Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Policier/Noir/Thriller
marianne : Éloge de la sérénité
 Publié le 18/05/10  -  22 commentaires  -  7731 caractères  -  219 lectures    Autres textes du même auteur

La vie d'une femme qui a décidé de ne plus agir, ou une semaine d'amour.


Éloge de la sérénité


Je suis dans le salon, là, à attendre qu’il se passe quelque chose, un flash d’infos qui allumerait la télé, un tremblement de terre sous le canapé, un incendie de table basse, une apparition d’un musicien naturiste jouant de la harpe avec ses dents… Pourtant, tout est calme, silencieux, austère, oh se taire !

Si je n’agis pas, rien ne se passe, tout dépend de mon doigt sur un bouton ou de ma langue dans ma poche.

Alors rien, je veux de l’action sans actionner, je veux me laisser faire par le monde, que ça tombe du ciel ou d’ailleurs, que ça me surprenne tout cuit dans le bec, que j’en garde le goût du subi dans la bouche, le goût du pubis dans ta couche, le coût du sali dans ma douche.


Alors rien, j’ai décidé il y a maintenant deux jours de ne plus actionner quoi que ce soit, j’attends que l’autour s’actionne, les objets comme les êtres ; aucun ne veut agir sur moi, aucun, si je ne fais rien, rien ne se fait. L’apothéose de l’inertie, je suis la seule actrice, et je ne joue plus. Je vais attendre la saint-glinglin, le déluge, c’est pas la mer à boire, ni mon père à s’baffrer. Je ne peux rien ingurgiter, comme j’ai pris la ferme décision de ne rien actionner, ne rien faire. S’il le faut je me laisserai mourir de faim, de soif et d’ennui, oh oui, la mort, je demande la mort, et je ne me trahirai pas en me la donnant, pas question, je ne peux plus agir, j’attends.


Donc voilà deux jours que je suis là, sur ce canapé qui fait lit si on le déplie, dep lit, lit dep, oh le PD… Je suis là, silencieuse, je pousse un ou deux gémissements de temps à autre, un soupir, un petit couinement, un grincement de corps si statique. Ça défile dans mon champ de vision, lui qui passe de gauche à droite, lui qui passe de droite à gauche, lui qui s’assoit à mon côté, lui qui parle mais ne me parle pas. Aujourd’hui, je crois qu’il m’a adressé un regard, à moi, ou à une tache sur le canapé qui fait lit. Mes petits bruits ne semblent pas arriver jusque ses tympans encirés, enfoiré. J’ai l’impression de m’intégrer au canapé japonais, je sens presque le parfum de sa fabrique, la poussière de bois, aïe, un acarien m’a mordu la fesse. Enfin, est-ce ma fesse ? Je ne délimite plus très bien les limites de mon corps dur mou de celles du tissu asiatique de basse qualité.


Jour 3

Si je meurs, ce ne sera pas de soif, il a plu horizontal aujourd’hui, par la fenêtre ouverte, j’en suis encore humide, émue ; la pluie a parlé avec moi, je sais qu’elle m’aime, lui aussi… Il a cet air si doux quand il ne me regarde pas, il a toujours son air de velours, de vieux velours rouge pute, velours des rideaux d’une entrée de salle fréquentable par les plus de 18 ans. Je sais qu’il m’aime. Il va me voir. En tout cas, il devrait me sentir, je fais sous moi et sur le canapé-lit, telle une couche, un canapé qui se couche en lit, un lit qui fleure la couche (pleine).

J’y vois flou, mes verres de lunettes sont gras, et sentent le désodorisant à toilettes, citron, c’est frais, ça me rappelle les rince-doigts dans les plateaux de fruits de mer, quand après avoir sauvagement broyé des pinces dans des craquements funestes, vidé des coquilles de leur contenu palpitant, chacun prend un air distingué pour frictionner ses doigts souillés, la pupille encore dilatée par ce plaisir de la chair (de crabe). Jamais personne n’assume en humant longuement, secoué de légers spasmes, chaque doigt, chaque recoin de paume, chaque pli odorant. Non, vite, il faut désinfecter, anonymer, cacher, surtout, que personne ne sache qu’on y a mis les doigts, les mains, les poignets jusqu’aux coudes. Bref, mes verres de lunettes sentent cette odeur douceâtre. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être qu’« on » a voulu désinfecter, il veut oublier qu’il a aimé ça, moi, sa crasse. Je sais qu’il m’aime. D’ailleurs, j’ai une preuve : son manteau sur ma tête. Il l’a négligemment jeté, pudique, modeste, discret, c’est pas le genre à se glorifier de ses petites attentions. Alors, distraitement, délicatement, comme une caresse, il l’a déposé sur mes cheveux clairsemés, couvrant ainsi mon visage, me disant ainsi, sans parole : « Dors, tu as sommeil, tu dois te reposer, je prends soin de toi. » Je sais qu’il m’aime, j’ai la preuve, vous voyez !


Jour 4

C’est surprenant comme le temps passe vite. Il va bien finir par me voir. Je sais qu’il m’aime. Le téléviseur a tourné toute la journée, je l’ai entendu dire au chat qu’il le lui laissait pour qu’il ne se sente pas seul. Il est si bon, il aime tant les animaux, il fait des dons pour les chiens errants, les animaux sauvages et tout le toutim. Il est si bon, il aime les chiennes abandonnées, puantes, comme cette salope de Brigitte Bardot. Je sais qu’il m’aime.

Horreur, j’ai failli à ma règle de ne plus agir sur rien aujourd’hui, laissant échapper, bien contre mon gré, un jappement imperceptible. Le chat a cru que j’étais un vilain chien, et m’a lacéré le visage. La pauvre bête, traumatisée, a trouvé du réconfort sur les genoux moelleux, mais pas toujours, de son maître adoré, adulé, acculé, enculé. Je sais qu’il m’aime.


Jour 5

Vous savez, quand il m’a déposée là, sur ce putain de canapé-lit, avec mes membres emplâtrés, mes mains courantes de la semaine dernière, paralysées, moins par le plâtre que par le flic qui a conclu : « Monsieur s’excuse, il ne recommencera plus, ce fut un moment d’égarement, une affaire privée, de coup(le). Madame est tombée seule dans l’escalier, s’est cassé le nez, les dents, les bras et les jambes pendant la dispute. D’ailleurs, la preuve qu’il l’aime, il l’a emmenée à l’hôpital avec lui, quand il a voulu se faire soigner des griffures sur ses bras et vérifier l’état de son vaccin antirabique. » Vous voyez, j’ai raison quand je le dis : je sais qu’il m’aime. Il m’a fait soigner, et m’a ramenée chez nous, il m’aime, c’est moi qui ai décidé d’arrêter d’agir, mes fractures multiples m’en ont donné l’occasion tant espérée. Merci amour, de me faire découvrir une expérience nouvelle, je pue l’étron, j’ai faim, soif, mais je n’ai plus mal aujourd’hui, ça faisait longtemps.


Jour 6

À l’hôpital, comme il était aimant. Il n’attend aucun remerciement, pas de gratitude, c’est quelqu’un de modeste, donc il l’a sûrement, certainement oublié, oui, oublié. Mais il m’a donné une aiguille à tricoter pour que je soulage une démangeaison sur mon bras. J’étais tellement émue, que je l’ai gardée précieusement, tel un présent magnifique, calée entre mon bras brisé et mon plâtre encore frais.

L’infirmière t’a souri, elle avait su voir l’amour que tu me portes, cet amour vrai, simple, brut. Tu m’as même embrassée sur le front et trouvé les mots pour me faire rire. Un truc que, honte, je ne saurais citer sans appauvrir sa force comique. Quelque chose comme : « T’en fais pas pour moi, à défaut de mains mobiles, tu utiliseras ta bouche (sans dent). » Comme tu m’aimes, ça me bouleverse, je ne te mérite pas. Aujourd’hui il y a du soleil, les oiseaux chantent, pour moi. Serait-ce toi, l’ami des bêtes, qui leur aurais demandé de me faire ce plaisir ?


Jour 7

Je faillis à ma règle de ne plus agir, mais c’est la dernière fois, je le jure sur la tête du chat, qui vient de me sauter au visage à cause de mon jappement imperceptible. Mon amour, outré par le spectacle de sa bête paniquée, s’est penché sur moi dans un élan héroïque, pour mettre hors de tout danger psychologique le miaulant. Et d’un coup, sec, il a changé d’avis pour rester tout contre moi, l’expression béate et les yeux écarquillés, répandant sur mon corps sensible une chaleur humide. Alors je me suis endormie, apaisée, mon amour tellement attaché à moi, lui, et le chat, comme deux crevettes en brochette sur une aiguille à tricoter.

Il m’aime comme jamais.



 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Anonyme   
30/4/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Éloge de la sérénité ? J'avoue ne pas avoir compris où l'auteur voulait en venir, et puis, humour/détente ? Ce texte plutôt sombre ne m'a en aucune façon détendu ; plutôt l'effet inverse.
La sérénité, je ne l'ai pas ressentie, l'ennui distillé par ce texte oui. De la confusion également : femme, chien ... Tout cela se confond (« J’y vois flou, mes verres de lunettes sont gras , un jappement imperceptible »).
Quelques bizarreries comme : « Le téléviseur a tourné toute la journée » ou « un flash d’infos qui allumerait la télé » ou «avec mes membres emplâtrés,  mes mains courantes de la semaine dernière » à moins que ce ne soit des trouvailles ou de l'humour comme « anonymer » ; j'hésite.  
Moi, j'y vois un texte sur la maltraitance finalement loin du titre et du sujet revendiqué.
Je pense qu'il s'agit en fait d'une histoire d'amour vrai, simple, brute... Comme lui.

   Anonyme   
30/4/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
*commence par remercier l'auteur de lui offrir une autre vision d'un thème qu'elle est en train d'aborder*

Alors, ce texte, à n'en pas douter, est terriblement dérangeant.
Tant dans le thème abordé que dans la manière de le traiter.
Le style est résolument spécial, je ne sais pas si je le trouve vraiment adapté à l'histoire, mais il y a un style...
Je le dis tout net j'ai pas aimé.
MAIS, je trouve qu'il y a quelque chose d'intéressant, dans le ton de la narration qui accroche la lecture, qui impose son rythme et son étrangeté, son ambiguïté et sa... résignation?... tout au long du texte.
Pour mon gout personnel, c'est parfois encore un peu trop cru, trop "entre deux" (le ton est entre le bien littéraire et le parlé) pour me convaincre à 100%.
Le retour de cette litanie du "il m'aime" est tout simplement désarmante... tout comme ce chat, opposé à l'état de la narratrice qui se rapprocherait du canin, voir de l'invisible... qui rajoute une touche grotesque qui rend le tout encore plus crédible...

Bref, du bon, du moins bon mais quelque chose qui reste imprimé dans les rétines.
J'ai pas aimé mais j'ai été obligée à mon corps défendant de lire jusqu'au bout.

Merci donc, à l'auteur pour cette surprise... et bonne continuation.

   Flupke   
30/4/2010
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Je suis désolé mais je n'ai pas compris grand chose à ce texte.
Les mots argotiques ont-ils vraiment leur place ici ?
Je ne suis pas vraiment convaincu par la clarté de structure du récit, ni par le but de l'auteur ? tout me semble trop vague et manque de cohérence.
Je trouve que ce texte manque de réalisme.

   placebo   
18/5/2010
 a aimé ce texte 
Pas ↓
ce texte ne m'a pas fait sourire une seule fois.

d'abord, l'humour est lourd, beaucoup trop pour moi.
- ''austère, oh se taire !'' ...
- ''goût du subi dans la bouche, le goût du pubis dans ta couche, le coût du sali dans ma douche.'' ça passerait peut être dans un sketch, mais je trouve qu'à l'écrit seul le vulgaire ressort, ça m'a plutôt gêné qu'autre chose.
- ''déplie, dep lit, lit dep, oh le PD'' là c'est carrément douteux.

pourtant malgré l'avalanche de mots, il y a des bonnes choses, et on voit se profiler l'histoire en filigrane.

Si j'ai bien compris le texte (je n'en suis pas tout à fait sur), la femme est ''soumise'' à la maison par son mari, et, fracturée par ses coups, elle reste dans le canapé à sa merci, voire dans sa merde ?!
désolé (en fait non) de vous dire que ça ne m'a pas amusé l'ombre d'un instant une telle situation. je passe la morale, ce n'est même pas ça, mais il y a tant de façons de faire rire que je ne vois même pas pourquoi prendre cet état là.

je suis certain que l'auteur a du potentiel, mais il faut sortir de ces expressions lourdes, vulgaires, qui ne mènent à rien, sont polémiques, noyées dans un torrent de mots où l'on se complait.
rien à ajouter. pour une fois, je ne souhaiterai pas bonne continuation, j'ai envie de vous voir progresser, mais pas dans cette voie là.

Edit : ce texte, pour que l'on comprenne peut être (un peu) ma réaction, était posté en humour/détente. peut-être reconsidérerais-je mon jugement si le choix de section s'avère être voulu par l'auteur comme étant ''noir''. mais je me demande si c'était son choix ou celui du CE, en effet les jeux de mots révèlent pour moi une tentative d'humour ; en attente d'autres informations je maintiens mon commentaire.

   Maëlle   
5/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien
C'est horriblement noir. Dur. Caustique, et du coup d'autant plus dur.

   Chiffon   
18/5/2010
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Une idée de base géniale : le renoncement en attendant l'action naturelle, l'absurdité d'un monde riche et pacifié. La dépression à son état le plus pur.
Bon ensuite s'installe la présence d'un homme impuissant ou d'un chat, c'est son espoir d'action naturelle, de dérangement sain.
Pourquoi pas, mais c'est déjà entrecoupé d'une certaine dose de mauvais goût et de vulgarité gratuite.

Puis on commence à ne plus suivre : une obsession de l'amour du chat, un conjoint violent dans l'affaire... Est-ce qu'elle est entrain de devenir cinglée, en cause des souvenirs trash ? Puis on se dit "ah tiens, c'est la chute de l'auteure, en fait la narratrice était handicapée par la faute d'un homme horriblement violent mais qu'elle aime". Moins de vulgarité bête vers la fin, mais alors on s'éloigne vraiment de ce qui m'avais plût en premier lieu.

Bref, je n'adhère pas. Il y a plusieurs preuves d'un vrai talent d'écriture dans ce texte, mais en lui-même il n'est pas valable pour moi.

   Dark_Nolas   
18/5/2010
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Le style est là, entraîné dans un rythme rapide en contraste avec la volonté de se poser, subissant les assauts du monde tout en se voilant la face.

Et pourtant, les termes trop vulgaires et une fin qui n'arrive jamais rendent ce texte difficile à aborder et même à finir.

   Anonyme   
18/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien
J'avoue qu'à première lecture, ce texte m'a mis mal à l'aise et je ne l'ai pas vraiment compris. Il m'a fallu le relire, m'y confronter pour lui trouver un charme vénéneux, une sorte d'humour désespéré, quelques traits sans doute un peu trop appuyés, mais aussi une force assez oppressante.

Et surtout la chute, qui m'avait, j'ai presque honte, complètement échappé. Je n'avais pas du tout saisi en première lecture qu'elle tuait à la fois le chat et la brute qui lui servait de compagnon.

Sans doute un peu d'excès, on frise la caricature par moments. Pas convaincu par la chronologie trompeuse du journal.certaines des scènes (l'hôpital ou la police) qu'elle relate jour après jour sont les souvenirs qui lui reviennent, alors qu'elle reste là, sur son canapé-lit, durant 7 jours, si j'ai bien tout compris (pas encore convaincu)

Je n'ai pas toujours été convaincu par les temps choisis, surtout dans le dernier paragraphe, où le présent m'aurait semblé plus fort. Et je n'ai pas compris pourquoi passer du "il" au "tu" à un moment, pour ensuite revenir au "il". Mais l'écriture est assez intriguante pour retenir l'attention, et présente, jusque dans ses coquetteries, une singularité plutôt séduisante.

Mais tout de même, un texte intéressant qui aura eu le mérite de ne pas tout livrer dès la première lecture, mais de distiller son charme empoisonné au cours de mes différentes lectures.

   Mistinguette   
18/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Texte étrange qui après une première lecture m’a laissée dubitative.
Puis, plus concentrée, j’ai relu en tentant de comprendre ce qui me dérangeait :
Ce n’est pas l’écriture, que je trouve plutôt maitrisée. L’histoire en elle-même, j’ai aimé (après l’avoir comprise ; ce qui n’est pas évident en première lecture).
Non, ce qui ne va pas (selon moi bien sûr), c’est la construction.
Il me semble que cela dessert le récit de tourner autour du pot dans les premiers paragraphes.
Pour ma part, j’avais imaginé que peut-être la narratrice était un animal.
Je crois que dés le départ si elle était décrite dans sa prison de plâtre, ça agripperait le lecteur et cela rendrait certains passages comme celui de la pluie (entre autre) plus savoureux. Et je pense que du coup la fin deviendrait beaucoup plus percutante.
En résumé j’ai aimé cette nouvelle, mais seulement après l’avoir relue et m’être creusé le ciboulot.
Par contre, je suis persuadée que cette histoire a le potentiel pour devenir une pépite de noirceur et de cynisme.
Bonne continuation à l’auteur.

   widjet   
18/5/2010
 a aimé ce texte 
Pas
Premier texte de Marianne.

Le début est assez catastrophique. J’avoue avoir trouvé assez vain et « parachuté » la plupart des traits d’esprits pour le moins improbables (« austère, oh se taire », « le goût du subi dans la bouche, le goût du pubis dans ta couche, le coût du sali dans ma douche », « c’est pas la mer à boire, ni mon père à s’baffrer », le pompon du trait d’esprit qui n’apporte rien revient quand même « canapé qui fait lit si on le déplie, dep lit, lit dep, oh le PD » …), là où un autre (« son maître adoré, adulé, acculé, enculé ») fonctionnait davantage et était beaucoup plus de circonstance par rapport au sujet ou à la situation.

J’avoue aussi avoir eu du mal à définir (voire à palper) cette femme, mais après je me suis dit que c’était voulu, je crois (et donc bien vu). Son côté impersonnel est volontaire puisqu’elle-même se voit comme un matériel, un meuble au point de faire corps avec le canapé. Cette non-personnification est donc finalement plutôt convaincante.

Mais ce qui m’échappe c’est cette contradiction entre les actes et les pensées de cette personne. Il y a de la soumission, une « mollesse », une incapacité à se rebeller dans cette situation (alors, certes elle a décidé de ne rien provoquer, je me demande bien pourquoi) alors que dans le verbe et de par son vocabulaire, on sent qu’elle enrage intérieurement (« enculé », « cette salope de Brigitte Bardot »…). Je ne sais pas, mais je me suis demandé pourquoi elle se laisse traiter ainsi et pourquoi elle avait décidé de ne plus « s’actionner ».
Et puis, finalement, agacé par ses « je sais qu’il m’aime », j’ai fini par me foutre de ce qui pouvait lui arriver.
Sinon, le flic est complètement con ou quoi ? Car si j’ai bien compris (rien n’est moins sûr), cette femme a été battue et la réplique du policier n’est pas crédible.
Quant a la fin, elle est presque comique (je vois bien l’image du chat et du type embrochés).

Bref, le fond comme la forme pourrait être mieux exploités.

Dommage, car l’auteur adopte un ton qui oscille entre l’acidité, la crudité et une forme de cruauté qui mérite qu’on s’y arrête.

Attendons donc…

W

PS : Éloge de la sérénité. Perso, plus que sereine, je l'ai plutôt trouvé cruche la femme.

   Anonyme   
19/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
pathétique, cruel, sarcastique, dérangeant...
la folie d'un mari, la folie d'un autre genre d'une femme.
elle subit des violences physiques, morales, humiliations, totalement dépendant de son mari, l'humour caustique est sa protection " je sais qu'il m'aime". Un sarcasme continue pour refouler une terrible souffrance dont on ne peut imaginer.

la réaction du flic ne m'étonne pas, la maltraitance d'une femme a été longtemps perçu comme un simple conflit de couple.

et la fin " et d'un coup, sec, il a changé d'avis pour rester tout contre moi, l'expression béate et les yeux écarquillés, répandant sur mon corps sensible une chaleur humide...mon amour tellement attaché à moi, lui, et le chat comme deux crevettes en brochette sur une aiguille à tricoter."

cette fin me dit qu'elle a réussie l'exploit de les tuer tous les deux, si c'est bien ce que j'ai compris, je trouve alors ce passage peu crédible.

mais le ton de cette nouvelle est trop caustique pour moi, beaucoup trop, du titre à la fin. Bon en même temps ça change.
Un ressenti assez mitigé.

Edit: j'ai dit que je trouvais le passage des meurtres peu crédible mais j'ai oublié de préciser pourquoi.
Dans la strophe " jour 5", il est bien précisé qu'elle s'est cassée LES bras. Si elle a embroché le mari et le chat avec l'aiguille à tricoté avec sa main valide, alors faudrait m'expliquer comment, car le bras dans le platre reste statique, mais la main sans le mouvement du bras ne peut pas faire grand chose. Pour tuer il faut avoir le geste précis et assez de force, ou alors le chat et le mari se sont jetés bêtement sur l'aiguille, ou alors mon interprétation est fausse.

   florilange   
19/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai apprécié cette nouvelle car, avec ses imperfections, elle dénote un style certain. Qu'on aime ou pas, c'est une autre histoire. L'en faut pour tous les goûts.
Comme elle ne date les jours qu'à partir du 3, j'en déduis qu'avant ce jour 3, elle était trop abrutie et trop "emplâtrée" pour bien savoir où elle en était, pour bouger, agir, etc. Et vouloir seulement mourir.
Oui, ce texte est dur, caustique et tout ce qu'on veut. Me semble que c'est tout ce qu'il lui reste, après tout ce qu'elle a subi, se moquer d'elle et des autres, crûment, parfois. On ne peut lui reprocher ça.
On sait bien que les hommes prétendent aimer les femmes qu'ils battent, donc quand elle répète qu'il l'aime, ce n'est pas un hasard.
Un texte terrifiant de lucidité.
florilange.

   Anonyme   
20/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour marianne

Bravo pour le style. Ses effets. Il n'est pas "fini", dans le sens où - perception personnelle - il lui manque quelque chose de "plus"...
Comme si l'auteur n'avait pas osé aller encore "plus" loin.
J'imagine l'auteur travaillant son texte et le raturant sans cesse pour trouver le "ressenti" le plus juste. Des fois, l'inspiration gagne et les phrases coulent de source, par moments c'est plus "léché" et travaillé.

J'aime le vénéneux, j'adore même mais là, il m'en manque un peu.
A certains moments j'ai trouvé le trop dans le pathétique, le renoncement de la narratrice.

Déçue un peu sur la fin, parce qu'elle manque de crédibilité. (Il faut une sacrée force pour embrocher, force que peut avoir cette femme à bout de souffrance mais pas l'aiguille...) Elle est plus de l'ordre du fantasmée, donne à l'histoire une fin qui n'est pas celle que j'espérais parce que trop irréelle et c'est dommage parce que la rage est là, partout.
Fort, puissant mais avec des faiblesses à cause de ce pathétique, parfois.
Le titre est mûrement choisi. Car il n'y a rien de serein là-dedans, à part peut-être le geste de la fin.
Un style qui me plait beaucoup, un traitement du sujet original.
Curieuse de lire les autres textes de l'auteur.
Bonne continuation !

   Margone_Muse   
21/5/2010
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Dur dur d’organiser mes idées. Tellement de choses à dire. Je vais essayer d’être claire et que ça parte pas trop en live.

J’ai lu deux fois : réel sujet de la nouvelle, arrivant très tard, oblige. Il faut relire avec un autre œil.
Alors je vais commencer par là : si c’était censé être une chute, c’est mal mené (comme la fille malmenée (hi hi, je sais aussi faire des jeux de mots douteux, pardon :) et j’y viens plus bas…) car elle arrive trop tôt. Et du coup, ça tombe comme ça, au milieu, on se rend compte qu’elle est plâtrée car cognée par son homme et soumise de surcroit. Bon… ben je pense qu’il aurait fallu commencer par là. A mon goût en tout cas.

Avec un sujet pareil, c’est vraiment dommage parce qu’il y a de la matière à faire un truc vraiment prenant, très fort, et là, je suis complètement passée à côté. Je suis déçue, tellement le potentiel est là.

Mais je reviens à ma seconde lecture : à la fin, je ne sais pas si je comprends bien (c’est étrange cette suggestion alors que d’autres parties du récit sont assez crues) mais je vois là une fellation forcée (surtout avec ce qu’il lui dit à l’hosto : un vrai poète celui-là…). Bon, je reprends pour une seconde lecture et je lis ceci :
« Alors rien, je veux de l’action sans actionner, je veux me laisser faire par le monde, que ça tombe du ciel ou d’ailleurs, que ça me surprenne tout cuit dans le bec, que j’en garde le goût du subi dans la bouche, le goût du pubis dans ta couche, le coût du sali dans ma douche. »
Ben… elle est servie hein…
Franchement, j’aimerai beaucoup parler avec l’auteur pour comprendre ce choix de… de quoi d’ailleurs ? D’humour noir ?
C’est raté à mon avis. On tombe dans le glauque, le morbide. Et pourtant, on n’y tombe qu’à moitié. Je ne suis pas dedans, et cette phrase par exemple me laisse froide. Je ne ris pas, je ne suis pas dérangée. Je suis simplement perplexe, et on va dire que c’est déjà pas mal :)

C’est comme tout les jeux de mots ailleurs : le coup du canapé lit (très douteux), ou du « coup(le) ». Bon… je ne suis pas convaincue. Même si je note que l’intention est là et qu’il y a des efforts évidents pour trouver de bonnes formules.

Autre chose sur le fond ==> Ce passage ci « J’y vois flou (…) coudes. »
Mais qu’est-ce que ça vient faire là ? Je veux dire, il n’y a aucun rapport avec le reste (ou alors je ne le vois pas) et c’est un coup à lâcher son lecteur. Déjà que pour ma part, j’avais du mal à me baigner et à m’imprégner dans/de l’atmosphère (pour cause malheureusement d’inconsistance d’atmosphère, désolée).
« Bref, mes verres de lunette… » Oui, bref, hein, parce que je me suis dit qu’on s’égarait drôlement de son canapé là…

J’ai relevé une contradiction. On pourra me traiter de chipoteuse emmerdeuse mais le texte étant court, je n’ai pas pu oublier, au moment où elle « failli à sa règle de ne plus agir » et qu’elle « laisse échapper un jappement imperceptible » qui lui vaut un taillage de visage à coup de griffes de chat (difficile à imaginer, ou alors méga stressé le chat ^^), qu’elle « pousse des gémissements, des soupirs, des couinements, des grincements… » durant les deux premiers jours.
Sa règle s’est faite plus stricte au cours de la semaine ? :)

Pour le caractère de cette femme… Bon, l’inaction, c’est carrément aux antipodes de mon mode de fonctionnement. Impossible de m’identifier à ce personnage. Et impossible de m’y attacher non plus. Du coup… ben ça renforce le « je ne ressens rien » quand je lis ce récit. Ou si, tiens, ça peut m’énerver. Elle est à baffer cette femme (délicat à dire dans ce contexte-ci mais c’est la réaction qu’elle suscite chez moi). Bon, mais la pauvre quand même…

Pour la structure du texte. Comme on relate une semaine, c’était pas mal de séparer en jours. Mais là encore, les choses sont faites à moitié à mon sens : pourquoi ne pas se débrouiller pour démarrer au jour 1 et séparer le 1 et le 2. Commencer au 3, comme ça, ça faisait un peu tâche non ?
Et ce qui m’a beaucoup dérangé, c’était que là aussi, la structure n’est pas exploitée : avec un découpage en jours, on s’attend à une progression, nette et visible, dans l’histoire, dans la situation. C’est un peu mal gérer je trouve. Et le flash-back renforce mon sentiment : je m’attends à une chronologie claire, et je me retrouve juste après le passage à tabac dans l’hôpital. Je suis sûre qu’il y avait moyen de faire autrement. Là, c’est mal venu ce petit retour en arrière, au milieu des jours et de la chronologie principale adoptée depuis le début.

Heu… c’est à peu près tout. Je dirais au final que je passe complètement à côté mais qu’il y avait moyen de faire quelque chose de bien, de mieux. L’auteur m’a l’air d’avoir hésité entre survoler le thème et y aller franco. De même pour l’humour et le sérieux.
Peut être à refaire en se cantonnant à un objectif précis, et ne pas s’en éloigner ?

Une autre fois donc,
Bon courage pour la suite :)

Margone_Muse

EDIT : aussi, tous les "je sais qu'il m'aime" sont assez lourds je trouve (pardon d'en rajouter mais bon...) et comme elle peut le traiter d'"enculé" et autres, et bien ça me conforte dans le sentiment que l'auteur a beaucoup hésité entre amour et haine aussi, comme le reste.
Ce texte me donne l'effet d'un énorme balancier tout bancal...

   marianne   
21/5/2010
Commentaire modéré

   Anonyme   
24/5/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un texte magnifique qui ne peut que souffrir d’être analysé. La performance, c’est le ton. L’auteur parle avec ses tripes, restitué par un style extraordinairement fluide pour une histoire en plomb. C’est plein de trouvailles, les approximations ne nuisent pas au récit. On ne s’ennuie pas une seconde et c’est déjà en soi une belle performance. Marianne ne se regarde pas écrire, elle lâche tout. Génial.

   alpy   
24/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Le texte est bien mené même si je trouve qu'il y a un peut trop de "je sais qu’il m’aime". Cette répétition est volontaire mais je pense qu'il n'aurait pas desservi le texte de varier la phrase de temps en temps.

J'ai bien aimé aussi les rimes au milieu de la prose. Certaines sont un peu vulgaires à mon goût, mais l'idée en soi même est bonne. A utiliser avec modération.

La lecture est fluide (peut-être quelques lourdeurs dans l'introduction) et la fin m'a agréablement surpris (je m'attendais plutôt à qu'il finisse par la tuer).

En synthèse, j'ai passé un bon moment sur cette nouvelle très noire et acide. Merci et au plaisir de te relire.

   Selenim   
30/5/2010
Certainement le texte le plus dérangé qu'il m'ait été donné de lire sur ce site.

Tout le long de la lecture je me suis demandé quelle substance absorbé par l'auteur pouvait provoquer la rédaction de cette chose.

Analyser ce texte m'apparait impossible tant il n'évoque rien en moi. Une œuvre schizophrène ne pouvant être comprise et commentée que par des lecteurs "éclairés", pour ne pas dire "allumés".

Sur ce, m'en vais fumer une méduse avec mon pote micro-onde.

Selestick.

   marogne   
30/5/2010
 a aimé ce texte 
Pas
J'avais lu une première fois, puis m'étais dit d'y revenir.

J'y reviens, et le même malaise aussi. Ce n'est pas parce que le sujet est dérangeant en lui même, mais parce que soin traitement, en tout cas pour moi, n'est pas à la hauteur de la souffrance que ce genre de situation peut entraîner.

Oui, d'accord, cela incite à relire du S. King, Rose Madder par exemple, mais c'est un peu tout.

Donner des conseils, je ne sais pas, mais ici ce qui me dérange est l'incroyable fouillis des sentiments, des situations, et une fin aussi improbable que bienvenue. Trop de ficelles aussi sans doute, qui ne sont pas synonyme de sincérité.

Désolé.

   Anonyme   
30/5/2010
Beaucoup de provocations d'écriture, ce sont des choses peu utiles. Et beaucoup de qualités non exploitées aussi.

Et des qualités exploitées, le sens du rythme, de l'alternance.

Fond et forme ensemble : provocateur, c'est dommage, ça annule les effets. Trop de jeux syllabiques, trop d'insultes, ok le lit est un PD, Bardot se fait traiter de salope, et après ? Le but était-il de captiver l'attention à la lecture ? Je me prends à l'inverse à remarquer les erreurs de structure que l'écriture si elle avait été plus sobre et donc plus humble aurait masqué sans problème. Oui, parce que c'est dommage, y a comme qui dirait du style ici.

On devine vite de quoi il s'agit.

Ceci dit une écriture personnelle, après, c'est juste apprendre à ne pas avoir peur d'user de la gomme, il faut garder l'essentiel, surtout dans un opus court, le reste dessert, souvent :)

   Anonyme   
5/6/2010
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Voilà une nouvelle qui me semble particulièrement maladroite et puérile. De la provocation adolescente basée sur des jeux de mots hasardeux, graveleux. Une volonté de puissance transparait sous le style désordonné, reposant surtout sur l'accumulation. Mais cela n'apparait finalement qu'en tant qu'agitation vaine, impulsive.

L'intrigue n'est pas crédible une seule seconde, c'est bien trop gros, exagéré. La narratrice est une vraie tête à claque.

Je note tout de même quelques jolis passages, comme celui-ci, par exemple "Si je meurs, ce ne sera pas de soif, il a plu horizontal aujourd’hui, par la fenêtre ouverte, j’en suis encore humide, émue "

Mais l'auteur semble avoir désiré nous en foutre plein la vue et c'est raté, ridicule. J'aurais préféré moins de "show" et plus de profondeur, de sensibilité.

Une prochaine fois peut-être.

   Enzoloren   
16/8/2011
 a aimé ce texte 
Pas
J'avoue ne pas avoir aimé ma lecture,d'ailleurs j'ai décroché très tôt,ce qui m'a le plus dérangé ce sont les jeux de mots bonne franquette,qui m'ont donné l'impression d'entendre un album de grand corps malade qui pour moi est un ami insupportable à l'ouïe.
Je ne suis pas fan de cette histoire je suis désolé

mes amitiés

   monlokiana   
17/8/2011
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↓
On en verra de toutes les couleurs. La couleur de cette nouvelle je ne l’ai pas aimé. J’ai dé-tes-té cette nouvelle.
A force de répétitions, on finit par embrouiller son lecteur.
J’ai détesté les « je sais qu’il m’aime » qui revenais à chaque fois. Je trouve aussi que ce texte n’a rien d’un thriller, ni d’un texte d’humour détente, c’est plutôt un torchon de texte écrit à la sauvette et mal, très mal écrit et travaillé. D’ailleurs, quel est même l’intérêt de ce texte ? Quel message à part une femme qui me semble dérangée qui répète tout le temps qu’un homme l’aime. Et la preuve qu’elle a donnée pour prouver qu’il laisse ? Pathétique je trouve. L’auteur n’a pas trouvé mieux.
Ce texte est court mais on bataille pour arriver à la fin. Et arrivé à la fin, je suis dégouté, triste de ma lecture.
Désolée mais ce texte est mauvais.
Mes excuses à l’auteur.


Oniris Copyright © 2007-2022