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Policier/Noir/Thriller
Palrider : Sous le ciel, les coyotes… [Sélection GL]
 Publié le 17/08/18  -  13 commentaires  -  6066 caractères  -  59 lectures    Autres textes du même auteur

Pour amateurs de séries B, ou Z…


Sous le ciel, les coyotes… [Sélection GL]


Le vent fait tout grincer dans le garage de Steve. Les corbeaux volent de travers. Le soleil assomme tout. Il fait la sieste. Une pellicule graisseuse parsemée de poils de coyotes et de moutons de poussière recouvre tout.

Un carton remplace les carreaux de la petite fenêtre.

Il se lève, tire sur la poignée de son vieux réfrigérateur qui fut blanc, boit la bière d’une traite, rote bruyamment.

Il a une barbe de cinq jours, du cambouis jusqu'à la racine de ses cheveux en bataille et grisonnants. De grosses taches d'huile sur son débardeur qui fut blanc. Des bretelles dévalent sur son ventre rebondi.

Son garage est perdu sur l'US 50 Nevada, la route la plus désolée d'Amérique.

Le paysage dénudé s'étend à perte de vue. Personne ne pourrait penser, en les voyant, que les deux pompes à essence rouillées d'un autre siècle puissent fonctionner.

Steve a des yeux éteints. Il n'attend rien. Il ne faut pas les lui rallumer.

Il est rare que s’arrêtent des clients chez lui.

Parfois, cela se passe sans histoires…

Un mauvais regard, un sourire ironique ou de l'arrogance suffisent – il faut être neutre, le regarder comme on regarde des clés dans un bol, et payer.

Le shérif ne va jamais chez lui, il en a peur. Ils ont sans doute le même père, ou la même mère.

Mais Bruce, le shérif, ex écorcheur de chats, est terrifié par Steve.

Une Ford Mustang II rouge se profile à l'horizon, Steve retient un moment sa respiration, son rythme cardiaque augmente, il se rend compte que ses ongles et ses mains sont noirs.

Il espère avoir affaire à des vieux, les vieux n'ont rien à prouver, ils le regardent sans juger.

Il n'a pas parlé depuis plusieurs jours, sa compagne est absente, souvent, les mots ne lui viennent plus, alors, il pousse des espèces de grognements maladroits… ou bien prononce des choses incohérentes, du genre : « Les mouches, je les chasse en pétant… »


Puis, il met son doigt boudiné et crevassé sur le prix affiché à la pompe. Il pense mériter manger ce qu'il mange – des patates cuites avec des morceaux de coyote à la lueur terne de la télé.


Plus la Mustang approche, plus sa vie défile, il repense à sa rencontre avec son unique amour, celle qui partage toujours sa vie, c’était il y a cinq ans…


… Un homme en costume s'arrête et lui demande un Coca Cola : « Y a pas de Coca… »

L’homme lui dit qu’il faut remédier à ce manque imbécile – Steve lui rétorque que cette boisson est pire que l’acide – l’homme s’emballe et clame qu’il est honteux d'avoir un commerce et de ne pas savoir l'exploiter...

Un puissant coup de clé de cinquante lui enfonce la boîte crânienne, puis un long tournevis cruciforme pénètre l'œil droit jusqu'au cerveau. La compagne de l’imprudent avait déjà perdu connaissance. Après l'avoir donné à bouffer aux coyotes (il en bouffe mais les aime bien), il va se retrouver seul avec l’amour de sa vie.

Il la dépose sur son lit, elle est nue… toujours inanimée quand il la pénètre, ses yeux s'illuminent comme jamais, il jouit en dix secondes en poussant un grinçant « I love you »…


La Mustang arrive à hauteur de Steve.

Merde… un couple de jeunes au look gothique, ils se disputent, Steve est mal à l'aise. Il ne sait pas quoi dire à des jeunes branchés, ça le fait se sentir gravement ringard.

Alors, pour se donner de la contenance, il gobe un œuf, du blanc gluant coule sur son débardeur, du jaune reste collé à sa barbe.

Le mec veut le plein, il hurle à Grace : « Salope, je vais te laisser dans ce trou à rats et me casser… »

Grace : « Casse-toi mulot… tu te prends pour un diable avec ta queue de souris… ridicule… je ne veux plus jamais voir ta face de cafard… »


La Mustang part en trombe et disparaît.

Le soleil pâlit et les coyotes hurlent.

Steve regarde Grace et ses piercings sur le visage, il est amoureux.

Grace : « Je peux dormir ici ? J'ai du fric… »

Steve : « Gâteau… »

Grace : « Hein ??? »

Steve : « UR UR ! C'est quand je suis content… je cris Gâteau… »

Grace : « Ça m'rassure… c'est pas une légende la consanguinité par ici… »

Steve : « UR UR… je comprends pas mais c'est rigolo… »

Grace : « Eh mais tu sais que tu es sexy mon poussin ? »

Steve : « Gâteau… viens, je vais te montrer mon secret… »

Grace : « WOW c'est trop pourri chez toi, super, on va pouvoir inviter Satan… oui je sais… Gâteau !!! »


Steve tire une vieille malle en cuir de sous son lit puis l'ouvre…

Quand Grace plonge sa main au milieu de toutes ces têtes, Steve ne peut s'empêcher de baver.

Voir une main féminine sur ses têtes de Barbie.

Il enlève son jean, son grand slip kangourou est vraiment souillé.


Grace : « POUUUH ! Tu refoules sévère là… si tu veux une gâterie va falloir te passer au karcher… »


Aussitôt dit aussitôt fait, l'odeur de poisson est tenace malgré un récurage intensif… Grace s'exécute amoureusement. Steve, irradié de plaisir, sort de son corps, voit les têtes de Barbie brouter des trèfles à six feuilles, des coyotes jouer des airs de country à la guitare, le shérif en tutu dans une piscine de chamallows verts et roses, enlacé avec un hippopotame bouffant des chats.


Steve est un homme de principe, il met carte sur table : « Grace j'ai une femme dans ma vie… »

Grace : « OH NON… tous des salauds… »

Steve : « Mais, ma capsule, ne t'énerve pas… elle est dans ma vie mais ces temps-ci elle est très froide avec moi… »

Grace : « La possédée… on va la proposer à Satan, j'ai des cierges dans mon sac… fabriquons son double avec des herbes du désert… »


Quand Steve revient avec des bottes d'herbes, Grace a décoré la pièce avec des cierges allumés, des pattes de poulets pendues… Grace enfonce des croix inversées dans la poupée en herbes...

Steve pleure à chaudes larmes :

« J'ai jamais fait une fête de famille ! »


Les mois qui suivent sont romantiques, il vend même du Coca désormais…

Un an plus tard, ils font ménage à trois, Grace est en bonne place dans le congélateur coffre avec le premier amour de Steve, cette femme qu’un coroner amateur de Coca transportait vers la morgue, et des coyotes…


 
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   MonsieurF   
21/7/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Une impression très mitigée à la lecture de ce texte. D'un côté l'histoire est prenante, assez cocasse, et plutôt sympathique à lire.
De l'autre c'est assez mal écrit et présenté, et ça freine la lecture.
Au final je ne sais si j'ai apprécié.

Les phrases sont brèves, sujet verbe complément, sans recherche. Les dialogues sont mal présentés (ce sont des dialogues théâtraux dans de la prose), pourtant il y'a de l'idée, des scènes sympas (à la fin notamment).

Bref, en soignant un peu l'écriture ça pourrait faire quelque chose de top.

   plumette   
23/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
je viens de passer un bon moment à la lecture de ce texte qui illustre un monde décadent ou dégénéré d'où l'humanité semble avoir disparue.

J'ai failli me détourner car la première ligne contient trois fois le mot "tout".

J'ai apprécié les images que l'écriture font surgir. j'ai bien aimé les petites phrases courtes et descriptives, ainsi que le dialogue entre Steve et Grace ( mais inutile de mettre les prénoms en début de phrase, je trouve que c'est lourd. On n'est pas dans une pièce de théâtre)

je n'ai pas tout compris, en particulier les têtes de Barbie?

il y a un effet de surprise tout au long de cette histoire qui ne nous mène nulle part, si ce n'est dans un univers glauque bien typé et tellement éloigné de ce que j'écris que j'en suis toute ébaubie!

Bonne continuation

Plumette

   Sylvaine   
29/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Un texte assez réussi dans son genre : l'écriture est compétente, l'atmosphère, poisseuse à souhait, est bien rendue par petites touches successives. Le personnage principal, lui aussi, est mis en scène avec une habileté qui impose sa présence sordide au lecteur. Les crimes découlent logiquement du contexte. Une maladresse : Grace est appelée par son nom alors qu'il n'en a jamais été question auparavant. De plus, j'ai un petit problème avec la chute, car je ne la trouve pas assez "préparée" par ce qui précède. En fait, quelque chose ne fonctionne pas : on n'imagine pas un coroner transportant un cadavre sur le siège du passager. Dommage. Le texte est savoureux.

   hersen   
17/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ah, j'ai adoré cette nouvelle complètement déjantée;
d'abord, il y a le rythme, ça court, ça coule, pas une once d'attente, d'ennui.
Une ambiance qui me rappelle un reportage dans un magazine sur la consanguinité dans des coins paumés d'Amérique, du pur gravos !

Il y a quelque chose de magnifique dans ce héros minable, dégueulasse,
c'est qu'il réussit tout ça sans qu'il n'y ait de problème.

j'ai aimé qu'il mange du coyote, un carnassier, ça doit fleurer bon dans la station. Même si j'ai du mal à m'imaginer tout ce mélange, mais c'est peut-être mieux ainsi :))

Voilà, j'ai passé un excellent moment de lecture, sans prise de tête, avec de l'humour, de l'amour (enfin...) et même si tout ça, c'est un peu dégueulasse quand même, la narration a, si j'ose, un petit côté très frais, ingénu, qui donne à l'ensemble le ton, je suppose voulu, de grosse blague.
Mais avec un arrière-plan quand même...C'est beau l'Amérique...

Un grand merci pour cette lecture;

   izabouille   
17/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai du la relire une seconde fois pour bien tout comprendre et au final, je ne sais pas si j'ai bien tout compris. Mais ce n'est pas très grave, je me suis bien amusée en le lisant tant c'est très très déjanté. En tout cas ça doit être de la bonne... la description des lieux et du personnage est assez succulente. Merci

   Eclaircie   
18/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Palrider,

J'avoue, le petit format, m'a encouragée à venir lire cette nouvelle, et de plus, publiant aussi des poèmes, j'ai eu la curiosité de passer de ce côté-nouvelle.

J'ai apprécié le ton résolument décalé, glauque, à l'humour noir.
L'entame plante le décor. Tous ces "tout" enfoncent bien le clou.
Le choix de ne pas plus différencier le passé et le présent ajoute à la désorientation du lecteur.
La fin qui ne détaille pas le déroulé des faits est habile, à mes yeux.

Merci du partage,
Éclaircie

   Anonyme   
18/8/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
je n'ai pas terminé la lecture personnelement parceque dès le début la forme paraît comme un discours entre deux élèves avec des phrases inachevées et entrecoupées,ce qui ne fait pas trop littérature.
la littérature pour moi est tout ce qui est beau dans la forme et le contenu et pour moi,je pense,sans terminer la lecture,que même le contenu,( le fond ),est assez flou et brèf.

   Donaldo75   
18/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Salut Palrider,

Dire que cette courte nouvelle est déjantée est un doux euphémisme. Tu as franchement tapé dans la série Z, avec la même satisfaction que Quentin Tarantino quand il rend hommage à des genres cinématographiques datés, du genre dans Kill Bill ou Jackie Brown.

Le plus amusant, dans l'histoire, c'est que l'ensemble se tient bien, à partir du moment où le lecteur supporte l'outrance, ce qui est mon cas, évidemment. Steve est un grand malade qui finalement parait normal dans le contexte de la nouvelle. Grace n'est pas beaucoup mieux que lui. Les scènes sont autant d'instantanés crasseux d'une Amérique profonde que l'Oncle Sam a depuis des lustres reléguée dans les toilettes de l'hisoire, parce qu'il en a honte, qu'elle n'est même pas capable de consommer des produits emblématiques tels que le Coca Cola et qu'il ne se passe rien.

Pauvres coyotes ! Je ne sais pas ce qu'ils t'ont fait. Personnellement, dans l'imagerie autour du désert, je les place juste après les crotales et les cactus, alors j'espère qu'ils ont bon goût. En tout cas, Steve semble les apprécier.

A bientôt, et merci pour la déconne.

Donaldo

   Thimul   
20/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bon, on comprend très vite que le type est un échappé de "La colline à des yeux" mais j'ai quand même pris beaucoup de plaisir à lire cette histoire.
Ma seule petite réserve concerne l'attitude de Grâce qui ne me paraît pas très crédible sauf en imaginant qu'elle est bourrée ou défoncée mais ce n'est pas précisé.
Pour rendre de la cohérence, personnellement je me suis permis d'imaginer qu'elle venait de se faire un shoot. J'espère que vous ne m'en voudrez pas.

   Jano   
21/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Une petite histoire sordide qui aurait gagné à être mieux travaillée. Les évènements s'enchainent trop vite et les caractères ne me semblent pas assez brossés, en particulier celui de Grace auquel on ne croit pas une seconde. Le problème aussi c'est que vous oscillez entre parodie de film d'horreur et réalisme, ce qui fait un récit bancal. On ne sait pas comment l'aborder. Doit-on rire ou être saisi d'effroi ? C'est dommage car l'idée est bonne même si elle s'inspire de plein de films en la matière.

   Zoe-Pivers   
26/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un rôle sur mesure pour Dupontel, l'a un p'tit côté Bernie ce Steve :)
Un zeste des inconnus aussi, bref tout ce que j'aime.
C'est cash, crado, loufoque, gore, mais pas que...

Il y a de l'amour aussi :
- " il va se retrouver seul avec l’amour de sa vie.
Il la dépose sur son lit, elle est nue… toujours inanimée quand il la pénètre, ses yeux s'illuminent comme jamais, il jouit en dix secondes en poussant un grinçant « I love you »… "
- " Grace s'exécute amoureusement. Steve, irradié de plaisir, sort de son corps, voit les têtes de Barbie brouter des trèfles à six feuilles, des coyotes jouer des airs de country à la guitare, le shérif en tutu dans une piscine de chamallows verts et roses, enlacé avec un hippopotame bouffant des chats. "

Et de l'émotion :
- " Steve a des yeux éteints. Il n'attend rien. Il ne faut pas les lui rallumer "
- " Steve pleure à chaudes larmes :
« J'ai jamais fait une fête de famille ! » "

Puis, une happy end, Steve sait conserver ce qu'il aime.

Je ne me suis pas ennuyée à vous lire, merci !

   GillesP   
29/8/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Bravo pour l'atmosphère, à la fois glauque et déjantée. En revanche, je suis moins convaincu par l'histoire: le personnage de Grâce, en particulier, me semble arriver comme un cheveu sur la soupe. Qu'est-ce qui justifie qu'elle se donne à Steve ?
Par ailleurs, au niveau de l'écriture, il y a à mon sens quelques scories:la répétition de "tout" au début (même si elle est sans doute volontaire), celle de "qui fut blanc" (la trouvaille est bonne, mais la caser deux fois souligne trop le fait que vous en êtes content), le dialogue entre Grâce et Steve à la manière d'un texte de théâtre, les deux phrases sur le shérif (on apprend qu'il a peur de Steve dans la première, qu'il est terrifié dans la seconde, ou le contraire, je ne sais plus, mais en tout cas c'est redondant).
Au plaisir de vous relire.

   jhc   
29/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
L'idée est extra, il y a de l'ambiance et du rythme.
Bien sûr il faut admettre qu'un coroner transporte un maccab sur les siège passager. Une fois que c'est admis, vous auriez peut-être pu arrêter sur " ... la morgue."
Il y a des insuffisances dans l'écriture. la présentation de Grace est ratée et la manière des dialogues aussi. Des répétitions, Steve est réussi, Grace manque d'épaisseur. Vous auriez pu l'allumer avant, qu'elle sorte de la voiture en psalmodiant des incantations...
J'ai bien aimé les passages déjantés, l'humour noir et l'obession des coyotes.
ça reste un bon moment de lecture.


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