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Fantastique/Merveilleux
Palrider : L'hôtel du bout de la nuit
 Publié le 04/12/17  -  10 commentaires  -  7134 caractères  -  67 lectures    Autres textes du même auteur

Quand la réalité est aussi surréaliste que le rêve…


L'hôtel du bout de la nuit


La moto démarre.


Je roule sur les carreaux poussiéreux – d'abord, il me faut trouver le petit meuble avec caleçons et chaussettes propres, au cas où "il m'arriverait quelque chose" qu'ils disaient avant.

La veuve noire de 50 centimètres de circonférence est semée, son venin me ferait recommencer à zéro.

Le meuble est derrière une carcasse de zébu, à l'intérieur, un caleçon Éminence noir à liseré blanc, et des chaussettes bleues à losanges violets.

J'ai moins de dix minutes pour pointer au laboratoire, sinon, l'araignée me transpercera, ce sera très douloureux et je repartirai à zéro.

Je dois prendre le virage du grand ravin à la corde pour y arriver, 20 secondes de gagnées, le gouffre ne doit pas m'aspirer, je ne veux pas revivre cette ahurissante chute et m'éclater 500 mètres plus bas sur les arêtes, la trajectoire semble parfaite, la roue avant est à plat, c'est l'embardée, je chute…


Je roule sur les carreaux poussiéreux, j'arrive à hauteur du meuble derrière la carcasse de zébu, j'enfile le caleçon et les chaussettes, en bas du meuble, une massette, je frappe un os à son extrémité et j'en retire une pointe bien acérée, j'enlève une chaussette pour fixer l'os à un manche à balai, j'entends le bruit électrique des déplacements de la veuve noire – elle zigzague prête à bondir – je jette de toutes mes forces la lance, elle l'évite dans un saut se terminant sur ma tête – elle enserre mon visage – je vois une femme s'agiter derrière une cage de verre, elle regarde vers moi et semble hurler – la veuve noire plante ses crochets dans mes yeux, la douleur est vive…


Je roule, derrière la carcasse, le meuble, caleçons chaussettes, je file vers la cage de verre, la femme est en transe.


– Prenez le filet en haut du meuble, prenez un chaton dans le creux de la roche à votre gauche, l'araignée ira forcément faire un cocon autour, jetez-lui le filet dessus, refabriquez la lance et tuez-la, visez le cœur, après, revenez me voir, faites vite !


Je réalise tous les gestes avec dextérité, je retrouve l'espoir.

J'ai un peu de peine pour le chaton et son regard inquiet, la veuve noire tisse son cocon, elle me guette alors que je balance le filet – elle pousse un cri strident et horrible qui me paralyse quelques secondes, je casse un os en pointe, l'attache au manche avec une chaussette – la frappe au cœur – avant de mourir elle plante ses crochets dans le corps tendre du chaton.

Je vais voir la femme, elle me dit de prendre le fourgon derrière la haie de citronniers, de rouler tranquillement et d'effectuer un carottage dans le virage, le matériel nécessaire se trouve à l'arrière, puis de porter le tout dans la zone industrielle à un homme, dans un hangar rouge.


Je m'exécute, arrivé devant le hangar, je remets le prélèvement de goudron à l'homme qui acquiesce comme un Bédouin devant un kilo de dattes.

Un semi transporte la cage de verre sur sa remorque, l'homme pratique une ouverture avec un diamant, la femme se jette dans mes bras.


– Tu as réussi, viens, nous devons aller en zone mixte !


Elle fourre sa langue dans ma bouche, j'avais pas bandé depuis les travaux d'Hercule, sans doute.

Elle m'explique ce qui va arriver, comment influer et lier notre avenir commun.

Pour commencer, nous sortons de terre, nous sommes deux belles carottes…


Quel rêve étrange… Après une journée passée en apesanteur, je me décide à aller manger. Le vent redouble de force, sur la façade, l'enseigne est allumée, j'entre seul dans le restaurant, au bas du mur et jusque sous les larges fenêtres, une mousseline marron me fait imaginer les probables immondices présentes ici – pisse – sperme – vomi – poils – ongles arrachés – résidus de chimiothérapie – oiseaux morts – crachats de faux prophètes…


Je suis dans la partie dénivelée, deux marches plus haut, une salle où un jeune couple ne fait pas plus de bruit que deux graminées de cristal en valse d'automne, ils sont flous.

Sauf quand l'oiseau noir s'écrase à la vitre, les voilà qui hoquettent, puis oublient.


Dehors passent des écheveaux de chanvre, les pavés brillants prolongent la mer, je devine un bateau ruisselant partir vers l'océan oublié. Au comptoir, un vieux loup solitaire écume la mousse de sa bière, il retarde le retour dans son petit meublé. On la voit sa misère, quand vient la dernière gorgée…


– Demain, la vague sera là vers 11 heures… dit-il en rompant ce lourd silence.


Puis il part à pas feutrés.

Je commande un carré de loutre clonée sur son lit d'algues réhydratées… La serveuse semble fébrile, plus loin, sous la statue du diable, un homme l'observe.


Une femme entre, le brouillard de sa veste s'évapore vers les néons poussiéreux, elle est charmante, pourvu qu'elle s'assoie en face de moi. Elle ne parle pas, attitude normale en somme, ses yeux rafraichissent comme un torrent de montagne entre rochers et edelweiss. Elle commande un soufflé aux chenilles.


La lumière tamisée rend l'atmosphère douce et mystérieuse, je termine mon plat en même temps que ma voisine. Me lançant comme je n'aurais osé soupçonner, je l'invite à boire un jus d'extraits de moka, elle accepte, cela me provoque un sentiment de fierté et une grisante euphorie, tout aspire au possible.


Je paie pour Ivride et moi, elle est émue, ce qui la magnifie.

Nous battons le pavé, les embruns fouettent nos visages, je lui prends le bras.

Nous allons vers le musée vitrine le long de la jetée, dans la première case vitrée, une femme très maigre, elle a été vitrifiée à l'apogée de sa souffrance – cancer ou faim ? – l'artiste a voulu laisser planer un doute éternel, connard, encore un escroc de l'Art postmoderne.


Dans la seconde case, une biche sur un parterre de fleurs s'approche et lèche la vitre, un troll, en costume d'Oncle Sam, des liasses de dollars plein les poches, vient la prendre en chantant "L'internationale" – nous sourions, même si le goût de l'échec est amer, soulèvement et triomphe des humbles n'auront jamais eu lieu…


Dans la troisième vitrine, une vieille trop maquillée crie son désir de se marier en blanc, un panneau signale qu'elle a tapiné trente ans rue Saint-Denis…


Nous partons vers l'hôtel du bout de la nuit, très loin, au-dessus de nos têtes, nous voyons les contours lumineux des plateformes spatiales.


Une vieille dame nous accueille avec bienveillance et humanité, elle ressent notre amour naissant et nous offre sa plus belle chambre au-dessus de la mer. Les reflets de lune sur nos corps donnent du relief à notre émotion. Nous faisons l'amour jusqu'au bout de la nuit.

Pour la première fois de ma vie je suis addict, à elle et à la vie… Ivride ressent la même euphorie.


Il est onze heures, l'onde de choc est surprenante, une quinzaine de minutes plus tard la vague arrive, une lame déferlante, cinq cents mètres de furie.


Le vieux loup solitaire l'avait dit hier, son instinct était limpide.

Dans les bras l'un de l'autre nous savons, tout est terminé, notre bonheur trouvé et à venir…


Nous étions condamnés, ceux d'en haut, sur leurs plateformes, savaient… l'impact de la comète était prévu, ils n'ont pas fait un geste… il n'y a plus rien…


 
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   Louison   
2/11/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↓
Je n'ai rien compris.
Mais au delà de ça, j'ai trouvé l'écriture comme sortie de nulle part, des mots jetés çà et là.
l'homme qui acquiesce comme un bédouin devant un kilos de dattes.:
Euh... oui bien sûr...
nous sortons de terre, nous sommes deux belles carottes... (?)
J'ai bien pensé qu'il s'agissait d'une fin du monde dûe à la connerie humaine, USA et autres, mais vous ne nous donnez aucune clé pour comprendre votre texte.

On va dire que votre univers m'est hermétique.
Une autre fois, j'espère.

   Jean-Claude   
8/12/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,

Ce qui coince ? Les longues phrases paragraphes avec des propositions indépendantes séparées par des virgules dans lesquelles s'intercalent des incises.
Le rythme s'obtient par des phrases courtes.

Sinon, au départ cela ressemble à un jeu vidéo, la fin n'a aucun rapport avec la choucroute, et le surréalisme ne signifie pas sans queue ni tête.
Dans ce fouillis, on a du mal à trouver un fil.

Quelques commentaires entre {}
"- elle zigzag{zigzague} prête à bondir - je jète{jette}"
"jetez lui le filet dessus, re{ne} fabriquez la lance"
"qui acquiesce comme un bédouin devant un kilos de dattes." {curieuse métaphore}
"Elle fourre sa langue dans ma bouche, j'avais pas bandé depuis les travaux d'Hercule, sans doute." {Quel intérêt ?}
" ici - pisse - sperme - vomi - poils - ongles arrachés - résidus de chimiothérapie - oiseaux morts - crachats de faux prophètes..." {Des virgules pas des traits}
"Je paie pour Ivride{On ne sait pas que c'est Ivride} et moi,{Point} elle est émue, ce qui la magnifie."

Au plaisir de vous (re)lire

   Asrya   
3/11/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Un écrit qui n'a ni queue ni tête ; on ne comprend rien à la lecture.
Les événements se succèdent mais n'ont pas de sens, impossible de visualiser les scènes, ou alors... elles sont complètement improbables.
Images ou métaphore "veuve noire" ; "biche " ; "chaton" (etc.) ; des termes qu'on ne sait pas comment prendre dans les situations que vous décrivez car... les scènes sont insensées.
L'effet est peut-être voulu, pour ma part, ça ne m'a pas convaincu.
Je ne suis pas rentré dans votre univers "bordélique".
Certes... cela peut se tenir, ce chaos, ce "bordel" dans votre écrit puisqu'au final, c'est la fin du monde, une comète arrive pour tout enrayer sur Terre ; une manière de raconter la confusion et le désordre qu'un tel événement provoquerait ?

Je suis resté très distant face à votre écrit,
Une autre fois peut-être,
Au plaisir de vous lire à nouveau,
Asrya.

   socque   
3/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte à la saveur étrange, en effet, j'ai bien aimé. Une imagination inquiète, vaguement horrifique, puis un désastre net. L'arrivée à l'hôtel m'a fait penser à la chanson de Piaf "ils ont demandé... un toit pour s'aimer". Même atmosphère de tendresse dans le sordide ; même fin tragique, d'ailleurs, pas de la même manière mais plus ou moins imposée par le mouvement du texte : on se doute bien que ces deux-là ne vont pas connaître une longue vie paisible dans un pavillon de banlieue (ou l'équivalent dans ce monde post-quelque chose).

Je ne sais pas trop quoi penser de cette fin : je crois qu'elle m'a déçue car trop "réaliste", trop concrète par son explication dans l'ambiance onirique. En fait, je me dis que le texte gagnerait à mes yeux en s'arrêtant à
Le vieux loup solitaire l'avait dit hier, son instinct était limpide.
Bien sûr, c'est vous l'auteur et non moi.

   plumette   
9/11/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
je n'ai rien compris.
malgré les mots "rêve" et "surréaliste" dans la présentation je n'ai pu suivre aucune piste, les mots n'ont pas suscité d'images.

je reste en rade mais je pense que je ne serais pas la seule!

   Ahnel   
4/12/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Désolé, mais je n'ai pas compris non plus! Du moins, j'ai compris la fin, mais force est de reconnaître que la sensation d'égarement provoqué dès le début du texte demeure jusqu'à la fin. Peut-être est-ce voulu car le rêve se devait d'être étrange comme le dit l'homme lorsqu'il se réveille. Mais on n'y perçoit aucun intérêt, aucune logique. Au sortir de la lecture, on se demande encore quel est le lien entre le rêve et ce qu'il se passe ensuite. Qu'y avait-il dans ce rêve de si important pour que l'auteur et le narrateur, bien évidemment, se décide à nous le raconter. Le rêve part vraiment dans tous les sens et ne laisse rien au lecteur pour que ce dernier s'accroche. Dès le début, on essaie de saisir le sens des mots, sans jamais y parvenir et lorsque le personnage se réveille, on s'interroge encore sur le sens du rêve, alors que ce dernier passe rapidement à autre chose, ne soulignant que le caractère étrange.
Sincèrement, il y avait de bonnes idées. Mais elles auraient mérité un développement plus poussé, beaucoup plus de temps pour les traiter et pour bien les distiller dans le texte: la plastification, la femme, le rêve... tout cela aurait dû être plus développé. Le condensé de toutes ces choses ne pouvaient que laisser perplexe le lecteur. Alors que j'écris ce com, j'avoue que je suis entrain d'extrapoler tout ça et c'est en fonction de ce que le texte aurait pu être si il avait été plus approfondi avec toutes ces bonnes idées, que je me permets de dire que j'ai un peu aimé car le style et le rythme conviennent bien.
Le seul regret donc, c'est que la nouvelle n'ait pas été plus approfondie et qu'au final, on obtienne un texte qu'on ne comprend pas trop!

   hersen   
4/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Palrider,

Voilà.
Du déjanté.
Je suis jalouse au plus haut point.
Car je me suis toujours dit que si je proposais un truc bien barré, je ne serais pas publiée.
Mais toi, si.
Alors il ne me reste plus qu'à te dire que j'ai savouré la lecture, que ça se lit douououceeement parce que le chemin est tortueux, que c'est coloré grand teint et que je ressors de là essorée avec un puzzle d'images rafraîchissant.
Et en plus ça finit mal, pour un peu on chialerait après tous ces fragments insensés que la vie, c'est ça, c'est de l'inattendu, du surprenant.

Un grand merci,

hersen

   Donaldo75   
4/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Palrider,

Voici un texte qui défie les règles cartésiennes de la narration.
On aime ou pas.

Que dire ?
J'ai aimé. J'ai eu l'impression d'un trip à l'acide, un peu comme dans les chansons de John Lennon pendant sa période 67/68. Nul doute que les images ne vont pas plaire à tout le monde, mais elles composent un univers, barré certes, mais complet.

Hermétique ?
Oui.
Non.
Je m'en fous.
C'est comme un tableau abstrait. Le spectateur ne comprend pas forcément où voulait en venir l'auteur. L'auteur non plus, parfois. Ou alors sa perception a changé entre le début de la composition et la fin, et l'après, et des années plus tard.
L'essentiel, c'est d'apprécier le moment de lecture.

C'est le cas.

Merci pour le partage, l'impression de lire un texte différent, osé.

Donald.

   Pistache   
4/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Lecture intéressante car sortant des codes et des sentiers battus, avec fougue et un certain talent. Un texte court, trop court et énigmatique...comme la vie elle-même. J'ai bien aimé cette tentative de mettre par écrit ce qui est très visuel: il faut avoir du mérite pour le faire. Tracer une existence en quelques lignes n'est pas donné à tout le monde.
Quelques facilités versent malheureusement dans l'excès, mais dans l'ensemble c'est un joli exercice de style.
Un regret: le titre est paradoxalement en-deçà car trop banal pour le texte qui lui ne l'est pas.
Une nouvelle psychanalytique plus que psychédélique. Lecteurs et lectrices terre-à-terre s'abstenir !

   Shepard   
5/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Palrider,

Deux parties dans ce texte, un rêve puis une réalité. Je dois dire que le rêve ne m'a pas convaincu plus que ça et je ne comprends pas vraiment sa place dans la trame narrative du récit (ce qu'il apporte). Pour moi, l'auteur s'est juste fait plaisir à écrire ce qui lui passait par la tête, ce qui est une bonne manière de se mettre rapidement le lecteur à dos. C'est trop 'privé', il n y a pas d'échange.

J'ai par contre beaucoup aimé la seconde partie, entre onirisme noir et folie. Certaines images sont éthérées, et bien qu'elles ne sont pas faciles à saisir elles font sens. Et le fait qu'il y est actuellement un fil à suivre aide aussi (contrairement à la première partie). J'ai particulièrement aimé : "un jeune couple ne fait pas plus de bruit que deux graminées de cristal en valse d'automne" ; "On la voit sa misère, quand vient la dernière gorgée…" et "le brouillard de sa veste s'évapore vers les néons poussiéreux"

La fin de ce monde en déclin termine ensuite très bien ce petit bout d'histoire. Mais voyez-vous, je pense que l'instantané aurait été plus fort en commençant directement dans la réalité. Bon je ne vais pas me plaindre, ça change d'air cette lecture, à vous re-lire!


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