Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Sentimental/Romanesque
plumette : Cet été-là
 Publié le 10/11/18  -  18 commentaires  -  11086 caractères  -  109 lectures    Autres textes du même auteur

Souvenirs fiction à partir d'une photographie.


Cet été-là




Paul ne s’était pas laissé convaincre facilement : consacrer huit jours à faire du rangement dans la maison, il n’en voyait pas l’intérêt ! Pour lui, seule la perspective d’un déménagement pouvait justifier d’aller brasser dans le fond des placards.

Nous allions aborder la retraite, c’était une nouvelle tranche de vie et j’avais envie d’y entrer après avoir mis un peu d’ordre dans mon passé. Je voulais aussi libérer de l’espace, c’était autant physique que mental. Faire place nette, recenser, faire le point, ces notions étaient étrangères à mon homme, dont l’une des qualités, pas toujours compatible avec mes propres aspirations, était de vivre au jour le jour. Actif, réactif, optimiste, il avait toujours le temps pour tout, et c’est le nez sur les difficultés qu’avec son intuition et sa vitalité, il réglait les éventuels problèmes, souvent avec efficacité, il faut bien le reconnaître ! Un des corollaires de ce caractère plutôt heureux était que, sans le formuler à voix haute parce que ce n’eût pas été correct, il n’était pas loin de penser « après moi, le déluge ».

Décidément, nous n’étions pas fabriqués pareil !

Je venais de perdre coup sur coup mes deux parents et le tri de leurs affaires entassées pendant presque soixante ans, la plongée dans leur intimité, m’avaient terriblement bousculée. Il avait fallu décider trop vite de ce qu’il convenait de garder, de donner, de jeter. Devant les boîtes à chaussures pleines de lettres et photos en vrac, j’avais été incapable de faire un tri et j’avais dû me résoudre à regarder mes frères mettre dans des grands sacs-poubelle toutes ces strates de vie empilées.

Je ne voulais pas de ça pour nous. Je ne voulais pas imaginer le désarroi ou le détachement de nos enfants confrontés aux traces de notre vie. Je voulais mettre de la hiérarchie dans nos souvenirs, laisser des consignes, qui seraient ou non suivies, peu importe, mais qui livreraient une piste à nos suivants. Pourquoi ne pas commencer de suite ? S’atteler à cette tâche qui faisait une place à notre finitude n’avait rien de morbide pour moi ! J’avais même un certain enthousiasme. J’avais décidé de commencer par pièce et par placard. Entre chaque placard, j’intercalais le tri d’un carton de documents, pour éviter la monotonie. C’est au bout de trois jours, après avoir jeté des classeurs entiers de relevés bancaires et de factures EDF, que je suis tombée sur cette photo égarée au milieu d’une pile de faire-part et invitations en tous genres que je m’apprêtais à brûler dans le poêle à bois. Elle dépassait légèrement par un angle, j’ai aperçu la barque et un bout de rocher, c’est ce qui a piqué ma curiosité. J’ai sorti du lot ce que je croyais être une invitation à fêter je ne sais quel événement et j’ai été saisie de mélancolie devant cet alignement d’enfants se tenant par la main, sur une plage, à la lisière entre le sable et l’eau.

J’étais là, sur la photo, je me suis reconnue, la dixième en partant de la gauche, regardant fixement l’objectif, sans le moindre sourire, l’air un peu renfrogné. J’étais postée un peu en avant par rapport à mes voisins, je portais un maillot une pièce, tricoté, en coton épais, avec des bretelles en V. Je suis restée longtemps à regarder la photo, détaillant chacun, cherchant dans les replis de ma mémoire le nom de mes petits camarades. Seul le nom de celui dont la tête dépassait un peu celle des autres, le grand blond aux oreilles décollées, m’est revenu : Pierre, dit Pierrot, qui m’avait fait boire la tasse alors que je m’exerçais à nager seule, mettant en application dans la mer les exercices répétés tous ensemble, alignés à plat ventre sur des tabourets. Il fallait nous voir faire la grenouille aux instructions scandées par le moniteur qui passait dans les rangs pour rectifier tel ou tel mouvement. Et il y avait toujours un petit maladroit pour tomber du tabouret !


C’était en quelle année ? J’essayais de faire des recoupements, j’étais guidée par mes cheveux courts, une phase spéciale dans ma vie, conséquence d’une invasion de poux à l’école. En quelle classe étais-je à cette époque ? CE1, CE2 ? Je savais déjà lire et écrire car me sont revenues en mémoire les cartes postales envoyées aux parents. J’adorais ce rituel alors que, pour beaucoup, c’était une corvée.

C’est cet été-là que j’avais découvert l’océan. Je connaissais déjà la Méditerranée. L’océan, c’était la fraîcheur de l’eau et les marées avec la mer qu’il fallait aller chercher loin, le temps qui change vite, un soleil timide souvent voilé, rarement torride, de l’air, des brumes et de la pluie fine. J’avais découvert le crachin, les crêpes, la pêche à la crevette dans les rochers, les concours de châteaux de sable. J’étais distraite par toutes ces nouveautés, distraite et dépaysée, éloignée des raisons qui avaient conduit mes parents à m’exiler ainsi dans une colonie de vacances en Bretagne.

Il y avait du flou dans mes souvenirs. Je regardais à nouveau l’alignement de tous ces gamins auxquels on avait demandé de se donner la main. J’essayais de retrouver le visage familier de mon frère, François, treize mois de plus que moi, qui était aussi de l’aventure, j’en étais sûre, car je me suis soudain rappelé notre victoire à la course de relais des olympiades, une fierté absolue ! J’avais couru dans le sable de toutes mes forces, m’imaginant pour la circonstance être poursuivie par un dragon, j’avais passé le bâton de relais à François au moins deux secondes avant les autres et mon frère avait franchi la ligne d’arrivée sous les applaudissements des moniteurs et des badauds. Au retour, nous nous étions disputé la coupe remise lors de la cérémonie du podium, François se considérait comme le gagnant principal et j’avais dû négocier âprement pour que le trophée puisse de temps en temps rejoindre l’étagère au-dessus de mon lit.

François n’était pas sur cette photo, nous étions plus de vingt dans la colonie et sans doute faisait-il partie d’un autre groupe ce jour-là. Mais cette absence de mon frère sur la photo fit venir une sorte d’angoisse diffuse, écho vraisemblable à celle que je devais ressentir lorsque j’étais séparée de lui, même brièvement pendant ces vacances très particulières. François était mon repère, et lorsque j’étais saisie d’une peur irraisonnée à l’idée de ne plus revoir les parents, je me rassurais en me disant que non ! ils ne pouvaient pas avoir eu l’idée de se débarrasser de nous deux en même temps, nos parents n’étaient pas pauvres comme les parents du petit Poucet auquel je m’identifiais parfois parce que j’avais saisi avec culpabilité des bribes de conversation qui ne m’étaient pas du tout destinées.

Faut dire que nous n’étions pas familiers des colonies de vacances. Nos vacances d’été se déroulaient immuablement entre montagne et campagne, un mois chez les grands-parents maternels et un mois chez les grands-parents paternels avec une multitude de cousins/cousines. Les plus grands s’occupaient des plus petits, les parents regardaient de loin la petite troupe s’ébattre et nos étés nous procuraient un formidable sentiment de liberté.


Rien de tel cet été-là. La colo nous avait été présentée comme un privilège, une chance, une aventure exceptionnelle. De toutes façons, nous n’avions pas voix au chapitre et même si j’avais perçu que l’enthousiasme parental un peu forcé cachait autre chose, nous étions partis avec François pour un long, très long voyage en train, avec plusieurs changements, emmenés par une sœur de notre père jusqu’à Saint-Malo.


Nous n’étions pas habitués à être séparés de la famille, pas plus qu’au genre de discipline en vigueur à la colo.

Les déplacements en rang deux par deux, l’extinction obligatoire des feux à heure fixe, la toilette collective et minutée dans des grands bâtiments ventés, le rationnement des goûters : deux tranches de pain et une barre de chocolat de ménage, les corvées de vaisselle, c’est ce qui me revenait spontanément de notre quotidien.

Il serait faux et exagéré de dire que je n’ai que de mauvais souvenirs. J’ai gardé de cet été-là un goût encore vivace aujourd’hui pour le ramassage des coquillages et des cailloux polis par la marée. Mes patientes déambulations, les yeux au sol juste à la frontière entre le sec et le mouillé, intriguent ceux qui font les lézards sur la plage et je ne sais pas si je vais pouvoir me débarrasser des pots de confitures qui abritent mes trésors collectés depuis l’enfance !

Les moniteurs ne sont pas sur la photo. C’est dommage ! J’aurais bien aimé retrouver la douceur du visage de Marie-Ange. Cette monitrice était ma préférée. Étaient-ce ses formes généreuses qui m’avaient d’emblée paru sécurisantes ? ou l’étrangeté de son regard à deux couleurs ? Marie-Ange avait un œil vert et l’autre marron, grâce auxquels j’avais appris un nouveau mot « vairon » dont j’étais très fière.

Je partageais un secret avec Marie-Ange : une nuit, j’avais souillé mon lit suite à une méchante colique. Au réveil, j’en avais été à la fois honteuse et terrorisée. Quelques jours avant, j’avais vu Joëlle, la chef des monitrices, obliger une petite qui faisait pipi au lit à renifler devant tout le monde ses draps, puis à les laver. Marie-Ange m’avait surprise dans le dortoir où j’essayais, avec du papier journal, d’effacer les dégâts. Elle avait escamoté le drap, l’avait remplacé en mettant un doigt sur ses lèvres, puis m’avait conduite à l’infirmerie où j’avais passé une matinée à dessiner dans le calme. Je me souviens encore du nom de la « potion » que l’infirmière m’avait fait boire pour calmer mon ventre gargouillant : c’était de l’Ultra-Levure, ce mot m’avait fascinée, c’était une époque où on mettait de l’ultra partout pour signifier des choses qui sortaient de l’ordinaire, et tout d’un coup, je m’étais sentie importante et distinguée du lot !


J’hésite à garder cette photo. D’un côté, elle m’attendrit et de l’autre elle me rappelle des choses confuses et douloureuses lors du retour à la maison. La joie d’abord de retrouver les parents, ternie rapidement par la tristesse de maman. Des larmes inexpliquées, de longs moments passés enfermée dans sa chambre pour cause officielle de migraine, les éclats de voix au retour de papa, de plus en plus tardif, une vive exaspération lors de nos jeux bruyants pourtant pas plus qu’avant. Oui, car il y a un avant et un après. Il m’a fallu des années pour comprendre ce qui n’était pas dit. Notre maman, cet été-là, faisait une dépression. C’était arrivé dans sa vie subrepticement, sans cause apparente, c’était un temps où la dépression n’était pas considérée comme une maladie mais comme une faiblesse de caractère et loin de l’aider, l’entourage la renvoyait à sa condition de femme comblée, qui a tout pour être heureuse ! Comment est-elle sortie de son trou noir ? Lentement sans doute sans que je puisse dater ce retour à la vitalité et à la joie, alors que je date de cet été-là ma conscience que les parents ne sont pas les géants indestructibles que l’on croit.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   izabouille   
21/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est beau, plein de nostalgie, très émouvant... J'ai été emportée par cette histoire simplement belle et bien écrite. On ressent l'émotion de la narratrice lorsqu'elle hésite à garder ou à se débarrasser de la photo. Quand un bon souvenir est lié à un moins bon, que faut-il en faire?
Merci pour le partage, j'ai vraiment apprécié

   veldar   
10/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour plumette

Je n'ai pas pu décrocher. Le titre, la photo, la première phrase. J'ai déroulé sans m'ennuyer un seul instant. Je précise cela, parce que je ne lis jamais l'incipit et ne regarde jamais le nombre de caractère avant d'attaquer un texte. C'est simple, émouvant, tendre et vous savez faire partager ces sentiments. Et puis cette photo est vraiment belle. Je vous ai cherchée, la petite dixième en partant de la gauche. Merci pour ce joli moment. Je vous le souhaite du fond du coeur : bonne chance dans vos projets. Accrochez-vous.

   Louison   
10/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une fiction qui semble réelle car racontée simplement, avec l'émotion que procure cette photo retrouvée, la nostalgie d'un morceau d'enfance mêlée à des souvenirs à la fois flous et émouvants. J'ai beaucoup aimé, peut-être parce que cela ma renvoie à une partie de mon enfance avec les "jolies" colonies et l'heure du tri quand l' âge, doucement avance.

   emju   
10/11/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai adoré votre texte qui m'a plongée dans mon enfance; moi aussi je suis allée en colonie de vacances à Saint-Malo. En vous lisant, me sont revenus des visages oubliés, l'odeur du goémon, les baignades sur la plage du Sillon, le cri des mouettes, le ressac de la mer et tant de beaux souvenirs encore et encore.
Votre texte m'a beaucoup émue.

   Luz   
10/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour plumette,

J'ai beaucoup aimé, c'est vraiment très émouvant.
On dirait réellement une histoire vécue alors qu'il s'agit d'une fiction.
La vie d'une famille que l'on peut alors imaginer à partir de ces quelques lignes, c'est vraiment fort.
Merci.

Luz

   widjet   
10/11/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Une nouvelle appliquée, certes, mais dont le style trop académique (à mon goût) m’a tenu à distance (de l’émotion notamment). Impossible de me projeter, d'imaginer une existence, des personnages ancrés dans un réel. Cela manque d'incarnation.
Donc un souvenir attendrissant mais peu sublimé par la formulation assez convenue. Je m’attendais à plus de poésie.
Après, je dois dire que je suis assez allergique au point d’exclamation et l’auteure en abuse un peu trop, ce qui donne un côté assez juvénile à la narratrice dont finalement j’ai eu du mal à déterminer l’âge (au moins trentenaire).
Comme je l’ai dit l’écriture est soignée, mais ça manque cruellement d’aspérités, de fêlures et cette forme proprette - malgré une sincérité évidente - me rappelle combien les bonnes intentions ne font pas toujours - et même assez rarement - de bons textes.
Sinon, j’ai été un peu surpris par le fait que les frères jètent des souvenirs aussi précieux que des lettres et de photos de leurs parents.

Merci



W



PS : quelques formulations « perfectibles » :
« S’atteler à cette tâche qui faisait une place à notre finitude (lourd) »
« Je voulais aussi libérer de l’espace, c’était autant physique que mental » (la deuxième partie de la phrase pourrait être plus joli)
« Je venais de perdre coup sur coup » (y a sans doute mieux que ce « coup sur coup »)
« Nous n’étions pas habitués à être séparés de la famille, pas plus qu’au genre de discipline en vigueur à la colo » (Phrase bancale. Je vois pas bien la corrélation entre la première partie et la seconde.)
« Je m’étais sentie importante et distinguée du lot » (distinguée du lot, pas terrible comme formulation)
« qui seraient ou non suivies, peu importe, mais qui livreraient une piste à nos suivants » (un peu froid comme terme « nos suivants »)


   plumette   
12/11/2018

   Anonyme   
13/11/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Une histoire émouvante que j'ai apprécié. Je trouve que ça sonne vrai, ce qui me fait penser qu'il doit y avoir une part de souvenirs authentiques (je n'ai pas encore lu vos explications). J'ai été confronté au même problème de la difficulté à faire le tri dans les affaires de nos disparus. Et puis à l'instar de la narratrice, je n'aime pas entasser les vieilleries !
L'écriture est plaisante à parcourir, aucune maladresse ne vient heurter la lecture. Ce n'est pas texte frappant mais qui relate avec justesse et simplicité les sentiments de l'enfance.

   matcauth   
13/11/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

j'apprécie l'écriture, sans fioriture, efficace et agréable. Je reste néanmoins en surface, moi qui suis pourtant intéressé par les regards sur le passé et des émotions que l'on garde en mémoire.

Je ne sais pas pour quelle raison cela se produit, c'est peut-être qu'il y a trop de prénoms, ou que le contexte n'est pas assez dépeint.

Si j'aime ce travail sur le souvenir, sur la puissance qui peut se dégager de ce genre d'exercice, ici, il me manque quelque chose. c'est peut-être trop court.

Mais j'ai aimé quand même cette interrogation sur ce qu'on veut soi-même laisser de souvenir et d'image pour les autres. C'est intéressant.

Si la lecture est agréable, j'aurais aimé que le texte soit plus étoffé et qu'on rentre vraiment dans la vie de l'héroïne.

   maguju   
19/11/2018
Modéré : Commentaire trop peu argumenté.

   jfmoods   
16/11/2018
Comme dans une autre nouvelle de Plumette ("Le déménagement"), le lecteur se trouve confronté à l'abîme de la transmission.

À la mort de ses parents, la narratrice, prise de cours, n'a pu faire valoir son héritage...

"Devant les boîtes à chaussures pleines de lettres et photos en vrac, j’avais été incapable de faire un tri et j’avais dû me résoudre à regarder mes frères mettre dans des grands sacs-poubelle toutes ces strates de vie empilées."

Vieillissante, elle comprend à présent la nécessité qui est la sienne de préparer sa transmission...

"Je voulais mettre de la hiérarchie dans nos souvenirs, laisser des consignes, qui seraient ou non suivies, peu importe, mais qui livreraient une piste à nos suivants."

Cependant, la découverte impromptue d'une vieille photo fait refluer un souvenir douloureux : cette époque charnière où le monde merveilleux de l'enfance a commencé à se craqueler...

"[...] je date de cet été-là ma conscience que les parents ne sont pas les géants indestructibles que l’on croit."

On comprend dès lors que le tri envisagé dans le passé intime représente un redoutable défi, une gageure presque insurmontable...

"J’hésite à garder cette photo. D’un côté, elle m’attendrit et de l’autre elle me rappelle des choses confuses et douloureuses lors du retour à la maison."

Merci pour ce partage !

   Donaldo75   
17/11/2018
Bonjour Plumette,

Je dois avouer que ce type de texte n'est pas ma tasse de thé; je n'ai rien contre la nostalgie mais j'ai trouvé ici qu'elle n'était pas assez émouvante. C'est peut-être le style, trop appliqué à respecter les règles de la langue française au détriment de l'émotion que devrait provoquer la remontée de ces souvenirs. J'ai même eu l'impression, à certains moments, de lire un exercice d'atelier d'écriture sur le thème de la photo de vacances ou un truc comme ça.

Bref, je ne vais pas pondre un commentaire de dix mille mots parce que ce n'est pas mon style, mais j'ai préféré des nouvelles plus vivantes, moins appliquées, issues de ta plume. Là, j'avoue être un peu déçu. Ce n'est pas que je n'ai pas aimé; c'est plutôt que je m'attendais à autre chose, une autre narration, un flot de souvenirs venant par vagues, comme une déferlante venue d'un lointain passé.

Désolé.
Une prochaine fois.

Donaldo

   Corto   
17/11/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
J'aurais aimé aimer cette nouvelle, mais... j'y trouve beaucoup de détours comme ces 3 premiers paragraphes qui me semblent superflus. Inutile de chercher un prétexte pour se plonger dans des souvenirs évoqués par une photo. Ce sont ces souvenirs qui peuvent amener à partager une émotion multiforme qui va intéresser le lecteur. En fait on se demande quel est le sujet: le rangement après le décès des parents? les souvenirs d'enfance? la dépression maternelle? la transmission aux enfants? Difficile donc d'entrer pleinement dans ce récit bien écrit mais un peu formel. Il y a pourtant une matière plutôt abondante pour entraîner un lecteur dans une vraie aventure. Bonne continuation.

   Bellaeva   
19/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Plumette,

Je n'ai pas encore lu tes explications, je le ferai après avoir écrit mon commentaire. Toute la première partie me parle énormément, je suis moi même en plein déménagement, et j'ai cru que tu relatais ma vie ! Je dis cela pour dire à quel point tout sonne réaliste et juste entre autre la différence dans un couple pour appréhender la façon de déménager.
L'écriture est fluide et agréable.
Combien de fois lors d'un déménagement, on peut s'arrêter sur une photo, et partir en arrière, faire marcher la machine aux souvenirs avec ce qui a de savoureux et de triste à la fois. Des deuils à faire, des joies à retrouver.
La description de l'enfance, de la colonie, de cette rupture entre Méditerranée et Bretagne, et de ce passage tout en nuance d'une enfance insouciante à la confrontation avec le monde des adultes en l'occurence des parents qui semblent soudain faillibles alors qu'on les croyait durs comme des rocs.
Si il y a un défaut dans ce texte, c'est peut être dans la première partie m'avoir emmenée sur plusieurs pistes, j'étais partie sur comment vivre un déménagement à deux et entre autre comment cela peut faire apparaitre des divergences radicales...
Joli texte, tout en nuances et en sensibilité.
Merci.

   Lulu   
20/11/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Plumette,

Cette nouvelle m'a touchée, mais pas d'emblée. En effet, le tout début du texte m'a tenue malgré moi éloignée de la narration, comme si c'était juste une fiction froide, sans sentiments vraiment. Mes impressions ont changé quand la narratrice a commencé à évoquer la photo. Là, peu à peu, de nouveaux contours se sont dessinés avec une plus forte présence du "Je" et, du coup, plus d'authenticité, qu'il s'agisse d'une fiction ou de vrais souvenirs.

Cela dit, si la forme du début ne m'a guère plu, j'en ai aimé les interrogations… Les traces que l'on laisse ou celles laissées par d'autres…

J'ai aimé retrouver, dans les souvenirs de l'été évoqué, mes propres souvenirs en parallèle. S'ils diffèrent un peu, on retrouve, comme pour tous ceux qui ont connu cela, ces choses qui touchent tous les enfants que nous avons été : les premières cartes postales, la barre de chocolat de notre pain au goûter, certains moniteurs, certains camarades…

Plus j'ai progressé dans ma lecture, plus j'ai trouvé l'ensemble réaliste, du fait des détails qui relatent les souvenirs.

Enfin, j'ai beaucoup aimé cette photo que vous avez donné à regarder en amont du texte. Avant même de lire la nouvelle, j'ai été fort touchée par ces enfants qui se tiennent par les mains…

Au plaisir de vous relire.

   jlm30   
23/11/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Beaucoup de nostalgie dans ce texte doux et amère. Gardez la photo, elle fait partie de votre moi.

   Cat   
25/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Encore une tranche de vie selon le style Plumette.:))

Je trouve la première partie très juste. Ce besoin de mettre de l'ordre lorsque l'on aborde une nouvelle étape et puis aussi cette réflexion sur le tri d'après fait par les enfants. Une réflexion typiquement féminine, je pense... et qui nous entraîne bien sur la suite de l'histoire.

Puis les souvenirs remontent, hameçonnés par une photo et la nostalgie complète le tableau.

L'écriture est sage et appliquée. J'ai aimé me fondre dans le décor tout en sensibilité.

Merci Plumette.



Cat

   Bidis   
25/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Touchant. Je suis touchée. Un texte qui m'atteint en plein dans le mille.
Parce que je vois comme si j'y étais la mise à la poubelle dans de compréhensibles gestes d'indifférence et d'agacement de tous ces menus souvenirs, photos et lettres, faire-parts, invitations... dont on n'arrive pas à se séparer de son vivant.
Et parce que j'ai aussi des photos de colonies de vacances qui font refluer mille et un souvenirs, la petite peste qui me jetait du sable dans les yeux, la monitrice qui nous lisait des histoires palpitantes dans la tiédeur odorante des siestes, et les tartines à la confiture dont on préférait celles à la croûte un peu brûlée...
Parce que c'est raconté simplement et de façon vivante.
Merci Plumette.


Oniris Copyright © 2007-2018