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Réalisme/Historique
socque : Des boisseaux de photons
 Publié le 14/11/22  -  15 commentaires  -  7585 caractères  -  131 lectures    Autres textes du même auteur

La vie est son propre but
éternisé par le rut.


Des boisseaux de photons


Depuis ma mort, je me félicite parfois de la présence d'esprit et des facultés d'adaptation dont j'ai su faire preuve au moment critique, et me dis alors que tout le monde n'en est pas capable, loin de là. Mais bien sûr je conjecture, je n'ai aucun contact avec de possibles congénères. Peut-être mon sort est-il des plus communs – universel.


Je me la rappelle très bien, ma mort, le soleil qui entrait comme chez lui dans la chambre d'hôpital, la surchauffait. Je trouvais mon agonie inconfortable malgré ma perfusion spéciale soins palliatifs.

Je ne sais plus pourquoi il y avait une pendule au mur face à moi ; peut-être zonais-je en réa, en fait, si j'avais eu une syncope on avait pu me déplacer… En tout cas telle fut ma dernière vision vivante, celle d'un cadran rond banal qui disait 15 h 15.

Immédiatement je perçus ce changement, la lumière devenue granuleuse. Comme si, hors de l'univers analogique continu, newtonien, d'habitude seul accessible, j'avais accès à la nature quantique des choses. Un fin grésil de particules scintillantes voletait partout. J'étais ce grésil.

C'était moi qui me cognais à la matière ou m'y adsorbais ! Des photons, je l'ai tout de suite su.

On nous raconte qu'après la mort on se dirige vers la lumière, pour ma part je m'y assimilais. Et déjà je sentais la dispersion menacer, mon être réticent s'éparpiller dans la peinture murale, la cornée d'une infirmière réputée revêche, ou chevaucher un rayon issu du plafonnier. La panique me quittait, me gagnait la résignation et je ne voulais pas.


Le plafonnier. Il émettait en boisseaux inlassables, j'ai convergé instinctivement vers lui, mon minable soleil salvateur. Sa force m'a envahi, je l'ai bue et me suis cru tournesol tendant ses fibres vers l'astre revenu que la veille, comme tous les soirs, il a cru à jamais disparu.

Tel était le secret.


Je me suis échappé en traversant la vitre. La clarté m'a ébloui, m'a saisi de nouveau ce tiraillement destructeur. Au loin un puy, en dessous des bagnoles reflétant à tout-va le soleil cruel, là des frondaisons paisibles… Je me suis rassemblé pour m'y rendre, espérant trouver un répit pour réfléchir.

Mais la lumière est condamnée au mouvement, sinon elle se perd dans l'opacité des atomes liés. Je rebondissais de feuille en feuille, branche, me perdais dans des fentes d'écorce, avais le plus grand mal à me concentrer. Je rêvais de miroirs qui se font face, où je rebondirais sans effort à l'infini ! Idées stériles. Je me préservai comme je pus et profitai d'un coup de vent qui m'offrait une échappée sur le ciel pour filer.


Le monde s'ouvrait à moi. Je le comprenais à présent.


*


Depuis un temps qu'il m'est impossible d'estimer, je parcours la planète. J'ai appris à apprivoiser la nuit chiche, d'abord en me limitant aux éclairages urbains puis, à mesure que ma maîtrise « corporelle » s'améliorait, en tapotant de blêmes rayons lunaires la surface opaque d'étangs perdus. Je me suis régalé du soleil de minuit, des aurores boréales, de la nacre aux infinies nuances des nuages, de la mouvance fragile dans les terminateurs d'aube et de crépuscule. J'aime errer sur le fil, réduire mon boisseau de transport au strict nécessaire et parcourir un défilé obscur avant de m'épanouir à nouveau, radieux.

Et un jour je me vis, un bouquet à la main, attendant en vain sous la pluie celle qui ne viendrait pas. J'avais dû emprunter par inadvertance un faisceau de tachyons, ces particules qui, dit-on, remonteraient le temps.

Ou bien toute cette aventure n'est-elle que l'ultime décharge neuronale d'un cerveau en anoxie.


Je pense aux étoiles. Peut-être les étoiles, annonce le dernier livre que j'aie lu. Pourquoi pas ? Je m'en sens capable. Je pourrai, suivant un ru qui fend le grand océan noir, toujours en danger de s'y diluer, garder le cap jusqu'à la source vive d'un nouveau soleil, de là découvrir la merveille d'autres mondes, admirer leurs cailloux insolites et, peut-être, leur faune soumise comme chez nous aux lois de Darwin. Quels environnements, quelles adaptations ? Je ne prétendrai pas avoir tout exploré de notre planète, mais enfin j'ai l'impression parfois de tourner en rond.

… Avant de quitter mon berceau il me reste un risque à prendre. Je me crois suffisamment sûr de moi pour plonger dans l'abysse des mers, sonder l'infini bleu au plus profond. Excellent exercice préparatoire, me dis-je. En ressortant je serai armé pour les années-obscurité ! Je fréquente à l'occasion les hauts-fonds où le soleil dessine sur le sable les plombs lumineux de vitraux mobiles, cependant je n'ai pas encore osé le terrain pélagique.

J'hésite encore un peu, je folâtre au-dessus de la houle ample du large. Le ciel est vide, de cet univers en apparence purement gazeux, liquide. Les rayons de l'aube frappent obliques, je choisis cet angle pourtant peu prometteur pour enfin tremper ; peut-être n’envisagé-je qu'une brève incursion, je ne sais pas, on dirait que me somme un message silencieux, péremptoire.

C'est curieux, je sens tout de suite le coup de frein. La vitesse de la lumière baisse d'un tiers au passage de l'air à l'eau. Très vite je n'y pense plus, d'autant que la monotonie ambiante ne donne guère de points de repère. Si, je rebondis un instant sur le ventre blanc d'un rorqual, mais rejoins aussitôt le boisseau qui s'amenuise.

Ne vais-je pas me dissoudre ?

Nouvel étonnement, ces bizarres changements de direction. Tandis qu'autour de moi de plus en plus l'obscurité règne, je persiste à m'enfoncer, selon une trajectoire infléchie à intervalles irréguliers.

L'océan est constitué de couches de différentes températures, serait-ce l'explication ? Ces strates de plus en plus denses guideraient-elles la lumière selon leur angle propre, leur inexorable caprice ? Je ne m'inquiète même plus de la dispersion, mon rai impalpable a des allures de laser. Isolé il perce les ténèbres.


Le fond. Je débarque en pleine orgie.

Quel grouillement ! Des êtres tous identiques volettent sous la pression monstrueuse, s'entassent, cherchent avec frénésie la lumière. Certains la recrachent en menues étincelles qui me bousculent tels les remous d'un pauvre torrent. Ils doivent dérouler leur parade nuptiale. D'autres, accolés deux à deux, forment un papillon mutant à quatre ailes ; des spasmes d'extase les secouent.

J'aperçois à la frange de l'amas, inertes, de curieux bâtonnets torsadés serré, qui me rappellent irrésistiblement des jouets à mâcher pour chien. Ces mêmes animaux sans doute, en mode « veille », offrant le minimum de surface à la déperdition de chaleur.

Chaleur que je leur apporte dans cette nappe de clarté. Au vu du tortueux trajet parcouru, j'imagine qu'il faut l'angle juste bien pour négocier aussi profond la mer sombre. Tous les jours, rêvassé-je, quelques précieuses minutes apportent à ces organismes affamés un luxueux surplus énergétique, leur permettent de se perpétuer. Que mangent-ils à part ça, leurs propres défunts, la manne excrémentielle de ceux qui hantent les domaines frivolement lumineux ? En mon propre tréfonds frémit l'admiration devant cette merveilleuse opiniâtreté de force vitale jusque dans les abysses.

J'avais raison, cela ne durera pas : déjà le rayon faiblit, le soleil tout là-haut devient trop brutal, perd sa pertinence. Il faut que je songe à remonter.

Je ne m'inquiète pas, j'ai compris à quel point la vie est éternelle. Une baudroie finira bien par passer avec sa loupiote, de proche en proche je regagnerai la surface avant la prochaine étape.


Les étoiles m'attendent, je le sais. Je suis prêt.


 
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   Anonyme   
25/10/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Après sa mort, le narrateur se dilue en particule de lumière. Il voyage incessamment et explore la planète dans tous ses états, solide, gazeux et liquide. Dans les fonds abyssaux des océans où la lutte pour la lumière et l’énergie doit développer des trésors d’imagination et d’adaptation, il comprend que la vie est éternelle. Son choix final sera pour les étoiles.

Je ne suis pas très à même de juger le fond scientifique ou philosophique de cette nouvelle, mais je l’ai trouvé intéressante par son sujet qui sort des sentiers battus. Mais qu’est-ce que c’est sérieux… J’aurais aimé une pointe d’humour et surtout une interaction avec une autre « sujet/particule » car j’imagine que tous les morts passent par cet état luminique ce qui aurait donné un peu plus de vie à cette nouvelle qui se déroule un peu toujours sur le même mode narratif. Dommage, mais ma lecture a été intéressée et agréable.

Merci pour ce moment post mortem gratuit

Anna en EL

   Vilmon   
27/10/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,
Intéressant de suivre ainsi le narrateur comme une infatigable balle de ping-pong qui surf sur les photons. De belles descriptions à partir d’un nouveau point d’origine. Et maintenant les étoiles, qui sont à des centaines d’années-lumière. La découverte sera plus lente, moins concentrée, plus évasée. Et il faut se méfier des trous noirs. Récit d’un voyage imaginaire intéressant et original.

   Tadiou   
14/11/2022
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Lu et commenté en EL.

Cette lecture ne m'a pas été du tout agréable. Ce texte me semble pourtant fouillé et travaillé. Mais il s'apparente, pour moi, à un galimatias pseudo-scientifique destiné à tenter "d'en mettre plein la vue." Je n'ai pas trouvé de fil conducteur et je ne sais pas s'il y en a un.

Ayant moi-même poursuivi une carrière scientifique, en mathématiques, dans l'enseignement supérieur , j'observe avec beaucoup d'attention l'utilisation de mots scientifiques "à la mode". Ainsi en va-t-il du mot "quantique" (utilisé parfois à profusion par des animateurs "bien-être"). Quand le(la) narrateur(trice) écrit "j'avais accès à la nature quantique des chose".... Tant mieux pour lui (elle), mais qu'est-ce que ça veut dire ?

Quand il parle "d'univers analogique continu", je me demande pourquoi il écrit cela, sachant qu'un signal analogique est continu : écran de fumée ?

Que veut-il dire en parlant de "l'opacité des atomes liés" ? Comme ça, en passant, sans davantage de développement...

Il écrit "je n'ai pas encore osé le terrain pélagique.... je folâtre au-dessus de la houle ample du large." Or pélagique signifie "relatif à la haute mer". Alors il(elle) a osé ou il(elle) n'a pas osé ????

Il évoque "cet univers en apparence purement gazeux, liquide." Or l'état gazeux et l'état liquide sont contradictoires.

Au niveau du style il y a de nombreuses inversions du sujet, qui me semblent tout simplement gratuites, peut-être prétentieuses ; en tout cas elles n'apportent rien, à mon avis, à la compréhension ou au plaisir de la lecture.

Au niveau du vocabulaire je trouve étrange et incohérent d'utiliser de nombreux mots "savants" et en même temps des mots du langage familier comme "bagnole" et "loupiote".

Et j'ai été étonné de constater qu'un agonisant s'intéresse aux rumeurs concernant la nature revêche d'une infirmière.

Voilà un texte que j'ai ressenti comme "écran de fumée" ; alors que, comme je l'ai déjà écrit plus haut, il y a une grosse énergie dépensée dans ce texte. Je ne peux que me permettre de conseiller à l'auteur(trice) ( ce n'est que mon sentiment) de s'interroger sur la finalité de ce qu'il écrit. Ce texte me fait penser à cette animatrice en thérapie par les sons (que j'ai connue), qui faisait référence à la suite de Fibonacci, sans la définir et sans définir les relations entre cette suite et son activité.

Tadiou

   Donaldo75   
1/11/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Après un concile long et laborieux au sein de mon cortex cérébral, mes neurones ont décidé qu’ils avaient apprécié ce texte ; certes, l’usage de termes scientifiques issus de la physique et particulièrement de l’astrophysique me semble un tantinet tiré par les cheveux mais je me dis que c’est une approche qui en vaut bien une autre et que les goûts et les couleurs ça ne se discute pas et que moi aussi j’aime la physique et que ce qui compte ici c’est la dimension poétique empreinte de philosophie ou en me retournant et en faisant le poirier c’est la dimension philosophique empreinte de poésie. C’est bien écrit et ça aussi ça compte parce que combien de nouvelles j’ai lu où le style restait scolaire et la tonalité morne plaine du genre mémé va faire ses courses et raconte à la commerçante comment ses petits-enfants ont grandi et combien ils sont merveilleux. Ici, je ne me suis pas ennuyé, je n’ai pas eu à vaincre mes bâillements ; il y a de l’ambition dans l’approche métaphorique et je salue cette ambition même si elle peut résulter sur un texte qui énerve les réfractaires à la terminologie scientifique ou les puristes de la science. C’est le risque de ce parti pris stylistique.

Et puis j’aime bien le titre, il a une belle sonorité.

   Perle-Hingaud   
1/11/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Ce texte m'a fait rêver.
Dans un rêve, je ne cherche ni la vraisemblance ni la compréhension, je me laisse porter par le flux onirique.
J'apprécie l'écriture, la musicalité et la poésie qui se dégage de ce texte.
Merci pour cette proposition !

   Anonyme   
14/11/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
On s'imagine bien ''le cerveau en anorexie'', avide de lumière pour continuer à vivre dans la dimension d'après la vie. Et quelle vie ! Truculente par ses aspects diablement exotiques où l'on se laisse entraîner à la suite de l'imagination débordante d'un auteur très inspiré.

À la description de cette dimension, où l'usage des passés employés pour les verbes appuient fortement sur la notion d'irréel, on ne peut que regretter que personne ne soit revenu de l'au-delà avec un témoignage aussi fort que ce récit sur ''les boisseaux de photons''.

Nimbée d'une aura de poésie, c'est une nouvelle originale et bien écrite, qui dépayse sacrément !

EDIT : la notion du rut de l'exergue m'a échappée ?

   misumena   
15/11/2022
 a aimé ce texte 
Bien
J'éprouve quelques difficultés à commenter ce texte, peut-être parce qu'il m'a laissée un peu de côté, spectatrice quasi anhédonique.
En ce qui concerne la forme, le texte est joliment écrit. Je laisse de côté certaines petites choses notées également par Tadiou : je confesse n'en plus pouvoir du mot "quantique", qui a tant été dévoyé qu'il m'énerve même lorsqu'il est utilisé à bon escient (c'est juste une remarque, je ne peux vous reprocher son utilisation dans la nouvelle); "bagnoles" et "loupiote" m'ont embêtée compte tenu du niveau général de lexique ; j'ai trouvé absconse la phrase sur le ciel vide et l'univers gazeux/liquide.
J'ai cependant aimé l'idée de poursuivre une N.D.E. de manière physique, celle de personnaliser la lumière et de voyager avec elle. Ça m'a rappelé (attention la référence culturelle, on ouvre grand les yeux) un extrait en noir et blanc, très contemplatif, du Surfer d'argent, que je lisais quand j'étais gamine dans une anthologie de B.D.
Merci pour cette réminiscence involontaire et pour la balade.
Misumena

   Jemabi   
15/11/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Je me suis régalé du soleil de minuit, des aurores boréales, de la nacre aux infinies nuances des nuages, de la mouvance fragile dans les terminateurs d'aube et de crépuscule."
Très joli poème. Oh pardon, ce n'est pas un poème ! Les envolées poétiques et lyriques de cette nouvelle font qu'on pourrait s'y tromper. Après avoir reproché à votre nouveau poème de manquer de poésie, je ne vais pas reprocher à votre nouvelle d'en avoir trop. Au contraire. Ces envolées, couplées à une écriture fluide et musicale, participent au rythme général, à ce voyage vers la lumière qu'on peut lire et relire avec le même plaisir.

   virevolte   
21/11/2022
 a aimé ce texte 
Pas
J’ai eu beaucoup de peine à lire cette nouvelle, à cause de l’étalage de notions scientifiques à mon avis totalement inutiles et par moments mal utilisées. Qu’importe je ne lis pas un article de physique, mais une nouvelle littéraire. Ce qui me gêne c'est que rien ne justifie ce vocabulaire, qui est le narrareur? Pourquoi nage-t-il entre tous ces termes d’apparence scientifique tout en se laissant aller à un langage familier( "bagnole" "loupiote") est-ce un savant mal dégrossi ?On ne sait pas où va le récit, il reste sans direction et toutes ces complications qui gênent se résument finalement à dire que la vie est "éternelle", c’est-à-dire sans commencement ni fin.Ce qui est loin d’être une conclusion scientifique ! Si le personnage avait simplement raconté son expérience sans faire appel aux protons, aux univers analogiques, et autres "tachyons," ou « terrain pélagique » j’aurais suivi sans doute sans difficulté. Mais là, non.J'ai cherché un personnage et je ne l'ai pas trouvé. Désolée. Peut-être ai-je mal lu.

   papipoete   
22/11/2022
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour socque
Un voyage, pas de tout repos alors qu'inerte le corps mort, qui devrait se la couler tranquille, en fait n'arrête pas d'aller et venir, depuis l'au-delà de ce service gériatrique...
NB ça m'a épuisé de vouloir monter en route sur le dos de ce défunt, plus vif qu'un gardon ; le suivre au ciel puis plonger sur le dos d'un exocet jusqu'au fond des abysses...
J'ai souri là où il ne fallait peut-être pas ? quand tous ces vivants décédés se retrouvent si nombreux, qu'ils finissent par se manger les uns les autres, comme sur un grand " radeau de la Méduse ", des grands bâtonnets torsadés comme ceux qu'on donne aux chiens...
Je suis éreinté ! quelle imagination chère autrice, et dans tous les domaines ; je suis sûrement éperdu auprès du Titanic, ou bien du Bismarck à pleurer : " qui c'est qui va venir me sauver ? "
Mais ne m'en veuillez pas, je suis bien loin de mes roses et petits oiseaux...

   Corto   
27/11/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
D'entrée je me demande ce que fait cette nouvelles dans la rubrique Réalisme/Historique. On est plutôt dans l'inexistant 'Imaginaire sans limite.'
Ceci dit l'auteur nous mène de façon de maître dans un monde reconstruit une fois réglée la question de la mort. Tout commence donc à 15h15, absolument, comme Federico Garcia Lorca a crié et répété "a las cinco de la tarde" pour évoquer la mort de son ami et crier sa propre douleur.

Le voyage commence donc "hors de l'univers analogique continu, newtonien, d'habitude seul accessible, j'avais accès à la nature quantique des choses". L'imagination et la mise en forme nous entrainent dans cet univers bien décrit, sans auto-censure et permet au lecteur d'entrer lui-même dans une aventure peu ordinaire, suivant en cela le narrateur qui ose "Le monde s'ouvrait à moi. Je le comprenais à présent."

Le temps fort me semble être cette étape: "Je pourrai, suivant un ru qui fend le grand océan noir, toujours en danger de s'y diluer, garder le cap jusqu'à la source vive d'un nouveau soleil, de là découvrir la merveille d'autres mondes, admirer leurs cailloux insolites et, peut-être, leur faune soumise comme chez nous aux lois de Darwin".
Les développements qui suivent construisent leur propre rationalité, à la fois entrainante ou surprenante pour le lecteur.

Le final "Les étoiles m'attendent, je le sais. Je suis prêt." Une manière de sublimer sa fin ? Qui sait ?

Un beau texte.

   Louis   
30/11/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Cette nouvelle unit science et poésie, et, contrairement à ce qui pourrait sembler, par quelques références, donner une prévalence au scientifique, elle s’avère davantage relever du poétique, en ce que s’y expriment des rapports de composition ‘vécus’, entre le narrateur et la lumière, entre lui et le ciel, lui et le soleil, lui et la mer.
Le texte est plus expressif de la vie d’un corps et d’un esprit, dans leur unité, que celle d’une révélation sur la mort.
La fin de vie n’est que l’abolition des barrières qui limitent les aspirations du narrateur vers l’infini et l’éternité.
Elle est un artifice qui permet d’exprimer les profondes affinités et convenances, articulations et appariements d’un corps et d’un esprit avec la lumière, avec les étoiles, avec l’eau et la mer.
Dans ces ‘articulations’, il y a de l’art. Une connexion profonde, relevant de l’art et de la poésie, avec le monde.
Ainsi cette nouvelle nous éclaire sur ce qui se passe au secret de notre rapport au monde

Le texte commence par indiquer la particularité de la parole qui s’entend dans le récit qui va suivre : c’est une parole d’outre-tombe ; une parole d’après la mort. Parole à la fois d’un être vivant et décédé, en ce qu’elle ne varie pas dans le passage de la vie à trépas. Le narrateur va dire un changement de nature et de perception que l’état de non-vie engendre dans son être, mais dans une voix qui demeure, inchangée.
Elle n’est plus une parole orale, – plus de bouche pour la prononcer, mais écrite, par artifice, telle qu’un lecteur vivant peut la lire. La vie passe, les écrits restent, et conservent la vie. La parole, en restant vivante, indique encore que la pensée aussi persiste, et qu’une conscience subsiste, quand le corps meurt, tant que les écrits demeurent.
Bien sûr, c’est par une convention littéraire qu’il est demandé au lecteur d’admettre, imaginativement, que la narrateur écrit après 15h15, de ce jour-là, de cette heure-là bien après son décès dans une chambre d’hôpital, mais l’idée n’en est pas moins sous-jacente.

Cette mort n’est pas envisagée comme un anéantissement. Mais une métamorphose : un passage de la matière corporelle à un état de pure lumière.
La parole se veut un témoignage de cette transformation radicale, mais qui laisse entendre toutefois que matière et lumière ne sont pas des "substances", comme disaient les philosophes, aux attributs radicalement distincts, irréductibles l’un à l’autre. Au contraire, matière et lumière pourraient se transformer l’une dans l’autre, comme par cette équivalence entre énergie et masse affirmée dans la plus célèbre des équations d’Einstein : E= Mc2.
Elles ne seraient pas dénuées alors d’un fond commun, si bien que lumière et matière seraient deux faces d’un même fond, mystérieux.

Une réserve est émise : il se pourrait que cette transmutation d’un corps matériel en être de lumière ne soit qu’un délire provoqué par «l’ultime décharge neuronale d’un cerveau en anoxie ».
Le récit prendrait alors la forme d’un témoignage de ce qu’on appelle « expérience de mort imminente »,
Ce que semble corroborer l’hypothèse : « peut-être zonais-je en réa», plutôt qu’en salle de soins palliatifs.
Le texte ne lèvera pas l’incertitude entre mort effective et ce qui est souvent désigné en anglais sous le sigle EMI (imminent death experience), mais voudrait que l’on accepte la première hypothèse comme la plus probable, en désignant comme « ultime » l’activité neuronale du cerveau en anoxie, celle après laquelle donc, il ne peut y en avoir d’autres pour témoigner, dans une sorte de ‘retour à la vie’.

L’aventure d’outre-tombe qui nous est relatée se présente donc comme une expérience, dont on ne peut savoir pourtant, selon le narrateur, si elle est singulière, et ne vaut que pour lui seul, permise par ses capacités particulières « d’adaptation » et de « présence d’esprit », ou s’il partage avec tout être décédé cette métamorphose de la matière corporelle en état de lumière : « Peut-être mon sort est-il des plus communs – universel »

C’est dire aussi que cette expérience sera solitaire, elle ne sera pas la rencontre d’autres êtres humains qui auraient connu la même transmutation ; elle ne rapporte pas un « contact avec de possibles congénères ».

La « présence d’esprit » dont il fait preuve, présence singulière dans cette parole singulière, rend compte surtout, non d’un sort particulier ou général sur lequel il ne sait rien, mais de sa seule parole singulière.
D’autres paroles, nombreuses, en effet, nous parlent de cette «lumière » après la mort, mais pour dire autre chose : « On nous raconte qu’après la mort on se dirige vers la lumière, pour ma part je m’y assimilais ». Là, tient la singularité de cette parole inouïe : non la lumière comme appel, comme divin appel, comme réalité éclatante distincte de soi, mais comme réalité dans laquelle se résorbe le soi ; non dans un acheminement vers la lumière, mais dans un devenir-lumière.

L’expérience relatée suppose une perception, de soi et de son entourage.
Mais, parce que le corps ne vit plus, que les organes des sens qui lui sont liés ne fonctionnent plus, la perception s’en trouve forcément changée.
Le monde est toujours perçu, mais non de la façon par laquelle on le perçoit de son vivant, déterminée par un contact entre les choses et nos organes sensoriels, – et que sont nos perceptions, sinon la façon dont notre corps est affecté par les choses extérieures ?
« Comme si… j’avais accès à la nature quantique des choses » proclame le narrateur.
Pourrait être perçu donc ce que, dans la période de vie du corps, ne peut pas l’être. La « nature quantique des chose » peut être pensée, théorisée, formalisée dans des équations, mais ne peut être perçue et imaginée. La mort libèrerait de certaines limites corporelles et permettrait de percevoir ( on ne sait avec quels yeux, mais peu importe, on est dans l’imaginaire) les choses telles que la théorie quantique permet de les penser.
Ainsi la lumière n’apparaît-elle plus de façon continue, comme une onde, mais discontinue, faite de quantités discrètes d’énergie, de «photons », de « particules », de "grains". La métaphore employée est celle du « grésil » : « Un fin grésil de particules scintillantes voletait partout. J’étais ce grésil »
Ce qui donc est retenu du « quantique », c’est avant tout son apport essentiel, celui de la discontinuité.

Mais si la lumière est perçue de façon quantique, ce n’est pas le cas des autres choses autour du narrateur, qui, elles, sont perçues comme elles l’étaient, dans la période vivante du corps. Ainsi l’eau, par exemple, est perçue comme nous la voyons couramment, et non ramenée à ses constituants dans un état quantique.
Une perception mêlée donc, un mixte de l’état vivant avec la perception de l’état nouveau d’après la mort.

Mais la finalité du texte n’est certainement pas de nous montrer ce que sont les choses dans leur état quantique, de façon imagée. Ce qui serait difficile, voire impossible.

Ce qu’exprime d’abord en lui, c’est un appariement entre le narrateur et la lumière, un rapport de convenance étroit entre son corps, et aussi son esprit ( ils ne sont pas indépendants l’un de l’autre) avec la lumière.
Significatif est ce passage : « Je me la rappelle très bien, ma mort, le soleil qui entrait chez lui dans la chambre d’hôpital ». La lumière du soleil, en entrant chez lui dans cette chambre, entre aussi chez lui, le narrateur, et cela dans une réciprocité : la lumière entre en lui, chez elle, et lui entre en elle, chez lui, dans la lumière. Est affirmé un ‘chez soi’ dans la lumière, comme plus loin sera affirmé un ‘chez soi’ dans l’eau et dans la mer. Profond ‘accord’ avec la lumière, dans une lumière ‘à corps’, dans le vivre vivant, comme il se poursuit dans le ‘vivre’ après la mort, et cette union totale du corps et des photons s’avère ce qui était désiré, en une aspiration profonde, et que « les facultés d’adaptation au moment critique » ont permis de réaliser.

De photons assemblés dans une discontinuité unifiée : tel s’organise le nouvel état du narrateur après sa mort. Être soi : c’est maintenir l’unité d’une pluralité ; c’est contrôler le mouvement, trouver de l’énergie.
Ainsi, par cet être-soi de lumière, le monde s’ouvre : « Le monde s’ouvrait à moi ».
Les limites liées à l’état corporel vivant fermaient le monde, ne donnaient pas accès à l’infini. Désormais, pour le nouvel état acquis, l’état lumineux, le moi de lumière, la vie en pure lumière, le monde s’ouvre dans son infinité, sans barrières.
S’ouvre encore une dimension cosmique, dans un appariement cette fois, par l’intermédiaire de l’état de lumière, entre soi et le cosmos tout entier, le cosmos dans sa totalité intotalisable, en son infini.

Mais le narrateur éprouve encore un attachement pour la terre et son ciel, et prend le temps de les explorer encore, avant de filer à l’infini.
Au cours de cette exploration, s’exprime encore et "en corps" ( « à mesure que ma maîtrise « corporelle » s’améliorait » : dit-il) une intimité, une parenté, avec les effets de lumière, en milieu urbain, ou sur les étangs, dans les nuages, dans l’atmosphère terrestre. Une connexion s’est établie, depuis longtemps déjà, avec la beauté de ces effets.
Le beau est là, dans les effets de lumière. Et, fondamentalement cette aspiration : être soi-même un pourvoyeur de lumière, un producteur d’effets lumineux, un pinceau de lumière sur les choses, qui font qu’elles ne sont pas seulement que ce qu’elles sont.

Là se trouve l’épanouissement du narrateur, sa joie profonde : «avant de m’épanouir à nouveau, radieux ». L’épanouissement est dans cet état « radieux » qui se confond avec l’émission de rayons lumineux, en ce contact, en cette connexion avec les choses qui constituent la nature et l’univers, même parmi les plus ‘obscures’ des choses et les plus ‘délaissées’ : « en tapotant de blêmes rayons de lumière la surface opaque d’étangs perdus ».
Belle définition de la joie, comme rayonnement de lumière, et absorption de lumière et d’énergie, elle qui dans son fond est passage à une grande puissance d’exister, loin de la tristesse qui en est l’affaiblissement.
Et ce texte n’est pas un texte de tristesse, malgré la mort évoquée ; il est la tristesse surmontée, la joie gagnée, dans le tragique même de la mort fatale.

Mais encore, avant de courir l’infini, de rayonner infiniment, - car rien n’arrête un rayon de lumière, lui capable de nous parvenir encore après des milliards d’années qui portent son nom, par un mouvement dans un espace en dilatation continue, il faut au narrateur « sonder l’infini bleu au plus profond ». L’univers bleu liquide. Cet infini du bas, avant l’infini du haut.
S’identifier d’abord à l’infiniment petit, s’immiscer en lui, pour ensuite sonder l’infiniment grand. Dans cet infini où grand et petit n’ont plus de sens.

Poussé par une force impérieuse, emporté par elle, dans une «obéissance à un message silencieux, péremptoire », le narrateur lumineux "plonge" dans les fonds marins.
Ce troisième grand appariement indique une autre affinité profonde ; après la lumière et l’infini de la nature, celle avec l’eau.
Ces trois réalités en connexion avec le narrateur, ces trois convenances, ces trois affinités sont telles qu’elles se confondent.
Ainsi la lumière est perçue comme liquide, en parenté de nature avec l’eau ; de la lumière du plafonnier, le narrateur affirme : « sa force m’a envahie. Je l’ai bue… ». Lumière liquide, énergie liquide, boisson de lumière.
D’autre part, là où l’on s’attendrait plutôt à l’expression « faisceaux de lumière », le narrateur utilise le joli terme de « boisseaux », or dans ce mot s’entend l’acte de boire. Et même de boire abondamment.
L’espace infini des étoiles, lui aussi, est assimilé métaphoriquement à l’eau et à l’océan : « Je pourrai, suivant un ru qui fend le grand océan noir… », ce grand océan, cet océan-tout que l'on nomme l'Univers.
L’eau, tout autant que la lumière, peut-être même plus, semble en convenance étroite avec l’être du narrateur.

« Tel était le grand secret » : l’eau et la lumière, la force et l’énergie qu’elles sont capables de donner ; la puissance d’exister qu’elles sont en mesure de transmettre.
Tel est maintenant le grand secret, la grande révélation, découverte au fond de l’eau des océans :
un lien entre eau, lumière et vie. Et c’est le même secret. Avec cette variante de vie et d’éternité, pour l’existence et l’infini.

Le ‘voyage’ sous-main s’est avéré périlleux, Mobilis in mobili”, conformément à la devise du “Nautilus” dans 20.000 lieues sous les mers.
La ligne de plongée et de descente dans les abysses s’est avérée loin d’être rectiligne, « une trajectoire infléchie à intervalles réguliers », mais, construction d’une volonté, d’une opiniâtreté, elle signifie une ligne de savoir et de compréhension.
« Mon rai impalpable a des allures de laser. Isolé il perce les ténèbres » : remarque le narrateur.

Car il est cette lumière capable de percer les ténèbres ; il produit cet éclairage de l’obscurité, dissipe la noire opacité pour une vision : ‘en vue’ donc d’une connaissance.
Ainsi s’exprime encore, chez le narrateur en son devenir lumière, l’aspiration à connaître, à percer l’obscurité de l’ignorance, les mystères des profondeurs, marines et aussi celles du vaste univers où scintillent les étoiles, et d’autres mondes, et d’autres dimensions.
Le ‘voyage’ et l’aventure ne font qu’un avec cette volonté de lumière et de savoir.

Une compréhension ‘émerge’ du dessous des mers et de l’océan qu’est l’univers : « J’ai compris à quel point la vie est éternelle »

Est découvert combien la vie se perpétue dans ‘des conditions extrêmes’, combien il lui faut pour cela juste un peu de chaleur, juste un peu de lumière ; comment « des organismes affamés » se nourrissent de « leurs propres défunts », condensés d’énergie et de lumière.

La lumière se ‘boit’, la lumière se ‘mange’, elle est l’énergie, celle qu’on assimile pour vivre, celle avec laquelle on s’assimile pour vivre encore, et se reproduire encore…
Secret du fond de l’eau : la vie se nourrit d’elle-même et de lumière.
Comment ne pas voir alors que la vie n’a pas de fin, comme achèvement, au sens de ce qui la termine, par quoi elle trouverait un accomplissement de ce qui se réalise à travers elle dans le temps, dans une finalité, croit-on, qui lui serait extérieure, un grand dessein dont elle ne serait que le moyen ; mais qu’elle est à elle-même sa propre fin, et ne vise rien d’autre qu’elle-même, dans sa perpétuation, avec pour principales conditions : eau, lumière, énergie. Et « rut » !
La vie, oui, se révèle « éternelle ».

Le narrateur-lumière se sait donc désormais condition essentielle de vie, pourvoyeur de vie ; sait son appariement avec l’eau, l’autre condition de toute vie ; il se sait donc aussi dans l’éternité.
Il se dit prêt alors pour le grand voyage : « Les étoiles m’attendent, je le sais. Je suis prêt »

   Marite   
19/12/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Inattendu mais tellement éblouissant ce récit !!! Lors de ma première lecture j'ai survolé les termes scientifiques qui m'étaient inconnus mais qui ne m'empêchaient nullement de suivre ces "photons" ... Puis, par curiosité j'en ai cherché la signification sans que cela ne modifie vraiment la fascination éprouvée. Très réconfortant comme approche de ce monde inconnu auquel personne ne peut se soustraire quand le moment est venu.
Seulement deux questions me sont venues à l'esprit :
- pourquoi les "boisseaux" ?
- ce récit étant publié en catégorie "Réalisme/historique" serait-ce une expérience vécue ? Du moins partiellement, avant de parcourir la planète ...

   gino   
1/1/2023
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà enfin la Grande Question. L'Immense Question. La question qui fait peur, qui fait pleurer, qui trembler. Où les philosophes de tout temps 'y sont cassé les dents.
Quoi après la mort ? Rien ? le paradis ? le Purgatoire ? Résurrection? en Animal? en être gumain? Bref. La question sans réponse.

Sauf ici. Dans ce texte. On redevient ce qu'on était avant, un photon. Une particule d'atome. qui a la curiosité d'explorer le monde
Ce qu'on n'a pas pu explorer à casue de notre lourdeur car,ée, de nos mains pataudes, de nos yeux d'aveugle
On redevient l'essence même de la vie, un atme, un morceau d'atome, électron,proton, quark ...
nous avancond en secondes-lumière, comme un cerf-vonat dans une bourrasque des forces attractives et répulsives
ous sommes une réalité que nous ne comprenons pas, qui nous échappe
nous sommes comme le chat de Shrödinger, à a la fois mort et vivant
Nous déambulons dans la cowuille de noix de l'Univers (Stephen Hawkins)
Et oui, pour la physique quantique la mort n'existe pas.

Merci pour ce momenbt surréaliste, arérien et lumineux.

   David   
8/1/2023
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonsoir socque,

C'est une bonne histoire, j'aime bien le renversement des étoiles vers les abysses, mais surtout comme qualité, c'est une très jolie histoire de mort décédée fatale ! J'ai un sourire même si l'humour n'est pas le trait majeur, il y a une poésie très présente tout le long. C'est ce passage qui m'en a laissé le goût :

"si j'avais eu une syncope on avait pu me déplacer… "

Je le comprend comme :

"si j'avais (bien) eu une syncope(,) on avait pu me déplacer… "

En ponctuant pour mon confort, mais je pense aussi à la fameuse réplique :

"Si j'aurais su, j'aurais pas venu !" pour
"si j'avais eu une syncope on avait pu me déplacer… "

La phrase a un faux air d'erreur de concordance, à mon sens, un côté bizarre que je retrouverai vers la fin du texte avec :

"j'imagine qu'il faut l'angle juste bien pour négocier aussi profond la mer sombre."

Oh, juste fait le ! je me marre mais dans le bons sens, et pas encore dans le sens de cette fin de récit que je redécouvre en commentant, avec le passage que je cite, je vais oser écrire que c'est à deux doigts de la pornographie !

L'écriture est de la dentelle, ou du contorsionnisme, pour laisser un bémol, je pense que ça éblouit un peu trop au final, un éditeur recommanderait peut-être de faire plus simple, mais j'adore ça quand même.

La qualité de l'écriture étouffe un petit peu l'expression, même si c'est un plaisir qui s'apprécie.


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