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Réalisme/Historique
Romy : La nouvelle
 Publié le 13/02/13  -  11 commentaires  -  16708 caractères  -  128 lectures    Autres textes du même auteur

Aline avait rendez-vous dans un bel immeuble en briques rouges. Elle est arrivée à l'heure, elle arrive toujours à l'heure. Mais ce jour-là, elle aurait peut-être mieux fait de ne pas arriver du tout.


La nouvelle


Aline est arrivée à l’heure. Elle arrive toujours à l’heure.


Elle avait rendez-vous au troisième étage d’un immeuble en briques rouges entièrement rénové, et s’était apprêtée pour l’occasion : jupe noire en coton, bas de laine, bottines cirées à la va-vite, polo à motifs blanc et rouge, et son pull sans manches à capuche, celui qui ne va avec rien mais qui lui va si bien. Aline est un peu comme son pull : elle ne va avec rien. Ou rien de prévu. C’en est devenu un principe, un effet de style même, et, finalement, ce rien, ça lui donne ce p’tit quelque chose.


Au fond, c’est aussi d’un petit rien, ou rien de prévu, que l’imprévu a surgi pour l’amener dans cet immeuble en briques rouges entièrement rénové : une lettre format A4 reçue quelques jours auparavant.


Elle s’était levée tôt : six heures tapantes. Heure de réveil calculée la veille, marge de temps suffisante pour qu’elle émerge, se douche, s’habille, déjeune, se prépare à passer la porte d’entrée, tergiverse sur l’intérêt de passer la porte d’entrée, vérifie sa tenue une seconde fois, se change pour la troisième fois, et pèse, soupèse et repèse le pour et le contre à passer la porte d’entrée pour enfin se décider à la pousser, descendre la rue Michaux, emprunter le boulevard des Travailleurs, traverser six stations de métro, se perdre dans les ruelles sordides d’un quartier dont elle ne connaît que le nom, arriver devant le lieu de son rendez-vous, presser la sonnette d’entrée, prendre l’ascenseur et s’arrêter au troisième étage de l’immeuble en briques rouges entièrement rénové. En théorie, parce que six heures tapantes… c’est tôt.


Ce matin-là, il faisait encore noir lorsqu’Aline a ouvert les yeux. Ça l’a surprise. Elle avait oublié qu’en hiver, les nuits sont longues. Et, bien que six heures tapantes soient son heure de réveil, bien que ça soit l’indice de son début de journée, lorsqu’il fait sombre, passé minuit, c’est qu’il fait encore nuit et la nuit, eh bien… Aline… dort. Elle s’est alors demandé ce qui caractérisait le début de journée hormis le fait de se lever, sans se recoucher. Elle s’est d’ailleurs dit que la journée en tant que repère temporel n’avait aucun sens puisqu’on est encore éveillé lorsque la nuit tombe et que l’on peut s’éveiller lorsque le soleil n’est pas levé. Et Aline s’est mise à jalouser le soleil qui n’en faisait qu’à son rythme, alors qu’elle, Aline Capeau, devait se plier aux exigences d’un rendez-vous matinal, rendez-vous qui prendrait bientôt la forme d’une habitude à laquelle elle ne pourrait s’extraire qu’en montrant la patte blanche d’un certificat, bout de papier qui lui viendrait en aide lorsque les matins trop lourds lui feraient perdre la notion du temps.


À six heures, la maison n’était pas chauffée et sa couette épaisse l’aurait emporté si Aline n’avait pas eu la présence d’esprit d’activer le rappel de son réveil, en prenant soin de sélectionner la pire sonnerie qui soit et de s’extirper de la moelleuse avec le contentement de ne plus avoir à subir l’ignoble « coconut » qui lui servait d’alerte.


Elle n’a pas déjeuné. Elle a pourtant tenté d’engloutir un bol de céréales au chocolat, celles qui se sont naturellement agglomérées, faute d’avoir été secouées, ballotées, ménagées ; celles qui ont manqué d’attention, oubliées dans le fond d’un placard réservé au petit déjeuner, et qu’elle n’ouvre qu’en de rares occasions, parce que, d’habitude, durant le matin des « travailleurs », eh bien Aline dort. Mais l’angoisse de la rencontre à venir l’a emporté sur le conseil de précaution, celui rabâché par sa mère, lorsqu’Aline était petite, qui l’a elle-même entendu de sa grand-mère qui l’avait elle aussi appris de sa mère qui possédait, nécessairement, la vérité sur ce qui serait bon pour les générations qui lui succéderaient. Vaincue par son absence d’appétit, Aline s’est contentée d’un café sucré avec du lait, brique indigeste qui lui procurerait la sensation suffisante de commencer sa journée… dans de bonnes conditions. Faire bonne figure, le ventre vide, deviendrait SON principe de précaution. Une façon comme une autre de déroger à la règle ou de se dégager de l’ancien pour donner sens à l’avenir : un petit déjeuner qui n’avait rien d’équilibré pour les anciens, mais qui prendrait toute son importance face au malaise gastrique de l’angoisse des petits matins…



L’accueil s’est fait directement lorsque les portes de l’ascenseur se sont ouvertes : elle a entendu le « poc » de l’arrêt de la machine, a poussé la porte et de là, à cinq pas du monte-charge, un bureau d’entrée avec un ordinateur s’est présenté à elle, avec comme signe de bienvenue, un chignon ambré joliment métissé qui lui a lancé un sourire des plus avenants. Rien d’ostentatoire, au contraire… une belle sobriété qui ne vous dit pas nécessairement « entrez » mais qui vous engage à saluer Natacha, la secrétaire/hôtesse d’accueil, celle qui vous lance le premier sourire de la journée ou qui vous la dégomme d’un trait d’humeur.


Ce jour-là, elle a foulé pour la seconde fois la moquette grise vieillotte de ce faux hall, et a répondu au sourire lancé par un « Bonjour ! » énergique, celui qu’elle pensait le plus approprié à l’objet de sa présence.


Natacha lui a indiqué les fauteuils situés à gauche de l’ascenseur avant d’ajouter « Marc ne devrait plus tarder ».


Marc. Encore ce Marc.


Elle a pris place, en s’imaginant mille et un Marc, et a attendu, calée dans un fauteuil, que ce fameux, celui dont elle avait déjà entendu le prénom à plusieurs reprises, fasse son apparition.


La radio du hall d’accueil était branchée sur « Vivre au quotidien ». Le « Flash info » de neuf heures annonçait la première greffe de visage en Belgique. Aline trouva qu’il s’agissait là d’une opération bien étrange : « Largué de l’identité en ayant le visage d’un autre. Cet homme n’aura plus ses propres grains de beauté et il aura une sorte de germination de cellules de porc sur le visage… à vie. Étrange », pensa-t-elle.


Alors que la radio assurait le bruit de fond, trois personnes ont traversé, avec plus ou moins de lassitude, le sas dans lequel elle attendait patiemment : une jeune femme aux cheveux blonds coupés à la Pink ; un jeune homme aux cheveux crollés, pull pilou et petites lunettes rondes à la Lennon et une dame à jupe longue dont la tessiture vocale lui semblait être le résultat d’un dérèglement hormonal. En les regardant passer, Aline s’est dit que le taf, c’est comme une concentration d’individus qui, mis à part le partage d’un même espace de travail et une pseudo-culture d’entreprise, n’ont rien en commun hormis la nécessité de « travailler », avec plus ou moins d’envie.


Il faisait chaud, alors elle a enlevé sa veste. Elle a senti discrètement ses aisselles qui s’humidifiaient au fil des minutes. Résultat de la tension qu’elle ne pouvait contenir et qui se traduisait par la concrétisation d’auréoles disgracieuses sur son pull hivernal. Elle arborait un sourire niais, celui de la bonne impression, tout en se frottant dessous les bras, amenant furtivement les extrémités de ses doigts fins jusqu’à son nez devenu, pour l’occasion, l’évaluateur de son hygiène qui n’était – il faut bien l’avouer – pas toujours irréprochable.


Le « Flash info » s’est terminé en annonçant qu’un sanglier avait dévasté un salon de coiffure dans la région de Huy. Une dame qui avait suivi le drame raconta : « Il est rentré dans le magasin et il a tout saccagé. Il a foncé sur Amélie, la petite stagiaire. Elle a couru mais bon… »



Fin, classique mais « viril », avec une barbe de deux jours, des yeux bleus perçants et un bel aplomb. La caricature de l’homme assuré et rassurant, qui sait où tu dois aller et quand tu dois y aller. Bref, un DRH, un vrai. « Marc, le DRH. » Marc lui a simplement lancé « Vous me suivez ? »


Ils ont grimpé d’un étage pour atteindre le bureau individuel de Marc – privilège spatial de son statut de « membre de direction ». Espace vaste, aménagé de façon soignée, où tout est parfaitement aligné. Marc est un DRH et comme tout bon DRH, il est organisé, sérieux, assuré, rassurant, qui sait où tu dois aller et quand tu dois y aller. En apparence.


Il l’a invitée à prendre place, et lui a expliqué tout un tas de choses à propos du contrat qu’elle s’apprêtait à signer : niveau 1/universitaire, 0 année d’expérience, contrat 5/ 5ème, pécule de vacances (2 jours cette année), et prime de fin d’année, petite mais suffisante pour « améliorer les cadeaux sous le sapin ».


Les mains posées sur le bureau, tapotant le revêtement plastique des tables à paperasse, Aline avait la gorge sèche, déshydratation matinale résultant du questionnement qui la desséchait peu à peu et de plus en plus profondément. Elle aurait pu rebrousser chemin, se lever, poser un non, et avouer qu’en fait, non, elle n’avait pas envie de travailler, non elle n’avait pas envie d’un CDI, non elle n’avait pas envie de se rendre (peut-être) à vie dans cet immeuble en briques rouges entièrement rénové, à occuper le même bureau, le même siège ergonomique, à ranger ses stylos dans le même pot à stylos, et de s’accoutumer à des horaires de fonctionnaires. Elle aurait pu, mais elle s’est simplement dit « plus tard. Je dirai non, mais plus tard ». Le problème avec le plus tard, c’est qu’il est indéfini… comme son contrat… à durée indéterminée.


Marc, le DRH, avait plutôt l’air ravi de l’accueillir, et de lui donner sa chance, comme à un enfant à qui l’on demande de « garder la classe » en son absence. Il lui donnait du travail, un salaire et quelques avantages comme le remboursement d’un abonnement de transports en commun, des tickets-restaurants, des formations à la citoyenneté, à Excel, Access, ou ce qui aurait pu lui « servir » dans sa nouvelle « fonction ». Et elle devait le remercier pour tout ça, sans excès mais avec intensité. Alors, par automatisme, ou parce qu’elle maîtrisait parfaitement le b.a.-ba du savoir-vivre, elle a dit « merci, je suis ravie d’être ici », et elle devait le penser un peu, parce qu’après tout, ça n’arrive pas à tout le monde. Et sans qu’elle ne s’en rende vraiment compte, comme kidnappée par l’ondée positive de son « plein » emploi, elle plongea tête la première dans ce qu’il lui proposait en apposant, d’un geste fébrile, sa signature à l’encre indélébile. Marc lui serra la main tout en la félicitant, et d’ajouter… « On peut se tutoyer, tu fais désormais partie de la famille. »


La vie d’Aline changerait à jamais.


En moins de dix minutes, elle avait troqué son statut de l’inemployable allocataire pour celui de la jeune salariée motivée, dynamique, fraîche et… volontaire. Si ces qualificatifs n’étaient pas inscrits noir sur blanc, les normes tacites de la nouvelle arrivée lui ordonnaient de donner le change sur cette base de référence, qui ne tenait ni en de réelles qualités professionnelles, ni en de réelles qualités humaines, mais bien d’un jeu dont elle venait, provisoirement, de gagner la partie.


Dix minutes pour enrayer deux ans, dix minutes qui justifiaient ses longues années d’études et qui revaloriseraient l’intérêt d’avoir appris à lire, écrire, calculer, argumenter, analyser, et mettre en balance.



Au deuxième jour, Aline reçut un agenda. Elle se sentit toute chose. C’est Natacha qui lui indiqua qu’elle pouvait en choisir un de ceux qui étaient soigneusement classés en trois piles sur le desk : pile bleu marine, pile vert bouteille, et pile rouge sombre. Elle opta pour le bleu, parce que le bleu, « ça va avec tout », choix qu’elle posa après avoir reconstitué mentalement un panorama général de sa garde-robe.


Son nouvel agenda – format A5, à peu de chose près – était suffisamment petit pour qu’elle puisse le glisser dans son sac à main, suffisamment grand pour qu’il enrobe l’un de ses seins. Format exemplaire estima Aline.


Tout en évaluant la dimension de son nouvel outil de travail, Aline pensa que la taille d’un agenda était un parfait instrument de mesure pour considérer l’importance des choses à faire ou des évènements qui le rempliraient. Car au-delà de l’aspect pratique d’un petit agenda, il était aussi question d’estimer ce que l’on avait à y noter. Et elle jugea que les grands patrons avaient pensé à tout, jaugeant que l’espace contrit du petit format était parfaitement adéquat comme pense-bête des « bitures » amicales ou des repas familiaux chez pépé René ou tante Édith, mais qu’il ne convenait absolument pas au calendrier d’une travailleuse, parce qu’après tout, une travailleuse a toujours quelque chose à faire, et même si elle n’a rien à faire, elle trouverait toujours quelque chose à faire. Aline comprit alors que le format de l’agenda, pensé par les grands patrons, était, in fine, l’outil marketing qui véhiculait l’image de marque de son engagement nouveau : ici, on bosse.


L’agenda d’Aline deviendrait le symbole de son activité : elle pourrait dire bientôt, très bientôt « regarde », en pointant du doigt les nombreux griffonnages d’une page lambda, « je n’ai pas une minute à moi ».


Aline examina son « cadeau », curieuse à l’idée de découvrir comment il était organisé, et, par la même occasion, comment elle devrait s’y accoutumer. Elle frotta longuement la première page, pour identifier la facture du papier, sa qualité et son odeur. Elle reprit son agenda de fortune, son cahier « Conquérant », sur la première page duquel elle avait noté « agenda provisoire », et chercha les dates qu’elle pouvait d’ores et déjà placer : première réunion d’équipe en janvier (précisé par Marc le DRH) – trois séances d’informations au mois de février sur la dette du tiers monde. Par quoi commencer ? Elle sentit une pointe d’angoisse monter à l’idée de devoir choisir sa première « obligation », et se dit qu’il lui fallait commencer, tout naturellement, par le commencement.


Elle hésita sur le choix du stylo qui glisserait, pour la première fois, sur les belles pages beiges : Bic noir, rouge, bleu, vert ? Et, finalement, elle opta pour le bleu. Elle tenait, d’une main crispée, son stylo légèrement surélevé, position qui trahissait la tension de la première fois, celle du possible jet d’écriture raté, le malencontreux qui salirait les jolies pages vierges. Aline, se rendant compte de sa posture, se mit à penser que sa tension n’avait aucun sens, sachant qu’elle, Aline Capeau, serait inéluctablement déçue. Bien qu’elle s’autorisait à rêver, comme à chaque fois, que celui-ci serait le plus bel agenda d’entre tous, en réalité, elle savait d’ores et déjà qu’elle n’en serait pas à la hauteur. Tôt ou tard, elle arracherait les pages de son bel outil de travail, elle le raturerait, le chiffonnerait, et finirait par s’en foutre jusqu’à l’arrivée d’une nouvelle année qui amènerait, entre autres choses, la nécessité d’un nouveau calendrier. Et comme les bonnes résolutions du 31 décembre, elle le bichonnerait, en prendrait soin… et elle souhaiterait, comme aujourd’hui, qu’il reste toujours aussi neuf, afin que l’agencement parfait de la nouveauté lui rappelle, sans discontinuer, ses qualités de « bonne » employée : soin, ordre et organisation.


Aline comprit que l’agenda était au fond la bible du métro-trotteur, le pense-bête du bureaucrate, alors elle entama sa rédaction, soigneusement, de sa plus belle plume et malgré toute l’attention qu’elle porta à son entreprise, malgré tout le soin avec lequel elle avait choisi son stylo et la première page sur laquelle elle s’essaierait à faire de son nouvel ouvrage, le plus bel ouvrage au monde, Aline Capeau, prise d’un tressautement inopiné, intervertit le 2 janvier avec le 4 février. Elle sentit alors la honte et la frustration se distiller jusqu’à former des rougeurs sur ses joues pâles. C’en était assez pour qu’elle remette en question ses qualités de « bonne employée », réalisant qu’en dépit de sa bonne volonté, elle n’était ni ordonnée, ni soignée, ni organisée. Elle se dit alors qu’il fallait en informer Marc, le DRH, l’avertir qu’il avait fait une erreur, qu’elle n’était pas à la hauteur, ni de l’agenda, ni des compétences de celle qui devrait, l’année durant, le remplir.


Pourtant, et bien qu’elle aurait pu saisir cette opportunité pour poser le non qu’elle avait déjà envisagé, Aline se contenta de raturer, et finit par troquer son Bic bleu pour un crayon, celui avec une gomme intégrée, posé en marge du pot à stylos. Et Aline, tout en retouchant son nouvel agenda, assise sur son joli siège ergonomique, derrière son bureau de travailleuse, se mit à rêver que bientôt, très bientôt, elle poserait le « non » qu’elle avait déjà considéré, et qu’après tout, penser le « non » plus tard, c’était déjà mieux que de ne pas le penser du tout.


 
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   socque   
18/1/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
La conclusion est jolie, oui, j'aime bien cette ouverture sur la possibilité de refuser l'aliénation...
Mais avant, disons-le, je me suis gracieusement ennuyée. Je n'ai guère d'affinités avec le genre "épopée du quotidien" et là, je trouve, on est en plein dedans. Alors, soit, l'inadaptation foncière d'Aline, cette inadaptation où beaucoup (dont moi) peuvent se reconnaître, est plutôt bien exprimée je trouve, mais à grands frais de mots ; question économie de moyens, je pense qu'on peut mieux faire.
Ce manque de sobriété est certes, je pense, en accord avec le sujet, mais le mouvement sans aucune surprise du texte l'aggrave à mon avis. Il me semble qu'en faisant l'effort d'une construction plus rusée, plus éclatée, avec retours en arrière, anticipations, etc. (qui en outre rendraient peut-être mieux la complexité du monde tel que perçu par Aline), votre texte gagnerait beaucoup. Tel quel, je le trouve sympathique mais sans subtilité.

   alvinabec   
28/1/2013
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Bonjour,
Il y a de l'idée et ce récit aurait pu être très attachant mais je crois qu'il y a de grosses refontes narratives à effectuer pour emporter l' adhésion de votre lecteur.
Le texte me semble déséquilibré: le petit rien n'en est pas un, le passage sur le réveil (ou non) d'Aline, très long, idem pour les céréales ( et que disaient la mère et la gd-mère?), le DRH fait penser à un instituteur bienveillant sans beaucoup d'épaisseur. L'idée de l'agenda est excellente, ce petit carnet où ranger sa vie de travailleur, où noter des humeurs, des fulgurances, des traits d' esprit, des critiques, des coups de gueule...mais Aline paraît bien sage et docile alors que sa présentation en début de narration laissait entrevoir un personnage un peu hors norme, un peu rebelle.
Quelques tournures grammaticales à perfectionner.

   macaron   
30/1/2013
 a aimé ce texte 
Pas
Il ne se passe pas grand chose dans votre histoire, et je n'arrive pas à donner quelques couleurs à votre héroine. Votre entame est particulièrement longue et ennuyeuse mais j'ai pensé que cela allait démarrer enfin. Hélas non! L'écriture est parfois poussive, avec beaucoup trop de détails dont on se fiche éperdument. D'abord une intrigue et un élaguage dans le texte. Indispensable!

   Acratopege   
13/2/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je suis assez d'accord avec les commentaires précédents. Il y a de bonnes idées, mais le rythme est trop lent à cause de l'accumulation de détails non pertinents. Si le récit était écrit à la première personne, on comprendrait mieux cette accumulation de petits faits, car cela correspondrait à l'auto-observation, anxieuse peut-être, d'un narrateur qui fixe sa pensée ailleurs que sur l'important.
Les bonnes idées, ce sont les flashes entendus à la radio, qui insèrent le récit dans la cité, et puis surtout, je trouve, le passage du stylo au crayon et à la gomme. Joli symbole de liberté, cette possibilité d'écrire sa vie, d'effacer, de reprendre.

   Pimpette   
13/2/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est à la fois un peu raté et très intéressant quand même. Un sujet qui, avec son air de ne pas y toucher, est sérieux, humain, et assez triste!
Je suis certaine que la situation décrite se produit en permanence, baignant dans un ennui et des regrets qu'on sent même si ils ne sont pas décrits expressément....
C'est difficile à écrire cette petite vie minable qui a conscience, semble-t-il, de ne pas pouvoir s'en sortir!

Sauf la dernière phrase qui est d'ailleurs superbe:
"penser le 'NON!' plus tard c'est déjà mieux que de ne pas le penser du tout

Finalement, ce n'est pas mal du tout , ce texte là!

   pokilm   
13/2/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour Romy,
On peut trouver l'histoire racontée assez terne, peu palpitante mais s'il s'agit là d'un choix de votre part, il me semble qu'il faudrait le mettre en évidence par une forme et un travail impeccable de la langue.
Voilà pourquoi des fautes assez grossières comme l'indicatif ou le conditionnel derrière "bien que" empêchent, me semble-t-il, le lecteur de suivre votre démarche et lui donnent peut-être un a priori négatif.
Il y a pourtant des éléments intéressants dans votre texte, qui sonnent juste.

   Pascal   
14/2/2013
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Ecrire un texte sur un sujet banal est très difficile... Il faut que la forme des phrases tienne le lecteur en suspens, surtout si comme ici il ne se passe pas grand chose, c'est tout un art, je ne dis pas que c'est raté, il y a quelque chose...Mais des phrases trop longues parce qu'elle ne tiennent pas la route, des répétitions qui n'apportent rien ("l’immeuble en briques rouges entièrement rénové"). L'idée de l'agenda est très bonne, exploitée trop longuement....Il manque l'étincelle ! Avec une fin moyenne, pas étonnante...

   Beckett   
14/2/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je ne commente pas souvent, mais là, je suis allé au bout de ma lecture, ce qui est bon signe. Le style est froid, sans affect, mécanique et il colle parfaitement au propos, voila la force de ce texte me semble-t-il. Vous décrivez dans les moindre détails et en les étirant, les petits rien qui remplissent nos vies professionnelles et qui finalement, à force de répétition et d'accumulation, prennent toute la place. Les habitudes, la routine, le désir absurde d'être à l'heure, d'accomplir proprement jusqu'à l'obssession des tâches artificielles et sans interêts. Quelques lourdeurs dans l'expression parfois, mais merci pour ce triste constat.

   Lobia   
15/2/2013
 a aimé ce texte 
Un peu
Je rejoins Pimpette sur le choix de votre sujet : humain et triste. En fait il est même passionnant quand on se penche un peu dessus : comment accepter de son plein gré de s'aliéner à un travail inintéressant où l'on sent que l'on va végéter toute sa vie ? Ca semble délirant, c'est pourtant le quotidien de millions de gens.

Alors oui le sujet est passionnant et il suffirait de peu de choses pour que votre nouvelle passe de "moyenne" à "excellente".

Tout d'abord vous avez écrit cette histoire comme si vous disposiez de tout l'espace d'un roman pour développer votre idée, du coup la mécanique ne fonctionne pas pour le format de la nouvelle. Il manque un enjeu, quelque chose qui nous tienne en haleine et donne un sens à ce long descriptif du quotidien. Pourquoi pas une métaphore en début d'histoire, comme un piège qui se referme sur elle, puis un flash-back pour comprendre ce qui lui est arrivé ? (bien sûr je n'essaie pas de réécrire votre histoire, je tente d'illustrer mon propos).

Ensuite j'aurais préféré que cette histoire me soit raconté à la première personne du singulier, là on prend trop de distance avec le personnage et on se sent juste spectateur de scènes anodines, on passe à côté de l'empathie.

Je pense également qu'il n'y a pas de parti pris, comme si vous ne saviez pas vous-même quoi penser de cette situation alors qu'il y aurait tant à dire ! J'aurais aimé connaître votre sentiment face à ce changement de vie ! Est-ce un début de "nausée" ? Un de ces moments étranges où tout ce qui nous est familier nous devient étranger ? où l'on ne trouve plus de sens à ce qui, 5 mn plus tôt, allait de soit ?

Le meilleur passage reste celui sur l'agenda et la panique de cette femme face à son erreur, les proportions délirantes que cet incident prend : c'est très bien vu. Ca ressemble à l'auteur Peter Handke qui a tiré l'idée jusqu'à son paroxysme dans "l'angoisse du gardien de but au moment du penalty". Vous avez des similitudes avec cet écrivain.

En conclusion, j'espère lire prochainement une nouvelle version de votre nouvelle où l'on pourra admirer enfin toute l'étendue de votre talent.

   AntoineJ   
16/2/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
je n'aime pas trop ce démarrage en trompe l'oeil dépressif et la répétition de l'immeuble en briques rouges entièrement rénové. J'aime bien que l'on apprenne progressivement des infos, ces allers retour dans le passé et l'idée générale de la plongée dans un monde nouveau.
je n'aime pas la rencontre avec le DRH et la relation à l'agenda, pas crédible (elle n'est pas seule dans cette entreprise, si ?).
je n'arrive pas à savoir ce qu'elle pense de ce nouveau job : enfin, je vais gagner ma vie ? je ne veux pas de ce travail ?
D'ailleurs, au fait c'est quoi ce travail ?
Bref, le style est correct et inégal (de mon point de vue), le fond est potentiellement intéressant.

   brabant   
20/2/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Romy,


Belle écriture dont je me suis pris à penser que c'était cette écriture-là qui emplissait l'agenda "bleu" puis emplirait encore les futurs agendas "bleus" d'Aline Capeau. Elle est en effet manifestement prête, après des études mécaniques, à emplir un emploi tout aussi mécanique, et à accompagner le personnel et les objectifs mécaniques de cette société mécaniquement rénovée. On a le cursus ou on ne l'a pas ; on est formaté ou on ne l'est pas. Et Aline est encastrable malgré elle, en dépit de son mauvais gré.

Sachant pertinemment qu'elle n'écrira jamais ce "non" qui lui permettrait d'échapper à ce monde aseptisé, j'espère cependant pour elle qu'elle conservera ses habitudes de légère malpropreté afin que ses propres odeurs de transpiration puissent au moins lui tenir discrètement compagnie sans provoquer son renvoi.

Vous avez dit "déshumanisé" ?


:))))))


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