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Réalisme/Historique
Micdele : Fils de…
 Publié le 21/12/14  -  6 commentaires  -  3451 caractères  -  92 lectures    Autres textes du même auteur

Une aventure historique… Vécue de l'intérieur en toute "spiritualité"…


Fils de…


La lumière finale était là… Juste au bout du tunnel. Encore quelques minutes, quelques secondes, quelques instants et tout serait dit…

M'avait-on encore fait de vaines promesses ? Allais-je encore être une fois déçu, dégoûté ?


La dernière étape n'était pas la plus simple, la plus facile. Elle était douloureuse et demandait un certain courage, une terrible résistance. La constriction était énorme, les spasmes, toutes ces compressions, toute cette mouvance vers l'avant dans le noir total étaient insupportables. Le jeu en valait-il la chandelle ? Sait-on jamais ? Peut-être que cette fois, on ne m'avait pas menti. Peut-être qu'enfin, les promesses maintes fois avancées seraient tenues ? Peut-être serais-je enfin ce que j'avais toujours espéré être… Fille de roi ? Fils d'empereur ou autre noble quelconque. Peu m'importait. Pourvu que la notoriété fasse son œuvre… Je la voulais, j'y aspirais de tout mon petit être, de toute mon âme.


Les thermes chauds m'avaient accueilli et baigné durant tout ce temps d'attente. Le délai imparti n'était pas dû au hasard. Outre les assemblages qui s'opéraient à chaque seconde, je me devais d'être très attentif à tout ce qui m'entourait. Surtout à tout ce que je pouvais entendre puisque l'obscurité totale était une des conditions de survie. Même si de temps en temps, un petit éclat rouge vif était visible. Pas d'odeur bien évidemment mais un goût saumâtre en permanence auquel je ne m'habituais pas. Ce vase clos était ma vie. Mon pays. Mon paradis ou mon enfer. Durant mes moments de lucidité, j'avais bien entendu toutes ces voix autour de moi, en particulier, celle de ma constructrice, plus forte et plus vibrante, douce et musicale…


Je savais très bien comment allait se terminer cette aventure. Comme d'habitude. Un flash, une douleur. Une prise de conscience et puis quoi ? Le néant ou plutôt l'abstraction de la véritable connaissance ?


Pourtant, j'avais choisi. M'avait-on laissé l'impression de choisir ? Je savais que finalement ma préférence n'était qu'aléatoire.


On m'avait laissé plusieurs semaines pour faire l'ultime sélection. Je pensais que cette fois était la bonne. La dernière. Et puis… enfin… MOI…


J'avais écouté tous les conseils que les Plus Puissants m'avaient distillés, juste avant l'immersion finale. À partir de ce moment précis, un retour n'était plus envisageable. Sauf cas d'extrême urgence. Mes expériences antérieures m'avaient guidé. Toutes mes souffrances passées étaient bien présentes lors de mon dernier passage devant l'Extrême Assemblée. Ma sélection était définitive. Et ce dernier raisonnement transmis par Le Puissant avant l'ultime plongeon :

« À l'horizon, tout est possible. »


L'éblouissement natal et puis, l'inspire primal. Celui qui fait mal, qui déchire les poumons. Le cri suivi des pleurs. Enfin, la peur ancestrale.


Baigné dans une pénombre décembrale, entouré de souffles pestilentiels, frigorifié et posé, là, sur une litière de paille peu épaisse, je gisais, tel un sou neuf, admiré par les yeux voisins. Mon père, ne sachant trop quoi penser de ma venue… Ma mère, fière et heureuse du bienfait que « la nature » lui offrait. Un âne et un bœuf essayaient de réchauffer l'atmosphère hivernale de cet historique moment…


La dernière pensée qui me traversa l'esprit avant l'obligatoire et essentielle amnésie fut : on m'a encore menti ! Moi qui pensais enfin naître fils de …, je me retrouve à nouveau fils de rien ?!


 
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   Asrya   
25/11/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Plaisant.
Pas exaltant ; plaisant.
Peut-être que la chute n'est pas assez masquée, que c'est trop attendue.
Je pensais à une naissance, celle de n'importe qui ; petite surprise, pas celle de n'importe qui (bon point).
Un peu septique toutefois sur ce "?!" final. Pourquoi cette interjection ? Un point normal aurait suffi, aurait davantage eu d'impact selon moi.
Ce seul signe de ponctuation perturbe le sens, la morale que j'avais espéré découvrir. Bien sûr, ce n'était peut-être pas celle que vous vous étiez imaginé à travers cette exclamation interrogative.
Question d'interprétation, de point de vue.
L'idée est bonne, la manière de raconter très adéquate ; j'aurais aimé plus de "surprise", plus "d'inattendu", moins de "prévisible".
J'ai passé un bon moment à vous lire,
Merci pour votre partage,
A bientôt.

   socque   
30/11/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Aux premières lignes, j'ai pensé à Baudelaire dont le narrateur parle de la mort dans "Le rêve d'un curirux :
"J'étais mort sans surprise, et la terrible aurore
M'enveloppait. – Eh quoi ! n'est-ce donc que cela ?
La toile était levée et j'attendais encore."

Et puis la suite m'a vite convaincue qu'on parlait de naissance, de réincarnation. Soit. Le "twist" de la fin est bien sympa : c'est la Nativité qu'on me donne à lire, avec un Petit Jésus plutôt grognon ! Marrant, je trouve.
L'écriture m'a plu par son intensité.

D'un point de vue de cohérence narrative, pour moi c'est un peu dommage cette "obligatoire et essentielle amnésie" au passé, pour un narrateur à la première personne : comment peut-il se rappeler la matière de son récit, dans ces conditions ?

   caillouq   
21/12/2014
 a aimé ce texte 
Un peu
C'est bien écrit, pour moi le contexte était éventé dès l'association titre + première phrase, pas gênant si c'était l'intention de l'auteur. La pirouette finale est amusante mais pas raccord avec le reste du texte : si on se replace dans une cosmogonie chrétienne (ouais, OK.... Mais j'aime bien le mot "cosmogonie", et on n'a pas souvent l'occase de le placer), à quoi font référence "les Plus Puissants" et l'"Extrême Assemblée" ? Pour les textes courts, il vaut mieux ne pas trop partir dans tous les sens (en plus de polir la forme à fond, mais là ça va, rien n'a perturbé ma lecture). Frapper par la cohérence du petit bloc. Pas trop se perdre en allusions, après ça fait mec qui a eu la flemme d'écrire un truc plus long. Je trouve.

   in-flight   
21/12/2014
Texte de saison ;-)

Le choix du point de vue interne est bien logique pour un texte intra-utérin, mais quelque chose m'a gêné: voilà un narrateur qui a conscience de sa réincarnation comme si cela était bien normal: "alors sur quoi je vais tomber cette fois-ci? La famille du Tsar Nicolas II? Un couple d'ouvriers? Un charpentier et une sainte mère?

D'autre part, le narrateur ne sait pas encore qu'il est l'élu lorsqu'il nous parle. Mais le récit est au passé (sous entendu avec un narrateur plus âgé et donc conscient de son statut). L'adoption du point de vue externe pourrait régler cette anicroche.
"je me retrouve à nouveau fils de rien ?!"--> La dernière phrase ajoute de la confusion à ce que j'explique précédemment. Ce point d'interrogation est troublant: il sait? / il sait pas?

Le texte est original mais traité de façon un peu neutre. Il faudrait donner plus d'identité à ce récit en utilisant les"codes" du fantastique du merveilleux ou de l'humour (la dérision).

M'avait-on encore fait de vaines promesses ? Allais-je encore être une fois déçu, dégoûté ? --> Cette petite phrase incite le lecteur à connaitre un peu plus ce qui est arrivé à notre bon bébé par le passé. Quelle genre de mésaventures a-t-il vécu?

   Anthyme   
21/12/2014
Cela m’évoque le « karma-fiche-de-vœux » propre à certaines traditions orientales, qui se décline dans le registre « apprentissage par la souffrance » :

« Je coche les cases :
- Enfant abusé.
- Dyslexie.
- Accident de voiture.
… Et puis … oh oui !
- Sida et Alzheimer

… Ah ça fait trop ? …

… Bon bennn ; vous me mettrez un petit cancer avec chimio. »

… … … …

Loin de moi la prétention de commenter l’art de l’écriture : j’ai tout à apprendre.

Pour ce qui concerne le fond, je me contente de dire que l’erreur capitale que je perçois dans ce texte est de ne pas avoir marqué de barrière « temporelle ».

En admettant l’existence d’un « esprit » préexistant à sa constitution matérielle ; la dimension psychologique du « temps » ne peut exister pour lui que sur le terrain physique où ce « temps » trouve son assise : la matière.

Dit autrement ; le « temps » ne peut exister que pour de la matière qui a conscience d’elle-même ; c'est-à-dire pour l’« esprit-incarné ».

Avec l’implication que « avant » l’incarnation, il m’apparaît incohérent de mentionner des notions s’y rapportant.

   Curwwod   
21/12/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Après tout on a bien le droit d'évoquer en cette période la naissance de celui qui venait sauver le monde. Si ce n'est pas religieux, c'est au moins culturel et ce récit plutôt bien mené situe l'évènement avec une certaine originalité : le point de vue de l'enfant au moment de sa naissance. L'ensemble est bien restitué, avec une certaine élégance de l'écriture et un sens manifeste de la construction d'une histoire et au bout du compte une ironie à double sens qui ne manque pas de saveur. Par ailleurs, la notion d'immaculée conception, dogme chrétien rejoint celle de métempsychose, ce qui ne manque pas non plus d'un certain humour. On pourrait aussi penser à Platon, aux réminiscences et aux lotophages, si bien que vous faîtes ici une forme de synthèse de tout ce que les hommes ont cru et voudraient sans doute encore croire.


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