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Science-fiction
misumena : Hors-les-lois
 Publié le 20/11/10  -  18 commentaires  -  14667 caractères  -  212 lectures    Autres textes du même auteur

‎"L'école devrait toujours avoir pour but de donner à ses élèves une personnalité harmonieuse, et non de les former en spécialiste." (Albert Einstein). Développez.


Hors-les-lois


- Et toi, Sandra, qui veux-tu être, plus tard ?

- Madonna, m'dame.


Sifflements ironiques.


- Je vous zute, bande de Bakuhis !

- Ça va, Sandra. Et toi, Frank ?

- Yves Coppens.

- Joli choix. Tu sais que c'est très demandé ? Il va falloir que tu travailles dur.

- Oui, je sais. Mais c'est mon vœu depuis que je suis tout petit. Alors je vais essayer.

- C'est bien, Frank. Ahmed ?

- Oussama Ben Laden, M'dame !


Rires.


- Oussama Ben Laden.

- Ouais !

- Ben Laden est verrouillé. Comme Hitler et Raspoutine, Ahmed.

- Ouais, ouais, je sais, mais il paraît que si on s'y prend bien...


La conseillère d'orientation soupira et écrivit le nom d'Ahmed sur une liste. La psychoneuranalyste se débrouillerait avec lui. Elle n'était là que pour recueillir les vœux de ces adolescents encore insouciants. Elle leva les yeux et poursuivit son sondage.


- Et toi, John ?

- Ben... je ne sais pas trop...

- Tu n'as même pas une petite idée ?

- C'est-à-dire que...

- On t'écoute, John. Tu sais qu'aujourd'hui, on discute. Les vœux sont une chose, l'attribution finale en est une autre. Entre les deux, il faut essayer de bien cerner ses souhaits, afin de ne pas se tromper. Et travailler, bien entendu.

- Oui, je sais, madame. Mais pour le moment... enfin, moi j'ai envie de rester.

- Rester ?

- Oui, rester.

- Mais tu as de bons résultats, tu pourrais être quelqu'un de bien.

- Oui, mais moi, j'ai envie d'être moi, quoi.


La conseillère d'orientation inscrivit John sur la liste, après Ahmed.


-----


- Bonjour, John. Je suis ravie de te rencontrer. Tu sais qui je suis et pourquoi tu es ici ?

- Bonjour. Ben oui, je sais, vous êtes la psychoneuranalyste.

- Tu as l'air inquiet. Rassure-toi, je ne vais pas inspecter tes neurones aujourd'hui. La procédure est bien trop longue. Détends-toi. Alors dis-moi, madame Duppin m'a dit que tu voulais rester ?

- Oui.

- Et que veux-tu faire, ici ?

- Heu... voilà... moi, ce que je voudrais, c'est travailler la terre.

- Travailler la terre ? Dis-donc, ce n'est pas bien glorieux.

- En fait, ça m'intéresse.

- Mais tu sais que le système de culture est déjà très bien organisé et que nous ne manquons pas de main d'œuvre ?

- Oui, mais...

- Toute la production est sous contrôle, John. Tu l'as bien vu lors des sorties, et on te l'a expliqué. Les espèces sont standardisées, la géoméostasie et le climat sont contrôlés. Les Bakuhis s'occupent des tâches nécessitant le moins de qualifications.

- Mais, c'est que j'aimerais bien faire pousser des choses, moi.

- Tu peux le faire en étant quelqu'un, John. Tu as de bons résultats, tu peux vraiment prétendre à être quelqu'un de très bien, même dans l'ancien milieu agricole, sans avoir à côtoyer les Bakuhis. Car travailler la terre, c'est forcément vivre avec les Bakuhis. Il n'y a pas de risque, mais ce n'est pas bien stimulant pour un rang A. Qui sont devenus tes parents ?

- Jean-Paul Sartre et Catherine de Médicis.

- Eh bien... Ta généalogie joue en ta faveur.

- Et aussi, je ne veux pas être un autre.

- J'aimerais beaucoup que tu m'expliques...

- Il n'y a rien à expliquer, je me sens bien comme ça !

- Tu sais ce que tu risques, à t'obstiner ? D'être considéré comme un Atypique, ou un Rebelle. C'est ce que tu veux ?

- Non. Je veux être utile à tous. Mais je veux rester. Vous restez bien, vous.

- Je ne compte pas vivre ici définitivement, John. J'accumule des points, en ce moment.

- Vous voulez être Freud ?

- Lacan. Tu es un petit malin, toi.

- Vous l'avez dit, j'ai une bonne généalogie et de bons résultats.

- Alors, écoute-moi très attentivement. Tu n'as pas l'air d'être asocial. Je serai obligée de le confirmer avec une investigation neuronale, mais je ne pense pas découvrir une idiosyncrasie dans ton réseau. À ton âge, ça arrive d'avoir des idées particulières. Mais si tu es vraiment sûr de toi, il y a une solution. Lorsque ce sera le moment, formule un vœu, un seul, mais place la barre suffisamment haut. Il te faudra étudier, puis travailler énormément pour accumuler suffisamment de points. Ça te laissera du temps, et si tu t'y prends bien, tu ne seras pas déclassé en Atypique. Tu auras donc la possibilité de partir un jour ou l'autre. À ce moment-là, tu auras sans doute changé d'avis... ou au moins, tu auras passé une bonne partie de ton existence à suivre tes rêves. En revanche, il y a une contrepartie que tu dois connaître : tu ne pourras pas fonder de famille ici.

- Je sais.

- On ne courra pas le risque de te laisser désorganiser la société par une cellule familiale ancestrale. Tu devras justifier d'un traitement au Brocure. Si tu décides de partir, alors seulement on te laissera laisser une trace génétique par reproduction sexuée.

- On l'a appris en cours d'éducation civique.

- C'est mon rôle de te le rappeler. Bon courage, John. Tu as encore deux ans avant de prononcer tes vœux. Tu as le temps de réfléchir. On se reverra. Tu fais entrer Ahmed, en partant, d'accord ?


-----


- Tu pars demain ?

- Oui ! Je suis toute excitée ! Tu te rends compte, Marylin Monroe ! Je n'en reviens pas d'avoir décroché la place !

- Tu as eu de la chance... quand je pense que tu voulais être Madonna, il y a dix ans.

- Oui, c'est incroyable. Si la fille sur la liste avant moi n'avait pas rejoint les Rebelles, je serais encore en train de prendre des cours de théâtre et de lire tout Miller ! Et toi, alors, tu en as encore pour un bon bout de temps, ici.

- Oui.

- Tout de même, John, tu vas me manquer.

- Tu parles. Quand tu auras rencontré Kennedy, tu ne sauras plus comment je m'appelle.

- C'est vrai.

- Tu as bien lu le contrat ? Tu reviens pour ta retraite, avant de te suicider ?

- Oui, bien sûr. On n'est pas sûr du suicide, au fait.

- Mais on est sûr qu'elle est morte.

- Ha ha ha. Le Brocure, ça rend con.

- J'ai toutes mes facultés mentales, Sandra.

- Je sais. Tu vas faire de grandes choses, ici. Et ton vœu, tu ne me le dirais pas avant que je parte ?

- Einstein.

- Tu as le temps de voir venir...


-----


- Monsieur Crick, je vous ai convoqué parce que nous rencontrons un problème dans notre appareil de production.

- J'en ai entendu parler.

- Nous pensons que vous êtes parmi les plus qualifiés actuellement pour vous atteler à ce sujet. Vous avez acquis une maîtrise du système exceptionnelle. Votre départ est encore loin ; nous triplerons vos points si vous nous apportez une solution acceptable.

- Ce ne sera pas nécessaire.

- Toute peine mérite salaire. De plus, vous prenez de l'âge... vous savez que les risques du voyage s'accroissent avec l'avancée physiologique.

- Nous en reparlerons. Avez-vous testé les Bakuhis ?

- Comme tous les ans. Les analyses neuronales sont en cours. Cela va assez vite... leurs réseaux sont assez simples. Les zones frontales n'ont pour le moment révélé aucune anomalie. Elles sont toutes normalement désactivées par les transpondeurs, pour les plus âgés, et inhibées au Lobotox pour les générations récentes. Les Bakuhis font très exactement ce qu'on leur demande. Mais pour être honnête, le dysfonctionnement ne vient pas d'eux. C'est un problème structurel. La population globale s'accroît. Les vœux sont plus exigeants, nous avons donc des listes d'attente très longues. Les rangs A restent de plus en plus longtemps car leurs vœux vivent également de plus en plus longtemps... Les demandes se concentrent sur la fin du vingtième siècle. Quant aux rangs B, plus personne n'accepte d'être un Chinois sous Mao ou un ouvrier de chez Ford dans l'entre-deux-guerres, et les siècles précédents n'attirent plus grand monde... Si nous imposons des vœux, nous risquons la guerre civile. Et je ne vous parle pas de l'afflux des retraités.

- Et les recherches sur le Voyagêtre multiplace ?

- Elles piétinent. Nous avons fait des essais catastrophiques avec des volontaires. Leurs vœux se sont suicidés ou sont devenus violents : schizophrénie, selon les termes obsolètes du DSM IX, en vigueur à leur époque... On a dû ramener d'urgence les participants au test, et je peux vous dire qu'ils sont encore sous le choc. Nous avons aussi un problème avec la population des Atypiques, qui s'accroît. Ils refusent de prononcer des vœux ou ne travaillent pas suffisamment pour accumuler des points, nous ne savons pas trop quoi en faire... Difficile de leur greffer de force une pompe à Lobotox... Quant aux Rebelles, ils se reproduisent modérément, mais tout de même. Leur territoire n'est pas très vaste, et vous savez comme moi que les terres arables y sont rares. Nous craignons de leur part des pillages de récoltes. Non, ce que nous souhaitons, c'est une solution pour augmenter la production.

- Bien. Vous m'allouez quelle somme, pour mes recherches ?

- Le budget est illimité, monsieur Crick. Nous ne pouvons pas nous permettre une crise alimentaire. Vous travaillerez sur ce problème à temps plein.


-----


- Mesdames et Messieurs, nous accueillons à présent notre nouveau prix Nobel de Biologie Moléculaire Appliquée, le directeur de la recherche du Système Mondial de Production, John H. Crick !

- Euh, bonjour.

- Bonjour, monsieur Crick. C'est un grand honneur de vous recevoir. Nous vous devons beaucoup.

- C'est exagéré. Mes recherches tombaient bien, c'est tout.

- Je rappelle au public que John H. Crick est le concepteur des Espèces Végétales à Haut Potentiel, qui ont permis de doubler la production en l'espace de deux ans et de faire face ainsi aux remaniements de notre structure sociale. Je ne pense pas abuser en disant que vous êtes un des sauveurs de l'humanité, au même titre que Nelson Wang, le père du Voyagêtre.

- Je suis confus.

- Vous êtes trop modeste, monsieur Crick. Pouvez-vous nous en dire plus sur la création des EVHP ?

- Oh, pour faire simple, j'ai employé des techniques assez courantes, mais en les associant afin de bénéficier de l'effet de synergie. Rien de bien compliqué.

- Pour quelqu'un qui sera un jour Albert Einstein, sans doute, mais pour nos spectateurs et moi-même, cela n'est pas si simple...

- Nous avons combiné un clonage classique par séquençage, extraction, amplification et hybridation de gènes, avec une mutation chimio-induite. La nouveauté résidait dans le contrôle de la mutation par un flux cosmique concentré enrichi en boson de Higgs. J'ai pu bénéficier des dernières avancées dans la maîtrise de cette particule. Les résultats obtenus sont réellement le fruit d'un travail d'équipe.

- Monsieur Crick, nous vous remercions. Nous vous souhaitons de partir bientôt.

- J'ai encore quelques années devant moi...


-----


- John, nous avons un problème.

- Je sais.

- Le mildiou s'étend. Le phylloxéra est de retour. Sans compter cette pourriture rouge qui liquéfie les plants en deux jours.

- Les essais phytosanitaires ne donnent rien ?

- Rien. Elle s'attaque à toutes les espèces, et toutes les variétés.

- Mais enfin, c'est une maladie cryptogamique, on a des parades.

- L'équipe de Boston a donné ses derniers résultats. Il n'y a pas qu'un champignon. La pourriture rouge est plurifactorielle. On a une multiprotéobactérie et un viroïde associés. À Boston, ils ne sont pas loin de penser que les génomes se recombinent. Les phénomènes de résistance s'amplifient. La situation devient critique.

- Il y a une solution.

- Laquelle ?

- Planter de toute urgence des variétés résistantes à la sécheresse et au froid.

- Nous sommes au printemps...

- Et modifier le climat. Baisser la température et bloquer les précipitations. La pourriture rouge ne se développera pas dans ces conditions et nous aurons le temps de gérer les autres maladies.

- John, la pourriture s'étend sur les zones de production des deux hémisphères.

- Je parle de modifier le climat de manière uniforme, sur toute la planète.

- On ne peut pas faire ça.

- Techniquement ?

- Moralement.

- C'est le seul moyen. Que vient faire la morale là-dedans ? Vous avez une écolonévrose ?

- Trouvez autre chose.

- Ça prendra trop de temps.

- Vous êtes responsable de ce programme. Nous avons planté les variétés que vous avez créées, John.

- À votre demande, Président, je vous le rappelle.

- Merde, John, vous ne pouvez pas vous défiler comme ça !

- Je ne me défile pas. Je vous donne la solution.

- Mais nom de Dieu, vous oubliez les Rebelles ! Eux aussi cultivent la terre pour se nourrir !

- Ils cultivent des variétés rustiques, la pourriture ne les atteint pas.

- Mais si vous modifiez le climat, vous pouvez me dire ce qui va rester de leurs plantations ?

- Écoutez, on ne peut pas se permettre de tenir compte du mode de vie des Rebelles. On leur enverra des vivres jusqu'à ce que les choses rentrent dans l'ordre.

- Ils refusent les aliments génétiquement modifiés, vous le savez bien.

- Ils n'auront pas le choix.


-----


- Nous sommes les derniers à partir, John.

- Il y a encore des Rebelles et les Bakuhis, monsieur le Président.

- Les Rebelles qui restent ont fait leur choix.

- La pourriture s'est étendue aux variétés rustiques.

- Ils veulent rester. Vous n'y pouvez rien.


John soupira.


- Et les Bakuhis ?

- Tout ira bien pour eux.

- Vous leur avez préprogrammé des Voyagêtres ?

- Pas vraiment. Ne bougez plus, la procédure est enclenchée.

- Attendez. Quoi, "pas vraiment" ? Qu'est-ce que vous avez prévu pour eux ?

- Nous n'avons eu le temps de prévoir qu'une procédure d'urgence.

- Au hasard ? Vous allez risquer d'envoyer un Bakuhi dans Marie Curie ou Alexander Fleming ?

- Nous ne sommes pas suicidaires, John, comme vous avez pu le constater. Toute la population mondiale est partie. Sans respect des choix, certes, mais tout le monde est sauf.

- Sauf les Bakuhis, si j'ai bien compris, qu'est-ce que vous leur avez fait ?

- Taisez-vous. Concentrez-vous. Nous allons partir.

- Qu'est-ce que vous leur avez fait ?

- Ils ne souffriront pas.

- Dites-le-moi !!!

- On a ajouté un peu de Curarurique dans les pompes de Lobotox. Nous partons. Adieu, John.


-----


John pénétra dans sa cellule au moment où les cloches se mettaient à sonner. Il renversa son panier sur sa paillasse et étala les cosses. Il frémit en ouvrant la première. Les pois étaient lisses et gonflés. Il sourit, et se mit à écosser frénétiquement les petits pois tout en les triant. Lisses d'un côté, ridés de l'autre. Il en tenait un compte mental précis.


On frappa. La tête d'un novice apparut dans l'entrebâillement de la porte.


- Frère Gregor, pardonnez-moi, mais on a sonné les vêpres. Le Père Napp m'envoie vous chercher.

- J'arrive.


John termina ses comptes, et, satisfait du résultat, s'en fut à l'office.


 
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   jaimme   
3/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une nouvelle très riche pour son background. Qui fait frémir par son individualisme forcené et la perte totale du sentiment communautaire. J'ai adoré le début.
Si on me laissait le choix d'aller vivre dans le passé... je refuserais. Sans doute parce que j'ai plus foi dans l'avenir et que je connais trop le passé pour avoir envie d'y vivre. Opinion toute personnelle.
L'inventivité est forte, la réflexion croisée entre plusieurs thèmes.
Sentiment personnel: j'aime cette nouvelle. Elle est de qualité, réellement. Les néologismes sont transparents (même s'ils sont un peu trop nombreux). La mise en perspective des étapes est parlante, mais un peu froide. Le sujet s'y prête, mais j'aurais voulu en savoir un peu plus sur certains aspects. Là on est presque au stade du synopsis. J'ai peur que certains lecteurs, surtout ceux qui ne sont pas habitués à la SF et qui pensent qu'elle cultive son jargon, soient confortés dans leur recul face à cette façon d'écrire sur l'homme.
Un livre serait plus à la mesure de tout ce qui découle de ce qu'a voulu dire l'auteur!
Merci pour cette lecture forte.

   doianM   
4/11/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
L'idée, les incidences des nouveaux courants scientifiques ou pseudo, la tendance à généraliser, la morale qui en découle... Intéressant.
La fin de la nouvelle montrant le modeste et, en fin de compte, la sagesse de John, tranquille et heureux hors du chaos mondial participe aux idées suggérées.

Le début est amusant, les "objectifs" des élèves étonnent avant d'entrer dans la matière.

C'est ensuite que j'ai eu du mal. Trop de termes scientifiques, pour être exact pseudo scientifiques, et les "procédures" qui en découlent encombrent la lecture.

Un nettoyage pourrait l'enrichir.

Bonne continuation

   Jagger   
8/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Rien à dire sur le style très "théâtre" dû à l'abondance de dialogue. Ça passe pas mal.

Le récit est intéressant et on aimerait que l'auteur s'attarde un peu plus sur les détails pour nous décrire le fabuleux monde qui se découvre sous nos yeux.

Le système de "moule" où les gens qui ne correspondent pas sont tout de suite mis de côté.

J'apprécie le texte, bien qu'un peu de descriptions ou d'incises ne serrait pas de refus.

Merci à l'auteur

   Anonyme   
10/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Et je ne vous parle pas de l'afflux des retraités." Pour ça je connais quelqu'un qui a la solution. La loi est promulguée donc problème résolu. Quant à "John H. Crick " là le nom est bien choisi pour élever la production.... Mais bon, je plaisante.

Un bon texte pour moi qui aime la SF. Ce monde dans lequel la seule ambition est la réincarnation dans un personnage du passé, figé donc, psychorigide en quelque sorte, n'est pas sans analogies avec le notre (OGM, etc.). C'est inventif (écolonévrose, voyagêtres, etc.) mais clair malgré tout.

Certains mots reviennent souvent comme vœu qui aurait pu être remplacé par souhait, aspiration ou autre. La fin surprend, mais s'inscrit dans une certaine logique.

   Margone_Muse   
20/11/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Si c'est le hasard qui le parachute là, le John est quand même bien servi avec Gregor Mendel. C'est un de mes scientifiques préférés, je suis trop en admiration, lol.
Par contre, tout à fait entre nous, Marylin... Faut qu'elle soit maso la petite Sandra pour vouloir vivre sa vie. Cette femme a un destin déprimant avec une douloureuse solitude en toile de fond...

Bref.
Je n'en lirai pas à longueur de journée, mais de temps en temps, une nouvelle presque entièrement composée de dialogues, c'est pas mal du tout. De une, ça se lit très facilement, très rapidement. De deux, ça permet d'éviter ici des lourdeurs sur l'explication du monde dans lequel ces gens vivent. On perçoit les choses au fil du texte, les indices étant disséminés dans les paroles des protagonistes.
On s'y retrouve bien et c'est agréable.

Mais j'ai quelques petites frustrations quand même... Le texte aurait pu s'inscrire dans une logique plus longue et étoffée. Disons qu'on a un contexte, mais que j'aurais bien aimé avoir plus que ça en ce qui concerne l'histoire de cette société.

Pourquoi on ne peut pas fonder de famille ici ? Les gens viennent bien de quelque part. En admettant qu'on vit la vie de personnes passées et qu'on revient à la retraite. Les seuls enfants qu'on aurait pu avoir sont ceux de cette personnalité antérieure, qui naissent alors et évoluent dans le passé. Dans ce cas, qui sont les parents de Sandra, de John ? Bref, j'ai sans doute laissé passer des trucs (et peut être qu'il faudrait que je relise une fois) mais je saisi mal ce côté ci de la "procréation" de l'espèce humaine...
Mais ça n'a pas l'air d'être vraiment le propos...

Sur le fond, c'est original mais je conçois mal que les gens veulent (acceptent), pour la plupart, une destinée toute faite au lieu de faire la leur. C'est dans le courant contraire de ce que l'Homme a toujours fait : avancer et avancer encore, aveuglément. Si j'ai bien lu, je vois une société en stand-bye, n'évoluant plus et revivant le passé continuellement, comme s'ils avaient arrêté le temps, leur temps, avec le voyagêtre.

J'aime bien la fin (avant Mendel), où tout s'écroule avec la pourriture rouge qui s'étend aux cultures, ce truc nouveau qui a l'air de répondre à ces plantations nouvelles... L'idée me plait, dit-elle en bonne contre OGMiste.

Je lis peu de SF, sans raison particulière, et ça ne veut pas dire que je n'aime pas quand j'en lis : la preuve ici :)

   caillouq   
21/11/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Ah.

"Vous voulez être Freud ?" "Lacan. Tu es un petit malin, toi."
Ou comment faire passer un maximum de choses en deux répliques lapidaires ... Je retardais le moment d'aller lire cette nouvelle - peur d'être déçu, probablement. Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?!

J'ai adoré tous les clins d'oeil qui parsèment cette nouvelle - par exemple: l'utilisation très ambigüe du mot "idiosyncrasie", laissant suggérer que le sens a évolué vers une nuance négative, très logiquement pour une société qui fait aussi facilement valser la personnalité ; le nom de Crick; celui de Coppens; le voyagêtre multiplace ("Dans la peau de John Malkovitch" est un de mes films fétiches !), etc ...
J'adore aussi le Lobotox. Inventer des noms ayant l'air, justement, non inventés n'est pas une des moindres difficultés de la fiction, et vous y excellez. Celui-ci est terrifiant d'évidence. Très réussi également, dans un autre genre, la psychoneuranalyste. (en revanche, je n'ai cessé de me poser des questions sur l'origine de "Bakuhi" ?)

J'ai quand même un petit bémol en ce qui concerne Cricks: le "je suis confus" ne me semble pas très crédible de la part d'un lauréat du Nobel (dans ce type de circonstances, on a plutôt droit à un sourire modeste, et légèrement crispé sous l'effort de ne pas laisser ses yeux émettre des quasars de joie - non ?). En outre, la spécification des étapes du clonage (séquençage, extraction, hybridation) correspond à des détails un peu trop techniques pour être, à mon avis, pertinents ici. Plutôt que cette légère maladresse, suivie du coup un peu gros du boson (avec un s) de Higgs, j'aurais préféré une bonne petite invention lexicale misumenienne. Cette partie, s'il faut trouver des points négatifs à cette nouvelle, m'a un peu moins plu que le reste du texte: quelque part, j'étais déçu que cet autre monde, ce monde futur, ressemble autant au nôtre (et que Boston s'y appelle toujours Boston ...). Bon, cette décision a certainement dû être très réfléchie, mais j'aurais aimé y trouver plus de vos inventions. Je n'arrive pas bien à intégrer ce qui se passe dans ce chapitre à la logique du monde que vous avez décrit jusque-là. Mais le reste du texte est tellement emballant (à tous les sens du terme) que je me suis néanmoins plié à ces nouveaux traits sans trop de problèmes.
J'ai également beaucoup apprécié votre narration par dialogues - c'est toujours quelque chose de difficile à réussir, mais ici c'est extrêmement naturel, félicitations encore.

Et, bien sûr, j'adore la fin - suffisamment peu ostentatoire pour qu'on se sente malin d'avoir compris.


Bref, une nouvelle fluide, légère et profonde à la fois. Un régal.

   shanne   
21/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Une nouvelle très riche, qui fait réfléchir...Un titre bien choisi, oui, être hors norme et les conséquences qui en découlent, pas facile à assumer en tout cas, se préparer à vivre presque dans une cage, se couper de relations, vivre sans faire de bruit avec juste le nécessaire: manger et boire. Un choix ? je ne pense pas.
ça me parle et je ne peux dire que bravo, c'est bien écrit, ça donne envie de prendre du recul et de revenir lire ce texte

   Flupke   
22/11/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Misumena,

Certaines idées sont vraiment très bonnes.
Le fait de vouloir être quelqu'un de connu étant la norme, un joli pied de nez à la presse pipole ou Mr et Mme Toutlemonde tente de trouver un reflet d'eux même chez Brad Jolie ou Angelina Pitt.
Et c'est un peu là le piège car il n'y trouve pas un reflet d'eux-même mais un moule pour s'y meurtrir la psyché afin de ressembler à des soi-disant modèles.

Bakuhis fait un peu « Ah que oui » ou «Bah que oui » et John fait un peu penser à Johnny, mais j'imagine qu'il s'agit là de coïncidences fortuites pseudo-décryptées par mon esprit fantasque.

Pas trop fan de « on te laissera laisser », ça fait un peu un carambolage sémantique sur l'autoroute, mais heureusement j'avais été ralenti par le brocure/bromure et je ne lisais pas trop vite. Le prisme des répétitions sur Antidote n'aurait pas laissé laisser ce «  laissera laisser » peu élégant.

Pas trop sûr de la signification des voeux:
-les voeux sont exigeants (?) leurs voeux se sont suicidé; voeux = avatar réincarné ?

Certains néologismes et mots SF sont bien trouvés et sonnent vrai (lobotox, désactivés par les transpondeurs) d'autres sont moins enthousiasmant voyagêtre fait un peu style « l'académie française n'encourage pas cet anglicisme mais préconise plutôt voyagêtre ».Pas trop aimé curarique, j'aurais préféré cyanure ou curare ou bien un composé chimique.

Pourquoi choisir Boston, ville sur le littoral qui sera probablement rayée de la carte par le réchauffement climatique et la montée du niveau de la mer ? Cela semble impliquer que la nouvelle se situe dans un futur très proche, avant que cette ville ne soit engloutie (donc, que de progrès techniques accomplis en si peu de temps). Je recommanderais le choix d'une ville plus logique, donc située en altitude pour donner davantage de crédibilité à cette dystopie. (enfin j'exagère légèrement - mes origines méridionales probablement).

Vous avez une écolonévrose – amusant j'ai ri, mais je regrette l'utilisation d'un verbe terne (avoir) dans ce trait d'esprit. Je suggère de reformuler de manière plus appropriée.

Bozon de Higgs avec un Z ? c'est un cousin du boson de Higgs, ou son arrière-petit-fils :-) ?

La surabondance de dialogues empêche (voire évite) des développements qui pourraient être intéressants par rapport à la richesse des idées exprimées. Je pense que l'adjonction de quelques passages narratifs à la 3e personne du singulier pourrait constituer une piste intéressante pour développer une plus grande cohérence afin de convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé.

Amicalement,

Flupke

   Anonyme   
28/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un univers très construit, rapidement suggérer (on comprend très vite le principe, grâce à la qualité de l’introduction). Il mériterait d’être davantage étoffer car il offre des possibilités prometteuses (mais, j’aime quand même beaucoup !).
Une écriture efficace, lointaine mais qui fonctionne bien.
Un thème fort, bien traité même si c’est avec plaisir que j’aurais lu un développement plus important, je trouve le dénouement un peu brutal. J'aurai apprécié simplement qu'il soit un peu plus en longueur. Quand on lit une nouvelle de cette qualité, on veut la voir durer ! Mais la fin m’a fait sourire. Tout comme la…quoi déjà…Ah oui, psychoneuranalyste qui veut revenir en Lacan (hum…).
Il y a quand même une chose : IX ??? Neuf DSM ! Mince, on n’est pas sorti de l’auberge ! En plus, malgré le fait qu’il le considère comme obsolète, il l’utilise quand même pour caractériser les pathologies…
Désolée, j’ai du mal avec ce système qui tend à effacer l’individualité de la personne sous l’étiquette diagnostique…Cela dit, c’était très subtile de la mentionner, très en phase avec le thème de la nouvelle, je trouve.
Merci. Vraiment.

   littlej   
2/12/2010
 a aimé ce texte 
Pas
Un truc me bloque d'entrée : le temps de narration. Je m'attendais tellement à du présent... Et ben non ! c'est du passé, qui sonne pour moi terriblement mal, ça me fait mal au cœur presque.

Le premier morceau de l'entretien, avec Sandra, Frank et Ahmed est bien foutu, il m'a fait sourire et m'a tout de suite emporté. Par contre, dès le début du dialogue avec John, j'ai senti comme une coupure avec les dialogues précédents, un dialogue un peu morne :
"Rester ?" "Oui, rester."
Et surtout la phrase devenue culte : "je veux rester moi, quoi ?" Je pense pas que beaucoup de personnes sachent ce que veut dire "être soi".
Dans l'ensemble, les questions des différents protagonistes (conseillère, psychoneuranalyste : trouvaille très lourde) sont d'une banalité confondante, très ennuyeuse, sans grand intérêt, et les réponses convenues, bourrées de lieux communs.
L'intrigue, enfin l'univers, a des accents du "Meilleur des mondes" de Huxley : Atypique, Rebelle, Bakuhis, à la place de Alpha, Bêta, Gamma, etc.
En général, les trouvailles ne sont pas d'une grande originalité à mon sens : "Qui sont devenus tes parents ?"
Voilà, en gros, je pense que l'auteur s'est plus préoccupé de l'univers que de ses personnages, d'être un peu original, drôle dans ses dialogues. Car, il faut le dire, les dialogues sont pour moi d'une platitude sans nom.
Tout ça est vraiment dommage, car les petits morceaux de récit sont plaisants.

j

   i-zimbra   
8/12/2010
La nouvelle permet de laisser plein de trous que l'on offre au lecteur de combler ; exercice que cherchent aussi beaucoup de lecteurs. Les clins d'œil sont une partie du jeu (ça peut divertir ou paraître lourd). Parfois notre imagination a totalement carte blanche (pour le Voyagêtre, ici par exemple).
J.G. Ballard disait que ses nouvelles lui permettaient de tester les idées qu'il développait dans ses romans. Ici, on a plutôt huit esquisses de morceaux de roman. C'est assez bien écrit, intéressant à lire, je n'ai pas de réclamation à faire. Mais il reste tout le boulot.
« Qui sont devenus tes parents ? » Bien vu.

En tout cas, la fin est ouverte. Pourquoi John se préoccupe-t-il du sort des esclaves décérébrés ? Un vestige d'humanisme, peut-être. Pourquoi fallait-il les occire puisqu'on les abandonnait ? Est-il resté pour les sauver ? À moins qu' « Adieu, John » ne signifie que les interlocuteurs partent vers un endroit différent... du passé.
Le fait que John reprenne la génétique à zéro est-il un message d'espoir après que les élites incompétentes sont "parties" ?

littlej ne comprend pas le temps de narration ; c'est peut-être parce que la première phrase « qui veux-tu être, plus tard ? » signifie en réalité « qui voudras-tu être, autrefois ? » si on aborde la question sous un aspect palingénésique. Et donc le futur a déjà eu lieu.

Sinon, il y a aussi l'aspirine.

   alvinabec   
6/1/2011
Le texte, travaillé autour de dialogues efficaces, reste fluide, bien construit, la progression narrative cohérente amène-naturellement- le lecteur à la chute proposée. Votre récit est drôle, plein de trouvailles sémantiques. A vous re-lire...

   Perjoal   
9/1/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Idée très bien développée, on voit l'évolution de la situation et toute l'intelligence du héro.

Effectivement cette histoire pourrait être une base pour un roman, mais la fin que l'on devine ne rendrait cette histoire trop longue.

La présentation théatrale évite une description du monde. Seuls les dialogues donnent l'idée. Ou comment faire une histoire crayonnée (pour une analogie à la peinture) avec succès.

   Selenim   
12/1/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Une nouvelle ambitieuse mais qui ne se donne pas les moyens de ses ambitions.

Mis à part le dernier chapitre, l'utilisation exclusive du dialogue oscille entre le bon et le moins bon. Ca confère un réel dynamisme à l'histoire mais rend l'évoquation du background trop didactique.

Deux phrases sont là pour afficher la volonté pédagogique de l'auteur :
- On l'a appris en cours d'éducation civique.

- C'est mon rôle de te le rappeler...


Et paradoxalement, le fait de n'utiliser que des dialogues entraine le lecteur vers une compréhension du récit qui tient plus de la devinette que de l'interpretation. J'ai été plutôt largué lorqu'il a fallut conceptualiser le voyagêtre. Impossible d'en comprendre le principe même théorique.

Arrive la deuxième partie où l'on retrouve John en botaniste. J'ai trouvé cette partie très jargonnante, enchainant les procédés pseudo-techniques. Choix étrange après l'entame axée sur une économie de mots techinques, où seuls quelques néologismes plutôt heureux ancrent le lecteur dans un univers d'anticipation.

Malgré ces défauts, l'histoire se lit avec plaisir. les dialogues sont dans l'ensemble dynamiques et permettent de bien asseoir l'intrigue. les personnages sont completement effacés mais ils ne sont pas les héros de l'histoire.

La chute, où John endosse les traits du père de la génétique Gregor Mendel, est un jolie pied de nez à cette société au relents fascistes.

J'ai beaucoup aimé le premier dialogue, très intriguant et rythmé. Il me semble la partie la mieux équilibrée et la mieux écrite. Les infos sont distillées avec parcimonie. J'ai regretté que la suite ne suive pas ce modèle.

Avec ces idées vraiment interessantes et originales, cette histoire aurait pû être plus exitante, avec une forme mieux réfléchie et un background moins obscur.

Un détail : pourquoi faut-il que ce soit forcement un petit arabe qui veuille devenir Ben Laden ?

Merci

Selenim

   David   
6/3/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Misumena,

Une lecture rapide mais pas désagréable, j'ai tout de suite coller au thème, il y a forcement de la SF à faire avec l'enseignement.

Ces dialogues s'enchainent vraiment rapidement, c'est vraiment une histoire courte (je ne vois plus le nombre de caractères en rédigeant, mais ça doit être plutôt bas pour le genre) au rythme assez rapide, pardon, je l'ai écrit trois fois, je voulais dire que ça me semblerait mieux correspondre à des scènes d'action, ici, ce n'est pas tant l'angle choisi. Mais je prends ça comme une expérience.

J'ai relié le titre "Hors-les-lois" aux "Bakuhis" parce que le mot apparait très tôt, c'est le premier néologisme (après "Je vous zute" en fait) et qu'ils reviennent à la fin, c'est l'avenir incertain des "Bakuhis" qui fait la chute (Je dirai que John/Gregor, c'est plus l'épilogue, pour moi, le témoin, celui qui tient le fil directeur).

C'est comme cela que je comprendrais le récit, mais c'est quand même plus ce que je veux lire après coup, c'est pas l'histoire de John en tout cas qui m'a tenu en haleine, c'est de voir un peu son monde autour.

Voilà, pour dire que c'est un peu en dessous de ce que je me suis laissé allé à attendre, mais c'est plein d'idées pas mal.

   socque   
13/3/2011
J'ai beaucoup, beaucoup aimé. Déjà, la forme presque uniquement en dialogues me plaît, elle apporte du dynamisme. Et ce côté elliptique, esquissé de l'histoire permet à l'imagination de jouer à fond !
Cela dit, l'idée étant très riche, je crois qu'elle pourrait supporter un développement plus important ; mais, sous cette forme concentrée, le texte a déjà beaucoup d'allure.

(Pour info : le boson de Higgs, pas le bozon.)

[ Merci pour avoir relevé la coquille. Je vais corriger. Pat]

   Coline-Dé   
13/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ah, l'écolonévrose ! Rien que pour ça, je trouve que ça vaudrait la peine de lire cette nouvelle. Mais peine il n'y a pas ! D'un bout à l'autre c'est un plaisir, l'humour distillé tout au long du texte fait apparaître tous les travers de ce siècle, comme une subtile caricature.
J'ai adoré tous les mots inventés, d'une réjouissante polysémie : ce voyagêtre, si parlant, le lobotox ( ça évite divinement les rides d'expression et même d'impression !)
Et j'ai même vu une structure en double hélice du plus gracieux effet !
Merci pour ce moment de jubilation

   widjet   
2/1/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Étant complètement néophyte dans ce registre de SF (trop axé scientifique/mathématique pour moi), je ne peux sans doute pas apprécier ce texte à sa juste mesure. De plus, cela est trop subtil – ou suis-je trop terre à terre – pour que je puisse deviner et prendre plaisir aux autres niveaux de lectures – et à la critique satirique, car j’en devine malgré tout une – même si je salue l’imagination fertile de Misumena et le ton acide que j’avais déjà remarqué dans d’autres textes.

Mais, moi qui a un besoin de « voir » (toujours cette envie qu’on m’écrive des images mouvantes, comme un film) et de ressentir (tant en terme de lecture que d’écriture), ce qui me gêne surtout et m’a empêché de plonger dans ce récit, c’est le choix de l’auteur d’avoir privilégié les dialogues au détriment de la mise en scène avec ses descriptions, la densité des personnages…etc.… (même si l’absence d’émotions est sans doute voulu pour renforcer le caractère froid et robotisé des personnages), bref cette construction qui me permet moi de m’intégrer dans une scène.

L’avantage, néanmoins, c’est que ça donne un rythme rapide.
C’est le choix de l’auteur d’avoir fait reposer son texte sur ces échanges verbaux, faits de néologismes (trop nombreux, l’effet est trop voyant et donc nuit un peu à l’intention selon moi), mais je pense qu’un peu de matière, de « viande » si j’ose dire, n’aurait pas nuit à l’ensemble qui finit par être rébarbatif pour moi.

L’idée de départ (réincarnation des personnages célèbres du passé) est bonne, mais pas assez exploité. Les premières lignes promettent beaucoup, mais le reste m’a moins séduit.

Le « projet Lazare » me semble à vue de nez plus dense, construit, plus abouti. Je vais le lire et le commenter prochainement, preuve que je ne rejette pas la SF – pas ma came, à l’origine – en bloc.

W


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