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Humour/Détente
Perle-Hingaud : Nouvelles fraîches
 Publié le 08/08/10  -  28 commentaires  -  22035 caractères  -  473 lectures    Autres textes du même auteur

Comédie légère, à parcourir dans le hamac sous l’acacia.


Nouvelles fraîches


- Je vous le jure, Monsieur le Président, je n’avais aucune intention de nuire...


Le magistrat retira ses lunettes. La jeune femme se mordait les lèvres, les yeux rouges.


- Enfin, Mademoiselle Baconin, arrêtez de jurer à tout bout de champ et calmez-vous !


Devant l’inefficacité flagrante de ses paroles, le président du tribunal soupira, impatient. Encore trois affaires à traiter ce matin, alors perdre son temps sur cette histoire abracadabrante...


Le juge détailla sans complaisance la silhouette plus maigre que mince, le visage d’une banalité anonyme, la platitude triste d’un décolleté qu’un top rose tentait vainement d’égayer.


- Mademoiselle, veuillez vous asseoir. Maître Paulin va nous résumer les faits, avec brio et concision, n’est-ce pas, Maître ?


Le jeune avocat se leva :


- Merci, Monsieur le Président. Comme vous le soulignez, un petit historique s’impose pour bien comprendre le rôle de mademoiselle Baconin... Mais peut-être n’y a-t-il pas vraiment de début à cette histoire. Peut-être mademoiselle Baconin baigne-t-elle depuis toujours dans cette excentricité, cette illusion d’une réalité différente ? Comment savoir ?


Assise bien droite face à l’avocat, la jeune femme fixait la manche noire virevoltante. Elle essayait de suivre le discours, attentive, mais rien à faire. Un scintillement au poignet de l’homme de loi lui tirait l’œil. Le bouton de manchette du juriste brillait dans le soleil du matin, telle une mouche verte affolée contre les carreaux de la cuisine. Fabienne soupira, perdit le fil, songea à sa maison, à sa grand-mère, à cette malheureuse affaire…


La jeune femme vivait alors seule depuis six ans. Enfin, pas tout à fait seule. Sa grand-mère veillait sur elle, confortablement installée dans son urne, sur le buffet de la salle à manger. La mort était une compagne bien apprivoisée, tant l’aïeule et sa petite fille l’avaient évoquée, mastiquée, digérée depuis le décès prématuré des parents, malencontreusement écrasés sous une moissonneuse-batteuse un triste jour d’été. Nul n’avait jugé nécessaire d’expliquer à l’enfant pourquoi des adultes avaient eu l’idée saugrenue de se rouler dans le foin, en toute discrétion, par un chaud après-midi de juillet, perdant raison au point de se laisser surprendre par le monstre d’acier. Fabienne en avait cependant gardé une méfiance bien compréhensible pour les travaux de plein air et s’était tournée vers des études plus confinées. Après toute une jeunesse passée à Bléré, quatre mille neuf cent dix habitants, vingt-sept kilomètres de Tours, des études sans gloire et un diplôme de secrétariat certes reconnu d’État, que pouvait-elle espérer ?


À quatre-vingt-trois ans, Mémée Jacqueline « se faisait bien du mauvais sang ». Sa douce Fabienne, la pauvre enfant, semblait si peu armée pour le monde… Gentille, oui, honnête, sans aucun doute, mais pas vraiment le genre de fille sur qui les hommes se précipitent. Aucun argument à mettre en valeur. Plate, quoi. Et, comble de malchance, elle avait hérité des dents de Lucien. Avec ça, toujours dans la lune, à vous fixer, tranquille comme Baptiste…


Sentant ses forces décliner et sa petite-fille bien loin d’être mariée, la vieille dame en appela à Léon Rivier, son premier amoureux, désormais patron du journal local. Un petit poste dans ce quotidien, voilà qui serait idéal pour sa Fabienne, de quoi demeurer seule décemment, avant – l’espoir fait vivre – de rencontrer un bon garçon qui ne se formaliserait pas de ses étourderies et saurait se satisfaire de sa beauté intérieure. Mémée pourrait partir, presque tranquille.


Ainsi Fabienne arriva-t-elle discrètement au sein du service administratif des Nouvelles Libres de la République. Une vie de gratte-papier l’attendait, mais elle n’en avait cure : sa chambre plongée dans la pénombre, le monde se résumait pour elle au halo d’un écran : l’ordinateur, Internet et ses merveilles. Nourrie de ces échappées protégées, Fabienne laissa les années couler sur elle sans effort. Le monde extérieur n’était là que pour alimenter une ligne sur son relevé de compte, un salaire.


Dès lors, saison après saison, Fabienne s’ennuya au bureau, mais avec conscience professionnelle. Elle végétait, mais repoussait ses RTT de peur de prendre du retard dans son travail. Et si Pierre, le fils Rivier, lui faisait de l’effet, elle savait n’avoir aucune chance face au décolleté vertigineux de cette petite intrigante de Virginie. Non, sa vie, sa vraie vie, n’existait que dans son ordinateur portable. Les heures défilaient, inutiles. Oui, mais dans ses fichiers, les histoires folles et débridées s’accumulaient. Les trecks en Mésopotamie, elle connaissait. L’infiltration des Tamouls, elle maîtrisait. L’art du pilotage d’un Boeing 747 en perdition n’avait plus de secret pour elle. Tour à tour homme ténébreux, petit vandale ou tueuse lesbienne, ses multiples héros la comblaient. Le nez collé à l’écran, Fabienne sentait son souffle s’accélérer, son esprit courir plus vite que ses doigts, ce n’était plus un écran blanc qu’elle contemplait mais l’océan Indien, l’immensité désertique de l’Annapurna, les tons chatoyants de la forêt à l’automne alors que le vicomte de Martiges séduisait l’Infante... Et si l’infâme James Bond’s girl prenait les traits de Virginie, ce n’était certes pas une coïncidence : la sale petite arriviste périssait généralement dans d’atroces souffrances alors que l’agent secret, alias Pierre R., retrouvait sa femme Fabby si modeste et si douce dans leur château écossais – parfois, selon l’humeur de l’auteur et la journée passée, l’odieuse Virginie survivait, défigurée, ruinée, réduite à une vie de religieuse carmélite.


Les années auraient pu s’écouler ainsi, été après été, mais un fonds de placement saoudien en décida autrement. Le rachat du quotidien par un investisseur francophile et les restructurations qui s’en suivirent atteignirent, dans un phénomène d’ondes concentriques, la vie de Fabienne. Convoquée dans le bureau du nouveau patron, la jeune femme fut déclarée apte à entrer dans la lumière et propulsée, à son corps défendant, dans une vie d’aventures en tant que rédactrice de la rubrique des avis nécrologiques d’Indre et Loire.


Ses premiers articles furent un simple copié-collé de ceux de son prédécesseur, puisqu’en définitive, un mort suit toujours peu ou prou le même chemin : vie admirable, regrets de tous, cérémonie et remerciements. La précision acquise dans son précédent poste la servit : nulle erreur relevée, bonne orthographe, style correct. Sans être reconnue comme journaliste à part entière, Fabienne s’installa bientôt dans un statut mineur mais indispensable. La jeune femme exerça consciencieusement son nouveau métier et classa les décès sans plus d’état d’âme que ses précédents dossiers d’archives. Les morts n’étaient qu’une ligne sur un état civil, une suite de renseignements techniques, une information tassée sous les colonnes des petites annonces, deux rubriques tout aussi éphémères mais pourtant essentielles à la vie du canton.


Et puis, ce lundi de mars 2009, ce fut le déclic : Blandine, la doyenne du département et ancienne résistante renommée, décéda. Enfin une héroïne, une vraie ! Fabienne comprit subitement qu’elle s’était trompée : oui, la vraie vie existait, aussi belle que ses rêves. Oui, les héros étaient parmi nous, il suffisait de les discerner. Ce décès fut le révélateur de la nouvelle Fabienne, la Fabienne enflammée qui, loin de se satisfaire des informations communiquées à la va-vite par l’institution de retraite ou par un fils dépassé, s’appliquerait à découvrir elle-même la vie de ses défunts.


Ainsi, dès qu’elle prit connaissance de la disparition de la vieille dame, la journaliste saisit son sac et annonça à son supérieur avec un aplomb qui l’étonna elle-même :


- Je pars, Chef. J’ai besoin du terrain pour rapporter un bon papier !


Dédaignant l’hôpital et ses informations techniques, Fabienne préféra retrouver l’âme de l’aïeule chez elle, dans le village reculé qu’elle habitait depuis toujours. La jeune femme chercha un peu sur sa carte (le GPS lui était encore étranger), et gara enfin sa Twingo devant une maison banale, grise, au portail déglingué. Fabienne descendit de voiture. Un rideau bougea dans la maison d’à côté. Elle était observée, bien sûr. Elle claqua la portière, avança, sûre d’elle, et sonna. Le rideau frémit, puis, plus rien. Fabienne recula et sourit largement en carillonnant de nouveau. Enfin, la porte d’entrée s’entrouvrit et une vieille dame en tablier sortit de la pénombre :


- Qu’est-ce que vous voulez ?


Adoptant l’attitude des héros de feuilletons américains, la journaliste brandit sa carte professionnelle et cria du portail :


- Bonjour ! Je suis Fabienne Baconin, des Nouvelles Libres de la République. Je viens écrire un article sur votre voisine, Blandine Choiseul. Regardez, j’ai ma carte du journal !

- Ah ! Bon, alors...


La vieille femme lui tourna le dos et rentra chez elle sans plus d’explications. Décontenancée, Fabienne hésitait, le doigt sur la sonnette, lorsque la porte se rouvrit. La voisine avança, engoncée dans une polaire rouge curieusement anachronique.


- Vous voulez voir chez elle ?

- Heu... Oui, avec plaisir !

- C’est moi qui m’en occupais, de la Blandine, alors j’ai toujours la clé. Ses enfants y vont vendre, c’est sûr, mais là, y a encore ses affaires.

- Vous croyez qu’on peut entrer ?

- Bah... Y a rien à voler, et puis, un article dans le journal, ça se refuse pas, hein ?


Les deux femmes firent crisser le gravier, marquèrent un arrêt muet sur le seuil et entrèrent sans bruit, respectueuses du silence ambiant. Dans le salon, la voisine entrebâilla un volet. Fabienne était aux anges : elle s’imprégnait de l’atmosphère, des meubles, de l’odeur. Tout l’inspirait, ici. Et quand la vieille dame ouvrit un tiroir pour en sortir photos passées et articles jaunis, Fabienne frémit de joie. Elle se plongea avec délice dans la mémoire de l’Histoire, dans les faits et actes de cette héroïne des années sombres. Ce n’était pas une simple nécro qu’elle livrerait ce soir. Non, c’était une vie, un roman, un hommage enflammé rendu en quelques lignes choisies à cette jeune guerrière indomptable. Les yeux brillants d’excitation, la journaliste remercia abondamment la vieille femme assise auprès d’elle à la table recouverte d’une toile cirée. Elle s’imprégna encore de quelques photos, prit note des dates et lieux et se leva à regret.


- Merci encore, Madame. Je crois que j’ai tout ce qu’il me faut.

- Bon alors... Dites, vous pourrez me citer, dans le journal ? Après tout, je venais tous les jours...


Fabienne sourit, absente, et copia le nom de sa bienfaitrice. Celle-ci n’existait déjà plus pour elle.


La jeune femme revint au journal, la tête pleine de mots. À peine arrivée, ses doigts voletèrent sur le clavier, et le récit flamboyant d’une attaque contre la Gestapo prit corps et réalité. Présentée entre les dates de naissance, de remise de médailles et autres faits avérés, l’aventure imaginée dans la petite maison grise ne pouvait qu’être réelle, après tout.


Personne ne vint contredire les faits d’armes relatés ; ce premier exploit littéraire enhardit notre héroïne. La vie ordinaire des morts du département ne l’indifférait plus, elle s’était découvert une mission, un sacerdoce : magnifier leur existence. Il ne s’agissait pas de raconter n’importe quoi, non, bien sûr, mais de comprendre, de révéler. Tout était dans la subtilité de la présentation, dans les détails à illuminer.


Monsieur Pollard fut son deuxième mort « amélioré ».


Presque rien, juste un soupçon d’imagination et ce machiniste agricole, passionné de tracteurs, devint un collectionneur érudit et admiré. Son service militaire, passé dans un bureau obscur de Yaoundé, fut en fait une mission de chargé spécial auprès du ministre de l’Agriculture camerounaise. Connu et respecté de tous là-bas, son inventivité et ses connaissances techniques permirent la mise au point de machines spécialement adaptées au climat africain. Monsieur Pollard, modeste, n’avait ramené de cette époque glorieuse qu’une photo de lui campé fièrement devant un tracteur, et madame Pollard fut bien ébahie des révélations de cette journaliste : que de talent pour découvrir tant d’informations sur son René à partir d’une photo et de quelques lettres ! Son René, si modeste qu’il avait toujours tu sa célébrité africaine, même à elle, sa femme…


Et le comte Louis de la Choucasserie ! Ce vieux monsieur affable et souriant ne se serait certes pas vexé de se découvrir un ancêtre compagnon de Samuel de Champlain, géographe à la cour du roi Henri IV et fondateur de la ville de Québec. Puisque Google révélait l’existence d’une famille Choucassier dans la capitale de la Nouvelle France, ces braves gens étaient certainement parents du comte Louis... Dans sa nécrologie, Fabienne se laissa emporter par la description de l’accostage du vaisseau, un beau matin de mai 1604, par la rencontre avec les indigènes, par la remontée lente et passionnante du Saint-Laurent, ses arbres majestueux et ses loutres facétieuses...


Hélas, l’article ne devait excéder deux mille cinq cents caractères, espaces compris, et l’on ne pouvait sacrifier les stupides informations habituelles, dates de cérémonie et remerciements de la famille éplorée. Mais cette envolée lyrique n’était pas vaine, puisque Fabienne se plaisait à imaginer les retrouvailles entre cousins, par-delà les siècles et les mers, tout cela grâce à elle.


Arriva le mois d’août, ses départs en vacances et ses tragiques accidents.


Fabienne revenait de quinze jours idylliques à l’hôtel Tramissima L’Éden Bleu à Agadir (huit cent cinquante-sept euros la semaine, boissons comprises). Elle se sentait presque belle, bronzée, le moral boosté par d’innocents marivaudages avec de jeunes Marocains attentifs. Dans sa petite robe jaune trapèze, les lunettes de soleil sur le nez, le monde lui appartenait. Elle poussa joyeusement la porte du journal, prête à s’enquérir des décès du week-end...


Toute la rédaction bruissait, la nouvelle courait dans les couloirs : Henri-Vianney Lebrethon avait disparu en montagne ! L’homme d’affaires bien connu des Tourangeaux, fils du fondateur des usines de plasturgie Loirplast, cinquième employeur du département, spécialiste des techniques de transformation des matières plastiques.... cet homme qui n’avait connu que le succès, ce sportif endurci malgré ses cinquante ans passés, ce perfectionniste toujours à l’affût des nouvelles technologies avait stupidement dévissé lors d’une randonnée alpine et s’était tué à moins d’une heure du refuge. Fabienne en trépignait d’excitation : quelle veine, ce décès ! Bien sûr, fin août, les lecteurs n’étaient pas tous au rendez-vous, mais une mort aussi people, cela promettait une nécro d’au moins dix mille caractères...


La jeune femme négocia âprement sa page dans l’édition du lendemain et s’enfuit à tire-d’aile vers le dernier domicile connu de l’industriel, prête à brosser un portrait inoubliable du disparu. L’homme, célibataire, se partageait entre Paris et Tours, entre le plaisir et les affaires, les sorties et l’usine familiale. Il avait acquis pour ses nuits tourangelles une luxueuse demeure bourgeoise à quelques kilomètres de son entreprise et y vivait seul, du moins à ce que l’on en savait.

Lorsqu’elle arriva au domaine, Fabienne maudit sa précipitation : le portail de fer forgé ouvragé était clos. Le soleil transperçait le feuillage des ormes au pied du mur d’enceinte. Au loin, un tracteur moissonnait, son moteur se fondait dans l’air ambiant et rythmait le chant des étourneaux. Le battement sourd de l’engin agricole fit frémir la jeune femme : funeste présage ? Elle se secoua : non, la moissonneuse-batteuse ne pourrait entraver sa mission ! Rien ne l’arrêterait désormais… Fabienne avisa une caméra discrète, insérée dans un pilier de pierre. Elle sonna. Un grésillement, puis une voix d’homme :


- Oui ?


La maison n’était pas déserte ! C’était son jour de chance !


- Bonjour... Je suis Fabienne Baconin, des Nouvelles Libres de la République.

- Je suis désolé, nous n’avons pas le temps...

- Je comprends, Monsieur, mais c’est pour... pour l’article concernant le décès de monsieur Lebrethon, dans l’édition de demain. Il me faudrait des précisions... Je n’en ai vraiment que pour quelques instants...


Un déclic. Le portail s’ouvrit, laissant entrer en trombe la petite Twingo. Alors que Fabienne se garait devant cette « folie » du temps passé, blanche et irréprochable, un homme vint à sa rencontre.


- Bonjour, Mademoiselle. Je suis Simon Lebrethon, le frère d’Henri-Vianney. Navré, mais je n’ai que très peu de temps à vous accorder...


La jeune femme pénétra à sa suite dans le vaste vestibule, puis dans un bureau couvert de boiseries. La pièce était sombre, dominée par une large bibliothèque surchargée d’ouvrages et de statuettes. Au mur, des affiches de tauromachie, annonçant spectacles et ferias. Sur le bureau Empire, le bronze d’une Gitane saisie dans une envolée de flamenco. Fabienne annota une petite case de son imagination : « adorait l’Espagne, la tauromachie ». Puis l’interview débuta. Difficile de sortir des sentiers battus avec ce frère rationnel et sérieux au possible. Après énumération de dates et performances scolaires diverses, Fabienne apprit que l’industriel n’avait jamais été marié, qu’il laissait ses parents, son frère et ses trois neveux dans le plus grand désespoir. Par chance dans ce malheur, Simon connaissait bien l’entreprise, il reprendrait sans délai les rênes de la direction, la succession ne poserait aucun problème. Fabienne voyait déjà l’entretien se terminer et paniquait devant le peu d’indices sur la « vraie » vie de son personnage.


- Heu... Je m’excuse de vous demander cela... mais... me serait-il possible, compte tenu de l’heure du bouclage, de composer ici mon article pour l’envoyer par mail à la rédaction... Vous devez bien avoir une liaison ADSL sur laquelle je puisse me brancher ?


L’homme eut l’air étonné, mais son portable sonna avant qu’il ne puisse refuser. Alors qu’il sortait pour répondre, Fabienne ouvrit son ordinateur et se connecta au réseau. Miracle ! Ça fonctionnait !


Elle s’assit au bureau et commença à pianoter. Son air sérieux décontenança le frère de l’industriel lorsqu’il revint :


- Écoutez, commença-t-il...


Fabienne leva à peine les yeux, frappant sur son clavier de plus belle :


- J’en ai pour un quart d’heure au plus.

- Bon, capitula l’homme, je reviens dans dix minutes !


Dès que la porte se referma, Fabienne tendit la main vers les tiroirs du vieux meuble. Des lettres. Des crayons. Une calculette. Tout le fatras que l’on entasse sans y penser... La journaliste ouvrit les enveloppes furtivement. Le courrier professionnel ne l’intéressait pas, mais elle s’attarda sur plusieurs missives du maire qui se plaignait d’un camp de Gitans installé sur un des terrains de l’industriel. Henri-Vianney les hébergeait contre l’avis communal... Au fond du tiroir, quelques photos : des hommes basanés, au regard dur. Le visage d’une femme, à la beauté sauvage, yeux noirs et fiévreux, lèvres pulpeuses entrouvertes : une Gitane dans toute sa plénitude. Soudain, un bruit de pas. Fabienne referma vivement le tiroir et fit mine de sauvegarder son texte.


- C’est bon, vous avez terminé ? demanda Simon.

- Oui. Merci pour tout.


La jeune femme prit congé, satisfaite. Ce papier serait son chef-d’œuvre...



***



La voix de l’avocat de la partie civile s’enfla brusquement et tira Fabienne de sa torpeur :


- Voilà, Monsieur le Président, comment cette jeune femme, indigne du titre de journaliste, a, par une succession d’insinuations démentielles, entraîné monsieur Joao Rimérez à inventer cette escroquerie à l’héritage. Si mademoiselle Baconin s’était abstenue de délirer, de divaguer dans sa rubrique sur la prétendue « passion » de monsieur Lebrethon pour une Gitane campant illégalement sur ses terrains, monsieur Rimérez n’aurait sans doute pas eu l’idée de ce faux document de paternité, reconnaissant le fils de sa sœur Maria comme l’enfant biologique d’Henri-Vianney Lebrethon. Peut-on imaginer la détresse de la famille Lebrethon, à peine remise du désespoir, de la désolation du deuil, contrainte à autoriser des tests ADN sur le corps de leur enfant, de leur frère, de leur oncle, afin de prouver la stupidité de cette tentative d’escroquerie ? Oui, Monsieur le Président, quand bien même Fabienne Baconin serait ignorante de l’usage maléfique de ses supputations délirantes, quand bien même n’aurait-elle agi que sur une impulsion onirique et hormonale, je demande que la cour soit d’une fermeté exemplaire à l’encontre de cette personne qui fait honte au métier de journaliste.


L’avocat se rassit sobrement, signant la déconfiture définitive de Fabienne, dont le renvoi du journal n’avait été que la première étape d’un chemin de croix post-romanesque.


La jeune femme, cependant, ne lui en voulut pas longtemps. L’équipe de France de football avait été éliminée au premier tour de la Coupe du monde, la bourse était stable et le ciel clément. Les journaux télévisés manquaient de titres : le procès d’un petit scandale campagnard ferait l’affaire. Fabienne connut la célébrité rapide et facile des médias, elle fut invitée sur les plateaux de Ruquier et d’Ardisson. En quinze jours frénétiques elle rédigea une biographie (romancée) de sa vie au service de la nécrologie, donnée pour le best-seller de la rentrée littéraire. Son éditeur, réaliste, la poussa entre les mains de chirurgiens plastiques brushingués, de dentistes magiciens, de coiffeurs compréhensifs. La vie de Fabienne prit alors un tour joyeux, voire coquin, tant et si bien que Mémée Jacqueline, dont l’urne trônait à présent sur une desserte du nouveau loft parisien, décida, avec un petit soupir, de rester encore un peu pour veiller sur sa petite rêveuse.



 
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   silene   
28/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Pour mon goût, délicieux. J'aime tout, la cursivité de la plume et sa vivacité, les tiroirs qui s'ouvrent au fur et à mesure de l'avancée du conte, un certain ton que je ne peux m'empêcher de rapprocher d'un certain Arouet, dont la rubrique nécrologique aurait certes donné des ailes à votre héroïne, et qui illustre pour moi une manière d'écrire éminemment française.
Si je devais formuler quelques critiques, elles ne concerneraient que des détails tellement mineurs qu'ils n'ont guère d'importance, pourquoi folie entre guillemets ? Si vos lecteurs sont interloqués, les dictionnaires existent. Je trouve un peu dommage aussi de situer temporellement votre conte, avec les mentions des histrions médiatiques : dans 30 ans, nul ne saura qui ils étaient.
Cela dit, bravo, je me suis régalé.

   jaimme   
8/8/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Lecture très sympa. Le style s'améliore nettement après le premier quart (à la louche). C'est enlevé et même crédible (malheureusement...). Une lecture bien agréable. Le fond est servi par une forme de qualité.
Un conseil: allez, encore un peu plus de délire vers la fin.
merci!

   Selenim   
31/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une vraie réussite !

Les aventures de Fabienne, aussi légères soient-elles, sont savoureuses et constellées de ces petits riens qui font la différence. Ca donne une identité au texte, une épaisseur.
J’aime ces textes pudiques qui affichent une apparente simplicité avec une certaine causticité en filigrane. L’art du second degré, du sous-entendu est bien maitrisé dans ce récit.


Le personnage de Fabienne est passionnant à voir évoluer. Comment cette femme recroquevillée en arrive à projeter ses propres frustrations dans la nécrologie d’autrui. Quand la chrysalide révèle le nouveau papillon, ses ailes sont d’autant plus éclatantes et fascinantes qu’elles sont éphémères.


J’ai bien aimé ces allusions à l’internet, au monde virtuel en général. Fabienne y pioche sans vergogne ces infos wikipédiesque sans se soucier de leur légitimité. La presse actuelle se dirige doucement vers cette course à l’exclusivité délaissant peu à peu les mamelles du journalisme : vérification de l’info et confrontation des sources.


L’humour est omniprésent. Tour à tour léger, cynique, lyrique, il zigzague sans jamais lasser le lecteur. J’aime cette façon presque mélancolique de construire les phrases, de parler de choses simples avec affection.

Les personnages, les événements, les lieux, sont justes teintés de cette pointe de folie qui fait glisser le texte de la chronique réaliste au récit humoristique. Même si les situations sont cocasses, elles gardent ce fond d’authenticité qui les garde ancrées dans la réalité. Cette subtilité évite à tout moment l’écueil de la caricature.


Sur l’écriture, un modèle du genre. Les phrases sont équilibrées, dynamiques et légères. Je ne me suis pas ennuyé une seconde. Si j’avais des reproches à faire, je pointerais une ponctuation parfois excentrique et chargée, et une propension à vouloir multiplier un effet comique en surchargeant certaines phrases. Je donne quelques exemples pour être mieux compris :

Le rachat du quotidien par un investisseur francophile et les restructurations qui s’en suivirent atteignirent, dans un phénomène d’ondes concentriques, la vie de Fabienne. Convoquée dans le bureau du nouveau patron, la jeune femme fut déclarée apte à entrer dans la lumière et propulsée, à son corps défendant, dans une vie d’aventures en tant que rédactrice de la rubrique des avis nécrologiques d’Indre et Loire.
Ici, ces deux exemples alourdissent plus qu’ils n’amusent.


La chute en demi-teinte est malgré tout bien amenée et révélatrice de notre société. Même si le trait est un brin forcé, il s’inscrit dans la continuité de la nouvelle.

Pour le titre, assez moyen quand même, il mériterait quelques attentions supplémentaires.


Pour conclure, bravo à l’auteur pour cette réussite. Non, ce n’est pas un texte où on ri. C’est bien plus subtil.

   Marite   
31/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Effectivement, détente et humour, bien dosé et en plus très bien écrit. Merci à l'auteur pour cette pause...

   brabant   
14/8/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Perle-Hingaud,

Prodigieux !
prodigieusement divertissant, décalé !
Cela ressemble à l'un de ces récits des conteurs du Midi, une pagnolade, une giononesque, une ayménosque sans l' "assent" (c'eût été bien !) mais il y a un accent qui résonne dans ma tête, comme une chanson qui entraîne, au fur et à mesure de ma lecture.

Et je n'ai qu'une crainte, c'est que cela s'arrête: Blandine (Sainte ?), Pollard (rime avec "mollard" ! Oh !), Louis de la Choucasserie (choucas chouan de la chicane ?).

Je devine que cela va s'arrêter avec Henri-Vianney Lebrethon (un homme "Auguste" certes !) et je me dis: Oh ! S'il te plaît, Perle, encore un, invente-moi, je ne sais pas moi, un Lazare de Béthanie... Je ne veux pas que cela s'arrête.


La nouvelle est impitoyable, qui a ses règles et sa chute, voilà Fabienne qui m'échappe sous l'oeil attendri de sa grand-mère...

Fabienne ! Reviens !...

Reviendra-t-elle ? Doyle a bien ressuscité Sherlock...


Jubilatoire !

   Corbac   
8/8/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une histoire simple, bien écrite, racontant les frasques d’une femme trop rêveuse pour son propre bien.

Je dois avouer avoir commencé ce texte avec une légère appréhension. Je ne connaissais pas cet auteur et le début, l’entrée en scène dans un tribunal, est loin d’être original. Comme quoi il ne faut pas toujours se fier à sa première impression, car j’ai adoré la suite.

D’ordinaire, j’essais toujours de montrer du doigt un ou deux points négatifs, même s’ils sont minimes, afin d’aider l’auteur à progresser. Ici, néanmoins, je n’en vois aucun. Même la chute est délirante à souhaits.

Je me contenterais donc de remercier l’auteur pour m’avoir fait passer un agréable moment et à l’encourager pour la suite.

   doianM   
8/8/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai ouvert cette nouvelle avec l'intention de lire un petit bout, revenir plus tard si besoin, pour le reste.
L'auteur m'a fait une saloperie: il m'a gardé enchaîné jusq'au bout.
Entraîné par une eau douce où des têtes de piranhas se montraient de temps en temps, dans un ballet féroce et joyeux, allant se nourrir ailleurs, peut-être du corps mi-virtuel de la société actuelle.

Admirable combinaison, j'ai apprécié le symbole de la Mémée dont les restes, conservées sur le buffet, semble prévoir le succès de la petite fille dans sa carrière nécrologique couronnée par une bévue.
Et le côté moral de l'histoire.
Alors que dans notre monde on s'organise accidents, maladies et affaires douteuses rien que pour monter ou remonter dans l'attention du public, voilà que la "chance" peut faire d'une chute accidentelle une montée sur l'estrade.

Chapeau.

   ANIMAL   
8/8/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un petit bijou de nouvelle, savoureuse, drôle et pleine de clins d'oeil.

J'ai plongé la tête la première dans l'histoire de la douce et rêveuse Fabienne et je suis allée jusqu'au bout sans la moindre pause.

Encore une victime d'internet ! Mais finalement elle a eu la vie qui lui convenait et si elle découvre la célébrité sur le tard, mieux vaut tard que jamais, justement. Et en plus la morale est sauve ! Soi dit en passant, ce genre de personne existe et elles sont à classer parmi les dangers publics...

L'écriture est limpide, le scénario se déroule sans heurt. Un grand bravo à l'auteur.

   florilange   
8/8/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'adore l'idée de s'épanouir et de réussir sa vie grâce à la rubrique nécrologique d'un journal. Fallait y penser!
L'histoire est bien construite, elle se déroule sans la moindre anicroche, sur un ton alerte, joyeux et ironique. On ne s'y ennuie pas un seul instant, porté par les phrases et les mots légers, précis et amusants, jusqu'à une chute en pirouette, inattendue et drôle.
Une vraie nouvelle réussie.

   widjet   
10/8/2010
Non pas que l’écriture soit déplaisante, mais je dirais ici qu’elle est accessoire. L’important est plutôt le rythme, la cadence qu’insuffle l’auteur à son récit et celle-ci (cette cadence, donc) est suffisamment entretenue pour qu’on ferme les yeux sur un traitement somme toute assez moyen.

Le personnage, sympathique à première vue (mais finalement, plus complexe qu'il n'en a l'air - il y aurait bcp à développer sur ce personnage ambivalent, car en grattant un peu je pense que sous cette bonhomie apparente, il y a un aspect revanchard même un peu cruel qui pourrait être plus exploité) me fait penser à Imogène, cette vieille fille au physique ingrat joué par Dominique Lavanant. Dans l’esprit, j’ai aussi pensé au « Magnifique », le film avec notre Bebel national, dans cette façon de sublimer le quotidien, mais avec l’exotisme en moins.

Bon, ici, il s’agit d’une comédie sans prétention (mais pas si conne) qui, reconnaissons le, atteint son but si on n’est pas trop regardant (c'est-à-dire si on ne prête pas attention aux facilités, aux raccourcis, et l’absence de crédibilité, ou la relative pauvreté des dialogues…). Parfois, il ne faut pas bouder son plaisir lorsque l’auteur s’efforce de ne pas (trop) nous ennuyer. Et puis, il y a beaucoup de plaisir derrière cette plume hésitante. Alors, soit !

Enfin, je ne sais pas si c’était aussi l’intention de l’auteur, mais un autre niveau d’interprétation (qui lui m’aurait séduit davantage si l’auteur avait poussé la critique plus loin) pourrait être perçu, un ton non dénué d’acidité vis-à-vis de cette époque « vitrine » affligeante qui nous fabrique des vedettes comme on enfile des perles. On pourrait aussi y voir (mais peut-être que je pousse le bouchon un peu loin) une (petite) satire sur le métier (vérolé aujourd'hui selon moi) de journaliste, sur la dangerosité de leurs informations lorsque celles ci ne reposent sur rien de vérifié, sur de la spéculation voire (comme dans ce texte) quand elles sont totalement pure invention. Et les dégâts terribles qu'elles peuvent causer (même si, ici, c'est la voie de la comédie qui est choisie et donc des conséquences moins tragiques).

J’aurai tant aimé que sous couvert de drôlerie, la charge concernant cette dérive soit plus féroce (avec un dénouement plus mordant tant qu'à faire), qu'on puisse rire de façon plus crispée, voire un peu "jaune".

Mais, une fois encore, l’intention de Perle était sans doute toute autre, plus simple, plus axée sur le divertissement sans arrière pensée cynique. Enfin, je crois...

Je n’ai pas adoré, mais pas passé un mauvais moment non plus.

Comme dirait Souchon : "C'est déjà, ça".

Merci donc

W

PS : je n’évalue pas, ça m’évitera qu’on me soupçonne de quoi que ce soit.

   Dunkelheit   
8/8/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je suis tiraillée entre l'écriture fluide et maîtrisée de ce texte qui se lit facilement et avec beaucoup de plaisir, et le fond qui me laisse un peu sur ma fin.

J'ai lu jusqu'à la fin en attendant quelque chose et finalement j'ai été déçue, je n'ai pas vraiment accroché malgré une forme aussi plaisante et l'histoire un peu farfelue. Le tout raconté comme un fait divers semble livré à la va vite, sans véritable chute et me frustre un peu puisqu'il y avait matière et que l'écriture si agréable aurait pu servir à plus de folies dans ce texte, finalement un peu fade.

   Anonyme   
9/8/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Perle-Hingaud... J'ai pris grand plaisir à la lecture de cette nouvelle écrite d'une très belle plume sur un thème tout compte fait plausible. Un texte fort bien tourné et... rafraîchissant !
Merci ! Alex

   alvinabec   
10/8/2010
Délice subtil, plume vive pour une Fabienne si bien croquée qu'on la croirait du pays de Caux.

   alpy   
11/8/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Une nouvelle très amusante et bien rythmée qui se laisse lire. J'ai bien aimé l'évolution du personnage de Fabienne et ses délires journalistiques.

J'ai été déçu par la fin qui m'a semblé un peu fade. J'aurais attendu la découverte d'un crime, ou quelque chose comme ça qui l'aurait rendu héroïne au lieu de chômeuse. Ca aurait aussi permis de s'en passer du dernier paragraphe sur sa vie post-journal, bâclé à mon avis. On sent que l'auteur considérait son travail fini et ne l'a écrit que par obligation.

Dommage, ça aurait été un très bien avec un peu plus de travail sur la fin.

Bonne continuation.

Alpy

   Perle-Hingaud   
12/8/2010

   dvb   
12/8/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ah oui ! ça, ça fait du bien pour se détendre en effet :)

J'ai vraiment aimé tant la fraîcheur et la candeur du personnage que l'improbable ambiance dans laquelle elle évolue, et surtout le regard qu'elle porte sur ce monde délirant par nécessité.

L'humour est fin et tout en détails plus ou moins sordides.

Déjà la scène d'ouverture m'avait mis très à l'aise (déformation professionnelle ^^). Une vraie réussite et le premier texte auquel je mets cette appréciation. Merci !

   solidane   
12/8/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très jolie texte Perle. J'ai lu, lu aussi les commentaires et reste très étonné des "j'aurais voulu plus de ou autre chose". Pour ma part, j'ai un côté un peu simple, j'aime, je suis touché ou pas. Et bien là j'aime, l'écriture est en parfaite adéquation, le récit bien rythmé, etc... J'aime qu'une histoire simple traverse un esprit (qui n'a rien de simple, circonlocuttion inutile) et qu'il la dépose naturellement.

   Anonyme   
15/8/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Perle

Un agréable moment de lecture, les pieds en éventail dans le hamac. L'histoire glisse toute seule, l'humour est bien dosé, les touches moqueuses agréablement disséminées. Ca démange comme il faut, juste après la piqure de moustique.
Une trame bien construite, une fin en pirouette et un récit que j'ai lu sans pouvoir mettre la main sur la moindre peccadille. Pourtant j'ai cherché.
Merci à l'auteur.

   Jagger   
17/8/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Perle-Hingaud,
Un récit agréable à lire, un humour bien dosé, pas de temps mort ou de passage à vide. Le plus dur est de rentrer dedans. Moi aussi j'aurais préféré un peu plus de fantaisie, mais le ton reste cohérent. Joliment fait. On dirait que ça ne t'a demandé aucun effort, que c'était naturel... Donc naturel à lire pour nous.
Merci

   blanchette   
20/8/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Je viens de finir la lecture de Nouvelles fraîches qui porte bien son titre car c'est bien une impression de fraîcheur que j'ai reçue et ça fait du bien : en effet l'ironie du ton, le contexte judiciaire du début et le thème nécrologique général laissait présager un meurtre, une issue un peu glauque, par exemple que Fabienne tue des gens pour avoir du cadavre frais à se mettre sous la dent...et je n'en avais pas envie ...et non ! C'est plus drôle que cela : notre miss devient une héroïne moderne, pas forcément moins légitime que tout ce qu'on peut voir sur nos plateaux télé !

A présent je comprends mieux ce qui se passe dans les rédactions et comment sont écrits les articles de presse, merci pour cet éclairage qui explique bien des choses ;-) !!

Et surtout bravo pour le rythme, le dynamisme de cette histoire. Le seul petit "mais" serait que c'est trop court et que j'aurais aimé en savoir plus ...à suivre peut-être...

   Flupke   
9/9/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Superbement délicieux. Humour, style, tout m’a ravi dans cette nouvelle très divertissante.
Très bon calcul, des enchaînements logiques, progressifs et de la spirale ascendante, jusqu’au bouquet final.
J’en redemande !

   Anonyme   
26/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
C'est une idée amusante que de mêler les débordements de la presse people et les aspirations littéraires d'une jeune journaliste.
Comme quoi, les excès, les travestissements de la vérité, ne seraient pas motivés que par l'argent.

J'ai traversé ce texte de manière très coulée, sans heurts, mais hélas sans grande surprise. C'est très bien écrit, mais je n'ai trouvé aucune de ces formules, aucune de ces petites inventions qui peuvent me surprendre et m'enthousiasmer. J'aurais presque honte de prétendre que c'est trop bien écrit. Cette réflexion, bien entendu, ne vaut que pour mes goûts propres.

Restent un texte, une narration, une écriture très bien maîtrisés.

   Anonyme   
15/9/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai beaucoup aimé cette nouvelle.
Cependant, deux détails petites détails en contradiction avec le récit viennet gêner le déroulement du récit introduit dans le déroulement de l'audience.
- Le cliente ne peut pas voir son avocat à qui elle tourne le dos pour faire face aux magistrats.
- La plaidoirie de l'avocat de la défense, qui semble mener sans transition (en dépit de la ponctuation) à la reprise à son propre compte compte par l'avocat de la partie civile. Je n'ai sans doute pas correctement compris ce passage mais il me semble qu'une plus grande scission aurait permis à l'avocat de la partie civile de rebondir sur l'histoire et non de la reprendre.

   Scipio202   
28/9/2010
C'est loooong ! pour ce que ça vaut... ça traîne, et ça traîne, et je manque de croustillant, sans compter qu'il y a de curieuses incohérences. Je suis en face de l'écririen qui se plaît à raconter une histoire sans vouloir en prendre la responsabilité.

Alors, pourquoi je dis ça ? Parce que je suis méchant ? Il y a une part de ça, mais ensuite.

C'est très facile d'évoquer une idée à un lecteur, et de lui laisser faire tout le boulot. Résultat, c'est une nouvelle mode, ou je ne sais pas, mais on ne prend absolument pas la peine de décrire les personnages et encore moins leurs réactions. Leurs réactions !!! Je n'ai aucune réaction, ici, je n'ai que des actions. Elle fait ci, elle fait ça, elle pense ci, elle pense ça, ... tout s'ensuit dans un joli moule préfabriqué, et ... je le sens jusqu'ici, cette nouvelle pue ! mais pue l'improvisation mal révisée.

La vieille qui ferme la porte, puis qui revient toute docile ? Pourquoi !? Le jeune qui dit non, puis qui dit oui, d'accord, puis qui disparaît, qqpart dans la maison ... pourquoi ?! il ressemble à quoi, d'abord ? A quoi ils ressemblent ces personnages ? J'ai dû faire tout le boulot...

Je n'irais pas jusqu'à dire que je me suis ennuyé, j'ai presque passé un moment agréable, mais j'aurais tellement voulu passer un moment encore plus agréable que ça m'embête et me turlupine. Il y a encore beaucoup de travail à faire, il faut faire attention au décors, au costume des personnages, aux ambiances, aux inter-réactions, tout doit être travaillé en profondeur, de sorte que plus tard, la veine ingénieuse de la création n'aura plus à s'en faire. Courage !

   JPDESGRANGE   
4/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Trés bonne histoire, sujet original
Déroulement de l'action prennante
Lecture agréable
Merci à l'auteur

   Anonyme   
18/10/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bravo ! J'ai beaucoup apprécié la lecture de cette nouvelle. Pétillante, bien écrite, un récit maîtrisé.

   Anonyme   
21/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très bonne nouvelle. Très sympa! Pleine d'humeur. Au début, "plate" m'a beaucoup fait rire. Plein d'ambiguïté. Savoureux à lire.

   Donaldo75   
20/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Perle,

J'ai décidé d'exhumer des nouvelles bien enfouies dans le passé d'Oniris. Alors, j'ai pensé aux tiennes que je ne connais pas si bien que ça vu que je suis assez récent sur le site.

Fabienne, Fabienne, Fabienne.

C'est un personnage qui, au début, me faisait penser au personnage de François Merlin, interprété avec brio par Jean-Paul Belmondo, dans le film "Le Magnifique" sorti en 1973 et réalisé par Philippe de Broca.

Et puis, la nouvelle a dépassé cette impression, puisque Fabienne est devenue magicienne, dans le sens où elle magnifie la vie des autres, celle des personnes décédés en l'occurrence, à travers de superbes chroniques nécrologiques. C'est déjà un excellent motif de narration, qui t'a laissé de la place pour développer la nouvelle.

A un moment, je me suis demandé pourquoi Fabienne était au tribunal. Eh bien, j'ai eu la réponse quelques lignes plus tard. Comme quoi, le récit est équilibré puisque à ce que mon cerveau demande la narration le fournit.

La fin est charmante. J'adorais déjà le coup de la mémé dans l'urne.

Le style est alerte, virevoltant parfois, je voyais bien Fabienne dans sa Twingo, Fabienne tapoter frénétiquement sur son ordinateur portable, Fabienne exhiber sa carte de presse comme dans les meilleurs séries B américaines.

Bravo !

Don


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