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Science-fiction
Monocle-Zygote : Comme un implant dans ton cerveau
 Publié le 29/11/21  -  5 commentaires  -  15358 caractères  -  46 lectures    Autres textes du même auteur

À partir de drogues puissantes et sédatives, de nombreux cerveaux sont plongés dans un monde fictif, onirique ; avec la mission, confiée au narrateur, de protéger Ariane, et son envie d'émeutes qui pourraient enflammer les quartiers de la ville basse, il doit se poser ce dilemme – qui n'en est pas un pour lui, ayant des méthodes peu orthodoxes pour un tuteur.


Comme un implant dans ton cerveau


Bien avant les émeutes interraciales (c’était donc bien dans un rêve emboîté dans un autre rêve).


Un silence mortel s’installa d’un seul coup. On n’entendait que le sifflement des radiateurs, le grincement des lattes du plancher du gros barman à la chair grise, la joueuse de cor au loin qui escaladait sinistrement les ruelles escarpées de Mandeville ; d’ailleurs cette nuit, qui avait fait sortir des kyrielles de mollusques de chien-lézard, semblait prêcher l’anarchie : ici et là, d’affreux sycophantes se regroupaient déjà dehors tandis que Cassandre, affalée sur la banquette de ma limousine, expliquait à Ariane, une jeune hybride, comment concevoir le propre labyrinthe de son rêve.

Ariane s’était à demi accroupie, une portière ouverte de la limousine la cachait tandis que je la voyais, moi seul exclusivement, dans le rétro, s’introduire dans ses narines dilatées une espèce survivante de krills. La drogue à la mode venant tout droit de la fabrique de Youssouf. J’étais supposé la protéger de ses démons, ainsi je vidai le contenu d’une énième bouteille de bourbon dans le caniveau pendant qu’elle était occupée ; ma cliente, Ann X, une star ayant épousé le sulfureux magnat de l'immobilier, Parsifal Van Dyck aujourd’hui disparu, m’avait confié la lourde tâche de surveiller leur adolescente.


Les drôles de crevettes mutantes commençaient à faire leur bonhomme de chemin dans son cerveau et elle se mit à chanter quand nous remontions le Strip pour atteindre les boîtes à la mode de Mandeville (je n’étais alors pas encore au courant qu’il était réservé à des gosses gâtés, ce genre d’endroit, mais on était dans mon rêve, et uniquement dans mon rêve).

À mon avis, me dis-je en sortant de la bagnole, cette nuit verte, qui semblait semer sournoisement l’idée délirante, au sein du subconscient de tous les rêveurs, d’émasculer ces mouchards de flics qu’on voyait entrer dans les clubs, allait me donner bien du fil à retordre.


######


Une autre décapotable m’attendait. L’amnésie des rêves commençait… J’allais déjà prendre congé du bar où des jeunes, dont des hybrides de chattes trempées avec trois fois rien sur le dos, racontaient que le travail rendait libre. Il y avait toujours, à chaque fois que je partais en mission comme tuteur, de vieux chanteurs de prosodie du siècle dernier se croyant malins à réciter de la pseudo-poésie :

« On rêvait d’oies sauvages qui engageaient le printemps sans nous opposer de résistance

Et de grandes fenêtres ouvertes sur les mers septentrionales, ô souvenirs résiduels,

Je glissais sans contrôle sur le rebord du monde outre-espace… » J’en avais assez entendu, déjà je foulais le pavé, et fébrilement, j’aperçus qu’elle était déjà là, la belle caisse rouge, son moteur vrombissant.

L’un d’eux reprit le couplet en le modifiant, alors que j’étais en train de faire crisser les pneus, pied au plancher :

« On rêvait de doigts sauvages qui enfantaient le printemps sans nous opposer de résistance… » Et d’autres conneries de ce genre.


En sabotant des montres mécaniques unidirectionnelles, nous nous retrouvâmes cette fois non loin d’un sanctuaire inconnu : il était entouré par des marais pullulant de moustiques qu’on ne voit qu’en Louisiane, et le brouillard était tombé (ce qui me fit penser que je devais être extrêmement vigilant car la jeune hybride risquait ainsi de me fausser compagnie).


Après s’être rafraîchie à la source de Mezcal qui jaillissait des fontaines du sanctuaire, elle psalmodia ce qui était écrit sous l’autel habituellement réservé aux offrandes pour des dieux qui, de base, s’énerveraient et déclencheraient leurs foudres sur cette population ladre et sans jugeote de Mandeville : « Nous irons dormir Là-Haut Chez Vous, portés par les ailes des jars capricieux et nous rêverons de grands squats ouverts à tous les rêveurs, peut-être aussi sur les mers septentrionales, et de souvenirs résiduels voguant sur les flots de l’amnésie. »


Émergeant d’un mur de marbre blanc, des runes m’indiquèrent que le sanctuaire avait été jadis un monastère de moines hydrocéphales, ayant sculpté à même ce mur les tracés complexes de labyrinthes sans fin. Les labyrinthes des rêves les plus macabres.

Et je me souvenais que lors du premier épisode onirique, quand nous étions coincés dans cette discothèque, un soi-disant journaliste d’investigation draguait cette jeune pétasse hybride et qu’il lui racontait comment il avait magnifiquement couvert un reportage sur les émeutes interraciales ayant enflammé jadis le quartier rouge de la ville basse… Alors que la triste vérité c’était que ce baratineur n’avait été promu qu’une fois dans sa vie et à un poste de télésurveillance en plus ! D'ailleurs je l’avais gentiment remis à sa place.

Mais déjà je distinguais, assis avec un couple de laminariales en haut-de-forme rose sur les marches de ce vieux palais, un tourbillon d’évanescentes étoiles mort-nées qui se dissipa ensuite en pluie blanche. Et qui tomba en crème, puis en fines coulées, sur les seins d’Ariane et de Cassandre. De bruyantes scies circulaires sortant des alcôves d’ébène et d’ivoire du sanctuaire répercutèrent par la même occasion le hurlement funèbre que ces femelles avaient poussé quand j’avais tranché la gorge de ce risible dragueur (il eut un petit hoquet pour recracher du sang par le nez et par la bouche et termina par un minuscule cri qu’on aurait pris pour celui d’une sorcière).


Plus tard, elles m’avaient reproché mes méthodes moyenâgeuses et avaient loué notre chance inouïe de nous en être sortis vivants, alors que je connaissais pourtant déjà l’issue de la situation comme les oracles de ce vieux corbeau, rencontré la nuit d’avant, me l’avaient parfaitement prédit.


######


La résistance s’organisait dans le quartier rouge. Pour répliquer à la Brigade du Frelon, la célèbre et pourtant très discrète unité d'intervention privée contre les narcotrafiquants, un homme à tête de corbeau dans une boîte de nuit branchée avait abattu froidement un flic qui était là sous couverture et qui cachait sa véritable identité en se proclamant journaliste d’investigation à qui voulait l’entendre. Les semblables de cet assassin, qui avaient coutume de trinquer avec lui dans un débit de boissons de la ville basse, étaient rebectés par son acte héroïque. Ils éprouvaient pour lui une immense fierté comme la foule qui, après l’annonce de ces infos, avait enrubanné les poteaux de la Grande Place de slogans ACAB, truffés d'insultes anti-flics…


Et les rêveurs, dont la seule finalité était de se droguer en permanence, imaginaient, dans les vapeurs d’opium, de grands squats ouverts à leur communauté de babas cool, donnant sur les mers septentrionales, et de souvenirs résiduels voguant sur les flots de l’amnésie.


L’amnésie des rêves, brutale, fatale. Même si, pour la combattre il y avait encore un groupe de guerriers de la dernière heure, au passé spirituellement trouble. Un chercheur, parti en quête de la nuit verte de l'Alaska, pourrait, au détour d'une falaise plus grande qu'une scolopendre, rencontrer ces hommes et ces femmes qui ne se sont pas contentés de la vie matelassée, moelleuse et terne offerte par la société moderne, et se dire qu'il n'est pas seul, qu'il reste encore dans le monde une étincelle d'aventure, un espoir peut-être aussi de se passer des produits illicites pour continuer à rêver.


Un jour, au-dehors du concevable, ils chevauchèrent vers les barbelés entourant le sacro-saint sanctuaire. Des légions de cloportes, attirées par les puits vaseux de spiritualité que les moines hydrocéphales alimentent en visions de cauchemar depuis le commencement des temps, reflétaient la nuit verte de l'Alaska sur leurs carapaces chitineuses, et leurs yeux fixes, contemporains des premiers hivers, dévoraient des vérités métaphysiques, en érodant peu à peu les membranes de l'univers. Parmi eux, Ariane et Cassandre portaient des casquettes de plomb, qui dissimulaient avec peine leurs crânes-laboratoires, où les synapses en ébullition décantaient d'extraordinaires substances qu’elles s'injectaient ensuite en intraveineuse. Plus loin, flottant paisiblement dans des flacons aux formes improbables, il y avait les Rêveurs, insoucieux de la neige qui tombait à lourds flocons, et les drapait peu à peu d'un manteau paré d'aurores boréales. Chaque Rêveur était maintenu sous sédatifs, une lourde pharmacopée qui s'insinuait coupablement dans ses veines, en serpentant le long des perfusions. Parmi ces substances, il y avait la drogue de Youssouf, la drogue des rois, et l'on disait qu'une goutte de cette substance pouvait provoquer des visions si puissantes qu'on a l'impression que toutes les planètes, le Soleil et la Lune, ainsi que toutes choses du Ciel et de la Terre se prosternent devant soi, dans un élan laudatif si puissant qu'il brise l'ego en mille morceaux.

Cassandre murmura à Ariane : « N’aie pas peur, même si je pars, ne crains rien, pas même mon absence. » Et sa voix était comme un souffle chaud venu du désert, comme un volcan qui s'éveille en grondant doucement pour bercer la nature, qui pourtant le craint.


Dehors toujours, avec la horde, elles semblaient sur le point d’être absorbées par cette bulle onirique qui partait à la dérive et que formaient les anti-corps psychiques et psychédéliques. Elles se souvinrent des anciens pilleurs qui étaient repartis les pieds devant. Ils s’étaient jadis risqués à provoquer Youssouf ; le grand maître des Rêveurs avait alors sorti sa lame de samouraï, prêt à en découdre avec leur humeur massacrante, et le sang avait giclé et il y avait même cette nuit-là une Rêveuse qui d’habitude indiquait la position du Magic Bus aux autres drogués et qui s’était finalement perdue dans les ruelles noires de Mandeville (où traînaient encore à cette heure des prostituées venues de Karachi) ; et c’était sûrement à cause de cette raclée infligée par Youssouf, le chimiste, et qui avait fait tanguer la matrice onirique.


Ariane et Cassandre aperçurent à la dérobée des ombres faire hâtivement un Fight Club devant la porte principale à la fois grillagée et plaquée d’or de l’ancien monastère ; un désordre de vieilles carcasses de voitures régnait ici à l’entrée dans la cour, et parmi elles l’antique van trop en ruine pour que ce monde puisse établir un lien avec le Magic Bus quand ils rêvaient… et avec la décapotable du début, son autoradio émettant la météo des mers septentrionales, mais parfois elle racontait que quelque part dans le coin de Barstow aux abords du désert je trouverais – c’était aussi une sorte d’oracle ce poste – ces pionniers ne croyant plus au rêve américain, noyés et reposant à huit miles de profondeur dans un lac, leurs membres engourdis par le sommeil, leurs mémoires défectueuses et ils fantasmeront sur leur illusion d’avant, appréhendée en revanche comme un mystère peu glorieux par cette foule de rêveurs-résistants. Mais qui ne pourra pas les lyncher même s’ils reviennent les hanter et ce n’est qu’à travers le prisme déformé de leur trop longue virée au pays de Morphée, ces fantômes, jadis tous protégés, malgré tout, par la tutelle de cet homme à tête de corbeau, qu'ils finiront par se rendre compte qu'ils sont tous des personnages interchangeables dans son rêve.


Quand Cassandre et la gosse de riche se furent introduites dans le bâtiment au style néogothique et s’engagèrent dans l’obscurité, se heurtant à de grands piliers, des colonnes toutes en sel de Séminal, après avoir trouvé une cachette où on ne les verrait pas, elles observèrent un homme éclairé par une unique torche, et qui tentait de réanimer une antique pipe d’opium et comme tous les autres hommes usés, lessivés de son espèce, son esprit errait sans rien remarquer ! Dehors, à cette heure tardive leurs épouses, qu’ils avaient délaissées, essaimaient avec leur robe de bal les places où il y avait encore de la vie et qu’on n’apercevait que la nuit…


Alors on put entendre les deux héroïnes murmurer face à cette vision affligeante :

« Nous avalerons le grand néant illusoire et quand nous creuserons les tombes de ces rêveurs, sidérées par la facilité d’entrer dans leur esprit et d’y semer une idée au cœur de leurs sommeils, nous répandrons notre fiel dans leur cerveau et nous éviterons à notre tour d’être contaminées par toutes ces fioles de psychotropes, les manipulant précautionneusement avec des gants de protection et n’invoquant qu’à demi-mot leurs propriétés qu’on pourrait juger maléfiques. Et dans une ultime bravade nous les forcerons à se réveiller d’entre les morts, ce long sommeil qui les dégoûte eux-mêmes. Et puisqu’ils s’interdisent toute autre distraction, dans la crainte qu’un mouchard puisse imploser leur cage dorée, nous les libérerons de cette léthargie, même s’ils ne peuvent pas encore saisir le sens secret de notre plan. »


Mais qui ne l’était pas tant que ça finalement : surgissant des profondeurs de la matrice onirique, Youssouf leur fit barrage alors qu’elles s’approchaient de ses alambics, et même si sa voix se perdait parfois dans les limbes d’où il provenait, on l’entendit énoncer lugubrement :

« Votre plan était presque parfait, jusqu’à ce qu’un de mes intermédiaires m’informe de votre intrusion… à ce moment précis j’ai tout de suite pensé que mes cobayes ne pourraient manifestement pas bien s’acclimater à l’inception, une idée tenace, coriace que nous injectons avec mon équipe au sein du subconscient du rêveur… le succès de mon entreprise de zombification en dépendra. Mais vous ne le savez pas peut-être pas, j’ai prévu ce genre d’attaque vicieuse : vous allez nourrir mes cloportes. »


#####


« Un liquide chaud et humide, provenant de l’écrasement de cloportes, prononçait en direct le présentateur de JT, vient de s’immiscer entre la porte et son interstice… Que voit le Rêveur ? Que les kyrielles des portes du Rêve n’ouvrent toutes qu’à la vision défendue par ses seuls insectes. »

La télé reflétait ensuite des portraits de démons malicieux et puissants, bien que son écran commençât à se restreindre, dévoré par l’érosion du rêve. On craignait que son effacement soit lié à la disparition de la clé de l’énigme, que le temple s’écroule en libérant dans l’air des spores ravageurs (il n’y aurait plus d’humains sur terre mais ce serait une planète recouverte entièrement de forêts). Je partis en courant et, jusqu’à ce que ma respiration me brûle, me réfugier sur un flanc de colline qui dominait l’ensemble de la vallée. Mes jambes étaient lourdes comme du granite et une nouvelle fois la nuit tomba, et parmi les évanescences aux plaintes et aux cris effroyables, personne en vain, aucun visage n’était tourné du côté de ce lieu s’enflammant, sous l'impulsion et l'effondrement de mon rêve, et qu’on apercevait à mille lieues à la ronde.


Tout avait été détruit dans la confusion la plus diffuse ; mes jambes étaient courbaturées par cette longue et folle course, et pourtant mon ventre je le sentais gavé des mêmes viscères qu’à tous ces junkies du rêve.


Tandis que l’amnésie des rêves se teignait de couleurs crépusculaires, à s’effacer, à n’imaginer pour nous que des pèlerinages… conduisant aux chambres à gaz, aux camps de la mort… ou à l'éternelle Flambée des Inquisiteurs, je savais à présent que le projet des cobayes-rêveurs avait dévié de son mobile d’origine…


 
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   Shepard   
29/11/2021
Bon, à part quelques références (Ariane, Cassandre) et les camps de concentrations, j'ai rien compris. Je suis plutôt appréciateur du genre enfumé et elliptique, mais je pense que c'est un cas de "trop". L'auteur s'amuse beaucoup, sans doute, et après ? Ce n'est pas seulement le style alambiqué et volontairement cryptique qui me pose le plus de problèmes, mais l'absence totale de fil à suivre - un comble avec une Ariane. Oui, des 'rêves', une excuse pratique pour permettre à l'écriture de raconter n'importe quoi et de se décharger dans des formules en cul-de-sac. On aurait pu garder les mêmes noms propres et changer au hasard tous les autres mots du récit que cela n'aurait fait aucune différence sur le sens ou l'intention générale.

Enfin, au fond, j'admire. Dire que quand j'écris j'essaye de me faire **** pour qu'on arrive (un peu) à comprendre, alors que je pourrais faire comme ça et n'en avoir strictement rien à carrer, je me demande si je n'ai pas tout faux !

Conclusion : je me suis forcé à lire, j'ai passé mon temps à relire pour essayer d'y voir quelque chose, puis j'ai beaucoup soupiré. Curiosité, c'est quoi une nuit verte ? J'ai l'impression de l'avoir entendu quelque part, mais je ne me souviens plus. Google n'a rien donné.

Niveau appréciation, j'ai hésité à en mettre une (très basse) mais puisque je suis out je laisse le bénéfice du doute.

   plumette   
29/11/2021
juste pour dire que sensible aux nouvelles plumes j'étais très motivée pour vous lire.

je n'ai rien compris, et l'assemblage de mots que vous nous proposez ne m'a conduit nulle part.

J'attends avec impatience un avis éclairé et un commentaire qui me donnera une piste de sens.

j'ai vu dans votre présentation que vous vous réclamez du surréalisme?

Désolée! je n'évalue pas car je n'exclus pas le fait d'être passée à côté...

   Bandini   
29/11/2021
Pour Shepard s’il me lit : j’ai vu une deuxième apparition de la formule « nuit verte », complétée, sous la forme « nuit verte de l’Alaska ». Honnêtement, j’ignore si l’Alaska se situe suffisamment au nord pour qu’on y voie des aurores boréales, mais c’est peut-être une piste ? D’ailleurs, on peut lire encore plus loin ‘[..] les drapait peu à peu d’un manteau paré d’aurores boréales ». J’ignore cependant où cela peut mener.

Si j’étais sorti de la première lecture avec une petite piste, ne serait-ce qu’une intuition (*), j’aurais peut-être trouvé le courage de reprendre depuis le début, mais je ne suis sans doute pas au niveau pour entreprendre pareille enquête.

(*) Pour être tout à fait honnête, j’ai un peu menti. Une chose m’est tout de même venue à l’esprit, je ne sais d’ailleurs exactement pourquoi, sans doute votre insistance à orienter vers le Nord, les nuits vertes, les aurores boréales… mais sans du tout savoir s’il peut y avoir un rapport avec votre texte. C’est un nom qui m’est venu à l’esprit : « Thulé ».

Ce nom, Thulé, semble relever d’une mythologie antique et désigner l’endroit terrestre le plus septentrional.

J’ai trouvé ceci, un extrait de « Les Tragiques, livre VII » d’Aggripa d’Aubigné :

Tous sortent de la mort comme l’on sort d’un songe.
Les corps par les tyrans autrefois déchirés
Se sont en un moment en leurs corps asserrés,
Bien qu’un bras ait vogué par la mer écumeuse
De l’Afrique brûlée en Thulé froiduleuse

Il me semble aussi vaguement me souvenir d’un mouvement désigné par « Retour à Thulé », je crois en rapport avec le nazisme, toujours selon mon souvenir très lointain et très imprécis, mais dont curieusement, je ne trouve pas trace sur le net. Peut-être à mettre en rapport avec les camps de la mort que vous évoquez à la fin de votre texte ?

J’ai également trouvé sur le net cet extrait de 2004 du Journal Libération :

Exilés de force il y a plus de cinquante ans, les Inuits de Thulé remettent leur sort entre les mains des juges de Strasbourg. Ce peuple premier, le plus septentrional au monde, a déposé une plainte hier contre le Danemark, devant la Cour européenne des droits de l'homme, pour réclamer la restitution de ses terres ancestrales, au nord-ouest du Groenland. «Il s'agit de la survie d'une communauté proche de l'extinction, car 80 % de ses membres sont au chômage et vivent aujourd'hui de l'assistance publique», a déclaré l'avocat des quelque 500 plaignants, demandant «le retour légitime» de ses clients sur leurs terres, «les seules au nord du Groenland où l'on peut vivre des ressources qui s'y trouvent».

Bon, voilà, j’ai quand même un peu bossé, mais sans du tout savoir si cela peut être un début de piste ou si je suis à cent lieues. Je laisse ceci en friche, des fois que…

   Anonyme   
30/11/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Monocle-Zygote,
(et bienvenue à cette première nouvelle publiée).

Un peu Olni (Objet à Lire Non Identifié), au style cependant agréable, à la forme travaillée.
Pour aborder ce texte, il faut, je pense, s'oublier, oublier la rationalité.
Parfois je me suis sentie entièrement larguée, cependant un détail ou une tournure plus loin, je suis retombée sur mes pieds (enfin presque).
Dans mon esprit, la science fiction peut (doit?) être une possibilité de science pour demain ou après-demain. Non spécialiste, je doute que ce texte réponde à ce critère.
(ce qui me pose encore un fois la question des catégories, à mon sens, orientant un peu trop le lecteur sur des chemins trop balisés).

Ensuite la fin ouvre une perspective pour comprendre l'ensemble. Tout comme l'incipit qui nous invite à lire comme dans un rêve.
Je serai curieuse de lire vos prochains textes (en espérant cependant qu'ils ne soient pas tous aussi difficilement pénétrables).
Tour à tour admirative et agacée par ma lecture, j'ai passé un bien agréable moment à rédiger ce commentaire, merci !
Éclaircie

   Dugenou   
30/11/2021
Bonjour,

Ce texte a éveillé en moi un souvenir, celui d'un post sur un fil de présentation évoquant un texte inspiré du film Inception de Cristopher Nolan (d'ailleurs cité dans le texte)... mais je n'ai pas retrouvé le fil.

Le personnage du chimiste Youssouf est, il me semble, tiré du film...

Hormis ces détails, le texte est on ne peut plus obscur, tenter de le commenter semble hyper casse gueule.


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