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Réalisme/Historique
Polza : La rançon
 Publié le 05/04/26  -  7 commentaires  -  6132 caractères  -  16 lectures    Autres textes du même auteur


La rançon


Je suis sûr que des extraterrestres ont kidnappé mon papa.


Maman est toute bizarre ; elle fume cigarette sur cigarette et je l’ai entendue dire que jamais plus on le reverra. Mais moi je pense que c’est faux parce que je sais très bien que les adultes disent pas toujours la vérité de toute manière ; alors comme ce qu’elle a dit m’a mis très en colère, j’ai jeté ma tirelire de Porcinet que j’avais eue pour mon anniversaire par terre et elle s’est cassée en mille morceaux et puis après j’ai ramassé tous les sous qu’il y avait dedans et je les ai mis dans une cachette secrète pour que personne ne les trouve !


Ils vont certainement demander une rançon les extraterrestres, comme dans le western avec les cowboys et les Indiens que j’avais regardé avec papi Maurice. Je savais pas trop bien ce que c’était une rançon, mais papi Maurice il m’a bien expliqué ; alors le jour où ils reviendront, je veux être sûr d’avoir assez d’argent pour leur donner la rançon et qu’ils me rendent enfin mon papa…


La dernière fois que je l’ai vu, c’était à l’hôpital. Des messieurs et des dames avec des chapeaux sur la tête et des masques sur la bouche l’emmenaient dans un lit roulant ; c’est juste après qu’il a disparu… dans le bac ou le bloc opératoire que je crois qu’ils appellent ça…


Mon copain Manu, il dit que les gens qui vont à l’hôpital c’est parce qu’ils ne vont pas très bien et qu’ils ont besoin d’aller se reposer là-bas ; c’est vrai qu’il avait l’air fatigué mon papa ; il avait beaucoup maigri ces derniers temps et il toussait souvent alors qu’il faisait même pas froid…


Je ne sais pas grand-chose de plus, personne n’a l’air de vouloir me parler de cet enlèvement, mais hier, j’ai entendu tonton Léon et tata Suzie qui parlaient de lui ; ils disaient que c’était la tribu des metastabidules qui l’avait emmené et qu’ils étaient trop nombreux et qu’il n’avait rien pu faire contre eux ; ça m’étonne vraiment parce que même quand il est un tout petit peu raplapla, mon papa c’est l’homme le plus fort du monde ; je pense qu’ils devaient être des millions, les extraterrestres, pour réussir à le kidnapper sans qu’il arrive à se défendre…


Quand j’ai raconté cette histoire à mon copain Manu il m’a tout de suite cru contrairement aux autres copains qui disent que ça existe pas les extraterrestres ; lui c’est sa sœur qui s’est fait enlever par des extraterrestres l’année dernière, sauf que c’était pas la même tribu. D’après ses parents, les responsables hé bah leur chef il s’appelle Guillaume. Enfin, Manu il m’a dit gliome, mais je crois qu’il a mal compris, c’est pas un prénom gliome et en plus ça fait même pas chef !


Il s’en veut énormément Manu ; il m’a expliqué que quand les gens qu’on aime sont à l’hôpital, il ne faut jamais les quitter des yeux parce que sinon c’est à ce moment que les extraterrestres ils viennent pour les enlever. Il dit que c’est de sa faute, que s’il avait mieux surveillé Chloé, c’est le nom de sa petite sœur à Manu, jamais ça ne serait arrivé…


Cette nuit, je croyais qu’il y avait un extraterrestre qui s’était caché sous mon lit. J’étais mort de trouille, mais j’ai quand même réussi à lui crier dessus. Je lui ai dit « sors de là ! ». Sauf qu’il n’est jamais sorti, je lui ai peut-être hurlé dessus un peu trop fort, il a dû avoir peur le pauvre.


C’est dommage, il venait sûrement pour me donner des informations sur mon papa et me dire pourquoi qu’il avait disparu comme ça sans me prévenir.


Pas longtemps après cet enlèvement, je suis allé dans une église pour la première fois de ma vie ; je ne sais pas trop pourquoi, mais il y avait plein de gens de ma famille qui regardaient un monsieur remuer ses bras dans tous les sens en faisant de drôles de phrases que je ne comprenais pas toujours ; parfois il se mettait à chanter et tout le monde chantait avec lui. Il n’avait pas l’air de savoir ce qu’il voulait parce que des fois il disait qu’on devait se lever, d’autres qu’on pouvait s’asseoir, j’ai pas compris à quoi il jouait, mais personne ne riait…


À la fin, tous ceux qui étaient dans l’église se sont mis à jeter de l’eau sur une boîte qui était là depuis le

début ; ça en faisait pleurer certains, mais c’est maman qui avait l’air la plus triste ; je me suis dit qu’ils voulaient peut-être faire pousser un arbre dans la boîte et que c’était pour ça qu’ils l’arrosaient, que comme ça on pourrait monter jusqu’au ciel là où vivent les extraterrestres et que si on leur demandait gentiment, ils voudraient bien me rendre mon papa…


Mais ça n’a pas marché, y a pas d’arbre qu’a poussé, alors après on est allés mettre la boîte dans un trou et un autre monsieur a dit des tas de trucs pour convaincre les extraterrestres de ne pas faire trop longtemps les idiots ; je ne sais pas si ça va marcher, mais je me suis aperçu que plus il racontait des trucs et plus les gens pleuraient encore plus ; alors j’ai pas tout à fait compris pourquoi, mais moi aussi je me suis mis à pleurer…


Ça fait maintenant plusieurs mois que j’attends et les extraterrestres n’ont toujours pas demandé de rançon, alors j’ai eu une autre idée ; je sais que je ne suis encore qu’un petit enfant, mais maintenant, je sais ce que je veux faire quand je serai grand ; je veux être spationaute pour aller dans l’espace, comme l’autre spationaute que je vois souvent à la télé, Tomate Pastèque qu’il s’appelle. J’ai même déjà commencé à me fabriquer un grand vaisseau spatial dans le jardin.


Maman dit que les études de spationaute sont très très longues et très très compliquées, mais moi je sais que je vais y arriver, peu importe le temps que ça prendra, un jour j’irai dans l’espace et j’irai faire la guerre aux extraterrestres. À force que je les batte tous à plate couture, ils seront bien obligés de me dire où c’est qu’ils ont caché mon papa et je le ramènerai avec moi… et puis je ramènerai aussi Chloé, comme ça, mon copain Manu ne sera plus triste de ne pas l’avoir assez bien surveillée…



 
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   Cristale   
18/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
J'ai beaucoup aimé lire cette nouvelle proposée dans le cadre du défi "Sors de là".
On entre dans l'imagination fabuleuse d'un petit garçon qui interprète la mort et la maladie de son père avec cette innocence créatrice propre à beaucoup d'enfants.
Les scènes qui se déroulent dans l'église et le cimetière sont craquantes. Cette boîte sur laquelle on jette de l'eau puis mise dans un trou de terre sans que rien ne pousse est un passage adorable comme beaucoup d'autres.
"la tribu des metastabidules qui l’avait emmené et qu’ils étaient trop nombreux et qu’il n’avait rien pu faire contre eux"
Après tout il a peut-être raison ce petit, ce sont les extraterrestres qui emmènent avec eux nos êtres chers.
Tout cela est bien raconté.
Merci pour cette lecture.

   Robot   
18/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
De nos jours il me semble qu'on cache moins aux enfants le décès d'un parent. Même si on utilise des périphrases ou des circonvolutions et des images pour expliquer le départ définitif.
C'est à mon avis le point faible du récit.

Cependant la réaction de l'enfant et son 'imaginaire permet de faire face à l'inéluctable.
Le récit prêté à l'enfant utilise un langage bien en adéquation avec le vocabulaire d'un gosse de 8 ou 9 ans. C'est en celà que l'histoire trouve sa crédibilité.

   SQUEEN   
25/3/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Bonjour,
écrire du point de vue d'un enfant est très périlleux et délicat. Pour que le lecteur y croit et n'en sorte pas c'est compliqué. Ici, l'idée est bonne mais je n'arrive pas, par exemple, à situer le narrateur, quel âge a-t-il? D'où écrit-il? D'après moi l'on comprend trop vite ce qui est arrivé au papa. Si vous précisez que "gliome" ne ressemble pas à un prénom vous ne pouvez pas donner "Tomate Pastèque" au spationaute... Pour le lecteur ça brouille encore plus l'appréhension de l'enfant. Toujours d'après moi il n'y a pas assez de non-dit, trop de précisions (porcinet). J'ai eu du mal a croire à ce personnage qui manque du coup de matérialité, il ne nous fait pas vivre l'histoire, il semble construit, uniquement, pour servir et expliquer la non compréhension des évènements, Je le répète c'est une bonne idée, mais il faut que le lecteur y croit. Et moi je n'y ai pas cru. Ceci étant, l'écriture est fluide et j'ai bien aimé la scène du cercueil dans l'église, et de l'arbre qui y pousserait. Merci pour ce partage

   Pattie   
27/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
J'aime beaucoup les textes dont les enfants sont les narrateurs, surtout si c'est bien fait, et là, ça l'est ! Les interprétations de l'enfant sonnent juste (Guillaume pour gliome), les extraterrestres et le projet de vie qui en découle. Pourtant, le raisonnement est d'un enfant de 7-8 ans, mais les incompréhensions sont d'un enfant vraiment plus jeune. Et malgré tout, ça fonctionne, parce que c'est tellement joliment vu qu'on a envie d'y croire, et le monde à travers les yeux de cet enfant est beaucoup plus agréable : il y a de la magie, de la solidarité, on peut combattre des méchants en cas de coups durs de la vie... Et tant qu'il y croit , on peut presque y croire aussi, le temps de l'histoire. Bravo pour le placement de "Sors de là !" très réussi ! C'est drôle, mais ça serre le coeur, en même temps.

   Lariviere   
29/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour,

J'ai vraiment apprécié ce texte que je trouve très bon. C'est un texte touchant et tendre, assurément.

Le discours propre à un enfant est parfaitement réussi pour moi. Il y a dans le ton et le coté naïf ce quelque chose de craquant, de fortement poétique parfois et d'amusant que seule la pensée d'un enfant, avec ses yeux purs encore pourvus d'une certaine magie naturelle quand il pose son regard sur le monde qui l'entoure, peut traduire. Je trouve ça très beau personnellement et complètement attendrissant. Cette façon de regarder le monde propre à l'enfant est donc parfaitement rendu ici à mon sens. Avec ses interprétations des évènements et des choses. Il y a dans le récit pleins de trouvailles pour évoquer cette perception : les mots "écorchés" (Gliome/guillaume, les metastabidules...), les interprétations humoristiques et poétiques, comme le cercueil qu'on arrose comme on arrose un arbre qu'on fait pousser... et bien sur, cette théorie d'enlèvement par les extraterrestres... Bref, une courte nouvelle totalement réussie de mon point de vue, qui m'a fait sourire parfois malgré la tristesse du thème, et pour finir qui m'a beaucoup ému et je précise que c'est assez rare. Félicitations aussi pour la contrainte du récit.

Encore bravo à l'auteur et bonne continuation !

   papipoete   
5/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Polza
- attention, chef d'oeuvre !
Dans la bouche d'un petit enfant, la disparition de son papa commence à le tracasser, lorsqu'il apprend qu'une tribu, celle des metastabidules est à l'origine de son rapt ; ils devraient bientôt réclamer une rançon, à échanger contre sa libération...
aussi, pas question d'attendre sans rien faire
- j'ai cassé ma tirelire, pour avoir plus de sous à leur donner, pour me rendre mon papa ...
NB entre le départ de ce papa, qu'on aime tant quand on est enfant, et la suite des événements, avec les funérailles dans l'église, et cette boîte que les gens arrosent... pour y faire pousser un arbre ? et au cimetière y mettre la boite au fond d'un trou, que ça faisait pleurer les gens...
Je trouve ce poème extraordinaire, avec cet enfant dont les pensées, les paroles sont d'un tel naturel, que chaque ligne pourrait faire déverser des flots de larmes...
ben non, on rit à s'en péter la rate !
Chaque mot principal d'une phrase, déclenche l'hilarité au lieu de pleurer sincèrement ( rappelle des fou-rire lors d'un décès, durant et après les obsèques )
Comme c'est touchant ( la tirelire cassée, me rappelle les pièces jaunes que Ninon me donnait, pour un jour pouvoir me payer ma Porsche ! )
Tomate Pastèque voudrait bien rire, en lisant cette aventure oh combien passionnante !
Un grand coup de la part de notre auteur, qui montre lors de ses parutions, combien est immense son talent !
Je précise, sans me faire éclater les méninges, que c'est le Petit qui parle...avec ses mots, ses images, ses interrogations. Avoir été papa et écouté mes petits, me rend facile cette interprétation, à ne pas prêter à un Grand...
Je rajoute, pour ne point paraître insensible, que chaque éclat de rire appelle en écho, tellement de chagrin de songer, à notre papa, notre maman enlevés par ces tribus assassines des " métastabidules et autre gliome "

   Babefaon   
5/4/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
n'aime pas
Désolé, mais j’ai eu beaucoup du mal à rentrer dans cette histoire. Bien qu’il n’y ait aucune indication sur son âge, je me suis posé plusieurs questions sur votre narrateur : soit il est très jeune, ce qui explique en partie sa naïveté, auquel cas le langage qu’il emploie (négations comprises) est trop savant pour lui ; soit il est un peu plus âgé que ce que je pense, auquel cas il ne pourrait pas croire à cette histoire abracadabrante !
De plus, la scène à l’église ne me convainc pas davantage. Ne se pose-t-il donc aucune question sur cette fameuse boîte que tout le monde arrose ? Quant au prêtre, son discours est-il à ce point obscur pour qu’il n’en saisisse rien ? A-t-il lui aussi évité de prononcer le nom du père pour laisser croire à un enlèvement ? Enfin, son ami Manu serait-il aussi naïf que lui ?
L’idée est exploitable, mais l’ensemble serait à retravailler pour qu’on puisse y croire un tant soit peu !


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