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Science-fiction
socque : Le progrès est partout
 Publié le 15/12/21  -  7 commentaires  -  17895 caractères  -  61 lectures    Autres textes du même auteur

Les parents de Robin ont inventé le compresseur quantique.


Le progrès est partout


Filer la lumière


Robin apprend avec son papa et sa maman à filer la lumière.


D'abord, on la recueille par des entonnoirs dans le jardin au soleil et de longs tuyaux qui passent dans le compresseur quantique, puis on la garde dans la cuve à la cave.


En bas de la cuve, il y a un robinet. On l'ouvre doucement, la lumière coule dans le seau en métal.


On prend un grand bâton, on le plonge dans le seau et on tourne sans se presser…


… Pendant longtemps…


Robin regarde pour apprendre et apporte de l'eau au travailleur, son papa ou sa maman.


Il faut tourner toujours dans le même sens, sans s'énerver, sans s'arrêter.


À un moment, « la consistance change, le bâton glisse différemment, la clarté s'irise ». Il faut continuer en ralentissant peu à peu. C'est ce que ses parents ont dit à Robin, mais il le savait déjà.


Parce que, des fois, il a le droit de prendre une poignée de lumière dans le seau avant qu'on la tourne, et il joue.


Il la fait passer d'une main à l'autre, il plonge le doigt dedans, il se caresse la joue avec… La lumière ne fait pas mal, même pas aux yeux.


Quand il a bien joué, il sent qu'elle change, elle s'amincit, il sent le petit fil sous ses doigts.


Alors il le lâche, le fil s'envole dans la cave comme un léger papillon qui ne sait pas où il va. Il allume des points dans la pierre ; peut-être les yeux des insectes, ou de l'or, ou des rubis.


Dans chaque récipient, un long fil s'enroule ainsi, une masse pâle d'un jaune très doux où passent des frissons de couleur. C'est comme quand la mer brille en tremblant. On y plonge la main et on peut tirer sur le bout après l'avoir trouvé à tâtons.


Ensuite on tricote ou on crochète le fil. Il est tellement fin qu'on ne le voit pas, on le sent à peine.


(Impossible de le couper, rien ne l'abîme. « Inaltérable et infrangible », dit le site web de ses parents. Comme il y a parfois des coutures à faire, c'est obligé, on prépare du fil en petites aiguillées dans de minuscules gobelets de fer-blanc. Dans la cave s'alignent les contenances différentes, étiquetées jusqu'à « traîne de mariée » pour les plus grandes.)


Robin travaille déjà bien, il a crocheté sa lampe de chevet : sa clarté éclaire le livre et le visage de papa ou maman quand on lui lit une histoire dans le lit. Après, on range le napperon dans le tiroir dont les fentes s'illuminent. Ainsi, il n'aura pas peur des monstres.


Robin s'endort, il rêve. Dans son rêve, il porte un pyjama tricoté en fil de nuit noire, piqueté d'étoiles à la douce lumière.



Le bain clair


Aujourd'hui, Robin est ronchon. Il ne sortira pas dans le jardin parce qu'il pleut, sa salopette jaune est au sale et en plus son papa est parti loin.


— Tu sais bien qu'on ne pouvait pas l'accompagner cette fois, rappelle encore sa maman. Ça s'est décidé très vite, toi et moi n'avons pas de passeport. Si tout se passe bien, si l'empereur du Japon décide de passer commande pour une robe de cérémonie, on ira la lui livrer ensemble dans trois ans… Tu imagines, aller au Japon ?


Pour l'instant Robin n'y est pas, au Japon, et son papa est loin. Il hoche la tête parce qu'il sait que sa maman a raison, mais il a un petit peu envie de pleurer. Et puis il éternue, il sent que son nez le chatouille au fond.


— Ah, je sais ce qu'il te faut ! Si tu prenais un bain clair ?


Robin sourit ; le bain clair c'est bizarre, mais on se sent si bien après !


La cave est l'endroit idéal. Pas la peine d'allumer la lampe, on fait couler la lumière dans la grande lessiveuse. Robin et sa maman sont éclairés par en dessous, les ombres sont drôles, elles s'envolent vers les coins du plafond ou se réfugient assises en haut des joues.


Le bain clair est frais quand on y entre, pourtant il donne chaud à tout le corps. Ce n'est pas comme le bain pour se laver : Robin assis ne voit plus ses jambes, juste la lumière mouvante d'un jaune très doux et ses frissons de toutes les couleurs. Il tape dessus avec la main mais elle n'éclabousse pas, elle s'écarte et recouvre tranquillement ses doigts.


Il bouge les orteils, la lumière au-dessus ne bouge pas, ça ne fait pas des rides comme l'eau ; les couleurs au bout de la lessiveuse s'agitent, elles décrivent de petits tourbillons et Robin a l'impression qu'ils dessinent sa forme en dessous.


La maman de Robin verse sur ses épaules de la lumière qui le chatouille, murmure en glissant sur sa peau, chantonne de petites notes aiguës, rapides. On dirait qu'elle rit.

Robin rit aussi, sort du bain clair et s'habille. Pas besoin de se sécher. Il fait un gros câlin à sa maman qui l'embrasse sur les cheveux, renverse la lessiveuse et dit, joyeuse : « Je ne sais pas s'il y a des vers de terre ici, mais si oui, on leur redonne la forme ! Quel tonique... »


Le papa de Robin va bientôt rentrer, il a promis d'apporter une toupie japonaise qu'on fait tourner en tirant un fil de soie, ça s'appelle une koma.


Le soir, Robin ressent la bonne fatigue née d'une bonne journée. Sa maman lui raconte une histoire au lit, il bâille et, juste avant de s'endormir, imagine la lumière qu'on ferait couler sous terre, longtemps, beaucoup, jusqu'à ce que jaillisse une source où les gens iraient se baigner pour chasser la tristesse.



Teinture, tissage


La cave est tout encombrée et en désordre, Robin n'a jamais vu ça. Les petites cuves supplémentaires prennent toute la place.


Une seule est terminée, depuis deux semaines elle abrite un bain de lumière spéciale. À l'intérieur des autres encore ouvertes on voit des tuyaux fins qui se croisent et font comme un grillage en largeur, en longueur, en hauteur.


Son papa et sa maman y travaillent depuis le retour de son papa du Japon. Aujourd'hui, on va faire couler le contenu du « prototype », comme ils disent. Robin se glisse pour voir de plus près.


Cette lumière est très étonnante ! Au lieu d'un jaune très doux, elle est orange. Toutes les couleurs la traversent en frissonnant, comme avant, mais elle a l'air de couler différemment. Robin y trempe la main, elle vient recouvrir ses doigts en chuchotant ; il lève la paume, fait tomber la toute petite flaque, sent sur sa peau un rire plus grave que dans le bain clair, un peu plus lent.


— La texture a changé, remarque sa maman. Il faudra tourner le fluide autrement pour obtenir un aspect homogène sur l'ensemble… Peut-être torsader le fil plus serré histoire d'obtenir la même épaisseur au final.

— C'est sûr, il y a des ajustements à faire, répond son papa. Mais au moins on sait que la lumière colorée des tuyaux a bien infusé ! On pourra prévoir une gamme de verts, d'oranges, de roses saumonés peut-être. Le jaune restera sous-jacent.

— On dirait qu'on s'éclaire au soleil d'une autre planète ! rit la maman de Robin en passant à son tour la main dans le seau et en faisant sauter des gouttes tout doucement.


Robin chaparde une poignée orange et fabrique un fil. Il le lâche, le regarde s'envoler, allumer des éclats sur le mur. Ça change, oui, c'est joli mais il ne sait pas trop ce qu'il en pense ; il trouve cette couleur moins joyeuse que le jaune pâle habituel.


Ses parents continuent à parler des modifications à prévoir. La robe de cérémonie de l'empereur du Japon aura des motifs de couleur, « on enverra des échantillons ».

Sa maman a l'air rêveur.


— Tant qu'on parle de nouveautés… commence-t-elle. Tu sais que ça me trotte depuis longtemps dans la tête, l'idée de tisser la lumière.

— Je ne sais pas trop. Il faudra démultiplier la production de fils à longueur voulue, et ensuite impossible de fabriquer des pièces d'étoffe normales puisqu'on ne pourra pas les découper ! Cela impose de tisser directement suivant un patron, en ayant calculé à l'avance toutes les longueurs nécessaires.

— On peut commencer avec de simples rectangles à inclure. L'intérêt est d'obtenir des textures variées entre le tricot, le crochet, le tissage.

— Si on se lance là-dedans, on ne pourra plus se contenter de notre petite cave. Déménager, embaucher, former des gens…

— C'est l'occasion, non ?

— Faut voir, on en reparlera, promet le papa de Robin.


Robin se demande s'il se plaira dans une nouvelle maison.


Le soir, il s'endort et rêve qu'il a déménagé sur une autre planète avec trois soleils, un jaune, un vert et un orange. Il se retourne et voit trois ombres à ses pieds, une violette, une rouge et une bleue. Son poney blanc à six pattes le caresse avec sa trompe.



Le pull de Simon


Robin est un grand à la petite école, l'an prochain il sera un petit à la grande école. C'est rigolo.


Son meilleur copain à l'école c'est Simon, avec qui il rit beaucoup parce que Simon est maladroit. Il lui arrive toutes sortes de choses pas drôles, mais ensuite il les raconte à Robin, Robin raconte ce qui lui est arrivé à lui, tous les deux s'esclaffent.


— C'est le roi du comique ton copain, dit la maman de Robin. Il a du mérite.


Robin se dit que s'il avait tous les problèmes de Simon, il aurait du mal à rire. Le papa de Simon est en prison parce qu'il a poussé sa maman dans l'escalier et que depuis elle ne peut plus marcher. Sa famille est vraiment pauvre. Robin partage son goûter avec Simon, sa maman lui prépare exprès un gros goûter.


En plus, Simon est très maladroit. « Un accident à la naissance, explique-t-il. Il y a des fils qui se touchent là-dedans ! » Il se touche la tête en riant. Robin rit aussi, mais en vrai il a un peu peur. Ça aurait pu lui arriver à lui, les accidents ça arrive à n'importe qui.


Parfois Simon a des mouvements brusques qu'il ne peut pas contrôler. Il renverse le pot à rincer les pinceaux, il déchire son dessin, il tombe en courant. Heureusement ce n'est pas souvent parce qu'il prend des médicaments. « Ça va encore, ma mémé elle en a davantage ! » dit-il en riant.


Aujourd'hui, Simon est fier de montrer à Robin le beau pull que sa maman lui a tricoté avec de la laine de vigogne mutante noire offerte par la maman de Robin qui aime bien échanger des fils rares avec d'autres artisans d'art textile. « Je le mettrai pour la photo de classe, au premier rang ! » promet-il, tout content.

Soudain, il a une crise. Ses mains agrippent le pull et tirent très fort ! Robin essaie de l'aider en le serrant contre lui, mais ça ne sert à rien. Simon lui échappe, tombe et se roule par terre.


C'est très vite fini, personne n'a rien vu dans la cour de récré… mais le pull est abîmé par une longue déchirure sur le devant. Robin attend la phrase de Simon qui va les faire rire tous les deux.

Simon pleure. Assis par terre, il tâte son pull et chuchote : « J'en ai marre, j'en ai marre... » sans s'arrêter.


Robin a de la peine. Il aide Simon à se relever, lui enlève son pull et évalue les dégâts. Il a la gorge serrée. « Pleure plus, Simon ! Je vais le réparer, tu verras. »

Ils pleurent tous les deux, la maîtresse vient voir s'ils vont bien.


— Vous vous êtes battus ? demande-t-elle.



Robin a bien réfléchi, en revenant de l'école il va dans sa chambre et prend sa lampe de chevet crochetée. Avec ses petits doigts, il n'a pas de mal à défaire le nœud au bout, il obtient une bonne longueur de fil de lumière. Il peut raccommoder la déchirure et même agrémenter le pull de petites étoiles claires dans la laine noire.


Simon est ravi. « C'est un pull de super héros maintenant ! jubile-t-il. Il a un éclair sur le devant et des lumières, on se croirait dans l'espace. Je suis… SUPER MALADROIT ! »

Il lève les bras en l'air et saute. Les deux amis s'asseyent par terre pour rire à leur aise.


Le soir, Robin rêve qu'il porte un pull en fil de lumière, avec un éclair de laine de vigogne mutante noire devant et de petites étoiles sombres dans le fil clair. C'est trop rigolo !



Super Fileur Maladroit


— Extraordinaire !


Le papa de Robin était pressé, il devait aller vérifier le gros compresseur quantique qui traite la lumière avant stockage dans les cuves à la cave, mais là il n'y pense plus : il regarde le carré de tissu qu'il a en main, fils de trame lumière au naturel, fils de chaîne orange… avec des irrégularités en chaîne. La lumière scintille joliment là où les fils sont plus gros, on dirait de petites étoiles discrètes qui allument par endroits la peau des doigts.


— Comment êtes-vous arrivés à ce résultat ? s'étonne le papa de Robin.


Les deux garçons sautillent sur place, tout fiers.


— C'est Simon ! annonce Robin. On jouait, je lui montrais comment filer, avec un mouvement bien régulier…

— Mais moi je suis Super Maladroit ! rigole Simon. Alors à un moment, j'ai pas fait exprès, j'ai accéléré, mais heureusement je me suis rattrapé et j'ai ralenti…

— On croyait que le fil serait tout emmêlé, mais non ! Juste par endroits il est plus gros et il luit plus fort, alors on en a fabriqué d'autres et à chaque fois Simon il a fait son…

— SUPER MALADROIT !!! crie Simon en battant des bras dans son beau pull de super héros.


Il l'a gardé parce qu'il a un peu froid dans la cave bien plus grande que celle de la maison. Les parents de Robin disent que maintenant ils disposent d'une « véritable usine » et que « la production décolle déjà mais ça ne va pas rapporter tout de suite, heureusement qu'il y a l'avance pour la robe de cérémonie de l'empereur du Japon ».


— Et alors, reprend Robin, quand on a eu assez de fils on les a tissés sur le petit métier que tonton Bernard le chef d'équipe a construit pour nous, tu as vu comme c'est joli ?

— C'est révolutionnaire, tu veux dire, apprécie le papa de Robin. Simon, on va tout de suite te faire un contrat comme inventeur, bien sûr tu vas toucher des royalties… Tu crois que tu pourrais apprendre à d'autres personnes à filer comme toi ?

— Il faut de vrais super maladroits, répond Simon très sérieux, mais ça se trouve. C'est quoi des royalties ?


Robin se posait la même question. On dirait un nom de bonbons. Son papa rit.


— C'est de l'argent, Simon. Avec ton invention tu vas gagner des sous et ta maman et toi allez être contents.


Simon ne dit rien mais c'est comme si, tout d'un coup, il grandissait. Sa maman gagne déjà de l'argent en coordonnant la production de fils à tisser de différentes longueurs prédéfinies pour obtenir des pièces de tissu aux dimensions des patrons, mais elle se fait encore souvent du souci pour l'avenir.


Ce soir-là, Robin rêve que Simon a devant lui des dizaines et des dizaines d'apprentis dans une salle immense où volent des oiseaux lumineux, et qu'il leur montre comment devenir des Super Fileurs Maladroits. Les oiseaux passent à toute vitesse et projettent des couleurs sur les élèves attentifs : jaune, orange, vert, avec des tremblements de plein de nuances différentes. Tout le monde rit quand l'éclairage change.



L'anniversaire de Simon


Finalement Simon n'a invité que ses meilleurs copains. « Plus personne ne se moque de moi maintenant, mais je ne suis pas toujours à l'aise avec les autres, explique-t-il. Autant être à l'aise pour manger du gâteau, non ? » Alors il y a Simon, Robin, Émilie, Gentiane et Pedro. Tout le monde s'amuse, la maman de Simon montre à la maman de Robin une photo de la dernière IRM de Simon.


— Le neurologue dit que ça ouvre une piste toute nouvelle en ergothérapie ! Simon a eu un déclic, désormais il arrive à canaliser ses crises…

— C'est formidable, répond la maman de Robin. Donc il est d'accord pour qu'on continue les essais avec d'autres patients ?


Cela n'a pas été facile d'obtenir une longueur de fil Super Maladroit sans que Simon le sache, heureusement Pedro a tout de suite pris le coup de main. Lui aussi commence à « canaliser », et il était content de participer au retricotage du pull de super héros qui était devenu trop petit ces derniers mois. Simon s'est mis à grandir d'un coup.

Robin a vraiment eu une bonne idée ! Aussi bonne que celle de la lumière noire à infuser longtemps dans la lumière jaune ; la maîtresse leur a montré un jour l'effet de la lumière noire, et voilà, Robin a eu l'idée, avec sa maman en Recherche et Développement ils ont beaucoup travaillé sur la durée et la densité d'infusion, l'épaisseur des tuyaux plongés dans la cuve… Des tas de calculs sur l'ordinateur, avec des graphiques rigolos « prenant en compte tous les paramètres » ! Ça valait le coup, la recette est au point et Robin va à son tour toucher des royalties.

« Le métier rentre », a dit son papa.


Le pull de Super Maladroit détricoté-retricoté est encore plus beau. En plus de la laine de vigogne mutante noire et du fil de l'ancienne lampe de chevet de Robin, il comprend du fil de lumière noire avec des irrégularités d'épaisseur qui donnent un éclat étrange, à la fois plus clair et plus sombre. On ne comprend pas tout de suite la différence entre la vigogne mutante noire et la lumière noire, les yeux reviennent dessus encore et encore.

« L'effet est à la fois subtil et fascinant », a conclu la maman de Simon. Elle a fait un gros bisou à Robin pour le remercier.


Simon est ravi, il enfile tout de suite son pull malgré la chaleur et s'agite pour faire ressortir les éclats de lumière claire et sombre.

Robin réfléchit. Non, décidément la peau d'Émilie n'est pas noire comme la laine de vigogne mutante noire, mais plutôt brun très très foncé avec des reflets frissonnants de toutes les couleurs comme le fil Super Maladroit de lumière noire. Une peau incroyable.


Le soir, Robin s'endort le ventre un peu lourd mais fait quand même un joli rêve : Simon, Émilie et lui tricotent ensemble une écharpe géante. Simon a la laine de vigogne mutante noire pour les espaces interstellaires, Émilie le fil de lumière noire pour les reflets à peine visibles sur les comètes et les astéroïdes filant dans le ciel, lui celui de lumière au naturel pour les étoiles. Ils entremêlent les fils en inventant le dessin au fur et à mesure et ainsi tricotent une immense nuit sans nuages.


 
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   Dugenou   
15/12/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Socque,

Ce texte, en forme de conte, au ton 'dédié aux enfants', bien que des enfants n'en comprendraient pas certains passages (ils sont trop premier degré), me fait penser, allez savoir pourquoi, à la SF de René Barjavel... et je ne me l'explique pas.

C'est frais, onirique, rythmé (mention spéciale pour les rêves de Robin, venant clore chaque partie du texte), et à la fois, d'une grande douceur...

Bravo ! Je suis sur le cul.

   Malitorne   
15/12/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
Une histoire originale où la poésie domine, quoi de plus charmant en effet que de filer la lumière comme un fil de soie ? Ce qu’il y a de pratique avec le domaine quantique c’est qu’on peut tout lui demander, il exaucera notre imagination la plus folle sans rechigner.
Un conte avec néanmoins une part dramatique, ce petit garçon sujet aux crises d’épilepsie, manière de ramener un peu l’irréel sur terre.
Le ton enfantin est juste, ce qui n’est pas gagné tant d’auteurs se vautrent lamentablement en voulant imiter le jeune âge.
Maintenant est-ce que j’ai aimé ? Ben pas trop à vrai dire, disons que je me suis ennuyé ferme. C’est beau et mignon tout plein, bien écrit, bien exposé, mais quand même un tantinet soporifique. Je ne retrouve plus le mordant de tes textes passés. Avis très personnel on est d’accord. Je note donc l'émotion que ce texte m'a procuré, pas ses qualités littéraires.

   Robot   
15/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un conte à la fois charmant et plein de la fantaisie que permet la fiction. Rien que l'idée de filer la lumière est en elle-même poétique.
Un récit de l'enfance - qui s'adresse aux adultes - et qui sied bien à cette période d'avant les fêtes.
J'ai bien apprécié le découpage en chapitres titrés et la conclusion de ceux-ci par les rêves de Robin comme un fil rouge du conte.
Je n'ai jamais décroché de cette ambiance de fantaisie à laquelle le lecteur que je suis finit par croire en sa réalité.

   Pepito   
16/12/2021
Bonjour Socque,

Difficile, l’écriture à vue d’enfant. ^^
Le « je ne suis pas toujours à l'aise avec les autres, » dans un dialogue de gamin m’a fait sursauter.
Ainsi que deux autres passages sans grande importance.
« s'enroule ainsi, une masse pâle d'un jaune » « en une masse… » ... non ?
« a crocheté sa lampe de chevet »… j'ai pensé à l’abat-jour puis « on range le napperon dans le tiroir » du coup je sais plus…

Une gentille histoire, un peu trop gentille même. J’ai attendu tout du long la fin de la récréation, mais elle n’est jamais venue. Pas grave, difficile de réussir un « Service Public » à chaque fois. ;-)

Reste l’idée de base… et là l’idée de base, elle, est carrément géniale ! Barater la lumière pour la filler, fallait y penser !

PS : Je viens de lire en intro d’un recueil qu’une des caractéristiques de la SF moderne est sa parité. Tout à fait d’accord, pour mon plus grand plaisir de lecture.

Pepito

   Marite   
16/12/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
"Filer la lumière" ... ce doit être une expérience géniale ! Un sujet fabuleux à traiter mais auquel, sous la forme ici présentée, ne m'a pas vraiment séduite. Peut-être trop de banalité dans les actions et objets usuels utilisés pour cette activité extraordinaire ? Mais aussi, étant adulte, je n'ai sans doute pas saisi l'intérêt et le charme qui peut-être éveilleront l'imaginaire des enfants.
La présentation en étapes bien séparées représentant les chapitres convient sans doute à un livre pour enfants avec, bien entendu des illustrations qui, vaguement, ont tourbillonné dans ma tête au fil de la lecture.

   Anonyme   
17/12/2021
Peut-être l’expression « fibre optique » est-elle à l’origine de l’idée. Quoi qu’il en soit, l’idée est originale et sa mise en œuvre l’est aussi.

Je ne suis en revanche pas en mesure de comprendre le motif tissé, car il me semble tout de même que tout ça n’est pas tissé à l’aveugle. Il y a du clair, du sombre, la maladie de Simon, la peau d’Emilie, le découpage en chapitres, le désir de productivité de certains et des résultats heureux obtenus par d’autres et par accident. Je ne parviens pas à rassembler toutes les pièces pour les mettre ensemble.

   Shepard   
30/12/2021
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Salut socque,

Une idée de SF un peu poétique, avec une écriture ancrée dans le visuel et les couleurs. Bon, je me souviens de ce que vous avez dit sur mon dernier texte "ça pourrait être de la SF", ici je dirais, ça ressemble à du fantastique. Enlevez le mot "quantique" et voilà. Bien que, même avec, on y est, dans le fantastique... Décohérence quantique.

Niveau fond, c'est joli et mignon, mais je ne vois pas trop où vous voulez nous emmener. Pour moi, l'histoire s'arrête au milieu... Je ne sais pas, avec ces nouvelles techniques industrielles qui apparaissent, super maladroit qui devient un génie prêt à s'envoler, on s'attendrait presque à de l'intrigue et à des rivalités. D'ailleurs, c'est ce que j'ai curieusement cru tout du long : que le procédé allez être vendu, ou volé au père, et perdre de sa beauté dans la fabrication de masse. Avec une dissension familiale, du drame. Mais non, on reste au pays des merveilles. Je dois être trop habitué aux histoires sombres.

Du coup, je suis quand même un peu resté perplexe. Quelque chose m'a manqué à la fin de la lecture.

Niveau écriture, je me rappelle avoir tiqué sur une ou deux bricoles de ponctuation, plutôt une histoire de rythme qu'une faute.

En conclusion, malgré un concept initial joli, je suis resté en marge. Une prochaine fois sûrement, vous avez un ensemble de textes très variés !


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