Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Réalisme/Historique
marogne : La mie du pain
 Publié le 18/02/09  -  17 commentaires  -  7067 caractères  -  63 lectures    Autres textes du même auteur

Une promenade dans le parc de Saint-Germain.


La mie du pain


Sophie, j’ai eu une idée formidable hier en me promenant dans le parc du château de Saint-Germain-en-Laye. Je pense que l’on va pouvoir en faire un super court métrage humoristique. Je vais te dire.


C’est une histoire dont le personnage principal serait un retraité, assez âgé, peut-être dans les quatre-vingts ans. Dans mon esprit il est encore vaillant, il peut se déplacer, même si cela lui est de plus en plus difficile, et en particulier, il fait tous les jours sa promenade dans le parc, c’est ça qui est important.


On commencerait par le voir dans son appartement que je situerais au deuxième étage d’un immeuble ancien, à quelques centaines de mètres du château. Un deux-pièces donnant sur la rue. On pourrait faire un mouvement de caméra montrant la rue, avec au fond le château, et qui remonterait sur les murs de pierres de taille jusqu’à sa fenêtre.


Je ne sais pas s’il vaudrait mieux qu’il soit en couple, ou seul. On peut essayer en couple, c’est peut-être mieux.


On le verrait alors dans la cuisine, en face de son épouse, prenant son petit déjeuner. Ils ne parleraient pas, ils se côtoient depuis si longtemps que le discours est devenu inutile. Ils apprécient encore être ensemble, ils s’aident mutuellement, mais cela fait si longtemps, qu’ils sont presque devenus transparents l’un à l’autre. Ils n’ont plus rien à faire que de patiemment attendre que l’heure vienne. Je crois qu’il faudrait faire ressortir cela par des images appuyées sur leurs gestes, sur les quelques ustensiles sur la table, la toile cirée, dans un silence total si ce n’est le bruit du couteau sur le pain, le beurre qui s’étale sur la tranche, le tintement de la petite cuiller sur le bol en porcelaine. Ils seraient tout à leur repas, ne se regardant pas, ne communiquant pas.


Il faudra éviter à ce moment-là que ça devienne humoristique ; je voudrais que le spectateur ne sache pas vraiment où on l’amène, entre le reportage ou le drame, mais surtout pas la comédie.


Je vois ensuite l’homme se lever, aller vers la fenêtre - on devrait pouvoir voir au-delà de la rue ou des toits quelques arbres, du moins leurs cimes - et regarder le ciel. Il faudra qu’il fasse beau, en tout cas qu’il ne pleuve pas, pour que l’on puisse comprendre qu’il est soulagé, car il pourra sortir l’après-midi. On pourrait le faire parler pour la première fois, là, un commentaire très général sur le temps, vraiment banal. Il faut qu’il reste terne. Quelque chose comme « Tiens, il fait beau aujourd’hui », et pas plus, sa femme aura compris sans qu’il donne les détails.


Après cette scène, je le verrais bien sortir de la boulangerie, avec deux baguettes de pain ; il faudra que l’on voie qu’il y en a deux. Il sort sur le trottoir, tout courbé, presque bousculé par les ménagères qui font leurs courses, son sac à provisions touchant presque le sol. Il regarde le ciel, en sortant, et après un mouvement de caméra, ou plutôt une image surimposée, on devrait voir son visage s’épanouir, non, peut-être pas s’épanouir, mais au moins montrer un profond contentement à la perspective de ce qu’il veut faire l’après-midi.


Je voudrais ensuite montrer le vide intellectuel dans lequel ils vivent. Je verrais deux plans pour ça, le premier quand il monte les escaliers de son immeuble, doucement, en tenant la rampe de la main droite. Il faudra que ce soit une de ces belles montées d’escaliers, avec une balustrade en fer forgé, style fin du dix-neuvième, et une rampe en buis, brillante à force d’être polie, on verrait sa main la tenir fermement. Il faudrait aussi un tapis rouge sur les marches, aux couleurs un peu passées, mais en bon état, on est dans un immeuble cossu. Il tient de la main gauche son cabas, on voit maintenant dépasser un journal. Le deuxième plan, c’est pour montrer ce qu’il lit. Il serait assis dans un fauteuil, on devrait entendre quelques bruits permettant de comprendre que son épouse fait la cuisine ou met la table. Le journal est déplié, c’est un journal local, dans lequel on ne parle que de chiens écrasés et de tragédies dérisoires. Il faudrait trouver un titre bien accrocheur sur un sujet sans intérêt, quelque chose comme « Enfin, après de vives discussions, le conseil municipal a décidé de changer le jour de ramassage des monstres », ou bien « Les effets dévastateurs de la tempête, un arbre est tombé sur la terrasse ».


Et c’est tout pour l’intérieur. Je passerais ensuite directement à une scène sur la terrasse Saint-Germain, à côté du pavillon Henri IV, une petite référence à l’histoire pour ceux qui connaissent, le Roi Soleil et le petit vieux. Il y a du monde qui promène, des enfants qui courent, des vélos sur la partie centrale. On doit comprendre qu’il a un but précis, qu’il est tout émoustillé de ce qu’il va faire ; il ne prend pas le temps de regarder le panorama sur la plaine, et dédaigne les courbes de la Seine et les tours de la Défense au loin, brillant dans le soleil, ainsi que la brume qui cache la tour Eiffel et la tour Montparnasse. Il avance, pressé, comme un amoureux à son premier rendez-vous.


C’est à partir de là qu’il faut que le ton change, il faudra que le visage, voire les mimiques de l’acteur, exprime son attente de telle façon que ça paraisse exagéré, que ça commence à prêter à sourire. Un peu comme les trognes dans un film de Kurosawa.


Et puis on verrait une chèvre approcher rapidement d’un grillage, avec en fond sonore des cris d’enfants, des rires. La caméra s’éloignerait sur le chemin qui longe cette barrière métallique, de façon à ce que l’on puisse voir les enfants tendant à l’animal des brins d’herbe avec l’espoir de pouvoir le toucher, et, arrivant depuis le grand portail qui donne sur le jardin anglais, notre bonhomme. À sa vue la chèvre délaisserait la maigre pâture offerte, et se dirigerait en trottinant vers le retraité. On le verrait alors farfouiller dans un sac en plastique, et s’affairer. Et puis il y aurait le rire des enfants appelant leur mère pour leur montrer le « monsieur qui mange la mie de pain pour donner la croûte à la chèvre ». Et la caméra zoomerait sur son visage qui alors exprimerait la joie la plus pleine, un contentement béat, alors qu’il parlerait, la bouche pleine, à l’animal pour vanter sa tenue.


Et je terminerais la séquence par un retour dans l’appartement, pour montrer son épouse, dans son fauteuil, assoupie, devant le poste de télévision et une série TV américaine dans laquelle on distinguerait la mer.


Je crois que ça devrait faire réagir, sur le mode de la moquerie, par rapport à ces gens qui préfèrent la compagnie des animaux à celle des humains. Dodo, télé, animaux, journaux de pacotilles, toute l’aliénation mentale de notre époque, pas de réflexion, pas de communication, nous ne sommes plus que des consommateurs de pensées toutes faites, de modes. Ce pauvre petit vieux ridicule, qui ne cherche que la compagnie d’une chèvre et qui se goinfre, en serait l’image même.


Qu’est-ce que tu en penses ?



Hé, mais, pourquoi tu pleures ?




Avion Paris – Atlanta, 10 janvier 2009



 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   aldenor   
18/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La forme est originale et la chute saisissante.
Au niveau du style, il me semble qu’il pourrait être allégé. Les « il faut » « il faudra » « il faudrait » sont répétitifs et souvent superflus a mon avis.

   macalys   
18/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai beaucoup aimé la forme de la nouvelle qui permet de décrire des scènes et des personnages très banals avec originalité, sous un nouvel angle.
Mais le parti-pris amène beaucoup de répétition, notamment des auxiliaires, mais aussi d'expressions comme "il y a", "il faudra", un peu lourdes. On sent quand même qu'il y a une recherche pour renouveler au maximum les réflexions du metteur en scène, mais elle aurait pu être plus poussée.

La fin est surprenante, car elle nous replonge brutalement dans la réalité alors que le reste du texte est mené au conditionnel.
Cependant, je n'ai pas accroché avec l'histoire de la chèvre, je l'ai trouvé trop décalée par rapport au reste très cliché. J'aurais plus adhéré à des pigeons ou à un chat, la chèvre ça fait campagne et on est à Paris. Il me semble qu'il y a assez d'originalité dans le style et dans la chute pour que tu ne cherches pas à en injecter plus à travers un animal qu'on ne croise que peu en ville. Du coup, ça fait artificiel.

En bref, j'ai passé un bon moment à lire ce texte original, merci !

EDIT : d'accord avec Notrac sur la scène qui est sensée montrer le vide intellectuel du couple. En particulier je n'ai pas compris l'intêret de le voir dans l'escalier serrant la rampe... En quoi cela est-il révélateur d'un vide intellectuel ?

   Anonyme   
18/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai beaucoup aimé cette nouvelle.
L'écriture, sobre est tout à fait adaptée.
Loin d'être des scories de débutant, les répétitions de "il faudrait" "il faut" "il faudra" sont volontaires et soulignent le caractère du personnage central dont on devine à la fin qu'il est aussi le narrateur.
La chute est superbe.
Bravo.

   Anonyme   
18/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Oui, je trouve la réflexion assez pertinente. Peu importe l'âge d'ailleurs, une peinture fine et juste de l'état d'esprit de certains, de là à en tirer une règle générale...
Sinon, j'ai particulièrement apprécié le paragraphe qui commence par "On le verrait alors dans la cuisine..." Assez convenu mais vraiment bien écrit.
J'aime bien aussi le côté décalé d'un "mangeur de mie" qui colmate ainsi son vide intérieur... Je n'ai pas été convaincu en revanche par le passage censé décrire le "vide intellectuel" du vieux couple. Je suis passé à côté... Enfin, je regrette le "pourquoi tu pleures de la fin"... Comme si le lecteur devait en faire autant... Je n'aime pas trop qu'on m'indique le chemin de mon ressenti. Mais bon je pinaille certainement, une lecture agréable. Une nouvelle efficace, bien pensée.

   marimay   
18/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour marogne,
Moi j'aime beaucoup !
Il dit à Sophie qu'il a l'idée de créer un court métrage et on se rend compte que son personnage a une vie des plus ordinaires, banale à en pleurer, où chaque geste est la répétition de celui de la veille. Votre écriture la reproduit par ses répétitions.
Le court métrage se voulait humoristique... la chute est superbe.

   Anonyme   
18/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'aime beaucoup l'idée du synopsis.
Très bonne idée oui, car lorsque l'on écrit, on a tous plus ou moins des images dans la tête, et on les retranscrit, ici tu inverses le processus, cela devient cinématographique, avec une direction d'acteur suggérée, c'est bien vu je trouve.
Maintenant je dois t'avouer que ce qui a tout gâché, pour moi, c'est ta sentence finale sur les humains préférant la compagnie des animaux... ouias bof, j'aurai préféré que tu restes dans la technique et la distance qu'elle donnait au ton, dommage.

   Nongag   
18/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Habile. Brillant. Une nouvelle qui nous piège, promettant de l'humour alors qu'elle dessine un quotidien banal et profondément triste.

Je n'ai pas été rebuté par les répétitions comme les précédents lecteurs. Le narrateur décrit des scènes, ça m'a semblé le bon ton.

La chute est vraiment très bonne. Ce pauvre idiot qui ne se rend pas compte de ce qu'il décrit... Qui trouve drôle la vieillesse naufrage... Et sa Sophie qui comprend tout, à sa place - comme nous d'ailleurs.

Bon, d'accord, la chèvre... Mais c'est parce que le narrateur se croit drôle...!!!

Bravo, j'ai beaucoup aimé.

   widjet   
22/3/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Une belle idée pour un résultat mitigée compte tenu de la forme que j'ai trouvé moins convaincante, le choix des mots trop convenu. Quelques lourdeurs (exemple la joie la plus pleine pas terrible ça) sont à relever, la longueur de certaines phrases un peu trop "virgulées" réduisent aussi l'impact visuel qu'est sensé donné le tableau. Mais sans doute est-ce voulu pour donner à cette ébauche de vie un rythme lent, morne, morose.

A l'auteur qui gentiment m'a déjà rappelé que j'enfonçais des portes ouvertes (private joke l'ami, no offense!), on peut regretter la côté très polissé de la critique. Pour fustiger l'incommunicabilité entre les êtres, la déliquescence du sentiment amoureux, l'abrutissement des masses (le coup du vide intellectuel ne m'a pas franchement convaincu non plus), j'aurais préféré des tournures, un angle de vue plus plus original, plus audacieux, plus incisif.

Mais l'approche me plait. Elle est plutôt intelligente et bien que j'aurai préféré plus de mordant, elle a une certaine efficacité.

Et puis je l'avais pas lu du Marogne de ce genre là. Alors, je prends quand même ! :-)

Widjet

PS : je n'ai pense pas contrairement à un commentaire que le personnage = le narrateur

PS2 : Le titre ne me semble pas très approprié, mais l'auteur va peut-être m'expliquer

   xuanvincent   
19/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien
L'idée de cette nouvelle - en quelque sorte l'histoire d'une histoire (d'un court métrage) - m'a plu. Je l'ai trouvée vivante et agréable à lire. Sensiblement différente, comme l'a souligné widjet, des précédentes.

L'adresse au lecteur (sous la forme d'une écriture à la deuxième personne) a retenu mon attention.

Ce texte, comme les précédents, m'a paru bien écrit. Sans doute plus simplement qu'habituellement (ce qui m'a paru bien passer, dans la mesure où cette nouvelle est constituée essentiellement de paroles * et non du récit à proprement parler de l'auteur).

* (PS) Sans le recours au tiret par exemple ou encore aux guillemets habituellement employés pour signaler les paroles d'un personnage.

Sur la forme, on pourrait se demander si le narrateur, emporté par son élan, part dans un long monologue... Ou alors si l'auteur (autre hypothèse) s'est contenté de restituer les paroles du narrateur. La fin du récit, où l'interlocutrice du narrateur intervient finalement - sous la forme d'un silence mêlé de larmes toutefois me fait plutôt penser à la première hypothèse.

Bref, sans me passionner, cette nouvelle m'a fait passer un agréable moment de lecture.

PS (écrit le lendemain) : Après réflexion, il me semble à présent que le coeur du sujet se situe, comme dans d'autres nouvelles de marogne, à la fin du récit, ici dans le silence de la femme. Bref, comme d'autres lecteurs, je suis surtout sensible à ce problème de communication entre le narrateur et sa femme. Le flot de paroles de celui-ci (l'auteur aurait pu alors en choisir d'autres pour arriver au même résultat) masquerait alors, dans cette nouvelle lecture du récit, l'essentiel. Dans ce sens, cette nouvelle me paraît prendre une dimension plus intéressante.

   Anonyme   
19/2/2009
J'ai eu du mal avec la construction de ce texte. Je me demandais où l'auteur voulait en venir. Et la conclusion.. Bref, je n'ai pas été sensible à cette histoire. Par contre j'aime l'écriture.
Bon. Rien de grave. ça ne m'empêchera pas de lire du Marogne à nouveau.

   jensairien   
19/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime beaucoup ce texte qui prend à rebrousse poil le principe de création. Au lieu de raconter l'histoire tu racontes comment tu pourrais la raconter. Très fort.
Je ne suis pour ainsi d'accord avec aucun des commentateurs sur les lourdeurs et autres. C'est une forme narrative qui permet pas mal de répétitions. Si tu avais trop peaufiné ton texte on t'aurait peut-être dit qu'il était trop littéraire pour la forme choisie.
Le vide existentiel traduit par des gestes simples et répétitifs comme la main sur la rampe est plutôt bien vu. C'est très visuel et très cinéma.
En fait c'est vrai que ça pourrait faire un court métrage bien sympa!
La chèvre est vraiment bien vue. Et je ne serais pas étonné qu'il y en a dans le parc de Saint Germain en Laye.

sinon quand tu parles de la terrasse saint germain. Il me semble que ce lieu qui offre un très beau point de vue sur Paris se trouve dans le parc. Tu aurais dû le mentionner.

(et en effet on s'enfonçant un peu vers le fond du parc, il y a des grilles...)

Enfin je trouve, comme Notrac, que la dernière phrase est très superflue, inutile, disons carrément malvenue.

   aldenor   
19/2/2009
Je ne sais pas comment Notrac et Jensairien ont compris la chute de cette nouvelle. Pour moi, elle est tout le sens du texte : jusque la, on pense que c’est un simple script de film et puis on s’aperçoit sur la dernière phrase que le narrateur tire son script d’un vécu, avec Sophie. Voila pourquoi elle pleure. Ca change tout.

   calouet   
19/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Merde, c'était henri IV le roi solei? on en apprend tous les jours, purée...

Blague à part, je suis assez de l'avis de jensairien : le style est volontairement très oral, je crois, et j'aurais peu apprécié qu'il soit plus "chiadé", plus littéraire. J'ai trouvé ça vivant et crédible ainsi.

Pas convaincu non plus par la rampe en buis pour le vide intellectuel! Amusé par contre par le journal...

Au final (la chèvre, très bon choix d'animal, à mon goût) j'ai bien aimé. C'est à la fois agréable à lire, original, et porteur de reflexions, malgré les clichés et facilités relevées par les autres coms'...

   Menvussa   
22/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pour être tout à fait honnête, je l'ai lu une première fois un soir, un peu fatigué et ça m'a gonflé, j'ai jeté un œil sur les commentaires et me suis dit que peut-être je passais à côté de quelque chose.
Alors voilà, je viens de le relire et ne le regrette pas.

Ton personnage est assez ambigu. Que penser de lui, il semble sincère, tout à son affaire, consciencieux, perfectionniste et ses motivations semblent honnêtes. Mais voilà, imbu de sa personne presque à corps défendant, il s'y prend plus que maladroitement, il donne la leçon mais pas celle qu'il croit. On a vraiment envie de lui en mettre deux et de l'amener à balayer devant sa porte.

Son attitude est bien pire que ce qu'il veut dénoncer.

Sa femme pleure, peut-être parce que sidérée par cette suffisance peut-être aussi parce qu'elle se reconnait dans la petite vieille du couple, comme épouse délaissée.

Pourtant l'exemple est bien mal choisi par ton personnage, car dans ce couple de petits vieux silencieux on pourrait sans doute découvrir beaucoup d'amour dans les non dits.

Bref ce type se plante lamentablement et ton récit très juste pour peu que l'on prenne le temps de lui prêter l'attention nécessaire nous fais vivre cette ambiance délétère de belle manière.

   Flupke   
6/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'aime beaucoup la manière de présenter l'histoire ainsi que la chute.

   Selenim   
9/4/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je ne suis pas convaincu.

Le postulat de départ est simple: à travers un récit de fiction, le narrateur dévoile que sa vie n'est qu'une fuite, car ironie du sort, seule sa compagne réalise le double sens de ses paroles.

Dès la première phrase, le narrateur prend Sophie à partie. Hors le texte n'étant qu'un monologue, on devine rapidement, au manque de réaction de l'interlocutrice, qu'il y a du trafalgar qui se prépare.

Je ne dit pas qu'on devine la chute, mais mon attention a été immédiatement projetée sur Sophie, éblouissant le monologue de son absence.

La nouvelle étant exclusivement fondée sur la chute, je n'ai pas trouvé un grand intérêt à ce scénario très storyboardé.

Selebof.

   NICOLE   
4/7/2009
J'ai détesté la fin. Pourquoi porter un jugement, alors que le récit se suffisait à lui même.
Une maxime que j'aime bien, pour éclairer mon propos : "La vie est faite de petites joies, plus que de grands bonheurs".
J'avais eu plaisir à lire, jusqu'au jugement final, dénué de toute bienveillance.
J'ai trouvé beau ce vieillard qui vibre encore pour quelque chose, le n'ai pas aimé le regard que le narrateur lui porte, je suis donc bien incapable de noter.


Oniris Copyright © 2007-2020