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reumond : Le corps écrit
 Publié le 20/10/09  -  11 commentaires  -  7905 caractères  -  160 lectures    Autres textes du même auteur

Depuis que la matière résonne à corps et à cri...


Le corps écrit


Depuis que la matière résonne à corps et à cris, et semble sonner en creux pour exprimer par là son propre chemin d’intériorité, le corps écrit.


Le corps écrit, quand palpite le cœur des choses, et que gargouille, gronde, appelle, crie, ricane avec la hyène, blatère avec le bélier en rut et avec l’homme en colère en rue.


Il écrit, racontant à qui veut l’entendre que l’âme de la matière et l’esprit des choses font un même écho dans le corps des choses.


De corps à cœur, de bouches à oreilles, de flûte en os et jusqu’au bout des doigts dans le corps même des maux, se joue la démo de l’objet qui aspire à devenir sujet, là résident l’enjeu et le rêve secret et profond de la substance qui croît toujours plus en conscience.


La matière me raconte son histoire, elle me dit au tournant du feu, au coin de terre, au fil de l’eau et dans les airs : « Je suis la matière, la substance en question, je fais du bruit parce que je rythme sur mesure, je cadence la danse, je pleure ou gémis, je sentimente, je vomis dru, je coule et roucoule, je cascade, je rote sec, je pète de tout bord, j'éternue à tous les vents…, je suis incarnée comme toute réalité, matérialisée et matérialisable, je réalise en faisant du réel, je crée, je suis la vie et la vie ça grouille, ça fait mille petits pets et de grands bruits sourds. »


Oui effectivement, chez moi, chez vous, dans tout le cosmos, dans le Monde entier comme dans mon corps, tout est bruissements, ronflements, vibrations, tremblement, bourdonnements ou sifflements d’oreilles.


Avant, bien avant d’être porteur de « mots », en la gare des tris, au tournant des cerveaux, aux confins du Logos, au lieu même de la mise bas, de la mise en mots, de la mise en forme, en œuvre et en images, le corps était et reste jusqu’à la moelle de ses propres maux et l’os de sa propre chair, à en croire les nerfs crus : bruits, sensations et perceptions.


De mémoire de pierre et de bûches en émois, savez-vous que les nébuleuses croassent en tournant sur elles-mêmes, qu’elles se baignent nues dans l’étang du temps, entre les nénuphars des saints lieux.


Cette voix immémoriale et lactée, me dit et me psalmodie constamment le chant des étoiles, une à une, elle répète la scène du grand bang :


« Vous êtes poussière d’étoiles et vous retournerez en étoiles, et vous serez comme des lieux de repos… »


Ces poussières qui bruissent au cœur de l’homme, comète à dormir dans un nid d’étoile filante au cratère de l’être, bruissent fort de souvenirs et de rêves, portent l’esprit, comme un météore sans queue ni tête, une colombe née du souffle, là où Ré et El ne font qu’un RÉEL, au royaume de l’Un.


La matière est cris et maux, le corps est cris et maux, épreuves, corps écrit au fil des stigmates, le long des fractures, à même le filigrane des cicatrices découvertes, au long des veines, tatouage d’âge en âge.


Le corps écrit, est émaillé de sentis, ressentis et ressentiments, matière vivante, vivante des diverses sensations kinesthésiques et autres qui poussent à croître toujours plus, dérive des continents, expansion de l’univers, mouvement extérieur vers l’intérieur, contemplation à sons exubérants, à couleurs chatoyantes.


Dans les entrailles, à fleur de nerfs, de veines, de peau…, la sensibilité et la sentimentalité précèdent les mots, c’est pourquoi la vie est cri, et il est difficile de trouver les mots justes quand on est sous l’emprise du cri. C’est bien pourquoi la poésie est dans le corps et l’âme de l’homme : flatuosités, sons, rythmes et borborygmes, rimes, rites et rires, bien avant d’être mot.


Craquètement, lamentation au fil de l’eau, vagissement d’étable, stridulations, brames et râles de mourants, sifflements, gloussements, picotements et chatouilles…, tendresse au cœur du Monde et rudesse des sons de l’être, glapissements et piaillements dans la nuit des étoiles.


Le corps est sons, archive des sons, pluralité des sonorités, des harmonies et des dysharmonies, bibliothèque sonore où la matière se dit pour dire la vie à verbe incarné, à sons étalés, verve déployée, exubérance, multiplicité, variété, différence et biodiversité.


Tout est sons, bruits corps et âme, cris, ainsi pour entendre l’indicible, bruiter l’infini ou dire le temps, l’homme peut avoir des yeux derrière la tête, du bol pour y faire de la musique, des métaphores dans la bouche, des paraboles à revendre, du chien pour aboyer à la lune, du cran pour gueuler l’injustice. Il peut avoir du sang sur les mains et dans les veines pour palpiter, frissonner, il peut avoir la chair de poule pour crier sa peur, la langue bien pendue pour dire l’amour et la larme à l’œil pour mouiller les déserts de ce monde ; mais pour cueillir l’avenir, il peut aussi avoir la main heureuse, la main sûre de rien, tout comme la main verte de tout.


L’esprit au cœur de la matière et la matière au cœur de l’esprit, tout respire, inspire, expire, conspire contre la mort. Les sons grondent dans l’on, dans l’oeuf, igname, monstre de gamme à gamme, oui, ei, ph, en, et qu’ain et qu’euille sans fin, sans fond, sans mot dire pour dire l’impossible et l’imprononçable. Ail, aille, ouille, son après son, jusqu'à ce jour qui ne vient pas et au-delà de la nuit des sens, des sons, des mots…, toute la Création gémit, un, une, oi, ou, ch, eau... entre mes doigts.


Son après son, les univers entiers se nomment, se disent tant et tant que ça crisse, autant que ça coince, messe qui fait mal jusqu’aux racines du commencement, jusqu’aux nœuds du sans fin.


Que oui, la matière gémit comme dans les douleurs de l'enfantement, bébé attendant avec patience la délivrance de toute chose et l’espérance de tous les sons : dez, lien, ienne, gu, tion, è, ê ou é…, mais, où, est, donc Icare, avec ses ailes d’ange et sa tête de linotte ?


En quête d’Unité, le grand puzzle est fragmenté, tels des tessons du réel, les sons y sont déjà des morceaux de bonté, des copeaux d’humanité et des éclats de beauté, à même d’étranges chœurs et d’impossibles mélodies.


Fragmes en couches superposées, clips emboîtés les uns aux autres, SMS pour crier SOS, flashs comme des revenants, slams à secouer le présent…, c’est comme des lambeaux déployés en portion d’espace, ou comme des tags en tranches de temps. C’est comme des tonalités étalées sur le mur des pensées, pure confiture de conscience éthérée, mi-bruit, mi-intuition, pur sel, pur bœuf, perception d’un tout qu’il faudrait rétablir, consonne après voyelle, tel un « je » de patience.


Pour résonner de toute sa raison pure, bruire de son intériorité, penser à perte de vue, l’Esprit planait sur les os, totalité composée d'éléments à assembler les uns aux autres, pour reconstituer le véritable dessein des anges, l’Amour majuscule, qui conjuguent et déclinent en silence le silence, ne faisant aucun bruit en volant de leurs ailes propres en chacun de nous.


Les sons ça fait paf, ça se prout, ça roule d’échos comme petit pois en pente, ça se dit mot à mot, ça se joue, se chante, se conte aux oreilles des chats, à la bouche des petits, ça vous poursuit jour et nuit, plouf, rien qu’un P et déjà, c’est une goutte d’humanité qui se dit, dans un océan d’humus, à pleine terre boueuse, ça vous court après, ça vous grimpe à la gorge, parfois même que les sons vous rattrapent, à droite, à gauche et que ça vous poursuit comme une vieille rengaine, une vieille mort honteuse, depuis toujours jusqu’à la fin, ça ne vous quitte plus d’une semelle, ça vous colle à la peau jusqu’à trouver sa juste place, selon la subtile multiplicité des éléments à réconcilier avec l’Unité.


Tout se dit et tout peut se dire à l’infinie… parabole dépliante de symboles, interminable poupée russe, comme une saillie en creux, comme chaque partie d’un corps humain qui semble se dire comme une métaphore de l’Univers tout entier, chaque son, en se disant, dit quelque chose de toute la Création.


 
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   jamesbebeart   
21/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Superbe texte où le réel est décliné sous ses formes, bruissements, fureurs, où sons et matière participent aux noces de la création du monde ; où l'humain prend toute sa place. Merci pour cette lecture d'un poème en prose...

   jaimme   
21/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
La Parole, l'écrit comme fractale de la Création...
Une participation au cosmos quand l'homme écrit, pas une véritable création.

Je me disais que, mais cela n'a pas grand intérêt, je lisais quelque chose de plus proche de la poésie que de la réflexion/dissertation. Puis non: car la poésie n'est pas un assemblage de jeux de mots, c'est, comme chez Larivière par exemple, mots et musicalité. Et c'est là ce qui me gêne le plus ici: les jeux de mots ne remplacent ni la musicalité ni la réflexion.
Je ne critique pas le fond car chacun ressentira ou pas ce cri de l'écrit comme une participation au grand tout, à l'éternité des bruits et des cris (moi pas).
L'ensemble est ponctué de jolis trouvailles (Ré et El par exemple bien que le côté divin de la chose me laisse froid) et très bien écrit en général. Mais ni réflexion, pour moi, ni poésie pour moi encore, et pas convaincu de cette osmose de mon écrit avec les cris des galaxies et les pets des vaches, je passe à côté du message.
Merci pour cette lecture atypique.

   Anonyme   
21/10/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour,

moi j'ai pas été emballé. J'ai trouvé ça assez confus, l'auteur s'est laissé porté par le plaisir de faire du son, des "je" de mots, en oubliant parfois, à mon sens, qu'il n'était pas tout seul, mais censé le partager avec l'éventuel lecteur. Du coup, j'ai regardé ça à distance et, sous toutes ces circonvolutions, j'ai pas trouvé beaucoup d'idées, mais une répétition constante de la même, un peu comme une litanie, le corps parle, pète, rote, imitant en cela toute matière qui fait la même chose... Ouais, bon, bof, j'ai envie de dire, la thèse ne me séduit pas, même si j'ai conscience de n'en avoir pas saisi toute la subtilité. Mais justement, je reprocherai à l'auteur de m'avoir laissé sur le bord de la route.
Bonne continuation.

   Perle-Hingaud   
21/10/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Pas convaincue. Dommage, l'idée de départ était séduisante, le jeu de mot du titre alléchant. Mais le texte délaie à mon sens une seule idée.
J'ai eu l'impression que l'auteur écoutait plus la sonorité des mots qu'il ne cherchait à donner un sens à certaines phrases... par exemple:
-l’homme peut avoir des yeux derrière la tête, du bol pour y faire de la musique,
ou
-en la gare des tris, au tournant des cerveaux
Je suis certainement mal réveillée, mais ces mots m'ont laissé froide.
Par contre, certaines autres expressions sont trés poétiques, d'ailleurs je me suis demandée si je ne lisais pas plutôt une poésie en prose... La partie "pets" et "rots" parait cependant assez décalée, bien que je comprenne l'intention de l'auteur.
Au final, une écriture un peu trop chargée à mon goût en jeu de sons, mais une idée de base intéressante. Les surcharges de la forme ont nuit à ma compréhension du fond.
Bonne continuation.

   alifanfaron   
21/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte inégal. Mais qui tire d'avantage vers le haut que vers le bas. En plus, il a de très bons passages. Notamment celui-là:

"Je suis la matière, la substance en question, je fais du bruit parce que je rythme sur mesure, je cadence la danse, je pleure ou gémis, je sentimente, je vomis dru, je coule et roucoule, je cascade, je rote sec, je pète de tout bord, j'éternue à tous les vents…"

Dans l'ensemble, je trouve que tu t'approches du style de Céline. Et c'est un sacré compliment venant de moi. Avec un peu de poésie en plus. Ce qui fait perdre un peu de rythme mais donne un peu de légèreté. Pas mal.

   florilange   
21/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Moi j'ai aimé, ça m'a fait penser à certains slameurs...
Il n'y a qu'1 seule idée, OK, mais bien déclinée, sous toutes ses formes, avec 1 richesse de vocabulaire, 1 force d'évocation sonore, 1 rythme, 1 poésie qui m'ont intraînée. En +, la bonne longueur, ni trop, ni trop peu.
1 vraie recherche, 1 beau travail littéraire. Compliments!
Florilange.

   Marquisard   
21/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
ça tourne un peu en rond du début à la fin c'est marant, je crois que j'ai bien aimé à part quelques menus détails et un passage, celui-ci :

"En quête d’Unité, le grand puzzle est fragmenté, tels des tessons du réel, les sons y sont déjà des morceaux de bonté, des copeaux d’humanité et des éclats de beauté, à même d’étranges chœurs et d’impossibles mélodies.

Fragmes en couches superposées, clips emboîtés les uns aux autres, SMS pour crier SOS, flashs comme des revenants, slams à secouer le présent…, c’est comme des lambeaux déployés en portion d’espace, ou comme des tags en tranches de temps. C’est comme des tonalités étalées sur le mur des pensées, pure confiture de conscience éthérée, mi-bruit, mi-intuition, pur sel, pur bœuf, perception d’un tout qu’il faudrait rétablir, consonne après voyelle, tel un « je » de patience. "

Je pense qu'il y avait matière à faire plus ou mieux ou moins ou différent, mais sans cracher dans la soupe un écrit sympa ou je me retrouve et dans les mots et dans le dit.

Le verrais bien comme un chapitre une partie un préambule, enfin pas un tout ce texte.

Quelques grands regnes absents, volontaire ?

Tiens d'ailleurs je lui trove des relents de magic mushroom et dans l'analyse et dans sa forme et dans la répétition, à ce texte.

   Anonyme   
23/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour reumond

J'aimerais... avoir ce souffle.
Je l'ai relu souvent, par petits morceaux, dans l'ordre et dans le désordre. J'aime le jeu des mots, ce qui les pousse, les projette sur la feuille. Je parie que c'est écrit à la main, en tout cas, je préfère le croire. Dans le silence. Pour mieux écouter les sons de ce monde.
J'ai pas tout compris et je m'en fiche un peu, j'ai aimé la musique des phrases, certains sens cachés, qui poussent aussi, dehors, à respirer.

Une seule phrase me gêne, car elle n'a pas le même rythme que tout le reste du texte.

"Le corps écrit, quand palpite le cœur des choses, et que gargouille, gronde, appelle, crie, ricane avec la hyène, blatère avec le bélier en rut et avec l’homme en colère en rue."

J'ai essayé de supprimer les trois "avec" : personnellement, la phrase me va mieux. Mais c'est un avis très personnel qui n'engage que moi.

Du bol pour y faire de la musique... aussi, j'ai pas trop aimé, le jeu de mot est limite (goût personnel) et dérange l'ordre au carré de l'ensemble du texte. Parce qu'il me semble bien que tout est rangé, classé, ordonné. Que pas un seul mot n'usurpe la place d'un autre alors "bol" je sais pas, question de subjectivité, de ressenti, peut-être un peu trop trivial, mais je ne comprends pas pourquoi puisque d'autres, tout aussi triviaux, y trouvent leur place.

Beau texte, qui parfois fait semblant de s'éparpiller, qui part quelque fois vraiment en vrille mais les mots "sons" rattrapés, et remis à leur place.

   Anonyme   
1/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Pas particulièrement captivée au début mais de plus en plus au fur et à mesure du texte. J'aime bien le style tout particulier de l'auteur, très très personnelle. C'est rare, rien que ça mérite d'être salué. Bravo donc.

Dommage, vraiment, que le début ne soit pas à la hauteur de la fin, cela risque de décourager pas mal de lecteurs qui rateraient quelque chose d'intéressants.

Bon boulot en tout cas. Bonne continuation.

   kamel   
6/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour reumond

Le titre attire le lecteur d'une façon implicite à s'enfoncer dans ce foisonnement de mots pour découvrir cette matière qui écrit.
Personnifié davantage,le corps remplit une fonction purement physiologique à l'encontre de l'âme,douée de la vie."Le chemin d'intériorité", "Le coeur palpite""Une voix me dit "," le corps est purement "sons"" émaillé de sentis et de ressentis"
"Tout est sons ".le lecteur acquiert un certain vocabulaire riche parfois à cause des définitions répétitives allant à sens unique.
Avec un emploi de "çà" manière de consolider un dire dans une structure formelle.
C'est le principe de l'énonciation au niveau d'une lecture de surface mais au niveau d'une réflexion....

Amicalement Kamel

   Anonyme   
3/3/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'ai commencé à le lire, failli abandonner, suis passé aux commentaires, revenu sur le texte, ne suis pas arrivé à la fin.
Désolé, je n'aime ni Boulez, ni le slam.
Un jeu de mots mais ils ne m'évoquent pas grand chose.
Néanmoins, l'exercice valait d'être tenté.


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