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Sentimental/Romanesque
misumena : Spécial K
 Publié le 19/09/09  -  15 commentaires  -  10298 caractères  -  128 lectures    Autres textes du même auteur

Rencontre très probable de deux femmes dans une rue de Lyon, voisines en contraste de phase, quoique...


Spécial K


Je la croise tous les jours. Postée dès midi devant l'entrée de son immeuble, elle est visible, quoique discrète. Son maquillage n'a rien de tapageur et elle est vêtue sobrement, bien qu'elle parvienne toujours à mettre en valeur ce que le climat et son âge lui permettent. Ses pratiques se donnent sans doute l'illusion, avec elle, de rentrer chez eux un peu plus tôt que d'habitude, de profiter d'un après-midi chômé pour un cinq à sept conjugal, comme aux premiers temps de leur mariage. Ses clients sont des ombres chinoises. Je peux, si l'envie m'en prend, apercevoir leur silhouette projetée sur la fenêtre de sa chambre grâce au mur tapissé de miroirs qui renvoient leurs formes vagues, ondulant au gré de la houle du voilage, fantômes jouant le fantôme de l'amour. Le spectacle se joue tranquillement tandis que je prends, appuyée à l'évier, un repas célibataire. Je regarde un peu, jusqu'à ce que s’installe dans mon ventre le manque de mon propre fantôme, cet amoureux parti deux ans plus tôt se réchauffer à ma meilleure amie, en emportant tout sauf l'amour, ma marée noire, mon résidu, ma pollution, qui rebute les curieux et les transis. Je me noie dans le travail.


Un jour, je l'ai saluée. J'ai dit : bonjour, madame. Elle m'a fait un sourire doré et plissé, et a répondu : bonjour, petite bourgeoise. Ce n'était pas dit méchamment, c'était comme un portrait de moi, brossé par un de ces artistes de rue qui vous tournent un fusain comme un compliment. J'ai pensé : elle a raison, je fais bourge. Avec mon uniforme, jean et tee-shirt blanc, mes ballerines Todd's sans lesquelles point de salut pour mes orteils, ma coupe au carré et mon brushing du matin, je suis signée et qualifiée. Mais à elle, qu'est-ce que je dis ?


J'ai continué à lui dire « bonjour, madame », et chaque fois, elle m'a rappelé ce qu'elle pensait de moi… Alors un soir, j'ai traversé la rue, et je lui ai demandé pourquoi elle me traitait de bourgeoise. Après tout, j'habitais un F2 étriqué dans une rue mal famée.


- Je ne sais pas comment tu t'appelles. Alors, je te donne le nom que je peux. Si tu étais le matou du quartier, je t’appellerais « le chat ».


On a fait les présentations : Sophie, et Magdalena, un prénom sucré pour une vieille pute dessalée. Elle m'a dit de l'appeler Mado et m'a demandé si en plus d'être bourgeoise, je n'étais pas aussi un peu voyeuse sur les bords. J'ai rougi en songeant aux ombres de sa fenêtre.


- C'est embêtant, ces immeubles sans volets. Je ne le ferai plus.


Mado a ri franchement.


- Sophie chérie, t'es vraiment mignonne ! Si tu crois que ça me gêne !


Depuis, elle me salue avec des "ma chérie". Le dimanche, nous nous croisons parfois à la boulangerie. Elle m'embrasse. Une fois, le boulanger m'a demandé si je savais qui elle était. J'ai répondu, oui, c'est ma voisine, et je suis partie acheter mon pain ailleurs. Quand la fatigue me gagne, c'est toujours un réconfort d'apercevoir Mado, à sa place, impeccable, avec son sourire couronné à l’or fin, qui met du soleil dans le brouillard. Nous travaillons autant l'une que l'autre, professionnelles de l’abattage dotées d’un même orgueil immobilier. La fierté de Mado, la réussite de sa vie de pute, c'est son trois-pièces ergonomique, composé d'un local professionnel aménagé comme chez les docteurs des beaux quartiers, tout équipé, avec le matériel spécialisé, le miroir et d'autres trucs, bien obligée d'avoir un investissement de base, et puis la partie privée, interdite à la clientèle, qu'elle a voulu virginale, blanche du sol au plafond, avec une moquette épaisse comme une fourrure de loup. Tout cela bien cosy, qui compense les heures passées à talonner le pavé par tous les temps. Moi, j'ai ma clinique vétérinaire qui me phagocyte, mais je travaille au chaud. Alors parfois, en partant travailler, je descends un café brûlant à Mado. Ça l'amuse, que je prenne soin d'elle qui pourtant passe son temps à se réchauffer à ses clients, au moins ils servent à ça, chérie. Un jour, elle m'a dit qu’on n’était pas frileux pour rien, que j'étais toute pâle et que ce n'était pas une vie pour une belle fille comme moi de vivre entre un F2 et un cabinet vétérinaire sans jamais prendre de vacances.


- Ça vous va bien de me faire ce genre de remarque.

- Tu sais, ma chérie, dans mon métier, c'est comme dans le tien : on est de garde tout le temps. Et moi, je ne peux pas me faire remplacer. Pourquoi tu ne prends pas un remplaçant, une semaine ? T'irais au soleil...


Je lui ai expliqué que j'avais trop investi dans ma clinique pour pouvoir la quitter avant quelques années. Elle m'a dit : tu es comme l'ancien locataire de ton appartement : handicapée. Lui, il ne voulait pas sortir de ce clapier à cause de ses jambes. C'est moi qui montais. Toi, tu regardes les mêmes murs que lui, avec ton cœur paralytique et ton cahier de rendez-vous comme seul horizon. Je m'y connais en misère humaine, et cet appart', là-haut, depuis le temps, il s'y connaît aussi. Déménage.

Je n'en avais pas l'intention. Ma chambre avait une baie vitrée ouverte sur le soleil couchant et la ville, en contrebas. Il n'y avait, certains soirs, que la perspective des derniers flamboiements du jour et du spectacle des lumières de Lyon qui m'incitait à quitter ma clinique. Et j'aimais bien le voisinage.

Un soir, Mado m'a fait signe de la rejoindre sur son trottoir. Elle avait un grand sac sous le bras. Elle l'a ouvert avec des précautions de chirurgien. Dedans, lové sur un coussin blanc, dormait un petit bichon.


- C'est Bibiche, mon cadeau d'anniversaire. Cinquante ans, ça se fête. J'avais envie d'un petit copain. Tu me le soignes, hein ?


J'ai dit : oui, bien sûr, et j'ai ajouté : heureux anniversaire. Mais ce jour-là, Mado avait du vague à l'âme.


- T'as pas d'homme, dans ta vie, Sophie chérie. Tu dois être drôlement exigeante sur la question. T'as raison. Le bon viendra à son heure. Ne prends pas n'importe qui, même pour t'amuser, ça ne vaut rien. On n'est jamais aussi seule que dans des bras de passage.


Venant d'une professionnelle, le conseil était précieux. Depuis longtemps, je me demandais comment elle faisait, pour supporter.


- On s'habitue. La plupart de mes clients sont des vieilles connaissances, des habitués. Les autres, je fais avec. Et puis, j'ai des trucs, des trucs de pute. Je m'arrange pour ne pas être à ce que je fais.

- Vous rêvez en regardant le plafond ? ai-je risqué.

- En quelque sorte, oui.


Le lendemain, elle s'est présentée à ma consultation. En préambule à mes bons conseils, elle m'a remis les clés de son appartement.


- T'en fais pas, je ne te demande pas les tiennes en échange. Simplement, maintenant, j'ai charge d'âme, alors s'il m'arrive un pépin, j'aimerais bien que tu penses à Bibiche. Et puis, toi, tu ne t'en vas jamais. Alors, c'est ici que tu mets tes sous ? Je peux visiter ?


Elle a fait le tour de mon installation avec des mines d'huissier en mission. L'endroit lui a plu, en particulier le chenil.


- Ça manque, chez moi, de belles cages en inox. Y a pas, Sophie chérie, fréquenter des classes sociales différentes, ça ouvre des horizons nouveaux. Alors, tu fais aussi des opérations ? Sacré boulot. Quoiqu'à y bien réfléchir, toute cette chair, ces poils et les jérémiades des propriétaires, ça n'est pas si éloigné de mon gagne-pain. À propos, cocotte, Bibiche, elle va grandir, et j'ai pas envie qu'elle fasse le même métier que moi, si tu vois ce que je veux dire.


Je voyais. Je lui ai présenté l'éventail des techniques contraceptives applicables à la chienne.


- Alors, tu peux lui faire la totale ? Tu l'anesthésies, comme les grands, et au réveil, plus de soucis ?


Au réveil, plus de soucis.


On m'a cambriolée dans la semaine qui a suivi. Grâce au système d'alarme, les voleurs se sont abstenus de saccager la clinique. Ils ont seulement emporté tous les neurotropes de ma pharmacie. La mode de la kétamine commençait à se répandre en France, et moi, je stockais mes anesthésiques au réfrigérateur, comme les yaourts. J'ai eu tous les ennuis du monde avec le jeune inspecteur zélé des Stupéfiants qui m'a traitée de dealer par inconscience. J'étais vraiment démoralisée lorsque je suis rentrée chez moi, et je n'ai pas prêté attention à Mado. J'aurais dû remarquer son absence, et l'absence de lanterne magique à sa fenêtre, mais je ne me suis rendu compte de tout cela que deux jours plus tard. Alors, j'ai pris son trousseau de clés, je suis montée chez elle, j'ai sonné, et c'est la plainte de Bibiche qui m'a répondu. Je suis entrée, j'ai inspecté l'appartement. Elle était dans sa chambre à elle, bien enfoncée dans la moquette exubérante, la seringue plantée à ses côtés comme une mauvaise herbe dans un gazon anglais. Les coups avaient épargné ses yeux, grands ouverts, qui fixaient au plafond une sorte de rêve.


Je n'ai vraiment compris que lorsque l'inspecteur des Stupéfiants m'a convoquée à nouveau. Il m'a mis des photos sous le nez, de gens que je n'avais jamais vus, le souteneur de Mado, un dealer violent, et puis son mari, et ses enfants ; il m'a déballé comme ça, d'un coup, la vie à peine tourmentée de la péripatéticienne Magdalena, ex-épouse Bertrand, et j'ai eu toutes les peines du monde à prouver ma bonne foi tant il lui semblait évident que je fournissais à ma voisine ses trucs de pute, ses ailleurs chimiques.


J'ai donné Bibiche à ma mère.


Quelques semaines plus tard, un lundi férié, l'inspecteur des Stupéfiants m'a amené en garde un chat brisé, rescapé miraculeux d'une collision avec un pneu d'autobus. Il caressait le matou, un peu gêné. J'ai fait semblant de rien.


- Il est à vous, ce chat ?

- Si on veut. Je donne sur la cour, au rez-de-chaussée. Lui, c'est le seul chat du quartier qui préfère ma tambouille aux poubelles. On se tient compagnie. En fait, on s'aime bien. Ne vous inquiétez pas, vous serez payée. Rafistolez-le le mieux que vous pourrez, je vous fais confiance.

- Ah bon ? ai-je dit, railleuse.


Il n'a pas relevé et a soupiré.


- Il a de la chance que je n'aie pas été de service, aujourd'hui. Ce soir, je ne l'aurais certainement pas retrouvé.

- Vous travaillez beaucoup.


Il a planté son regard dans le mien, et m'a souri.


- Vous savez, dans mon métier, c'est comme dans le vôtre. On est de garde tout le temps.


 
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   jaimme   
19/9/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Un texte d'une pudeur bouleversante. Les portraits sont humains, tellement humains. Cette rencontre l'est plus encore.
On pourrait regretter que ce soit si court, mais à y réfléchir cela donne une belle force au récit.
Qui est de garde? On dira: dans notre société individualiste, dans les grandes villes, etc. Sans doute, mais avoir le cœur de garde pour les autres est une qualité individuelle, avant tout.
Belle fenêtre sur la vie. Très belle fenêtre.
Parce que je me dois de relever quelque chose... j'ai été surpris du paragraphe qui débute avec: "Elle m'a dit : tu es comme l'ancien locataire...". Cette alternance de présentation des dialogues m'a surpris. Oh, est-ce vraiment une remarque? Cela ne choque pas vraiment.
Merci Misumena. Tes récits sont d'une si belle qualité!

   NICOLE   
19/9/2009
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel
Une petite merveille de délicatesse et d'émotion contenue, d'une efficacité redoutable, voilà mon ressenti. Redoutable, comme cette histoire ancrée dans une réalité assez sombre.
J'ai été remuée par ce texte comme je le suis rarement, et j'en ai apprécié l'écriture : simple et sans fioritures. Ici, les informations sont distillées sans habillage compliqué, et c'est probablement ce qui fait toute la force de ce récit, son dépouillement.
Je ne sacrifierai pas à l'habitude "constructive" de chercher d'imperceptibles petits défauts : tout me plait, et le dire me semble le moins que je puisse faire.

   ANIMAL   
19/9/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Une écriture limpide où chaque mot est à sa place, des personnages réalistes et attachants, une histoire bien bâtie, voilà une nouvelle qui se lit d'une traite et avec un plaisir certain.

Je ne vois pas quoi dire d'autre sur la forme que "impeccable". Quand au fond, je me plait à imaginer une idylle naissant entre Sophie et l'inspecteur, pourquoi pas ?

Un beau texte, Misumena. Merci.

   jphil   
19/9/2009
 a trouvé ce texte 
Bien -
Bonjour,

j'ai bien aimé l'écriture, simple mais efficace, assez imagée aussi (son sourire couronné à l'or fin, qui met du soleil dans le brouillard). Les deux personnages sont bien croqués et on n'a aucune peine à les imaginer.
En revanche, j'ai eu un peu de mal avec la fin, l'épisode de l'inspecteur venant faire soigner son chat, j'avoue que je n'ai pas bien compris ce que ça venait faire là, ce côté, tout le monde a son jardin secret et est humain, ça ne m'a pas convaincu.
De même, j'ai trouvé assez maladroitement amenés les conseils de la pute à la véto sur sa vie sentimentale, j'ai eu l'impression que ce passage avait été uniquement construit pour permettre la phrase "on n'est jamais aussi seule que dans des bras de passage", du coup, ça m'a laissé froid.
Mais l'impression d'ensemble reste bonne, une fin plus soignée aurait définitivement emporté mon adhésion.
Bonne continuation.

   florilange   
20/9/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
L'histoire d'1 amitié improbable naissant entre 2 solitudes.
Un joli texte, bien rédigé, une lecture agréable, dont la fin laisse 1 fenêtre ouverte au lecteur. À lui d'en faire ce qu'il veut.
C'est léger, gentil & d'1 certaine façon, assez moral.
Spécial K, c'est quoi, des céréales pour ne pas grossir?
Florilange.

   coquillette   
20/9/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
Bonjour misumena
C'est toujours aussi parfaitement écrit, mais ça ne m'emporte pas. Lu deux fois, la première fois suis passée totalement à côté, la seconde j'ai apprécié.
Je ne comprends pas le titre, quand j'ai vu arriver ce texte, avec ce titre, connaissant la verve et les qualités de l'auteur je me suis dit que j'allais avoir droit à un morceau bien consistant, une critique bien sentie sur les femmes et leurs régimes... c'est peut-être ça qui a gêné ma première lecture. Ensuite, j'ai relu en faisant abstraction du titre et j'y ai pris du plaisir mais pas autant que pour le texte précédent.
C'est une belle histoire, mais je ne sais pas... cette fois-ci la magie n'a pas opéré.
EDIT : Au vu du forum, je me rends compte que le titre à tout son sens. J'aurais dû demander de l'aide à M'sieur Google. Manque de curiosité, impardonnable. Je me méfierai à l'avenir.

   Selenim   
20/9/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
Vraiment un joli brin d'histoire avec des personnages bien campés dans leurs expressions.
Le sens de la formule, voilà la force majeure de ce récit. L'intrigue n'est là que pour donner une toile de fond où les protagonistes peuvent se laisser aller à leur concours de belles répliques. Les descriptions sont sobres mais toujours pertinentes, un soucis du détail qui n'a l'air de rien mais qui demande un gros travail car les répétions sont inexistantes.
Juste un écueil, au début, avec une répétition fâcheuse : trois fois "fantômes en 2 phrases". Une broutille.

La palme de la métaphore juteuse revient à cette phrase :
la seringue plantée à ses côtés comme une mauvaise herbe dans un gazon anglais.

J'adore.

En contrepartie, j'ai eu du mal à rentrer dans cette histoire. Il m'a fallut la première phrase lâchée par Mado pour enfin plongé la tête les yeux ouverts dans l'histoire. Un déclic qui a muté les mots en chairs. Le début m'a paru assez décousu, même à la seconde lecture. Pourquoi ? J'ai encore du mal à cerner. Peut-être trop d'infos ramassées, condensées. Le premier chapitre est dense, et aborde de front plusieurs éléments de l'intrigue.

Mais je ne vais pas boudé mon plaisir, ce texte m'a plu. Alors merci.

Selenim

   Manuel   
20/9/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Ce ne sont pas des milieuw que je fréquente, pas d'animal a faire consulter chez le véto et impossibité de tout "émotion" si je puis m'exprimer ainsi dès qu'il s'agit d'amour tarifé...Bien que celà me soit parfois plus onéreux, mais on ne se change pas.
Donc malgré mon ignorance de ces milieux, je ne doute pas qu ces dames de petit vertu se conduisent hors turbin comme tout un chacun et la rencontre est plus que probable et assez bien relatée.
c'est léger et agréable à lire dommage que la puet n''était pas honnête et que la véto ait eu à souffrir d'un cambriolage

   mousange   
20/9/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
Très belle nouvelle! Une rencontre inattendue entre deux femmes, deux souffrances. L'une immense, l'autre non négligeable. Mais aussi une histoire, un quotidien.

   widjet   
22/9/2009
 a trouvé ce texte 
Faible
Pour ma part, je n'ai pas été convaincu, que ce soit par l'ecriture (les dialogues manquent par moments de réalisme et certaines phrases comme "Ses pratiques se donnent sans doute l'illusion" sont peu claires voire un peu lourdes). Itou pour les personnages et leur amitié. Les quelques traits d'esprit ou d'humour ("mes ballerines Todd's sans lesquelles point de salut pour mes orteils" ou le titre sympathique - sans doute trop tentant pour s'en passer ? - , mais trop déplacé compte tenu du sujet) ne m'ont guère emballés et la profondeur et l'émotion de l'ensemble ont déserté ces lignes en ce qui me concerne.

La fin (mort de Mado et le retour (suggéré) de l'amour par le biais de l'inspecteur(c'est ce que j'ai cru déceler) me semblent aussi vite expédiée que mal amenée.

Déception donc mais je vous lirai encore avec plaisir (car je n'ai pas passé un mauvais moment)

W

   jamesbebeart   
22/9/2009
 a trouvé ce texte 
Moyen +
Joli texte certes mais dont la chute ne m'a pas transporté. Histoire intime qui devient trop vite un fait divers. Merci pour cette lecture bien agréable toutefois.

   Farfalino   
22/9/2009
 a trouvé ce texte 
Moyen +
J'ai bien aimé ces deux femmes sans vraiment de points communs qui se lient d'une certaine amitié. L'une est fascinée par l'autre. Les descriptions me semblent justes.

Je trouve que la fin est vite expédié.

Certaines phrases sont lourdes, et accrochent un peu. J'ai buté sur "pratiques" dont je ne connaissais pas ce sens. Mon dictionnaire "trésors de la langue française" me dit que c'est un sens vieilli.

Sinon c'est une histoire agréable à lire.

   Colinede   
24/9/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
J'ai énormément aimé !
L'écriture est un petit bijou d'élégance, claire, concise, avec un sens du détail juste, de la pudeur et une sensibilité qui me parle.
Je ne chercherai pas la petite bête, (n'ayant pas d'insecticide à vendre) d'ailleurs cette petite bête serait sûrement une coccinelle !

   Togna   
7/11/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
J’ai apprécié ce texte emprunt d’humanité, même sans savoir ce qu’est le spécial K (je l’ai découvert sur le forum, après lecture de la nouvelle). J’aime ces petites tranches de vie où les sentiments sont amenés avec pudeur et simplicité. La personnalité attachante de la narratrice est bien servie par l’écriture fluide. Il y a de belles trouvailles comme : la moquette exubérante et la seringue plantée dans le gazon anglais… Par contre je ne comprends pas le sens de « Ses pratiques se donnent l’illusion etc. »
Il me semble que l’histoire aurait pu s’arrêter sur la mort de Mado, en laissant le choix de la finalité au lecteur. C’est mon impression d’auteur, mais ton finale ne ternit pas pour autant la qualité de ton récit.
J’ai senti un bon travail d’écriture et une précision dans la pensée. Ce qui amène, évidemment, à un bon vocabulaire.

   Luluberlu   
29/4/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien
Quelques phrases relevées ici et là et qui donnent à cette nouvelle sa tonalité :
« avec son sourire couronné à l’or fin, qui met du soleil dans le brouillard « 
« On n'est jamais aussi seule que dans des bras de passage. »
« Les coups avaient épargné ses yeux, grands ouverts, qui fixaient au plafond une sorte de rêve. »
Toujours aussi bonne narratrice.
Mes compliments, qui fusent... Hein.


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