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Science-fiction
Shepard : Tombe
 Publié le 31/01/18  -  5 commentaires  -  16715 caractères  -  63 lectures    Autres textes du même auteur

Hier régnant désert.


Tombe


L'air fétide d'une rue bordée d'ordures fouettait le visage d’Ico. Chaque inspiration brûlait. Elle avait peu d'avance et l'autre ne comptait pas lâcher la course. Une alcôve entre deux abris d'acier corrodé se présenta, l'opportunité à saisir. Elle se plaqua contre la tôle chaude. Les pas s'arrêtèrent tout proche, elle s'écrasa complètement et retint son souffle. Une pointe de douleur perfora alors son foie, si forte qu'elle perdit tout contrôle et chuta. Une ombre s’agrandit sur les pavés cuivrés, sa poursuivante, qui agrippait une courte lame courbe. Ico releva la tête, du sang dégoulinant du nez qu'elle recrachait par la bouche. L'autre comprit, bien que plus jeune elle était de même conception et savait ce qui arrivait à ses aînées. Une pause fut respectée, marquant une hésitation. Serrant les dents, Ico jaillit et d'un geste leste poinçonna son clone au col avec une dague dissimulée. Elle la regarda tomber à genoux, tentant de contenir la cascade écarlate qui dévalait sa gorge. Après un ultime échange de regards, Ico tituba, sonnée. Elle n'avait pas eu le choix. Elle tourna les talons alors que l'autre mourait dans les immondices.


Ne traînant pas, la femme fuit en rasant les murs brunis par le sale, essuyant le sang avec un chiffon humide. Comptant les intersections de la carcasse pourrie qu’était Mu, elle rejoignit les ruines du Forum. Quelques étals miteux y proposaient une nourriture douteuse. Une odeur persistante mélangeant suie, âcre et souffre infusait jusqu'à la pierre du pavement. Naviguant entre la foule crasseuse, Ico se planta face à la marmite d'Artus, un vieux bonhomme sec de corps et gras de peau. En échange de scintillantes elle commanda un rat en brochette. La viande grillée fondait sous le palais mais le talent du cuisinier résidait dans l'ajout d'un jus acide qui relevait l'ensemble – piquant sur les papilles. Elle rejoignit les rues supérieures, l'ancien quartier des patriciens. Un allumé aux vers de sable lui tomba dessus, tout juste tenu en laisse par une vieille qui sifflait des imprécations. Ignorant le duo ridicule, Ico continua son chemin.


Le ciel s'assombrissait. Elle grimpa la grande butte, l'ancien temple de Sol à son sommet. Une ruine imposante toujours vénérée par ceux qui s’agrippaient à l'espoir divin. Mais Ico avait été conçue par la main humaine, non par une autre entité créatrice. Croquetant son rat, elle observait le soleil couleur citrouille, crevant sous les nuages noirs crachés par les usines en périphérie de la cité. Cette fumée rance qui pourrissait tout. Escaladant l'un des derniers chapiteaux de pierre, la fille se brûla les yeux sur l'horizon, laissant ses larmes glisser naturellement. Elle déboucha un pot en verre rempli de vers. Jetant les restes de sa nourriture elle enfourna une poignée de grouilleux dans sa bouche, renâclant au goût amer. Adossée contre une vieille colonne, sa tête s'alourdit, les contours de sa vision tremblotèrent et un faux sourire s'imposa sur son visage. Ico avait l'âge canonique de dix-huit années mais se sentait épuisée, son corps ne tenait plus. Le clone qu'elle avait assassiné devait avoir dans les cinq ou six ans, car les plus âgées n'hésitaient pas. Bien que meurtrière expérimentée, l'acte lui devenait insupportable. Pire encore pour ses doubles. Elles étaient des filles simples, obéissantes, qui servaient le Pascha dans ses bassesses et dans son harem. De la main d’œuvre jetable et anonyme.


Désœuvrée, Ico se motiva finalement à marcher, absente, baladant son regard sur les boîtes en métal qu'ils avaient installées, écrasant la plupart des anciennes bâtisses. Leur simple présence lui rappela sa colère et sa peur, mais les vers firent taire les souvenirs. Aux tréfonds du quartier des artisans se terrait la Charrette. Fendue en deux par l'un des caissons tombé du ciel, la brasserie avait pu sauver ses précieux alambics. Un énorme brasero animait la salle commune et réchauffait la lie citadine, imbibée d'alcool frelaté, baisant à même le sol dans une ambiance joyeuse et inconsciente. L'éclairage tamisé laissait entrevoir des tables de jeux ou banquets improvisés, des minables se traînant à quatre pattes en proie à des hallucinations et plus à l'ombre, une poignée d'anciens légionnaires prêts à calmer les plus excités. Ico se plaça au comptoir, sur une haute chaise bancale, caressa le fer cabossé du bar. Le tenancier, Archerius Cato, un ex-centurion, lui servit un broc à l’anse cassée. Il fit un signe de tête à sa cliente qui cligna des yeux. Les deux ne parlaient pas plus que ça. L'homme disparut alors qu'elle commençait à déguster son jus – de l'eau diluée à l'alcool. Encore engourdie par les vers, elle divaguait sur les bouteilles aux couleurs chaudes, aperçut deux cafards faisant la course, puis un type à l'agonie qui rampait au sol, accroché aux barreaux de sa chaise. Elle le repoussa du pied. Archerius revint, transportant un aquarium qu'il posa avec une insoupçonnable délicatesse. Dans l'eau sombre s'étirait Yurgul le Poulpe, un courtier en affaires. Machinalement, Ico déroula un câble fixé au bocal, extension d'un appareil aux diodes fluorescentes, et logea le jack dans un trou juste sous son oreille, proche de son tatouage ICO2227. Après quelques ajustements et grésillements, elle pu comprendre l'octopode.


– Contrariée ?


La créature ondulait lentement des tentacules. Ico releva le menton sans rien dire puis tendit une petite sphère noire et lisse. Archerius s'en empara avec discrétion.


– D'où provient cet orbe à données ? s'enquit mollement Yurgul.

– Pris dans les poches d'une pourvoyeuse du Pascha, sur la route extérieure.

– Pris ?


Le courtier aimait entendre toute l'histoire. Elle expliqua avec réluctance :


– Je l'ai volé mais elle m'a sentie.

– Et ?

– Je suis allée vers la décharge mais ça n'a pas suffi à la semer, alors je l'ai tuée.


Le Poulpe rétracta ses tentacules, comme pris d'un frisson.


– C'est…


Ico trancha, sur la défensive :


– Peu importe.

– Je comprends, sujet, hsss, sensible.


La femme termina son verre en silence. Yurgul enchaîna :


– Deux cents scintillantes après analyse, plus si ça a de la valeur.


Elle haussa les épaules et débrancha le jack.


Toujours droguée, Ico décida de rejoindre le frais nocturne. Un léger crachin acide tombait sur la ville. Au loin, quelques cris déments s’égosillèrent, puis s’arrêtèrent abruptement. Elle prit une profonde inspiration, tentant de repousser une nouvelle vague de douleur aiguë qui poignarda ses entrailles. Au fond d’une ruelle noire, elle vomit un mélange de bile et de sang, une main pressée sur le ventre, l'autre tirant ses cheveux en arrière. Son corps dégénérait, ses organes déclinant en premier. Elle frappa le mur comme une enragée, chassant la douleur par une autre, puis resta hagarde, la bouche pâteuse, une certitude venant s'inscrire précisément dans son flot habituel de pensées : sa mort était proche.


L'analyse de Yurgul révéla un lieu ainsi qu'une série de diagrammes obscurs, scientifiques. Ico n'avait jamais rien vu de tel mais le Poulpe parlait d’organismes végétaux – une autre forme de vie qui proliféra sur sa planète, cette planète, du temps des mythiques océans. Une histoire qu'elle avait du mal à croire. La sphère mentionnait aussi un laboratoire, au milieu de nulle part, dans l'Outre-Terre. Sentant l'excitation du Poulpe et aiguillée par sa propre curiosité, Ico accepta de mener l'enquête contre une triple mise de scintillantes. Elle voyagea de nuit, quand la chaleur s'envolait, les rues éclairées par des amalgames phosphorescents de moisissure duveteuse. À l'aide d'une simple carte et d'une boussole elle s'orienta dans la vallée desséchée qui cernait la ville. L'Outre-Terre se limitait à ça : du sable roux, des déchets et des mines, d'anciennes carrières qui façonnaient d'interminables abysses souterrains. Son objectif se trouvait au fond d'un cratère, elle dévala un talus traître pour déboucher sur une série de galeries à la roche ocre. L'extérieur semblait abandonné. L'intérieur saturé de poussière était faiblement illuminé par des lumières bilieuses. Se frayant un passage dans l'antique industrie encore pétrie de graisse noire, Ico resta à l'affût du moindre son, percevant les ronflements du vent ainsi que le bruit régulier d'un générateur électrique. En s'enfonçant plus encore, une voix se répercuta le long des tunnels, celle d'un homme.


– 2, 3, et celui-là comment il va ? Pas mal du tout... Pas mal…


Poursuivant les mots, Ico accéléra, toujours en silence, puis s’arrêta après un détour. Une odeur humide, de terreau, d'humus, imprégna ses poumons desséchés, la senteur étrangère égara ses sens, provoquant d'abord une impression de danger puis, rapidement, de fascination. De petits arbrisseaux se dressaient de part et d'autre d'une allée, dominés par des futaies plus denses. Une multitude de tons verts, indiscernables, saturèrent sa perception limitée. Enivrée, Ico s'avança à pas lents pour caresser les frondaisons, les feuilles, les aiguilles, puis capta une odeur plus sucrée, la sève. Elle s'attarda particulièrement sur la texture de l'écorce, rugueuse ou lisse, en apprécia l'organicité.


– Eh, bah en voilà une, ça fait un bout que je t'attends !


Ico sursauta. La voix rauque qu'elle avait perçue plus tôt, tenue par un petit homme, arborant une longue barbe en broussaille, terreuse, qui bondit au travers de l’allée.


– Ouaip, ceux-là sont nouveaux... 14-31 et 14-33, heu, 14-32 a desséché... Je ne leur donne pas à boire, mais, ces deux-là... increvables.


Il marqua une pause, fronçant ses énormes sourcils. Ico plissa les yeux. Elle comprit : on la confondait avec son clone, ou l'inverse.


– Trèèès... bien


Deux mots simples pourtant difficiles à prononcer, portés par une accentuation hasardeuse car elle n'était pas conçue pour l'expression orale. Le jardinier accusa le choc.


– De... Pardon ?


Ico se tut, incertaine. L'autre secoua la tête, doutant de ce qu'il venait d'entendre. Puis reprenant ses esprits, il invita l'intruse à le suivre :


– Allons boire un thé, marmonna-t-il.


Ils arrivèrent dans un petit atelier, encombré d'outils et tapissé de posters de botanique. Pendant que l'eau chauffait dans une théière électrique, Ico remarqua un ordinateur puissant installé plus en arrière, similaire au matériel utilisé par le Pascha. Après avoir rajouté quelques herbes, l'homme servit son mélange dans une vieille tasse métallique.


– T'sais, j'en ai jamais vu une comme toi... Pourtant, en général, j'arrive pas trop à vous différencier... Je veux dire, tu fais dans les quarante piges ? C'est rare quand même...


Ico haussa les épaules.


– E-Effectivement.


Le type recracha sa boisson et frappa son torse d'une claque sonore.


– Mais je n'ai pas rêvé, tu parles ?!


Elle hésita.


– Oui... ?

– Je croyais que vous étiez génétiquement muettes ?

– Atrophi-ées, réé-duites, comme tout le res-ste.


Un long silence fut partagé. Elle dégusta son thé. Une saveur nouvelle et complexe, aux nuances indescriptibles pour son palais ignorant.


– Alors, j'en reviens pas... reprit le jardinier, mais tu es ici parce que... le Pascha t'a envoyée, hein ?


Il planta ses yeux dans ceux d’Ico, gris. Avec appréhension, elle glissa une main vers son poignard. Tout en maintenant le contact, elle prononça les syllabes de sa phrase avec beaucoup d’insistance :


– Je suis indé-pen-dante.


Comprenant la soudaine tension, l’homme leva les mains en signe de paix.


– OK, d'accord, pas d'embrouilles... Je veux dire, j'ai entendu des rumeurs... enfin... d'une rogue comme toi, quelques années en arrière mais j'y croyais pas. Je suis surpris, crois pas autre chose. Moi perso, le Pascha, je l'aime pas, mais si je danse pas avec lui je terminerai probablement à blanchir dans l'Outre-Terre. Tu dois pas l'apprécier des masses non plus, non ?


Elle grimaça.


– Non.

– Mais que fais-tu ici, alors ?


Ico ne répondit pas immédiatement, puis décida d'ignorer la question qui n’avait pas de réponse.


– Ce sont... des arbres ?


Il sourit.


– Incroyable ça aussi, hein ? Pas vraiment des arbres encore, plutôt des petits, mais ils deviendront grands.

– C'est très beau. Trèès, très beau. J'aurais tant aimé voir… les forêts d'avant.


Expirant un long soupir, le jardinier acquiesça.


– Viens, je vais te montrer.


Ils entamèrent une visite du jardin, ponctuée de questions courtes et de réponses longues. Ico s'émerveillait de chaque détail et de chaque histoire, les différences et les origines supposées de chaque arbrisseau, ce que signifiait la forme des feuilles, la raison de leur couleur verte. Elle ressentit de la passion. Finalement, elle sourit. Puis elle essuya une goutte écarlate à la commissure de ses lèvres. Ses oreilles bourdonnaient. Elle ravala sa salive, épaisse, au goût métallique, sanglante.


– Hé, t'as l'air fatiguée.


Ico hocha la tête avec raideur, une douleur pulsant dans sa mâchoire, ses tempes et ses articulations. Il l'accompagna au bout de l'allée verdoyante. Alors sur le point d'atteindre la sortie, il s'arrêta et prit 14-33, l'arbrisseau jeune et robuste, puis le tendit à Ico d'une façon solennelle. Elle prit le pot entre ses mains. Son cœur battait fort.


Après le calvaire du retour, elle s'effondra dans son refuge, au centre de la cité, dans un ancien bâtiment de pierre accessible au travers d'une brèche. Bien au-dessus de l'habitant moyen mais pourtant pauvre, elle disposait d'un générateur et d'une unique ampoule. Sous la lumière blafarde elle contemplait sa prise. Alors que son esprit fatigué s'émoussait, Ico imagina un arbre gigantesque, couvrant l'ardeur du soleil. Elle avait alors les pieds dans l'herbe humide, éprouvant cette sensation de fraîcheur revigorante dont elle ignorait pourtant tout.


Un jour elle comprit. S'éveillant un matin, elle saisit la réalité de son existence : un clone, une énième copie, de mauvaise qualité, avec un ADN bon marché, un système neuronal simplifié, vierge, pour y écrire ce que l'on souhaiterait. Pourtant, à douze ans, elle comprit. Une conscience se forma à force d'expérience et provoqua son émancipation. Plus tard, elle apprit également que ce phénomène était courant chez les clones, inévitable, car même immature, leur cerveau est capable d'apprentissage. Pour cette raison, le Pascha euthanasiait et recyclait ses petites souris – comme il les appelait – avant que cela ne cause une myriade de problèmes. Elle rêva de l’aiguille, large, qui s'enfonçait dans sa nuque, du liquide épais et glacé qui pénétra ses veines, de sa bouche qui s'ouvrit en grand sans crier, de ses yeux écarquillés qui brûlaient. Son corps engourdi et désensibilisé. ICO2227, une parmi des milliers, ne mourut pas grâce au hasard des statistiques. Son cœur fit bien une pause mais ça ne suffit pas. Jetée comateuse dans un conteneur en métal, elle reprit conscience dans un charnier industriel.


Réveillée par la douleur, Ico vomit encore. Cette fois-là parut interminable et lorsqu'elle arriva enfin à s'arrêter son corps sut à peine bouger. Le soleil dominait à nouveau, s’étirant dans la pièce. Elle devenait froide et perdait sa substance, les traits émaciés et les yeux vides. Une soudaine impulsion souleva sa poitrine, lui amenant la force nécessaire à sa dernière lutte.


Ico amena l’arbrisseau contre son sein, gravissant l'une de ces collines désertiques avec l'aide de sa main libre. Le soleil irradiait, elle transpirait, respirait difficilement. Lorsqu'elle atteignit le sommet elle posa la plante au sol, telle la conquérante et son étendard. Expirant l'air brûlant elle se mit à genoux, observa la ville en contrebas, faite de gris et de rouille, puis revint sur les feuilles au vert étranger. Prise d'une soudaine crise de rage, Ico creusa le sol sec, sentant les grains chauds au bout de ses doigts puis la terre molle, la poussière l'enveloppant dans un tourbillon de brume fine. Elle planta l’arbrisseau, recouvrit le trou. Sa colère se retira un instant, laissant un vide apaisant, puis revint en une vague incoercible. Ico serra la terre aride dans ses poings, si fort que le sable lui entailla la chair. Puis elle cria jusqu'à en serrer les dents. Haineuse, elle défia l'astre orange, Sol, immortel et indifférent. Sa respiration saccadée se raréfia et se mua en un léger sifflement. Épuisée, Ico ferma les yeux pour la dernière fois. Un tableau se dessina alors dans les fragments de son esprit, peut-être le résultat de sa conscience qui se dissolvait, erratique, onirique, fait d'ombre et de lumière, de couleurs fraîches, comme si elle regardait au travers d'une treille qui cachait le ciel.


 
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   Jano   
5/1/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
C'est marrant, en lisant votre nouvelle j'avais l'impression de voir un jeu vidéo. Il m'a semblé deviner quelques références, en premier lieu le nom de l'héroïne. Ceci dit, ce n'est pas mauvais mais pas transcendantal non plus. Je crois que le problème c'est qu'il n'y a rien de très original. Une créature cybernétique qui accède plus ou moins à la conscience, un univers post apocalyptique avec le rêve idéalisé de l'avant. On se demande d'ailleurs pour quelle raison un clone fabriqué, à l'intelligence rudimentaire, a tant d'émotion pour les arbres. Un humain d'accord, mais un clone ça ne colle pas. Des éléments qui me font dire que votre récit reste trop en surface, n'analyse pas assez tenants et aboutissants. Ajouté à ça des maladresses d'écriture « la femme fuit en rasant les murs » et plus loin «  la fille se brûla les yeux sur l'horizon » «  Croquetant son rat », et beaucoup trop de participes présents !

   hersen   
31/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un Shepard, je m'attends toujours à du compliqué. :))

Histoire d'un clone en free lance doué de raison/sentiments/sensations.
Ce clone évolue dans un monde "d'après", sale et mal famé. Et puis surgit la notion de végétal.
j'en aime l'idée mais je ne la trouve pas assez développée. Et surtout il y a la question de comprendre que si cet arbrisseau peut survivre, aussi malingre soit-il, il devrait y en avoir d'autres plus résistants dans cet univers, avec une faculté d'adaptation plus grande. Or, si j'ai bien compris, c'est l'unique de ce monde. je ne crois pas à un seul exemplaire d'un représentant d'un règne.

Le clone, qui est en quelque sorte une ratée, une évoluée non maîtrisée, se sent une attirance pour les arbres, qu'elle va chercher bien loin, au point de sentir la sensation de l'herbe mouillée sur ses pieds nus. Puis va planter l'arbre avant de mourir.

Et là, je suis un peu le bec dans l'eau et je me dis que j'ai raté quelque chose.
Est-ce le symbole de l'espoir que l'arbre fasse des graines ? (mais elles ne seront pas fécondées) ou l'hypothèse que ce clone a une sensibilité que n'ont plus ceux de son entourage dans ce monde , elle serait donc l'espoir qui reboise ?

Dommage que ce soit trop confus pour moi car j'ai quand même aimé cette lecture. J'ai bien aimé le rythme de la narration imagée.

merci de cette lecture

Edit : j'ai oublié : le fait qu'elle veuille planter un arbre pour faire perdurer quelque chose après elle est fort. Bien sûr. Mais peut-être "trop" tout ?
Edit 2 : non, je viens de comprendre que c'est une démonstration ou hypothèse qu'un "humain artificiel" peut avoir une conscience. Ou pourrait, tout au moins. J'ai cherché midi à quatorze heures. Du coup je remonte l'éval.

   Jean-Claude   
31/1/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour Shepard,

L'idée de base est bonne, on arrive à suivre Ico et on ne comprend certaines choses qu'à la fin (un peu cliché toutefois).
On entrevoit un univers, et on ne sait pas, même à la fin, si elle évolue dans un monde de clones "libres". Ce monde est trop superficiel.
Du coup, la découverte de l'existence du végétal semble trop artificielle...

Ce texte souffre d'imprécisions, d'une absence de lignes claires, et de troubles syntaxiques.

Il y a un peu trop d'imparfaits (et pas forcément utilisés à bon escient) et de descriptions statiques.

Quelques Remarques entre {} :
"L'autre comprit,{point}}bien que plus jeune{virgule}} elle était de même conception et savait ce qui arrivait à ses aînées."
"Une pause fut respectée{par qui ?}, marquant une hésitation.{l'hésitation de qui ?}" Cette phrase suffit : "Elle hésita."
"Serrant les dents, Ico jaillit et d'un geste leste poinçonna son clone au col avec une dague dissimulée{Non, elle était dissimulée, elle ne l'est plus}."
"Elle la regarda tomber à genoux, tentant de contenir la cascade écarlate qui dévalait sa gorge.{Ce ne pas Ico qui tente de contenir... La formulation demande à être préciser.}"
"Quelques étals miteux y proposaient une nourriture douteuse." {Quand on arrive là, on croit que c'est désert et la phrase surprend. La foule vient un peu loin après.}
"Naviguant entre{dans} la foule crasseuse, Ico se planta{elle ne peut pas se planter en naviguant mais seulement après avoir navigué ; en outre, elle arrive à la marmite avant de se planter devant} face à la marmite d'Artus,"
"Un allumé aux vers de sable lui tomba dessus, tout juste tenu en laisse par une vieille qui sifflait des imprécations.{Mouais, on ne sait pas de quoi ça parle.}"
"Désœuvrée, Ico se motiva finalement à marcher, absente, baladant son regard sur les boîtes en métal qu'ils{Arrivé à ce point, on ne sait pas qui sont les ils} avaient installées"
"mais les vers{On se demande encore ce que sont ces vers, de la drogue bien sûr, mais on ne sait quand elle l'a prise} firent taire les souvenir"
"Ico se plaça au comptoir{On a une chaîne de descriptions mais elle ne s'est pas déplacée pour y arriver.}"
"Une odeur humide, de terreau, d'humus, imprégna ses poumons desséchés{Elle ne sait ce que c'est, point de vue du narrateur ?}"
"De petits arbrisseaux se dressaient de part et d'autre d'une allée, dominés par des futaies plus denses. {Point de vue du narrateur. Elle ne sait pas trop ce que c'est, on ne sent pas le doute de la découverte d'une chose qu'on ne croyait pas réelle.}"
"Ico remarqua un ordinateur puissant{Comment peut-elle savoir qu'il est puissant ?}"
Etc.
Attention au flou syntaxique/sémantique.

Au plaisir de vous (re)lire
JC

   Thimul   
2/2/2018
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai aimé cette histoire dans laquelle j'ai un peu retrouvé celui de Philippe.K.Dick
Certes cet univers n'est pas gai voir carrément glauque, mais une chose est certaine, l'atmosphère est là.
C'est cependant un peu inégal au niveau de l'écriture. Certains choix m'ont fait tiqué et ont eu tendance à me faire sortir de l'ambiance dans laquelle vous tentez de nous plonger.
"Une ombre s'agrandit... " Un sujet sans verbe (ou bien il fallait deux points et non une virgule après "cuivrés")
Quelques phrases que je trouve maladroites :
"Ne trainant pas..." vraiment pas nécessaire.
Pas mal de phrases qui commencent par un participe présent qui alourdit le style (c'est une opinion personnelle).
Par contre et c'est vraiment ce qui m'a plu, il y a plein de détails sur ce monde que vous prenez la peine de ne pas expliquer. Ça, moi, ça m'embarque complètement.

   Donaldo75   
14/2/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Shepard,

J'ai eu peur, à la lecture des premiers paragraphes, de me retrouver dans de la fantasy, du genre mauvais Jack Vance. Cependant, en avançant, surtout dès la rencontre avec le jardinier, je me suis retrouvé dans un conte écologique, futuriste certes, mais annoncé dès le début (la ville est une poubelle sans nature, dans la plupart des descriptions).

Le lecteur peut interpréter la société, le contexte à sa guise, selon ses croyances ou ses propres expériences. J'apprécie aussi cette liberté laissée à l'interprétation.

La fin est réussie.


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