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Sentimental/Romanesque
Perle-Hingaud : Le pélican brun n’est majestueux qu’en vol
 Publié le 29/04/10  -  21 commentaires  -  26982 caractères  -  173 lectures    Autres textes du même auteur

"... Je fais l'amour et la révolution,
Je fais le tour de la question
J'avance avance à reculons
Oui je tourne en rond, je tourne en rond…"
Zazie - Je Suis Un Homme


Le pélican brun n’est majestueux qu’en vol


Edward Carell me donnait des envies de meurtre. Chaque fois que je découvrais une de ses nouvelles publications, ou sa tronche de beau gosse en couverture d’une revue scientifique quelconque, l’envie de le soumettre au désintégrateur de particules me saisissait.


Tout un chacun, au TCFH, connaissait de longue date notre antagonisme latent. L’opiniâtreté de Phil à me convaincre de participer aux réjouissances des trente années d’existence du télescope tenait donc de la quête désespérée.


- Sean… enfin, tu ne PEUX pas ne PAS venir, voyons…


Phil passa une main sur son crâne dégarni. Je ricanai :


- Comment envisages-tu la rencontre, Phil ? Sérieusement ? Tu me vois avancer vers lui, une coupe de champagne californien à la main, lui taper sur l’épaule : « Hey, Eddy, toujours accro à ta théorie stupide ? »


Dans un petit craquement jouissif, j’explosai une cacahouète entre le pouce et le majeur, gobai l’amande et lançai avec désinvolture la coque par-dessus la rambarde. L’épluchure dévala l’herbe pelée de notre pseudo-pelouse, envahie d’herbes folles et de sable, pour rejoindre une pyramide naissante de déchets plus ou moins biodégradables.


Joan absente, le bordel et la saleté s’installaient à la maison.


Il n’était que dix heures du matin, j’entamai ma deuxième Corona. L’air marin était doux, la saison chaude se faisait attendre à Hawaï, ce dont je ne me plaignais pas : le soleil et sa cohorte d’emmerdements arriveraient bien assez tôt : sueur, soif, moustiques, et, pire que toute plaie d’Égypte, essaims de touristes à shorts fleuris et Havaianas décolorées, de blondes Californiennes aux seins orgueilleux. Kona deviendrait alors un lieu de débauche, un terrain de chasse pour jeune mâle chef de meute, statut auquel j’aurais tant aimé pouvoir prétendre encore.


Phil me scrutait, œil de cocker et tête en biais :


- Le projet Télescope Canada-France-Hawaï n’aurait jamais connu une telle envergure sans tes découvertes. Si tu ne participes pas, tu te désolidarises. Tu mets en péril notre crédibilité. Et tu sais ce que cela signifie, n’est-ce pas ?


Je soupirai. Je savais ce que je devais à Phil, le directeur de recherche du département d’astrophysique. Depuis toutes ces années, il m’avait soutenu, encouragé. Décroché les bourses et subventions nécessaires, amadoué les riches Américains, créé la fondation pour l’étude de l’énergie sombre. Je le savais. Il savait que je savais. Et que j’eusse perdu la foi en mes théories ne changeait rien à l’affaire. J’étais encore, pour certains, le découvreur de cette vaste inconnue, l’énergie sombre. Théorie selon laquelle une composante hypothétique, à la pression négative, serait à l’origine de l’accélération de l’expansion de l’univers. Théorie partiellement foutue en l’air par les travaux d’Edward Carell.


- Je sais, Phil, je sais… Qu’attends-tu de moi ? Un passage au cocktail, des mains serrées, les donateurs embrassés ?

- Je ne te demande pas de vendre ton âme au gouvernement, tout de même… Aie un peu de compassion pour moi. Pour tes équipes, qui continuent tes travaux bien plus assidûment qu’elles n’y seraient tenues, vu tes absences répétées…


Phil savait comment me convaincre. Le sentiment de culpabilité envers les hommes et les femmes qui soutenaient encore mes idées, tel un équipage fidèle au capitaine déchu, était toujours aussi tenace.


- Les dernières mesures peuvent changer la donne. Crois-moi. Nous devons continuer, et ta présence est indispensable. Je ne te demande pas une publication révolutionnaire d’ici la fin du mois, mais simplement une conférence sur l’avancée du projet.


Je soupirai. Avais-je le choix ? Je ne doutais même pas des informations de Phil, des nouvelles thèses élaborées. Simplement, mon esprit ne suivait plus. J’étais comme vide, creux. Ce néant de la pensée m’avait terrifié dans les premiers temps. La remise en cause de mes calculs par Carell avait causé l’effondrement de mes constructions mentales, puis une phase de dépression intense. À présent, je m’étais habitué à ce blanc. Je ne croyais plus. Les éclairs de compréhension m’avaient fui, je doutais qu’ils revinssent un jour. Resté sur place, je figurais. Oui, j’étais devenu un figurant, je représentais les travaux de mes équipes dans les cocktails. Si ça pouvait leur suffire… Qui étais-je donc pour refuser ce service ?


- Pourrions-nous, au moins, envisager deux conférences distinctes, Carell et moi ?


Phil sut qu’il avait gagné. Il me sourit avec chaleur :


- Parfait ! J’organise tout ça, je te téléphone demain.

- Rien ne presse, fis-je en suçotant le goulot désormais tiède.


Ma bière avait un goût un peu trop amer, soudain.


Phil parti, je me plongeai avec délice dans mon occupation favorite depuis deux ans : l’auto-apitoiement. Que n’avais-je trépassé avec le naufrage de mes théories ? J’avais passé mon enfance la tête dans les étoiles, puis ma jeunesse pendu à un œil cyclopéen. Je connaissais chaque recoin de notre galaxie, je pressentais les étoiles inconnues, je participais à l’anarchie organisée du cosmos, et quoi ? Un jeune présomptueux venait contredire mes intuitions, foutre en l’air trois putains d’années d’observations, de réflexions, de calculs ? Cette énergie invisible, Einstein l’avait soupçonnée, puis s’était rétracté. Je sentais que je touchais au but. Il eût suffi de quelques crédits de plus, de quelques fondations convaincues… Au lieu de cela, Carell était arrivé, cheveux au vent et regard azur. L’État lui avait fait les yeux doux, les subventions et les bourses furent allouées à ses études. Les miennes avançaient désormais au compte-gouttes.

Pire que le manque de fonds, je me heurtais à ma profonde hébétude devant ses découvertes. Remettre en question mes travaux, repartir sur de nouvelles hypothèses, contrer ses arguments était simplement au-dessus de mes forces.


Je me laissai glisser au sol et restai assis là, sous la véranda, le dos à la maison, face à l’océan. L’univers pouvait bien s’étendre au-delà, explosions de supernovae et naissances de trous noirs abyssaux, le spectacle simple et apaisant du Pacifique me submergeait toujours autant.


Un vrombissement anima ma poche de jean. J’hésitai à répondre. Joan ? Qui d’autre s’intéressait encore suffisamment à moi pour user de ce numéro personnel ? Je laissai les trépidations me chatouiller agréablement, puis cesser brusquement leurs titillements. Aucune doléance, aucune annonce ne me paraissait outrepasser l’impérieuse nécessité de silence, à cet instant précis.


Les congrès de Joan prenaient de l’ampleur avec ses nouvelles fonctions. J’avais épousé une cadre commerciale, j’étais aujourd’hui l’heureux époux d’un des membres du conseil de surveillance du cinquième groupe pharmacologique de la côte Ouest. Ce qui m’évitait tout souci financier personnel. Et tout souci de couple, puisque ma chère et tendre passait de plus en plus de temps à San Francisco.


Le calme revenu, je me laissai envahir par le grondement sourd des vagues. Le silence de la maison m’absorbait. Le vent sifflait entre les deux lattes mal fixées, au bout de la rambarde. Le chien du voisin aboya. Un rayon darda à travers la couche nuageuse, révélant un bref instant les innombrables particules d’or de l’atmosphère. À mon corps défendant, mon esprit vogua vers le Mauna Kea, vers le télescope, vers mes recherches. Point mort. L’univers était en constante expansion, mais m’avait laissé sur la route, perplexe, impuissant, immobile. C’était encore douloureux, mais, les mois succédant aux mois, je m’étais fait une raison.


Le téléphone s’agita à nouveau. De guerre lasse, je posai précautionneusement la bouteille à mes côtés et me tortillai pour attraper l’engin.


- Sean ?


La voix de Litzy résonna :


- Sean, t’es dispo ?


Un sentiment agréable me parcourut. Litzy se rappelait à mon bon souvenir.


- Toujours, pour toi, ma belle. Tu es arrivée ?

- Oui, depuis trois jours déjà. Les enfants réclamaient le club de voile. Matt est resté à Boston, il nous rejoint dans deux semaines.

- Chouette ! Je croyais que tu m’avais abandonné…


Elle rit.


Son rire me ramenait loin, loin, en arrière. Le rire de sa mère. Jeune stagiaire au TCFH, j’étais raide dingue amoureux de la femme de mon tuteur. C’était vingt ans auparavant, le rire de Litzy et de ses dix ans légers ricochait au diapason de celui de Kathleen, avant que l’insouciance ne s’éteigne, avant la maladie. John garda la maison pour les vacances, Litzy grandit, et son rire, hésitant, timide, égrenant ses arpèges note après note, était peu à peu revenu. Je ne pouvais m’en passer.


- T’ai-je déjà abandonné ?


Je ne répondis pas. J’avais très envie de la voir, subitement.


- Tu passes ?

- En fait, je voulais te demander un service. Peux-tu garder les jumeaux à déjeuner ? Je retrouve quelqu’un à treize heures, ils ne peuvent pas m’accompagner. Tu n’auras qu’à les déposer ensuite à l’école de voile.


Ma déception pointa :


- Ok. Amène-les… mais on dîne tous ensemble, ce soir ?

- Avec plaisir.


Je raccrochai, allai sonder les tréfonds du frigo. Il restait du jambon, un peu de salade de thon. Un paquet de chips, une barre glacée, et mon devoir serait accompli. Des gamins de cinq ans n’allaient pas cafter pour un repas totalement déséquilibré, tout de même ?


La Ford s’arrêta doucement devant la maison. Je me régalai du spectacle : la portière entrebâillée, le pied de Litzy dans une fine sandale, sa cheville, son mollet bronzé. J’entrevis un morceau de cuisse, mais trop rapidement le reste de son corps surgit de la voiture et elle s’étira devant moi, rayonnante. À l’arrière, Richard et Bruce m’envoyaient des saluts enthousiastes.


Litzy ouvrit leur portière, se pencha pour les détacher, et tout ce petit monde jaillit à ma rencontre.


- Sean, Sean… Qu’est-ce qu’on est contents d’être en vacances !

- Bonjour, Sean…


Litzy s’avança et m’embrassa légèrement. Une odeur vanillée, bergamote et pamplemousse, l’accompagnait toujours. Son parfum m’emplit d’une joie simple. C’était l’empreinte des bons moments, des heures heureuses, des fous rires complices et des jeux de plage. Peut-être un peu davantage, je le reconnaissais bien volontiers. J’étais sous son charme depuis si longtemps…


- Alors voilà, je vous laisse avec Sean, les enfants. Soyez sages !

- Tu ne veux pas prendre quelque chose, un café, un apéro ?


Je me mordis la joue. Ma tentative pour la retenir était pathétique…


- Non, je te remercie. Je suis super en retard…


Elle tourna les talons, sa robe, un petit truc bleu vaporeux, virevolta autour de ses jambes alors que déjà elle s’installait au volant. La Ford disparut au coin de l’avenue, les garçons m’entourèrent en criant :


- On fait une partie de base-ball ? Hein, Sean ? Où t’as mis la batte ?


Trois heures après, je savourais, épuisé, un café sur les marches du perron, le dos perclus d’avoir lancé encore et encore cette fichue balle. J’avais abandonné le salon aux petits monstres, la télé braillait sur Disney Channel mais ils se tenaient tranquilles. Quelques heures avec eux et je me félicitais de n’avoir jamais procréé. Joan n’avait pas la fibre maternelle, sa carrière l’emplissait émotionnellement et les convictions ultra-féministes de sa mère, instillées jour après jour durant son adolescence, avaient parachevé sa décision. Nous nous étions mariés, un peu par raison, dix ans auparavant. J’étais alors en poste temporaire à la faculté de sciences de Philadelphie, et si notre attachement ne fut pas vraiment passionné – j’avais déjà trente-cinq ans et connu des ébats sexuels et des emportements autrement fusionnels – il fut suffisamment fort pour nous amener à convoler. Je ne compris pas vraiment ce que Joan me trouvait, sans doute l’appel prometteur d’une certaine célébrité, après tout, à l’époque, l’univers me tendait les bras et me chuchotait ses secrets à l’oreille. Toujours est-il que notre mariage tenait encore, malgré les petites trahisons et autres vilenies que nous avions convenu, tacitement, d’ignorer.


Il était bientôt temps. J’appelai Bruce et Richard, nous partîmes pour la marina. Je me garai à l’extrémité nord, au point habituel. Ils reconnurent l’endroit, coururent le long de la jetée, s’arrêtèrent net devant le spectacle espéré :


- Il est là ! Viens vite, Sean ! Anatole est là !!!


J’avançais sans urgence. Anatole était toujours là. C’était un pélican brun, un gros oiseau pataud et assez immonde, à dire vrai. Nul ne savait comment il avait échoué à Hawaï, à plus de quatre mille kilomètres des côtes californiennes, son habitat naturel. Les habitants du port le découvrirent là, un matin, et en firent leur mascotte, le nourrissant de restes de hamburgers qu’il semblait apprécier tout autant que sa pêche de poissons locaux.


Anatole paraissait amorphe, seul sur son coin de plage. Les enfants s’approchèrent craintivement, il tourna la tête dans leur direction. Son long bec claqua, la poche grisâtre de son jabot ondula ridiculement. Soudain il se dressa sur ses pattes palmées, effrayant les jumeaux qui reculèrent en piaillant :


- Bouh ! Il veut nous mordre…

- Mais non, répondis-je. Il défend son territoire, c’est tout.


L’oiseau battit des ailes, et je ne pus m’empêcher de constater, une fois encore, la laideur de ses plumes marron, son air empoté et balourd. En plus, il puait. Les garçons se lassèrent bientôt du spectacle, nous abandonnâmes Anatole à sa solitude pour rejoindre le club de voile.


Enfin seul, je décidai de regagner la voiture par le front de mer. D’un côté, les éternelles boutiques de souvenirs, les restaurants, les cafés, de l’autre, le port, les voiliers qui attendaient la saison des propriétaires béats. Je ne venais plus guère me promener par ici. Les humains m’insupportaient.


Soudain, je la vis. Litzy. Attablée à une terrasse, devant un expresso. Dieu sait pourquoi, lorsqu’elle m’avait annoncé son rendez-vous, j’avais imaginé un déjeuner de filles, des babillages intimes, des ragots de mode et des histoires de cœur. Histoire de cœur, peut-être, mais il n’était pas question ici d’un simple récit.

Instinctivement, je sus que le scénario était tout autre. Litzy était attablée avec un homme, et, autant que je puisse en juger, ce n’était pas son mari.


Je reculai dans l’ombre d’un van garé là. Elle était face à moi. Elle souriait, assise un peu de biais, jambes croisées haut. Je la vis faire un geste vers ses cheveux, repousser une mèche inexistante de ses yeux. Ma main à couper que nous étions en pleine scène de séduction. Ce fut comme un coup de poignard planté dans le ventre. La douleur me fouaillait les entrailles, à ma propre stupéfaction. Litzy était mariée depuis six ans à présent. Matt était un brave type, il bossait dur pour qu’elle ne manque de rien et que leurs enfants collent au rêve américain. Que faisait-elle avec ce type ? Pourquoi ne m’avait-elle rien dit ?


L’homme se pencha vers elle, je ne voyais que son dos, ses cheveux noirs. Je crus qu’il allait lui prendre la main, il tendit le bras vers son visage, je serrai les poings. Elle eut un petit rire. Oh ! Je le connaissais, ce rire, lorsqu’elle voulait convaincre, manipuler, obtenir, elle riait ainsi en plissant un peu les paupières.


Une nausée me prit, un vertige. Litzy ne pouvait pas me faire ça. Je tournai les talons, m’enfuis par la plage, insensible au sable qui pénétrait mes tennis et ralentissait ma marche forcée. Les dents serrées, je revins à la voiture, étonné de ressentir cette fureur à l’idée d’une tromperie si banale, après tout, de cette femme qui n’était même pas la mienne.


J’arrivai à la maison. Le désordre indescriptible du salon répondait assez bien à ma confusion mentale, songeai-je avec ironie.

Je tournais et retournais cette découverte, cette idée fixe : comment le simple spectacle de Litzy flirtant avec un inconnu avait-il pu susciter, éveiller en moi une telle rage ? Je ressentis le besoin urgent d’ordre, de paix, de rigueur. Bach. J’allais chercher dans ma collection de vinyles les Partitas interprétées par Glenn Gould. Toccata, Partita numéro six. Le thème central envahit le salon, les croches, points et contrepoints, s’enchaînaient, accords jumelés, échangés, questions et réponses mêlées et indissociées. Les notes me ramenaient au cosmos, à l’ordre mathématique de l’univers, à la mise en équation de l’expansion universelle, à l’infini que j’avais vainement cherché à dompter.

Les yeux clos, je dérivais hors du temps. Je luttais pour retrouver mon apathie habituelle, d’émotions il n’était plus question, je voulais rester immobile, inutile. À la dernière note de la fugue, j’y étais presque parvenu. Encore un effort, et tout irait bien.


***


Le jour tirait enfin sa révérence, le silence régnait dans la maison. Je m’étais attaché à préparer un poulet à l’ananas, c’était long, minutieux. Éplucher les fruits en petits carrés, préparer la chapelure épicée, découper le poulet en morceaux réguliers, ces gestes avaient eu raison de mes débordements émotionnels. Mon humeur égale était revenue, du moins l’espérais-je. Seul un sursaut trop marqué me trahit au coup de sonnette de mes invités.


Litzy et ses enfants déboulèrent dans l’entrée, accaparant à leur habitude tout l’espace :


- Coucou, c’est nous !

- On a dessalé, Sean, tu y crois ? Cette andouille de Bruce nous a fait dessaler !

- Ne parle pas ainsi de ton frère, intervint Litzy.


Elle était telle que d’habitude, attentive aux chamailleries, affairée à déposer dans le placard les sacs de plage, blousons, doudous et autres colifichets indispensables à tout déplacement familial.


Elle se tourna vers moi :


- J’ai pensé qu’on pourrait les faire dîner d’abord, puis les coucher pour que nous profitions de la soirée. Ils sont crevés, ils vont être insupportables.

- Très bonne idée, ma foi. Tu veux de l’aide ?

- Non, t’inquiète. Je gère, j’ai l’habitude. Ça sent drôlement bon… Qu’est-ce que tu as préparé ?


Litzy me sourit, et tout s’effondra. Mon calme, ma détermination à maintenir un détachement neutre, l’impassibilité à laquelle je me raccrochais, toutes ces forteresses pitoyables bâties moellon après moellon s’affaissèrent en pluie sablonneuse au premier de ses sourires.


- Je t’ai vue, à déjeuner.

- Ah ?

- Oui.

- Et alors ?


Elle leva les sourcils, interrogative. J’eus un doute. Elle n’était ni sur la défensive, ni dans la négation. Elle ne manifestait aucun embarras. J’écartai les bras :


- Ben… C’était qui, ce type ?


Les jumeaux n’en perdaient pas une miette. J’eus brusquement le sentiment d’avancer sur des sables mouvants. Qu’étais-je en train de déclencher ?


Litzy plissa le front, énervée :


- Personne… Un ami. On en reparle tout à l’heure, ok ? Là, je m’occupe des enfants.


Litzy m’envoyait aux pelotes, avec raison. Mais le reconnaître eût été abandonner ma mauvaise foi légendaire, et il est des principes au nom desquels il faut savoir lutter. Je quittai donc la pièce, l’œil noir et de fort méchante humeur, et me jetai dans mon fauteuil favori, allumant au passage la télé sur une série quelconque.

Le cliquetis des couverts rangés dans le lave-vaisselle résonna, les interjections aiguës des enfants cessèrent, puis ils vinrent m’embrasser, enfin leur mère les emmena se coucher dans le grand lit de la chambre d’amis sans que mon humeur ne s’amendât. Puérilement, je ne détournai pas les yeux de l’écran lorsque j’entendis Litzy s’affaler avec un soupir sur le sofa.


- Ouf ! Nous voici au calme !


Elle attendit, en vain.


- Qu’est-ce qu’il y a, enfin ? Tu me fais la gueule ?


J’explosai :


- La gueule ? Mais bien sûr que non, pourquoi donc te ferais-je la gueule ? Je te surprends à déjeuner en galante compagnie, je sers de nounou pendant tes parties de jambes en l’air, et tu voudrais que je sois contrarié ? En voilà une drôle d’idée…


Les mots se déversaient, jaillissaient, je ne maîtrisais plus cette fureur, cette douleur. Je voulais la blesser, la faire souffrir comme elle s’était permis de me piétiner, non seulement par sa trahison, car, oui, après tous nos flirts innocents, me servir le rôle de comparse, c’était une réelle trahison, non seulement, disais-je, en m’impliquant dans cet adultère lamentable, mais en plus en m’obligeant, À RESSENTIR, ô crime impardonnable, à laisser libre cours à mes émotions, moi qui, depuis tout ce temps, n’était plus qu’une ombre bienveillante, un homme détaché des triomphes et des défaites, un homme qui, à défaut de gloire, s’était réfugié dans la seule issue honorable : la sagesse.


Cette tirade nous laissa tous deux pétrifiés.


Litzy inspira profondément :


- Sean… Je suis désolée. Ce n’est pas ce que tu crois. Cet homme n’est pas mon amant.


Elle se pencha en avant, tritura nerveusement un coussin :


- C’est… un promoteur. Je vends la maison, Sean. Je veux reprendre une activité professionnelle, je lance un projet, j’ai besoin d’argent. Le rendez-vous était effectivement important pour moi, tu vois. Je voulais le séduire, oui, je veux le meilleur prix. Voilà. Tu sais tout. Matt est au courant, mais nous n’avons rien dit aux enfants, ils seront si déçus…

- Alors là !


Je la dévisageai, abasourdi. C’était une blague, un alibi foireux ? Litzy, vendre la maison ? QUITTER LA VILLE ?


- Ne crie pas, s’il te plaît, tu vas inquiéter les jumeaux, répondit-elle doucement.


Alors je vis la lassitude dans ses gestes, les larmes dans ses yeux. Je compris que c’était sérieux, qu’elle allait disparaître, qu’elle allait sortir de ma vie.


- Oh, Sean… Ce n’est qu’une maison, après tout. Les enfants vont grandir, la plage ne les intéressera plus autant…

- Mais je m’en fous, de tes gosses, moi ! Tu vas partir, Litzy ! Tu vas me laisser ! Toi… Toutes ces années, toi, tu étais là. Alors, c’est ça ?! Je ne suis même plus capable de… Quel con !

- Non, Sean, non, ça n’a rien à voir avec toi !


Elle se leva vivement, vint s’agenouiller devant moi. D’un geste brusque, elle posa ses mains derrière ma nuque, m’obligea à la regarder. Nos visages se touchaient presque, je sentais son souffle sur ma bouche. Nous nous étions déjà embrassés, par jeu, plusieurs fois. Mais là, c’était différent. Un désir intense m’envahit. Je ne renoncerais pas sans combattre. Mes yeux dans les siens, je l’embrassai, l’attirai à moi, puissamment, avec une folie, un désespoir, une passion que je n’avais plus ressentis depuis deux ans. Elle vacilla, résista un peu, céda, enfin.


Le poulet resta en l’état.


Litzy s’endormait doucement à mes côtés dans le lit conjugal. Elle soupira, les yeux mi-clos, lorsque que je la recouvris du drap froissé.


- Tu regrettes ? lui demandai-je.

- Non. Pourquoi ?

- Ben… Matt, nous deux, je te complique la vie, non ?


Elle parut amusée :


- Peut-être, peut-être pas. Tu peux aussi considérer que tu étais là avant, que depuis six ans je te trompe avec mon mari…

- J’avoue ne pas comprendre…

- Oh, je veux bien te croire. Nos flirts, nos allusions, nos baisers légers, ce n’était qu’un jeu pour toi, n’est-ce pas ? Tout te paraissait naturel, tu étais si égoïste, si pris par tes recherches… Mon ardeur à te soutenir, à te flatter, à t’encourager… Toi, tu étais au-delà, tu sortais avec des filles magnifiques, intelligentes, et moi, la gamine, tu ne me voyais même pas.

- Chérie…

- Je sais, j’étais stupide. On est romantique à seize ans, c’est dans l’ordre des choses, mais quand on l’est toujours autant à vingt-cinq ans, cela frise le ridicule. Ne dis rien, laisse-moi m’expliquer. Tu t’es marié, Joan était celle que tu avais choisie. J’ai tourné la page, inutile de t’apitoyer sur mon sort. Matt est arrivé, et je l’aime, quoique tu en penses. Jamais je n’aurais tenté quelque chose envers toi. Jamais. Mais ce soir, tu étais si désespéré, si désemparé… C’est bien. Je t’aime aussi, à ma façon. Nous avons clos ce chapitre, voilà tout.


Elle se tut sur ces mots. Je ne voyais pas quoi ajouter. Je posai un baiser sur sa joue, elle se tourna en chien de fusil vers moi, me caressa le bras, ferma les yeux. Après de longues minutes, son souffle régulier se fit profond, je sus qu’elle s’était endormie.


Alors je me glissai hors du lit, descendis à la cuisine. Trop de choses sous mon crâne, hors de question de sommeiller. Je m’emparai de la bouteille de bourbon. Quoi de meilleur qu’un fauteuil et une bonne cuite pour m’enivrer de ce chaos ? Pour la première fois depuis mon effondrement psychologique, je me sentais vivant. VIVANT !


Tant d’émotions contradictoires m’assaillaient, d’exaltations, de fébrilité. Mon cerveau retrouvait l’effervescence, s’éveillait avec fièvre au tumulte des sensations. Et j’accueillais ces sentiments avec gratitude, respect. Litzy m’avait délivré. Elle avait fracturé ma carapace, brisé la gangue de béton dans laquelle je m’étais emprisonné.


Je sirotai un deuxième verre, avec méthode. Égoïste, oui, assurément. Les aveux de Litzy m’avaient ému, mais ses raisons m’importaient peu. De quelque manière que ce fût, elle serait toujours à mes côtés, je l’avais compris ce soir. Litzy resterait mon passé, mais aussi, mon avenir. J’avais puisé dans sa force l’énergie de ma résurrection. C’était si bon…


Au troisième verre, je réfléchissais encore, mais plus lentement. Plus tard, je découvris qu’il était hors de question de me lever. Je ris stupidement. La bouteille était bien entamée, mais, dans mon optimisme retrouvé, elle restait à demi-pleine.


***


Au matin, je me réveillai dans une maison déserte. Vautré en travers du fauteuil, je me redressai péniblement, repoussant le plaid dont une bonne fée m’avait recouvert. Pas d’odeur de café, cependant, mais un simple mot : « Je t’appelle, dors bien. »


Pour un lendemain de cuite, mon esprit semblait étonnamment dispos. Je sortis sous la véranda, l’air froid me prit par surprise. Une envie de cigarette affleura, voilà bien dix ans, pourtant, que j’avais renoncé. Je rentrai, me préparai un café. La fenêtre de la cuisine donnait sur le volcan. Le Mauna Kea me narguait. Je ne me détournai pas, affrontai du regard le monstre endormi, ses quatre mille mètres au faîte desquels trônait le télescope.


L’équipe avait raison. L’étude des nuages d’hydrogène neutre ouvrait une nouvelle piste. Grâce à leurs observations, je le pressentais, je découvrirais la structuration de l’univers au cours des premiers milliards d’années du cosmos. Et de cette analyse émergerait la modélisation de l’énergie sombre.


L’impatience me dévorait. Sans plus attendre, je pris la route, plein sud. Les lacets serpentaient en pente raide sur la falaise, l’océan offrait un décor grandiose à mon départ. Soudain, un point attira mon regard. Là, haut dans le ciel, un oiseau majestueux planait et virait vers moi. L’envergure de ses ailes défiait les lois de la pesanteur. Majestueux, impérial, Anatole me salua une dernière fois avant de se détourner vers le large.


 
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   florilange   
19/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai lu avec beaucoup de plaisir et d'intérêt ce texte bien écrit. Les détails techniques m'ont carrément laissée en bord de route.
En revanche, la relation de cette tranche de vie de deux couples, solides malgré les apparences, m'a tout de suite parlé, avec les aléas et les événements qui se sont succédé, et qui sont bien amenés et décrits, sans "flash back".
La force d'une amitié amoureuse, la puissance de souvenir d'une idylle, bien plus efficaces qu'une passion, potentiellement destructrice.
Merci de cette lecture.

   Flupke   
22/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très fort. Je ne suis pas fana de textes longs. J'ai cliqué juste pour voir et je me suis rapidement laissé embarquer.

C'est ça : la première qualité de ce texte c'est que dés le début, il embraye, il capte l'attention, la garde. On a envie d'en savoir plus. On se rend compte qu'il est très bien écrit, que la composante psychologique est fine, que l'arrière-plan (recherche astronomique) est intéressant.

La fin est classe et l'analogie subtile.

Beaucoup de qualités présentes dans ce texte.
Mon œil a juste trébuché sur le nom de la montagne (connaissant le Mauna Kea, donc peut-être à vérifier) et sur: "Je me laissai glisser au sol de la véranda" (au ?).
Bravo et merci pour ce très bon moment de lecture.

   Anonyme   
26/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Je n'ai rien à dire de particulier concernant cette nouvelle, je serai donc très peu constructive.
J'aime le ton donné dès la première phrase. Les personnages sont bien dessinés, les attentes des uns et des autres bien définies.
Pas de bémol, le style pousse l'histoire, tout glisse.
Un très bon moment de lecture dans un décor agréable avec un titre original qui interpèle.
Bonne continuation à l'auteur.

   Mistinguette   
27/4/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une écriture sublime pour une histoire simple, mais tellement bien racontée.
Le soleil, la mer, j’y étais… Le poulet à l’ananas, je salivais… Les sentiments, je les ressentais… L’envie de cigarette du narrateur, il a fallu que je m’en grille une… Heureusement que je n’aime pas le bourbon ;-) …
Tout ça pour dire que je n’ai pas lu cette nouvelle, je l’ai vécue. Du début à la fin, les mots m’ont absorbée, et, comble du bonheur, le sourire aux lèvres.
Un grand merci à l’auteur pour ce savoureux moment de lecture.

   tibullicarmina   
29/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Oui. Oh oui. Avec qu'elle évidence s'impose-t-il, ce texte! Scotché de la première à la dernière ligne par une écriture fluide, une intrigue en forme de drame: le noeud (au restaurant), les doutes du héros, le dénouement si heureux et si malheureux, ce pélican qui plane sur le texte comme un symbole, cette leçon qui se dégage: comment reconquérir "l'apathie" (au sens grec et philosophique) dans une situation psychologiquement si rude. Profondeur, écriture, et ce plus qu'est le pélican. Bravo.

   placebo   
29/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
-répétition de herbe dans la même phrase
- ''entre les deux lattes''. bizarres, j'arrivais pas à visualiser du tout. Entre deux lattes?

j'ai trouvé amusant le fait que tu t'appliques durant une bonne partie du texte à parler de son problème de théorie. enfin bref, c'était pas lourd du tout par contre, ça montrait juste à quel point cette idée ne faisait qu'une avec le narrateur.

de même qu'il était prévisible qu'il retrouve la forme à la fin (je m'attendais même à une poussée de génie :p), on pouvait prévoir également que le ''rendez vous'' n'en était pas un, ils vendent la maison, bien trouvé. mais le style fait tout passer. l'amour de jeunesse, la désillusion amère ou simplement cynique de la première partie est très bien, l'émotion de la seconde aussi, bref je suis fan ;)

très humain à de nombreux passages : sa mauvaise foi légendaire, quand il trouve qu'elle fait les yeux doux et qu'on glisse insensiblement vers la critique...

un plus pour le titre qui avait attiré mon oeil.
un moins pour le début, deux personnages et un acronyme en trois lignes (d'autant qu'on s'en déleste peu à peu) sont trop pour ma petite tête...

bonne continuation

pour l'énergie sombre (j'ai cru au début la matière noire...), je me suis renseigné sur wiki pour savoir si le narrateur (''J’étais encore, pour certains, le découvreur de cette vaste inconnue, l’énergie sombre. '') pouvait être rattaché à une personne précise, mais bon j'ai pas trop trouvé.

à part ce problème de suspense, les difficultés me sont personnelles (pas ma catégorie préférée, début un peu dur), donc j'ai pas de reproches clairs à formuler, mais ça explique la note. oh et puis zut, c'était marrant.

   NeX   
30/4/2010
Commentaire modéré

   widjet   
30/4/2010
 a aimé ce texte 
Pas
Bon, ben, on va finir par croire que je le fais exprès. Ou que je suis à côté de la plaque. Désolé Perle, mais je crains de ne pas suivre le cortège d’applaudissements. Certes, ce n’est pas mauvais, c’est juste… trop décousu.

Je vais commencer par le positif. Le texte se lit presque sans effort, notamment le début. Il y a une certaine nonchalance (volontaire) dans la forme qui sied bien au ton de la nouvelle (et colle avec le personnage).

Mais voilà, c'est à peu près tout.

Je n'ai pas aimé. En fait, j’ai SURTOUT cette sensation de bouts épars sans rien pour les relier vraiment :

- Edward le concurrent, dont on parle au début, mais qui ne fera jamais son apparition. Je ne vois pas trop ce que sa création apporte au récit.
- La participation de Sean à la soirée. Viendra t-il ou pas ? Y aura-t-il confrontation avec son ennemi scientifique ? Peu importe, puisque là non plus, l’idée suggérée est abandonnée alors qu’on pouvait penser le contraire (je cite la phrase finalement trompeuse de Phil « Parfait ! J’organise tout ça, je te téléphone demain »).
- Joan, la femme de Sean. On n’en saura guère sur cette femme débordée et par extension sur le couple qui « tient malgré tout ».
- Litzy et cette histoire un peu nébuleuse de maladie. pas bien compris. Enfin, qui est Kathleen ? On n’en sait foutrement rien !
- Le pélican que je vois surtout comme un symbole, une allégorie de cette résurrection retrouvée par le héros. A ce titre, je l'aime beaucoup...le titre !

Bref, beaucoup de pistes, d’évènements, de personnages « parachutés » qui ont du mal à former un ensemble compacte (notamment cet Edward qui a une valeur ajoutée assez minime si ce n’est qu’il semble être une des raisons du découragement général de Sean). Au final, au détour « d’une scène réchauffée » (rendez vous avec un acheteur), ça raconte sur une relation entre deux amis qui auraient pu être autre chose que des amis et juste après une coucherie, une tirade de trois lignes qui va aboutir à une révélation qui va soigner notre déprimé qui va tout déchirer et être à nouveau créatif… Mouais, bah je trouve ça un peu light et trop simpliste tout ça, quand même. Ou alors, c’est maladroitement amené (les dialogues plutôt moyens n’aident pas non plus faut dire). Bon, je suis un peu réducteur et sans doute un peu injuste avec toi Perle et je m’en excuse.

Mais disons que cela ne m’a pas emballé (du tout).

Alors, si on creuse un peu, on peut voir qu’en filigrane le sujet principal semble être la dépression, le mal-être. On devine aisément que Sean s’est gouré de vie (amoureuse s'entend), qu’il est mal marié, qu’il a consacré sa vie à la science (c’est un peu le reproche que lui fait subtilement sa Litzy) et que sa relative célébrité à l’époque lui a sans doute gâché une véritable histoire d’amour avec cette même Litzy. En creusant davantage, on peut aussi lire le message subliminal des affres du vedettariat (qu’on peut appliquer à tout métier à forte exposition médiatique), qu’à cause de ça on peut passer à côté de sa vie, et rappeler du même coup que rien ne vaut l’amour etc.…

Oui, on peut voir tout ça... en se forçant tout de même.

Mais revenons à notre Sean mal en point car justement cet « effondrement psychologique » comme il est écrit, j’aurai bien aimé le sentir davantage, moi. Alors, oui, il y a bien un humour un peu désespéré – encore une fois, cette écriture, cette petite insolence par moment que j’ai apprécié, ce ton assez détaché – oui, on ressent bien quelque chose, mais je n’ai pas assimilé cela à un état d’abattement. Disons que ce type là ne m’a jamais paru moralement « mort », donc pas étonnant que je ne sois pas touché ou sensible à sa « résurrection ». D’ailleurs, à ce titre, sa tirade à lui telle que tu l’as écrite, n’est pas celle d’un type morose ou mélancolique. Je lis : « Moi qui, depuis tout ce temps, n’était plus qu’une ombre bienveillante, un homme détaché des triomphes et des défaites, un homme qui, à défaut de gloire, s’était réfugié dans la seule issue honorable : la sagesse ». Bref, le rendu (qui est loin d’être évident, car écrire le renoncement n’est pas aisé) n’est pas assez convaincant, les mots m'ont semblé manqué de force.

Ou alors – et c’est une piste tout à fait possible - j’ai rien compris au texte…

En résumé, un texte au style plutôt coulant (ça se lit bien, c’est fluide), mais trop de dispersement, de digressions et même un sentiment de non-maîtrise.

W
(va se faire détester… encore plus qu’avant !)

   Reggio   
30/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai énormément aimé, tant le style qui donne une certaine fluidité au texte, ce qui le rend facile et agréable à lire.
La psychologie des personnages est sans trop de reproche. Moi, en tout cas, je n'en ai pas trouvée.

Mais...

Mais le texte est trop court. C'est le genre de récit où l'on s'attache au personnage, et où l'on voudrait en lire et en savoir plus sur lui. Je ne sais pas si ouvrire de nouvelles pistes aurait été pertinent, mais je pense qu'il serait intéressant de clore celles déjà ouvertes, histoire de lier le sentiment de victoire sur l'inertie de la fin à une satiété d'information.

Je trouve le texte excellent, mais il mérite d'être encore développé.

   Anonyme   
30/4/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Salut Bonbon...

Je ne vais pas insister lourdement... mais je suis située quelque part au milieu.
C'est pas mal raconté, mais personnellement j'ai un souci avec le style, que j'ai trouvé confus, embrouillé, oscillant entre langage assez intellectuel et le langage plus familier ponctué de putains, ou de merde...
En fait à la lecture, je me suis longtemps demandé où on m'amenait.
Et au final j'ai l'impression d'être restée sur place.
Du coup j'ai essayé de finir en EL, j'ai pas réussi, j'ai essayé de le lire hier, j'ai pas pu finir, et aujourd'hui je me suis fait violence et j'ai terminé.
J'avoue rester sur ma faim.
Je ne pense pas pouvoir apporter grand chose à l'auteur, je livre mes petites remarques : à mon avis ça devrait un petit peu moins tourner en rond (par là je veux dire que le premier passage qui plante le décors n'apporte rien à l'intrigue... que le langage me semble mal adapté et donne une impression touffue et on trouve pas la machette pour couper au travers histoire de passer plus facilement), je me demande si tu te fais un plan à suivre pour le déroulement narratif ou pas?

Bref, sur moi ça n'a pas marché, je noterai donc d'après mon ressenti global : je me suis ennuyée.
Désolée.

Bonne continuation et à une prochaine fois.

   caillouq   
30/4/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
(Tiens, encore une nouvelle à couleur scientifique ... Est-ce une tendance de fond ?)
Style: la dichotomie excessive entre des passages trop soutenus (passé simple etc), limite guindés, et des phrases au vocabulaire ostensiblement ordurier (bon, j'ai rien contre, hein, mais c'est comme la brandade de morue, faut bien choisir son moment) rend l'alternance parfois un peu pénible à avaler. Je trébuche particulièrement sur l'imparfait du subjonctif (ou l'inversion verbe-sujet pour les interrogatives) dans les dialogues. C'est pas hyper léger et peu crédible.
Hormis ces réserves, dans la première partie la déréliction du narrateur est rendue de manière convaincante.
Et après ... eh bien après, l'histoire, amenée avec juste ce qu'il faut d'indices quant aux interactions entre personnages, a pris le pas sur le reste. Ce qui est quand même un bon gros point.

(après avoir survolé les autres comm: en ce qui me concerne, le point fort de ce texte est qu'il me fait tout à fait croire à son personnage principal, chercheur à la vie étroitement mêlée à sa science. La lutte pour la reconnaissance est très bien rendue. Et les "fausses pistes" finalement non suivies par l'auteur, donnant à l'histoire une non-linéarité comme dans la vie la vraie, rendent d'autant plus consistante cette histoire de résilience. Moi, elle m'a donné la pêche, cette nouvelle. (je maintiens quand même sur mla notation à cause du style, qui aurait pu me faire décrocher assez vite si le tout début n'avait pas été aussi alerte, et donc prometteur) )

   Anonyme   
1/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime beaucoup la phrase d'entame de ce texte Elle accroche bien le lecteur je trouve.
La scène de début pose le personnage. Il y a dans les dialogues quelque chose qui me gêne, par ex ici:
-Pour tes équipes, qui continuent tes travaux bien plus assidûment qu’elles n’y seraient tenues : je trouve le langage trop châtié, cela ne me semble pas relever du langage oral.
- tenait donc de la quête désespérée : là ça n'ets pas si désespéré que cela justement juste ça parait désespéré au début pour le héros mais il ne résiste pas beaucoup.

Moi je trouve que le passage du langage châtié au langage oral dans les pensées du narrateur est pas mal vu. En fait cela dépend à quoi il pense (et finalement dans ma tête moi je pense un peu pareil, des fois bien éduqué des fois mal). Je trouve intéressant cet aller retour permanent.

Bon là quand même le ton n'est pas très crédible :
Que n’avais-je trépassé avec le naufrage de mes théories ?

Sinon pour la suite j'aurais aimé en savoir plus sur la mère de Litzy savoir ce qui était resté dans le souvenir qui aurait marqué autant et pourquoi il avait transposé sur elle son amour (je suppose platonique et même l'intéressée n'a pas dû s'en douter ?).

Pour la fin je trouve intéressant le regain de cet homme, le fait que litzy en soit l'instigatrice et surtout le fait que pour elle clore cet amour qui a ensoleillé sa jeunesse soit pour lui le début d'un renouveau.

En mis à part quelques problèmes dans le ton du narrateur, l'idée est intéressante, le personnage est décrit à un moment clé, le décor scientifique me semble solidement étayé (enfin je n'y connais pas grand chose non plus) Mais je suis un tout petit peu sur ma faim car à mon avis il y a matière à beaucoup plus . Au final je pense que l'auteur tient là un excellent scénario pour un roman et que les pistes qu'il nous laisse tout au long du récit formeraient quelque chose de bien construit.

Xrys

   Anonyme   
1/5/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Au fil de la lecture :
“Dans un petit craquement jouissif” : Ah ! Que j'aime ce petit craquement.
“de blondes Californiennes aux seins orgueilleux »  oui ! Mais siliconés (avec ou sans nano particules ?). Finalement ; des nano nanas !
« jeune mâle chef de meute, statut auquel j’aurais tant aimé pouvoir prétendre encore. » des bœufs, chefs de Mheu...tes.
« J’étais encore, pour certains, le découvreur de cette vaste inconnue, l’énergie sombre. » : j'aime comprendre aussi, incorrigible curieux, je ne puis m 'empêcher d'expliquer (maladie compulsive) :
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_sombre (sauf le commentaire débile).
En cosmologie, l'énergie sombre, ou énergie noire (dark energy en anglais) est une forme d'énergie inconnue en laboratoire emplissant tout l'Univers et dotée d'une pression négative, qui la fait se comporter comme une force gravitationnelle répulsive. L'énergie sombre est indirectement mise en évidence par diverses observations astrophysiques, notamment l'accélération de l'expansion de l'univers.
L'énergie sombre est, en termes de densité d'énergie, la composante majeure de l'univers. Elle représente 65% à 80% de la densité d'énergie totale de l'univers (72 % d'après le site de la NASA). En 2010, sa nature reste un mystère. Le terme d'énergie sombre est un terme générique qui englobe tout phénomène physique imitant une forme d'énergie à pression suffisamment négative.
L'énergie sombre (à ne pas confondre, comme c'est souvent le cas, avec la matière sombre) est une notion directement reliée à la constante cosmologique Λ. Cette dernière apparaît dans le second membre de l'équation d'Einstein « modifiée » : Gαβ = 8πTαβ + Λgαβ (qu'est-ce que c'est bon une bonne équation !)

«Aie un peu de compassion pour moi. » je déteste le mot compassion connoté curés et compagnie... et tellement état(s)-unien(s) (américain si vous préférez).
« Je ne croyais plus. » : un scientifique ne doit pas croire mais démontrer ?
Paf ! Ex abrupto : « Les congrès de Joan prenaient de l’ampleur avec ses nouvelles fonctions. » : on y est préparé. Ça arrive comme une c.....e dans le potage. J'ai perdu le Phil. Suis un peu perdu : Sean, Joan, Phil, Carrel...
Hop, j'ai raccroché les wagons.
« Le téléphone s’agita à nouveau. » : ça m'a toujours amusé cette personnification. Il y en a même qui regardent dans leur sac pour s'assurer qu'il respire encore... En plus, au cas où, ils le portent à l'oreille.
Tiens, un John ? « John garda la maison ». Qui c'est ?
« Elle tourna les talons, sa robe, un petit truc bleu vaporeux, virevolta autour de ses jambes alors que déjà elle s’installait au volant. » : tous les mêmes, mais elles aiment ? Non ?
« malgré les petites trahisons et autres vilenies que nous avions convenu, tacitement, d’ignorer. » : les virgules semblent infirmer le propos.
« le nourrissant de restes de hamburgers » : un vrai, un américain en somme.
« que leurs enfants collent au rêve américain. » : éclat de rire tonitruant !
« Bach. J’allais chercher dans ma collection de vinyles les Partitas interprétées par Glenn Gould. Toccata, Partita numéro six. » : Ah ! Enfin, un geste civilisé.
« Peut-être, peut-être pas. Tu peux aussi considérer que tu étais là avant, que depuis six ans je te trompe avec mon mari… » : l'art et la manière de s'éveiller à la science.
Merci pour cette excellente nouvelle.

   marogne   
2/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Deux sentiments complètement différents à la lecture de cette nouvelle. D'abord un vrai plaisir gourmand dans la première partie, tous ses bouts de vie qui permettent de cerner l'état d'esprit du héros, on a l'impression de le connaître très vite, et de pouvoir visualiser son cadre de vie. Sa dépression, tout à fait crédible, son renoncement à se battre, le doute peut être en filigrane, , et- s'il s'était trompé toute sa vie?

Puis la scène de la coucherie et le réveil du génie. Là je n'ai plus suivi. Oui, on peut sans doute analyser comme l'a fait maitre W, mais non, trop vite pour moi, trop ... trop en décalage avec le reste de la nouvelle, avec son esprit clair, sa beauté dépouillée, comme un rire de Bukowsky qui s'immiscerait dans un manga de Taneguchi.

L'écriture est maîtrisée de manière admirable, adaptée à chaque situation, chaque moment de l'évolution émotionnelle, sauf peut-être à la fin (mais là je ne suis pas objectif).

   Farfalino   
4/5/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Si le style est impeccable (à mes pauvres yeux), comme certains, j'ai un peu de mal avec la construction et on peut dire que je me suis un peu ennuyé.

La première partie fait 1/4 du texte, c'est un peu long pour poser un simple postulat : un scientifique est en panne. On sent tout de suite la dépression c'est très bien exprimé à travers de petites touches.

Après on glisse dans une histoire romantique, un peu à la "Harlequin", un scénario de téléfilm d'après-midi. Si l'ambiance est bien décrite, je n'ai pas super été emballé.

Une beuverie, une coucherie avec une copine d'enfance, et hop, le cerveau du génie se remet en route. oui pourquoi pas...

Ca manque de piment, je trouve.

   jaimme   
11/5/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un défaut majeur dans cette nouvelle, je vais en parler.
Mais au final un ressenti particulièrement fort. Combien de fois ai-je écrit dans un commentaire que le personnage principal manquait d'épaisseur, d'individualité? Mais pas cette fois, non! Le fait est presque anodin, l'histoire est celle qui fait de l'homme un homme: l'amour comme seul moteur de la vie. Mais on compatit, on espère, on vit avec cet homme. Réussi!
Le défaut? ...on sent beaucoup trop que c'est une femme qui a écrit. Désolé Perle, mais... ben oui, t'es une femme quoi: "suçotait le goulot", non, un homme ne fait pas ça, du moins il ne le penserait pas; un "regard azur" pour décrire un autre homme non plus, et la description des odeurs, la façon de faire la cuisine, et plein d'autres détails. Ce n'est pas le faire, mais le dire qui cloche. J'ai été arrêté très souvent par cet aspect, mais, franchement cette nouvelle est un régal de lecture, malgré tout. Donc, bravo!
Ah oui, détail TRES important: on ne gobe pas une cacahuète (pas "cacahouète", pff!), sinon elle n'a aucun goût, c'est du gâchis et en plus on risque de s'étrangler!
Merci Perle!

jaimme

   Myriam   
11/5/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une très belle écriture, légère, fluide et pleine à la fois, qui m'a emportée malgré le thème de la première partie: je suis hermétique à la science, mais comment ne pas se laisser séduire par des phrases comme: " L’univers était en constante expansion, mais m’avait laissé sur la route, perplexe, impuissant, immobile. " ou "l’univers me tendait les bras et me chuchotait ses secrets à l’oreille."...

J'ai aimé ensuite la façon dont on glisse vers l'intime et l'amoureux, la confusion des sentiments, et enfin, l'entrelacement des deux thèmes.

Et puis ce pélican, tel l'albatros de Baudelaire, déployant ses ailes de géant dans une envolée finale qui suspend le temps... juste avant la renaissance.

Merci de cette belle lecture!

   AhmedElMarsao   
11/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Les forces et les faiblesses de cette nouvelle ont été exprimées et bien détaillées dans les commentaires qui ont précédé. Donc je ne vais pas m'attarder sur cet aspect que je partage grosso modo: une nouvelle assez réussie dans l'ensemble quoique de nombreux personnage sur lesquels le lecteur que je suis a trébuché et qui ont été malheureusement laissés en plan.
Je note quelques grains de sables :
* Plutôt qu’ « une conférence sur l’avancée du projet », j’aurais personnellement écrit « … sur l’avancement du projet »
* « Un rayon darda à travers la couche nuageuse, révélant un bref instant les innombrables particules d’or de l’atmosphère. » Je pense que le verbe « darder » ne s’emploie que transitivement.
* « Je me mordis la joue. » geste de contorsionniste ? La lèvre, à la rigueur…
* « Je suis super en retard… » ?
* Des virgules là où il fallait des points et inversement.
* « maintenir un détachement neutre » : pléonasme puisque les trois vocables « détachement », « neutralité » et « impassibilité » sont presque porteurs du même sens.

   Mellipheme   
13/5/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Cette histoire de chercheur au point mort dans sa vie professionnelle comme dans sa vie amoureuse pourrait donner matière à une nouvelle, mais j'ai trouvé le style trop relâché.

D'un coté, l'histoire n'est pas assez originale pour susciter l'adhésion du lecteur. Et d'un autre coté, le style "naturaliste" ne serait bienvenu que si l'histoire était franchement percutante.

Je suis resté un peu "sur ma faim".

   Anonyme   
21/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour. (:

D'abord, je suis, moi aussi, "totalement hermétique à la science", comme on l'a si bien dit dans un précédent commentaire. J'ai donc eu un peu peur quand j'ai compris que ce serait le thème du texte, et j'ai bien failli le lâcher en cours de route.

Cependant, le style m'a retenu. Certains ont trouvé que c'était une écriture "trop relâchée", moi, cela ne m'a aucunement gênée, bien au contraire. j'ai trouvé que l'histoire de ce chercheur était écrite dans un style très humain, sans vulgarités.

Un passage m'a dérangée :
"- Je sais, j’étais stupide. On est romantique à seize ans, c’est dans l’ordre des choses, mais quand on l’est toujours autant à vingt-cinq ans, cela frise le ridicule. Ne dis rien, laisse-moi m’expliquer. Tu t’es marié, Joan était celle que tu avais choisie. J’ai tourné la page, inutile de t’apitoyer sur mon sort. Matt est arrivé, et je l’aime, quoique tu en penses. Jamais je n’aurais tenté quelque chose envers toi. Jamais. Mais ce soir, tu étais si désespéré, si désemparé… C’est bien. Je t’aime aussi, à ma façon. Nous avons clos ce chapitre, voilà tout."

Je ne saurais expliquer pourquoi, mais je trouve que ce passage est trop rapide. Il me laisse une impression d'inachèvement, qui m'empêche de le trouver crédible.

Pour finir, j'ai adoré le titre de la nouvelle, ainsi qu'Anatole. Je regrette un peu qu'il n'ait pas été plus présent.

Bonne continuation, et merci pour cette agréable lecture. (:

   monlokiana   
5/9/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Hum…le deuxième texte de l’auteur que je lis. J’avoue avoir beaucoup aimé La Rage.
J’aime l’écriture fluide et rythmé de perle. La nouvelle se laisse lire sans difficulté. 26982 caractères ont défilé, je n’ai pas senti la longueur de ce texte.
J’ai bien aimé cette histoire. Le titre est attrayant, donne envie de lire. Disons que la première phrase du texte m’a donné envie de continuer.
« Edward Carell me donne des envies de meurtres ».
Au début, je ne m’attendais pas à une histoire d’amour ou d’infidélité ou de jalousie. J’attendais plutôt une histoire de concurrence entre deux hommes qui font le même boulot. Disons que le début est totalement différent de la suite du texte.
Et quand son collègue lui dit qu’il va organiser la réunion et qu’il l’appellera demain, je m’attendais, par la suite, à lire une conférence entre deux hommes qui ne s’aiment pas du tout et que la discussion tourne au vinaigre. Mais voir Litzy et ses enfants débarquer dans la nouvelle me surprend énormément…
J’ai beaucoup aimé l’histoire de ces deux personnes infidèles qui s’aiment. La jalousie est très bien dépeinte (j’adore les nouvelles où l’on parle de jalousie, sans doute est-ce un sentiment pathétique ou même ridicule.) Donc, j’ai trouvé que le personnage de Sean était bien décrit, bien installé dans la nouvelle, je me suis bien imaginée cet homme, son caractère, ses émotions…
Toutefois, je regrette que le début ne soit pas développé. J’aurai aimé en savoir plus sur la relation Sean/Edward. Il est vrai que Perle explique ce qui se passe entre eux, leurs différends et tout…mais j’aurais vraiment aimé que cette conférence ait lieu.
Donc, le gros point noir de la nouvelle, c’est peut-être la présence de personnages secondaires mais Importants auxquelles l’auteur aurait dû accorder plus de temps. La femme de Sean m’importe, le mari de Litzy m’importe, la conférence avec Edward m’importe, le pélican même m’importe (je trouve qu’il a était effleuré dans la nouvelle même s’il clôt magnifiquement la nouvelle).
Bref, c’est une histoire agréable, touchante, magnifique même. Mais quelques retouches tout simplement et elle sera PARFAITE. Même s’il est difficile d’atteindre la perfection.
Mais à part ça, j’ai trouvé l’histoire fort emballante, tant dans l’intrigue que dans les personnages actifs.
Merci à Perle, j’ai passé un bon moment de lecture. Et oops, j’allais oublier : J’Adore le TITRE !
Monlo.

Edit: j'irai bien lire une autre nouvelle de Perle, hum

   brabant   
6/9/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir Perle,

Bon voilà, j'ai apprécié ce texte parce que je n'aime pas les pélicans. Sauf en bouteille. Si le héros boit des bières Corona, il y a par chez moi une bière dite du Pélican, avec une couleur de bière, pas de thé comme les bières mexicaines. lol. Bien, il faut lire ici "pélican = héros", maladroit et laid sur le sol il devient souple et beau dans les cieux. Et symbolise la rédemption d'un héros/anti-héros, rasséréné et régénéré, apte donc à redevenir le héros qu'il était au début.

Pourquoi avoir choisi cet oiseau trop marqué littérairement ? Symbolique en fait de l'amour maternel, ses petits plongeant leur bec dans sa gorge ensanglantée pour se sustenter de ses entrailles ainsi que l'a chanté le poète. Plus scientifiquement il régurgite.

On peut y voir aussi un parallèle avec l'albatros, maladroit sur la terre, élégant dans les airs. Mais le héros de ce récit n'est pas un poète. Et il ne semble pas qu'il ait vraiment une âme, à livrer ou pas. Et l'albatros est blanc.

Enfin le pélican, qui a une image sympathique, est un oiseau cruel : je l'ai vu vu gober un malheureux pigeon qui picorait à portée de son immense bec. Mieux vaut donc ne pas trop en approcher les bébés (lol)

Je pense sincèrement qu'il faut changer d'oiseau. Qui connaît un bel oiseau brun qui pourrait symboliser... Quoi ?... en fait... Le retour sur terre pour mieux repartir dans les étoiles après avoir été un peu fou fou ? ça doit exister... Est-ce brun un fou de Bassan ? Je ne crois pas. Mais on n'est pas en Bretagne...

Je ne vois pas bien ce "brun" dans ce texte. Pour la rédemption, l'amour, la raison... la couleur blanche est de mise.


Les intrigues amoureuses... Passé trois protagonistes, je m'y perds. Alors ici c'est trop compliqué pour moi. Le héros/anti-héros, marié, est amoureux d'une autre femme mariée mère de deux enfants aimant du héros lui-même. Cela me semble matériellement et psychologiquement très compliqué. Ceci peut être posé dans un roman, dans une nouvelle cela me semble trop court pour bien délimiter la/les situation/s et les caractères.



Reste l'écriture, la merveilleuse écriture de Perle qui est un régal. Et là je dis bravo, rien que pour cela je suis content d'être passé. Je n'aime pas les histoires de cocu, je n'aime pas les histoires de jaloux, cela fait "Nous Deux", cela fait midinette, cela fait magazine féminin. Mais, rien que pour le style de Perle je suis prêt à passer au-dessus de tout cela, et être bercé par ses mots me fait alors voir... des trilliards de trilliards d'étoiles !



A bientôt dans ce cas, sur un autre thème je l'espère, mais je suis, envers et contre tout et malgré tout, à l'avance et quoiqu'il arrive, conquis !


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