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Policier/Noir/Thriller
socque : Force des idées
 Publié le 18/08/11  -  13 commentaires  -  8285 caractères  -  125 lectures    Autres textes du même auteur

ou les beautés de l'auto-justification.


Force des idées


La petite ***, enlevée il y a deux jours sur le chemin de son école, a été anonymement déposée à l’hôpital de *** tôt ce matin et admise aux urgences. On lui a coupé les deux bras à hauteur des épaules. Il ne semble pas qu’elle ait subi de violences sexuelles.


Cela, il n’en était pas question. Je refuse de commettre un acte qui puisse mettre en cause la pureté de mes motifs. Il fallait apporter un maximum de malheur à cette petite fille et à sa famille, mais je ne voulais certainement pas en retirer du plaisir ! L’amputation des bras me paraissait le plus efficace pour le but fixé : j’aurais pu en outre lui couper les jambes, mais je courais alors le risque que sa famille la laisse en institution ; le malheur aurait alors plus ou moins été circonscrit à la gamine. Là, elle restera chez elle (comme elle dispose d’un minimum d’autonomie, les parents n’oseront pas refuser de la garder avec eux) et gâchera la vie de tout son entourage qui la détestera et s’en haïra. J’espère.

Je peux me reprocher d’avoir fait montre d’une certaine lâcheté en l’anesthésiant pour l’opérer. Oui, malgré la noblesse de mon but, je n’ai pas supporté l’idée de torturer une enfant… Peut-être parviendrai-je à surmonter cette faiblesse la prochaine fois.

Ce matin j’ai soigneusement écouté les informations. Il n’y a pas eu d’attentat-suicide en Afghanistan depuis trois jours. Voilà qui m’encourage ! Je crois vraiment que je suis sur la bonne voie.


Dès l’enfance, j’avais pressenti que ma propension à tourmenter mes petits camarades s’ancrait dans une nécessité bien plus grande que moi. De constitution moyenne, j’étais plutôt craintif, aussi mes actions devaient-elles se dérouler dans l’ombre ; pâtir de représailles eût été une perte de temps, gêné l’accomplissement de ce que je n’osais encore appeler une mission. Je me contentais donc de blagues cruelles mais sournoises, qui gâchaient la vie de mon entourage (devoirs perdus, trousses plongées dans les toilettes, tresses tirées dans le noir, que sais-je) sans m’attirer d’ennuis. Tout cela manquait d’ampleur. J’en souffrais et retirais une satisfaction étrange de cette souffrance. Elle s’ajoutait à celle des autres, c’était bien. Pourquoi ? Mystère et boule de gomme, comme on disait !

L’adolescence me vit beaucoup occupé de mes études. Isolé, amoureux souvent transi du savoir, parfois de condisciples dédaigneuses, je perdis de vue ce qui avait représenté l’ancrage de ma vie. Certes, je faisais à l’occasion des croche-pieds aux passants dans le métro – et faillis en envoyer un sous une rame –, mais sans guère m’y attacher. Je n’élaborais plus de plans, ne consacrais plus à la tâche mes facultés intellectuelles accaparées par la sèche beauté des rapports de gestion. C’est ainsi que j’entrai en gratte-papier dans ce qu’on appelle la vie active, pour moi un caveau morbide coupé des réalités où j’entrepris avec application de m’étioler.

Les vacances étaient les pires périodes, bien pires que les fêtes de fin d’année ou même le début de l’été. À Noël, au jour de l’An, je dormais. J’ai toujours été un gros dormeur, et les longues nuits de l’hiver m’apportaient l’approbation sereine de la Nature. Mais en juin, juillet, le soleil me fustigeait derrière les volets, et j’avais honte de me coucher quand les astres même autour de moi n’en jugeaient pas l’heure venue. Mon oisiveté faisait scandale à mes yeux, mais à quoi d’autre m’employer ?

L’année dernière, je décidai d’avaler d’un seul coup les plus amers brouets que me réservait l’existence et pris mes congés entre mi-juin et mi-juillet. Je disposais donc d’une plage infinie de temps angoissant. Partir, pour quoi faire ? Je résolus de creuser mon malaise pour voir si au fond du trou on trouve des étoiles.


J’ai un côté désuet, aussi allai-je faire des recherches à la bibliothèque. Je voulais mettre un nom sur mon malaise. En quelques heures, je parcourus distraitement quelques ouvrages de psychologie ; j’étais apparemment un sociopathe. Bon, et puis après ?

Ensuite j’errai dans la partie dédiée à la fiction. Ne dit-on pas que les écrivains savent tout de l’âme humaine ?

Il existe une injustice fondamentale dont personne ne parle : l’avantage de certains écrivains sur d’autres dû purement à l’emplacement de leurs ouvrages dans les rayons de librairies ou bibliothèques. Qui, en parcourant au hasard les étagères, risque de s’intéresser à Marcel Achard tout en haut ou Jean Ziegler à ras de terre ? Pour Will Self, je devais me pencher un peu. Je n’aurais pas remarqué son La Théorie quantitative de la démence s’il ne s’était trouvé en bout de meuble, incliné en arc-boutant, en presse-livre contre sa rangée. Mais, une fois le titre déchiffré, il m’eût été impossible de ne pas saisir le bouquin.

C’est ainsi que je sus pourquoi j’étais sur Terre.


Je soupçonne Will Self de ne pas avoir perçu la portée de sa fantastique idée, à savoir que, dans un groupe donné, la « santé mentale » (ou, à l’inverse, la démence) constitue une ressource non inépuisable ; si un individu en dispose en abondance, il l’accapare, et les autres membres du groupe doivent s’en partager une quantité moindre. Il traite la chose à la farce, sous forme de fiction, et nul doute que même lui désapprouverait les conclusions auxquelles j’aboutis. Qui sont pourtant pure logique.

Y aurait-il quelqu’un pour nier la croissante globalisation des passions et sentiments sur notre planète ? On s’indigne d’injustices intervenues à des milliers de kilomètres, on s’inquiète du sort de peuplades subissant des sécheresses qui n’ont aucune chance de nous affecter. Le monde est devenu un village, personne n’en doute. L’humanité, en gros, forme un unique groupe où circulent rumeurs et émotions violentes. Inutile d’insister sur le rôle d’Internet.

Je ne suis pas plus mauvais qu’un autre : je supporte mal l’idée de toutes ces souffrances qui accablent souvent les plus pauvres. Je voulais, à ma modeste échelle, rétablir un équilibre, et je compris en lisant Will Self que j’en avais les moyens.

Car l’auteur timoré n’était pas allé au bout de son propos. N’était-il pas évident que les pulsions destructrices, la passion pour le malheur qui paraissent parfois se concentrer en telle ou telle région « troublée » du globe, devaient être considérées elles aussi comme une forme de folie, soumise aux règles quantitatives dont je venais de prendre conscience ?

Je comprenais enfin où se situait mon devoir, ce devoir dont, en mon enfance, j’avais confusément perçu les exigences.

Je n’ai pas le loisir ni les finances nécessaires pour voyager loin ou longtemps. Il ne m’était pas vraiment possible de me rendre en bordure des régions où ça barde et d’ajouter localement au malheur dans l’espoir que la pression baisse tout à côté. Et puis, en terre étrangère, je me serais vite fait repérer ! Mais cela n’avait guère d’importance : je crois à la globalisation de l’information, à la circulation presque instantanée des puissants courants invisibles qui remuent l’humanité. J’étais certain qu’en agissant près de chez moi, j’apporterais tout de même un soulagement là où on en avait le plus besoin.

Il était clair aussi que les petites mesquineries gamines auxquelles j’avais pu me livrer autrefois ne suffiraient pas à créer une différence significative dans la marche du monde. Je devais frapper plus fort.

J’ai commencé petit, en assassinant un soir un inconnu choisi au hasard pour sa bonne bouille sympathique. J’imaginais déjà la famille et les amis éplorés, une masse de malheur, un abcès de fixation qui calmerait peut-être un brin la tension au Moyen-Orient ! Ah, j’étais naïf…

Le gars n’a finalement manqué à personne ; il était seul. Aucune amicale bouliste ou autre menue association n’a seulement jugé bon de faire connaître sa tristesse à ce décès. Et, le jour de la découverte du corps, les négociations de paix en cours entre Israël et les Palestiniens ont une fois de plus capoté.

La conclusion s’imposait : j’allais devoir me salir les mains, me livrer à des actes vraiment atroces, mériter le titre de monstre pour le bien de tous.


Je fonde les plus grands espoirs sur cette fillette désormais sans bras. Et j’accepte sans aigreur que mon dévouement, mes futures actions philanthropiques ne m’attirent aucune gratitude.


 
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   Colinede   
8/8/2011
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Un pur régal !
L'absurdité soutenue par une logique implacable, la démonstration par l'absurde que l'absurde est absurde, donc nécessaire, la perversion des bons sentiments, je reconnais là les préoccupations d'un(e) moraliste !
Et c'est servi par un style impeccable, sans une once de gras ou de pathos, c'est de la quintessence d'humour noir ( et je maintiendrai mordicus, quoi qu'en puisse dire l'auteure !)
Je pense que ce genre de texte présente un grand intérêt en ce qu'il dit beaucoup sur l'époque, sur les bouleversements qui se sont opérés dans les catégories de l'individuel et du collectif.
Seul (minuscule) regret : le sous titre.

   Pascal31   
8/8/2011
 a trouvé ce texte 
Bien -
Une idée horrible, dommage que l'auteur la laisse à l'état de graine et ne la fasse pas germer dans une nouvelle plus conséquente, plus aboutie.
Ici, on a une ébauche terrible de la démence de cet homme qui croit au bienfondé de sa théorie et, pire que tout, passe à l'acte pour l'éprouver...
L'écriture est bonne, j'ai lu ce court texte facilement. Pourtant, j'ai l'impression de n'avoir été confronté qu'à ce qui ressemble à un synopsis : je pense que l'auteur gagnerait à étoffer cette histoire. L'émotion est balayée par une analyse froide, cela est à la fois frustrant mais semble servir le récit.
Je finis la lecture avec cet arrière-goût désagréable que le texte aurait pu être très bon à peu de choses près... En l'état, c'est assez bon, et c'est déjà pas mal !

   Lunar-K   
12/8/2011
 a trouvé ce texte 
Très bien -
L'idée dont se sert le narrateur pour justifier son crime est fort intéressante, je trouve. Une manière d'objectiver la relativité du malheur et de la démence. Plus une personne (ou un groupe de personnes) est folle, plus son entourage aura l'air sain d'esprit. L'originalité de ce texte (même si, apparemment, l'idée n'est pas vraiment de vous) est de quantifier ce phénomène, a priori tout relatif.

Vous ne la développez pas davantage et, même si cela m'aurait beaucoup intéressé, je pense que vous avez très bien fait. Le narrateur étant, de toute évidence, totalement désaxé, il ne m'aurait pas vraiment semblé logique qu'il approfondisse trop ses motivations. Juste assez pour mettre en évidence un phénomène particulièrement bien rendu dans ce texte et qui me semble en être le sujet central : l'auto-justification.

Je ne suis pas spécialiste en la matière, mais il me semble que c'est presque une constante, chez ce genre de mégalomaniaque. Non pas qu'il soit complètement irrationnel. Bien au contraire, s'il part effectivement d'une hypothèse infondée, fantaisiste, il applique celle-ci avec une rationalité presque maladive, obsessionnelle, jusqu'à en tirer toutes les conséquences, même les plus atroces.

C'est sans doute ce qui me plaît le plus dans votre texte. Vous parvenez à battre en brèche ce préjugé selon lequel folie = irrationalité. En effet, votre narrateur est tout sauf ça : froid, distant et obsédé, mais logique avant tout ! Aucune émotion ne transparaît, à aucun moment de son discours. Alors, certes, ce peut être assez dérangeant pour le lecteur, mais il n'empêche que cette froideur est là précisément pour déranger et traduire au plus proche l'état d'esprit du narrateur, sans tenir compte du lecteur qui, sans doute, s'attend à un texte plus "vivant".

Bref, ce n'est pas toujours très plaisant à lire, c'est vrai. Toutefois, le texte est suffisamment court et l'intérêt du sujet rattrape bien la "platitude" (volontaire et assumée) de l'expression.

   Oscar_Van_Buren   
18/8/2011
 a trouvé ce texte 
Très bien
Typiquement le genre de texte et de personnage qui me touchent. Ici, l'horrible normalité et rationnalité de ces gens que l'on a longtemps appelés "fous" ou "détraqués" transparait dans une écriture froide et logique, à l'instar du narrateur.

L'écriture est simple, sans fioritures, à l'image du narrateur qui, bien qu'instruit, curieux et axé sur un cheminement de pensée parfaitement logique et justifié (à ses yeux), n'est pas un génie ni un demeuré total comme l'on a souvent, à tort, tendance à croquer les psychopathes dans la littérature. Nous avons ici affaire à un homme normal, pour ne pas dire moyen, légèrement blasé, qui justifie ses actions selon son point de vue avec les armes qui lui sont données. Et c'est cette normalité qui est à la fois effarante, touchante et destabilisante puisqu'elle amène le lecteur à s'identifier, ou du moins à faire preuve d'empathie, au narrateur. Identification qui, bien entendue, est limitée par le format même du texte, court.

L'écriture en elle même, comme dit précedemment, est simple mais efficace, la lecture est aisée, sans surcharge et le texte se lit donc très rapidement, sans heurts. Cependant, il aurait sans doute été servi d'être plus étoffé, entre autres par un développement plus poussé du personnage central. Nous avons ici affaire à ce qui peut faire penser à une confession, ou un journal, dans lequel il aurait été judicieux de prendre en compte le fait qu'un individu de cet accabit se livrerait plus personnellement, plus intimement. C'est la distance que met le narrateur entre lui-même et le lecteur qui m'a le plus gêné.

En résumé bon texte, personnage extrêmement interessant mais qui mériterait un appronfondissement certain.

   Palimpseste   
18/8/2011
Oh oui! J'aime !

Ce texte aurait-il puisé quelqu'inspiration dans l'histoire norvégienne récente ? En tout cas, la logique du personnage est implacablement bien rendue.

Côté écriture, c'est très agréable à lire et le texte s'avale d'un trait... chapeau + bravo ! (juste un bémol pour le titre... En cherchant bien dans votre sac, vous devriez bien en récupérer un meilleur)

Je suis comme les autres: je brûle que vous repreniez la plume pour nous en mettre quelques chapitres de plus. Vous tenez là une excellente trame, comparable au l'aigre-doux "Mort aux Cons!", de Carl Aderhold.

   socque   
18/8/2011

   Gerwal   
18/8/2011
 a trouvé ce texte 
Bien
Quand l'élève dépasse le maître on assiste à de tels débordements. mais, réflexion faite, le "maître" n'aurait-il pas, de par notre vaste et magnifique monde, bien plus d'élèves et de disciples, conscients ou non, que l'on pourrait penser, comme ça, à première vue... effectivement, entre l'Afganistan et la Norvège, en passant par ici et il repassera par-là... on peut se dire que.!!!, au nom du bien de tous ou simplement de quelques-uns, et avec ou sans la gratitude (ou les complients du jury...)... oui, on peut se dire que.!!!
Presque une fable contemporaine. Les bras m'en tombent.

(j'ignorais l'existence et l'œuvre de Will Self, puis-je l'avouer publiquement ?)

   placebo   
18/8/2011
 a trouvé ce texte 
Moyen +
Un texte qui ne m'a pas trop plu pour différentes raisons.
Mais avant, je voudrais souligner pour moi la difficulté à commenter un tel texte. Les maladresses, les égarements, les logiques brisées, les sautes d'humeur, tout cela est-il à mettre sur le compte du narrateur ou de la plume qui dérape parfois de l'auteur ? Je n'en sais rien :)

Première raison, un manque d'empathie total pour le personnage. Je n'y ai pas cru, je ne l'ai pas imaginé, visualisé.
Ensuite, de légères incohérences dans le texte.
Pour finir, le style / les idées, mais là c'est propre au narrateur je pense. Si je regarde la trame du texte, raconter le raisonnement possible d'une personne, quoiqu'a priori normale, désaxée, mettre en avant des idées au nom d'une justification, je trouve le texte intéressant bien qu'un peu court.

-la fillette a été kidnappée il y a deux jours, il est content car pas d'attentat depuis trois jours. Peut-être plus clair de dire « pas d'attentat depuis l'acte » sinon je vois mal la logique.
-Pas aimé l'ellipse avant « gêné », le « tourmenter mes petits camarades » que je trouve cucul, « l'entourage », qui s'applique davantage à la famille qu'aux autre élèves je pense, le « beaucoup occupé »
-j'ai du mal avec son caractère. Il parle de « beauté sèche » et de « caveau morbide » pour le même truc, son boulot.
-« pas les finances » le mec ne fait que dormir, travaille dans un truc de gestion / compta, je vois mal où il dépense son argent.

Je ne développe pas plus de ce côté:)

Sur les idées : « Y aurait-il quelqu’un pour nier la croissante globalisation des passions et sentiments sur notre planète ? » ben, moi. Plus qu'une société des sentiments, on est dans une société sans empathie, de bouton pressoir télévisuel (mode cynique off ^^)
« Je ne suis pas plus mauvais qu’un autre : je supporte mal l’idée de toutes ces souffrances qui accablent souvent les plus pauvres. » me plait plus.
Le chemin du raisonnement (équilibrer la folie → équilibrer la folie à l'échelle du monde → équilibrer le malheur à l'échelle du monde) me paraît un peu tortueux. C'est ni transcendant, ni complètement faux. C'est laborieux. Alors on retombe sur ce que je disais en début de comm : est-ce écrit ainsi parce que le gars est moyen, sans génie ou médiocrité ou est-ce la plume embrouillée ?

Là, je n'ai pas le sentiment de pouvoir en dire plus sur ce texte pour l'instant :)
bonne continuation,
placebo.

Edit : ah si, deux choses que j'ai oubliées :)
- je n'ai pas trop compris dans quel contexte se situait ce texte. Et puis j'ai repensé aux indestructibles, de pixar, quand un des héros dit à propos d'un méchant : "j'étais coincé, à sa merci… et il se lance dans un monologue". Mais je ne vois pas le gars ici faire carrière dans "maître du monde" lol.
- du coup, j'ai un peu de mal avec le tout début, le flash d'info en italique. Quel est le rapport entre les deux ? (ça renvoie au 1 : il écoute la radio et rumine tout seul ?) et puis, je ne sais pas, une séance où l'électro-cardiogramme s'affole un peu, ex une description plus précise et longue de la séquence où il lui coupe les bras, ça m'aurait paru bien.

   brabant   
19/8/2011
 a trouvé ce texte 
Bien -
Bonjour socque,

Dites, c'est un texte prémonitoire que vous aviez composé là ; j'ai l'impression de lire le bilan psychiatrique de Breivik tel que je pourrais l'imaginer.
Vraiment, vraiment étonnant !

Bon, j'avoue que je me perds un peu quand le triste héros explique le traduction qu'il fait du livre de Will Self. Signification de ce nom ? 'Je serai moi-même, j'en aurai la volonté' (?)

Je me perds et puis je m'y retrouve, plusieurs fois.
Vous avez réussi à disposer des bouées dans le texte.
Avez-vous voulu démonter par là l'esprit malade de votre gratte-papier. Qui avoue lui-même que sa tête est vide.

Il ne faut pas s'attacher à la vraisemblance de l'histoire. Amputer une gamine des deux bras n'est ici en l'occurrence pas réalisable. Le lecteur doit accepter de jouer ce jeu morbide.
L'invraisemblable réalité du tueur norvégien est, elle, réalisable. Pour cause. Banalité de l'horreur dans le réel. Le fantasme a du souci à se faire.


L'écriture est claire. Tant que l'on n'est pas embarqué dans la théorie fumeuse de l'anti-héros.

On se prend à frémir, car c'est horrible et qu'il n'a pas l'intention d'arrêter. Sur ce plan c'est réussi.


Ah! Je me suis permis de relever :
"caveau morbide" : forcément (lol)
"ressource non inépuisable" : épuisable ? Je n'ai pas compris.
"choisi au hasard" : en ce cas ça n'est pas "choisi" (lol)


Pour terminer, un bonheur d'expression :
"pour voir si au fond du trou on trouve des étoiles".
Croyez-moi, rien que cela suffit à mon bonheur. Je n'ai pas perdu mon temps.

Merci

   Charivari   
27/8/2011
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Très très fort, je trouve. Dès les premières lignes, on est envoûtés par ce cynisme, et on se demande, un peu inquiets, où ça va aller, cette histoire.

Le ton est parfait : entre humour noir et réflexion profonde, on lit tout ça comme du petit lait... Bravo.

J'ai juste un petit reproche à faire : je trouve que le passage sur les "gamineries" est un petit peu trop long. Par contre, celui sur les bilbiothèques est un pur régal.

   Thorbjorn31   
16/10/2011
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Superbe !
J'ai, durant les premières lignes, légèrement hésité en voyant arriver ce qui aurait pu devenir un ennuyeux cliché.
Mais au contraire, je me suis régalé, complètement imprégné du texte de bout en bout.

En cherchant, je pourrai probablement trouver des éléments perturbant la qualité du récit, mais non, je ne chercherai pas:
Je tiens à ne garder de ce monologue que le résultat d'une lecture posée et passionnée.

   caillouq   
30/12/2011
 a trouvé ce texte 
Très bien
Réalisé récemment que je n'avais pas encore lu tous les textes de Socque. Eh ben. C'est terrible ! J'adore ! Ecriture impeccable, logique implacable. Malaise constant à la lecture. L'humour ne fait pas plus qu'affleurer, ce qui aurait amoindri le propos (encore qu'il affleure fortement avec l'Afghanistan, l'absurdité mégalomaniaque du propos est excellente, avec effet double-bang par la suite quand on en comprend la justification !). Difficile de faire un commentaire constructif quand on achète tout en vrac - désolé, ce sera pour une autre fois (juste un doute ... Comment Socque fait-elle pour se couler aussi facilement dans un moule de folie ? Veux-je vraiment le savoir ?).
(Après lecture du forum: je le trouve très bien, ce titre !!! Très second degré.)

   jeanmarcel   
17/2/2012
 a trouvé ce texte 
Très bien
Etrange histoire que celle de ce tueur qui diagnostique lui-même sa maladie, trouve le remède et justifie ses actes monstrueux avec une intelligence rare et un détachement stupéfiant.
Les frustrations et les obsessions du narrateur sont traitées avec la progression qui convient, de la blague cruelle aux croche-pieds pour arriver au meurtre et aux mutilations.
Un humour insidieux est saupoudré sur ce texte au ton presque anodin qui fouille les plus horribles recoins de l’âme humaine.
Le passage sur le classement par ordre alphabétique des écrivains est savoureux. J’ai pensé à Marcel Aymé et à Bernard Werber pour encadrer ce diable de Will Self.
Persuadé qu’il fait le bien en pratiquant le mal, ce sociopathe à vocation philanthropique est plus vrai que nature et nous renvoie à des images traumatisantes de tuerie de masse ou en série qui peuplent nos cauchemars et aussi, malheureusement, nos écrans de télévisions.
Un très bon texte qui fait réfléchir.


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