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Science-fiction
socque : L'origine du monde
 Publié le 11/06/16  -  11 commentaires  -  23338 caractères  -  144 lectures    Autres textes du même auteur

Bien sûr :
https://www.flickr.com/photos/ddalledo/1149225055


L'origine du monde


— Regardez, Ania, c’est très net sur la vue satellite.


La belle Ania, xénobiologiste aux gros seins, cliché ambulant sorti tout droit d’un pulp, parut excitée comme une puce. Le capitaine Garfield décida de se concentrer sur son seul centre d’intérêt autorisé : l’holovidéo d’une bouillie gerbante, nacrée mais parcourue de filaments rosâtres, s’écoulant de la faille Sainte-Nitouche.

Ce relief tirait son nom de sa ressemblance hallucinante avec un vagin. Pour n’importe quel humain, c’était évident : à flanc de colline, nichée entre deux promontoires aux douces courbes incongrûment coiffés de rotules de granit, la faille bâillait à peine, surmontée d’un ergot clitoridien verdoyant. De prudents sondages par ondes sonores avaient révélé que l’ouverture donnait sur de vastes et profonds gouffres.


— Ça n’a aucun sens géologique, avait grommelé Norbert devant ce con géant aux creux convolutés. De quoi imaginer une structure artificielle.

— On verra ça plus tard, avait décidé Garfield, si d’aventure on découvre des traces manifestes de vie intelligente. Concentrons-nous d’abord sur l’écosystème en plein air.


Une savane évocatrice de ce qui avait existé sur Terre avant l’expansion agricole totale, n’eût été l’allure de la faune.


— Ils me donnent le tournis ! minaudait parfois Ania pour relancer la conversation.


Les dervichidés, herbivores comme carnivores, présentaient une symétrie ternaire assez déroutante. De forme grossièrement conique, ils se déplaçaient en tournoyant sur six pattes à la base. Même au repos, leur vision englobait 360° – supposait-on, avec leurs trois paires d’yeux. Comment leur cerveau parvenait à gérer la somme d’informations mouvantes créées par leur déplacement systématique rotation + translation, c’était un vrai mystère. Un mystère qui agaçait tout le monde, et avant tout Ania. Mais on n’y pouvait rien.


— Vous connaissez les restrictions posées à l’exploration spatiale, rappelait tous les jours le capitaine. Après avoir tout salopé notre planète, nous nous sommes engagés à bien nous tenir au moins sur les autres ! Aucun prélèvement sur la faune ou la flore, y compris de spécimens morts. Nous ne devons en aucune manière perturber l’équilibre existant.


Norbert, l’« omni-spécialiste » de l’équipe (planétologie-xénocommunication si jamais-médecine-gestalt conceptuelle), n’était pas souvent d’accord avec Ania, mais là il n’hésitait guère à mettre la pression sur Garfield.


— Ce n’est pas une malheureuse carcasse qui changerait grand-chose, grommelait-il.


Car le grommellement constituait son mode d’expression favori. L’Intelligence Artificielle du vaisseau venait alors soutenir le capitaine :


— Rappelez-vous que j’enregistre. Tout prélèvement donnerait lieu à des sanctions sévères. Cantonnez-vous à l’observation, à l’induction et à la déduction. Avec mes bases de données, cela devrait amplement suffire…

— Mais ce n’est pas possible ! protestait alors Ania. On nous demande de repérer les planètes favorables à un projet de colonisation, mais sans pouvoir procéder à des analyses sérieuses, sauf sur des cailloux de toute évidence stériles !

— Évaluer le coût d’une terraformation sur de tels cailloux fait partie de notre mission, rappelait Garfield.


Ania et Norbert levaient les bras au ciel. Jusqu’à présent, les différentes expéditions avaient repéré une unique planète répondant aux critères : BZ-202-FFFF-2 semblait pourvue d’un écosystème limité à des micro-organismes dont certains produisaient de l’oxygène. La Terre des stromatolithes. Ce n’était déjà pas si mal, et il y avait de quoi occuper les esprits et les ressources pour deux ou trois générations, mais le capitaine se rendait bien compte que les deux scientifiques sous ses ordres rêvaient de voir leur nom inscrit au panthéon de la colonisation spatiale grâce à leurs propres découvertes. En attendant, leur curiosité les mettait au supplice. HX-123-SUDO-5 les passionnait, même si elle se révélait probablement trop avancée dans son développement biologique pour recevoir un jour le surplus aventureux de l’humanité.

Le trop court aperçu surpris par la pauvre sonde chargée de monitorer l’ensemble de la planète avait donc de quoi les tournebouler.


— Ce qui sort de la faille est forcément organique, appuya Norbert. Aucun phénomène météo ne ressemble à ça.

— Nous sommes sur une autre planète, objecta Garfield. Tout, par définition, est possible.

— Regardez les analyses spectroscopiques préliminaires ! s’écria Ania. Les proportions des différents éléments sont typiques de la chimie organique. Pour l’essentiel de la vapeur d’eau – une brume épaisse –, qui charrie les atomes habituels, carbone, azote, quelques métaux, etc. Le tout formant des molécules complexes, je le parierais.

— Vous vous êtes livrés à des analyses spectroscopiques ? intervint Lia dont l’avatar, fidèle à son rôle, ne ratait rien.


Elle avait choisi pour ce bref séjour sur le terrain une apparence de baroudeur tropical, et en soignait les détails jusqu’aux gouttes de sueur. Mais sur l’holographe cela rendait mal, se dit le capitaine, on avait l’impression de petits globes irisés posés sur la peau, d’où jaillissaient des éclats arc-en-ciel. Lia en faisait trop, signe de désœuvrement.

Faut que je lui fasse opérer une inspection générale des systèmes un de ces quatre.


— Dois-je vous rappeler la directive 33-3 de la Charte d’Exploration Éthique ? protestait l’image de l’Intelligence Artificielle du vaisseau en brandissant un volume impressionnant, relié pleine peau, embossé, probablement enluminé.


Avec les objets virtuels, pourquoi se gêner ?


— Toute initiative de ce genre doit d’abord bénéficier de mon feu vert. Je me vois obligée de noter l’infraction dans mon journal de bord.


Ania et Norbert savaient fort bien jusqu’où ils pouvaient aller trop loin : un tel signalement, tout-venant des rapports d’exploration, n’aurait vraisemblablement aucune conséquence. Un risque calculé.


— Une telle analyse n’est en rien intrusive, répondit Norbert avec désinvolture.

— Certes, admit le capitaine. Toutefois, je vous prierai de ne pas recommencer, d’autant que pour pouvoir l’effectuer vous avez forcément découplé pour un moment le spectroscope de Lia, ce qui est fort déconseillé pour le matériel. Bref, revenons à notre nuage.

— Cela fait penser à des glaires cervicales, sur l’image, vous ne trouvez pas ? s’enthousiasma Ania. Comme une sécrétion vaginale mêlée de sang, mais gazeuse…


Garfield se serait bien passé de cette comparaison. Pourtant il ne se pensait pas bégueule…


— Quoi qu’il en soit, reprit-il, il va falloir évacuer le terrain en vitesse pour ne pas perturber le phénomène. Lia m’informe que le brouillard vient droit sur nous.

— Non !


Cri unanime des scientifiques.


— Voyons, capitaine, vous n’y pensez pas, nous n’avons arraché à Lia la permission d’observer les limaces de près que depuis une semaine ! s’insurgea Ania.

— Et il me semble qu’elles réagissent à mes tentatives de communication ! appuya Norbert.


Garfield, sceptique, jeta un coup d’œil sur les nombreux êtres s’étalant à leurs pieds. Seule exception notable au schéma conique habituel, il s’agissait de mollusques géants, des blobs sans structure apparente. Mais Ania affirmait qu’ils percevaient leur environnement grâce à des cellules spécialisées, et révélaient une étonnante intelligence. Norbert avait concocté quelques tests, sans la moindre permission de leur gardienne de la Charte d’Exploration Éthique.


— Je pense qu’il existe une hiérarchie dans leur société, ajouta l’omni-spécialiste. Ce sont toujours les mêmes qui bénéficient de l’herbe la plus épaisse. On constate de nettes différences dans leur développement.

— Mais ils constituent une population complète, non ? objecta le capitaine. Il y en a de plus vieux et plus gros que d’autres, c’est normal.


Ania secoua la tête.


— En étudiant bien les individus, on constate chez eux – jusqu’à présent, on n’a eu qu’une semaine – une tonicité générale étonnamment uniforme. Norbert et moi sommes d’avis qu’ils ont tous à peu près le même âge. Ce qui soulève d’ailleurs d’autres questions : comment peut-on se trouver devant un troupeau formé d’une unique génération ?

— Vous avez outrepassé le mandat que je vous avais accordé, signala Lia, mais je reconnais que je suis d’accord avec vos déductions.

— Admettons, haussa-les-épaules Garfield. On pourra en discuter en orbite, on remonte.

— Comment travailler dans de telles conditions ? grommela Norbert en ramassant son attirail coloré, des jeux destinés à stimuler l’intérêt des limaces.


Le capitaine tiqua. Une fois de plus, le savant avait passé les bornes de l’observation pour se livrer à de l’intervention intrusive ! Ces deux-là donnaient l’impression de se tirer la bourre, mais ils s’entendaient à merveille pour jouer à cache-cache avec la Charte… On ne manquerait pas de le lui reprocher au retour, la responsabilité serait sienne.


— C’était plus simple avant, soupira-t-il à mi-voix.


Un avant qu’il n’avait du reste jamais connu ; qui n’avait jamais existé, puisque la repentance omniprésente de l’espèce humaine avait précédé la découverte du transmoteur et la possibilité de l’exploration stellaire.


— Alors ça, c’est extraordinaire ! s’écria Ania.

— J’espère, soupira le capitaine. On dépense beaucoup trop d’énergie à rester en orbite juste au-dessus du site.

— On n’allait pas se contenter des passages périodiques de la sonde ! Quelque chose de fondamental se joue là.

— Ania a raison, capitaine, appuya Lia, cette brume est manifestement importante pour l’écosystème. Voyez la synthèse graphique.


Garfield regarda docilement l’hologramme en fausses couleurs.


— C’est quoi toutes ces taches qui se fondent dans le brouillard ? demanda-t-il.

— Vous voyez comme elles le rejoignent délibérément ? reprit Ania. Ce sont les dervichidés du coin !

— Et l’ensemble de la brume va vers les limaces, on dirait… Mais elles ne bougent pas.

— Étonnant, non ? Capitaine, je dépose solennellement une demande d’exploration par hautes fréquences de cette matière organique ! Les ondes visuelles et infrarouges ne la pénètrent pas, on ne sait pas ce qui se passe en dessous. J’invoque la directive 444 de la Charte.

— Non, répondit Lia sans accorder à la xénobiologiste la courtoisie de faire semblant d’hésiter. La directive 444 ne vaut qu’en cas de suspicion de danger pour un être humain. En orbite, je ne vois pas ce que nous risquerions.

— Voyons, Garfield, glissa Norbert, depuis quand laissez-vous l’intelligence artificielle du vaisseau évaluer la situation globale ? Ceci n’est-il pas contraire au Code de Navigation ?

— Si, et en effet, Lia, j’aurais préféré que tu me laisses parler, mais de toute manière je suis du même avis. Il n’y a aucune raison de risquer de disloquer les molécules complexes de la brume en la bombardant de rayons.


Norbert et Ania échangèrent un regard résigné.


— Le comportement des différentes espèces en cause ne vous donne-t-il pas suffisamment matière à réfléchir ? insista le capitaine. C’est vrai que ce phénomène doit obéir à une logique qui nous échappe.


— Plus rien qui bouge depuis dix jours standard ! s’indigna Norbert. C’est un supplice. Qu’est-ce qui peut bien se passer sous cette brume démente ? Nous devons descendre et prendre quelques échantillons aux bordures !

— Non, répondit Garfield machinalement.


Il rêvait d’un générateur automatique de parole pour répondre à toutes ces phrases comminatoires comportant les mots « descendre », « brume », « échantillons », « sondage », « science », « scandale », « obscurantisme », etc. Lia refusait de lui concocter ça ; lui aussi avait ses frustrations !

Réduits à observer la surface du brouillard mouvant qui avait envahi l’espace des limaces et n’en décollait plus, ils avaient constaté qu’elle pâlissait. Elle était passée par une période de grands remous, mais désormais restait calme. Quelque chose se mijotait, à coup sûr.

Les alentours demeuraient quasi vides de dervichidés, sauf les malades et les vieux qui se traînaient. Peut-être les autres s’étaient-ils entretués sous leur couverture rose, et se dévoraient-ils à présent.

Ania entra d’un pas nonchalant, tout juste réveillée de sa sieste. Elle avait à la main sa fameuse tisane aux herbes stimulantes. Elle semblait placide, avec pourtant les traits animés et, dans les yeux, un feu brûlant. Qu’elle était belle !


— J’ai fait un rêve… annonça-t-elle. Et j’ai eu une idée. Je suis sûre que ce phénomène a à voir avec la reproduction.


Norbert et le capitaine échangèrent un regard et rougirent. Eux avaient eu la même idée sur la nature du rêve de leur collègue. Y avaient-ils figuré ?

Garfield se racla la gorge.


— La reproduction ?

— Oui. Je pense que, sur cette planète, les limaces sont en fait les larves protoplasmiques des dervichidés. Quand la brume se répand, de manière saisonnière – supposé-je, nous sommes là depuis moins d’un cycle orbitaire de la planète –, elle représente un catalyseur qui leur donne forme, leur fait imiter les formes de vie présentes à proximité. Rappelez-vous que je me suis étonnée de ne distinguer aucun appareil génital nulle part…

— Vous les avez supposés à la base des cônes, rappela Norbert.

— Parce que c’était le seul endroit qu’on ne voyait pas.

— Bon, mais quel intérêt, un dispositif aussi compliqué et aléatoire ? Et comment se ferait l’évolution ?

— Compliqué, aléatoire ? Pas plus que l’ADN… Avec ce système de pouponnière trans-espèces, tous les jeunes sont protégés puisque les dervichidés restent à l’écart. Et on peut supposer que de simples erreurs de copie font peu à peu muter les organismes, comme sur Terre.


Le capitaine poussa un sifflement admiratif.


— Intéressante, votre théorie, Ania. Et je pense que nous allons bientôt pouvoir la vérifier : Lia m’informe que des dervichidés commencent à sortir de la brume et que celle-ci paraît se dissiper suite à une forte averse.

— On y va ? s’écrièrent en chœur les deux autres.


Garfield soupira.


— Pas tout de suite, il faut attendre que tout soit terminé pour ne pas déranger le processus. On peut déjà analyser les mouvements des individus. Tiens, Lia m’apprend qu’ils sont en moyenne de taille plus petite, selon l’espèce, que ceux observés à l’entrée. Des juvéniles, non ?


Ania parut à la fois très contente et très frustrée. Elle avait hâte de descendre.


— Lia, neurocharge-moi tout ce que tu as ! exigea-t-elle.


— Vous voyez, ça n’a pas été si long, fit remarquer le capitaine dans la navette en direction du sol. À se demander où est passée toute cette matière composant la brume, elle s’est évaporée comme ça.

— Des résidus se sont sûrement déposés à terre, nourrissant les plantes pour les limaces, supposa Ania. Cela complète le cycle.

— C’est vrai que la flore s’est beaucoup développée en un court laps de temps, appuya Norbert. Les nouvelles limaces ont plus à manger. Du coup, notre vue satellitaire a été gênée…

— Alors selon vous, Ania, la nouvelle génération de blobs est directement issue de la brume ? demanda Garfield.

— Oui. Cette matière génératrice doit comprendre des… graines de protoplasme qu’elle dépose à terre, qui poussent en attendant le prochain cycle où elles prendront forme adulte. C’est étonnant, cette mutualisation de la reproduction !

— Nous nous poserons plus à l’écart que d’habitude, décida le capitaine. Il est hors de question de risquer de brûler ou d’empoisonner ces bébés avec notre véhicule. Nous marcherons.


Les scientifiques gémirent, mais ne protestèrent pas. C’était la seule chose à faire.


Finalement, ils semblaient apprécier la promenade. Cette savane à l’herbe orangée, veloutée, parsemée d’arbres globuleux, comme des plantes grasses géantes, et d’indifférents cônes tournoyants aux pelages variés, invitait à la détente.


— Ils ne s’intéressent pas du tout à nous, nota une fois de plus le capitaine.

— Nous représentons un élément totalement inconnu et ils ne sont pas curieux, donc probablement pas intelligents, soupira Norbert. Ce qu’il y a de plus intéressant chez eux, ce sont leurs larves !

— À leur décharge, intervint Ania, nous n’avons sûrement aucune odeur pour eux, leurs récepteurs olfactifs n’ont pas évolué conjointement avec nos molécules corporelles. Pourquoi s’intéresser à quelque chose qui ne doit pas leur paraître plus vivant que les nuages dans le ciel ?


Ils approchaient de la faille Sainte-Nitouche. Ils scrutèrent avec un nouveau respect cette matrice universelle.


— Il faudra vraiment explorer son système souterrain, insista la xénobiologiste. Quel écosystème en bas produit ce débordement nutritif catalytique qui permet la reproduction mutualisée ? Peut-on imaginer des nappes phréatiques où s’accumulent des molécules dégradées, de décomposition, en provenance des carcasses sur le sol ? Il y en a pour des années d’étude !

— Comme sur toute planète vivante, rappela Garfield. Depuis que nous avons accès au voyage interstellaire, chaque nouveau monde mériterait des siècles d’attention… Une fois de plus, nous découvrons que nous ne savons rien.

— Nous devrions déjà nous demander si cette configuration géologique apparemment indispensable à la vie dans le coin est courante sur ce monde-ci, dit Norbert. Cela paraîtrait logique. Y a-t-il un peu partout des failles Sainte-Nitouche gouvernant un écosystème complet ? Par quels processus telluriques ?


Le capitaine plissa soudain les yeux.


— Qu’est-ce que c’est que ça ?


Un mouvement dans les hautes herbes, des corps qui se dirigeaient sur eux avec assurance. Les prédateurs dervichidés voulaient-ils finalement tâter d’une chair étrangère ? Garfield porta la main à son blaster. Les deux autres s’étaient arrêtés net. Norbert rabattit sur ses yeux ses lunettes-jumelles à vision multiple. Bouche bée, il bava un peu, puis prononça péniblement :


— On dirait…


Une bonne dizaine d’organismes débouchaient des buissons et venaient vers eux. Il y en avait de deux… non, trois sortes. Sur leurs corps juvéniles, impubères, les visages se révélaient déjà très reconnaissables. Sept foncèrent sur Ania, cinq sur Norbert, un sur le capitaine. Treize, donc, se dit celui-ci faute de mieux.

Il avait comme un blanc dans la tête.

Ania éclata soudain d’un rire strident.


— La copie, bien sûr ! Nous avons dispersé notre ADN un peu partout dans cette pouponnière rien qu’en nous déplaçant entre les limaces… La brume-matrice sait s’adapter à merveille !


Autour d’elle, sept Ania miniatures trépignaient, impatientes, lui tendaient les bras, réclamaient son attention par de petits cris inarticulés. La xénobiologiste, émue, s’accroupit pour les prendre dans ses bras. Norbert, quant à lui, s’efforçait de maintenir à distance ses clones décidés à s’agripper à ses jambes.


— Vous avez vu ? s’attendrit Ania. Chacun reconnaît son modèle, c’est extraordinaire !


Elle sembla tout à coup inquiète.


— Ils doivent avoir faim, ils sont nés depuis des heures… Lia, vocalisa-t-elle dans sa puce de gorge à destination de la navette, prépare vite des rations pour seize ! Ah, et synthétise aussi treize combinaisons universelles taille, euh, sept ou huit ans je dirais ; ils semblent tous à peu près du même poids, chacun celui de sa « limace » génératrice… Envoie le chariot dès que possible.

— Mais vous êtes dingue ! protesta Norbert. Capitaine, dites quelque chose, on ne va quand même pas prendre soin de ces caricatures ! Elles n’ont rien d’humain.


Mais Ania lisait déjà un résultat de test sur son ordipaume.


— L’ADN dit que si, assura-t-elle. J’ai piqué une de ces petites avec mon kit bio – pardon, ma chérie, ne pleure plus… Câlin.

— C’est une contamination, voyons ! Vous lisez votre propre signature.

— Vous n’espérez pas m’apprendre mon métier, quand même, siffla Ania, rouge d’indignation. Nous avons une responsabilité vis-à-vis de ces gamins.

— Des gamins ? Je suis curieux de voir leur cerveau, tiens ! Sans le développement lent, la maturation nécessaire, il est certainement incapable d’apprendre quoi que ce soit. Vous vous apprêtez à élever de malheureuses bêtes de foire… Nous ferions mieux de les euthanasier discrètement, conclut l’omni-spécialiste en s’efforçant de détacher un aventurier qui grimpait sur son dos.


Ania sursauta et serra plus fort contre elle les sept fillettes. Quelques clones de Norbert se dirigeaient déjà vers l’humain accroupi, manifestement plus amical.

Garfield considérait avec intérêt son unique copie – il avait été beaucoup moins présent sur le site. Le petit tendait les bras, il voulait qu’on le prenne. Le capitaine s’exécuta.

L’autre lui caressa la joue. Les picots de barbe semblaient l’intriguer. Garfield lui saisit le nez entre deux doigts, arrachant à l’homoncule un léger cri de surprise, puis lui montra son pouce qui pointait entre deux phalanges. Le clone éclata de rire et se toucha le nez pour vérifier (quand même) qu’il était toujours là.


— Félicitations, mon petit gars, annonça le capitaine. Tu passes haut la main le test d’humanité breveté Garfield Jones. T’inquiète, on va bien s’occuper de vous tous… Lia, vocalisa-t-il à son tour, prévois un plan d’installation sur site dans un coin qui ne dérangera pas la faune locale, pour trois adultes et treize enfants. Et une scolarisation.

— Je dois informer la Terre, l’avertit l’IA. Vous outrepassez vos prérogatives en prenant une telle décision.

— Bien sûr. Tant que tu y es, avertis la presse, aussi, avec plein de photos de ces adorables bambins. Mets les meilleures sur le réseau mondial.


Finalement ils vont l’avoir leur moment de gloire, mes deux zozos, songea-t-il. Mais l’exploration spatiale va se faire un peu plus compliquée à l’avenir, j’en ai peur.

Nul doute que, très bientôt, on imposerait le port de combinaisons archi-étanches, façon techniciens sur scène de crimes, pour toute virée sur le terrain. Si même on les autorisait encore, ces virées…

Apparemment bien loin de ces soucis, Ania, pour faire patienter les petits, avait organisé une ronde sur l’antique Élégie à la sonde :


L’orbe décrit à fins mathématiques

cerne les plus beaux corps.

On hèle les consorts,

ces babillards d’appareils frénétiques.


Clignotent-ils, sur Terre bien planqués,

des vastes découvertes

qu’a humblement offertes

leur sœur filant par ses trajets bloqués !


Maîtres humains, l’océan couvre Europe.

Et rêvent les humains

de flamboyants demains :

dans quel navire envisager l’écope ?


De l’eau, des sels, abondent sur Cérès,

sur Titan le méthane

coule, gèle, s’émane.

Pluton, son cœur… leurs frasques font florès !


Les yeux au ciel, rivés à notre monde,

nous nous voyons partis

vers des joyaux sertis

qui luisent clair. Nous envions la sonde.


Le beau voyage au bout de l’univers !

Frêle et pourtant puissante,

minuscule, émouvante,

elle subit le plus froid des hivers.


Elle parcourt le système, s’éloigne,

soumise à nos desseins,

notre soif d’assassins

pour le savoir. Mais elle, qui la soigne ?


Déjà réduite à ce pauvre signal

de force imperceptible,

dans le noir impossible

elle a perdu le contact crucial.



___________________________________________

Ce texte a été publié avec des mots protégés par PTS.


 
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   Charivari   
11/6/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour socque.
Heureux de retrouver votre plume.

Pour ce qui est de ce texte, j'ai bien aimé, mis à part deux ou trois choses.

D'un côté j'avoue que j'adore l'ambiance, les trouvailles, les néologismes, le ton humoristique, et en général, l'écriture, très soignée. Au niveau de l'histoire, je trouve ça très drôle et original cette histoire de clones (je ne ferai pas de spoiler en racontant la fin !)

D'un autre côté, je trouve que ça se perd un peu trop en circonvolutions et le rythme en pâtit. C'est bien dommage. D'autre part, je trouve que le poème (ou chanson) final n'apporte pas grand chose. Mais pourquoi pas ?

Pour ce qui est de l'histoire même, je le répète, je l'ai trouvée vraiment sympa et originale. Par contre il y a un détail qui m'échappe: on dit pendant tout le texte qu'il faut absolument éviter toute interaction avec les écosystèmes extraterrestres, et pourtant, ces astronautes finissent par se balader sans trop de protection. Ça ne m'a pas trop paru logique.

Mais c'est un point de détail, je me suis fait plaisir en vous lisant, c'est le principal

   David   
11/6/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour socque,

Je crois que j'ai deviné la fin, le fait que les explorateurs allaient faire face à leurs doubles, entre la sortie de sieste d'Ania et "— La reproduction ?" mais je suivais encore avec intérêt le déroulement vers cette apothéose attendue. Depuis le début, l'humour et la loufoquerie l'emportaient largement sur le vocabulaire scientifique qui s'aiguisaient de loin en loin, comme pour détourner la lecture ou la faire valser entre les deux eaux d'une très-scientifique-fiction et d'un space-opéra burlesque. En tout premier même, je me souviens m'être dit à peu près en souriant : "encore une xénio-biologiste à forte poitrine ?" sans trop savoir d'où me vient ce cliché. Sans doute d'une SF type fleuve noir avec des héros virils et physiques accompagnés de seconds rôles féminins plus intellectuels mais toujours très suggestifs.

J'ai adorés les "dervichidés", une trouvaille très visuelle, et je me représentais le monde exploré comme un univers psychédélique aux forts tons fluos, sans trop chercher si ça vient directement du texte ou d'associations d'idées.

Pour le poème final, je l'ai d'abord pris, un peu en diagonal, comme un air de traine à la fin du texte. Il est difficile à lire, pour faire une comparaison forcement injuste, une élégie ça peut être Les séparés (N'écris pas...) de Marceline Desbordes-Valmore. Ça se lit comme un passage de roman ou presque. Mais je crois comprendre néanmoins que ce poème en fin de ce texte chanterait une sorte de nostalgie de la redécouverte : tous ce que l'humain peut espérer trouver au fin fond du cosmos serait déjà présent à ses côtés depuis toujours, la nuit des temps... ou l'origine du monde !

   Jano   
11/6/2016
 a aimé ce texte 
Bien
De la science-fiction burlesque qui s'adapterait parfaitement à la bande-dessinée, je trouve. Sans surprise l'écriture est fluide, hormis la comptine finale que j'ai trouvé plutôt indigeste ; compliquée à lire et à comprendre.
Le scénario est cocasse, toutefois trop chargé en explications pseudo-scientifiques qui m'ont perdu. Entre la brume, les limaces et les dervichidés certains éléments restent obscurs. Pas grave, on pige quand même que les créatures autochtones ont répliqué, à l'aide des émanations de la matrice, l'ADN des visiteurs. Ce qui sous-entend que ces limaces sont plastiformes, une sorte de matière première. Et ça c'est bien vu comme idée.
Quelle belle utopie que ces explorateurs du futur respectueux des mondes découverts ! On aimerait y croire...

   hersen   
12/6/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Les clichés ont la peau dure et on parlera toujours de vagin pour la reproduction, même non sexuée, dans nombre de récits. Et ici, c'est un peu ça qui me dérange. Soit cette montagne Sainte Nitouche n'est là que pour garder l'idée de reproduction, tout comme les gros seins d'Ania et les rêves érotiques des chercheurs, soit elle ne sert à rien. Car, si j'ai bien compris, nous parlons ici d'une copie d'ADN. Le milieu de culture doit avoir certaines conditions favorables mais il ne me semble pas que ces conditions doivent devoir se rapprocher de l'idée de vagin. La référence est un peu datée, je trouve.

De plus, cette idée de reproduction "à deux facettes" n'est pas neuve puisque les végétaux l'ont déjà (reproduction sexuée et végétative)

je suis nulle en SF mais depuis que je suis sur Oniris, j'en lis davantage. Et je pense que par cette nouvelle, je viens peut-être de mettre le doigt sur ce qui me dérange en général : l'invention ne me semble pas être la plupart du temps une vraie invention, on pioche dans ce qu'on connait et on lui met un autre habit, on ne va pas assez au-delà de notre entendement, en quelques sorte.

Ici, la nouvelle me semble un poil noyée dans des termes qui font fiction mais ils n'apportent pas de plus au fond de l'histoire. Et quand on sait que si on fabrique par exemple des fromages on doit être habillé des pieds à la tête par une combinaison et que nombre de processed food sont faits dans des laboratoires à atmosphère contrôlée, on reste plus que dubitatif sur l'exposition de ces chercheurs en mission dans un exomonde.

Les mini-humains sont bien mignons (ils me rappellent d'ailleurs une nouvelles paru sur le site) mais j'ai franchement du mal à adhérer à la réaction des chercheurs.

mais et si cette nouvelles n'était pas une fiction, mais se voulait à portée philosophique ? Oui, bien sûr que c'est ce que je me dis. mais je me dis alors qu'on a fabriqué une machine bien complexe pour expliquer un point de vue.

Dans la forme, le poème de la fin ne me convainc pas. C'est sans doute qu'après avoir lu une nouvelle, je rechigne à me lancer dans ce qui apparait pour moi autre chose. Mais je comprends tout à fait qu'on puisse le lire comme une conclusion.

Ce texte m'a finalement beaucoup apporté dans ma perception de la SF et bon, n'allez pas croire que je suis juste de mauvaise humeur, ce n'est pas du tout le cas. Et au pire, même si ça l'avait été, les dervichidés l'auraient balayée d'un coup car j'ai trouvé l'idée vraiment rigolote.

On peut aussi tout à fait supposer que je suis à côté de la plaque et qu'alors mon hermétisme à la SF va durer pour des mondes et des mondes...

Merci pour cette lecture.

   Marite   
12/6/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
En faisant abstraction de toutes les données techniques qui m'ont un peu lassée, à vrai dire je les ai survolées, j'ai beaucoup aimé cette idée de contamination d'une nouvelle planète par notre ADN humain ainsi que le résultat qui en a suivi ... Il est vrai que ces astronautes, animés d'une curiosité qu'ils n'ont pas réussi à maîtriser, y sont allés avec leurs "gros sabots" ... Ah ! J'ai carrément laissé de côté l'antique "Elégie à la sonde" sauf la dernière strophe qui laisse supposer que le contact avec la base a été rompu et que les personnages se sont finalement évanouis dans l'univers.

   caillouq   
13/6/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ca, c'est une semaine qui commence bien ! Vite, un comm pour fêter le retour en nouvelles de Socque ! (à qui l'actualité du week-end m'a malheureusement fait penser - quel était le titre de cet excellent texte d'économie à rebrousse-poil, où il était question d'ouvrir une boîte de strip-tease gay à Kaboul ?!).

En vrac (pas le temps de faire un comm structuré, avec thèse-antithèse-synthèse) :

- petit clin d'oeil, avec la symétrie d'ordre trois, à "Rendez-vous avec Rama" de Clarke <3 <3 <3

- détail typographique : j'ai du m'y reprendre à plusieurs fois pour comprendre le "planétologie-xénocommunication si jamais-médecine-gestalt conceptuelle", qui apparaît comme deux blocs distincts. Est-ce que "planétologie/xénocommunication-si-jamais/médecine/gestalt conceptuelle" ou "planétologie-xénocommunication(si jamais)-médecine-gestalt conceptuelle" ne serait pas préférable ?

- détail de nomenclature : dans le paragraphe où ils interviennent ensemble, la différence entre BZ-202-FFFF-2 et HX-123-SUDO-5 n'est pas très claire... Et dans le meême paragraphe, le lien entre stromatolithes et Panthéon n'est pas évident. Les stromatolithes, ce n'est pas assez pour espérer connaître la gloire, c'est ça ? Bref, ce paragraphe est, à mon avis, trop plein de pré-requis.

- "Avec les objets virtuels, pourquoi se gêner ?" ---> trop détaché de la phrase précedente à laquelle il est relié ?

Bon, en fin de compte, un texte moins dérangeant que certains extrêmes de l'auteure, et qui s'arrête au moment où on aimerait que ça continue (allez, une petite exploration gorissime de la Sainte-Nitouche ?!) (ou les aléas de l'éducation de jeunes hybrides ET-humains ?), mais qui m'a bien fait sourire, c'est l'essentiel !

   MissNeko   
21/6/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Je ne suis pas grande fan de SF mais j avoue que le ton humoristique m a bien aidé à "accrocher".
Je trouve l histoire très originale et le style superbe. Quelle belle plume!
Bravo pour les néologismes : ça accentue le côté SF.
Un bon moment de lecture.

   Ninjavert   
7/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bon, j'avoue que le titre m'a grandement appâté vers cette lecture.

J'ai cliqué dessus par curiosité, après j'ai vu le genre (Science-Fiction), et je me suis demandé à quelle sauce ce pauvre Gustave Courbet allait être mangé. Enfin, son oeuvre. Enfin "mangé" façon de parler.

Bref.

Le style de la nouvelle m'a bien plu. Il y a un mélange entre des propos scientifiques parfois pointus (et, de ceux que j'ai compris, très justement employés), et un ton presque enfantin qui donne un contraste saisissant.

Ce genre de phrases, par exemple : "Après avoir tout salopé notre planète, nous nous sommes engagés à bien nous tenir au moins sur les autres !"

Ou certaines réactions des scientifiques (bras levés au ciel en signe de protestation très enfantine).

Ce contraste est plaisant.

Le tableau est bien planté, si je puis dire, et j'aurais aimé que mes cours d'histoire de l'art soient aussi hauts en couleur. Blague à part, il y a plus qu'un simple jeu de mot vis à vis du tableau de Courbet, ce dernier est restitué, Science-Fictionnisé, et même si -comme le capitaine Garfield- je me serai bien passé de certaines comparaisons, j'ai trouvé une vraie inventivité dans la gestion du sujet.

Reproduction et appareil génital inattendu, stupéfaction et fascination des spectateurs (à l'époque) ou des scientifiques (dans le texte), hypocrisie (des critiques et du monde artisitque à l'époque) et de l'exploration spatiale "non intrusive" dans le texte...

Les parallèles sont nombreux et dépassent de loin le simple clin d’œil du titre et la forme de la montagne.

Après, au niveau de l'histoire en elle-même, c'est de la SF assez classique : l'exploration spatiale "respectueuse et éthique" qui ne doit pas interagir localement (j'ai tiqué moi aussi sur le fait qu'ils se baladent à pieds avant et après), L'IA Lia (joli jeu de mots), le tout sur fond de reproduction d'aliens étranges et plutôt bien campés.

Ça ne révolutionne pas le genre, mais c'est bien fait et ça fonctionne.

Les personnages sont archétypaux mais biens dans leur rôle. Garfield, notamment, m'a bien plu. Et je lui suis gré de m'avoir appris le mot "comminatoire".

L'Elégie finale ne m'a pas transporté (mon allergie poétique n'aide pas), mais elle se laisse lire et véhicule de belles images. Je ne suis pas convaincu de sa nécessité (ni de sa pertinence pour apaiser un enfant ^^) mais après tout c'est un choix d'auteur tout à fait respectable.

Au rang des améliorations potentielles, j'ai noté une ou deux ellipses qui amènent un peu de confusion (lors du retour en orbite et à un autre endroit je ne sais plus où).

Rien de méchant.

Au final, une nouvelle très imaginative et imagée. J'ai apprécié la mise en perspective de l'oeuvre, et l'originalité de cette reproduction brumeuse. (ou fumeuse ?)

Merci pour cette lecture, Socque !

   JulieM   
10/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai passé un excellent moment avec ce récit léger, fantasque et elzapopinesque ! De bonnes trouvailles, une mise en scène de story board mais en mots et des personnages bien enlevés.

Ici et là des choses que j'aurais appréciées plus approfondies (sur ces fameux dervichidés, notamment) ou que je n'ai simplement pas comprises (pourquoi xéno- plutôt qu'exo- ?). Et pour finir, l'ode de la sonde que je n'ai pas eu envie de lire.

   Alcirion   
28/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Socque,

Un texte très alerte, jubilatoire à l'écriture, j'imagine. J'ai été un peu surpris par la chute en poème. Pout tout dire, je m'attendais à ce que les explorateurs se fassent bouffer par les extra-terrestres ou qu'il leur arrive quelque chose de pas drôle... la construction de la nouvelle orientait dans ce sens, sans doute, et donne une fin surprenante, mais aussi un peu frustrante, parce qu'il n'y a pas vraiment de chute.

Au-delà, il y a un côté pastiche, qui reprend les clichés de la SF de façon plaisante et de très bonnes idées pour la description de la vie extra-terrestre. Au final un texte bien pensé et raffraichissant.

A vous relire.

   YvanDemandeul   
13/7/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Quelle excellente nouvelle de science-fiction ! Votre style est percutant et original ! Vous avez une imagination débordante ! Ce monde que vous décrivez si bien est à la fois fascinant, déroutant, complexe et complètement dépaysant ! Impressionnant tout ce vocabulaire technique et scientifique ! Etonnante et originale cette idée de lieu de reproduction évoquant un sexe féminin sans parler du titre faisant référence au célèbre tableau de Gustave Courbet ! Ce mélange de prose et de poésie pour le bouquet final est, pour moi, du grand art. Merci et bravo ! Vous avez toute mon admiration !


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