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Sentimental/Romanesque
matcauth : Rêve de loup
 Publié le 22/11/11  -  14 commentaires  -  13260 caractères  -  161 lectures    Autres textes du même auteur

Pourquoi partir et tout quitter ? Pourquoi revenir ? Réflexion sur la solitude des hommes.


Rêve de loup


Le vent tourbillonnant croisa le sentier forestier et souleva la terre sèche, jaugea un instant ce maigre butin, puis s’en débarrassa, le projetant contre la vitre poisseuse. Miller soupira.


– Il faudra que je songe à nettoyer ces fichus carreaux. Thomas ?


Le jeune stagiaire entamait, soutenu par son balai, un deuxième cycle long de sommeil paradoxal au moment où la remarque fusa.


– Oui, les vitres ! J’ai entendu ! Je m’y mets dès que le sol est propre. Avant la fin de la semaine, tout sera nickel !


Miller se tenait dans l’encadrement de la porte depuis un long moment. Combien de temps, il n’aurait pas su le dire. C’était la première fois que le soleil frappait si fort ici. La chaleur avait grillé les carrés de verdure autour de sa station-service. Le gibier, lassé des rayons brûlants du soleil, avait fini par ne plus pointer le bout du museau à l’orée de la forêt alentour. Et le chien tripatouillait un on-ne-sait-quoi sur des tas de cailloux éparpillés de l’autre côté de la vieille route.


Les images de son enfance se calquèrent sur ce drôle de paysage. Oh, bien sûr, il fallait un peu d’imagination. Mais Miller n’en était pas dépourvu. Au contraire. Il vit dans les monceaux de grès roses les pierres de son Red Rock Country natal. La nationale menant à Chayroux devint sa Road 66 et il n’hésiterait pas à saluer d’un coup de casquette les rares motards ou les pick-up qui croiseraient le bitume. Les longs résineux de la forêt lui rappelèrent le parc de l’Arapahoe où il aimait se perdre étant jeune, berné par sa vertigineuse immensité. Miller dévissa sa casquette, s’essuya le front et la revissa solidement. Il pivota les talons et regagna son comptoir. Il avait son compte pour la journée.


Le temps se prélassait. On aurait presque entendu les mouches voler. Mais cet après-midi il faisait trop chaud, même pour voler. Dehors, le chien réussit enfin à déloger une pierre, interrompant d’un grognement victorieux le silence presque sidéral. La lubie canine occupait Miller. Rares étaient les clients enclins à le déranger un mercredi de juillet.


– Il a dû trouver un mulot, s’exclama Thomas qui n’était plus très loin de finir le nettoyage du sol.

– S’il y a un truc là-dessous, le chien n’en démordra pas.

– Ouais. Et il n’y a guère de chauffards pour le déranger.

– Les gens dorment, si tu veux mon avis. Ou alors ils sont morts de soif !


Pour s’éviter le désagrément d’être à son tour mort de soif, Miller se dirigea vers le frigidaire et en sortit une Foster’s bien fraîche. L’extrait de malt infusé irradia en bouche puis dans tout son corps. Son visage tendu se dérida soudain. C’était le parfum de sa vie qui s’insinuait en lui : la vapeur âcre des bassins de brassage ; l’odeur chaude des fermiers suant à grosses gouttes ; le murmure des épis d’orge sous le souffle du Chinook wind. Des parfums d’ailleurs. Des bruits d’autrefois. Le tintement de capsule sur le sol carrelé alerta Thomas qui suivit la tournure des événements. Miller hocha la tête et quitta sa chaise. Il ferma à clé la caisse enregistreuse, se dirigea vers la sortie et, s’adressant à son stagiaire :


– Tu ranges tout et tu donnes à bouffer au chien. Tu sortiras par l’arrière.

– Qu’est-ce que je dis si quelqu’un demande ?

– Est-ce que je demande, moi ?


Une soudaine rafale tenta sans succès de mettre la main à sa casquette au moment où Miller quittait la station-service. Il tira le grand volet de fer et apposa l’écriteau sur la poignée de la porte.


OUVERT TOUT LE TEMPS, SAUF DES FOIS.


Aujourd’hui était l’une DES FOIS.


* *

*


Miller n’avait pas mis autant de cœur à déplacer ses vieilles jambes depuis longtemps. Combien, cinq ans ? Sept. Quand il avait quitté son pays, en fait. S’il s’en souvenait ? Pour ça, oui ! Il se rappelait tout : ses bagages posés dans un vieil hôtel de Chayroux, la première bière pas bonne, l’achat du magasin à un Bulgare pas clair, la cinquième bière un peu meilleure, les paperasses de l’administration française pas piquées des vers, la douzième bière, franchement savoureuse, les premiers litres de rosé, passables, les Français, particuliers. Il avait presque autant de souvenirs qu’il n’y avait de règles de grammaire dans la langue de Molière. Le temps d’en faire la revue, sa casquette n’était plus qu’une éponge gorgée de sueur. Le centre-ville de Chayroux était en ligne de mire.


Miller se comparait souvent à un navigateur. Les navigateurs dévorent la mer. Même s’ils ne la touchent jamais. Au mieux l’effleurent-ils. Et au bout du compte, c’est la mer qui les dévore. Ils succombent à son attrait maléfique et leur bateau tangue au gré de ses caprices. Quel étrange paradoxe ! Miller, lui, il navigue sur la terre ferme. Il y a moins de tangage. C’est la forêt qui crie son nom. Les prés, les champs…, une vraie cacophonie. Un vacarme qui broie son esprit.


Au cœur de l’après-midi, ça ne se bousculait pas dans le centre de Chayroux. Là aussi, la chaleur était épouvantable. Le vent s’immisçait jusque dans les étroites rues pavées et les gens s’affairaient sans traîner. Miller les suivait du regard, les inspectait. La présence des humains est rassurante. En ville, au travail ou en vacances, être entouré de tous ces badauds, c’est se sentir au bon endroit, au bon instant.


Encore une ruelle. Il y avait décidément beaucoup à voir dans cette petite ville toute simple. Là-bas, dans son Colorado, les gens parlent fort et se trimballent sans arrêt avec un pot de café dans la main. Ici, ils marmonnent dans leur barbe et ils fourrent leurs mains au fond de leurs poches. Quelle idée !


– Et cette manie d’avoir une baguette sous le bras ! Est-ce que je me balade avec ma Foster’s sous le bras, moi ?


Au fond d’une artère presque vide de passants, Miller croisa un drôle de magasin. Une longue vitrine proposait sa galerie d’animaux immobiles. Un taxidermiste.


– Quelle horreur, s’exclama une vieille dame derrière Miller.

– ’ Faut pas que tu voies ça ! s’empressa d’ajouter son compagnon, évitant astucieusement à la vieille de s’épandre sur le sujet.


La vitrine dévoilait un étonnant spectacle d’animaux taillés dans un marbre d’éternité. Il y avait là un aigle déployant ses ailes avec grâce, s’apprêtant pour toujours à prendre son envol. Près de lui, un loup se tenait recroquevillé, dans une position d’attente. Un imperceptible mouvement de la gueule dessina un sourire carnassier sur son visage. Le loup regardait le rapace. Il lui parla. L’aigle acquiesça et lui rendit son sourire. Ils vivaient, Miller en était persuadé à cet instant.


– Mince ! Le gars qui a réalisé ça a réussi son coup ! Holy comb ! On s’y croirait !


Le soleil desserra un peu son étreinte et Miller lui en fut reconnaissant. Chayroux se trouvait loin derrière désormais et le pompiste, poursuivant son chemin, aperçut les premiers contreforts des Monts Jaunes, une série de sommets arrondis d’où la vue est imprenable. Ses jambes le priaient déjà de s’arrêter. Mais en haut lieu on s’insurgea et refusa. D’ailleurs, la forêt était à quelques pas. Après il ne resterait plus que la grande montée et l’arrivée en haut des Monts.

La forêt était belle. Un camaïeu de verts sur bleu d’outremer, comme les forêts de son pays. Elles en avaient le parfum : doux, subtil, silencieux. Miller s’y engouffra avec espoir. Espoir déçu tant la nature se refusa à lui. Il n’en aurait que quelques bribes, pas de quoi étancher sa soif inextinguible. Miller traversa la laie comme un vent poussiéreux traverserait les prairies avant de s’écraser contre une vitrine. Et puis il n’en resterait rien. C’était perdu d’avance.


Le sommet se rapprocha. Miller se sentait épuisé par sa longue marche. Sa détermination déclinait peu à peu. Le vent s’était tu, le soleil s’était fait affable. Ses derniers rayons jetèrent un coup d’œil sur le crâne ras des Monts Jaunes. Un endroit magnifique avec la rivière en contrebas cherchant péniblement son itinéraire entre les rochers. Miller était parvenu à destination. Il accepterait enfin de répondre aux doléances de ses pieds.


D’aussi loin qu’il s’en souvenait, Miller avait toujours eu en lui cette faim d’ailleurs. Même Anita, son premier et unique amour, n’aurait pu l’empêcher d’empoigner son vieux sac à dos pour quitter le village de son enfance, un jour funeste de deux mille quatre. C’était écrit, gravé en séquences dans son ADN. Les préparatifs furent vite expédiés : Miller n’entendait emporter que l’essentiel, dans ses bagages et dans sa tête. Sur le visage d’Anita se dessinait l’amour et la compréhension. Elle avait toujours su lire au plus profond de son âme.


Sa première étape fut la colossale Russie. En stop, beaucoup, et à pied, un peu. Il sillonna fiévreusement les grandes plaines occidentales du pays et caressa de la main les contours de ses rêves d’ailleurs. Il endura le froid, la faim et la soif. Plus que tout, il endura l’absence d’Anita.


Malgré tout, Miller s’obstina à poursuivre les fantômes aventuriers qui peuplaient son esprit. Il quitta les plaines pour la péninsule de Kola et de là gagna l’Europe par le nord. Quand il arriva en France, après deux ans d’un voyage ininterrompu, Miller cherchait encore les réponses à ses questions : pourquoi les sapins de la Taïga sont-ils les mêmes que ceux du Colorado ? Pourquoi les matins se lèvent-ils aussi à l’est quand on a la tête en bas ? À quoi cela sert-il que la terre soit si vaste, si c’est pour n’en apercevoir qu’une minuscule parcelle ? Miller se sentait comme tous les globe-trotters qui ont trop retardé le train du retour. Plus personne n’est là sur le quai d’arrivée pour partager leur carnet de voyages. Il avait trop honte pour rentrer. Il avait échoué.


Alors aujourd’hui il avait soufflé sur le vieil album de souvenirs qu’il cachait dans un coin de sa tête. Pour quelques heures ou quelques jours, il reprenait la route avec le pathétique espoir de donner un sens à la folie qui l’avait habité. Et laissé seul au bord du chemin.


ANITA !


Assis sur les courts brins d’herbe jaunie, Miller n’avait aucun moyen pour expliquer ce qu’il faisait planté là, seul, usé par ses efforts de la journée, usé par les efforts de sa vie. Son esprit s’égara et ses yeux se fixèrent sur un oiseau au-dessus de sa tête, forme minuscule flottant avec grâce, glissant, s’immobilisant presque, recommençant son manège. Une chape de gris sombre avait envahi le ciel lorsque l’aigle se décida enfin. Il plongea. Et, dans sa vertigineuse descente en piqué, l’animal croisa le pompiste de son regard. Deux étincelles infimes, deux parcelles de lumière dans la semi-obscurité.


– L’aigle ! C’est le même !


Il y a des journées avec et des jours naissants. L’adage était tenu pour dit : Miller aurait les deux aujourd’hui. Quelques heures plus tôt, son corps avait accepté de rendre les armes pour se retaper un peu. La parenthèse refermée, ses vieux os obéirent avec une ardeur nouvelle aux injonctions des hautes sphères du quartier à casquette.


– J’aurais peut-être dû me trimballer avec une Foster’s sous le bras, tout compte fait !


Une nuit n’avait pas étanché sa soif vieille de plusieurs heures. Ni sa faim. Pas facile de renouer avec son passé de routard.


– ’ Sont pas si cons finalement, les Français avec leur baguette !


Miller prit sans tarder la direction de Chayroux et du taxidermiste. Il avait quelque chose à vérifier. Le plateau calcaire disparut derrière lui tandis que devant la petite cité faisait un signe de la lanterne, par-delà la forêt. Les rares passants sous l’aube balbutiante ne s’intéressèrent pas beaucoup à sa mine de déterré. Lui n’en avait cure. Le magasin était en vue, ouf, il n’avait pas bougé. Le décor animalier lui fut à nouveau servi sur un plateau. Une lueur blafarde émise par un vieux projecteur donnait un air nouveau à ces animaux immortalisés dans leur chair. Le regard figé du rapace avait changé depuis la veille. Ses yeux s’étaient parés de jaune. Ils brillaient. Une illusion du projecteur, rien de plus ? À ses côtés, Le loup ne souriait plus. Il semblait comme… loin. Haut. Il s’apprêtait à plonger. Dans quelques instants, il croiserait le regard de Miller.


* *

*


Le même décor. Une station-service au bord d’un long ruban de bitume, une forêt de conifères à côté, des tas de cailloux éparpillés, avec juste une pierre en moins. Et un chien qui s’acharne. Ici le temps est à son aise. Une marche lente qui pendant sept ans a exorcisé la quête de Miller vers un bonheur qui ne voulait pas de lui.


Thomas a piqué une Foster’s et le frigidaire est resté ouvert. La porte de derrière est grande ouverte. Peu importe. Miller n’aura plus besoin de partir. Rêver que la nature est belle, c’est mieux que de la toucher. Miller est un loup. À son tour, il s’apprête à s’envoler et à plonger. Il s’apprête à voir le monde dans les yeux d’un autre.


Miller s’approche du comptoir. Il décroche son téléphone.


– Allô ? Bonjour, je cherche un numéro de téléphone. Anita Miller, Glendale, Colorado.



Les rêves sont ce qu’il y a de plus doux et peut-être de plus vrai dans la vie.

Charles Nodier.


 
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   socque   
4/11/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime bien le "parfum silencieux" des forêts. D'une manière générale, je trouve que ce texte campe efficacement le personnage, sait distiller son ambiance désabusée et en même temps porteuse d'espoir. Je le crois réussi même si, honnêtement, le sujet ne m'intéresse pas plus que ça.
Joli, l'épisode mystérieux avec les animaux du taxidermiste...

   Anonyme   
4/11/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Deux lectures. La première pour savoir, la seconde pour apprécier davantage cette réflexion sur la solitude d’un déraciné volontaire.
Et j’ai trouvé, dans ce texte, une nostalgie assez bien distillée, tout au long de cette promenade de Miller, à la fois dans le présent et dans son passé.
L’auteur a-t-il voulu la rencontre de l’homme et des deux animaux naturalisés, pour faire prendre conscience à Miller de sa situation psychologiquement similaire ? Est-ce cette rencontre qui va, enfin, secouer ce globe-trotter, aujourd’hui encalminé dans cette station service minable ?
C’est ce que j’ai perçu, en tout cas, et que j’ai bien aimé.
Et donc ce texte serait très bon s’il ne présentait quelques défauts d’écriture, quelques tournures de phrases impropres. Comme ceci, par exemple :

« Une soudaine rafale tenta sans succès de mettre la main à sa casquette au moment où Miller quittait la station service. »
La rafale (de vent) qui tente de mettre la main à sa casquette ! Phrase à reconstruire.

« Un imperceptible mouvement de la gueule dessina un sourire carnassier sur son visage. »
Il s’agit d’un loup empaillé ! Le mot visage est donc bien mal choisi.

« Ses jambes lui priaient déjà de s’arrêter. »
Pas « lui », « le ».

« Ses derniers rayons jetèrent un coup d’œil sur le crâne ras des Monts Jaunes. »
Parlant du soleil, j’ai du mal à imaginer que ses rayons puissent jeter un coup d’œil.

« Miller est un loup. A son tour, il s'apprête à s'envoler et à plonger. »
Un loup s’envole-t-il ? « à quitter sa tanière », serait peut-être plus représentatif ?

Mais j’ai bien aimé la pancarte de la station service

« OUVERT TOUT LE TEMPS, SAUF DES FOIS. »

Et la remarque qui suit :

« Aujourd'hui était l'une DES FOIS. »

   Anonyme   
18/11/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai lu avec plaisir jusqu'au bout. Il y a quelques belles formules. La première phrase, par exemple. Les dialogues sonnent juste, sont percutants. Quelques traits d'humour. OUVERT TOUT LE TEMPS, SAUF DES FOIS : ça m'a bien fait rigoler. Les images se sont bien installées en moi, crédibles et sans forcer. Du travail sérieux.

Un bon texte, agréable à lire, dont j'apprécie le style.

Incognito

   macaron   
22/11/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une nouvelle réussie, agréable à lire. Votre Miller tient bien la route, et l'atmosphère un rien étrange amplifie cette réflexion sur la solitude de l'homme. Le choix de la nationalité américaine pour votre héros avec les différences culturelles mais les similitudes de décor est une bonne idée et apporte beaucoup je trouve pour l'intérêt de cette histoire.

   Perle-Hingaud   
22/11/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J’ai aimé lire cette nouvelle. L’ambiance et l’humour. L’ambiance : le vent, la poussière, la station-service : j’ai cru lire une nouvelle de là-bas, sur la route au milieu de nulle part. L’humour : dès les premières lignes, le sommeil paradoxal du stagiaire soutenu par son balai : arf…
En fait, nous ne sommes pas dans le Colorado mais dans une forêt française. La pancarte : excellente.
Pour l’écriture, le rythme colle bien à l’état d’esprit du bonhomme.

Ce qui me parait tout de même étonnant, c’est que l’homme semble découvrir la ville et ses habitants, alors qu’il vit là depuis 5 ans. La baguette sous le bras: je trouve aussi un peu excessif (mais je chipote, ok !).

Incursion de la nature dans le tableau : l’aigle et le loup, si liés dans l’imaginaire aux vastes espaces de la conquête de l’ouest et autres continents sauvages : bien vu, presque une touche de surnaturel dès cette image. L’intérêt est relancé à ce moment là.

Dommage pour quelques expressions trop lues : « le soleil desserra un peu son étreinte », « elle avait toujours su lire au plus profond de son âme ». D’autant que le passage sur les volontés opposées esprit / corps est amusant.

La transition entre le soir et le lendemain matin est confuse. Il a dormi dehors ?

L’histoire des retrouvailles avec Anita est superflue, à mon sens bien entendu.

Finalement, une nouvelle qui reprend des éléments archi-utilisés : les rêves de grands espaces, les sapins, les aigles et les loups, la station service et la poussière, le frigo et la bière, l’homme seul et sa quête, et… l’amour au bout du compte. Malgré tout, ce récit fonctionne bien pour moi, c’est l’essentiel.

   alvinabec   
23/11/2011
Bonjour,
L'histoire se lit très bien, ton fluide, rythme lent sans doute voulu par l'auteur.
Le texte pourrait être un peu plus ramassé, ça lui donnerait une force plus singulière.
Des babioles à revoir tt au long de votre récit 'entendre les mouches voler', 'silence sidéral', 'su lire au fond de son âme', etc.; toutes locutions éculées.
Il y a des expressions heureuses aussi ' autant de souvenirs que de règles de grammaire', 'ici le temps est à son aise'.
A vous lire...

   Lyn   
23/11/2011
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai trouvé cette nouvelle facile à lire.
Il y a de jolies trouvailles, notamment le "Il y a des journées avec et des jours naissants". Très adroit, très bien trouvé.
Un ton calme et paresseux qui nous entraine.
Par contre, j'avoue ne pas avoir compris le rapport entre le titre et le texte.

   Palimpseste   
27/11/2011
 a aimé ce texte 
Bien
un texte qui se laisse agréablement lire.

Quelques points qui me laissent un peu perplexe:

- On dit "red rocks" pour le Colorado
- la foster's est une bière australienne. Je verrais plutôt Miller boire des Budweiser.
- les chiens ne courent pas après les mulots, les chats, plutôt.
- le stop en Russie a été interdit pendant de longues années et très dangereux après...

J'ai bien aimé la pancarte aussi.

   caillouq   
3/12/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ca a été long d'arriver à cette nouvelle à cause du titre ... L'animalier, je me méfie.
Mais non ! J'ai bien apprécié le début, le plantage du décor et du personnage principal. Dans le dernier tiers, une fois la rencontre faite, j'ai regretté qu'il n'y ait pas une petite rupture dans le rythme, que ça ne décolle pas vraiment. Il y a une certaine poésie de la lenteur, mais , bon, voilà, quand il devient évident qu'on n'en saura pas beaucoup plus sur le héros l'errant-qui-s'est-arrêté-là, c'est plus dur de s'accrocher. L'histoire du loup était peut-être centrale pour l'auteur, mais l'humain m'intéressait plus. Et le retour sur Anita n'ouvre pas des perspectives nouvelles. Le frustrant, c'est qu'on a l'impression que le narrateur aurait plein de choses à nous raconter, mais il en garde l'essentiel pour lui.
C'est néanmoins une nouvelle agréable à lire, avec une écriture très bien balancée.
J'attends avec curiosité le prochain opus.

   kullab   
19/12/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Hello marcauth,
J'ai bien aimé cette petite nouvelle teintée de mystère et de mélancolie.
Quelques formules m'ont gêné dans ma lecture, je les trouve un peu "faciles" et du coup j'accroche quand je passe dessus, mais c'est peut-être un avis non partagé :
"trop chaud, même pour voler"
"rafale tenta de mettre la main à sa casquette"
"le soleil desserra son etreinte et Miller lui en fut reconnaissant"
De façon générale, j'ai trouvé ces tentatives de personnification des éléments naturels un peu trop simples.
Sinon, lecture très agréable, merci !

   SetsunaSoul13   
12/6/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Nouvelle agréable à lire, d'une lenteur berçante.
J'ai globalement apprécié ce moment; du sentimental tourné vers le mélancolique.
Le passage de l'aigle et du loup, notamment quand il croise l'aigle en plein vol, et la suite qui en découle, m'a quelque peu échappé. Du coup, la fin a perdu de sa force (du moins, à mes yeux)
Belle écriture dans tous les cas

   Anonyme   
29/8/2012
 a aimé ce texte 
Bien
On entre assez rapidement dans une atmosphère lourde mais captivante et on ne la quitte plus. Bravo.

le tout est homogène avec des personnages bien campés et une étude de caractère soignée.

parfois une longueur, vite effacée, par des mots qui font repartir le rêve : Red Rock Country, parc de l’Arapahoe, une Foster’s, les premiers contreforts des Monts Jaunes, Holy comb, le souffle du Chinook wind...

un plaisir !

   hersen   
17/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Comment dire ? l'auteur me peint une sacrée bonne ambiance mais je reste un peu à côté du personnage.

D'une certaine façon, c'est d'une grande poésie, les descriptions sont quelquefois déroutantes mais toujours parlantes.

La rencontre avec le loup et l'aigle est un moment fort, mais qui aurait dû me faire décoller davantage. Cette idée est vraiment bonne, des animaux empaillés, vous pensez, alors moi je suis super prête ! et on vient me parler d'Anita ! Je suis un peu déçue, pardon Anita, mais j'attendais plus.

néanmoins, on ne s'ennuie pas une seconde tant l'écriture recèle des petites choses, comme ça ,mine de rien, au détour des lignes.

Des jours avec et des jours naissants

je cite ça pour donner une idée de ce que j'aime dans le texte...qui en fait quelquefois trop :

Ouvert tout le temps sauf des fois.

C'est tout bonnement excellent. Mais je retombe aussi sec car l'auteur m'explique (!) qu'aujourd'hui c'est sauf des fois; ça m'a cassé la baraque. En gros, j'étais bien, dans ce petit monde là et tout à coup, on prend la peine de m'expliquer, alors ça m'intéresse moins, forcément.

J'ai donc fait connaissance avec une certaine ambiance autour du gars, mais pas tellement du gars lui-même qui va devenir un loup et tout et tout et moi, j'ai droit à rien.

La vie n'est pas juste, mais on le savait déjà...

Rendez-vous sur une prochaine lecture,

hersen.

   Coline-Dé   
17/11/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Absolument envoûtant ! L'atmosphère que dégage ce texte m'a empoignée et ne m'a plus lâchée. L'histoire en est mince, mais racontée avec une telle densité et intensité que j'ai eu l'impression de lire du Harrison, un Harrison français, mais avec la même " mâche" dans l'écriture, l'immersion dans la nature comme l'intérieur de la tête du héros, bref je n'ai pas trové une ligne de trop, ni un mot, tout est absolument en place et je salue bien bas l'auteur !


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