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Sentimental/Romanesque
MonsieurF : Quand Marie n'est pas là...
 Publié le 31/10/16  -  18 commentaires  -  8543 caractères  -  122 lectures    Autres textes du même auteur

De l'absence est né le vide... ou l'inverse...


Quand Marie n'est pas là...


L'autoroute s'étirait monotone, noire et charbonneuse, parsemée ça et là de bâtiments vides, creux, à l'abandon, abribus insolites aussi, puis, parfois, le néon cru d'un routier illuminait un parking vague, criblé de flaques croupies, sur lequel patientaient des camions dans le début de nuit.


Jed conduisait vite et bien, il y avait dans ses gestes une souplesse instinctive, de la retenue aussi, une maîtrise évidente. Il m'avait pris au parking de la gare à 19 h 00 précises. Ponctuel, souriant, c'était un homme de grande taille, de haute stature, coiffé en brosse, ses cheveux tirant vers un blond presque germanique. Il souriait à peine, laissant paraître des dents extravagantes de blancheur. Je l'avais contacté sur BlaBlaCar, trajet à bas prix, intimité de rigueur, un peu forcée aussi ; mais l'état périlleux de mes finances ne me permettait pas plus, et, après tout, côtoyer mes semblables ne pouvaient être qu'un bien. Ou du moins j'affectais de le croire.


Nous avions traversé la ville d'est en ouest, délaissant les trottoirs trempés et les passants hâtifs. Il régnait dans l'habitacle une chaleur feutrée, même si le véhicule de Jed n'était qu'une petite berline sans confort. Il semblait l'entretenir avec soin, presque maniaquerie. Mon esprit bercé par le moteur, la voix sensuelle de Tom Odell, la fatigue des jours précédents s'était évadée très vite.


L'océan était là devant moi, immense, chaotique, les vagues énormes écrasant les rochers. Puis le vent qui hurlait. La tempête était terrible ce jour-là, il y avait dans l'air autant de pluie que d'embruns, mes cheveux poissaient du sel, de l'eau, collaient agglutinés par le vent.

Et Marie riait aux éclats.

Ses grands yeux avalaient le spectacle dément, comme si elle se tenait devant un cirque apocalyptique, elle criait sa joie d'admirer l'océan furieux, et non, non, elle n'avait pas peur, sa main cramponnée à la mienne, et non papa je ne m'avancerai pas, promis, et oui je sais c'est très dangereux !

Plus tard il y avait eu la chambre d'hôtel et la chaleur reposante ; le patron avait bien grommelé un peu quand nous avions trempé le tapis du hall, mais les clients, si rares en cette fin novembre, il ne valait mieux pas les faire fuir en les houspillant.

Plus tard encore, au restaurant, juste elle et moi devant nos galettes jambon fromage, le jus de pomme et l'éternelle bolée de cidre. Son rire au souvenir des paquets de mer, de la mousse écumeuse de l'eau et du bruit qui couvrait même les cris des albatros. Et ses yeux d'or veinés de gris dans lesquels je me perdais.

Plus tard, encore plus tard, le bisou avant le sommeil et ses yeux qui se ferment.


– Je m'arrête faire le plein, si vous souhaitez vous rafraîchir, n'hésitez pas.

– Merci, je vais boire un café, je vous en offre un ?

– À cette heure ce ne serait pas raisonnable, mais je veux bien un décaféiné, sans sucre. Merci à vous.


Jed venait de s'arrêter sur une de ces multiples aires de repos autoroutières qui constellent le paysage français. La station était pareille à toutes les autres : des néons à l'infini, du verre, de l'acier et du béton, les lumières vives, dures, donnent aux visages un air fatigué, presque maladif. C'est une agression permanente destinée, je suppose, à tenir les clients éveillés.

J'ai déambulé parmi les étalages, tout y est bien rangé, ordonné, classé, c'est un musée à mes yeux, pourtant les gens se servent, piochent des sandwichs, des litres de boissons, des bonnets, des barres chocolatées et des revues pornos, et aussitôt les rayons sont regarnis, c'est presque divin. La nature a horreur du vide. Les marchands aussi.

Marie aimait ces endroits, elle s'extasiait devant les produits locaux (du sud de la Chine), elle ne voulait rien acheter, mais adorait regarder.


Puis ce fut de nouveau la route, les phares, le clin d’œil épileptique des clignotants, le rouge des freins, la pluie et la vie des autres dans leurs voitures, avec les courses du samedi, le film du dimanche et parfois un peu de sexe, mais pas ce soir Chérie je suis fatigué et demain j'ai une grosse réunion, et puis il faut aussi qu'on prenne rendez-vous avec l'orthophoniste et tu sais que Mélanie a un petit copain ?

Je n'ai jamais trop adhéré à tout ça, au labrador, au monospace, au pavillon et à l'ennui des dimanches. J'ai travaillé, mal, dans tant d'entreprises, tant de bureaux semblables et vains, j'ai même essayé d'être mon propre patron, mais non, rien à faire je n'y suis jamais arrivé à plier à la contrainte, à accepter le poids des heures vides. Tout ça avait fini par sérieusement agacer Sendrine, vivre avec un artiste pourquoi pas, mais uniquement un artiste de confiance.

J'étais tout.

Sauf ça.

Alors Sendrine avait commencé à m'engueuler plus souvent, me tourner le dos dans le lit et parfois il y avait sa place glacée au matin et son corps recroquevillé sur le canapé. Ça peut tout accepter une femme, une épouse, mais pas la misère. Et je ne voulais pas le voir ça, pensant que mes bons mots, mon humour, mon sourire nous sauveraient du chaos toujours.

Et puis la pensée épatante de Marie aux yeux d'or.


– Vous allez à A... pour votre travail ?

– Non, c'est un motif privé. Et vous ?

– Oui travail.

– Vous travaillez dans quelle branche Jed ?

– Je suis grossiste en produits de la mer.


Un marchand d'huîtres. C'est con mais Jed n'a pas l'air d'un poissonnier ! Je l'aurais vu libraire ou météorologue. Il a une tête à maîtriser les cumulonimbus, les inversions de masses d'air, pas à vendre de la morue. C'est un autre de mes défauts cette capacité à catégoriser les gens, à les sérier et à en devenir idiot de certitudes. Je m'étais chamaillé avec tellement de gens, tellement souvent : t'as une tête de marchand de fromages… je suis peintre en bâtiments… n'empêche t'as une tête à vendre des fromages. Et ensuite le ton qui monte et ma carrure qui, heureusement, freine l'autre et aussi les insultes et Sendrine qui me déteste.

Seule Marie savait me faire changer d'avis, avec tout son sourire et l'innocence de ses mots. Non, Timothée ne sera pas vendeur de shampoing plus tard, arrête papa t'es bête ! Et j'arrêtais parce que je voyais son visage qui se chiffonnait, papier froissé avant les larmes, ses yeux emplis d'eau. Je me détestais alors.


– Et ça marche le négoce de palourdes ?


Je dis ça avec juste ce qu'il faut de drôlerie, afin d'éviter de finir ma route à pieds.


– Oui, plutôt bien. La crise est passée par là, mais les gens ont besoin de fraîcheur, d'iode et de sel de mer, et moi je leur offre ça.


Il est poète Jed, et garde son imperceptible sourire de Jed.

J'ai essayé un temps la poésie, mais peine perdue. Sendrine lisait mes textes, éclatait de rire...

"Tu fais rimer voiture avec raclure. C'est original."

Je me renfrognais, bougonnais, finissais par claquer une porte ou deux, je n'ai jamais accepté les critiques, elles me ramènent à ce que je suis : rien.

"Ce que tu crois être", disait Sendrine en me prenant dans ses bras.

Je me réfugiais dans la chambre de Marie, contemplant les poupées aux destins improbables, plus haut l'affiche avec les chevaux pétant de joie dans leur pré vert, éternellement vert, connement vert, et enfin l'écrin de faux bijoux.

Je ressortais serein, plein de Marie, et je m'excusais auprès de Sendrine.


– Tant mieux si vous en vivez. Ça vous est venu comment la vocation ?

– Je fais ça depuis mon enfance, comme mon père ou son père. Atavisme familial ou tare congénitale…


Éclats de rires.


– C'est indiscret de vous demander pourquoi vous allez à A... ?

– Non du tout.


Ma vie n'a rien d'indiscret, elle est banale, c'est celle d'un artiste raté, même pas maudit, même pas incompris.

Je me débats avec moi depuis toujours, depuis mes premiers dessins au crayon, depuis mon premier déclenchement. Je cours au devant des gens, je veux leur amour, leur reconnaissance, je les étouffe de moi, de mon mal être, de mon angoisse.

Et Sendrine elle aussi s'est lassée, usée, cassée, fatiguée. Elle n'a plus accepté les petits accrocs, les entorses, le contrat déséquilibré ; elle n'a plus voulu me porter encore et encore, elle a baissé les bras. Le manque d'argent, ma colère, mes doutes et un matin elle a fait deux valises, elle a pris Marie par la main. Elle a fermé la porte, tout doucement, lentement. Elles sont montées dans la voiture et sans un regard, elle a tourné au coin de la rue.

Et moi je me suis retrouvé orphelin de Marie.


– Vous avez de la famille là-bas ?

– Ma fille. Un week-end sur deux et la moitié des vacances.


 
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   plumette   
12/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Ma vie n'a rien d'indiscret, elle est banale..."
c'est le narrateur qui le dit, un narrateur dont le récit me touche car tout est dans la manière de dire!
un joli texte, un peu triste, fort bien écrit, qui fait exister un personnage qui n'a plus d'illusions sur lui-même.
j'aime beaucoup cette petite tranche de vie, sa tonalité aigre-douce.

les choses de la vie...distillées au fil du texte, une jolie rencontre avec Jed ( tiens je me souviens d'un autre Jed rencontré sur oniris il y a peu!)

Bravo!

   Anonyme   
31/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un très beau texte sincère et riche, une lecture qui soulage.
Quelques critiques qui j'espère vous intéresseront :
-"noire et charbonneuse" le et est de trop, il n'a aucune utilité, donc, lourdeur!
-"Puis parfois" me semble à éviter" toujours à cause de la lourdeur...
Ponctuation :
-je ne crois pas que l'incise " ,criblé de flaques croupies, soit nécessaire.
-" et non papa...." aurait du se démarquer avec des guillemets, lecture plus lisse.
-"mais les clients...houspillant" la phrase est lourde.
-Attention trop de "plus tard" peuvent tuer le plus tard.
-Je pense que la première phrase devrait être reconstruite.
-"La nature a horreur du vide : Bravo!
Voilà absolument tout ce que j'ai pu relever. J'aime votre écriture, j'ai été happée et nourrie par ma lecture, merci, et bonne continuation.

   Charivari   
31/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Euh... Ce Jed n'était pas mort dans un texte précédent ? Ah, non, c'est un autre Jed, ok...

Bon, une tranche de vie, un texte qui fait vrai, touchant, qui n'en fait pas des tonnes et ne tourne pas dans le pathos mais qui nomme bien les choses. Un texte bien écrit aussi, un peu minimaliste, thème oblige, mais émaillé de chouettes réflexions, d'humour dérisoire (avoir une tête de marchand d'huîtres) et de formules (être orphelin de sa fille).

J'ai apprécié... Le problème étant qu'établir la chronique ordinaire d'une personne banale, ça risque de nous donner un texte banal, lui aussi. Si j'aime ce texte en tant que témoignage, en tant que tranche de vie, j'aurais préféré le lire comme fragment d'une oeuvre plus longue, qui raconte quelque chose de différent. Sans ça, le texte, qui m'a plutôt plu, risque d'être oublié aussi sec. C'est dommage.

   Blacksad   
31/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ecriture et texte magnifiques, vraiment.

C'est fluide, c'est beau, il y a un équilibre constant entre sensibilité, simplicité et recherche dans le style. Et le tout reste parfaitement crédible.

Un grand bravo pour ce beau texte, cette tranche de vie peut être banale mais si bien racontée qu'on la ressent au fond de soi le temps de ces quelques phrases.

   Pouet   
31/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bjr,

J'ai vraiment bien aimé cette histoire qui sonne juste. J'ai trouvé ça émouvant, je n'ai pas chialé comme une madeleine mais je pense que chacun peut, à différents niveaux, s'y reconnaître un peu, c'est mon cas du moins.

Il m'a semblé concernant la forme qu'il y avait beaucoup d'adjectifs qualificatifs, peut-être qu'il y aurait moyen de poncer un poil de ce côté là.

Sinon j'ai trouvé un peu bizarre le "blond presque germanique" mais bon.

Un bon moment pour ma part.

   Perle-Hingaud   
31/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Hello MonsieurF,
Un commentaire en demi-teinte pour ma part (oui, je sais, chuis difficile).
Allons-y pour le positif: je trouve que votre style a beaucoup progressé (ou j'ai oublié ? ^^), que cette histoire se lit aisément, qu'il s'en dégage une jolie atmosphère un peu triste, un peu nostalgique: c'est vraiment réussi.
En vous lisant, j'ai pensé au recueil de nouvelles d'Olivier Adam, "Passer l'hiver". C'est un compliment, non ?
Bah, en négatif, c'est que justement, c'est très dans cette lignée, dépassée à mon avis, de nouvelles. Trop lu, trop académique.
Détachez-vous de ce style, réinventez votre univers.
En tout cas, je demande à vous relire !

PS: "vous allez à A... " bof. sauf si vous craignez que votre boulangère vous reconnaisse.

   toc-art   
11/12/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'ai eu le sentiment d'un texte très travaillé sous un air de fausse simplicité, avec une recherche de musicalité à laquelle j'ai été sensible même si elle ne m'a pas totalement convaincu. Trop d'adjectifs par moments, un peu superflus (exemple : de grande taille, de haute stature, ça ne veut pas dire la même chose ?) et certaines phrases un peu lourdes (la première notamment ) pour moi.
Je n'ai pas compris l'emploi de l'imparfait pour évoquer le goût de Marie pour les étalages des stations service. Ça donne presque l'impression qu'elle est morte à ce moment là du récit.
Pourquoi taire la ville de destination ?
Mais de façon globale, j'ai aimé cette tranche de vie "authentique " (dans le sens où on peut y croire )
Bonne continuation

   MissNeko   
31/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

J ai beaucoup aimé ta nouvelle que je trouve très réaliste. J ai apprécié le mélange des souvenirs qui se mêlent au moment présent.
Une réussite pour cette tranche de vie d un père orphelin de sa fille.
Au plaisir de te relire

   Anonyme   
31/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Simple,percutant, efficace. Ces trois mots suffisent à exprimer ce que je ressens.
Deux histoires en une, indissociables, et la manière dont tu racontes l'histoire me touche, ne serait-ce que par la qualité des descriptions parsemant ta nouvelle.
Ta plume excelle à travers ta main, guidée par une imagination que l'on devine fertile et foisonnante.
Merci MonsieurF.

   jfmoods   
1/11/2016
La richesse de cette tranche de vie est liée, en grande partie, à la manière dont la focalisation interne glisse assez finement du décor extérieur vers le décor intérieur, l'un ramenant invariablement à l'autre, aux diverses circonstances d'une vie. Ainsi la fresque s'élargit-elle, se creuse-telle progressivement devant le lecteur, brossant, dans ses grandes lignes, le portrait d'un homme passablement rêveur, peu adapté aux contraintes de la vie en société, en quête d'identité. Ce mari immature est plutôt attendrissant dans son rôle de père. Il semblerait que l'auteur ait voulu, dans la conception de ce binôme de hasard, structurer, mettre en relief un puissant jeu d'opposition, Jed apparaissant sûr de lui, sociable, fortement ancré dans son terroir.

Merci pour ce partage !

   Vincendix   
1/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour MonsieurF
Un récit émouvant, une histoire touchante racontée avec pudeur.
On imagine ce père privé de sa fille, la « prenant » par la main dans les endroits qu’ils ont connus ensemble, la mer, une station-service…
On peut aussi imaginer Marie, privée de son père et qui lui donne la main dans les mêmes circonstances.
Un texte réaliste que malheureusement, à notre époque, beaucoup de pères vivent.

   MonsieurF   
1/11/2016

   Lulu   
1/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour MonsieurF,

Comme l'a précisé jfmoods, je crois aussi que la force de ce texte réside dans le système de narration que tu as choisi. On est proche d'emblée de ce narrateur qui ne déballe pas sa vie de manière excessive - au contraire de certaines personnes parfois dans la vraie vie ! -. On suit son cheminement, ses pensées, puis le dialogue permet de ponctuer.

J'ai trouvé le texte un peu court pour m'attacher vraiment au personnage, mais je suis sûre que tu pourrais étoffer l'ensemble sans problème. L'histoire est claire, là, et tient tout à fait la route.

J'ai remarqué que tu avais utiliser le mot "aussi" trois fois dans les deux premiers paragraphes. Cela m'a donné un peu l'impression - mais je peux me tromper - que ton écriture avait peut-être été un peu hésitante au départ.

Comme Pouet, j'ai remarqué l'abondance des adjectifs qualificatifs... et curieusement, j'ai pensé à Olivier Adam... mais ce n'est pas un reproche. J'ai trouvé cela très bien. J'aime assez qu'on donne des précisions...

Ce qui m'a manqué, peut-être, mais cela tient à la longueur du texte - tu as choisi de faire court ! - c'est de ne pouvoir me représenter Marie. Tu déclines seulement brièvement son rapport à son père, mais comment est-elle ? On ne le sait. J'aurais aimé plus de détails.

Enfin, je ne peux que t'encourager à écrire d'autres nouvelles.

   hersen   
2/11/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Pour moi, le premier paragraphe (en une seule phrase !) est en trop.
D'une part il n'apporte rien à l'histoire, d'autre part il est lourd. Il ne prépare en rien à ce qui va suivre.

On peut qualifier cette nouvelle de tranche de vie. Néanmoins, il m'aurait fallu un répondant, de la part de Jed (salut Jed, on va finir par bien se connaître..:), c'est à dire quelque chose de sa vie que l'on puisse mettre en parallèle avec ce que nous découvrons de Marie et son père. Pour donner une résonance, si vous voulez.

Pour moi, l'aspect minimaliste doit plutôt s'appliquer à la forme, pas au contenu. Et je trouve l'inverse ici.

Tout comme pour le premier paragraphe, je n'aime pas trop la description de l'autoroute. On n'en a guère besoin et ce n'est présentement pas ce qui va nous accrocher à l'histoire. Par contre, je trouve que vous amenez très bien le sujet de la vie de couple du narrateur par le biais de la voiture. Avec cette lassitude et la difficulté de s'y retrouver dans cette façon de vivre.

La phrase "ça peut tout accepter, une femme, une épouse, mais pas la misère". On ne sait pas trop si c'est ce que dit le narrateur après son expérience de couple, donc, uniquement dans ce cas précis, ou s'il faut le lire comme une vérité universelle. Dans le premier cas, je pense qu'il y manque une certaine amertume dans le ton. Si c'est le deuxième cas, je pense que c'est un fâcheux raccourci.

Merci pour cette lecture,

hersen

   widjet   
2/11/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Deux bricoles :
Jed serait-il un personnage récurrent ?
Je ne connaissais pas le prénom Sendrine écrit de cette façon.

Le début est un poil chargé avec tous ces adjectifs. Ca donne de l’atmosphère, mais comme ce qui suit est plus sobre et épuré, ça donne un sentiment de déséquilibre.

Les parties « oniriques » sont plutôt délicatement amenées, c’est bien.

Le personnage principal ne s’aime pas - sans doute un clin d’oeil à Houellebecq (cher à l’auteur) qui ne s’apprécie pas des masses non plus. Mais, la comparaison s’arrête là, Jed n’a pas de le cynisme et l’humour décapant de Michel (quoiqu’en dise Jed sur son humour). Et c’est un peu mon reproche, le personnage principal se morfond un peu trop à mon humble avis, un peu trop Droppyesque pour moi notamment les derniers paragraphes, trop, trop, trop. 

Loin de créer l’empathie, cela a tendance a m’agacer. Mais ce n’est que moi.

Mais, ça reste un texte assez attachant à défaut d’être touchant.



W

PS : « nous sauveraient du chaos toujours ». Nous sauverait toujours du chaos non ?

   Alcirion   
5/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut MonsieurF,

Une belle histoire un peu triste, un peu punk, un peu désincarnée... Le trip road movie m'a fait penser à la Beat Generation et aux romans de Bukowski, au début, mais c'est juste un décor, une ambiance pour les idées que tu développes ensuite.

Ca me parle parce que j'étais terrorisé par le mode de vie conventionnel que tu évoques quand j'avais vingt ans. Et au final, ton artiste reste dans sa vie d'artiste sans l'avoir vraiment voulu, c'est juste inconciliable avec une vie de famille, c'est la réalité et son refus du renoncement qui l'y conduisent.

C'est bien écrit, le style est agréable et il y a suffisament de petits détails, d'idées originales pour retenir l'attention du lecteur. La chute est bien pensée, mais un peu sèche à mon goût, tu aurais peut-être pu développer davantage le suspens et le mystère.

J'ai bien aimé en tout cas, bonne continuation !

   micherade   
30/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Il y un ton, une atmosphère dans ce texte; de la légèreté et de l'émotion aussi. Emotion contenue exprimée dans les retours en arrière avec sa fille.Une écriture vive qui me plaît bien. Cependant il faudrait revoir la 1ère phrase lourde et maladroite "L'autoroute...parsemée...de bâtiments ( les bâtiments ne se trouvent pas sur l'autoroute) ; le néon cru d'un routier ( préciser qu'il s'agit d'un restaurant !).
Un joli texte, simple et authentique.

   nino   
14/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
C'est assez bizarre... je trouve que ce texte comporte pas mal de maladresses, un style un peu lourd, surtout dans les trois premiers paragraphes et au final cette histoire simple m'a tout de même intéressé.

J'aime bien l'évocation du souvenir de la tempête notamment.

A vous lire de nouveau.


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