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Sentimental/Romanesque
marogne : Réveil
 Publié le 04/08/08  -  7 commentaires  -  16312 caractères  -  25 lectures    Autres textes du même auteur

Jacques se réveille dans une pièce qu'il ne connaît pas. C'est un jour de surprises, peut-être le premier jour de sa vie ?


Réveil


Jacques fut réveillé par le son des cloches de l’église qui sonnaient dix heures. Il eut besoin de quelques minutes pour réaliser où il se trouvait, étonné de se trouver entre des draps. Il réalisa soudain la chance qu’il avait d’être là, au chaud, propre.


C’est la faim qui le poussa hors du lit. Tout en se rasant avec le long couteau de son grand-père, il observa la rue en contrebas ; il espérait surprendre des lambeaux de vies insouciantes, mais la rue était désespérément vide. C’était l’heure de la messe, les villageois devaient y être. Il descendit dans le bar de l’hôtel de la gare, avec l’espoir de trouver un croissant et un peu de café.


Un seul client était attablé ; il suivait intensément Jacques du regard ; comme le serveur, d’ailleurs, il semblait étonné de voir un autre pensionnaire.


Après avoir bougonné un vague « bonjour » et commandé un petit déjeuner – quel luxe – il s’assit dos à la salle, vers la place de la gare, désertée.


- Je vous avais demandé un croissant ! Vous n’en avez plus ?

- Non, il n’y a pas de croissant, il n’y a pas de pain non plus ! Enfin pas de pain frais ! Voilà tout ce que je peux vous donner, une tranche d’hier, et un peu de confiture de mirabelles.


Le pain était rassis, la confiture un peu passée, le café ressemblait à une tisane, mais néanmoins c’était la première fois depuis un an qu’il côtoyait un tel luxe. Il dégusta bouchée après bouchée son repas, et se leva pour aller payer au comptoir.


- Cela fait deux francs, Monsieur.

- Deux francs ? N’est-ce pas un peu cher ? À Paris, on a la même chose, avec des croissants, pour un franc.

- Cela fait deux francs, Monsieur. Est-ce que vous avez de la monnaie ? Moi je n’ai qu’un billet de dix francs.

- Oui, oui, voilà votre argent.

- Mais attendez ! Ça ne va pas ! Je ne veux pas de votre argent. Voilà dix francs, vous me rendrez les huit que vous me devez demain.

- Pardon ?

- Allez, allez, partez maintenant, j’ai du travail.


Quand Jacques sortit du bar, haussant les épaules et serrant encore dans sa main l’argent qu’il avait reçu pour consommer, il surprit le regard goguenard des deux autres qui semblaient douter de sa santé d’esprit. C’est en se disant que la vie n’avait pas été facile pour tout le monde qu’il se dirigea vers la place de l’église.


Quelqu’un avait peint durant la nuit, sur la façade de la gare, de grandes lettres noires. Il était difficile de les reconnaître tant leur tracé était bizarre, elles se chevauchaient et semblaient se diluer sur la façade. On distinguait néanmoins trois mots : « Luxe, Calme, Volupté ».


Si les rues qui menaient au temple étaient vides, quelques groupes néanmoins déambulaient devant le grand portail de l’édifice roman. Des portes grandes ouvertes lui parvenaient des sons d’un orgue malmené. C’était comme si un enfant avait pris possession du clavier, et s’amusait à en tirer les accords les plus dissonants. Il s’y dirigeait quand un monsieur très digne, en costume de ville, le chapeau haut de forme posé de guingois sur la tête, l’apostropha pour lui proposer de s’asseoir sur un banc.


- Bonjour ! Venez donc vous installer ici. Ce sera parfait pour discuter. Et on a tous tant besoin de parler aujourd’hui.

- D’accord, je veux bien. Je n’ai rien à faire de particulier. Bonjour Monsieur.

- Nous ne vous connaissons pas, d’où venez-vous ?

- J’ai pris pension à l’hôtel de la gare, je ne suis pas ici pour très longtemps, je suis arrivé hier soir par le train.

- Oui, mais nous ne vous connaissons pas, d’où venez-vous ?

- Je vois que l’on est curieux dans ce village ! Je viens de Roubaix, mais je suis originaire de Paris.

- Oui, on ne vous connaît pas ici.

- Je m’appelle Jacques.

- …

- Il y a très peu de monde dans les rues ce matin. La place devant la gare était vide. Est-ce que tout le monde est à la messe ?

- …

- On ne devrait pas laisser les enfants jouer avec l’orgue, ce sont des instruments fragiles. C’est une curieuse coutume de donner la messe dans un tel vacarme.

- Ne trouvez-vous pas cette musique divine ? Écoutez les hautbois, écoutez les violons qui répondent à la contrebasse. Laissez-vous emporter par ces sons d’une pureté inouïe.

- …

- J’ai appris à jouer quand j’étais tout jeune enfant, et j’ai toujours étonné tous mes professeurs. Si je n’avais pas dû venir ici, dans ce village, j’aurais été un grand concertiste, un grand chef d’orchestre, tout le monde m’aurait applaudi. Vous devriez m’applaudir aussi, vous ! Alors que je fais tout mon possible pour vous jouer les plus beaux morceaux de flûte de Beethoven ! Ludwig !

- ….

- Allez, applaudissez !


Abasourdi, Jacques se leva d’un bond, presque effrayé par le ton qui montait. En balbutiant des excuses, tout en n’en pensant pas moins, il s’éloigna vivement de son compagnon. Il voulut en avoir le cœur net, et pénétra dans le sombre édifice. Les bancs étaient vides, la musique s’était arrêtée. Sur la balustrade, un vieux monsieur, les cheveux blancs arrangés en chignon, l’observait.


Un jeune homme entre dans l’église, il a sur sa main un perroquet qui semble effrayé. Il le tient fermement par les pattes, il a un air farouche. Les ailes vertes de l’oiseau sont toutes déchirées, comme après une bataille, et pendent lamentablement.


Le soleil était presque au zénith. L’air était frais et clair. Il alla jusqu’à la place du marché, il avait vu à l’hôtel que s’y trouvait une librairie. Elle était là, à l’angle du grand espace rectangulaire qui entourait la halle. La porte était ouverte, il passa le seuil. Au milieu de l’étroit magasin, un jeune homme, dans les vingt, vingt-cinq ans, était assis par terre, une pile de livres à ses côtés. Il leva les yeux vers Jacques au bruit qu’il fit en entrant. Il portait des lunettes munies d’épais verres traduisant sa myopie avancée. Ses cheveux étaient soignés, et il portait une espèce de tunique grise qui faisait penser à un uniforme d’écolier.


- Bonjour, Monsieur !

- Bonjour – dit Jacques – est-ce que vous êtes le vendeur ?

- Non. Le vendeur est parti avec les autres. Je suis un lecteur. Vous cherchez un livre ?

- Oui, il y a si longtemps que je n’ai pas pu lire que je crois que je pourrais lire n’importe quoi. Même du Zola si je n’avais que ça.

- Vous n’aimez pas Zola ? C’est pourtant un auteur fantastique, que notre société aurait avantage à lire plus souvent. Sans doute un peu anarchiste sur les bords, mais si humain.

- Et si pompeux, et si ennuyeux… Mais j’exagère toujours avec lui. Que lisez-vous ?

- Maupassant. Une belle nouvelle de Maupassant, « La chambre 321 ».

- Oui, intéressant. Est-ce que vous pensez qu’il y aurait du Baudelaire ici ?

- Ici ? En pleine campagne ? Cet auteur maudit ? Vous n’y pensez pas. Déjà, trouver du Zola, ce serait difficile, alors un fou !

- Au fait, je suis étonné depuis ce matin de ne voir personne dans les rues. Je n’ai rencontré que d’étranges personnages, que ce soit au bar ou sur la place de l’église, un peu bizarres dirais-je même. Où sont donc passés tous les habitants du village ?

- Oui, nous vivons une époque bizarre. Tenez, vous n’avez vu personne, mais nous, nous vous avons vu déambuler dans les rues, entrer dans l’église, discuter avec Hubert. Un grand musicien Hubert, non ?

- Vous m’avez suivi ?

- Non, mais vous étiez si absorbé dans vos pensées, si préparé à rencontrer vos semblables, que vous n’avez pas fait attention au petit peuple. Ce petit peuple qui souffre de vos grandes manœuvres, ce petit peuple que les autres ont abandonné. Il n’y a personne dans le village pensez-vous, dites-vous ? Mais Hubert, sur la place, mais Simon et Raphaël dans l’hôtel, mais Armand à l’église, ne sont-ils pas assez intéressants pour vous ? Ils sont paisibles.

- Ce n’est pas ce que je voulais dire bien sûr. Mais il devrait y avoir plus de monde, c’est un grand village. Et je n’ai vu qu’une poignée de personnes.

- Ils reviendront, oui ils reviendront. Mais nous ne vous connaissons pas, d’où venez-vous ?

- Jacques, je m’appelle Jacques. Je suis Parisien.

- Oui, c’est ça. On ne vous connaît pas. Mais vous semblez sympathique ! Voudriez-vous venir déjeuner avec moi ? Il y a un restaurant ouvert un peu plus bas. Vous m’en direz des nouvelles !


Un petit groupe de personnes se tenant les mains passe devant la librairie, chacun parle avec fortes mimiques. On entend du français, de l’allemand, de l’italien, de l’anglais. Il n’est pas sûr que ce soit une conversation.


Jacques suivit son guide sous la grande halle. Elle devait dater du Moyen Âge, et était faite d’une magnifique charpente en bois qui avait résisté au temps et aux flammes. Ses pas résonnaient sous la haute toiture, et il ne pouvait s’empêcher de s’étonner de la situation. La veille, quand il était arrivé, il y avait foule à la gare, et dans l’hôtel. Il avait même regretté de devoir rester un moment à boire pour fêter son arrivée avec deux ou trois piliers de bar qui buvaient bière sur bière, et qui ne voulaient pas le laisser aller se coucher. Il fallait fêter l’événement, disaient-ils. Et tout à coup, au réveil, plus personne, si ce n’est ces étranges personnages qui lui donnaient l’impression d’évoluer dans un monde étranger. Il était sans doute encore trop fatigué, trop perturbé par ce qu’il avait vécu pour retourner comme ceci dans la vie réelle, pour ne plus penser à ce que les hommes pouvaient faire quand ils avaient soif de pouvoir et de conquêtes. Il fallait qu’il profite de ce moment privilégié, il ne durerait pas longtemps. Il fallait profiter du soleil, du silence, des vêtements propres, et pourquoi pas, de ces discussions décalées.


Le repas fut très agréable. Son hôte, Jean, l’entreprit sur toutes sortes de sujets, de la philosophie à l’histoire, de la physique à l’astronomie. Il était intarissable, et faisait preuve d’une grande culture et d’une grande intelligence, étonnantes chez une personne aussi jeune, et dans un endroit aussi reculé. Sur la politique, la discussion faillit dériver vers des zones dangereuses. Jean avait tendance à critiquer les décisions prises par le gouvernement de manière très sévère. Jacques avait toujours été très respectueux de l’autorité, mais dans les circonstances actuelles, il considérait comme étant un principe fondamental, la nécessité de ne pas remettre en cause, ne serait-ce que par la pensée, les décisions de ceux qui avaient le pouvoir ; c’était pour lui une question d’honneur, de vie ou de mort. Quand il essaya de basculer sur les femmes, il fut surpris de la réserve de son interlocuteur.


Une jeune femme, tout habillée de rose, passe dans la rue, une ombrelle de broderie à la main, se protégeant des rayons du soleil hivernal. Elle chantonne un air triste et, en passant devant le restaurant agite sa main sur laquelle est enfilée une mitaine noire. Personne ne lui répond, et elle s’éloigne en répétant « merci », « merci », « merci »… La lumière se reflète sur ses bijoux.


À la fin du repas, après avoir dégusté une petite mirabelle de derrière les fagots, et après avoir encore une fois été payé pour avoir consommé – un regard de Jean lui avait fait comprendre qu’il ne fallait pas réagir – ils repartirent vers la place de l’église.


Trois jeunes garçons, vêtus de chemises rayées, des sabots aux pieds, se dirigent vers la gare. Un tire au bout d’une laisse, un chien mort, un autre, armé d’une fourche sur laquelle on distingue une charogne, menace le ciel, le troisième, la figure atrocement griffée, tient à bout de bras un chat qui gueule sa rage impuissante.


Des bruits de fanfares s’élevaient de derrière les maisons, Jean semblait tout excité, et pressait le pas, entraînant avec lui son nouvel ami. Quand ils débouchèrent sur la place, c’est un spectacle extraordinaire et effrayant qui s’offrit à eux. Un grand feu avait été allumé au centre, sans doute avec les bancs de l’église. Une foule habillée de vêtements dépareillés, de toutes les couleurs, dansait autour des flammes, au son d’une fanfare qui produisait plus de bruit que de musique. Chaque instrument semblait essayer de surpasser en volume son voisin, sans aucun respect de la mélodie et du rythme, dans une cacophonie indescriptible. Et tous chantaient, mais chacun une chanson différente, et tous couraient, dans un mouvement brownien, renversant les chaises, renversant les bancs, envoyant dans le bûcher tout ce qui leur tombait dans les mains. Il reconnut l’organiste et le musicien manqué, ils dansaient, nus, sous le kiosque à musique. Des femelles, les seins à l’air, les excitaient en battant la mesure avec de grandes piques, les cheveux longs emplis de paille et de terre, comme si elles s’étaient roulées dans on ne sait quelles bauges. Et Jean était là, au bord de la place, ouvrant les bras, riant à gorge déployée, se moquant de la mine déconfite de Jacques.


- Regardez ! N’est-ce pas merveilleux que cette innocence ? La joie, le bonheur, la liberté. Après toutes ces privations, dans le monde où nous sommes censés vivre, ce genre de fêtes est encore possible. C’est là que l’on retrouve la vraie nature humaine, fantasque mais pacifique, C’est dans ces débordements que l’humanité s’élève au-dessus du commun, au-dessus du vulgaire. C’est là que l’on approche le sublime.

- Mais qui sont tous ces gens ? Que se passe-t-il ici ? Est-ce que je dors encore ? Suis-je en plein cauchemar ?

- Non, vous ne dormez pas, mais vous êtes certainement dans un rêve, et vous regretterez de le quitter. Le cauchemar est en dehors de la limite de ce village. Profitez de l’instant présent, courez, dansez, criez, sautez, amusez-vous avec les femmes, aimez-nous !


Et Jean rejoignit la foule dont l’excitation était encore montée d’un cran, il semblait le meneur de tous ces débordements, il fut acclamé, porté en triomphe, et de loin, regardait, fier, important, Jacques qui ne savait plus que faire.


Un grondement retentit au loin. La foule se tut, instantanément. Le grondement reprit, ce devait être des véhicules qui s’approchaient des habitations.


Quand il se retourna, tous étaient redevenus calmes, résignés ; ils s’étaient mis en rang, et abandonnant leurs infâmes oripeaux, ils se dirigèrent vers le sud. Une grande bâtisse, au milieu d’un parc protégé par des grilles, semblait être leur destination. Il n’avait pas encore remarqué cet étrange bâtiment, sans doute la surprise de ce qu’il avait découvert le matin. Jean se retourna vers lui, lui faisant signe de les suivre, comme une invitation au voyage.


Quand ils arrivèrent à la grille, il put lire le panneau qui indiquait le nom de la propriété ; il comprit, et partant d’un grand éclat de rire, il abandonna ses amis d’un instant, pour courir vers l’entrée du village par où les autres allaient revenir.


Essoufflé, il attendit quelques dizaines de minutes avant de voir arriver les premiers véhicules, dans un vacarme de chenilles et de pavés écrasés. Derrière, il distinguait une colonne de soldats rescapés du champ de bataille, et il revit leurs gueules cassées, leurs regards vides, les coulées de sang et de merde sur leurs uniformes en lambeaux. Et il vit les officiers à cheval, perchés sur leurs éperons, surveillant d’un coin de l’œil leur troupeau condamné.


Alors il repensa à Jean, il repensa à Hubert, et à tous les autres. Il repensa à Zola et, d’un pas lent, il reprit la direction de la bâtisse qu’il avait fuie.


Ce fut le dernier à passer la grille, il ferma le portail. Et après avoir replacé correctement la plaque, vérifié que les verrous étaient bien en place, il rejoignit ses camarades dans le monde réel, fuyant la folie qui s’était de nouveau emparée du village.


À la fin de la guerre, dans les décombres de ce qui avait été l’asile d’aliénés, on trouva dans une cave toute une bibliothèque, une collection de livres, éclectique, couvrant tous les champs du savoir. Les gaz étaient passés par là. Deux cadavres reposaient, appuyés contre les rayonnages. Il fallut forcer pour enlever de leurs mains les livres qu’elles tenaient.


Un poète ! Dans leurs derniers instants, ils avaient décidé de lire les poèmes maudits de Baudelaire, sans doute pour retrouver, dans la beauté de ce que la morale avait réprouvé, la preuve que l’homme pouvait être bon, dans la folie de l’homme aux cheveux roses, la preuve de la possibilité de la paix.


Montesson, le 23 juillet 2008



 
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   Anonyme   
4/8/2008
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
ouaw !
J' en ai le souffle coupé !
Quel bel hommage à la poésie, à la folie !
Et comme c' est bien écrit, avec un suspense qui m'a tenue en haleine du début à la fin. Que dire de plus ? Je ne suis pas calée pour décortiquer un texte, celui-ci, et surtout pour son final, m'a bouleversée.
Merci.
EDIT : J' en rajoute tout de même un peu maintenant que j'ai repris mon souffle : j'adore ce luxe de détails dans la description des lieux et des personnages, ainsi que l'étrangeté de l'atmosphère.

   Bidis   
4/8/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Texte envoûtant à la chute plus qu’étrange.
Petite remarque :
- « Il fallait qu’il profite de ce moment privilégié, il ne durerait pas longtemps. » Les deux « il » me gênent un peu, j’aurais préféré « ce moment privilégié qui ne durerait pas»

   strega   
4/8/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Et ben... Même si la fin m'a évidemment touchée, même si je l'ai trouvé très belle, très ironiquement belle, ce n'est pas ce que j'ai préféré.

Mais tout le reste, tout le texte, c'était vraiment splendide.l'atmosphère, entre surréalisme; horreur, et poésie. Les descriptions qui (pour une fois) ne m'ont pas ennuyée. Tous ces clins d'oeil, à Zola l'assomant, Baudelaire le génie.

J'ai pensé Lynch en lisant ton texte, un peu aux Fauves aussi. Les contours absents et pourtant le tout si bien visible et distinct.

Mais par contre "il se dirigea vers la place de l’église." et juste après "Si les rues qui menaient au temple", ce n'est pas tout à fait la même chose. Ce n'est rien c'est vrai, mais vu l'ambiance générale du texte, j'ai du relire deux fois pour être sûre de n'avoir rien raté. Ceci dit, je ne suis pas un modèle de compréhension illico non plus.

Grand bravo et grand merci, j'étais ailleurs pendant la lecture.

   xuanvincent   
4/8/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Entre réalité et rêve, jusqu'à la chute finale, j'ai apprécié ce texte, de surcroît bien écrit.

Ce texte me paraît assez différent des textes précédents.

Etrange pension, tout aussi singulier village, entre banalité et monde irréel. Un lieu propice au bonheur, à l'abri de la folie des hommes.

Détail : "Ce fut le dernier à passer la grille..." : "Il fut... " aurait peut-être été préférable ?

La fin, qui laisse la porte ouverte à l'espoir, m'a intéressée et plu.

   Anonyme   
10/8/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Etrange voyage en absurdie, étrange chute dans la folie...
Etrange et c'est tant mieux. Passionnant !
J'ai dévoré et suis encore affamé... c'est plus que tres bien

   widjet   
20/8/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Une impression mitigée où le fond assez lynchien c'est vrai m'a davantage séduit que la forme, qui m'a semblé inégale, l'auteur m'ayant habitué à une écriture plus maîtrisée.

Mais avec marogne, cela reste tout de même de bonne tenue. Plus le récit progresse, plus l'étrangeté glisse vers une démence euphorique.

Une semi réussite.

Mais à lire pour se faire un avis.

Widjet

   aldenor   
27/8/2008
 a aimé ce texte 
Bien
J’aime bien l’ambiance de mystère qui plane sur ce récit, mais je suis surpris par le laisser-aller de l’écriture de certains passages.
Je vais m’atteler aux deux premiers paragraphes, particulièrement pauvres à mes yeux.
« Jacques fut réveillé par le son des cloches de l’église qui sonnaient… » : La répétition de « son/sonnaient » est atroce. Pourquoi pas « Jacques fut réveillé par les cloches de l’église qui sonnaient… »
Suit immédiatement un couple hideux « trouvait/trouver », étoffé d’un « étonné de » superflu à mes yeux. Je mettrais : « Il eut besoin de quelques minutes pour réaliser qu’il se trouvait entre des draps ». On comprend qu’il est étonné sans le dire.
Deuxième paragraphe.
« il observa » devrait je crois être à l’imparfait et puis j’éviterais le « ; », ça donnerait : « …il observait la rue en contrebas, espérant surprendre… ».
« Les lambeaux de vies insouciantes » ne sied pas au contexte, le ton est brusquement trop grandiloquent et finalement on ne comprend pas bien ; il aimerait voir des gens passer ?
« … un peu de café ». Pourquoi pas « du café » ? Avec « un peu » on dirait un assoiffé du désert.
Si je parle de laisser-aller, c’est qu’il est évident au vu de certains autres passages que l’auteur est capable d’éviter de telles gaucheries. Alors mon impression : texte bâclé.

Bon. J’avais imprimé ce texte sans lire les commentaires, que je découvre. Ouais. Je peux me tromper. Bien sûr.


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