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Fantastique/Merveilleux
Perle-Hingaud : Des moutons, des cailloux, des hommes [Sélection GL]
 Publié le 11/07/18  -  14 commentaires  -  9647 caractères  -  62 lectures    Autres textes du même auteur

Souvenirs et autres bizarreries.


Des moutons, des cailloux, des hommes [Sélection GL]


Nous roulions depuis le matin sur les routes escarpées et désertes. Les Highlands se méritaient, Inverness était loin à l’est et la Volvo avançait lentement sur l’asphalte humide. Pierre conduisait avec attention, sans parler. Le brouillard qui nous enveloppait laissait parfois entrevoir des collines grandioses, de la lande brune et ocre. Les heures ne comptaient plus ici, si près, si loin de la ville. Nous roulions vers la côte, voilà tout. Ce soir, nous dormirions chez Keanie, Pierre découvrirait les joies de la pêche, et puis nous repartirions, rien ne nous pressait, la perspective du retour n’était qu’un gravier minuscule sur l’échelle du temps.


L’eau suintait le long des flancs montagneux, jouant avec le relief, s’inventant cascade ou loch à nos pieds. La mousse était reine, douce, épaisse, sombre ou fluorescente, parfois presque bleue ou d’un vert tendre. La mousse, l’eau, et les fées aussi… comment ne pas les imaginer jouer avec le vent venu de l’océan ? Parfois, entre deux battements d’essuie-glace, il se laissait deviner, l’océan. Dans la luminosité grise de cette journée d’automne, l’eau du ciel et celle de la terre se confondaient entre deux collines.


— C’est crevant de conduire ici, remarqua Pierre.


Il soupira mais ne me demanda pas de le remplacer. Il savait bien que je ne pouvais pas, dans cette voiture de location. Il plissa les paupières stoïquement :


— Il y a un village à dix kilomètres. On s’arrêtera un peu. J’ai faim, et puis on refera le plein. Ça te va ?


Je ne répondis pas. Quelque chose avait attiré mon attention, un mouvement perçu à l’extrémité de mon champ de vision, un déplacement derrière un éboulement rocheux. Je tournai la tête, mais rien. Je m’étais trompée, ou la bête avait filé. La route se déroulait dans cet espace minéral majestueux. Rien. Pas un arbre, pas une maison. Je n’imaginais pas que de tels déserts puissent exister si près de mon monde. Un lieu antique, hors du temps. Un lieu où franchir dix kilomètres prenait le temps d’une vie.


Soudain, j’aperçus une tache blanche émergeant du talus. Je me cramponnai de ma bonne main à la ceinture de sécurité. Ce n’était qu’un mouton à tête noire et à fières cornes, qui nous regarda passer, immobile, hautain gardien du royaume. J’ouvris lentement les doigts et relâchai mes muscles. L’autre épaule, celle qui soutenait mon bras mort, se rappelait à mon souvenir. Je massai avec précaution le point sensible : l’humidité avait-elle réveillé quelques racines nerveuses encore vivantes ? Les élancements avaient commencé lorsque nous avions quitté la capitale, alors que je n’en ressentais plus depuis des années. La douleur avait-elle une signification ? Loin des bruits parasites de la civilisation, entendais-je mieux ses appels ? À quoi bon, si je ne savais pas les interpréter ? À quel point fallait-il être proche, en osmose avec la nature, pour comprendre ? En contemplant le troupeau éparpillé sur son territoire, je songeai furtivement que les moutons, tels des passeurs entre deux mondes, animaux ancrés dans leur univers minéral, connaissaient peut-être la réponse. Pierre me désigna une ombre noire par le pare-brise : une grosse buse, ou un aigle. Le rapace tourna quelques minutes puis disparut dans le gris. Un nouveau rideau de pluie avançait vers nous.



***



L’épicerie était miteuse, mais le village n’en comptait qu’une. Comme le nombre de ses rues. Deux bordées de maisons de part et d’autre de la route, chacune choyant son jardinet noyé de vraies fleurs, pétunias roses, lys, marguerites, l’orange le disputant au fuchsia. Les hommes vivaient là, avec leur petit coin de nature domestiquée, colorée, dorlotée.


Pierre se gara devant la pompe à essence, vérifia qu’elle acceptait sa carte de crédit. Je descendis de voiture et entrai dans la boutique. Le caissier discutait avec un vieil homme. Je ne comprenais rien : l’anglais appris en classe n’était pas la langue d’ici. Ils s’interrompirent pour me dévisager, mon air de chien mouillé, de fille pas de chez eux, une main dans la poche, l’autre bataillant pour détacher un panier métallique de la pile. L’épicier semblait hostile, un troll dans sa grotte. Je m’enfonçai entre les deux rayons de l’antre, affligée par la pauvreté des vivres. Je saisis du pain sous plastique, une boîte de thon, un paquet de chewing-gums, et puis une bouteille de Coca pour Pierre et d’eau pour moi.


Les choses se compliquèrent à la caisse. Le vieil homme recula pour me laisser face au troll. Je posai le panier à terre, il n’y avait pas assez de place sur le comptoir encombré de présentoirs de jeux et de bonbons. J’attrapai les articles l’un après l’autre, péniblement consciente de l’attention fixée sur mon infirmité. Je tendis ma carte de crédit – la technologie triomphant des coins les plus reculés – et m’aperçus que je n’avais pas de sac plastique. Je fourrai ce que je pus dans mes poches, puis coinçai le reste entre mon bras et mes côtes, j’avais l’habitude. La bouteille d’eau fit pourtant de la résistance et glissa au sol. Je me baissai par réflexe pour la rattraper et tout dégringola. Le vieil homme se précipita pour m’aider en maugréant. Il était étonnamment alerte, considérant l’âge suggéré par les rides épaisses et les cheveux blancs bien trop longs. Une large croix celtique émergea entre les pans de son paletot et se balança sous mes yeux alors qu’il me remettait le sachet de pain. Il posa brièvement la main sur mon bras mort, inspira fortement, les yeux clos, avant de s’adresser à l’épicier, lequel me tendit alors un sac en papier. Un moment gênant de plus dans ma vie. Je balbutiai quelques remerciements avant de filer, mortifiée par la sensation de leurs regards fichés dans mon dos.


Pierre m’attendait devant la voiture. Je lui tendis mon maigre trésor.


— Viens, dit-il, on va retourner à l’entrée du village. Il y a une sorte de square avec un banc vers le pont, je crois. On devrait pouvoir pique-niquer.


Je le suivis. Je ne voulais pas manger. Pas faim, un chewing-gum suffirait. Le square se limitait à un bac à sable, un toboggan, et en effet un banc, orienté face aux jeux mais bien plus encore, face à la lande. Pierre étala le thon entre deux morceaux de pain alors que j’ouvrais le paquet de chewing-gums, une marque que je n’achetais jamais en France. L’odeur me prit à la gorge : ma sœur mâchait ce truc, un arôme de menthe et d’anis, ou de fenouil, quelque chose d’étrange que je n’avais plus jamais senti depuis sa mort. Je repoussai le paquet vers Pierre.


— Tu n’en veux pas, finalement ? demanda-t-il.

— Non. J’aime pas l’odeur, répondis-je.


Il haussa les épaules en mordant dans son sandwich. Il était là, debout, stable, toujours tranquille pour moi. Il ne m’avait connue qu’ainsi, cabossée, lunatique. Je m’appuyais sur lui, c’était doux et chaud de l’avoir comme compagnon. J’aurais aimé l’aimer plus. Vraiment. J’aurais aimé être normale.


Le brouillard se levait enfin, révélant de larges pans des collines toutes proches. Nous allions reprendre la route. Pierre rassembla les restes, empocha les chewing-gums. Je me souvins alors d’une autre route dans le crachin, un autre pays, un autre temps. J’avais mon permis depuis trois mois, j’emmenais ma petite sœur à la neige. Je frissonnai.


— On bouge ? demandai-je.


Je devais partir, tout de suite, ne pas laisser l’odeur écœurante du chewing-gum me rappeler Louise, ne pas laisser se réveiller les autres odeurs, l’odeur de l’essence, l’odeur de brûlé, l’odeur de l’hôpital, toutes ces monstruosités. Je sentis la sueur perler, j’avais chaud, je reconnaissais ces symptômes. Vite, fuir avant qu’ils ne me submergent.


— D’accord, fit Pierre. Je m’absente un instant, on se retrouve à la voiture.

— OK, je marche un peu et je te rejoins.


À la sortie du square, le pont marquait l’entrée du village. Je m’accoudai au parapet de pierre. La rivière était haute et boueuse, elle agitait dans ses eaux profondes des algues noires et épaisses, des branches dénudées d’arbustes à demi immergés. Partout autour, de l’herbe sombre et grasse, et des moutons, bien entendu. Au-delà, la lande se perdait à l’horizon, des pans de brume accrochés aux rochers les plus acérés. Soudain, le vieil homme apparut à mes côtés. Je ne l’avais pas entendu arriver. Il me dévisagea, prononça quelques mots que je ne compris pas. Il s’approcha tout près, empoignant sa croix, et articula très lentement :


— Miss… the young lady… the young lady tells you not to worry about it like that. She knows it wasn’t your fault.*


Il effleura mon épaule en souffrance avec une grande douceur. Puis il se détourna, descendit sans hâte vers le champ où les moutons trottinèrent à sa rencontre. Je crois que la bruine arriva à ce moment-là, le temps d’un soupir, et avec elle un parfum de menthe, d’anis ou de fenouil. Mes joues étaient mouillées.

La pluie s’interrompit, levant le voile sur la route qui menait aux maisons fleuries. J’étais seule de nouveau, me persuadant que j’avais sans doute rêvé, ou mal compris. J’essuyai mon visage et rebroussai chemin, certaine, à présent, qu’il était temps de prendre le large. Lorsque j’arrivai à la voiture, Pierre avait mis le chauffage, l’autoradio jouait une chanson des Beach Boys.


— On y va ? me proposa-t-il avec entrain.

— En avant toute ! fis-je en m’installant à ses côtés.


Je saisis mon bras mort pour le poser, comme d’habitude, sur ma cuisse. Mes doigts étaient chauds sur ma peau.




* Mademoiselle, la jeune fille… la jeune fille vous dit de ne pas vous en faire comme ça. Elle sait que ce n’était pas votre faute.


 
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   SQUEEN   
23/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bien écrit, lecture agréable. Je me suis vite doutée que le vieillard avait quelque pouvoir. J'aurais aimé que la chute fasse plus participer le lecteur à la surprise de l'héroïne. Belles fluidité et concision. Merci, SQUEEN

   Louison   
23/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il s'en passe des choses étranges dans cette lande. J'ai bien aimé cette histoire et cette fin comme une délivrance. L'écriture est plaisante et j'ai passé un agréable moment de lecture.

   plumette   
25/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
j'ai bien aimé l'ambiance de ce texte qui m'a fait voyager à la fois géographiquement et aussi mentalement.
Nous sommes fait de nos blessures secrètes, celles parfois plus profondes que d'autres qui sont pourtant visibles.
La narratrice nous installe tranquillement dans son décor des Highlands, une pesanteur s'installe, quelque chose qui fait qu'avec elle, on a un peu de mal à respirer.
Un souvenir olfactif nous emmène dans son passé et dévoile peu à peu la source de son mal-être et de son infirmité.
C'est bien amené, l'écriture est simple, fluide, elle nous mène tranquillement au dénouement. car il s'agit bien d'un denouement au sens où un noeud peut enfin se défaire.

Merci pour ce texte sensible

Plumette

   MonsieurF   
27/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une belle histoire je trouve.

J'ai aimé le rythme de ce texte court qui pourtant permet d'entrer assez vite dedans. Les descriptions, assez courtes, permettent cependant de s'imaginer ce décor et d'être dans le paysage. Et elles amènent logiquement et facilement à la scène de l'épicerie.
J'aurai aimé quand même un peu plus de détails sur la soeur ou du moins sur la relation entre les sœurs avant le décès.

Il y a pour moi deux choses à revoir: les dialogues sont un peu stéréotypés par moment, presque forcés et ne sonnent pas juste. Mais ici ce n'est pas trop grave puisqu'ils sont rares.

Il manque un peu de liant d'un paragraphe à l'autre, comme si par moment on sautait du coq à l'âne.

Malgré tout ça reste un beau moment de lecture, merci.

   Jean-Claude   
28/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Belle histoire, bien menée, et belle fin surtout.
Que dire de plus ?
S'il y a des défauts, je ne les ai pas vus, et ne veux pas les voir.
Du fantastique comme j'aime.

Au plaisir du vous (re)lire
JC

   jaimme   
11/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Hello Perle,
Lecture rapide et fluide (un bon point, non deux), une histoire plantée dans un vrai décor (autre bon point), une construction parfaitement menée, tous les renseignements sont distillés avec un soin évident (plein de bons points), un narrateur qui, en peu de lignes, a une histoire et une consistance (jackpot de bons points). Et du fantastique, voire même du miraculeux (la dernière phrase). J'aime.
Je connais les moutons des Highlands, ils sont un peu moins cons (et moins rigolos) que ceux d'Islande. Ils me font rire. J'ai bien aimé les retrouver ici.
Et puis j'aime bien le titre qui me fait penser aux souris et aux hommes. Enfin, c'est mon ressenti à moi sans doute.
Ok, alors pourquoi je n'ai pas mis l'appréciation maximale? Parce qu'il me manque un peu d'effroi, un peu plus de force dans la culpabilité de la narratrice, d'amertume, de stupéfaction chez elle. C'est elle qui raconte, ses pensées sont le coeur du récit, et si tu veux que le lecteur soit emporté, il faudrait que la narratrice soit emportée, si tu vois ce que je veux dire (si je me suis bien exprimé).
En tout cas je trouve que dans cette veine, particulièrement difficile qu'est le merveilleux, tu commences avec un niveau très très haut. Quelle écriture!
(n'oublie pas l'accroche aussi).
Voila, j'espère que ces réflexions te seront utiles.
Bises

   Donaldo75   
11/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Perle,

J'ai beaucoup aimé la narration, dans cette histoire où l'essentiel est suggéré. Le rythme, les impressions de la narratrice vis-à-vis de ce que les gens peuvent penser d'elle, de comment elle se perçoit, de ce qu'elle se reproche.

Le personnage de Pierre est essentiel car il représente la stabilité, presque la certitude d'exister.

C'est court, suggestif, parfois émouvant, et très bien écrit.

Bravo !

Don

   Hananke   
11/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Au pays du Loch Ness et des fantômes hantant pratiquement
tous les châteaux, on ne peut s'attendre qu'à une histoire sortant
de l'ordinaire.
C'est bien écrit et bien amené. On piétine, on attend, on se demande
quand le fait extraordinaire va se produire...et il vient, surgit d'un autre monde : celui des esprits.
On ne peut reprocher, peut-être, qu'une certaine prévisibilité
dans cette attente perceptible et peut-être également un manque
de mystère dans la narration.
Mais bon, la nouvelle se lit avec plaisir et ceux qui croient aux signes
de l'au-delà y trouveront leur compte.

   Evy   
11/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Nouvelle sympa. J'aime le thème abordé.

L'écriture est fluide, il n'y a pas d'accroche et on s'identifie facilement a la demoiselle.

J'aime beaucoup cette phrase : "J'aurais aimé l'aimer plus."
Elle est percutante et dans sa simplicité, elle en dit tellement long sur le personnage et ses affres intérieur.

L'ensemble n'est pas d'une originalité singulière, mais la culpabilité lancinante et les douleurs du passé ça marche toujours très bien sur moi, pas besoin d'en faire des tonnes. ^ ^
Merci à toi, c'était (douloureusement) agréable.
Au plaisir de te lire.

   GillesP   
12/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
L'histoire est bien menée et bien racontée. De petits indices distillés avec parcimonie dévoilent quelques pans du passé de l'héroïne.
Mais je trouve l'écriture un peu trop sage, trop sobre. Il me manque quelque chose, un petit grain de folie pour adhérer complètement à l'histoire.
Au plaisir de vous relire.

   hersen   
12/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Perle,

Deux choses principales sur ta nouvelle : une très bonne ambiance scottish, ma parole, t'as passé des vacances là-bas ? Non franchement, c'est super bien ! Même l'épicerie est plus vraie que nature ! Donc,dans ce décor, tu fais très bien évoluer tes personnages.
Mais mais mais.

La fin fantastique me laisse un goût de pas fini. Bon, j'ai souvent cette impression sur tout ce qui porte l'appellation contrôlée "fantastique". Parce que pour moi, est-ce parce que je suis mauvaise joueuse ? mais je trouve qu'une fin fantastique doit toujours être amenée, d'une façon ou d'une autre, par un élément, même succinct. Allez, même très succinct. Ici, ça tombe trop tout seul. Et pourtant, ce personnage qui vient lui parler de sa soeur aurait pu, d'une façon ou d'une autre, établir un contact avec elle. Le sac de course à l'épicerie ? Oui, là j'aurais fait plus. Quitte à mettre un peu les jetons, tu vois, le genre de personnage qu'on prend pour un peu glauque au premier abord pendant que lui, tout ce qu'il fait, c'est fouiller le personnage devant lui des tripes jusqu'aux dents !
Donc, pour moi, il manque un peu de densité à ce niveau-là.

L'écriture ? je sais pas, je ne l'ai pas vue passer. C'est toujours très bon signe, ça ! :)

merci pour cette lecture et ce vent frais des Hightlands !

   Vanessa   
12/7/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,
J'ai malheureusement trouvée votre nouvelle ennuyeuse mais surtout très superfcielle.
Si nous savons d'entrée que l'histoire se déroule dans les Highlands, j'aurais aimé que les descriptions faites par la suite des paysages soit plus pointues. Vous nous parlez de brumes, de collines grandioses, de loch...des images que nous connaissons tous sans jamais y avoir mis les pieds finalement.
La scène dans l'épicerie par exemple aurait pu être très interressante pour en apprendre un peu plus mais vous balayez tout en nous disant que cette épicerie était pauvre en denrée, donc les personnages vont manger du pain et du thon.
:-(
Une petite épicerie dans un coin perdu d'Ecosse, il doit bien y avoir des choses atypiques à nous présenter. Et non, même l'épicier est transparant.
Concernant la scène où le vieux monsieur touche le bras de la femme, je n'avais pas du tout cerné qu'il se passait quelque chose.
Et ce quelque chose tombe totalement à plat lorsqu'on le découvre . Cette femme
n'a aucune réaction face à cet événement somme toute peu banal.
Voici donc mon avis sincère et sans intention de vous blesser.

   in-flight   
12/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Un joli texte qui a pour cadre une région que je me suis promis de visiter un jour...

J'ai juste tiqué sur le fait qu'ils font un pique nique alors que là météo n'est pas au rendez-vous (pluie, chauffage dans la voiture), mais je n'en tiens pas rigueur.

   Lulu   
14/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Perle,

J'ai vraiment beaucoup aimé cette nouvelle que j'ai trouvé très douce. Cette douceur, c'est à la fois la route tranquille, les paysages superbes qui m'ont parfois surprise (je ne m'attendais pas à trouver de l'ocre dans ces parages "lande brune et ocre"), et la narratrice qui nous apparaît sensible.

J'ai été conquise dès la lecture du premier paragraphe qui m'a mieux fait comprendre le titre.

J'aime beaucoup le fantastique. Ici, je suis servie. J'ai pensé que le vieil homme avait un pouvoir particulier lorsque le vieil homme a posé sa main sur le bras mort de la narratrice dans l'épicerie. C'est bien raconté, tout simple et très visuel. Ensuite, lorsqu'il lui relate le sentiment de la sœur, j'ai songé à une histoire similaire qu'on m'a racontée… mais le point fort ici, c'est que c'est une nouvelle qui laisse la part belle à l'imagination, que ce soit au niveau des personnages que tu décris juste suffisamment, ou des lieux.

J'ai l'impression agréable que tu as survolé ton récit avec juste ce qu'il fallait pour le faire vivre. J'ai aimé, ainsi, aussi, par exemple, ce silence dans la voiture. Pierre parle, la narratrice n'en est pas moins présente, observatrice. Le paysage, les moutons… Tout cela m'a beaucoup plu.

A te relire !


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