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Policier/Noir/Thriller
MonsieurF : Jed [concours]
 Publié le 09/09/16  -  29 commentaires  -  16043 caractères  -  297 lectures    Autres textes du même auteur

« Ici, les relations humaines, c'est l'abîme »
MC Circulaire – Demain c’est trop tard


Jed [concours]


Ce texte est une participation au concours n°21 : Et en 13 secondes, tout bascula...

(informations sur ce concours).




C’est incroyablement long treize secondes, presque une éternité en fait. Dans la vie quotidienne personne ne prête réellement attention à la durée exacte du passage du temps, on se dit, comme ça, « je te rejoins dans cinq minutes » ou « j’en ai pour deux heures », mais qui sait combien durent vraiment treize secondes ? Pourtant quand on se retrouve à genoux dans la chaleur de l’été, au milieu d’un océan de blé prêt à être moissonné, sous un ciel si bleu qu’il en est presque blanc, avec les cris des milans loin là-haut comme accrochés à l’azur, le temps a un poids bien réel.


Surtout quand on sent l’acier d’une arme à feu sur sa nuque.


Et qu’il est acquis que cette arme va mettre fin à ce lent décompte.


***


J’avais rencontré Jed chez Simone, le bistrot à l’entrée du village. C’est un troquet de campagne au comptoir de formica qui fut moderne entre 1962 et 1966, mais qui, en 1993, n’est plus qu’un anachronisme laid, usé jusqu’à la corde, lustré par des dizaines de coudes, des centaines de verres ballon et des milliers de coups d’éponge.


Mado, pourtant, s’en contrefout.


Mado c’est la patronne de Chez Simone, ce qui complique un peu les choses pour celui qui n’est pas du bled ; ceci dit il y a peu souvent des nouveaux dans ce coin du monde, juste un VRP égaré parfois qui ne vend rien, parce qu’ici personne n’a de sous, et puis ce dont on pourrait quand même avoir envie, on le trouve à la ville le samedi pendant les courses. Mado, des fois quand je la regarde, je trouve qu’elle ressemble au village : petite, ramassée sur elle-même, murée, vieille. Elle parle peu, juste pour réclamer son dû au gars qui oublie de payer le dernier canon bu, ou alors pour engueuler celui qui commence à faire trop de bordel. Arrivée ici il y a vingt ans, l’année de ma naissance, c’est maman qui me l’a dit une fois qu’elle était en veine de confidences, c’est pas si souvent parce que maman elle a plus trop sa tête, elle mourra avec son troquet.


Bref, j’avais rencontré Jed un jeudi que je passais à boire avec Totof et Ti Pierre mes copains d’enfance. Ti Pierre avait un peu d’argent grâce au mois d’intérim dans l’usine d’abattage de poulets du patelin voisin. Alors il nous rinçait la dalle avec des perroquets et des tomates, ce qui changeait des sempiternelles canettes qu’on éclusait sur le banc, en face de l’école. Attention, faut pas croire qu’on est des malheureux, des miséreux ou des moins que rien ! Vue de dehors notre vie paraît un peu à la con, entre la picole, la Super Cinq et les bals du samedi qui toujours se terminent en bagarre générale. Des fois je me dis que la seule raison de leur existence c’est ça, la baston comme une soupape pour nous empêcher de faire des conneries le reste du temps. Des fois je réfléchis trop. Mais après tout c’est pas pire nos vies que d’être dans le métro trois heures par jour avec pour seule vision la tête d’enterrement du gars en face. J’ai choisi d’être un branleur, j’ai choisi de pas bosser plus qu’il n’est nécessaire et de boire un peu plus qu’il n’est autorisé. Et je m’en porte pas plus mal.

Je suis le seul de notre trio qui a fait un peu d’études, un bac. Littéraire. J’en parle jamais, tout le monde s’en fout de toute façon. Les deux autres ont échoué au CAP, ont échoué au permis aussi, ont échoué même à faire l’armée. Et nous échouons dans ce bistrot sans âme. Je les connais depuis la maternelle, nous avons grandi ensemble, partagé la même nourrice (la mère de Ti Pierre en fait), les mêmes après-midi d’ennui devant la TV, le même collège minuscule. Mon départ pour le lycée aurait pu m’éloigner d’eux mais comme la partie enseignement professionnel du lycée était implantée à cinquante mètres de la partie générale… nos vies étaient imbriquées, entremêlées. Je n’avais pas continué après le bac, il n’y avait plus de sous à la maison depuis déjà bien longtemps, puis je crois qu’au fond de moi je ne voulais pas quitter cet univers, me frotter trop fort au réel. J’avais snobé, moqué, raillé les gens avec qui j’étais en classe, parce que je sentais que leurs vies différaient trop de la mienne, que pour une fois je ne serais pas vainqueur, parce que dans ce monde-là on ne réglait pas tout à coup de poing ou de ceinturon.

Jed, je le connaissais pas le moins du monde, mais quand il est entré, je suis convaincu que dans une autre vie on s’était déjà vus.


Si tant est qu’il y ait d’autres vies.

Si tant est qu’on croie à ça.


C’était un grand mec brun, sapé comme tout le monde ici : un jogging Adidas, des Nike, la chaîne en argent, la casquette siglée achetée au marché. Une contrefaçon que personne ne voulait admettre explicitement, mais qu’implicitement tous savaient. Il avait une barbe de trois jours, une démarche lente, presque traînante, une démarche étudiée pour qu’on voie bien qu’il était comme nous, que c’était pas un gars de la ville qui allait se la raconter et tenter de nous en mettre plein la vue, avant que nous on lui en mette plein la gueule.

Il s’était dirigé vers le comptoir, avait commandé un demi et un paquet de Marlboro, puis était allé s’asseoir vers le ficus rabougri à droite du baby-foot.

J’avais regardé mes potes, haussé un sourcil interrogateur, mais ils ne semblaient pas le connaître. On a continué à siroter en le zieutant sans aucune discrétion. C’est un peu les cow-boys et les Indiens chez nous, fait pas bon venir sur notre territoire sans notre permission. Mais ça ne semblait pas l’émouvoir, il paraissait même s’en contrefoutre, fumait sa clope, tisant lentement sa binouze, ne nous regardant même pas.

Totof, qui n’était pas du genre à réfléchir trop longtemps, pas du genre à réfléchir en général, avait fini par se lever et se dresser face à lui.


– T’es qui ?

– Jed.

– Jed qui ?

– Jed Jed.

– T’es pas d’ici.

– Non.

– T’es chez nous ici.

– Oui.


On frôlait le Goncourt à ce rythme. Ou la baston, la deuxième option étant plus certaine parce que Totof n’avait pas de costume pour aller déjeuner « Chez Drouant ».

Je m’étais alors levé, je ne savais pas pourquoi mais je n’avais pas envie que ça se passe mal, pas envie qu’on latte ce type à trois contre un, pas envie qu’il revienne avec deux trois potes, pas envie de violence enfin.


– Salut moi c’est Mike. Tu bois quelque chose ?

– Un Ricard ?

– Va pour un Ricard. Mado quatre Ricard, c’est ma tournée.


Totof avait eu l’air un peu désemparé, mais c’est mon ami, alors s’il voit que je ne cherche pas des crosses, il essaye d’en faire autant.


Jed s’était assis avec nous, Mado avait posé les boissons anisées, nous avions trinqué et bu. Sec. Sans eau. Comme des hommes nous pensions. Les tournées s’étaient succédé et le nouveau venu s’était un peu livré ; il venait d’un village cinquante kilomètres plus au sud, là où nous n’allions jamais, parce que c’était trop loin, parce que c’était pas chez nous, parce que notre univers tenait dans un rayon de dix kilomètres, parce que le monde n’existait qu’à la TV le soir à 20 h.

Il était menuisier ébéniste, et venait voir sa tante. Jeanette tenait l’épicerie du village, vendait des denrées trois fois le prix, le journal du Centre, faisait aussi dépôt de pain. On essayait de pas trop s’approvisionner chez elle, mais des fois, pris de court, nous raquions dix balles de plus pour boire. Jeanette était malade, il n’en avait pas dit plus, mais vu la fonte des kilos depuis trois mois, on pensait tous qu’elle avait choppé un truc dégueulasse. Et mortel. Mais de ça on n’en parle pas ici, ou alors le jour de l’enterrement.

Bref, il jouait les neveux modèles.


Au bout de je ne sais plus combien de tournées nous avions décidé de partir manger un petit quelque chose, « pour éponger » comme disait sans cesse Ti Pierre. Vu ce qu’il s’était enfilé, ce n’était même plus éponger dont il avait besoin ; dans la rue il tanguait d’un mur à l’autre, heurtant les lampadaires de Monsieur Le Maire sur lesquels il avait fini par pisser. Il s’était écroulé trente mètres plus loin, sous un abribus opportun. Pour une fois il serait à l’abri.

Totof nous avait proposé de manger chez lui. Il a une piaule indépendante, un truc aménagé dans la grange. Il ne se supportait plus avec ses darons, mais vu qu’il n’a pas le permis, pas de travail, pas de diplôme, et l’alcool mauvais, son père avait bricolé ce qu’on aurait pu pompeusement nommer un studio. Un chiotte, une kitchenette, il tenait à ce mot ça sonnait américain, un matelas et sa chaîne hifi qui dégueulait du Iron Maiden et du Metallica à longueur de nuit. Un royaume.

Il avait réchauffé un truc en boîte, un cassoulet je crois ou des raviolis, je ne sais plus trop en fait. Et débouché du rouge, du pas bon, mais pas cher, qui cogne.

On avait continué à causer avec Jed, de tout, de rien, de foot, de gonzesses, de bagnoles, il avait même sorti un bout de shit et roulé un joint. On était bien. Faut pas croire que la drogue c’est un fléau urbain comme ils disent les journalistes, y a toujours eu des bouts de shit, du speed ou de l’ecstasy au fin fond du bocage, mais comme les gendarmes s’en foutent, personne ne parle de nous. Ce qui nous arrange bien à vrai dire.

Totof s’était endormi d’un coup abruti par l’alcool et le THC.


Jed ne parlait plus.


Dans le lecteur CD j’avais mis Bashung. « Vertiges de l’amour ». Jed avait souri. Puis il s’était levé et m’avait proposé d’aller prendre l’air. L’idée m’avait paru bonne, parce que là je n’étais quand même pas loin d’avoir atteint mon seuil maximal de tolérance à la gnôle.

L’air était doux, une nuit d’été comme il y en a tous les ans, la chaleur monte du sol par vagues, tandis que la nuit pose un voile de fraîcheur. Ça enveloppe, ça berce, c’est doux et reposant. Au loin, j’entendais le frou-frou d’une chouette en chasse, j’apercevais les chauve-souris qui zébraient le noir. J’étais bien. Jed s’était approché et m’avait dit : « Faudrait pas que ça s’arrête des nuits comme ça. » J’avais pensé qu’il avait raison, que là, en cet instant, le bonheur avait du sens, l’infini aussi.


Puis il avait pris ma main.

Je ne l’avais pas repoussé.

Je crois qu’au fond de moi depuis le début, depuis ce moment où il avait pénétré dans le rade, je savais que ça se terminerait ainsi.

Il m’avait embrassé alors.

Le baiser avait duré, c’était nouveau pour moi, mais si fort qu’il me semblait que ça ne pouvait qu’être éternel.

La nuit nous avait appartenu.


Les jours qui suivirent furent étranges. Je pressentais que, si qui que ce soit découvrait la réalité de notre union, si qui que ce soit dans le village devinait notre amour, parce que oui j’étais amoureux et Jed aussi j’en suis convaincu, j’allais être chassé d’ici à jamais. On est pas des pédés se plaisent à dire les hommes du village, on est pas des fiottes. J’avais toujours gueulé ça moi aussi, aviné ou pas, et pourtant… Pourtant je rêvais du corps de Jed, de ses muscles et de son sexe, de son torse à peine velu et de sa voix rauque. Je l’avais dans la peau.

Petit à petit nous nous étions organisé des rencontres, des moments clandestins, volés au monde, je prétextais des trucs à faire ailleurs, mes deux potes n’y voyaient que du feu. Je partais au volant de ma bagnole pourrie, je rejoignais Jed dans une vieille ferme abandonnée, dans les champs parfois, partout loin de leurs regards, de leur haine. J’avais l’intuition, au fond de moi, que tout ceci ne pourrait durer, la certitude qu’il faudrait bien qu’un jour je parte ou j’avoue. Mais partir où ? Avouer comme un coupable ?


***

Cela fait maintenant presque un an que ce cinéma dure, Jeanette n’en finit pas de crever de son cancer, Jed peut ainsi prolonger son séjour, jouer plus longtemps les infirmières et notre amour grandir, forcir. Dans l’été naissant, en ce brûlant début de juillet, je dois le rejoindre. Il n’y a pas sa voiture devant la grange et rien que ça devrait m’alerter, mais cela fait presque trois semaines que je ne l’ai pas touché, pas embrassé, pas aimé. Je suis impatient, avide même.

Dans la pénombre j’aperçois d’abord son corps nu, adossé aux planches.

« Jed… »

Il ne répond rien, j’entre tout à fait.

Il est attaché les bras en croix, la bouche édentée gluante de sang, les yeux boursouflés, son corps strié de marques rouges, noires, violettes.

Je me précipite vers lui mais un coup formidable me jette à terre. Le rire débile de Totof résonne. J’essaye de me relever, de faire face, mais un coup de pied dans les côtes et dans la tête me sèchent.

J’essaye de me rouler en boule, de protéger mon visage, mon nez, mon bas-ventre. Peine perdue.

Noir. Cette sensation de chute.


Je suis dans le noir, je compte. 248 249 250. J’ai toujours fait ça, je compte lentement égrenant les secondes, une à une, un tic qui m’est venu plus jeune quand mon père et ma mère se hurlaient dessus, fracassant la vaisselle, les portes claquant. Je comptais. Mon esprit ainsi occupé occultait la violence. Et là je compte, 987, 988, 989, soudain à 1003 la lumière plus vive et la sensation de l’eau glacée sur mon visage.


Je suis dehors. Le ciel est bleu. Je suis à genoux, mains liées dans le dos.

Totof et Ti Pierre sont là, Totof tient un seau vide, je suis trempé.

Plus loin le corps de Jed.

Sans vie ?


– T’es qu’un sale pédé Mike, t’es qu’une merde de pédale de merde !


C’est Ti Pierre qui parle, je sais à l’entendre qu’il a déjà bu comme un trou et qu’il a sûrement pris du speed, le débit est saccadé, les yeux sont rouges, éclatés.


– Et tu sais ce qu’on fait aux pédales de merde comme toi ?

– On leur coupe les couilles !


C’est Totof qui a hurlé ça, l’air aussi allumé que l’autre.


– Les gars…

– Ta gueule pédé, ta gueule !

– Les gars… on est potes non ? Depuis…

– Ta gueule !


Totof a hurlé et me colle un grand coup de pied dans le ventre. Je m’effondre, me tortille, mais déjà il me relève en me tirant par les cheveux.

Je vois alors l’autre sortir un flingue.

Il le tient de son grand-père, c’est un vieux Luger pris à un soldat allemand pendant la débâcle de 44. Il est fier comme Artaban de son jouet.

Il s’approche de Jed.

Pose le flingue sur sa tempe.

Tire.

Je suffoque.


« Il est crevé le fumier ! Mort le sale pédé ! » Commence alors une espèce de danse débile, un rire hystérique s’échappant de ses lèvres.

C’est étrange parce que le crâne de Jed est juste marqué d’un trou rouge au niveau de la tempe gauche. Pas plus. J’ai toujours pensé que ça mettait de la cervelle partout, qu’il y avait de la boîte crânienne dans tous les sens. En fait c’est très propre. Je songe à Rimbaud, c’est absurde, mais je pense au Dormeur du Val.

Et je m’en veux d’évoquer ça à cet instant, je sais tout au fond de moi qu’il est mort, que c’est fini, qu’ils l’ont tué, mais je n’arrive pas à me concentrer sur cette idée, elle est abstraite, elle n’existe pas.


– Les gars arrêtez, arrêtez, libérez-moi, je vous promets je dirais rien, je vous jure !

– Ta gueule Mike, t’es une pédale, on t’a vu faire tes trucs de pédale avec lui, et chez nous y a que des hommes, y a pas de pédales !

– Les gars… vous allez pas…

– Tu vas rien sentir.


Ti Pierre s’approche et pose le canon contre ma nuque. C’est une sensation étrange, je croyais que c’était glacé un canon, mais non.


Je commence à compter.


1 2 3

C’était mes amis d’enfance, on avait même, un jour, fait des bonhommes de neige.

4 5 6

C’était mes amis d’enfance, Totof m’avait appris à faire un sifflet avec les tiges de sureau.

7 8 9

C’était mes amis d’enfance, un jour Ti Pierre avait copié sur moi, l’instit’ avait bien vu que les copies étaient pareilles, mais c’était moi qui m’étais dénoncé.

10 11 12

C’était mes amis d’enfance, à la vie à la mort nous avions dit, à l’âge de neuf ans, nous entaillant les paumes de main pour mêler nos sangs. La belle ironie.

13

En 13 secondes tout a basculé.


 
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   hersen   
12/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Du début jusqu'à la fin on se croit dans un film. J'aime beaucoup comment tout est décrit, ce trio "à la vie à la mort" de paumés qui ne glandent rien et qui ne mettent pas le nez hors de leur fief. Même 50 km, c'est trop loin.

on imagine très bien leur vie, leur village, leur école. on se demande tout de même comment on peut rester ainsi enfermé dans des idées si négatives mais les raisons ne manquent probablement pas.

Une étroitesse d'esprit qui se termine en drame. Rien ne l'empêchera, même pas une amitié de toute une vie.

"on est pas des fiottes" seulement ces mots qui justifieraient l'acte des deux copains;

A la vie à la mort. une nouvelle bien noire.

   Anonyme   
14/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Cette nouvelle m'a tenu en haleine du début à la fin. L'écriture est "sobre" et efficace. Point de fioritures, donc, pour décrire cet univers de délinquance dans un village paumé. Les personnages sonnent vrais et tous les clichés sont évités, ce qui est une bonne chose.

Le thème est respecté, sans aucun doute. Toutefois, je m'interroge sur la pertinence de la chute, avec cette dernière phrase : "En 13 secondes tout a basculé." Une formule qui aurait sans doute pu être évitée, ce qui précède étant assez explicite pour ne pas en rajouter. Du reste, je pense que reprendre l'intitulé du concours n'est pas une bonne chose (selon moi) et que l'évocation d'un thème réside dans sa subtilité au niveau du traitement. Ceci dit, cette nouvelle est de bonne facture.

Merci à vous,

Wall-E

   JulieM   
15/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un récit prenant de bout en bout, bien ficelé de cette écriture rapide et efficace qui fait les bonnes histoires.
Une structure très soignée : tout d'abord un décor bien planté; des protagonistes brièvement mais efficacement campés dans ce décor; une ligne du temps parfaitement découpée qui provoque la curiosité du lecteur et compréhensible pour le lecteur et enfin un style qui colle aux personnages et à l'ambiance.

Quelques fautes minimes de syntaxe, de concordance de temps et d'orthographe mais rien de rédhibitoire.

Bravo.

   Jano   
21/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Elle est prenante cette histoire, bien racontée. C'est marrant, quand Jed est entré dans le bar sous les regards réprobateurs de la bande, j'ai pensé à la chanson de Renaud "Marche à l'ombre". Le même contexte (Casse toi tu pues...).
Franchement je n'ai pas de critiques à faire. Le style est bon et l'ambiance posée comme il faut. Le coup de foudre entre les deux hommes est peut-être trop rapide. D'emblée, comme ça, c'est plutôt étonnant.
Le thème apparaît au début et à la fin, il est donc respecté même s'il n'est pas vraiment l'élément central du récit.

   Charivari   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour. Une très belle écriture, je trouve, très parlante, et une ambiance qui sonne très vrai pour tous ceux qui connaissent un peu l'ambiance des villages, années 90.
Bref, j'ai beaucoup aimé, malgré ces trois points:
1. Le "coup de foudre" est trop rapide à mon sens.
2. j'ai aimé la chute, avec ce décompte et ces dernières phrases. Par contre, je ne toruve pas très réaliste ce qu'il y a juste avant -les considérations sur le dormeur du Val, même si justement, le narrateur l'assume en disant "c'est bizarre que je pense ça sur le moment". Je crois que le narrateur devrait être plus déboussolé, plus choqué.
3. Un double meurtre, juste parce que leur copain esst "pédé", c'est tout de même un peu exagéré, je pense.

Ces éléments m'ont empêché de savourer entièrement le texte, de plonger complètement dans le récit, et j'avoue avoir préféré le debut que la fin. Dommage, parce qu'entre le style, le sujet et l'ambiance, c'est vraiment bon.

   plumette   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
excellent début qui s'empare immédiatement du thème du concours et nous tient en haleine;
écriture vive, précise, riche qui permet d'entrer dans un univers formidablement bien décrit.

j'ai été captée d'emblée et pourtant cela n'a pas fonctionné jusqu'au bout!

l'auteur a pris la précaution de situer son texte en 1993, époque où la chasse aux pédés était sûrement plus active et plus vive qu'aujourd'hui. Néanmoins, je n'ai pas réussi à croire à ce dénouement, à ces potes d'enfance devenus assassins parce qu'il découvre la liaison de Jed et Mike.

mon esprit critique s'est également réveillé à partir de la première scène " d'amour" qui arrive très rapidement dans la relation et dont le récit est un peu mièvre.

des petites choses détonnent dans cette nouvelle de vraiment belle qualité:
la phrase "Jed, je le connaissais pas le moins du monde, mais quand il est entré, je suis convaincu que dans une autre vie on s’était déjà vus" est bizarre pour moi. Ne serait-ce pas plutôt " quand il est entrée, j'ai été convaincu ... ou alors " quand il est entrée, j'ai tout de suite su...

la référence au goncourt est amusante mais me parait improbable en cet instant, même de la part d'un narrateur qui a fait un bac L! on entend trop ici la voix de l'auteur ( idem pour le dormeur du val)

l'expression "la réalité de notre union " m'a paru pompeuse et en décalage dans ce texte.

ce sont des bricoles que je n'aurais même pas relevées si j'avais pu maintenir mon intérêt jusqu'au terme de la nouvelle;

enfin, c'est toujours un peu bizarre d'avoir un narrateur mort qui nous fait son récit depuis l'au delà.
Ah!!! rationnel quand tu nous tiens!

Plumette

   in-flight   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un récit bien mené: le schéma "situation présente/flashback/retour au présent" n'est pas un exercice facile, bien qu'il puisse apparaitre comme une facilité. Ici, il a du sens et ce d'autant plus qu'on accroche bien aux personnages.

Quand j'ai lu "vertiges de l'amour", je me suis laissé aller à l'idée d'une relation homosexuel, mais très furtivement. Pourtant je trouve que le décrochage est trop brutal: le moment où Mike tombe amoureux m'est apparut comme trop soudain.

Bien aimé le fait d'aborder la défonce en campagne. Effectivement, les médias occultent souvent ce phénomène: je pense que ça ne les arrange pas d'un point de vue éditorial et politique.

Cela dit, la réaction des potes me parait vraiment exagérée, tout en ayant conscience que même à notre époque ce genre de choses peut arriver. Je crois qu'un dialogue plus long entre les amis pourrait aiguiller le lecteur de façon moins brutale. Mais c'est sans doute l'effet que vous souhaitiez réaliser

D'autre part, la phrase finale est vraiment de trop. Je pense qu'il faut effectuer quelques corrections pour se libérer du carcan du concours et votre texte aura une fière allure.

"Je pressentais que, si qui que ce soit découvrait la réalité de notre union" --> pas très heureux le "que, si que"

   Pouet   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bjr,

Bien aimé l'ambiance, j'ai trouvé la description assez réaliste d'une certaine cambrousse, perso j'avais un pote dans le Vexin et j'ai bien retrouvé le truc d'autant qu'on parle de "bocage" à un moment donc peut-être Normandie... Bref peu importe. Cela sonne juste.

Bon après la fin, sais pas trop, une bonne correction m'aurait semblé suffire, là le double-meurtre il fait un peu gros à mon sens.

L'ensemble se lit vraiment bien, pas de longueurs, c'est agréable.

Pour ce qui est du thème du concours, oui le thème est sûrement respecté, peut-être un peu "facile" le coup du compte à rebours le flingue posé sur la tempe, c'est le genre de truc auquel on pense forcément pour un intitulé de thème pareil.

Voilà en tout cas j'ai lu sans déplaisir c'est bien là le principal.

   Bidis   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un texte qui ne m’accroche pas des masses au départ et, sans le tout début qui tout de même intrigue – quoique je me dise « Bon ! encore une histoire de gangsters, comme si les gangsters, il en pleuvait à tous les coins de rue ! » – je n’aurais continué à lire que parce que la nouvelle participait au concours. Mais très vite, je suis empoignée par le style qui est extrêmement vivant et imagé, ce qui fait participer à l’action et intègre le lecteur aux personnages. Et puis, voilà que l’histoire sort des sentiers balisés pour finir par déboucher sur quelque chose qui vous cueille comme un uppercut... Un très bon texte donc, à mon avis.

   mattirock   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup cette nouvelle, le contexte m'a pas mal parlé.
j'adore le fond, très pessimiste et assez réaliste.
Je suis moins fan de la forme, même si l'écriture est simple et efficace comme j'aime, j'aurais aimé la voir plus "sale", plus "directe" encore.

   Alphekka   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Même en 93 même à la campagne tuer des gens parce qu'ils sont gays me paraît un peu exagéré. Et si c'était effectivement le cas, vous venez de me faire perdre foi en l'humanité...

À mon avis les 13 secondes auraient pu être utilisées pour évoquer là bascule des amis d'enfance en meurtriers homophobes. Mike aurait pu se faire surprendre par ses "amis" et les voir changer radicalement de regard sur lui.

Sinon j'aime beaucoup le ton et le rythme : toute cette histoire sonne très juste et c'est en ça qu'elle est terrifiante.

Merci pour ce texte.

   MissNeko   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bravo ! Vous m'avez tenu en haleine. J ai été happée par votre récit touchant et cruel. L'homophobie est une horreur que vous décrivez très bien.
Quant au sujet du concours vous l avez traité avec brio.
J ai hâte de savoir qui se cache derrière cette plume inspirée, réaliste et talentueuse.

   Anonyme   
10/9/2016
 a aimé ce texte 
Pas
Il y a dans ce récit une facilité d'analyse qui me dérange. Comme si la moralité coulait de source, sans la nommer, et que nous devrions dire Amen, parce que sinon on serait des mauvais sujets.
Je ne parle pas de l'abomination de la fin de votre texte, ou évidemment je condamne l'ignominie, et suis contre la façon dont cela se termine.
Le début m'a pourtant enchanté, la révélation homosexuelle des deux protagonistes perplexe, et la suite à la hauteur de ce que craignais.

   Anonyme   
19/9/2016
Une belle écriture qui retranscrit bien un langage de jeunes de la ville à cette époque. Mais je suis né à la campagne, y vit et en vit. Je ne partage pas du tout certains passages de ce texte. A cette époque, les jeunes n’étaient pas les ignares que vous décrivez, je pourrais vous citer bon nombre de BTS et plus. Pour les loisirs, on ne restait pas que dans les bourgades, les joints n’y circulaient pas et on allait flirter en boite bien au-delà de dix kilomètres. L’homosexualité était un tabou, je vous l’accorde, mais pas au point de ridiculiser les jeunes de la campagne avec une telle horreur.
Le comble, je suis paysan et j’ai aidé un jeune à assumer son homosexualité voici plus de vingt ans et vous lire me donne envie de vous remettre les idées en place en ce qui concerne la morale de la campagne.
Votre texte est celui de quelqu’un qui connaît un peu la campagne mais n’y a surtout pas grandi.

   placebo   
11/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Les tournées s'étaient succédées ? Je verrais un accord ici, je ne sais pas si les textes sont corrigés à cause du cadre du concours ?

Le texte m'a fait au début une bonne impression par le rythme des phrases et la formule, c'est dense et bien vu. Mais il y a aussi un côté « socio », étude d'un milieu : tout est décrit pas à pas, le bar, le rattage de la bande, le village, la drogue, etc.

Un petit manque du côté de la motivation des tueurs : ils sont "cons", "high", "homophobes" (c'est souvent autre chose que juste ça), ça ne suffit pas j'ai l'impression. La vue de leur pote en train de faire l'amour avec Jay pourrait amorcer quelque chose, c'est évoqué dans le texte, manquerait juste d'appuyer un peu cet élément pour me convaincre je pense (du genre : "plus on y repensait avec Ti Pierre, plus ça nous donnait envie de gerber. On le fait pour toi, parce que tu mérites pas de finir pédé, on va te délivrer" c'est un exemple mais sans doute pas le bon angle).

À part ça et ce petit côté sociologique qui crée un peu de distance (les paumés, ça m'a fait penser à la BD "tendre banlieue", mais là il faut coller plus près au sujet, moins dans l'inventaire justement), j'ai vraiment apprécié le texte.

Bonne continuation,
placebo

   Pepito   
14/9/2016
Forme : écriture correcte, qui gagnerait à être redécoupée, phrases trop longues par moments...

"presque une éternité" l'éternité moins cinq minutes, donc... ;=)
"le temps a un poids bien réel" je voyais mieux "durée" que "poids"
"bled ; ceci" pourquoi pas un "point" ?
"la seule raison de leur existence" difficile de voir de qui on parle
"mais quand il est entré, je suis convaincu" ! changement de temps
"Si tant est qu’il y ait d’autres vies. Si tant est qu’on croie à ça." mhhh, "Si tant est qu’on croie à d’autres vies." ça peut faire aussi...
"Il s’était dirigé vers le comptoir, avait commandé..." un jambon-beurre ? Oups, mon Renaud est sorti tout seul ! ;=)
"J’avais regardé mes potes, " > "J'ai regardé" non ?
"posé les boissons anisées" "anisées" est en trop, le Ricard, on connait...
"Au bout de je ne sais plus combien de tournées" pour des mecs sans le sous ?!
"abruti par le THC" ??? par le tétrahydrocannabinol, tant qu'à faire ! ;=) > "shit"
"Noir. Cette sensation de chute" le "cette" me parait en trop, coupe l'effet...
"les portes claquant." > "claquant les portes" inversion du sujet

De jolies choses :
"sous un ciel si bleu qu’il en est presque blanc,"
"les cris des milans loin là-haut comme accrochés à l’azur"
et l'accroche du début.

Fond : belle description de la vie heureuse de nos campagnes et de ses finesses. Le Renaud est sous-jacent. Manque de crédibilité dans le passage à l'acte. Le flingue de Papi peine à convaincre. Le comptage/stress aurait du être amené plus en amont. Là, il fait un poil artificiel... concours, quoi. Le rappel final du thème en est la preuve, pas bon ça.

L'ensemble est pas mal, ce que l'on a de mieux sur les 6 (edit :7)premiers textes... ce qui n'est malheureusement pas un exploit. ;=)
Bonne chance.

Pepito

   MissNode   
16/9/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est bien mené, pour moi ; ça m'a replongée dans l'ambiance si spéciale de ce film bien connu (l'histoire d'un couple d'homosexuels dans un pays de cow-boys). Chapeau bas, d'avoir osé, et d'avoir bien construit le récit pour qu'on ne décroche jamais.

   Anonyme   
16/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quelques erreurs de concordance des temps impliquent quelques maladresses, une relecture fluidifiera, et cela ne concerne que deux ou trois lignes, hormis cette remarque, c'est une nouvelle formidable, super bien écrite, je me suis régalée, merci.

   Ananas   
28/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonsoir,

J'ai beaucoup apprécié ce texte, même si je ne suis pas certaine d'adhérer à la narration en soi.

Le début est juste parfait, on dirait un vieux film un peu série B, avec les clichés des villages, le bar et la Mado, le mec qui rentre qu'est pas de chez eux etc.

Et puis brusquement, ça vrille.
Mais brusquement, c'est brusquement.

J'ai beaucoup de mal avec les changements brusques qui ne s'annoncent pas, et là, bhé ça ne s'annonce pas. Le Mike ne se doute de rien, pas un instant il ne met en doute la capacité de ses potes à le juger pour sa sexualité, et d'ailleurs pas un instant ils ne le soupçonnent d'être homo... avant la chute... enfin le revirement.

J'aime pas non plus la manière de dire "couper les couilles" pour mettre une bastos dans la tronche.

Et puis ça manque d'ambiance sur la seconde partie, qui semble du coup avoir été ajoutée à la va-vite au début vraiment bien posé.

Mais dans l'ensemble, malgré tout, ça reste un texte qui se lit facilement, qui se visualise aussi aisément que ça se lit. Un peu à la manière des nouvelles anglo-saxonnes des années 90. Et ça j'aime !

Merci donc, pour la lecture.

Bonne chance pour le concours !

   Marguerite   
4/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour MonsieurF,

Le début du texte est accrocheur.
« Surtout quand on sent l’acier d’une arme à feu sur sa nuque. Et qu’il est acquis que cette arme va mettre fin à ce lent décompte. » Quel suspens !

J’aime bien aussi la description du bistrot qui suit.

Globalement j’ai bien aimé le texte. Mais on sent des irrégularités dans l’écriture avec des bonnes formules (« Mado, des fois quand je la regarde, je trouve qu’elle ressemble au village : petite, ramassée sur elle-même, murée, vieille. ») et d’autres moins heureuses (« Arrivée ici il y a vingt ans, l’année de ma naissance, c’est maman qui me l’a dit une fois qu’elle était en veine de confidences, c’est pas si souvent parce que maman elle a plus trop sa tête, elle mourra avec son troquet. »). Attention aussi aux fautes de syntaxe.

Je trouve la fin un peu longuette, peut-être moins bien ficelée que le reste du texte. Moins crédible ?
Et je n’ai pas aimé la dernière phrase qui peut, selon moi, tout à fait être supprimée sans rien enlever au texte. Au contraire, ça le rendrait je pense un poil plus léger sur la fin.

Marguerite.

   aldenor   
5/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La description de ce village perdu et de ses habitants est d’une très belle écriture : style impeccable, richesse du contenu. Mais je trouve que la qualité, la densité, baissent ensuite, comme si l’auteur avait manqué de temps pour maintenir le niveau du début.
Le thème du concours me laisse une impression de surajouté. Le récit pouvait manifestement s’en passer.

   Lulu   
7/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour MonsieurF,

quelle nouvelle cruelle !

J'ai beaucoup aimé la lire, et trouvé que l'ensemble était très visuel. On pourrait en faire un scénario de court métrage... sans problème.

Mais au-delà du visuel, il y a surtout une narration très sensible que j'ai beaucoup aimé. On suit ton narrateur dans ses actions et sentiments facilement, quand bien même on ne lui ressemblerait pas et cela dès le départ lorsqu'il est simplement avec ses potes.

Je trouve que tu montres bien la vie de ce petit village. A partir de presque rien, on parvient à s'imprégner du lieu, de l'atmosphère.

Je dirais que dans les deux premiers tiers de la nouvelle, tu m'as embarquée dans la lecture de ce qui pourrait faire le début d'un chouette roman. Ensuite, dans le dernier tiers - mais c'est une nouvelle et le thème l'impose - les choses s'accélèrent.

Dans cette accélération, j'ai trouvé dommage de quitter déjà tes personnages. Mais j'ai trouvé intéressant de lire cette réalité de l'homophobie, bien que je ne m'attendais pas à ce que cela se termine ainsi, à cet extrême.

J'ai adoré le premier dialogue ; là tu m'as fait sourire. Puis, l'allusion au Goncourt était drôle...

En tout cas, n'hésite pas à écrire d'autres nouvelles. Je te relirai avec grand plaisir.

   Anonyme   
18/10/2016
 a aimé ce texte 
Pas ↓
C'est le coming-out de Titeuf, Rahan le fils des ages farouches qui eprouve le besoin imperieux de nous parler de son coutelas, mais en fait, on s'en fout un peu. Bref, c'est Bukowski version camembert Lidl et ca ne fait en rien avancer le schmilblik. Vu, revu et corrige.
Dommage, il y a un savoir faire, mais la c'est un peu maman les p'tits bateaux.

   caillouq   
5/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un texte au rythme impeccable, qui emporte jusqu'à la fin.
La scène de séduction aurait pu être étoffée, là elle est extrêmement sèche. J'ai du mal à croire qu'un étranger (Jed est dans le village depuis moins de 24h !) se risque à un attouchement homo aussi direct, avec tous les risques que ça comporte (cf la suite de la nouvelle !). Il aurait été intéressant que l'auteur nous indique par quels indices paraverbaux Jed a pu se douter que le narrateur ne le repousserait pas.
Cest parce qu'on est sur Oniris que l'auteur s'est interdit une scène de drague homo ?! (nan, j'dec)
Et le vocabulaire sentimental utilisé ensuite ("éternel","la nuit nous avait appartenu", "notre amour"...) me semble beaucoup trop "midinette" pour convenir au milieu dans lequel les tourtereaux évoluent.

La nouvelle marche néanmoins très bien.

Des détails :
- déjà, le Goncourt comme référence pour un jeune marginal rural (certes bachelier L, mais on se calme, c'est pas l'agreg de lettres classiques, non plus), c'est limite, mais la mention de Drouant ! Clairement anachronique (enfin, anasociologique...).

- [Mado] " Arrivée ici il y a vingt ans, l’année de ma naissance, c’est maman qui me l’a dit une fois qu’elle était en veine de confidences, c’est pas si souvent parce que maman elle a plus trop sa tête, elle mourra avec son troquet." Phrase à reformuler parce que "Arrivée" et "elle" [mourra avec son troquet] ne se réfèrent pas à la maman qui les sépare ---> anacoluthe (c'est MAL : http://linguistech.ca/Capsule+linguistique+-+Anacoluthe).

- "Il s'était dirigé vers le comptoir (...) J'avais regardé mes potes..." : pourquoi ces trois plus-que-parfait au milieu d'un passage au passé composé ? Le plus-que-parfait est un temps très lourd, il me semble raisonnable de ne l'utiliser que si nécessaire (description d'une action antérieure au déroulement d'une narration au passé ~ analepse = flash-back en franglais dans le texte), ce qui n'est pas le cas ici.

- enfin, j'ai été gênée par une presque incompatibilité entre le premier et le dernier paragraphe: la considération inaugurale sur les treize secondes semble indiquer que le narrateur avait une connaissance préalable de la durée (genre "il te reste treize secondes") avant son écoulement. La succession des propositions n'évoque pas une situation où un certain laps de temps s'écoule, qui semble long ou non, et dont on découvre ensuite qu'il (n')a duré (que) treize secondes. En lisant ce premier paragraphe, j'en ai donc déduit tout naturellement que le décompte a eu lieu à rebours, et me suis posé la question de ce qui a motivé l'énonciateur du décompte pour commencer à treize.

Mais à la fin delanouvelle, on découvre que la situation est tout à fait différente, puisque c'est le narrateur qui a compté dans sa tête, et que la détonation (l'exécution) a eu lieu au bout de treize secondes.
Evidemment, c'est en cherchant à se conformer au thème du concours que l'auteur a généré ce décalage, mais l'option qu'il a choisie pour s'y conformer n'est, à mon avis, pas convaincante. Outre l'incohérence entre le début et la fin, elle met l'accent sur le point toujours un peu délicat de la narration post-mortem (parce que le narrateur ne peut avoir connaissance de la durée totale de son attente, à savoir treize secondes, qu'une fois la balle partie = une fois qu'il est mort : on est COMPLETEMENT dans l'au-delà !). On doit pouvoir trouver quelque chose qui satisfasse à la contrainte tout en restant plausible, ou du moins qui requière une moindre suspension d'incrédulité.

- "Tu vas rien sentir" comporte une dose de compassion peu raccord avec le côté on-va-flinguer-du-pédé-yeah de la situation.

- je rejoins les autres commentateurs sur le caractère dispensable de la dernière phrase.

Malgré ces détails, la nouvelle est suffisamment prenante pour que je l'aie lue avec grand plaisir, en croyant aux personnages (un peu plus de Mado ou de Jeanette, peut-être ?) et en étant surprise aux moments où il fallait l'être.

Merci !

   Mills   
22/11/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Cette nouvelle à au moins un sens social.
L'homosexualité dans nos campagne est compliqué à imaginer, à concevoir... d'ailleurs l'image des deux protagonistes va complétement à l'inverse des stéréotypes pour le coup...

J'ai du mal avec le thème par contre. Vu le fil de l'intrigue, le basculement (que l'on voit venir de loin connaissant le thème...) réel se fait quand il pénètre dans la grange, découvrant Jed amoché. Le basculement "moral" se fait dans la tête de Mike à ce moment.
Même si j'imagine que vous avez ciblé le basculement amical dans son ensemble.

   Thimul   
7/5/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Jusqu'ici ce que j'ai lu de meilleur sur Oniris.
Ce texte puissant est maîtrisé de bout en bout et sur tous les plans.
L'atmosphère d'abord : un monde de désoeuvrés sans fric et sans avenir, qui se tiennent éloigné d'un monde qu'ils jugent inaccessible.
Le langage qui colle parfaitement avec la situation des personnages.
La justesse des sentiments éprouvés.
L'intensité qui monte au fur et à mesure qu'on pressent ce qui va arriver et ce sentiment d'impuissance face à la bêtise humaine et la méchanceté absolue.
Enfin le thème : l'homosexualité dans les campagnes très peu abordé.
Franchement j'étais scotché à cette histoire.
Je ne vois personnellement pas de critiques négatives ni de réserves sur ce texte peu commun.
Merci d'avoir créé ça.

   Mwa   
27/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Les commentaires.. les gens qui viennent balayer devant ta porte avec un balais dans le derche, c'est épidermique, c'est NON !

A propos du texte, j'aime beaucoup, ça me fait penser aux micro-villes de Carter et parfois je vois du Gavalda (je débloque sec). L'atmosphère de petite campagne paumée est bien restituée et la chute est OK.

Merci

   vb   
7/9/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Monsieur,
Je voulais juste voir - il faudrait dire lire - ce que c'est qu'une nouvelle primée, juste pour voir si celle que j'ai envoyée il y a quelques temps pour le concours 22 tient la route, a ses chances. Maintenant je me dis peut-être mais que franchement c'est pas sûr. Tout ça pour dire que votre nouvelle vieille d'un an elle m'en a mis plein dans la gueule. J'ai vraiment lu avec un grand plaisir et, même si je n'aime pas employer ce mot, avec passion.
Je ne citerai qu'un paragraphe celui qui m'a le mieux plu :
"L’air était doux, une nuit d’été comme il y en a tous les ans, la chaleur monte du sol par vagues, tandis que la nuit pose un voile de fraîcheur. Ça enveloppe, ça berce, c’est doux et reposant. Au loin, j’entendais le frou-frou d’une chouette en chasse, j’apercevais les chauve-souris qui zébraient le noir. J’étais bien. Jed s’était approché et m’avait dit : « Faudrait pas que ça s’arrête des nuits comme ça. » J’avais pensé qu’il avait raison, que là, en cet instant, le bonheur avait du sens, l’infini aussi."
et puis quand même il faudra bien que je vous dise - même si ce n'est qu'un détail - que j'ai trébuché sur :
"Arrivée ici il y a vingt ans, l’année de ma naissance, c’est maman qui me l’a dit une fois qu’elle était en veine de confidences, c’est pas si souvent parce que maman elle a plus trop sa tête, elle mourra avec son troquet."
car je n'ai pas compris si le dernier "son" se rapportait à Mado ou à Maman et si éventuellement les deux personnes ne faisaient qu'une.
À bientôt, Cher Monsieur, et au plaisir de vous relire - comme on dit...
Vb

   Aly   
2/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
L'introduction m'a beaucoup, des questions, du suspens, le lecteur est désigné. Pendant un moment, je me croyais plongé dans une chanson de Renaud. C'était parfait. Puis et venu la chute, les 2 amants, encore plus parfait. La fin, qui dénonce l'homophobie, le caractère angoissant du décompte. Perfection. Je vous tire ma casquette de contrefaçon (clin d’œil à votre oeuvre) Merci pour ce moment, encore bravo.


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