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Policier/Noir/Thriller
Pepito : Ganaches
 Publié le 10/01/17  -  19 commentaires  -  13017 caractères  -  210 lectures    Autres textes du même auteur

“Chose paradoxale, c'est avec les gens intelligents qu'on déconne le mieux.” San-Antonio


Ganaches


Ça a commencé par les couleurs. Les murs, les rideaux, les meubles, tout a pris une teinte plus pâle, avec de légers reflets brillants. C’était joli.


Puis les formes ont commencé à délirer. Le montant de la porte s’est gondolé, tout doucement.

Poussé par la curiosité, j’ai posé mon calibre sur la table, je me suis levé et j’ai essayé. Même avec la moitié du cadre en forme de harpe la porte ouvrait et fermait sans problème. Des fois, la menuiserie, quand ça veut faire…


Puis, sans surprise, les sons s’y sont mis aussi. Le moindre raclement devenait mélodie… ou tempête. En tous cas, plus fort, plus ample, plus grand ! Les superlatifs me dégoulinaient par les feuilles. Cela faisait un petit tas sur le sol…


Il y avait aussi cette boîte de chocolats, presque posée sur la table. Elle se promenait d’un coin à l’autre, un peu au-dessus de la toile cirée, comme en apesanteur… Un vrai tapis volant ! Et elle jouait à saute-mouton avec mon gun.


Quand elle est repassée à ma portée, j’en ai repris un p’tit. De ceux qui sont tout torsadés avec une pâte blanche dedans. Un peu plus tôt j’avais avalé un mâle, celui avec des noisettes. Au début j’ai trouvé le goût bizarre, puis je m’y suis fait.


Au moment de mordre dans la torsade de chocolat noir, elle s’est dépliée d’un coup. Une des branches est rentrée dans ma narine, l’autre hésitait. J’allais gueuler, mais Miguel est arrivé. La taloche qu’il m’a collée m’a cloué le bec ! Plus moyen d’ouvrir la bouche. Lui, par contre, il l’a fait et tout en grand :


– Putain, Pepito, t’es vraiment trop con. T’es en train de bouffer la boîte de chocolats d’Escobar !


Je me suis levé d’un coup et ai tenté de me tenir au dossier d’une chaise en guimauve. Sûrement emportée par l’effort trop violent, toute la pièce a basculé à angle droit. J’ai manqué de réflexe pour en faire autant, le bord de la table m’est arrivé dans les gencives plein fer et… Rideau !


Je me suis réveillé un moment plus tard, couché à même le sol, avec une grosse douleur dans la mâchoire. J’ai réussi à m’asseoir et j’ai glavioté trois dents sur le carrelage. Elles ont roulé un peu, puis sont devenues cubiques, avec des points noirs sur les faces. Je me suis approché pour apprécier le score.


– La vache, j’ai réussi un 421 au premier pet !


Puis j’ai pris une cataracte de flotte sur le museau. Là, les paroles de Miguel ont traversé les méandres embrumés de mon cerveau et quelque chose a fait tilt ! J’ai levé les yeux vers lui, il avait encore le seau vide à la main.


– Les chocolats de Pablo Escobar, tu dis ?

– Ouais, cabeza de nudo ! Un de ses hommes m’a refilé la boîte pour aller la porter chez un député du Parti Libéral. Pablito voulait des têtes inconnues pour livrer discrètement son cadeau.


Pablo Escobar c’est pas son vrai nom. En vrai il s’appelle Jules l’Église, mais il trouve que ça sonne un peu trop chanteur pour dames sur le retour. Alors, depuis qu’il est devenu caïd, il exige qu’on l’appelle comme son héros, Pablo Escobar. Nous, pour pas le vexer (ni l’énerver), on lui donne du Don Pablo par devant et du Pablito quand il a le dos tourné. Surtout s’il est assez loin pour pas nous entendre.


Pendant que mon esprit divaguait, Miguel, furax, a continué son discours.


– Bon, avec tes conneries, on a perdu tout espoir de faire enfin partie de sa bande. Et faut qu’on remplace dare-dare les chocolats fourrés que t’as clapés, sinon on est mal.


Miguel a pas besoin d’en rajouter, je connais mes classiques. Pablito c’est le genre de gars à résoudre tous les problèmes avec une seule et unique solution : une balle entre les deux yeux ! Je me suis levé tant bien que mal et, d’une langue soupçonneuse, j’ai inspecté les nouveaux espaces entre mes dents. L’avantage d’être dans la ligne de tir de Don Pablo, c’est que je n’ai plus à m’inquiéter de ce genre de courant d’air. Si on trouve pas une solution vite fait, je vais me manger une balle dans la trombine avant que ma langue ait le temps de choper un rhume.


– Pour la boîte, c’est facile. Il suffit d’en acheter une autre, non ?

– Aucune chance, les chocolats sont importés d’un pays d’Europe, du Bruxelles je crois. De toute façon, il faut surtout trouver de quoi les améliorer !

– Pour la farce… j’ai peut-être une idée.


Il fallait que la dope soit de bonne qualité, j’étais bien placé pour le savoir. Pas si évident que ça à trouver dans ce patelin, surtout pour des fauchés comme nous. Car il faut bien l’avouer, d’habitude avec Miguel on fait pas dans le luxe. On se défonce avec tout ce qu’on trouve, le trychlo, la colle à rustine… et même que, quand on urine, ça nous nettoie les narines. C’est pourquoi j’ai pensé à Rafael. Il bosse dans un labo pour gens d’la Haute, il doit bien pouvoir nous sortir quelques grammes. Je doute qu’il soit très coopératif, mais il est amoureux de ma frangine. Un bon début pour se le mettre dans la poche.


On a garé le dernier scooter piqué par Miguel au coin de la rue et on est entrés sans crier gare. Pétard à la main, on a fait le tour de la baraque à Rafael. Pas le grand luxe, je comprends que ma frangine ne soit pas plus emballée que ça par le bonhomme. La maison semblait vide. On allait repartir, quand j’ai entendu un bruit dans la buanderie. Deux secondes plus tard, derrière un tas de linge sale, on a retrouvé un Rafael qui n’en menait pas large.


– Eh, salut Pepito… co… comment va ? T… T’as eu un accident ? a-t-il bafouillé en voyant ma gueule abîmée.


Avec Miguel on a pas pipé un mot. Il avait l’air bizarre, le gus, même pour un cave qui voit débarquer deux gars armés dans sa tute. C’est quand même une situation plutôt courante par ici. L’impression qu’il voulait cacher un truc dans son dos. De l’extrémité de mon canon, je l’ai fait riper sur le côté. Il a renâclé un poil mais a fini par s’exécuter. Et là, jackpot ! Sur une vieille étagère, des sacs plastiques transparents, un carré de journal et sur le papier journal, un petit monticule de poudre blanche.


– Ben mon salaud, a démarré Miguel, je vois que t’emmènes du boulot à la maison ?

– Vous énervez pas les gars. Je peux tout vous expliquer…


Au lieu de finir sa phrase, il a préféré prendre quelques secondes pour digérer le coup de boule que venait de lui offrir Miguel. Ensuite il s’est penché en avant et a craché deux incisives accompagnées d’un peu de sanquette. Il est comme ça Miguel, les discussions le fatiguent vite.


– Eh, Rafael… comment va ? T’as eu un accident ? me suis-je marré.


Miguel a rengainé son gun, sorti son schlass et, un déclic plus tard, l’a planté dans le tas de poudre. Quand il l’a ressorti, sa lame était aussi recouverte de neige qu’un pic des Andes. Il l’a pointée sous le nez de Rafael qui venait de retrouver la station debout.


– Renifle-moi ça, mon mignon, qu’on voit si c’est d’la bonne.

– Zoyez zympa les gars, z’peux pas faire ça ! Ze zouis allergique ! a zeuzeuté Rafael.

– À quoi qu’t’es allergique ? À la neige ? a rigolé Miguel.

– Non, aux poudres, à toutes les… Atchouuuuum !


Quand j’ai vu la figure et le t-shirt de Miguel entièrement saupoudrés de blanc, j’ai commencé par me gondoler. Puis j’ai trouvé qu’il faisait une drôle de grimace et j’ai suivi son regard.


– La vache !


Il tenait toujours son cran en l’air, mais on ne voyait plus que le manche. En éternuant, Rafael s’était plié en deux et, dans le mouvement, s’était empalé la tronche jusqu’à la garde. La lame était entrée par la narine gauche et on pouvait en voir la pointe affleurer au sommet du crâne. Devant l’horreur de la scène, je me suis laissé aller à épitapher.


– Ben lui au moins, on sait ce qui lui est passé par la tête au moment de mourir.

– Arrrgh, c’est dégueu ! a ajouté Miguel, en lorgnant sur les déjections verdâtres qui parsemaient son t-shirt.


Il a dégagé sa lame d’un coup sec et l’a essuyée sur la chemise de Rafael. Puis il a ajouté, en désignant le tas de poudre sur l’étagère :


– Bon, ben reste plus qu’à se servir.


On n’a pas eu le temps. Des voix se sont fait entendre, racontant des choses pas très sympas à notre sujet, suivies d’un tir de semonce. Les voisins avaient dû nous voir entrer dans la maison avec nos flingues à la main. Un second coup de feu et une poterie a éclaté au-dessus de ma tête. Dans ce cas-là (de Milan), le mieux est de ne pas trop philosopher. On est sortis par la porte du fond et au triple galop.


Une minute plus tard, nous étions à côté du scooter. Un brouhaha étouffé, avec de temps à autre quelques vocalises suraiguës, nous parvenait de la maison de Rafael. Peu de chance que les voisins nous poursuivent jusqu’ici, le civisme local a quand même ses limites.


– Merde ! a gueulé Miguel. On était si près du but. Où qu’on va trouver de la dope maintenant ?


Je l’ai regardé bien en face et avec un sourire j’ai ajouté :


– Je crois que j’ai une idée. Mais c’est moi qui conduis, toi tu restes bien sagement calé à l’arrière.


On est repassés par notre planque, pour récupérer la boîte de chocolats, et on a foncé chez Tía Lanvina.


Juanita Lanvina c’est la reine "tendance" des confiseuses. Elle n’a pas sa pareille pour vous concocter le meilleur des chocolats belges d’Amérique du Sud. Par chance pour nous, elle est aussi la tante de Miguel.


On a débarqué, mon pote avec sa gueule enfarinée, mézigue avec mes dents du bonheur. Lui, a écarté grand les bras pour lui montrer comme il l’avait comprise. Elle, elle l’a reçu à grands coups de louche, tout en lui expliquant que, même si il était son neveu, cela ne lui donnait pas le droit de voler une fournée entière de Caracoles de Borgoña ! Je m’en suis souvenu à ce moment-là. De délicieuses coquilles de chocolat noir au cœur praliné. Nous étions censés les revendre la semaine dernière. À la place, nous les avons engouffrées, sans remords, et arrosées à la bière tiède.


Au bout d’un moment elle s’est calmée et, pendant qu’elle décabossait sa louche, Miguel lui a expliqué la situation tout en se palpant délicatement le crâne. Tía Lanvina c’est le genre de femme sur qui on peut compter.


– OK, les garçons. Je vais vous donner des truffes pour remplacer celles que Pepito a avalées et je ne veux plus rien savoir de cette histoire.


Cinq minutes plus tard je me suis retrouvé dans un coin discret, face à Miguel. J’ai pris chacune des truffes et je les ai fait rouler délicatement sur son torse et son visage. En deux minutes j’ai obtenu de délicieuses gourmandises au chocolat finement saupoudrées de sucre glace (et aussi de quelques mucosités rafaeliennes). Satisfait du résultat, j’ai disposé le tout dans les emplacements vides de la boîte et je l’ai refermée en faisant un joli nœud à son ruban.


Un quart d’heure de scooter plus tard, nous sommes arrivés devant la maison du député du Parti Libéral. Un garde du corps nous a arrêtés sur le Perón et nous a demandé ce que l’on voulait. Miguel lui a ressorti le laïus de bienvenue dicté par Pablito. Le gars, plutôt méfiant, a ouvert délicatement la boîte. En voyant le contenu, il s’est décontracté et a ajouté avec un sourire de gourmandise :


– Le député va bien se régaler, y a même des truffes aux éclats de pistache !


– Épilogue –


J’essaie de ne pas trembler, d’oublier mon oreille gauche bouchée par le bruit de la détonation. Sur ma joue je sens dégouliner une substance chaude et visqueuse. Quand je réalise qu’il s’agit d’un morceau de cervelle, une douce chaleur se propage le long de mes cuisses. Manquait plus que ça. Comment vais-je pouvoir continuer à jouer au dur à cuire avec le bénard trempé ?


Don Pablo se cale devant moi. Nous sommes debout dans la cour de son hacienda, entourés par toute sa clique. Il vient de nous la jouer façon Blow. Tout le refrain y est passé.


– C’est bien les gars d’être venus si rapidement. Sinon, j’allais être obligé de flinguer la tante de Miguel et la frangine de Pepito. Puis tout ce qu’il vous reste de parents, ensuite vos amis, puis vos voisins, puis les gens à qui vous avez parlé… jusqu’à ce qu’une bonne âme vous ramène à moi. Comme ça on solde l’histoire rapidement et on en parle plus.


Il s’est ensuite tourné sur le côté, a pris le calibre que lui tendait un de ses sbires et, dans le mouvement retour « Pan ! », il a creusé un courant d’air dans la tête à Miguel.


Maintenant c’est mon tour. Curieusement je repense à Rafael. Bien malgré moi, je sens un sourire s’épanouir sur mes lèvres. Pablito le remarque et soulève un sourcil interrogateur. Comment lui expliquer ? Je suis là, debout, attendant de me faire définitivement aérer l’esprit et, dans ma tête, une scène tourne en boucle. J’imagine le député en train d’ouvrir la boîte envoyée par Don Pablo Escobar Bis, se précipiter sur les appétissants chocolats de Tía Lanvina, croquer, mâcher, anticiper un super trip et… se mettre à faire des bulles.


Qui aurait pu deviner que ce tringlot de Rafael se faisait livrer de la lessive en vrac et la conditionnait en sacs plastiques ?


 
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   socque   
10/1/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je me suis demandé pourquoi le texte ne fonctionnait pas en ce qui me concerne, au point de me laisser l'embarras qu'on peut éprouver devant un "stand-up" complètement raté : selon moi, cette histoire sonne terriblement faux.

Pour essayer d'expliquer mon sentiment, je voudrais revenir à cette scène de "Vas-y, Béru !" qui me fait hurler de rire depuis des décennies. Dans ce livre, San-Antonio et Bérurier suivent la caravane du Tour de France, le premier parce qu'il a une enquête impromptue à mener, le deuxième parce qu'il veut surveiller sa femme qui aide son amant (à elle) Alfred le coiffeur à présenter son shampooing pour chauves "Poursantif". Bérurier s'est fait embaucher comme soigneur d'une équipe. Comme il n'y connaît rien, un des coureurs de l'équipe se tape une super crampe au début de la montée d'un col. Béru lui colle entre les dents un bouchon de bouteille de vin auquel il a attaché une ficelle et, hardi petit, il le tire avec la voiture presque jusqu'en haut du col.
Cette scène reste pour moi un sommet du burlesque, à rembourser par la Sécurité Sociale !

Pardon pour cette introduction un peu longue, c'est pour détailler les deux points très importants qui peuvent expliquer pourquoi, à mes yeux, vous échouez, en contraste avec le succès chez Frédéric Dard.

1) La voix de narration. Dans "Vas-y, Béru !" c'est San-Antonio, le narrateur, qui décrit l'anecdote. Il est notoirement plus intelligent que Bérurier, plus lucide, il observe la situation de l'extérieur et peut donc adopter sa narration détachée qui est sa marque de fabrique ; il est en marge de cette action-ci. Dans votre récit, le narrateur est en plein dans l'action, il lui arrive exactement la même chose que son acolyte et rien n'indique qu'il soit plus fufute que lui. Du coup, le ton "extérieur" du récit, comme si le gars n'était pas concerné par tout ça, me paraît complètement artificiel.

2) Justement, l'action en soi : elle est lourde de conséquences pour le narrateur, puisqu'il meurt à la fin, mais il ne manifeste aucune terreur, de bout en bout il conserve son détachement. Manifestement, il sait que ce n'est que de la fiction, tout ça, un peu comme les personnages des péplums bibliques de la grande époque savent qu'ils vivent aux temps qui voient naître le christianisme et comprennent la solennité du moment. Pour moi, ça ne colle pas.

Vous avez peut-être voulu ce décalage permanent entre ce qu'il se passe et la vision désinvolte qu'en a le narrateur ; peut-être même que, pour moi, cela pourrait marcher sur la distance, si vous aviez, comme San-Antonio, tout un roman à proposer, où le ton s'imposerait peu à peu et m'embarquerait dans le délire. En l'occurrence, à mes yeux, c'est raté, je trouve le ton forcé.

   plumette   
10/1/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Pépito,

je trouve qu'en nouvelle le genre policier/noir/thriller est particulièrement exigeant car il faut sur un petit format réussir à tenir son lecteur en haleine dans une véritable action qui mène quelque part.
j'ai bien aimé le début, assez déroutant, où le narrateur est en proie à des hallucinations visuelles après avoir ingurgité des chocolats spéciaux.J'ai eu envie de comprendre, ce qui m'a incitée à poursuivre ma lecture.

Le narrateur est au coeur de l'action , ce qui est toujours dynamique mais je suis un peu dubitative sur le ton ironique employé, comme s'il avait la possibilité de prendre déjà du recul, tout en avançant dans cette action qui l'implique durement.
Ex: Miguel lui fait cracher ses dents, ce n'est pas rien! sous l'effet hallucinatoire, les dents se transforment en dés, et il aurait assez d'humour pour se féliciter d'avoir réussi un 421 " au premier pet" ?

Dans la narration elle-même, il y a des choses qui sont restées obscures: pourquoi Rafaël se cache-t-il?
quelle est exactement la raison de la fureur de Don Pablo? certes la livraison a été bidouillée et il semble que l'héroïne de Rafaël qui devient sucre glace sur quelques chocolats de remplacement était en fait de la lessive? je n'accroche pas trop à cette intrigue m^me si je epux accepter qu'il s'agisse, en fait, d'une parodie de thriller.

Si c'est une parodie, alors, on sera plus indulgent avec le fait que rque 2 protagonistes crachent leurs dents, que Rafaël s'empale tout seul sur le couteau de Miguel ( en effet ça fait gag!) et que la cervelle de Miguel éclabousse Pepito qui reste stoïque en attendant son tour.

l'écriture est efficace et de qualité mais le ton m'a gêné!

A vous relire,

Plumette

   Annick   
10/1/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce que j'ai aimé : L'humour ! Féroce bien souvent ! Outré ? Qu'importe du moment que cela fait rire ! Ce qui est le plus difficile, c'est que le narrateur soit suffisamment habile pour appuyer sur des boutons invisibles qui déclencheront le rire chez le lecteur. Ce qu'il fait remarquablement.
Ce serait réducteur de dire que j'ai l'impression de lire une bande dessinée humoristique. Il est vrai que tout y est excès, truculence, voire "gore". Les personnages sont des brutes. Mais c'est sans compter sur les qualités littéraires du narrateur, au regard si particulier et au ton unique qui fait de cette nouvelle une sorte de petit best-seller addictif et en même temps littéraire. Comme des épousailles entre un roman de gare et un roman d'auteur.
Est-ce possible que le ton du narrateur soit aussi détaché face à sa mort prochaine? Oui, je pense, car c'est comme un pacte entre le narrateur et le lecteur. Le lecteur doit être complice du narrateur s'il veut se laisser aller à rire ! Comme dans une BD pour des situations invraisemblables. Un narrateur à la troisième personne aurait enlevé de la pétillance, de la truculence à ce récit complètement déjanté en prise directe avec l'action et les personnages.
Le fond se tient mais il est moins important que la forme avec les trouvailles délirantes et très drôles du narrateur.
Un texte original où même la violence dégoulinante et écoeurante me laisse indifférente. Car je sais que c'est pour rire...
Ce que j'ai moins aimé : heu....rien !

   toc-art   
10/1/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

C'est très personnel mais j'ai trouvé ça d'un lourd, mais d'un lourd !

Je suppose que le but n'est pas la crédibilité, hein, parce que sinon ce serait complètement raté (c'est quand même du grand n'importe quoi ), mais une sorte d'humour trash qui n'a pas fonctionné sur moi.

Mention spéciale pour la Scala de Milan, il est très europhile votre héros !
Bonne continuation

   Bidis   
10/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai bien apprécié le début de l'histoire. J'avais d'abord cru à un rêve et j'étais déçue d'avance et puis je me suis rendue compte qu'on était dans un sacré trip et j'ai trouvé très savoureuse la façon de le mettre en scène. Et puis, le fin mot de l'histoire m'a paru très, très bien trouvé.
Mais entre les deux, heu..., pour moi, ça part trop dans tous les sens, cela demande un petit effort de lecture et je suis bien vieille pour ça. Quand même, je n'ai pas zappé, de sorte que j'ai pu savourer la chute, assez géniale et qui m'a fait bien rire.
"Passionnément" pour le début, "Beaucoup plus" pour la chute, et "Un peu" entre les deux, ça fait quoi, ça ?

   hersen   
10/1/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
je n'ai pas vraiment accroché, je dois même avouer que j'ai survolé une partie.

Je me demande si pour une nouvelle si courte et ce genre, il n'y aurait pas trop de personnages. Parce que du coup, les explications de qui est qui rend le texte plus lourd. Et donc, les blagues rebondissent moins.

Les poudres, diverses et variées comme chacun (?) sait dans ce genre de trafic, n'offrent pas une grande nouveauté.

Sinon, bien sûr, des trouvailles d'écriture sympa, j'aime particulièrement apprendre que la menuiserie, quand ça veut faire...mais cela n'arrive pas à relever le fond.

Désolée pour cette fois-ci, mais à te relire.

hersen

   vendularge   
11/1/2017
Bonjour Pepito,

Un texte court, léger, rapide plein de baffes et de dents qui volent, le tout s'achève sur la mort du narrateur.

La première partie m'a plu;

quelques maladresses "je me suis levé d'un coup et ai tenté".. "une cataracte de flotte sur le museau" , on comprend l'image mais une cataracte de flotte n'a pas de sens..

La dernière partie de m'a pas emballée sans doute parce que le futur mort se mare en pensant aux bulles de savon, on est plutôt dans le burlesque, il manque quelque chose, un peu de longueur, je ne sais pas trop

merci pour cette lecture
vendularge

   MissNeko   
11/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Hi Pepito!

J ai bien souri à la lecture de ton texte.
J ai aimé :
- ton écriture qui est toujours d une grande qualité
- ton style assez particulier
- l'humour qui parseme ta nouvelle ( Jules de l'église, sur le Peròn, le coup du chocolat mâle à cause de la noisette etc ...)
- le départ très surréaliste

Bref j ai bien aimé ton texte et au plaisir de te relire

   LenineBosquet   
12/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,
Une chouette nouvelle librement inspirée de San Antonio, dont on retrouve les calembours, quelques mots d'argot et le thème policier.
Une invraisemblance pour moi : la poudre blanche psychédélique. Il en existe en effet mais elles sont rares et ne proviennent pas d'Amérique du Sud, mais plutôt des labos européens... La coke n'est pas un psychédélique et n'induit pas de visions telles que celles décrites dans la première partie. Parce que poudre blanche, Miguel, Pablo Escobar etc, ça fait nécessairement penser à la coke.
Sinon j'ai passé un bon moment, je me suis bien Marré, merci!

   Cat   
12/1/2017
Sans être fan du genre, j'ai parfois pris du plaisir entre les lignes de San-Antonio, parce que Dard, parce que son talent immense pour jouer l'argot et l'humour comme personne.

Il faut dire qu'il place la barre haute en désinvolture et néologismes, le commissaire !

Mais tu nous offres quand même, Pepito, un petit moment de lecture à se marrer doucement sans se prendre le chou.

Alors, fi, des invraisemblances et autres exagérations ! Le plaisir pris à l'écriture et à la déconnade est flagrant ici, et c'est ce qui fait plaisir à lire.

Merci pour le partage

   Pepito   
15/1/2017
Petite crise de foie,

   alvinabec   
15/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Pepito,
Les formes ont commencé à délirer et m'ont emmenée comac sur un trip panama de dingue.
J'ai pris un pied de ouf dans la confiture, enfin la schnouf belge. Heureux gars Pepito qu'a la gamberge facile et du biscuit à profusion.
Les châtaignes se ramassent à la pelle...Z'en avalent même leur cartouche après leur dentier. ARchhhhh!
A vous lire...

   Ananas   
15/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Pepito,

Déjà j'aime assez le titre, en bonne belge !

Dans le fond, ta nouvelle m'a beaucoup plu ! Il y a une histoire qui se tient bien, et qui offre suffisamment matière à développer des rebondissements intéressants.

La forme m'a pas mal plu aussi. Je ne suis pas spécialement fan du genre, mais ça se lit bien, c'est fluide et si les expressions sont parfois un peu passées (genre banditisme des années 70), dans l'ensemble c'est cohérent avec le fond !

Je me demande pourquoi Peron est écrit comme ça, tu peux m'éclairer (le porche hahaha)?

Après quelques petites choses me dérangent, comme la "scène" d'hallucinations (qui pour moi ne colle pas avec la coke qui est la drogue dans les ganaches si je ne m'abuse et qui ne colle pas vraiment d'hallucinations par contre), ou le fait qu'aucun des deux zigotos ne prend la peine de vérifier qu'ils embarquent de la drogue et pas de la lessive... surtout que le Rafael essaie de leur faire comprendre qu'il est allergique à la poudre à lessiver.

Bref, tout ceci reste néanmoins assez cohérent et est dans la veine des quiprokos qui ont vu naître La Beuze ou ce genre de chef-d'oeuvre orchestré par des amateurs du banditisme en culotte courte.

J'aime beaucoup la "scène" de l’empalement, qui me semble succulente dans le contexte et drôlement bien trouvée.

Je parle de scènes, parce que je trouve ta nouvelle bien visuelle, d'ailleurs un peu plus dans la veine du scénario que de la nouvelle stricto sensu.

Un bel hommage à Dard.

Une chouette nouvelle, divertissante et bien écrite !

Merci pour la découverte et au plaisir de te relire !

Bonne continuation.

   silvieta   
16/1/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
J'ai été tout de suite happée par le début très agréablement fantastique et rédigé de manière très poétique. Ce qui a ensuite entravé ma lecture c'est la rupture brusque qui nous envoie valdinguer sur un tout autre registre et un tout autre ton.
Le personnage principal n'est pas sous l'emprise de sortilèges mais d'une drogue et nous plongeons dans une histoire de trafic.

Les polars n'étant pas ma tasse de whisky en général j'ai alors rapidement décroché. Mais comme on dit "si vous n'aimez pas les polars n'en dégoutez pas les autres".

   PierrickBatello   
27/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Le début est excellent mais vient buter contre le premier dialogue particulièrement plat en comparaison avec l'incipit. Pour être cohérent, ils devraient l'appeler Pablito puisqu'ils sont entre eux à ce moment-là. La chute est drôle et bien trouvée. Mais entre ces deux extrêmes, le corps du texte manque de chien. Les deux personnages sont assez indifférenciés. Physiquement, je ne les ai pas vus. Une redite un peu lourde avec les dents... Agréable à lire mais pourrait être plus enlevé!

   lucilius   
2/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Les situations cocasses puis burlesques décrites dans cette nouvelle un peu courte pour tant de personnages, me rappellent un peu trop les bévues de Béru. dans San A. et je trouve dommage que la fin (un tantinet prévisible tout de même) soit aussi précipitée (il y avait aussi le bicarbonate de soude chez Fernand Raynaud).
L'ensemble reste néanmoins plaisant à lire et l'écriture est concise et aérée.

   Brume   
5/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Pepito,

"j’avais avalé un mâle, celui avec des noisettes"

Je viens de comprendre la subtilité de l'humour (non non ce n'est pas moi qui est l'esprit tordu).

Petite erreur là: "les chocolats sont importés d’un pays d’Europe, du Bruxelles" - de Bruxelles. A moins que c'est fait exprès.

Bon Pepito et Miguel, 2 truands à deux balles, des bras cassés. Incapables de faire la différence entre la poudre de coke ou héroïne et de la lessive.
Le trip que se tape Pepito au début du récit est un grand moment. Mais la poudre fait vraiment cet effet-là? plutôt de l'exta non? en même temps je n'y connais rien.
Le Rafaël qui meurt bêtement il ne faut pas chercher une quelconque crédibilité sur ce genre de texte burlesque à souhait.

Moi personnellement j'ai bien aimé. Encore une fois tes histoires se déroulent comme un film. J'aime la narration, énergique, insolente, complètement frappée. Rythme alerte. Certaines ponctuations me posent problème, exemple:

"Putain, Pepito, t’es vraiment trop con."

je trouve que les 2 virgules freinent l'élan, et j'aurais plutôt vu un point d'exclamation à la place du point.

La fin se termine mal mais comme le dit si bien l'expression celui qui vit avec les armes, meurt avec les armes.

J'ai passé un bon moment de lecture, sourire aux lèvres.

   klint   
10/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai vraiment beaucoup aimé le début.

Pour la suite c'est un peu moins percutant, à cause des dialogues je pense qu'ils sonnent un peu faux et manquent de rythme. Peut être un peu longs aussi je ne sais pas...

Ce passage là "Lui presque à la fin de sa vie. Moi au début de la mienne. En 1996, il a quatre-vingt-trois ans. J’ai tout juste deux ans. Deux ans, c’est aussi le laps de temps qu’il lui suffira pour quitter cette terre." qui en fait des récidivistes en vol de chocolat, je m'en serais largement passée ....

L'épilogue est à mon sens totalement raté c'est dommage l'idée était géniale.

Je me suis bien amusée en tout cas à suivre les aventures de ces deux faux durs.

   Leverbal   
15/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Du Tarantino écrit avec un Dard, pour moi ça matche plutôt bien :-)
Dans le style, j'ai juste tiqué sur "couché à même le sol", un peu redondant.
Au final les deux branques confondent du LSD avec de la coke et de la lessive, c'est pas ça qui arrête le plaisir de la lecture. J'ai particulièrement aimé le coup de la louche, on pense que c'est de l'argot et en fait non ;-)


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