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Réalisme/Historique
Malitorne : Waffen-SS
 Publié le 27/11/21  -  13 commentaires  -  6614 caractères  -  114 lectures    Autres textes du même auteur

‘Meine Ehre heißt Treue.’ « Mon honneur s'appelle fidélité. »


Waffen-SS


— Feu !


J’écrase la détente, les balles de 7,92 mm fusent en cadence. Éjectées sur le même tempo leurs douilles fumantes chutent au sol dans un cliquetis métallique. Depuis le temps je connais tellement bien la Maschinengewehr que je sais quand m’arrêter pour éviter sa surchauffe. Mille deux cents coups par minute, ça vous met une arme à rude épreuve. Je relâche l’index, attends quelques secondes, puis réappuie en direction du village qui bloque le bataillon. Stephan, allongé dans la neige à mes côtés, assure le bon passage du ruban de munitions entre ses gants. Il lève la tête quand je tire, la rabaisse quand j’arrête, on dirait un automate. Ça me ferait sourire s’il n’y avait ces pourritures de partisans à déloger. Des heures qu’on piétine à se les geler ; trois assauts, autant d’échecs. Une résistance inattendue qui rend fou de rage notre Gruppenführer, d’où je suis je l’entends vociférer à la radio. Il doit réclamer du soutien j’imagine. Appel inutile, tout le monde sait que du soutien il y en a pas, enlisé ou harcelé dans l’immensité des plaines russes. Les Slaves ont beau être des sous-hommes, ils savent se battre ces salopards.


La neige qui nous entoure me fait songer à Noël, comme la plupart des gosses j’adorais cette période bénie qui clôturait l’année. Pour une fois mon père ne parlait plus travail, la maison remplie de tantes et cousins sentait bon les odeurs de cuisine, bruissait de mouvements et de rires. Au centre du salon trônait le sapin que nous avions décoré avec beaucoup d’application. Quand arrivait le grand soir, la tablée avinée des adultes entonnait à pleins poumons ‘Stille Nacht, heilige Nacht’, il me semblait alors entendre résonner la voix des dieux.


DOUMM ! Bon sang, elle n’a pas pété loin celle-là ! La boue soulevée par la grenade nous retombe dessus. Pourtant Stephan et moi nous nous tenons un peu en retrait, privilège des mitrailleurs, mais on ne l’a pas vu venir. Il gueule :


— À gauche ! À gauche !


Je comprends mieux, deux bâtards tentent de nous contourner, audace que je leur fais payer en les déchiquetant l’un après l’autre. J’apprécie mon rôle, moins exposé et à ma disposition une puissance de feu incomparable. Mes camarades fantassins sont tombés comme des mouches, moi je suis toujours là, à poursuivre le combat, pour l’Allemagne, la gloire du Troisième Reich. J’avoue avoir parfois des doutes concernant notre mission, parce que la tâche est rude, que je suis épuisé, mais il faut savoir se ressaisir et continuer. Un bon soldat ne faiblit pas.

Ce bruit ? Comme un grondement sourd, un roulement de chaîne. Oui, on ne peut se tromper, c’est un Tiger qui vient à notre aide ! Rescapé de Koursk sans doute, il arrive à point nommé. Nous n’attendons pas les ordres pour replier le trépied de la mitrailleuse, fermer la caisse à munitions et quitter notre position. Aucune unité dépourvue de moyens ne peut résister à un char lourd, l’unique salut réside dans la fuite. Les bolcheviques l’ont bien compris qui détalent comme des lapins, ne répondent plus à nos salves nourries tandis que le blindé progresse dans une fumée noire de gazole avec nos hommes triomphants à sa suite. Les maigres bouleaux se couchent comme des fétus de paille sur son passage.


L’époque des moissons n’était pas de tout repos, le travail intensif, mais j’appréciais cet effort. Sur les champs pentus qui dominaient la vallée, disposés en ligne, nous avancions en faisant de larges mouvements avec nos faux, les épis ramassés en bouquets par les femmes derrière nous. Il faisait chaud, sous nos chapeaux la sueur nous coulait sur le front. C’est durant les temps de pause, assis à l’ombre des arbres, que j’ai séduit Monika. En vérité je ne sais pas vraiment qui a séduit l’autre car c’est vers moi en premier qu’elle accourait porter l’eau.


Le Tiger n’a même pas eu besoin de cracher un obus que le village est à nous, du moins ce qu’il en reste ; amas de bois et de décombres où flottent des relents de charognes. Nous repérons un attroupement, on s’y dirige. Nos gars entourent des partisans blessés, à terre, qui n’ont pu s’échapper et traînés de force à cet endroit. L’un d’eux a une face aplatie, les yeux bridés, nation abjecte où il est impossible de distinguer une race pure. Tous transpirent la peur, le sentiment de la fin. Ils ont raison, on ne va pas s’encombrer de vermines rouges. Déjà Mikhael s’approche, le tube du lance-flammes entre les mains. Entre nous on l’appelle Wurstgrill, ça le fait marrer. Il sollicite l’accord de l’officier qui fait un geste affirmatif, aussitôt le panache brûlant jaillit, enveloppe le groupe pour le transformer en brasier humain. Des hurlements, une puissante odeur de viande rôtie. C’est le prix à payer si on s’oppose à nous. Pas le temps de s’attarder, le gradé claque ses ordres, il faut reprendre la progression. Mikhael envoie un dernier jet d’adieu et on abandonne ces misérables dans les flammes.


Monika voulait rester vierge jusqu’au mariage alors elle me satisfaisait avec la main, et quand l’ardeur de mes vingt ans devenait trop pressante elle se résignait à combler mes attentes avec la bouche. Ça se passait toujours à l’étage de la grange à foin, dans un coin tranquille aménagé rien que pour nous deux. Au moment de la délivrance je lui disais de se retirer mais elle n’en faisait rien, avalait mes brusques saccades sans grimace de dégoût. Elle relevait alors son visage aux lèvres humides, dans ses yeux un amour infini où je me perdais.

J'ai entendu dire qu’Hambourg avait été rasée par les bombardements. Monika s’y était réfugiée avec sa famille après les débuts de la guerre. Je ne peux croire qu’elle soit morte, seul l'espoir de la serrer dans mes bras me faisait vivre.


Le bataillon s’étire en une longue colonne pétrifiée par le froid, foulant une neige sale qui s’agglutine aux bottes. L’approche du crépuscule nous fait ressembler à des fantômes errants, guidés par la masse d’acier qui ouvre la marche. Pour l’instant le Tiger est le garant de notre survie, pour combien de temps ? Les Russes arriveront à le faire sauter, à chaque combat nous les découvrons davantage équipés.

On commence à entendre au loin des séries de détonations profondes qui illuminent par à-coups l’horizon, comme des salves d’éclairs. Ça ne présage rien de bon. Je me tourne vers Stephan :


— Il t’en reste ?

— Pas beaucoup.

— File-m’en une.


Je fais un signe du menton vers les flashs sonores devant nous, de plus en plus nombreux. Il me sort de sa besace une pilule que je m’empresse de gober. Un peu d’énergie, je vais en avoir besoin.


 
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   socque   
1/11/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Un instantané sinistre, réaliste, convaincant pour moi. Eh oui, les Waffen SS étaient des hommes comme les autres, rêvant de leur Fraülein tendrement aimée tout en faisant griller les partisans soviétiques… Je trouve votre nouvelle bien vue, mais elle me laisse un goût d'inabouti : ce qui m'aurait intéressée, c'est l'après-guerre vécue par le narrateur en tant qu'individu sensible. Par exemple, prend-il un jour conscience de l'horreur du régime qu'il a servi ? Si oui, par quel processus, à quel degré ?… Le fait que je me pose ces questions montre en tout cas que vous avez su créer, en ce qui me concerne, un personnage intéressant.

   Donaldo75   
11/11/2021
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai bien aimé cette nouvelle; elle présente l'avantage d'être courte, ramassée, avec un mode narratif intéressant de par les passages en italique qui rendent le récit plus incarné. Les scènes d'action vont directement à l'essentiel tandis que les souvenirs donnent de la profondeur au personnage, à son contexte social et historique, et que la fin expose l'état d'esprit de ces soldats allemands via la pharmacopée qu'ils s'envoient pour supporter l'horreur de la guerre, en dehors de toute idéologie, juste parce que la guerre c'est sale, inhumain et difficile à supporter en l'état.

   cherbiacuespe   
27/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'histoire est écrite par les vainqueurs. Ici, nous nous trouvons dans l’œil du tortionnaire et du futur perdant, dans son esprit. Et dans le feu d'une guerre épouvantable. Ce texte se situe à un moment où le futur perdant est encore vainqueur, c'est lui qui écrit l'histoire. Et ce qu'il fait n'a pour lui rien d'inhumain, c'est son droit puisqu'il a raison, et le vainqueur, nous apprend l'histoire, a toujours raison !

Votre texte, Malitorne, est terrible à cause des nombreux sous-jacent qu'il implique. Un homme comme les autres, un agriculteur qui aime, est aimé, travaillait dans les champs autant que ceux qu'il regarde cramer sous ses yeux, sans aucune condescendance pour eux qu'il ne considère plus comme des humains à son image, un homme qui a peur pour ses proches mais qui est sûr de son bon droit. Mais ce qu'il fait, ce qu'il pense, ce qu'il vit n'a rien de concevable, où est passé son humanité ? Et puis, dans le feu de la guerre, son horreur, son devoir de militaire, le froid, on a pas, non plus, le temps de se poser de questions.

La conception du texte, son canevas, les mots, l'écrit, le style font de cette courte nouvelle une lecture émouvante et tragique. Du tout bon alors que je n'avais pas désiré la lire en EL. Quelques regrets, donc, de ce point de vue.

   Bandini   
27/11/2021
Je suppose qu’on est à Stalingrad et que les deux soldats allemands n’en reviendront pas, pilonnés par les orgues de Staline et malgré la « pilule du courage ». Enfin, peu importe, je ne crois pas que ce soit si important.

Ce n’est pas mal écrit, mais je cherche le ressort de cette nouvelle. Certes, il y a la confrontation entre la guerre et la vie civile d’avant, notamment en comparant l’avancée d’une armée et le fauchage du blé. Certes, il y a cette conviction absurde d’être dans le juste après avoir avalé encore bien plus de choses que la demoiselle des foins, mais que cela nous montre-t-il que nous n’ayons vu cent fois ?

   Corto   
27/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette nouvelle respire la froideur, la compétence de mort, l'obéissance aux consignes, le sens de l'initiative.
Cet épisode de guerre est codifié comme dans une salle d'opération où tout est prévu (presque), chacun a son rôle, vigilance et initiative si nécessaire.
On voit ici se dérouler un épisode comme il y en a eu des millions durant ces années terribles et c'est ce qui fait froid au corps.

L'alternance avec les souvenirs des jours de paix et heureux est bienvenue; elle donne les deux faces de ce qu'a vécu le personnage: ici la mécanique de mort, antan la force de vie.

Ce texte est fort bien écrit, sobrement, et entraîne le lecteur au cœur de l'action à son corps défendant.

   papipoete   
28/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Malitorne
Glaçant comme peut l'être la campagne, avant qu'une division SS y fasse une halte couvrant la moindre parcelle de sang, brûlant nature et hommes sans hésitation... jusqu'à ce que le vent tourne, et que la mort change de camp... heureusement, un soldat des Waffen-SS a dans sa poche, cette fameuse pilule qui abrégera sa sinistre vie si un interrogatoire le menacerait...
NB même ces horribles commandos avaient une vie privée... dont ils étaient soldats, privés. Et entre des rafales déchiquetant " l'ennemi ", ou ce lance-flammes du diable , on se revoit au milieu d'un couple s'aimant ; en famille autour du sapin de Noël, on en oublierait la férocité des acteurs !
Un récit glaçant, mais fort bien évoqué, dans un texte concis facile à lire... rien à déchiffrer... on comprend tout !

   Malitorne   
29/11/2021

   Lariviere   
29/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Malitorne,

J'ai bien aimé cette nouvelle réaliste et audacieuse sur le fond, car ce n'est pas évident d'écrire un récit à la première personne d'un waffen ss sans tomber soit dans la caricature soit dans une trop grande empathie qui n'aurait pas lieu d'être. Ici je trouve que c'est réussi. La nouvelle est courte et ne prend pas le risque de s'embourber dans des détails inutiles. La narration est efficace et crédible on est dans la tête du personnage mais sans être subjugué ni mal à l'aise. Les références peu nombreuses mais cohérentes (les armes, la pillule d'amphet.) consolident le récit dans quelque chose de concret. Bien sur les interludes sur la vie d'avant sont utiles peut être indispensable, j'ai trouvé que c'était le bon prisme de narration. Pour finir sur la fin (!), je l'ai trouvé très bonne, explicative sur les horreurs de la guerre et sur les béquilles pharmacologiques qui aident à supporter "ça"...

Merci pour ce bon moment de lecture et bonne continuation

   Virou64   
29/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La guerre dans toute sa cruauté, dans toute son inhumanité.
Ici un soldat SS sur le front russe. Vous auriez pu mettre en scène de la même façon un soldat de l'armée rouge à Stalingrad; un poilu du chemin de Dames , un Boche à Verdun... Tous , fêtus humains emportés dans la tempête de l'Histoire dans un chaos où l'homme, pour survivre , est contraint de perdre toute humanité .
Vous décrivez parfaitement ce que vit et ressent ce soldat. Un SS, peut-être un fanatique convaincu, plus sûrement un gamin de 17/18 ans, pauvre bougre à qui l'on a bourré le crâne lors de son passage dans les jeunesses hitlériennes, qui, à l'évidence , préfèrerait se trouver ailleurs mais qui ,n'a plus le choix. Reculer? Un officier lui règlera son compte. Se rendre ou déserter? Les "Rouges" d'en face , eux aussi complètement déshumanisés, ne s'embarrassent pas de prisonniers SS.
Comment, à la lecture de ce texte ne pas avoir une pensée pour les 134 000 Français, Alsaciens et Lorrains, enrôlés de force au mépris de toutes les règles internationales, pour la plupart dans la Wehrmacht mais aussi,pour certains, dans la Waffen SS . Qui connait vraiment le drame de ces Malgré -Nous envoyés majoritairement sur le front russe, qui ont vécu l' enfer que vous décrivez? (30% morts ou disparus, 30000 blessés, 10000 invalides), et , pour les prisonniers, des conditions de détention inhumaines imposées par les Russes dans les camps d'où les derniers ne sont revenus qu'en 1955.(CF: camp de Tambov).

Une nouvelle fort bien écrite, sur un thème difficile. Les flashbacks où le soldat se souvient de sa vie d'avant sont comme de bouffées d'oxygène qui permettent d'aller au bout de ce texte d'un réalisme glaçant mais poignant.

   Stephane   
30/11/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Malitorne,

J'ai pris le temps de lire cette nouvelle.

Dans l'ensemble, l'histoire est bien construite et l'atmosphère de bataille acharnée m'a plu dès les premières lignes.

Toutefois, un détail m'a un peu gêné, et bien que l'évènement reste plausible en soi, celui-ci m'apparait plus relever de la providence que d'une réalité qui souvent, demeure sans concession... Je veux parler d'un soutien qui apparaissait peu probable avant et qui finalement surgit alors qu'on ne l'attendait plus, un revirement de situation un peu trop facile à mon sens, à savoir :

- "Appel inutile, tout le monde sait que du soutien il y en a pas" (il n'y en a pas aurait été mieux, mais passons...)

et, plus loin :

- "Oui, on ne peut se tromper, c'est un Tiger qui vient à notre aide ! Rescapé de Koursk sans doute, il arrive à point nommé."

Pourquoi pas, ce n'est pas impossible, mais un peu trop facile à mon goût. J'aurais préféré que l'unité - ou le bataillon, ou je ne sais quoi d'autre - aille au bout du combat sans aucune aide extérieure...

Autre chose aussi : le soldat se remémorant des souvenirs sur sa vie d'avant... Dans le stress du combat, on n'a pas le temps de penser à autre chose que de sauver sa peau ; on ne réfléchit pas à sa vie d'avant et aux baisers que l'on a donné à celle qu'on aime, etc. L'instinct de survie nous amène à mobiliser le maximum d'adrénaline et de sens en éveil, de façon exacerbée. C'est une réaction primitive et immédiate, sachant que tout peu basculer en une fraction de seconde... Tout le reste n'existe plus. Je trouve donc cela incohérent avec l'action en cours, mais encore une fois cet avis est tout à fait personnel.

Enfin, j'aurais aimé savoir ce qu'il se passe après l'ingestion de la pilule, les effets sur le soldat et la fin de combat, et en ce sens je reste sur ma fin.

Dommage car l'histoire vaut le détour.

Stéphane

   Pepito   
9/12/2021
Une écriture de qualité.

La guerre, sujet déjà maintes fois traité, jamais épuisé. Là nous avons un héros bien comme il faut : misogyne, fier à bras, raciste et ayant des principes : « Mon honneur s'appelle fidélité. »… Fidélité à quoi ? Cela, l’incipit ne le dit pas.

Soit, ce genre de type existe, mais quel est l’intérêt de nous en raconter un brin de vie ? Parce qu’il va crever dans la prochaine bataille ? La belle affaire, il avait l’air heureux d’être dans la précédente, non ? Les ravages de la petite pilule ? Ben il n’en a pas eut besoin pour arriver là, il me semble.

Juste un conte amoral, alors ? Soit.

Pepito

   Marite   
10/12/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un récit que, finalement, j'ai trouvé trop court n'étant pas convaincue que la pilule avalée par le mitrailleur soit du cyanure. En effet, les détonations accompagnées de lueurs vives qui enflamment l'horizon laissent quand même de la marge avant l'anéantissement complet par les combattants du camp adverse.
C'est rare que l'on puisse lire ces évènements terribles vus du côté des soldats embrigadés dans une armée sûre de sa force et de sa capacité à raser toute forme d'obstacle, même s'il s'agit d'êtres humains blessés ne présentant aucun danger. Terrible c'est certain mais c'est le lot de tout conflit armé sous toutes les latitudes, avec des échelles différentes bien entendu. Les paragraphes relatant des souvenirs personnels intercalés entre les réflexions purement militaires sont bienvenus dans le récit, ils permettent de ne pas perdre de vue que ce sont des êtres humains, endoctrinés certes, qui sont à l' oeuvre et non des robots.

   Babefaon   
27/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un récit où s'entremêlent habilement l'horreur de la guerre et les doux souvenirs qui permettent au héros de traverser cette terrible épreuve avec peut-être davantage de distance, apportant un souffle de légèreté malgré la pesanteur de l'horreur ambiante.

Que peut-il se passer dans la tête de ces jeunes gens enrôlés de force par ces foudres de guerre qui en font des machines à tuer et, comme vous les décrivez, des automates ? Des machines à tuer d'autres jeunes gens, dans le camp adverse, qui n'ont rien demandé et ont certainement les mêmes envies, les mêmes rêves qu'eux. Tout doit s'entremêler à certains moments, comme dans votre récit, qui, quelle que soit l'époque auquel il se situe, résonne toujours aussi fort lorsque l'orage gronde trop fort à l'horizon.


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