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Sentimental/Romanesque
plumette : La Jugab
 Publié le 25/02/17  -  17 commentaires  -  12123 caractères  -  122 lectures    Autres textes du même auteur

Les amitiés d'adolescence nous construisent, et même si la vie parfois nous éloigne, on peut décider de leur rester fidèle.


La Jugab


Julien est assis au bord du torrent, adossé à son sac. Il plonge ses pieds nus dans l’eau. Que c’est froid ! Il grimace, se relâche peu à peu, après la descente express de la moraine au mépris de la fatigue et de ses talons à vif. Il observe de petites fleurs roses qui tapissent le creux des rochers. Des silènes ? C’est Gaby le spécialiste de la flore alpine, il saurait, lui, mais il est loin derrière ! La montagne est déserte à cette heure-ci et il fait déjà frais. Julien hésite à peine, quitte à la hâte ses vêtements, asperge d’eau glacée son corps en surchauffe. Rapidement, il se frictionne avec son tee-shirt et se rhabille.

Il cherche Gaby des yeux, là-bas, sur le chemin caillouteux qui se dessine avec précision depuis la fin du glacier jusqu’au début de l’alpage. Julien sait bien que les descentes sont un cauchemar pour Gaby. Ses genoux ont du mal à encaisser un surpoids accumulé depuis l’enfance.

Le soleil est passé derrière la montagne, Julien frissonne. Il regarde sa montre. Bientôt dix-huit heures. Dans le meilleur des cas, ils ne seront pas à la voiture avant une bonne heure.

Pour tromper son attente, il cherche dans son sac la petite boîte qui contient ses vivres de course : pruneaux, pâte de coing, amandes et raisins secs qu’il oublie la plupart du temps et qu’il finit souvent par abandonner sous une pierre pour les marmottes ou les chamois.

Il déballe tout, étale son fourbi dans l’herbe : la corde, sa veste Gore-Tex, une polaire, la frontale, les mousquetons, les broches… Il en fait l’inventaire machinalement, a déjà oublié le motif du déballage. Soudain, il sursaute : et les crampons ? Il ne voit pas les crampons. Pourtant, au pied du glacier, après s’être désencordé, il les a soigneusement pliés, adossés l’un à l’autre, a remis les protections et les a rangées dans la pochette bleue. Il en est sûr ! Oui, bleue… ou peut-être verte ? Bleue ou verte, il ne sait plus.

« Merde ! Mais qu’est-ce que j’ai foutu de cette pochette ! Faut dire que Gaby m’a bien pris la tête avec son baratin tout à l’heure. Il voulait à tout prix que je le félicite pour l’itinéraire. C’est vrai qu’on a hésité après le petit ressaut, c’est lui qui a insisté pour prendre à gauche. J’t’en ficherai ! Moi la seule chose qui me foutait la trouille c’étaient les séracs qui pendouillaient au-dessus de nos têtes. Je voulais juste qu’il avance, bon Dieu ! Mais quelle idée de l’avoir laissé passer en tête ! Bon, c’est vrai qu’on s’en est bien sortis finalement. À l’arrivée sur la moraine, je n’avais qu’une envie. Défaire la corde et tracer devant ! Putain ! Si je les ai laissés là-haut, on n’est pas sortis de l’auberge ! Des crampons de location tout neufs. Trois cents euros de caution ! Je les ai pas sur mon compte… »

Julien regarde à nouveau sa montre : 18 h 15. Il a besoin d’agir au lieu de s’énerver contre Gaby. Il fourre son sac sous un rocher et se décide à remonter. Il espère, sans trop y croire, que Gaby aura ramassé la pochette.


– Qu’est-ce que tu fous ? Ça fait une heure que je t’attends !


Gaby, en contrebas du chemin, est assis au milieu d’un buisson de myrtilles bien fourni et répond par un Mumm éloquent.


– Non mais, tu as vu l’heure ?

– Cool ! On a fait le plus dur non ? Y a pas le feu au lac !

– Putain Gaby, remballe ta vanne pourrie, la descente n’est pas finie ! Et magne-toi, je te rappelle qu’on doit rendre la bagnole ce soir.


Gaby sort de son buisson, les lèvres barbouillées, récupère son sac sur le bord du chemin. Julien a discrètement jeté un coup d’œil sur le dessus espérant voir les crampons. En vain.

Lorsque Gaby attrape son sac pour le remettre sur son dos, il lui demande d’une voix faussement détachée :


– Tu n’as pas ramassé mes crampons par hasard ? Je les trouve plus. Ils ont dû glisser de mon sac pendant ma descente infernale.


Les gestes de Gaby sont lents et Julien le soupçonne de forcer encore cette lenteur pour le mettre à l’épreuve. Gaby plonge dans son sac, puis se retourne en souriant.


– Qu’est-ce qu’on dit à son Gaby qui a fait la voiture-balai derrière le grand chef ?


Et il est là, tranquille à agiter les crampons sous son nez ! Julien les lui arrache des mains sans un merci, tourne les talons et repart dans la descente. Gaby jubile en douce, encore fier de sa performance du jour. Il n’a pas envie de se laisser démonter par la mauvaise humeur de son ami. Julien est déjà loin devant.



Ces deux-là s’étaient connus en 3e. Julien était arrivé en cours d’année dans ce collège d’un quartier résidentiel de Lyon. Sa famille avait quitté Annecy de façon précipitée, car le père, cadre dans une banque, avait fait l’objet d’une brusque mutation dont les causes étaient restées obscures. Julien avait gardé pour lui ses inquiétudes, et sa tristesse de devoir quitter ce pays où s’était épanoui son goût pour la montagne, encouragé par la tradition familiale.

Julien, à quatorze ans, était un élève plutôt sérieux. Son apparence encore enfantine de garçon bien élevé l’avait marginalisé dans cette classe où dominaient les filles. Le soir du premier jour, la classe s’était dispersée en petits groupes au portail du collège, Julien était parti seul, l’esprit vide, en direction de chez lui.

À mi-chemin, une cavalcade l’avait fait se retourner. C’était Gaby, tout sourire, qui entama de suite la conversation en lui demandant où il habitait. Gaby faisait les questions et les réponses et ponctuait son bavardage de « t’en veux ? » en lui présentant régulièrement une boîte de bonbons Haribo qui fut liquidée en quelques centaines de mètres. Gaby avait accompagné Julien jusqu’à l’entrée de son immeuble avant de repartir en sens inverse, et en un quart d’heure, Julien avait appris qu’il mesurait 1 m 64, chaussait du 42, que son père chassait le gibier d’eau, qu’il avait un chien, un braque comme François Mitterrand, une sœur trisomique, une mère espagnole et qu’il ne payait pas ses bonbons grâce au stock de l’épicerie familiale, que c’est d’ailleurs pour ça qu’il était délégué de classe.

Julien était étourdi par toutes ces informations mais s’était senti réchauffé par la vitalité un peu désordonnée de ce garçon qui ne semblait pas souffrir de son apparence ingrate. Car, en plus d’être massif, Gaby avait des cheveux rêches et roux, plantés bas sur le front, sans compter tous les stigmates de l’adolescence, acné et double rangée de bagues de contention sur les dents. Rien ne semblait pouvoir entamer sa bonne humeur.

Julien comprit vite que Gaby était la cible idéale des moqueries de ses camarades et de l’agacement des professeurs. Tour à tour tête de Turc, puis mascotte grâce à sa générosité et son incroyable bonhomie, au fond, il était populaire. Les deux s’étaient suivis de classe en classe jusqu’à la terminale, avaient traversé en même temps des choses difficiles et s’étaient épaulés : les parents de Julien avaient divorcé, l’année où la mère de Gaby avait eu un cancer. Cette année-là, ils avaient passé presque toutes leurs vacances ensemble, livrés à eux-mêmes, les parents étant mobilisés ailleurs. Julien avait invité Gaby dans le chalet de ses grands-parents à Saint-Nicolas-de-Véroce. C’est là que s’était constituée leur cordée : la Jugab, comme disaient les copains un peu jaloux de leur complicité.

Au contact de Julien, Gaby s’était recentré, s’était mis à réfléchir avant de parler à tort et à travers, avait pris conscience de son corps et de ses capacités physiques. Et Julien s’était ouvert et détendu. Car il était timide, trop jeune encore pour comprendre que « les timides intimident »… Il masquait derrière une apparente indifférence un manque de confiance en lui et une grande sensibilité. Et ce rôle de « guide et initiateur » auprès de son ami lui avait fait beaucoup de bien.

Gaby avide de reconnaissance avait rapidement dépassé Julien en culture montagnarde : grâce à sa mémoire phénoménale, il avait appris toute la géographie alpine dans des encyclopédies et pouvait identifier les sommets de la chaîne des Alpes, du Léman jusqu’à la Méditerranée. Il s’était nourri de récits d’ascensions, était devenu incollable sur la flore et la faune spécialisées. Il s’entraînait aux maniements de cordes et bivouaquait en décembre sur son balcon pour s’aguerrir aux nuitées dans les cabanes non gardées. Julien se moquait gentiment des connaissances livresques de ce montagnard en chambre, restant sur le terrain le maître incontesté. Mais il était touché, sans le lui dire, par l’engagement de Gaby, par son enthousiasme et surtout par son abnégation en famille dont il était devenu, très jeune, le pilier. Gaby avait dû écourter ses études, se contentant d’un IUT d’informatique en deux ans, très en deçà de ses capacités intellectuelles, tout en travaillant dans l’épicerie familiale.

Julien, lui, avait pu flâner, hésiter, se tromper sur son orientation, si bien qu’il abordait tranquillement, à vingt-quatre ans, sa dernière année de kinésithérapie.



Julien s’est assis près du rocher où il avait laissé son sac. Pris de remords, il guette l’arrivée de Gaby, le laisse s’approcher, lui tend sa gourde et lui désigne le ciel.


– T’as-vu ? Y s’étaient pas trompés à la météo ! C’est déjà tout bouché sur l’Albaron.


Et Julien esquisse un demi-sourire à l’adresse de son ami, une manière de dire que tout va bien désormais.

Au bout de cinq minutes, il donne tout de même le signal du départ. Gaby lui fait remarquer qu’il n’est déjà plus possible de respecter l’horaire annoncé à sa mère pour la restitution de la voiture.


– Alors à quoi bon se mettre la pression !


Julien sait qu’il a raison. Il aimerait tant pouvoir goûter l’instant, croire en sa bonne étoile, être comme Gaby, que rien ne démonte, et dont la phrase fétiche « Y a pas de problème, y a que des solutions » résume la philosophie.



Les garçons s’arrêtent plusieurs fois pour prendre des photos du ciel qui rougeoie dans les derniers rayons du soleil.

Ils arrivent à la voiture au crépuscule. Julien est de nouveau fébrile, il anticipe la réaction de sa mère au téléphone, le ton pointu, la phrase blessante, « on ne peut décidément pas te faire confiance ! C’était couru d’avance ! Et comment je vais aller à mon cours d’ikebana… »

Il diffère ce moment, se donne l’excuse du réseau qui ne doit pas passer en fond de vallée.

Il conduit vite dans la descente, coupant les virages de la petite route agricole, sûr, à cette heure, de ne pas croiser de véhicule montant.

Soudain, dans les phares, une forme sombre et massive, immobile et toute proche. Julien freine brusquement, tente de se déporter côté montagne. Gaby pousse un cri, s’accroche à la poignée de la portière. Et puis c’est le choc, et l’arrêt. Des meuglements déchirent la nuit. Les garçons sortent de la voiture. Il y a une génisse, à moitié coincée sous l’avant de la Golf qui essaye de se dégager dans un bruit de tôle qui n’augure rien de bon.

Julien jure et reste là, démuni à regarder l’animal prisonnier tandis que Gaby, reprenant ses esprits, propose de finir d’arracher le pare-choc en utilisant la corde d’escalade.

Ils s’affairent ensemble, la vachette est tremblante mais semble avoir accepté son sort car elle est redevenue silencieuse. Gaby lui parle pour la rassurer tout en la grattant affectueusement entre les cornes. Elle ne paraît pas gravement blessée. Une patte cassée ? Pas simple de la dégager de là. Leurs forces associées n’y suffisent pas. Mais comment trouver de l’aide en ce lieu ? Gaby propose de descendre en courant chercher du renfort au village qui n’est qu’à trois ou quatre kilomètres. Julien argumente que lui sera plus rapide, et qu’il est préférable que ce soit Gaby qui reste « puisqu’il sait parler aux vaches ».

Au moment où Julien s’apprête à partir, un faisceau lumineux balaye la scène. C’est un 4X4 qui arrive d’en haut. Julien reconnaît la jeune femme qui en sort et s’approche d’eux : c’est la jolie gardienne du refuge des Évettes que sa timidité l’a empêché d’aborder hier soir alors qu’il brûlait de se faire remarquer.

Gaby lui donne une bourrade en rigolant « y a pas de problème vieux ! Y a que des solutions ! »


 
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   socque   
28/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bon, pour être franche je m'attendais à une fin dramatique annoncée en loucedé par ce bout de phrase :
une brusque mutation dont les causes étaient restées obscures
Ah ah, que je me disais, le père de Julien est un violeur, ou il a détourné des fonds ou assassiné sa grand-mère pour avoir l'héritage... Bref, du sérieux, du qui va jeter son ombre sinistre loin sur la vie de Julien et par contrecoup sur celle de Gaby !

Eh bien non, pas du tout, on est en plein dans le proverbe "les gens heureux n'ont pas d'histoire". J'ai tendance à attendre de la littérature qu'elle me présente des événements dramatiques tels qu'on n'en rencontre heureusement que rarement dans la vie, du coup vous imaginez ma déception.
Déception tempérée par l'écriture que je trouve agréable, fluide, et les dialogues naturels à mon avis ; sinon, je dois dire qu'un texte dont le sommet est une pauvre vache à la jambe cassée aurait tendance à m'ennuyer. Même pas une dégringolade dans le ravin pour nos amis ! Enfin, tant mieux pour eux, ils peuvent poursuivre leur existence sans relief.

   vendularge   
25/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Plumette,

J'ai lu avec plaisir ce moment particulier entre deux jeunes adultes forts d'une amitié remontant à l'adolescence, comment leur comportement est empreint de leurs souvenirs communs et pourquoi ce qui pourrait les amener à un différent, les rapproche ou plus exactement ne les sépare pas.

Les personnages sont bien campés et Gaby est le personnage attachant de l'histoire.

Les nouvelles ne sont pas forcément "à chute" (c'est même un genre particulier, plus apprécié parce qu'il sous entend une atmosphère tendue vers un dénouement inattendu). Elles se doivent surtout être la narration d'un seul évènement.

Celle-ci est donc située dans un genre qui lui convient, dès lors c'est l'intention de l'auteur qui prime (de mon point de vue) sur le goût que nous avons ou pas de l'intrigue. Je dis cela parce que ce sujet avait été évoqué sur un de vos précédant fil (chute, pas chute) et que j'aime bien ce genre de narration.

merci
vendularge

   Hareng   
25/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Une nouvelle attachante car elle raconte si peu.
Gaby est bien campé.

Si vous permettez, je veillerais à des phrases plus concises.

   Dupark   
25/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"C'est un cadeau de ma moraine" [Le Génie des Alpages]

Le décor - C'est important l'emballage, pour un cadeau. Ici, le décor est bien montré. J'ai bien vu le glacier, le sursaut, là où ça devient paumatoire. J'y étais. Ambiance.

L'histoire - Il y a peu d'événements, sinon le choc avec la vache. Il y a peu d'enjeu, sinon la crainte de rendre la voiture en retard. Mais ce n'est pas une critique. Je ne considère pas qu'une nouvelle doive contenir des retournements de situation, des horreurs, ni même une chute surprenante. Débat éculé. La chute, ici, est heureuse et pleine de promesses, pour peu que la gardienne du refuge soit amène et audacieuse. Le lecteur choisit. Moi, j'ai décidé qu'elle était affamée ;)

Les personnages - Bien décrits mais trop décrits. Trop d'explicite : "Au contact de Julien, Gaby s’était recentré, s’était mis à réfléchir avant de parler à tort et à travers, avait pris conscience de son corps et de ses capacités physiques. Et Julien s’était ouvert et détendu. Car il était timide..." C'est à la limite du diagnostic. Mais je reconnais qu'arriver implicitement à ce résultat doit être difficile. Je n'aurais pas essayé.

L'écriture - Très agréable. Bon rythme. L'alternance des différentes longueurs de phrases est heureuse. J'ai buté deux fois. Au début, quand Julien pense. Je ne sais pas expliquer pourquoi. Et dans la description de Julien, au début du bloc central "Julien était arrivé en cours d’année...", son nom est mentionné quatre fois en six phrases alors qu'aucun autre personnage ne s'est intercalé.

J'attends la suite. Pas pour la vache. Mais si je dois monter à 2600 pour connaître la gardienne du refuge :(

   Anonyme   
25/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Plumette,

Ouf, a-t-on envie de dire à la fin, pourvu que la jolie fille des Evettes ne vienne pas s’encastrer dans la génisse !

Cela dit, compte tenu des détails de la biographie de Julien et Gaby, je m’attendais au moins à une avalanche. Sans les crampons, brrrrrr… bonjour l’angoisse. Quelle idée de les avoir retrouvés, ceux-là ?
Bon, finalement on a droit à une bluette, un speed dating à venir (malheureusement, puisque vous éprouvez un plaisir sadique à nous priver des bonnes choses), devant une génisse amochée et un Gaby dont Julien va probablement débarrasser l’asphalte, en lui demandant de ne pas se grouiller pour trouver de l’aide.
C’est marrant, j’aurais presque commencé l’histoire là, moi. Parce que franchement, hein, Julien et Gaby, à la bourre sur un glacier, ils ont l’air de s’en faire encore moins que vous pour finir votre histoire. Voilà, c’est ça, l’histoire de Julien et Gaby n’est pas la bonne. Je préfère la rencontre de Julien et Plumette (j’adore ce prénom, je trouve qu’il va bien à cette jeune femme des Evettes qui ne va pas tarder de se poser avec la même légèreté), avec en contrepoint les réminiscences Julien/Gaby.

Je conseille à quiconque n’a pas d’idées pour commencer une histoire, de venir lire la fin d’une des vôtres. Car vous m’aviez déjà fait le coup avec « Disparition » :)

Question style, et malgré le contexte, on voit bien que vous ne cherchez pas à renverser les montagnes. Vous avez le style léger des bons conteurs de pâturages quand moi je m’attendais à en baver dans les glaciers. Pardonnez-moi la familiarité, mais j’ai envie de dire à quelqu’un de votre talent, « sortez des Remparts d’Ainay où Julien a fait ses études, et faites un tour de manège à Vaux-en-Velin :)

Vos personnages aussi me semblent moins affûtés que vous. C’est toujours un peu dommage, surtout quand on a l’occasion de voir l’auteur s’exprimer ailleurs. Ce n’est pas un conseil, juste le cri d’un petit cœur, lâchez la bride à tout ce beau monde, style et personnages. Si vous cherchez des clients, trouvez-vous des ennemis, car s’ils n’existent pas c’est le plus souvent qu’il n’y a pas de marché (j’ai vendu cette maxime 10M$ à Donald Trump. Vous avez vu la suite… :).

Je ne désespère pas de voir une plus belle plume encore tomber un jour dans ma main ouverte.

Cordialement

Ludi
Etudes de marchés

   Tadiou   
26/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Jolie histoire simple et bien racontée. Les deux personnages sont bien décrits, physique, caractère, comportement, insertion sociale, parcours professionnel, antécédents familiaux; une belle tranche de vie attachante avec comme cadre le montagne, sa beauté et ses dangers.
J'apprécie d'autant plus que ce récit éveille en moi bien des réminiscences de randos montagnardes et d'escalade (que j'ai pratiquées et pratique toujours, avec de belles émotions).

La descente des deux amis, leur matériel, l'environnement... sont décrits avec précision et fleurent bon la montagne.


On se demande si Gaby, qui n'arrive pas, a été victime d'un
accident. Mais il ne s'est rien passé de déterminant.

Et puis on attend un rebondissement lors du voyage retour. Rien de grave et rien d'extraordinaire, ce qui permet à une suite heureuse de peut-être se dessiner.

Le titre m'a intrigué : il est bien trouvé.

Tadiou

   Cat   
26/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
D’une nouvelle, condensée en deux, trois pages, j’attends, à tort ou à raison, une histoire forte, avec chute assortie.

Ici j’ai davantage l’impression de lire un fragment. Mais ce n’est pas déplaisant du tout. Et puis l’écriture fluide, les dialogues bien menés m'embarquent facilement.

J’aime la tranche de vie de cette « cordée » formée par et très certainement pour la vie. Les portraits des deux garçons, de leur environnement, de la construction de leur histoire d’amitié, ainsi que les termes d’alpinisme qui semblent d’une grande précision (je ne connais pas la montagne), participent à donner un movie très réaliste.

Est-ce mon attente particulière ou bien c’est voulu de votre part, tout le long de l’épisode j’ai le souffle en suspend. Forcément c’est du côté du copain, bon gros plein de bonhomie, intelligent de surcroit, que le rebondissement va se produire…Et puis, non, rien d’ébouriffant.
Bien sûr, il y a l’arrivée à point nommé, comme un coup de baguette magique du destin, de la jolie gardienne des Evettes qui donne du grain à moudre à l’imagination du lecteur affamé par le manque d’imprévu.

Au final, un moment le lecture reposant et agréable.

Merci, Plumette
A vous relire


Cat

   Pepito   
26/2/2017
Bonjour Plumette,

Forme : kriture impec, comme d'ha. Pour chipoter (comme d'hab ;=)

"on peut décider" m'enfin Plumette, un "on" en kriture ?!!!
"adossé à son sac" à main ? ;=) > "vautré sur" ou une truc du genre... Pour "s'adosser" à un sac à dos, faut le mettre devant-derrière. ;=)
"Ces deux-là s’étaient connus en 3e" > "Se sont connus", non ? C'est un temps court.

Fond :

"Son apparence encore enfantine de garçon bien élevé l’avait marginalisé dans cette classe où dominaient les filles." > les filles préfèrent les branleurs, c'est ça l'idée ? ;=)))
"C’est là que s’était constituée leur cordée : la Jugab, comme disaient les copains un peu jaloux de leur complicité." > "complicité", en montagne, avec un gars qui part seul devant, en abandonnant le plus lent ?!!! ;-( Virééééé ! dirait Frison Roche...

j'aimerai vous dire que "j'ai tremblé, happé par une histoire aux multiples rebondissements et ... !" mais je dois avouer que sans une écriture au top, je n'aurai pas fini la nouvelle. Mais je l'ai fini ;=)

A une prochaine

Pepito

   Vincendix   
27/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une histoire relativement banale mais qui « tient la route », et puis l’écriture lui donne un relief supplémentaire, elle se lit avec plaisir. Le décor de montagne, les grands espaces, la liberté, autant d’éléments favorables.
L’amitié de deux garçons différents physiquement, de condition et de caractère opposés, c’est assez courant, ils se complètent. La perte des crampons met Julien dans une situation négative et Gaby sauve la mise, le dualisme fonctionne parfaitement. La brusque « rencontre » avec la vachette provoque une autre rencontre, cette fois agréable, encore une dualité qui justifie l’adage « à toute chose, malheur est bon ».

   hersen   
27/2/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'ai eu le tort de me cramponner aux crampons !

J'attendais une aventure musclée à cause de leur perte, du genre à les obliger à dormir en montagne, avec juste les fruits secs à manger, aventure qui aurait montré à quel point les deux amis étaient soudés. Ou peut-être qu'être au pied du mur les aurait dessoudés.

Je me suis donc accrochée à une fausse piste et j'ai attendu, attendu, et tout à coup c'est la fin.

j'ai un peu l'impression de ne pas m'être mis grand-chose sous la dent, même si, l'écriture aidant je pense, je n'ai pas non plus songé à abandonner ma lecture.

Dans un sens, j'aurais presque mieux aimé qu'il n'y eut pas de chute, car alors je serais restée dans une impression de belle balade en montagne, bien racontée, avec deux amis sympathiques.

D'autant que cette chute me semble un brin étrangère au reste, je la qualifierais de 'facile' d'autant plus qu'elle est un peu légère dans tous les sens.
En effet, si je me fais bien l'idée de ce qu'est une Golf, je ne suis pas sûre qu'un animal aussi gros qu'une vache puisse s'encastrer dessous. De plus, elle a une patte cassée, rien de grave nous dit-on. Surtout quand on sait qu'une vache à la patte cassée, c'est l'abattoir.
Du coup, c'est elle qui est dessoudée !

Enfin, déplacer une génisse qui doit bien faire ses 450 kg, ces deux amis ont des qualités physiques impressionnantes. Moi, j'aurais déplacé la voiture.

Mon avis est que la fin est bâclée alors que le texte est plutôt rédigé de manière recherchée. Et comme l'impression qui nous reste, c'est celle de la fin, elle n'est pas ici assez percutante (!) pour être à la hauteur du texte.

A vous relire, bien évidemment.

hersen

   PierrickBatello   
27/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Voilà deux personnages bien différenciés et auxquels on s'attache volontiers en cordée... Beaucoup de descriptions des personnages sont faites à l'imparfait et plus-que-parfait. Je trouve que cela alourdit un texte qui doit rester dans cette belle légèreté de ton. Le texte gagnerait en fluidité si les mêmes informations étaient données par le biais de dialogues (par exemple, une engueulade entre les deux compères avant le rabibochage). Il y a très peu d'actions au final et trop de descriptions passives (qui ne participent pas à l'action).
J'aime bien que la fin ne soit pas dramatique. Cela colle à l'ambiance générale. Vos deux personnages m'ont fait penser à Frodon et Sam dans le Seigneur des Anneaux ;-)

   widjet   
27/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bon, je vais pas m’appesantir sur cette fin un peu abrupte ni pester sur l'auteur pour avoir crée inutilement auprès du lecteur une d’attente qui ne sera jamais comblée (la vie des deux hommes est pourtant suffisamment jalonnée de drames - soeur trisomique, parent décédés ou divorcés… - pour y développer tout un tas de trucs).

Non.

Je présume qu’il s’agit d’un bout de roman, ou d’une nouvelle à suivre…Je sais pas. Pas grave. Je vais juste m’arrêter sur ce qui m’a plu, dire qu’il s’agit là d’une lecture agréable, l’écriture est simple, mais ciselée, efficace, travaillée en somme. C’est plaisant à lire (jolies descriptions, visuellement efficaces) et cette apparente simplicité n’a rien de simple à réussir.

Donc, bravo.

L’amitié entre les deux héros est bien retranscrite et en peu de lignes, preuve une fois encore que le peu, lorsqu’il est bien fait, suffit amplement. Après, l’auteur prend le risque de frustrer à nouveau son lecteur soit en désamorçant très vite le suspense (les crampons égarés finalement sont vite retrouvés) et la dramaturgie (accident avec la vache et le secours qui arrive également très vite). Bref, pas le temps de s’inquiéter pour nos deux montagnards.



Plumette a décidément bon coeur.

W


   macaron   
28/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une belle amitié racontée avec une écriture fluide et souple, d'où se dégage des caractères et des sentiments communs mais tellement vrais. Peu de suspens, une pause dans la montagne en agréable compagnie.

   matcauth   
28/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Ah Plumette !

on en a déjà parlé, pourtant, de vos fins ! vous nous emmenez quelque part et finalement la destination n'est pas celle promise. Vous le pouvez, mais pensez au malheureux lecteur qui, comme moi, attend beaucoup. La déception est à la hauteur de l'attente. Surtout qu'on attendait une histoire avec ce père banquier aux agissements obscurs...
Eh oui, vous nous emmenez quelque part, on suit !

Du coup il reste donc cette chronique, et dans ce cas, peut-être faudrait-il le dire dès le départ, de deux personnes que je ne parvient pas à aimer plus que ça. L'un est trop intelligent, l'autre trop dilettante, il y a d'ailleurs peu de chances qu'ils restent amis aussi longtemps.

Par contre, pour camper un contexte, pour écrire et décrire, là, pas de problème, c'est fluide, on comprend tout immédiatement, et c'est agréable à lire.

Mais je me fais la même réflexion que la dernière fois, que vouliez-vous dire, quel message doit nous rester ? je n'ai pas la réponse.

Mais merci pour le moment de lecture car, je le répète, c'est agréable de vous lire.

   plumette   
28/2/2017

   Anonyme   
4/4/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir,

Joli moment de lecture. Une belle histoire d'amitié avec les petits et grands drames de la vie ( rejet divorce, cancer...), avec les belles rencontres aussi. Celle de Julien et Gaby, personnalités complémentaires, est de celle qui dure. Ils nous emmènent avec eux en montagne, s'inquiétant comme cela nous arrive pour des crampons, une voiture à rendre...
Contrairement à un commentaire lu, je trouve que la vie réelle inflige au quotidien, loin ou proches de nous, tant de drames, d'horreur...
Qu'elle fait du bien votre chute, heureuse, un rien espiègle... et bonne chance à Gaby ! ;-)
Merci pour cette nouvelle emplie d'humanité simple, un texte qui fait du bien.
Nadine

   Ombhre   
28/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte simple et beau, une tranche d'humanité et d'amitié, une montagne extrêmement bien décrite (elle a évoqué bien des souvenirs en moi qui ai fait bon nombre de courses de moyenne montagne, et quelques autres un peu plus près des étoiles), une nouvelle agréable et qui se lit facilement.
Mais il y manque pour moi la fameuse chute, celle qui vous surprend, qui vous chamboule parfois, qui vous fait sourire en vous disant "il / elle m'a eu !".
Mais... peut-être y aura-t-il une suite ? Car en tant que simple lecteur, j'aimerais bien connaître la suite :-)

A vous lire.
Ombhre


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