?

Avoir choisi un handicap mental et renforcer ce choix en décrivant des abus sexuels portés sur sa personne est assez fort, dans la conception de la nouvelle.
mon évaluation porte donc sur ces deux points, principalement.

Ensuite, je connais trop peu la banlieue et son fonctionnement pour réellement critiquer.
Je trouve que c'est tout de même très soft dans la réaction de Driss, même s'il s'occupe de Naïma, pour l'extraire de là et lui "expliquer".
Et j'ai du mal à penser qu'un des violeurs fasse amende honorable si facilement, et hop, on zappe.
ce cas relève du criminel. Et je reproche à la nouvelle de ne pas dénoncer. c'était pour moi le rôle de Driss dans l'histoire. Pas chez les flics, je suppose, mais au moins en passant par une assistante sociale. Même s'il est difficile d'appréhender le degré de handicap de Naïma, j'accepte mal que des violeurs en bande s'en sortent ainsi, avec l'absolution de Driss.
Enfin, le dernier point, concernant le thème du défi ; j'ai compris pour ma part que le "-é alors ?" impliquait de surmonter le handicap, d'une façon ou d'une autre, d'en tirer du positif et aussi, d'une certaine façon, de le considérer comme anti-discriminatoire. Même si chacun en a sa vision, ce point me fait dire qu'il manque un bout à l'histoire, pour boucler la boucle du thème.

Bravo en tout cas pour avoir relevé le défi !

   Dugenou   
20/7/2019
Bonjour Malitorne,

Votre texte fait réagir, de toute évidence.
Son réalisme cru y est pour quelque chose, de même que son absence de morale - mais la réalité en est souvent dénuée...

Néanmoins vous mettez en lumière de façon juste que les innocents, contrairement aux idées préconçues, n'ont pas "les mains pleines" et que leur vie est ponctuée d'expériences malsaines perpétrées par des gens disposés à profiter de leur handicap.

Je ne note pas votre texte car je l'ai trouvé "dégeu", mais je salue son ancrage dans la réalité.

Dugenou.

   poldutor   
20/7/2019
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour Malitorne,

Personnellement, ce thème ne me plait pas du tout. Je n'aime pas les salauds qui se livrent à cette infamie, et vous avez décrit avec réalisme et presque humour, une scène "dégueulasse", pardon si je me lâche, je ne supporte pas les descriptions de viol(ence) qui-plus-est sur une débile mentale...Même si la fin est "heureuse".
Cette nouvelle est bien écrite, mais trop réaliste.
Non décidément, je n'aime pas.
poldutor

   Tiramisu   
20/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Dur à lire, et extrêmement réaliste malheureusement. Sujet périlleux et courageux, car les tournantes cela existe, et le viol sur handicapée aussi. Donc, il fallait oser s'y attaquer, c'est courageux. Evidemment, je ressens du dégout et de la colère mais pas contre vous, mais cette réalité. Vous avez réussi à la rendre totalement réaliste, avec une économie de mots. Bravo.
J'aime bien votre écriture simple sans fioritures, le parler banlieue, verlan et autre est bien réussi, en tout cas pour ce que j'en connais. C'est peut être la chute qui m'a moins plu. Driss se conduit en grand frère, trop gentil peut être, trop grand coeur, cela détonne un peu, je ne sais pas. Pourquoi pas, cela rompt avec l'horreur. Enfin, il oublie juste un truc plus grave, y aura-t-il des conséquences de ces viols : maladies, enfant etc ...Ceci dit, il n'est pas obligé de penser à tout. Que la police ne soit pas prévenue est complètement crédible par rapport aux codes des bandes, on règle tout entre nous, pas avec les keufs.
je ne vous cache pas que j'aurais aimé une vengeance bien sentie, mais bon, nous sommes dans le réalisme, n'est ce pas ?
Merci pour ce texte réaliste bien rendu.
Bonne continuation.

   papipoete   
21/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Malitorne
Un samedi-soir sur la terre, ou un autre jour... dans une cave très sale, sur le siège arrière d'une voiture, des garçons s'amusent... oh, ils ne font pas de mal, juste violer une fille qui ne sait pas, sa tête étant de naissance un peu dérangée ; un gentil mec qui n' a pas son " QI " dans le pantalon, met fin à cette " distraction " et parle à Naïma qui le comprend, lui...
NB une tournante autour d'une fille vulnérable, que l'auteur narre sans en rajouter, dans le vocabulaire de ces " courageux ", qui ne font que " besogner " une nana qui ne dit rien, donc consent !
Driss semble un OVNI dans cette cour des miracles, où les pétards fument de bouche en bouche, où une pauvre hère passe de mec à mec ; " seul ton amoureux pourra te toucher ! " apaise le récit si cru lorsque Driss console Naïma...
Dans la cruauté de la scène, on en viendrait presque à sourire quand " qu'est-ce que t'as à faire le rageux mon frère...", mais c'est une fille qu'on viole pourtant !

   Davide   
22/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Malitorne,

Situation crédible quand on sait ce qu'il se passe dans les cités, tous ne sont pas des caïds ; beaucoup, en revanche, comme ceux de l'histoire, sont des "gamins" paumés, sans repères, qui ne mesurent pas la portée de leurs actes, en témoigne ce SMS :
« On oublie la bombasse. T'as raison c'était un mauvais plan. Teuf chez Marco ce soir. On t'attend. Samir. »
La banalité/banalisation de cet acte de violence sexuelle est tout bonnement sidérante, et pourtant si fréquente.

Le vocabulaire argotique qu'ils utilisent entre eux change d'un endroit à un autre, à tel point qu'ils semblent parfois parler une langue qui nous est totalement inconnue.
Ici, c'est "léger" mais tout à fait crédible : il faut que le texte reste compréhensible !

Le déroulement de l'histoire, à la manière d'un seul plan séquence, reste essentiellement dans le narratif et n'entre que sommairement dans la psychologie des personnages, et notamment de Naïma.
Mais c'est à mon sens ce regard "extérieur", cru, sans nuances et sans concessions, qui est bouleversant, car il laisse le lecteur face à son trouble, son impuissance.

Une nouvelle courte, peut-être un peu trop "lissée", mais qui résonne comme une "mise de poing" réussie ! Elle fait mal !

Et ce titre... glaçant !

Bravo Malitorne !

Davide

PS : je n'ai pas tenu compte des règles et contraintes du défi dans mon commentaire.

   aldenor   
23/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La nouvelle illustre bien les mécanismes d’une forme d’inconscience ou d’ignorance dans certains comportements :
Les jeunes gens ne voient pas ou est le mal. Ils font abstraction du handicap : « On l’a pas forcée... » ; ils amalgament Naima à une adulte raisonnable et consentante.
L’écriture incisive, en phrases courtes et dialogues sans fioritures, sert le réalisme cru du texte.

   Lulu   
24/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je reporte ici mon bref commentaire laissé sur l'instant suite à ma première lecture le 10 juin 2019 au moment des lectures du défi sur le handicap :

"Une écriture impeccable pour un récit d'une gravité extrême.

Je pensais lire toutes les nouvelles et les commenter dans la foulée, mais celle-ci m'a tant chamboulée par son écriture et son réalisme que j'ai ressenti le besoin de faire une pause. Ce récit ne banalise rien, et ne juge pas ; il est. Les personnages semblent si vivants, du fait des dialogues bien menés, et de ce qu'on sait de ces réalités dont on a tous entendu parler, mais la qualité littéraire de ce texte le rend si juste. Et forcément troublant.

Bravo à l'auteur(e) pour avoir relevé ce défi."

Et j'ajoute ceci :
Je n'ai pas relu ce texte bouleversant, mais il demeure une belle expérience de lecture du fait d'une superbe écriture fluide sur un thème qui n'avait rien d'évident.
Il y a, dans ce texte, un vrai travail d'auteur. Sur le plan strictement littéraire, c'est pour moi parfait.
A chaud, je n'ai pu lire les autres textes des amis oniriens, car il me fallait une pause… une réflexion, ou le temps de faire face à ce réalisme littéraire, mais à froid, je réalise, et a fortiori, que ce texte était comme nécessaire. Il dit des choses dont on a tous entendu parler, et nous les rappelle comme étant là ; une réalité, en somme. Et le jeu de la fiction, superbement mené, nous le dit à merveille. On s'évade dans une réalité crue.

Tous mes encouragements pour la suite.

   Pouet   
26/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

j'ai trouvé l'histoire assez réaliste et comme c'était le but assez réussie.

Concernant la forme, j'ai un peu buté sur de menus détails comme au début et la "pirouette" du joueur de foot de la play. Je sais pas "pirouette" m'a plus fait penser à la danse qu'au foot. Et pas la peine de rajouter "de jeu" à manette.

Sinon, je sais bien que c'est le narrateur qui parle, mais j'ai trouvé que "besogner" faisait vraiment daté, cela m'a semblé incongru.

Et puis aussi pour le "blanc", j'aurais plus vu toubab ou son verlan babtou.

Sinon c'est nerveux et assez percutant.

Les dialogues sont pas mal mais pas assez poussés langage de tiékar comme pour

- Il faut que je vienne voir

J'aurais plus vu

- Va z y j'bouledé

ou

- J'débarque gros

ou un truc du genre

Pour:

- "Salut Driss, non, c'est Samir qui nous a dit de rester là."

plutôt

- Wesh Driss, c'est Mirsa qu'a jacté d'faire le poireau.

Comme "te baratiner"... Bof... Plutôt "te mettre une disquette" ou "te la faire à l'envers"

J'aurais bien vu un "si si" ou un "la famille" une ou deux fois sinon.

Voilà y a d'autres exemples mais bon.

Je trouve donc que le parler manque un peu de conviction par endroit d'où ma flèche vers le bas.

   wancyrs   
27/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Salut Malitorne,

Voilà un texte sympa par son réalisme, malgré le sujet assez difficile à aborder. Enfant de quartiers difficiles j'entendais parfois mes camarades raconter ce genre d'atrocités. Avant d'être sensibilisé, j'écoutais sans rien dire, de peur d'être mis au ban du quartier, mais après, je pense que je dénoncerai de tels actes.
Je comprends donc Driss lorsqu'il ne veut pas dénoncer ses amis, car un pacte infaillible le lie aux autres : l'amitié. Voilà pourquoi lorsqu'il voit le message des autres demandant la paix, il est ravi.

L'écriture est belle, et le verlan apporte une couleur particulière au récit. C'est dommage que, comme le dit un autre commentateur, l'audace n'est pas assez poussée afin que les dialogues soient cent pour cent de l'argot. une autre fois !

Merci pour le partage !

Wan

   Donaldo75   
27/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Malitorne,

Je n'ai pas lu les textes du défi mais celui-ci me semble traiter le sujet de manière originale, avec un ton authentique et une réelle humanité. Tu sais raconter des histoires, même à partir d'un thème imposé, c'est évident. Et j'ai aimé la brièveté des dialogues, le rythme de la narration.

Bravo !

Donaldo

   Cristale   
27/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Chaque matin je me dis qu'il faut absolument que je commente cette nouvelle que j'ai placé sur la première place de mon podium lors du défi.
Je l'ai lue, suivie, scrutée, comme on regarde un film, un reportage sur l'inceste, l'infanticide, le meurtre, le viol. Prendre conscience froidement de la réalité, ici des tournantes, malgré le feu de rage qui étreint le coeur, ce n'est pas facile mais la lecture de certains grands auteurs, les films de certains réalisateurs qui traitent de ces sujets ne sont pas toujours faciles non plus, pourtant on les lit, on les regarde, on en discute, que leurs histoires soient fictives ou réelles, sans s'insurger contre leurs auteurs.

La façon de développer le comportement des personnages de ce texte m'a semblée très habile, à aucun moment on ne tombe dans la dramaturgie, comme si tout cela était "habituel" "normal" : c'est ainsi, on n'y peut rien. Et on en prend plein la ...face (pour rester polie).
Et la gamine, à la fin qui demande à Driss "J'peux reprendre un coca?"
Pffff....que dire devant tant d'innocence, de cette innocence bafouée par des criminels certains de leur impunité.
Un sacré texte qui m'a fait sortir de mon cocon bien confortable et donné l'envie de tenir la main de Naïma pour l'arracher de son enfer.

Tout ça pour dire que ça a fonctionné pour moi ; j'ai apprécié la clarté du scénario, la fluidité de ma lecture, le vivant des personnages, un tout qui vient sans aucun doute du talent d'écriture de l'auteur. What else ?

Peu habituée du salon des nouvellistes, et donc des commentaires à leur égard, j'espère n'avoir pas dit trop d'inepties d'autant plus que je ne suis pas très douée pour un développement plus étoffé.

Bravo !

Cristale
qui sort par la petite porte...

   Raoul   
2/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Une nouvelle ancrée dans le présent et la réalité de faits effroyables, si effroyables que difficilement dicibles et racontables. Ce que je trouve très bien fait dans cette nouvelle, c'est que la distanciation (qui permet la lecture) se fait par l'utilisation d'une langue un peu datée dans la description des gestes, ou des locutions de dialogues qui ne veulent pas faire moderne ou parlé banlieue.
Le traitement du handicap est également vu de biais et crée une perspective intéressante, questionnante.
Un texte dur et senti qui touche par son humanité et vise extrêmement juste.
Merci pour cette lecture.

   STEPHANIE90   
6/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

la nouvelle qui fait froid dans le dos pour aborder le handicap sous toute ses formes. Je n'ai pas aimé le fond du tout, évidement, mais votre façon de le traiter oui. Cela permet de garder une distance nécessaire avec le fond.
Je tiens donc à vous féliciter car vous l'avez écrit sans entrer dans le cliché du handicap ou des banlieues. Exercice très difficile, je suis donc admirative.

Merci pour ce défis relevé haut la plume !!!

Stéphanie

   Malitorne   
24/8/2019


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